Nabil

  • Évaluations des ESSMS : 37 % des structures passées au crible, un niveau de qualité jugé satisfaisant mais des failles persistantes (HAS)

    • 47 700 ESSMS concernés par le dispositif d’évaluation en France.
    • 17 790 structures évaluées au 31 décembre 2025 (37 % du parc déjà évalué depuis le lancement en 2023).
    • 10,5 % des ESSMS seulement valident l’ensemble des 18 critères impératifs.
    • 35 % de conformité sur la gestion de crise (critère impératif le plus faible).
    • 41 % à 43 % de conformité pour la maltraitance et le traitement des réclamations.

    Le dispositif d’évaluation de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux (ESSMS), instauré par la loi du 24 juillet 2019, poursuit sa montée en charge. Fin 2025, 17 790 structures ont été évaluées, soit 37 % des 47 700 ESSMS concernés en France.

    Ces évaluations, conduites par des organismes accrédités par le Cofrac sur la base du référentiel de la Haute Autorité de santé, reposent sur des observations de terrain et des échanges avec les personnes accompagnées, leurs représentants, les professionnels et les directions.

    L’année 2025 a confirmé la progression du dispositif avec 7 263 évaluations réalisées. La dynamique reste toutefois en deçà des projections initiales, posant la question d’un risque d’engorgement à l’approche de l’échéance de 2027.

    La répartition sectorielle évolue également : le secteur social a connu une accélération, notamment après la levée du moratoire sur les services à domicile, tandis que la part des services progresse face aux établissements.

    Depuis 2023, la HAS a engagé plusieurs actions pour homogénéiser les pratiques d’évaluation : publication de fiches méthodologiques, contrôle des rapports, traitement des signalements et renforcement de la coopération avec le Cofrac.

    Une qualité globale jugée satisfaisante

    Les résultats 2025 indiquent un niveau de qualité globalement satisfaisant. Les critères relatifs aux personnes accompagnées (droits, participation) obtiennent les meilleurs scores, traduisant une appropriation des enjeux liés aux droits fondamentaux.

    À l’inverse, les dimensions organisationnelles apparaissent plus fragiles. Les scores les plus faibles concernent :

    • La démarche qualité et la gestion des risques (3,12).
    • L’accompagnement à la santé (3,20).
    • La co-construction des projets d’accompagnement (3,26).

    Ces résultats traduisent des difficultés dans la formalisation des processus, la coordination entre acteurs et le pilotage des démarches d’amélioration continue.

    Des critères impératifs encore peu maîtrisés

    L’un des enseignements concerne les 18 critères impératifs, censés être totalement maîtrisés par les structures. En 2025, seuls 10,5 % des ESSMS atteignent cet objectif. Le secteur médico-social présente de meilleurs résultats (14,2 %) que le secteur social (7 %). Si les droits fondamentaux (dignité, vie privée, liberté d’aller et venir) sont globalement respectés, plusieurs domaines apparaissent en difficulté :

    • Gestion de crise : 35 % de conformité.
    • Prévention et gestion de la maltraitance : 41 %.
    • Traitement des plaintes et réclamations : 43 %.

    Ces résultats mettent en évidence des lacunes dans l’analyse collective des risques, la formalisation des plans d’action et l’ancrage des démarches qualité dans une logique opérationnelle.

    Qualiscope : un outil de transparence à manier avec précaution

    Depuis septembre 2025, les résultats des évaluations sont accessibles via la plateforme Qualiscope, avec une ouverture des données sur data.gouv.fr début 2026.

    Cette transparence améliore l’information des usagers et des partenaires. La HAS insiste toutefois sur les limites d’interprétation : les données ne permettent pas d’établir des classements entre structures, en raison de l’hétérogénéité des contextes et du caractère ponctuel des évaluations.

    L’outil doit être utilisé comme support de dialogue et d’amélioration, et non comme un instrument de comparaison directe.

    Au regard des résultats 2025, la HAS appelle à faire évoluer le dispositif pour en renforcer l’impact. Les enjeux portent notamment sur :

    • Une meilleure intégration de la démarche qualité dans les pratiques.
    • Un renforcement du pilotage et de la gestion des risques.
    • Une adaptation des modalités d’évaluation aux spécificités des structures.

     

  • BrainTech : Newfund boucle HEKA (60 M€), 9 start-up déjà financées

    À l’intersection de l’IA et des neurosciences, la BrainTech entre dans une phase de structuration rapide. Longtemps limitée par la complexité du cerveau et le manque d’outils adaptés, cette discipline bénéficie désormais d’une convergence technologique associant IA, imagerie avancée, biomarqueurs et simulation. Les indicateurs financiers confirment cette dynamique :

    • 4,2 milliards d’euros levés en 2025 en Europe et aux États-Unis, dont 3,6 milliards aux États-Unis ;
    • 19 % des investissements mondiaux en santé numérique concernent désormais les technologies liées au cerveau ;
    • 2,8 milliards d’euros levés au premier trimestre 2026, soit une hausse de 256 % sur un an.

