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  • IA à l’hôpital : 14,9 M€ de France 2030 pour le projet ALLIANCE SANTÉ IA du CHU de Montpellier

    À l’occasion de la 9e étape du Tour de France de l’innovation en santé à Nantes, consacrée aux données de santé, les autorités publiques ont annoncé le financement du projet ALLIANCE SANTÉ IA, premier programme structuré d’hôpital augmenté par l’IA. Porté par le CHU de Montpellier et la société ADLIN Science, il bénéficie d’un soutien de 14,9 millions d’euros dans le cadre du plan France 2030.

    Ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large d’investissement dans l’IA en santé, qui représente près de 400 M€ cumulés depuis les programmes d’investissements d’avenir, avec un objectif : structurer une offre d’IA souveraine et intégrée aux usages cliniques.

    Un lancement officiel est prévu le 16 juin à Montpellier.

    Le projet repose sur un consortium associant plusieurs acteurs académiques, industriels et technologiques : le CINES, Inria, ANA Healthcare, Numalis, ainsi que l’hébergeur Scaleway. Il s’appuie sur une logique de co-construction entre acteurs publics et privés, avec un ancrage territorial à Montpellier, soutenu par MedVallée, la métropole et la région Occitanie.

    L’ambition est de développer une infrastructure hospitalière d’IA souveraine, dans laquelle les données de santé restent hébergées et gouvernées par l’établissement de soins. Le dispositif prévoit une plateforme sécurisée qui permet l’exploitation de données cliniques anonymisées par des acteurs autorisés, notamment pour tester des solutions d’adaptation thérapeutique.

    Tester l’IA en conditions réelles

    Le projet ALLIANCE SANTÉ IA sert de test en conditions réelles. Il a pour objectif de lever les principaux obstacles à l’intégration de l’IA dans les systèmes de santé, en mesurant concrètement ses effets sur :

    • le service médical rendu ;
    • les parcours patients ;
    • les coûts ;
    • l’empreinte environnementale.

    L’objectif est de produire des retours d’expérience exploitables en vue d’une réplication dans d’autres établissements.

    Quatre axes opérationnels

    Le programme s’articule autour de plusieurs cas d’usage ciblés :

    • Structuration et valorisation des données biomédicales : L’IA doit permettre d’exploiter des données hospitalières encore peu mobilisées, notamment pour l’identification de biomarqueurs ou de signaux faibles à partir d’imagerie ou de dossiers cliniques.
    • Déploiement d’outils d’aide aux soins : Des applications sont envisagées pour l’analyse de dossiers médicaux, l’exploitation de données textuelles, biologiques ou d’imagerie, avec un objectif d’amélioration des parcours et de gain de temps médical.
    • Garantie de souveraineté des données : Le projet repose sur un principe de non-externalisation des données, avec une gouvernance hospitalière stricte, conforme aux cadres réglementaires français et européens.
    • Évaluation systématique des impacts : Chaque solution déployée doit être mesurée selon des indicateurs multidimensionnels, incluant la valeur clinique, économique et environnementale.

    Une logique de généralisation et d’équité territoriale

    Au-delà du site pilote montpelliérain, le projet vise une diffusion nationale afin de renforcer l’équité d’accès à l’innovation en santé. L’approche retenue consiste à concevoir des modèles réplicables, capables d’être adaptés à différents contextes hospitaliers.

    Cette orientation répond à une attente récurrente du secteur : passer de l’expérimentation à l’industrialisation des solutions d’IA en santé.

  • L’IA dans les sciences de la vie : des usages encore peu générateurs de valeur (McKinsey)

    Dans les sciences de la vie, l’IA reste largement associée à des usages visibles comme la découverte de médicaments ou l’analyse clinique. Pourtant, ces applications peinent encore à produire des effets mesurables à grande échelle.

    Ce constat s’inscrit dans un phénomène plus large : selon McKinsey, près de 80 % des entreprises utilisent l’IA générative dans au moins une fonction, mais seulement 40 % déclarent un impact sur leur résultat opérationnel (EBIT), généralement inférieur à 5 %.

    Dans le même temps, les investissements se concentrent sur des projets pilotes, souvent déconnectés des infrastructures nécessaires à leur passage à l’échelle (données, architecture, intégration aux ERP, mesure de performance).

    Résultat : de nombreux cas d’usage restent à l’état expérimental.

    À rebours de ces approches exploratoires, certaines fonctions plus structurées offrent des gains immédiats. C’est le cas de la validation des systèmes informatiques en environnement réglementé (CSV/CSA), utilisée dans les activités GxP de production et de qualité.

    Ces processus reposent sur des règles définies, une documentation standardisée et des exigences d’auditabilité. Ce cadre en fait un terrain propice à l’intégration de l’IA, sans nécessiter de transformation profonde des organisations.

