À l’occasion de la 9e étape du Tour de France de l’innovation en santé à Nantes, consacrée aux données de santé, les autorités publiques ont annoncé le financement du projet ALLIANCE SANTÉ IA, premier programme structuré d’hôpital augmenté par l’IA. Porté par le CHU de Montpellier et la société ADLIN Science, il bénéficie d’un soutien de 14,9 millions d’euros dans le cadre du plan France 2030.
Ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large d’investissement dans l’IA en santé, qui représente près de 400 M€ cumulés depuis les programmes d’investissements d’avenir, avec un objectif : structurer une offre d’IA souveraine et intégrée aux usages cliniques.
Un lancement officiel est prévu le 16 juin à Montpellier.
Le projet repose sur un consortium associant plusieurs acteurs académiques, industriels et technologiques : le CINES, Inria, ANA Healthcare, Numalis, ainsi que l’hébergeur Scaleway. Il s’appuie sur une logique de co-construction entre acteurs publics et privés, avec un ancrage territorial à Montpellier, soutenu par MedVallée, la métropole et la région Occitanie.
L’ambition est de développer une infrastructure hospitalière d’IA souveraine, dans laquelle les données de santé restent hébergées et gouvernées par l’établissement de soins. Le dispositif prévoit une plateforme sécurisée qui permet l’exploitation de données cliniques anonymisées par des acteurs autorisés, notamment pour tester des solutions d’adaptation thérapeutique.
Tester l’IA en conditions réelles
- le service médical rendu ;
- les parcours patients ;
- les coûts ;
- l’empreinte environnementale.
L’objectif est de produire des retours d’expérience exploitables en vue d’une réplication dans d’autres établissements.
Quatre axes opérationnels
Le programme s’articule autour de plusieurs cas d’usage ciblés :
- Structuration et valorisation des données biomédicales : L’IA doit permettre d’exploiter des données hospitalières encore peu mobilisées, notamment pour l’identification de biomarqueurs ou de signaux faibles à partir d’imagerie ou de dossiers cliniques.
- Déploiement d’outils d’aide aux soins : Des applications sont envisagées pour l’analyse de dossiers médicaux, l’exploitation de données textuelles, biologiques ou d’imagerie, avec un objectif d’amélioration des parcours et de gain de temps médical.
- Garantie de souveraineté des données : Le projet repose sur un principe de non-externalisation des données, avec une gouvernance hospitalière stricte, conforme aux cadres réglementaires français et européens.
- Évaluation systématique des impacts : Chaque solution déployée doit être mesurée selon des indicateurs multidimensionnels, incluant la valeur clinique, économique et environnementale.
Une logique de généralisation et d’équité territoriale
Au-delà du site pilote montpelliérain, le projet vise une diffusion nationale afin de renforcer l’équité d’accès à l’innovation en santé. L’approche retenue consiste à concevoir des modèles réplicables, capables d’être adaptés à différents contextes hospitaliers.
Cette orientation répond à une attente récurrente du secteur : passer de l’expérimentation à l’industrialisation des solutions d’IA en santé.