    Dans ce contexte, les États-Unis concentrent plus de 85 % des financements, tandis que l’IA est intégrée dans environ 70 % des innovations, notamment pour l’analyse de données complexes et l’aide à la décision clinique.

    Structurer l’écosystème européen

    Pour répondre à ce déséquilibre, Newfund lance HEKA, un fonds de 60 millions d’euros dédié à la santé numérique du cerveau. L’objectif est double : structurer un marché émergent et permettre aux acteurs européens de capter davantage de valeur. Le fonds prévoit d’investir dans 25 start-up couvrant plusieurs segments, dont la neurologie, la psychiatrie, et les technologies d’augmentation des capacités cognitives. HEKA repose sur :

    • une spécialisation scientifique forte,
    • une capacité d’analyse approfondie,
    • une présence directe aux États-Unis (bureau à Palo Alto, réseau d’entrepreneurs).

    Des solutions déjà déployées en conditions réelles

    Depuis son lancement en juin 2023, le fonds a analysé plus de 900 start-up et rencontré 550 entrepreneurs. Neuf sociétés composent déjà le portefeuille, avec des solutions opérationnelles :

    • Raidium : imagerie médicale basée sur un modèle de fondation en radiologie, utilisée notamment en oncologie et pour la sclérose en plaques ;
    • AI-Stroke : triage préhospitalier des AVC à partir de vidéos patients ;
    • Nuréa : jumeau numérique vasculaire pour diagnostic et suivi ;
    • Inside Therapeutics : production de nanoparticules pour thérapies ARN ;
    • Reev : orthèse robotisée pour la rééducation post-AVC ;
    • Diagnoly : assistant d’échographie en temps réel ;
    • Oria Bioscience : production d’organites pour la découverte de médicaments ;
    • Soihtu DTx : thérapie numérique pour la dépression sévère ;
    • Moovd : plateforme pour thérapies EMDR.

    Ces solutions couvrent l’ensemble du parcours de soin, de la détection à la prise en charge et au suivi. Les premiers résultats opérationnels illustrent la stratégie du fonds :

    • 8 start-up sur 9 sont commercialisées aux États-Unis ;
    • 2 autorisations FDA obtenues en 2025 ;
    • 3 intégrations au programme StartX de Stanford.

    Malgré un avantage scientifique reconnu en neurosciences, l’Europe peine à transformer ses innovations en leadership économique. Le manque de financements adaptés a historiquement favorisé une captation de valeur par les États-Unis. Avec HEKA, Newfund cherche à combler ce déficit en combinant capital, expertise et accès au marché international. Le fonds s’appuie sur une base d’investisseurs composée d’entrepreneurs et de family offices, pour un total de 400 millions d’euros d’actifs sous gestion.

  • 14e COSUI : l’hôpital en tête des envois au DMP, 40 % en imagerie et biologie

    Le 14e Comité de suivi du Ségur numérique (COSUI) a fait le point sur l’avancement du programme lancé en 2021 pour généraliser le partage fluide et sécurisé des données de santé entre professionnels et usagers. Organisé deux à trois fois par an, ce rendez-vous associe pouvoirs publics, représentants des professionnels et des établissements de santé, industriels et associations de patients.

    Le bilan présenté confirme la progression de l’usage primaire des données de santé en France, porté par Mon espace santé, le dossier médical partagé (DMP) et la messagerie sécurisée MSSanté. Il met aussi en lumière les secteurs où les usages restent incomplets, en particulier en imagerie et en biologie médicale.

    • Mon espace santé compte désormais plus de 25 millions d’utilisateurs. La plateforme continue d’intégrer de nouveaux services personnalisés, avec un accent mis sur la prévention.
    • L’alimentation du DMP progresse également. Plus de 450 millions de documents de santé ont été envoyés aux patients via Mon espace santé au cours des douze derniers mois. L’enjeu est désormais celui de l’exhaustivité du carnet de santé numérique.
    • Les pouvoirs publics publient à cet effet les taux d’envoi des principaux documents sur la page de transparence du Ségur numérique, avec une actualisation mensuelle annoncée. Certains indicateurs apparaissent déjà avancés : huit lettres de liaison hospitalières sur dix sont transmises vers le DMP, ainsi que deux tiers des comptes rendus de vaccination réalisés en officine. En revanche, l’imagerie et la biologie médicale restent en retrait, avec seulement quatre comptes rendus sur dix envoyés vers le DMP.