    Contrairement à des workflows complexes et ambigus, la validation suit des processus répétables : rédaction d’exigences, exécution de tests, traçabilité, approbations. L’IA peut ainsi s’insérer dans des processus existants, en produisant des livrables intermédiaires exploitables et vérifiables.

    Des gains concentrés sur la productivité documentaire

    La validation mobilise des volumes importants de documentation et de tâches répétitives. Dans ce contexte, l’IA agit comme un assistant opérationnel, avec des gains observés sur plusieurs dimensions :

    • Rédaction documentaire : génération de brouillons de protocoles ou de rapports, à partir de modèles standardisés.
    • Traçabilité et cohérence : alignement des processus, des tests et des preuves, détection des écarts.
    • Recherche et réutilisation : accès rapide à des documents antérieurs dans des environnements fragmentés.
    • Structuration de données : transformation de contenus hétérogènes en formats exploitables.

    Certaines tâches historiquement chronophages (40 à 80 heures) peuvent être réalisées en quelques minutes, avec un impact direct sur les délais et les coûts.

    Une condition : intégrer une gouvernance “human-in-the-loop”

    L’intégration de l’IA dans des environnements réglementés impose toutefois un cadre. La création de valeur repose sur une séparation explicite des rôles entre la machine et les professionnels. Le modèle de gouvernance repose sur plusieurs principes :

    • Décision humaine : l’IA propose, les experts valident et signent.
    • Traçabilité complète : documentation des données sources, des versions, des outils utilisés et des validations.
    • Gestion des exceptions : processus définis en cas d’erreur, d’incohérence ou de données manquantes.
    • Mesure de performance : suivi d’indicateurs tel que le temps de cycle, les reprises ou la qualité des audits.

    Un levier pour réduire le “value gap” de l’IA

    L’exemple de la validation illustre une trajectoire différente d’adoption de l’IA : plutôt que de partir de cas d’usage exploratoires, certaines organisations privilégient des processus centraux, déjà structurés et auditables.

    Cette approche permet de produire des résultats mesurables sans remettre en cause les fondations opérationnelles ni les contraintes réglementaires.

    Elle suggère également que la réduction du “value gap” ne dépend pas uniquement des performances technologiques, mais de la capacité à intégrer l’IA dans des processus existants, avec des mécanismes de contrôle et de responsabilité clairement définis.

  • Données de santé : un projet de décret encadre l’hébergement européen et les accès depuis des États tiers

    Saisie par le ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles, la Commission nationale de l’informatique et des libertés s’est prononcée sur un projet de décret qui vise à préciser les obligations applicables aux hébergeurs de données de santé à caractère personnel.

    Ce texte s’inscrit dans le prolongement de la loi du 21 mai 2024 visant à sécuriser et réguler l’espace numérique, qui introduit des exigences nouvelles en matière de souveraineté des données de santé dans l’article L.1111-8 du code de la santé publique.

    Le projet de décret vient en préciser la mise en œuvre opérationnelle, en particulier sur la territorialité de l’hébergement, les conditions de transfert et le contenu des contrats liant les acteurs.

    Hébergement européen et encadrement des accès à distance

    Le texte pose une obligation explicite : les données de santé doivent être hébergées exclusivement sur le territoire de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen.

    Cette exigence concerne le stockage des données, mais admet des accès à distance depuis des États tiers sous conditions strictes. Ces accès doivent reposer soit sur une décision d’adéquation de la Commission européenne, soit sur des garanties appropriées au sens du RGPD.

    L’objectif n’est pas d’imposer le recours à des acteurs européens, mais de garantir une immunité face aux législations extra-européennes susceptibles d’imposer un accès aux données.

    La CNIL soutient cette orientation, qui vise à limiter les risques d’accès non autorisé par des autorités étrangères.

    Transparence dans les contrats d’hébergement

    Le projet de décret introduit de nouvelles mentions obligatoires dans les contrats d’hébergement. Ceux-ci devront désormais détailler :

    • les conditions d’accès à distance depuis des États tiers et les garanties associées ;
    • les réglementations extra-européennes susceptibles d’impliquer un transfert ou un accès aux données ;
    • les mesures mises en œuvre pour limiter ces risques ainsi que les risques résiduels ;
    • l’absence éventuelle de telles réglementations, avec les éléments justificatifs.

    Pour la CNIL, ces obligations renforcent la maîtrise des risques par les parties contractantes et améliorent la lisibilité pour les personnes concernées.

    Le texte prévoit également que les hébergeurs tiennent à jour une cartographie des transferts de données hors UE, des accès à distance et des risques associés. Cette cartographie devra être rendue publique.

    Le projet impose que les contrats précisent les modalités d’exercice des droits des personnes : accès, rectification, effacement, portabilité, limitation et opposition lorsque applicable.

    Vers une convergence avec SecNumCloud

    Le texte s’inscrit dans une dynamique plus large de convergence entre le référentiel d’hébergement des données de santé (HDS) et les standards de sécurité du cloud, notamment la qualification SecNumCloud. La CNIL soutient cet objectif, qui renforce la protection contre les ingérences extra-européennes.

    De manière générale, la CNIL considère que le projet de décret prolonge et renforce les exigences déjà prévues par le référentiel HDS, notamment celles introduites par les évolutions de 2024.

    Elle souligne que ces nouvelles dispositions apportent davantage de transparence et contribuent à une meilleure maîtrise des risques liés aux transferts de données de santé.

    Journal officiel de la République française – N° 73 du 26 mars 2026

  • OCDE : la prise en charge de la dépendance atteindrait 2,8 % du PIB en 2050

    Dépenses SLD : +1,3 point de PIB d’ici 2050 dans l’OCDE, jusqu’à 2,8 % du PIB

    Le vieillissement démographique devrait porter la part des plus de 65 ans à 26,4 % d’ici 2050 dans les pays de l’OCDE, entraînant un quasi-doublement des dépenses publiques de soins de longue durée, selon un modèle de projection intégrant facteurs démographiques, économiques et organisationnels.

    Dans les pays de l’OCDE, la part des personnes âgées de 65 ans et plus est passée de 18,5 % en 2023 à une projection de 26,4 % en 2050, avec un doublement attendu des plus de 80 ans (de 4,9 % à 9,6 %).

    Cette dynamique alimente une hausse mécanique de la demande de services d’aide à la vie quotidienne (alimentation, mobilité, hygiène), au cœur des dispositifs de soins de longue durée (SLD).

    En 2023, ces dépenses représentaient en moyenne 1,8 % du PIB, avec de fortes disparités entre pays (de 4,1 % aux Pays-Bas à moins de 0,5 % en Grèce, au Chili ou au Costa Rica).

    Une dépense appelée à presque doubler

    Selon les projections de l’OCDE, les dépenses publiques de SLD devraient atteindre 2,8 % du PIB en 2050, contre environ 1,5 % aujourd’hui, soit une hausse de 1,3 point de PIB. La composante sociale concentre une part importante de la croissance, avec une augmentation plus rapide liée à l’évolution des modes de vie et à la substitution entre aide informelle et formelle. Cette progression se décompose en deux composantes :

    • La composante sanitaire (aide aux activités essentielles), qui atteindrait 1,7 % du PIB (+0,5 point).
    • La composante sociale (aide à la vie quotidienne élargie), qui atteindrait 1,1 % du PIB (+0,7 point).

    Au-delà du vieillissement, des déterminants multiples

    Si le vieillissement constitue le facteur le plus visible, d’autres dynamiques expliquent la hausse des dépenses.

    • Le recul de l’aide informelle : La baisse de la fertilité, l’augmentation du travail féminin et l’éloignement géographique des familles réduisent la disponibilité des aidants informels. Cette évolution transfère une partie de la prise en charge vers des dispositifs formels plus coûteux.
    • L’effet Baumol : Le secteur des SLD reste fortement intensif en main-d’œuvre et peu automatisable. La progression des salaires, non compensée par des gains de productivité équivalents, entraîne une inflation structurelle des coûts.
    • Les attentes sociétales : L’élévation du niveau de vie s’accompagne d’exigences en matière de qualité, d’accessibilité et de personnalisation des soins, contribuant à l’augmentation des dépenses.

    Trois scénarios pour éclairer les choix publics

    • Scénario de pression sur les coûts : extension de la couverture et amélioration de l’accès : dépenses portées à 3 % du PIB (+0,2 point).
    • Scénario de vieillissement en bonne santé : prévention et réduction de la dépendance : baisse de 0,1 à 0,15 point.
    • Scénario de gains de productivité : recours aux technologies (IA, dispositifs d’assistance, coordination des soins) : réduction de 0,17 à 0,2 point.

    Combinés, les scénarios “prévention” et “productivité” pourraient réduire la hausse projetée de près de 25 %.

    Au-delà des projections, l’OCDE insiste sur la dimension anticipable de ces évolutions. Le vieillissement étant un phénomène prévisible, les États disposent d’une fenêtre pour adapter leurs systèmes.

    Les recommandations portent sur plusieurs leviers :

    • Renforcer les effectifs et l’attractivité des métiers du soin.
    • Investir dans les technologies d’assistance et l’intégration des parcours.
    • Soutenir les aidants informels.
    • Articuler les politiques de SLD avec celles des retraites et de la santé.

    Les dépenses de retraite et de santé sont également appelées à augmenter (respectivement jusqu’à 10 % et 8,8 % du PIB).