    La consultation du DMP entre dans les usages professionnels

    L’usage ne se limite plus à l’alimentation du dossier. La consultation du DMP par les professionnels est présentée comme une pratique désormais installée, avec plus d’un million de documents de santé consultés le mois dernier par plus de 65 000 professionnels de santé.

    Une vague 2 étalée selon les secteurs

    La deuxième vague du Ségur numérique avance à des rythmes différenciés selon les secteurs.

    À l’hôpital, le guichet de référencement est désormais clos et les premiers dossiers patients informatisés (DPI) commencent à être déployés dans les établissements de santé pilotes. Les établissements sont engagés dans la programmation de leurs mises à jour, en articulation avec leurs trajectoires de sécurisation et de fluidification des accès aux systèmes d’information hospitaliers, accompagnées par le programme HospiConnect.

    En imagerie, les premiers usages de partage d’images médicales sont attendus cet été dans les sites préfigurateurs DRIMbox. Les premières solutions doivent être référencées prochainement. La date limite de dépôt des dossiers auprès de l’Agence du numérique en santé est repoussée au 10 juillet afin de laisser aux éditeurs le temps de finaliser leurs développements. En parallèle, l’ANS prévoit d’ouvrir au plus tard fin mai son service d’enrôlement des DRIMbox.

    En médecine de ville, un plan de sécurisation de la vague 2 a été activé. Il prévoit un décalage de six mois du calendrier afin de garantir aux médecins une offre logicielle jugée plus large et mieux adaptée à leurs attentes.

    Les prochains dispositifs SONS attendus concernent les sages-femmes et les paramédicaux, avec une publication au Journal officiel annoncée en mai. Pour les officines de ville, une prépublication sur le site de l’ANS est annoncée d’ici la fin mai.

    En biologie médicale, la priorité reste la correction des dysfonctionnements d’envoi des comptes rendus dans le DMP, avec un enjeu de visibilité pour les patients comme pour les professionnels. Les éditeurs concernés sont appelés à accélérer les correctifs. À défaut, les autorités évoquent la mobilisation de leviers d’obligation et de sanction.

    Dans le médico-social, deux tiers des établissements et services sociaux et médico-sociaux (ESMS) disposent désormais d’un dossier usager informatisé (DUI) conforme, et plus de 80 % de ceux relevant du champ de l’autonomie. Les usages numériques commencent à se développer. La suite de la trajectoire du secteur a été engagée en mars avec la publication de la vague 2 et le lancement d’un appel à projets du programme CaRE pour renforcer la cybersécurité de premiers ESMS.

    MSSanté dépasse le million de messages par jour

    Selon les éléments présentés lors du COSUI, l’équipement MSSanté est désormais massif. Plusieurs évolutions attendues ont été mises en avant, notamment la standardisation des API et le déploiement en cours, par les opérateurs, de la délégation de boîte aux lettres au secrétariat. Le volume d’usage dépasse à présent le million de messages envoyés chaque jour.

    Les autorités estiment toutefois que les efforts doivent encore s’intensifier pour lever les freins, parmi les priorités citées figurent :

    • l’identification simple et fiable de l’adresse du correspondant ;
    • la diffusion des comptes rendus de biologie médicale au médecin prescripteur ;
    • et le renforcement des usages MSSanté dans les établissements de santé.

    Pour rappel, le Ségur numérique a été lancé en 2021 avec l’objectif de généraliser le partage fluide et sécurisé des données de santé entre professionnels et usagers. Le programme s’appuie sur un investissement public de 2 milliards d’euros.

    À l’issue du comité, Stéphanie Rist a appelé à “accélérer le déploiement”, à “lever les freins opérationnels” et à faire du numérique “un outil de transformation du système de santé au service de l’accès aux soins”.

    Les éléments détaillés du comité sont disponibles sur la page dédiée au COSUI du Ségur numérique.

  • Santé collective : les remboursements progressent de 4,9 % en 2025, WTW anticipe une hausse de 5,1 % en 2026

    Les dépenses de santé remboursées au titre des régimes complémentaires collectifs ont augmenté de 4,9 % en 2025 par rapport à 2024, selon l’analyse annuelle de WTW, publiée le 13 avril . Le cabinet attribue cette progression à la combinaison des réformes réglementaires, de l’inflation médicale et du vieillissement de la population assurée.

    Cette dynamique n’est pas ponctuelle. WTW estime qu’elle s’inscrit dans un cycle engagé depuis 2023 et projette une dérive des prestations de 5,1 % en 2026, dans un contexte marqué par de nouveaux transferts de charges vers les complémentaires, le désengagement de l’Assurance Maladie et la revalorisation des tarifs des professionnels de santé.