    L’OCDE souligne la nécessité d’une approche coordonnée à l’échelle des politiques publiques, qui intègre financement, organisation des soins et équité intergénérationnelle.

    OECD Health Working Papers No. 194. Future long-term care expenditure trajectories across OECD countries

     

  • Imagerie : le CHU de Nîmes veut diminuer les prescriptions automatiques et repositionner le radiologue dans le parcours de soins

    Face à la hausse du recours à l’imagerie médicale, le CHU de Nîmes et l’ARS Occitanie lancent un projet destiné à améliorer les examens prescrits.

    Baptisée « Pertinence en imagerie : informer, former et impliquer patients et médecins demandeurs à Nîmes », l’initiative vise à limiter les examens inutiles.

    Le projet repose sur un double levier : faire évoluer les pratiques des médecins demandeurs et renforcer l’information des patients. Il s’appuie sur les recommandations de la Haute Autorité de Santé et sur l’expertise des équipes de radiologie du CHU de Nîmes, engagées dans des démarches de qualité et d’accréditation.

    Moins de prescriptions automatiques et plus de coordination ville-hôpital pour améliorer l’imagerie

    Le CHU de Nîmes fixe plusieurs objectifs.

    • Il s’agit d’abord de réduire les examens non pertinents, en rappelant que le recours à l’imagerie n’est pas systématique.
    • Le projet entend aussi améliorer les échanges avec les médecins demandeurs autour des bonnes pratiques et des recommandations nationales.
    • Autre axe affiché : réaffirmer le rôle du radiologue dans le parcours de soins. L’établissement veut le positionner comme un médecin spécialiste garant du bon usage des examens, et non comme un simple exécutant technique.
    • Le dispositif prévoit aussi d’impliquer davantage les patients dans une démarche de soin plus personnalisée et de renforcer la cohérence des parcours entre la ville et l’hôpital.

    « La radiologie n’est pas un simple service prestataire, mais une spécialité médicale à part entière, au cœur du parcours de soins. Informer et impliquer patients et médecins est essentiel pour garantir le juste examen, au bon moment », indique le Dr Jean Goupil, chef du service de radiologie du CHU de Nîmes et coordonnateur du projet.

    L’enjeu est de renforcer la coordination entre la médecine de ville et l’hôpital

    Pour déployer ce programme, le CHU de Nîmes s’appuie sur des partenaires du territoire : les médecins généralistes, les Communautés professionnelles territoriales de santé, la faculté de médecine Montpellier-Nîmes et des acteurs de la formation en imagerie.

    Le projet s’inscrit dans la continuité d’actions déjà engagées par l’établissement, notamment à travers les formations universitaires, les commissions d’interface radio-clinique, les travaux de recherche et les démarches d’accréditation conduites avec la HAS.

    Un déploiement progressif sur 2026 et 2027

    Le calendrier présenté prévoit une montée en charge par étapes, avec des campagnes de communication au printemps, les premières actions de formation à partir de juin, puis le déploiement complet des outils digitaux et pédagogiques à l’automne. Une évaluation finale doit intervenir fin 2027.

    La stratégie retenue se veut multicanale. Elle combinera supports pédagogiques, outils de formation en ligne, temps d’échange avec les médecins du territoire ainsi que contenus digitaux et multimédias destinés à valoriser l’expertise des radiologues.

    Au-delà de la seule réduction des actes inutiles, le CHU de Nîmes et l’ARS Occitanie présentent ainsi un projet centré sur l’appropriation des recommandations, la circulation de l’information entre professionnels et la participation du patient dans la décision de soin.

     

  • Vivalto Santé lance un Plan Cancer avec 3 instituts et 15 critères de labellisation

    Vivalto Santé annonce la mise en œuvre d’un Plan Cancer destiné à harmoniser ses parcours de soins en cancérologie.

    Le dispositif s’appuie sur une organisation déjà en place, articulée autour de 3 instituts de cancérologie, 14 centres de référence et 15 centres de proximité. Il repose aussi sur un programme interne de labellisation fondé sur 15 critères qualité, avec des plans d’action ciblés selon les établissements.

    Dans un contexte marqué par près de 433 000 nouveaux diagnostics de cancer en France, Vivalto Santé rappelle que la moitié des cas pourraient être évités, en s’appuyant sur les données 2025 de l’Institut national du cancer. Le groupe inscrit son plan dans les orientations nationales de santé et dans sa gouvernance d’entreprise à mission.

    Quatre engagements affichés

    Le Plan Cancer de Vivalto Santé s’organise autour de quatre engagements.

    • Le premier porte sur des prises en charge globales, coordonnées et personnalisées, indépendamment du niveau de revenus ou de couverture sociale des patients.
    • Le deuxième vise à réduire les délais, avec des parcours fléchés et accélérés, notamment pour les biopsies, ainsi que des dispositifs de type « diagnostic en un jour ».
    • Le troisième concerne le renforcement de la proximité territoriale, pour limiter l’éloignement géographique dans le parcours de soins.
    • Le quatrième met l’accent sur l’accompagnement du patient et de ses proches, avec une attention portée au soutien tout au long de la maladie.

    La gradation de l’offre constitue l’ossature du plan.

    Les centres de proximité doivent assurer une prise en charge au plus près du lieu de vie.

    Ils couvrent le dépistage, le diagnostic et la chirurgie du cancer, avec une coordination structurée des parcours, l’accès aux soins de support et un travail avec les professionnels du territoire.

    Les centres de référence proposent une prise en charge complète à toutes les étapes : dépistage, diagnostic, chimiothérapie, hospitalisation complète ou de jour, soins palliatifs, soins de support renforcés et coordination dédiée. Ils disposent d’autorisations de chirurgie carcinologique et d’un accès à la recherche clinique.

    Les instituts de cancérologie rassemblent sur un même site l’ensemble des expertises et des plateaux techniques, dont la radiothérapie et la médecine nucléaire. Ils concentrent toutes les autorisations en chirurgie carcinologique et prennent en charge des situations complexes.

    Cette organisation permettrais aujourd’hui à plus de 10 millions de Français d’être “à moins de 30 minutes d’un centre de référence” ou d’un institut de cancérologie du groupe.

    Prévenir, agir, soutenir

    La feuille de route est structurée autour de trois priorités.

    • Sur la prévention, Vivalto Santé entend renforcer les actions d’information, les opérations de terrain et la promotion d’un dépistage ciblé et régulier, en cohérence avec les recommandations nationales.
    • Sur la prise en charge, le groupe dit mobiliser l’ensemble des spécialités concernées, des oncologues aux hématologues, radiothérapeutes, internistes, spécialistes de la douleur et des soins palliatifs, ainsi que les équipes chirurgicales, du diagnostic à la rééducation-réadaptation. Plus de 20 postes sont dédiés à la coordination dans le groupe, avec un renforcement de la coopération avec la médecine de ville.
    • Vivalto Santé met aussi en avant sa dynamique de recherche clinique en oncologie et en onco-hématologie, avec près de 400 protocoles ouverts, soit une hausse de plus de 20 % en 2025 par rapport à 2024. Le groupe cite également le déploiement de robots chirurgicaux dans plusieurs établissements pour améliorer la précision des prises en charge.

    La télésurveillance comme levier opérationnel

    Dans le versant numérique du plan, Vivalto Santé fait de la télésurveillance un axe de sa stratégie en cancérologie. Le groupe déploie la solution Cureety, présentée comme une plateforme labellisée par la HAS, pour assurer un suivi sécurisé entre deux consultations et détecter plus tôt les situations critiques.

    L’initiative, lancée en 2023, concerne désormais 12 services d’oncologie médicale et 5 services d’onco-hématologie. Plus de 2 500 patients sont suivis chaque mois et plus de 5 000 situations critiques ont déjà été gérées de manière proactive.

    Soins de support et accompagnement à domicile

    Le troisième pilier du plan concerne le soutien aux patients et à leurs proches. Les centres et instituts du groupe proposent des paniers de soins de support et une prise en charge spécialisée de la douleur.

    À domicile, la continuité des soins doit être facilitée par la coordination avec Vivalto Dom, prestataire de services à domicile du groupe, ainsi que par un partenariat récemment noué avec OuiHelp pour l’accès à des services d’aide à domicile.

    Vivalto Santé indique par ailleurs que ses dispositifs d’éducation thérapeutique affichent un taux de satisfaction de 95 %. Plus de 50 patients experts sont aussi mobilisés pour accompagner les patients et leurs proches.

    Ce Plan Cancer doit permettre de “structurer et d’harmoniser l’offre de soins en cancérologie à l’échelle du groupe”. L’objectif est de garantir un parcours fluide, coordonné et accessible, quel que soit le lieu de résidence, en articulant expertise médicale, proximité territoriale et accompagnement des patients.

  • AAP : jusqu’à 50 % de financement pour des projets de déploiement de solutions innovantes en santé (30.06)

    Un dispositif orienté vers le déploiement à grande échelle

    Inscrit dans le plan France 2030, l’appel à projets “Achats publics innovants” cible la diffusion de solutions innovantes déjà disponibles sur le marché, avec une maturité élevée (TRL 9). L’objectif est de soutenir des projets d’intégration opérationnelle dans les établissements sanitaires et médico-sociaux en privilégiant des approches reproductibles.

    Les candidatures pour cette première vague sont ouvertes jusqu’au 30 juin 2026 à 00h00, avec un dépôt en ligne via la plateforme dédiée.