    Une hausse installée sur plusieurs années

    La dérive passe de +3,8 % à +5,1 % en moins de 10 ans

    Entre 2018 et 2025, la dérive annuelle moyenne des prestations de santé atteint 3,8 %, selon WTW. Sur la période 2023-2026, cette moyenne monterait à 5,1 % par an. Le cabinet relie cette accélération à l’ampleur des réformes réglementaires et conventionnelles, ainsi qu’aux hausses tarifaires qui affectent directement les régimes de frais de santé, comme la refonte de la convention dentaire ou l’augmentation des bases de remboursement en médecine de ville.

    En parallèle, le Plafond annuel de la Sécurité sociale, qui sert de référence au calcul des cotisations, a progressé de 2,4 % par an en moyenne entre 2018 et 2026. Pour WTW, cet écart traduit un décrochage entre l’évolution des cotisations indexées sur le PASS et celle des dépenses réellement remboursées. Autrement dit, l’indexation sur ce seul indicateur ne suffit plus à garantir l’équilibre financier des contrats.

    Hospitalisation et pharmacie en tête de la dérive

    +4,9 % en 2025 avec des pics à +9 % en fin d’année

    • En 2025, les prestations moyennes par bénéficiaire ont donc augmenté de 4,9 %. L’année a aussi été marquée par des pics de consommation en septembre et en décembre, au-delà de 9 %.
    • Les hausses les plus marquées concernent l’hospitalisation, en progression de 8 %, sous l’effet conjugué de la hausse des tarifs, d’une fréquence élevée des actes de chirurgie et du recours à la chambre particulière.
    • Les consultations, la médecine courante et la pharmacie enregistrent une hausse de 6 %, portée par les nouvelles conventions médicales et par l’évolution du calendrier vaccinal.
    • L’optique et le dentaire progressent de 3 %. WTW y voit des hausses plus contenues, mais alimentées par la fréquence de consommation, notamment pour les lentilles et l’orthodontie précoce.

    Des facteurs structurels et réglementaires

    WTW met en avant plusieurs moteurs de cette évolution. Certains relèvent de tendances de fond, comme le vieillissement de la population assurée ou l’évolution des pratiques médicales. D’autres sont liés à des mesures tarifaires ou réglementaires entrées en vigueur récemment.

    Parmi les exemples cités figurent la revalorisation de la consultation des médecins généralistes, passée de 26,50 euros à 30 euros, ainsi que celle de certains spécialistes. Le cabinet mentionne aussi le déploiement de nouvelles campagnes vaccinales, contre le méningocoque et le papillomavirus humain, ainsi que le recours à des médicaments innovants coûteux.

    WTW signale également une forte hausse de la consommation sur les postes liés aux auxiliaires médicaux, notamment les kinésithérapeutes et les sages-femmes.

    Une pression appelée à se renforcer en 2026

    Pour 2026, les équipes d’actuariat en assurance de personnes de WTW anticipent la poursuite de cette dynamique. Elles pointent à la fois les revalorisations tarifaires déjà prévues pour plusieurs professionnels de santé et les transferts de charges supplémentaires vers les complémentaires envisagés par le législateur.

    Les actes de spécialistes, les séances de kinésithérapie et les forfaits hospitaliers figurent parmi les postes concernés. WTW souligne en particulier une hausse de 15 % du coût journalier des forfaits hospitaliers en mars 2026.

    Sur cette base, et à partir d’un portefeuille de 2 millions de bénéficiaires, le cabinet estime que la dérive des prestations pourrait atteindre 5,1 % cette année.

    * Le PASS, ou Plafond Annuel de la Sécurité sociale, est un montant de référence fixé chaque année par l’État. Il sert de base de calcul pour de nombreux éléments en protection sociale : notamment calculer certaines cotisations sociales (retraite, prévoyance, mutuelle), déterminer des plafonds de prestations (indemnités, pensions), encadrer des exonérations fiscales ou sociales.

  • Doctolib, l’AP-HP et Roche lancent “Care Forward” à STATION F pour accélérer le déploiement des startups santé en Europe

    Doctolib, l’initiative @Hôtel-Dieu de l’AP-HP et Roche annoncent le lancement de “Care Forward”, un programme d’accompagnement destiné aux startups européennes de la santé, hébergé à STATION F. L’objectif est d’accélérer le développement, les tests et le déploiement de solutions au plus près des besoins du système de soins.

    Le dispositif s’adresse à des entreprises innovantes, quel que soit leur niveau de maturité, dès lors qu’elles sont en mesure de démontrer un impact mesurable sur le système de santé. Les projets peuvent couvrir l’ensemble du parcours de soins (de l’identification au suivi ) ainsi que des enjeux d’efficience globale.