    Des projets financés jusqu’à 50 %

    Le financement prend la forme d’une subvention couvrant jusqu’à 50 % des dépenses éligibles. Les projets doivent présenter un budget minimal de 150 000 euros et s’inscrire dans une durée comprise entre 12 et 24 mois.

    Les dépenses prises en charge incluent notamment :

    • l’achat, la licence ou l’abonnement à la solution,
    • l’intégration technique et le déploiement,
    • la formation et l’accompagnement au changement,
    • l’évaluation du projet,
    • certains frais de personnel directement mobilisés.

    À l’inverse, les dépenses de fonctionnement courant, les investissements immobiliers ou les équipements antérieurs ne sont pas éligibles.

    Des établissements de santé en première ligne

    Les projets doivent s’inscrire dans des priorités telles que l’organisation des soins, le parcours patient, le bloc opératoire, le diagnostic ou encore la transition écologique.

    Le portage du projet doit être assuré par un établissement sanitaire ou médico-social, public ou privé, disposant d’un numéro FINESS, seul ou en groupement. Une équipe projet identifiée est requise.

    Les solutions proposées doivent être déjà disponibles sur le marché, effectivement achetées puis déployées, et répondre aux exigences réglementaires, notamment en matière de RGPD, de sécurité des systèmes d’information et, le cas échéant, d’hébergement des données de santé.

    Une sélection en plusieurs étapes pilotée par l’ANAP

    La procédure de sélection repose sur plusieurs phases : vérification d’éligibilité, instruction initiale par l’ANAP, audition des porteurs, analyse technique et financière approfondie, puis validation finale par un comité de pilotage.

    Les critères d’évaluation portent sur la maturité de la solution, les impacts attendus pour l’établissement, la qualité du déploiement et de la gouvernance, ainsi que le potentiel de diffusion à d’autres structures.

    Une exigence forte sur l’évaluation et la conformité

    L’appel à projets exclut les phases de recherche ou d’expérimentation amont, en se concentrant sur des déploiements effectifs. Les porteurs doivent ainsi définir des indicateurs en amont, prévoir des modalités de suivi robustes et produire des rapports intermédiaires et finaux.

    Le respect du cadre réglementaire constitue un prérequis, notamment en matière de commande publique, de protection des données et de sécurité. L’évaluation de l’impact et la capacité à répliquer le projet dans d’autres établissements sont également au cœur du dispositif.

  • La plateforme de livraison de médicaments Livmed’s en liquidation judiciaire après un an de redressement

    La société Livmed’s, spécialisée dans la livraison de médicaments à domicile, a été placée en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Nice.

    Cette décision intervient à l’issue d’une procédure de redressement judiciaire ouverte en avril 2025. L’entreprise a bénéficié d’une période d’observation d’un an, structurée en deux phases de six mois renouvelées, sans parvenir à rétablir sa situation financière.

    Un redressement engagé avec l’objectif de rentabilité

    Placée en redressement judiciaire au printemps 2025, Livmed’s visait alors une restructuration de ses activités. Cette procédure collective devait permettre la poursuite de l’activité, le maintien de l’emploi et l’apurement des dettes sous contrôle judiciaire.

    Cette phase devait conduire l’entreprise à la rentabilité, en s’appuyant sur le soutien de ses actionnaires. Une audience au tribunal de commerce, prévue en juin 2025, devait statuer sur la poursuite de la période d’observation.

    Un modèle BtoBtoC adossé aux officines

    Fondée en 2020, Livmed’s proposait un service de livraison de médicaments et de produits de parapharmacie via une application mobile. Les patients pouvaient téléverser une ordonnance, sélectionner une pharmacie partenaire, régler en ligne et se faire livrer à domicile par un coursier.

    La plateforme revendiquait 2 300 pharmacies partenaires dans plus de 200 villes françaises. Son modèle reposait sur l’absence de facturation pour les officines, avec une rémunération assurée par la logistique et une commission de 15 % sur les ventes de parapharmacie. Des partenariats avec des mutuelles permettaient le remboursement des frais de livraison.

    Des tensions réglementaires avec l’Ordre des pharmaciens

    Depuis sa création, l’entreprise a levé plus de 7 millions d’euros auprès d’investisseurs, dont Sanofi, CMA CGM, Bpifrance et des business angels.

    Son développement a été marqué par un contentieux avec le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens, qui l’accusait d’exercer une activité de pharmacie en dehors du cadre légal, en intervenant dans le circuit du médicament.

    Livmed’s contestait cette analyse, se présentant comme un simple intermédiaire logistique. En octobre 2023, le tribunal judiciaire de Paris avait suspendu sa décision dans l’attente d’un jugement de la Cour de justice de l’Union européenne dans une affaire distincte impliquant Doctipharma. En janvier 2025, un médiateur avait été désigné pour favoriser un règlement amiable.

    Les juges ont toutefois estimé que Livmed’s n’intervenait pas directement dans l’acte de vente, la qualifiant de prestataire technique de mise en relation. La société a été condamnée à verser 15.000 euros au Cnop au titre des frais de procédure.

    La juridiction a également considéré que la plateforme avait enfreint le code de la santé publique en facilitant la vente en ligne de médicaments soumis à prescription obligatoire. Elle pouvait en revanche continuer à proposer des médicaments sans ordonnance sous conditions.

    Des difficultés opérationnelles signalées

    Outre les enjeux réglementaires, l’entreprise a également été confrontée à des difficultés opérationnelles. Selon Les Echos, des livreurs ont signalé des retards de paiement et des difficultés à entrer en contact avec la société, notamment via des avis publiés sur la plateforme Trustpilot.

    La liquidation judiciaire met un terme à l’activité de la start-up niçoise, souvent présentée comme un acteur de la digitalisation de l’activité officinale. Aucun projet de reprise n’a été évoqué à ce stade.

  • Data : la CNIL met à disposition un outil open source (PIA) pour faciliter les analyses d’impact

    La CNIL met à disposition un logiciel open source, baptisé PIA, pour accompagner la réalisation des Analyses d’impact relatives à la protection des données (AIPD), telles que prévues par le RGPD. L’outil s’inscrit dans une démarche d’accompagnement des responsables de traitement dans la mise en œuvre de leurs obligations en matière de protection des données.

    Disponible en 20 langues, PIA a aussi pour objectif de faciliter l’appropriation des guides AIPD publiés par la CNIL. L’analyse d’impact est obligatoire pour certains traitements de données, et l’outil entend en structurer la conduite comme la formalisation.

    La CNIL indique que PIA s’adresse d’abord aux responsables de traitement qui ne sont pas, ou peu, familiers de la démarche AIPD. L’outil est proposé dans une version « prête à l’emploi », conçue pour être lancée simplement sur un poste de travail.

    Au-delà de cet usage individuel, il peut aussi être déployé sur des serveurs afin d’être intégré à des outils déjà utilisés en interne dans une entreprise.

    Trois fonctions pour suivre la méthode CNIL

    L’outil PIA est présenté autour de trois axes destinés à aider les organisations à suivre la méthode AIPD développée par la CNIL.

    • Un outil modulaire : PIA peut être adapté aux besoins d’une structure ou d’un secteur d’activité. La CNIL cite notamment la possibilité de créer un modèle d’AIPD, duplicable ensuite pour des traitements de nature similaire. Le caractère open source du logiciel permet aussi de modifier son code source, publié sous licence libre, pour ajouter des fonctionnalités ou l’intégrer à d’autres outils internes.
    • Une interface pour dérouler l’analyse pas à pas : L’outil repose sur une interface pensée pour gérer l’ensemble des analyses d’impact et suivre, étape par étape, la méthode de la CNIL. L’objectif est d’éviter les oublis dans la conduite de l’exercice. Des outils de visualisation sont également proposés afin de donner une lecture synthétique de l’état des risques associés au traitement étudié.
    • Une base de connaissance juridique et technique : PIA intègre des éléments juridiques relatifs à la licéité du traitement, ainsi que des mesures destinées à protéger les droits des personnes concernées. Le logiciel embarque aussi une base de connaissance contextuelle, accessible pendant la réalisation de l’analyse. Ses contenus s’appuient sur le RGPD, les guides AIPD et le guide sécurité de la CNIL, avec une adaptation aux caractéristiques du traitement examiné.

    La CNIL distingue deux déclinaisons de son outil

    • La version logicielle se télécharge et s’installe sur un poste de travail. Elle est disponible pour Windows en 32 et 64 bits, Linux en 64 bits et Mac OS.
    • La version web est destinée à un déploiement sur les serveurs de l’entreprise. Elle existe en mode front-end et en mode back-end.

    Dans les deux cas, l’ouverture du code permet une adaptation à l’écosystème informatique existant au sein de l’organisation et une intégration avec les autres outils internes.

    Pour les structures de santé, les éditeurs et les entreprises du numérique en santé amenés à traiter des données personnelles sensibles, PIA constitue un outil opérationnel pour cadrer une démarche AIPD, en particulier lorsque les équipes disposent de peu de ressources spécialisées en interne.

    L’intérêt du dispositif repose sur trois leviers ; un cadre méthodologique aligné sur la doctrine de la CNIL, une possibilité d’adaptation aux usages métiers, et une intégration envisageable dans des environnements techniques déjà en place.