    Les technologies concernées incluent notamment les solutions numériques, l’intelligence artificielle, les dispositifs connectés ou encore les services destinés aux professionnels de santé et aux patients.

    Le programme repose sur l’apport complémentaire de ses trois partenaires :

    • Doctolib accompagnera les startups sur l’intégration technologique, l’usage de l’IA en santé, la compréhension des attentes des soignants et les stratégies de déploiement à l’échelle européenne.
    • @Hôtel-Dieu (AP-HP) offrira un accès aux tiers-lieux d’expérimentation et aux environnements hospitaliers des 38 établissements de l’AP-HP, permettant de confronter les solutions aux réalités cliniques.
    • Roche apportera un appui sur les enjeux réglementaires, la démonstration de la valeur médico-économique et l’accès à un réseau international d’experts scientifiques.

    Au-delà de cet accompagnement, les startups bénéficieront de mises en relation avec des investisseurs spécialisés, ainsi que d’un accès à des événements de l’écosystème santé en Europe.

    Répondre au défi du passage à l’échelle

    L’enjeu est de permettre aux startups de dépasser le stade de l’innovation pour atteindre une adoption par les professionnels de santé, en facilitant leur intégration rapide dans les pratiques. Le programme s’appuie aussi sur des environnements d’expérimentation clinique pour rapprocher innovation et soins, tout en structurant un écosystème entre industriels et startups afin d’améliorer les parcours de soins et l’organisation du système.

    Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 15 mai 2026. Les startups retenues seront annoncées à l’issue de cette phase, lors d’un événement dédié à STATION F.

  • Senior+ : Claude Bernard intègre BIOrecos pour améliorer la pertinence des prescriptions biologiques en médecine générale

    Lancé en janvier 2026, Senior+ by Claude Bernard IA est conçu pour accompagner les médecins généralistes dans la prise en charge des patients âgés, une population caractérisée par la polymédication et des fragilités cognitives.

    Intégré directement aux logiciels de gestion de cabinet, l’outil automatise l’affichage d’informations médicales pendant la consultation, avec l’objectif de réduire le temps consacré à la recherche documentaire et de recentrer l’échange sur le patient.

    L’apport des données BIOrecos

    Le partenariat annoncé avec BIOrecos (BIOV2) repose sur l’intégration de bases de données dédiées à la prescription d’examens de biologie médicale. Ces référentiels s’appuient sur les recommandations des autorités de santé, des sociétés savantes et de la littérature scientifique.

    Cette intégration permet d’enrichir l’assistant avec des données actualisées et contextualisées, directement mobilisables lors de la consultation.

    L’objectif est de faciliter les arbitrages cliniques en limitant les recherches manuelles et en structurant l’accès à l’information.

    L’intégration de BIOrecos répond à l’enjeu de la place de la biologie médicale dans le diagnostic. En France, elle contribue à 60 à 70 % des diagnostics.

    Dans ce contexte, l’outil propose plusieurs leviers pour les praticiens :

    • Suggestion de bilans biologiques adaptés.
    • Amélioration de la pertinence des prescriptions.
    • Réduction des examens redondants ou inutiles.
    • Optimisation du temps de diagnostic.
    • Appui à la décision fondé sur des recommandations officielles.

    Au-delà de l’aide à la prescription, le partenariat vise à améliorer la qualité du suivi des patients âgés. L’assistant entend faciliter la synthèse des informations médicales et soutenir la continuité des soins.

    Une stratégie fondée sur la fiabilité des données

    Claude Bernard inscrit ce développement dans une stratégie plus large autour de l’information médicale sécurisée, avec un hébergement des données conforme aux réglementations européennes et localisé en France.

    L’assistant doit être progressivement enrichi par de nouveaux modules, adaptés aux différentes aires thérapeutiques. BIOrecos, développé par BIOV2, apporte dans ce cadre une expertise spécifique sur la biologie médicale et la structuration des recommandations.

    De son côté, la base Claude Bernard (utilisée par plus de 150 000 professionnels de santé) constitue le socle de diffusion de ces outils au sein des pratiques de ville, hospitalières et médico-sociales.

    Une convergence entre IA et référentiels médicaux

    Ce partenariat illustre une tendance de fond : l’intégration d’IA directement dans les outils métiers, adossées à des bases de données médicales validées. L’enjeu ne porte pas uniquement sur l’automatisation, mais sur la capacité à proposer une information contextualisée, traçable et alignée avec les recommandations.

  • OpenAI lance GPT-Rosalind, une IA pour la biologie et la découverte de médicaments, conçue pour structurer les workflows en recherche

    OpenAI annonce GPT Rosalind, un modèle d’IA spécifiquement développé pour les sciences de la vie, qui couvre la biologie, la découverte de médicaments et la médecine translationnelle.

    Cette nouvelle série de modèles se distingue par une capacité à raisonner sur des objets complexes tels que les molécules, les protéines, les gènes et les voies biologiques.

    L’objectif est de répondre à un frein de la recherche biomédicale : la complexité des workflows scientifiques. Car les chercheurs doivent naviguer entre littérature scientifique, bases de données spécialisées, résultats expérimentaux et hypothèses évolutives. Ces processus restent fragmentés, chronophages et difficiles à industrialiser.

    GPT Rosalind est conçu pour intervenir sur plusieurs étapes :

    • Synthèse des connaissances.
    • Génération d’hypothèses.
    • Interprétation des données et conception d’expériences.

    L’ambition est d’augmenter le nombre d’hypothèses explorées et d’améliorer leur qualité dès les phases amont.

    Des performances orientées vers la recherche appliquée

    Selon OpenAI, le modèle présente des gains sur plusieurs dimensions :

    • Compréhension des mécanismes chimiques.
    • Analyse des structures protéiques et des mutations.
    • Interprétation phylogénétique des séquences ADN.
    • Planification expérimentale et analyse de résultats.
    • Utilisation d’outils scientifiques dans des workflows multi-étapes.

    Ces capacités sont testées à travers des benchmarks comme BixBench (bioinformatique) ou LABBench2 (tâches de recherche), où GPT Rosalind affiche des performances supérieures à plusieurs modèles précédents, notamment sur des tâches de conception expérimentale.

    Dans un cas d’usage avec Dyno Therapeutics, le modèle atteint un niveau supérieur au 95e percentile d’experts humains pour des tâches de prédiction de séquences ARN, et autour du 84e percentile pour leur génération.

    Accès filtré, exigences de gouvernance et intégration à 50 bases de données via Codex

    Le modèle est accessible en “research preview” via ChatGPT, Codex et API, dans le cadre d’un programme d’accès restreint. OpenAI annonce également un plugin de recherche en sciences de la vie pour Codex, qui donne accès à plus de 50 bases de données et outils scientifiques (génomique, structures protéiques, littérature, etc.).

    Ce plugin agit comme une couche d’orchestration pour structurer les workflows, avec des cas d’usage tels que :

    • La recherche bibliographique automatisée.
    • L’analyse de séquences.
    • L’identification de structures protéiques.
    • L’exploration de bases de données publiques.

    Plusieurs acteurs industriels et académiques participent aux premiers déploiements, dont Amgen, Moderna, Thermo Fisher Scientific, l’Allen Institute ou encore UCSF School of Pharmacy.

    Le déploiement de GPT Rosalind repose sur un modèle de “trusted access”. L’accès est réservé à des organisations répondant à trois critères :

    • Usage scientifique à bénéfice public.
    • Existence de mécanismes de gouvernance et de contrôle.
    • Environnement sécurisé avec accès restreint aux utilisateurs autorisés.

    Des exigences sont également posées en matière de conformité aux politiques d’usage et de gestion des risques de détournement.

    Vers une transformation des phases amont de la R&D

    GPT Rosalind s’inscrit dans une stratégie d’optimisation du cycle long de développement des médicaments. Les gains en amont se répercutent sur l’ensemble de la chaîne, avec un impact potentiel sur le taux de succès et la qualité des candidats médicaments.

    OpenAI indique poursuivre “le développement de cette série de modèles”, notamment sur des tâches de “raisonnement biochimique plus longues” et intégrant davantage d’outils. Des collaborations sont en cours avec des institutions comme le Los Alamos National Laboratory, notamment sur la conception de protéines et de catalyseurs.

    Au-delà de la performance technique, l’éditeur met en avant une approche d’intégration dans les environnements existants.

    Son nom (GPT Rosalind) rend hommage à Rosalind Franklin, chimiste dont les travaux ont contribué à la compréhension de la structure de l’ADN.

    Durant la phase pilote, l’utilisation de GPT-Rosalind n’entraîne pas de consommation de crédits. Cela permet aux chercheurs de tester le modèle sans contrainte financière immédiate.

  • AAP : GRECO EXPER cible des projets en médecine interventionnelle à expérimenter sur 18 mois

    Le Tiers Lieu d’Expérimentation GRECO EXPER lance un appel à candidatures dédié aux solutions innovantes en santé numérique, avec un focus sur la chirurgie robotique et la médecine interventionnelle. Inscrit dans le programme France 2030, le dispositif vise des projets testés en conditions réelles, avec une durée d’expérimentation recommandée de 18 mois maximum.

    Les solutions attendues peuvent être numériques ou hybrides, à condition de démontrer un usage concret dans des environnements de soins.