    Découvrir le tutoriel pour utiliser l’outil PIA

     

  • Gustave Roussy lance DuOnco Unity pour analyser les tumeurs au scanner, résultats en 3 à 15 minutes

    @Health & Tech Intelligence

    Les limites des critères RECIST

    L’évaluation de la réponse aux traitements en cancérologie repose encore largement sur les critères RECIST, un référentiel international fondé sur la mesure d’un nombre limité de lésions dites cibles (jusqu’à cinq au total, avec un maximum de deux par organe). Ces lésions sont sélectionnées pour représenter la maladie, puis leur évolution est comparée au fil du traitement.

    Cette approche montre des limites chez les patients qui présentent un nombre très élevé de lésions, parfois plusieurs centaines, réparties sur plusieurs organes. Dans ces situations, quelques cibles ne suffisent pas toujours à restituer l’étendue réelle de la maladie.

    À mesure que la médecine de précision exige une caractérisation plus fine des tumeurs pour ajuster les stratégies thérapeutiques, la mesure de la charge tumorale prend une place de plus en plus importante. Elle correspond à l’ensemble des lésions cancéreuses identifiables sur les examens d’imagerie de référence, en particulier le scanner thoraco-abdomino-pelvien, utilisé pour explorer les principaux sites métastatiques des cancers solides.

    DuOnco Unity analyse organes, ganglions et tissus en imagerie

    C’est dans ce contexte que Gustave Roussy a participé au développement de DuOnco Unity, un outil d’IA conçu pour mesurer la charge tumorale à partir d’un examen d’imagerie. Le projet a été mené avec Guerbet, Intrasense et le CHU d’Angers, avec le soutien de Bpifrance et du programme France 2030.

    L’outil repose sur un algorithme capable de détecter, en trois dimensions, les tumeurs et métastases visibles sur un scanner thoraco-abdomino-pelvien. L’objectif est de produire une mesure de la charge tumorale sur cette zone anatomique et de générer des indicateurs destinés à prédire l’évolution de la maladie.

    DuOnco Unity analyse à la fois plusieurs organes et plusieurs structures anatomiques.

    Il couvre le thorax, l’abdomen et le pelvis. Il prend aussi en compte les ganglions lymphatiques, un point utile en oncologie du fait de leur rôle fréquent dans la dissémination métastatique. Les comptes rendus intègrent également la masse musculaire et les tissus adipeux, deux paramètres utilisés dans l’évaluation clinique des patients.

    Une évaluation plus fine pour détecter les résistances

    Arrêter plus tôt les traitements inefficaces grâce à la charge tumorale.

    L’intérêt de cette approche est de permettre une adaptation plus précoce des traitements. Lorsqu’une thérapie se révèle efficace, elle peut être consolidée plus rapidement. À l’inverse, une évaluation plus fine peut conduire à interrompre plus tôt un traitement inefficace, afin d’éviter des effets indésirables inutiles et de proposer une autre option thérapeutique. Elle peut aussi aider à repérer des signes précoces de résistance.

    Par rapport aux critères RECIST, fondés sur une mesure unidimensionnelle d’un nombre restreint de lésions, la quantification de la charge tumorale prend en compte l’ensemble des lésions visibles et leur volume réel. Elle propose ainsi une lecture plus complète de l’évolution de la maladie.

    287 000 lésions annotées pour entraîner l’algorithme

    Le développement de l’outil a nécessité l’annotation de près de 287 000 lésions. L’interface a été pensée pour s’intégrer au poste de travail des radiologues pour en faciliter le déploiement et l’usage. Les données sont hébergées localement, sans export vers des serveurs extérieurs.

    Autre point mis en avant par les équipes : l’outil peut analyser des scanners récents comme des examens plus anciens, y compris lorsqu’ils ont été réalisés sur des machines ne disposant pas de fonctions d’IA. Cette capacité ouvre la possibilité de réévaluer des images déjà acquises et d’enrichir le suivi longitudinal des patients.

    DuOnco Unity fournit ses résultats en 3 à 15 minutes.

    À titre de comparaison, une analyse tridimensionnelle complète de l’ensemble des lésions reste difficilement compatible avec la pratique courante lorsqu’elle est faite manuellement. Les concepteurs précisent toutefois que l’outil n’a pas vocation à remplacer le radiologue : la validation des données et leur interprétation dans le contexte clinique demeurent du ressort du spécialiste.

    Deux études cliniques en cours (dont une sur 600 patients)

    En attendant l’obtention du marquage CE, DuOnco Unity est disponible sous la forme d’un prototype en cours de validation à Gustave Roussy. Il est déjà utilisé dans deux études cliniques.

    • L’étude IMPACT doit déterminer si la détection par IA de la charge tumorale permet de prédire la survie sans progression et la survie globale chez 600 patients atteints de cancers du poumon et de mélanomes.
    • L’étude LIFE vise, de son côté, à évaluer l’effet de l’outil sur la pratique clinique quotidienne des médecins.