    Cet appel s’adresse aux acteurs développant des solutions en phase d’expérimentation, avec un objectif de validation en conditions réelles et d’accompagnement dans leur trajectoire de développement.

    Calendrier et modalités de sélection

    Les porteurs de projets doivent transmettre leur dossier complet avant le 11 mai 2026 à 11h59. Les candidatures jugées recevables seront examinées par le comité d’intérêt GRECO EXPER.

    Une sélection de projets sera ensuite auditionnée le 22 mai 2026, lors de sessions organisées en visioconférence. Les dossiers incomplets ne seront pas instruits.

    Le processus repose sur plusieurs critères :

    • pertinence du projet,
    • niveau de maturité,
    • capacité à démontrer une première mise en œuvre réelle,
    • clarté des besoins d’accompagnement,
    • perspectives de développement pour l’entreprise.

    Un cofinancement encadré par la Caisse des Dépôts

    Plafonné à 250 000 € et limité à 50 % des dépenses éligibles

    Les projets sélectionnés peuvent bénéficier d’un cofinancement, sous réserve de validation par la Caisse des Dépôts. Celui-ci est plafonné à 250 000 € et limité à 50 % des dépenses éligibles.

    Ce soutien financier est réservé aux entreprises enregistrées en France et concerne uniquement des projets ayant atteint un niveau de maturité technologique d’au moins TRL 4, avec preuve de concept. À noter qu’il est possible de candidater pour un accompagnement sans exigence minimale de TRL, hors cofinancement.

    Conditions d’éligibilité et exigences spécifiques

    • Les projets doivent impérativement porter sur la chirurgie robotique ou la médecine interventionnelle. Ils doivent également s’inscrire dans une logique d’expérimentation, et non de déploiement de solutions déjà commercialisées.
    • Le dispositif exclut les projets visant uniquement à équiper des structures avec des technologies existantes, sans démarche d’évaluation ou d’amélioration.
    • Une exigence environnementale s’applique via le principe DNSH (Do No Significant Harm), excluant les projets susceptibles de porter atteinte à l’environnement.

    Modalités de candidature

    Le dossier doit comprendre au minimum un formulaire de réponse. Des éléments complémentaires peuvent être ajoutés, comme :

    • une présentation,
    • un lien vers un site internet,
    • une vidéo de démonstration.

    L’ensemble doit être transmis par mail (greco.exper@chu-amiens.fr) avant la date limite (11 mai 2026). Seuls les dossiers complets seront examinés.

    Récapitulatif

    Rubrique Éléments clés
    Objectif de l’appel Identifier des solutions en santé numérique pour la chirurgie robotique et la médecine interventionnelle, avec expérimentation en conditions réelles (≤ 18 mois).
    Financement Jusqu’à 250 000 €, maxixum 50 % des dépenses, sous validation CDC.
    Type de solutions Solutions numériques ou hybrides, avec une composante numérique centrale.
    Impacts attendus Amélioration de la qualité des soins et/ou de la qualité de vie au travail des professionnels de santé.
    Niveau de maturité (TRL) TRL ≥ 4 + preuve de concept pour cofinancement, pas de minimum pour accompagnement seul.
    Finalité des expérimentations Évaluer et améliorer la solution (pas de financement pour simple équipement de structures).
    Dispositifs médicaux numériques – Pré-CE : co-conception, préparation à l’investigation clinique.
    – Post-CE (PMCF) : données en vie réelle.
    – Post-CE : études cliniques initiales.
    – Pré-marketing : adoption et accès au marché.
    Solutions hors DM Études de co-conception, d’usage, d’impact (soins/QVT), intégration de la doctrine du numérique en santé.
    Exigence environnementale Respect du principe DNSH (exclusion des projets à impact environnemental négatif significatif).
    Porteurs éligibles Startups, entreprises, établissements de santé, professionnels de santé, associations, collectifs.
    Cofinancement CDC Réservé aux entreprises enregistrées en France.
    Dossier de candidature Formulaire obligatoire + pièces complémentaires possibles (PPT, site, vidéo).

     

  • Le projet DANTE retenu pour évaluer, sur 147 patients, la fiabilité de l’extraction par IA des données cliniques en oncologie

    Le projet DANTE a été retenu dans le cadre de l’appel à manifestation d’intérêt France 2030 « Évaluation des nouveaux outils, nouveaux usages et nouvelles approches méthodologiques de recherche clinique ». Cette sélection a été annoncée par la Filière Intelligence Artificielle & Cancers, en partenariat avec AstraZeneca, Amgen et MSD.

    À travers ce projet, les partenaires veulent documenter la qualité et la fiabilité des données cliniques en vie réelle en oncologie.

    Le protocole prévoit de comparer deux modalités de recueil des données cliniques :

    • d’un côté, une collecte manuelle ;
    • de l’autre, une extraction automatisée par IA. Un bras de référence servira de point de comparaison.

    L’évaluation portera sur environ 147 patients et sur 25 variables cliniques jugées prioritaires. L’enjeu est de mesurer, dans des conditions définies, la capacité des outils d’extraction à produire des données exploitables pour la recherche clinique et pour les usages secondaires des données de soin.

    Réduire la charge hospitalière et objectiver la qualité des données

    Les promoteurs du projet avancent plusieurs objectifs. DANTE vise d’abord à réduire la charge associée au recueil hospitalier des données, en limitant le poids des tâches manuelles. Le projet entend aussi mieux valoriser les données issues du soin courant, en oncologie, à partir d’une méthode d’évaluation formalisée.

    Autre ambition affichée : renforcer la fiabilité des données extraites par IA. À travers cette démarche, la Filière Intelligence Artificielle & Cancers veut contribuer à l’émergence d’un cadre français d’évaluation de la qualité des données cliniques produites par ces outils.

    La Filière présente DANTE comme le résultat d’un travail collectif associant industriels, experts technologiques et institutions. Cette organisation partenariale doit permettre de croiser des compétences en oncologie, en production de données et en évaluation des solutions d’intelligence artificielle.

    Au-delà de l’annonce de financement, le projet pose une question de méthode : comment comparer, avec un protocole partagé, la qualité des données extraites automatiquement à celle des données recueillies manuellement ? C’est de cette capacité à objectiver les écarts, les limites et les conditions de fiabilité que dépendra l’intégration de ces outils dans la recherche clinique et dans l’exploitation des données en vie réelle.

  • IA et cardiologie : MIRACL.ai mise sur une approche ouverte et interdisciplinaire pour structurer un nouvel écosystème de production de connaissances

    Développée à l’AP-HP sous l’impulsion du Pr Gilles Soulat et du Dr Théo Pezel, la plateforme MIRACL.ai (pour Multimodality Imaging Research Analysis and Core Laboratory)

    Les progrès technologiques récents ont conduit à une augmentation importante des volumes de données issues de l’IRM, du scanner, de l’échographie ou encore de la médecine nucléaire. Les outils d’analyse basés sur l’IA se sont développés, rendant possible une exploitation plus fine de ces données.

    Ces transformations ouvrent la voie à une approche plus individualisée en cardiologie, avec des perspectives en matière de détection précoce, de stratification du risque, de prédiction de l’évolution des pathologies et de suivi thérapeutique.

    Développée à l’AP-HP sous l’impulsion du Pr Gilles Soulat et du Dr Théo Pezel, la plateforme MIRACL.ai (pour Multimodality Imaging Research Analysis and Core Laboratory) a été conçue pour répondre à un besoin identifié dans la recherche clinique : disposer de données d’imagerie cardiovasculaire exploitables à grande échelle, dans des conditions de fiabilité et de reproductibilité.

    Structurer, harmoniser et rendre exploitables les données

    La plateforme centralise des données issues de différentes modalités d’imagerie, les structure et les harmonise afin de permettre leur utilisation par des méthodes avancées d’IA.

    Au-delà de l’infrastructure technique, MIRACL.ai propose un accompagnement opérationnel des projets de recherche.

    En amont, la plateforme intervient sur la conception des études : choix des modalités d’imagerie, définition des critères d’évaluation et des objectifs. Pendant le déroulement des projets, elle assure la gestion des données et organise une relecture centralisée des examens. Elle met également à disposition des jeux de données structurés et labellisés, permettant :

    • la validation d’outils d’analyse existants ;
    • le test de prototypes d’intelligence artificielle ;
    • le développement de nouveaux algorithmes.

    Ce positionnement la place au croisement de la recherche académique et du développement industriel, notamment pour l’identification de biomarqueurs d’imagerie.

    La plateforme a déjà contribué à la constitution de bases de données de référence sur certaines pathologies, notamment la myocardite et les polyvalvulopathies.

    À terme, MIRACL.ai ambitionne de faciliter :

    • la mutualisation des données entre équipes ;
    • le développement de projets multicentriques ;
    • les collaborations entre acteurs académiques et industriels ;
    • la valorisation scientifique des résultats.

    L’objectif est de structurer un écosystème capable d’accélérer la production de connaissances en imagerie cardiovasculaire.

    Une plateforme ouverte à un large écosystème

    MIRACL.ai s’adresse à différents profils : cliniciens (cardiologues, radiologues), chercheurs, ingénieurs en data et IA, doctorants, ainsi qu’aux industriels et start-up. Cette ouverture vise à favoriser des collaborations structurées, dans un cadre conforme aux exigences institutionnelles en matière de sécurité et de gouvernance des données.