S’il existe une prise en charge des rétinites pigmentaires, soit par des injections intravitréennes de corticoïdes retard ou de triamcinolone, soit par des injections d’anti-VEGF, ces deux classes thérapeutiques ont montré une efficacité qui reste cependant inconstante et toujours transitoire, car aucune thérapie ne peut pour le moment soigner complètement cette pathologie qui est une cause majeure de malvoyance. De plus, cette maladie rare est caractérisée par une grande hétérogénéité au niveau des phénotypes, des modes de transmission et des génotypes, ce qui empêche actuellement d’établir un diagnostic médical précis et donc de traiter la maladie en amont.
Cependant, les outils d’intelligence artificielle (IA) peuvent offrir d’excellents résultats quant au diagnostic des maladies communes en ophtalmologie, grâce à une analyse par apprentissage profond (deep learning) de photographies du fond de l’œil. C’est dans ce contexte que l’Inserm porte son projet RaReTiA, lauréat de l’appel à projets France 2030 “accompagnement et soutien à la constitution d’entrepôts de données de santé hospitaliers”, qui a pour objectif de mettre en place le premier entrepôt de données de santé dédié à la maladie rare de l’œil. Lancé en septembre 2022 pour une durée de 4 ans, ce projet a permis le lancement de l’entrepôt de données de santé, FREDD (French Rare Eye Disease Database), le 9 avril 2024, après son autorisation par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil).
L’IA pour trouver de nouveaux outils d’aide au diagnostic médical
Compte tenu des récents résultats permis par l’IA en matière de diagnostic des maladies de l’œil, cet entrepôt de données de santé doit permettre de “favoriser la recherche sur les maladies rares de l’œil et en particulier les dystrophies héréditaires de la rétine”. Pour ce faire, l’entrepôt de données de santé FREDD va réutiliser les données de soins des patients atteints de maladies rares de l’œil qui sont collectées en routine par les centres de référence – de la filière de santé maladies rares SENSGENE (maladies rares sensorielles) – qui suivent ces patients.
Les types de données qui vont être utilisés sont des données de patient non identifiantes, affirment l’Inserm et la filière SENSGENE. Leur réutilisation sera utile pour faire “des études épidémiologiques, dans le but d’améliorer le parcours de soins, la prise en charge des patients”, mais aussi pour “réaliser des projets de recherche utilisant notamment l’IA [intelligence artificielle] pour le développement d’outils d’aide au diagnostic médical”.
Comprendre les relations entre les entreprises spécialisées dans le numérique en santé et les systèmes de santé américains, qui comprennent les hôpitaux, ainsi que les assurances privées : tel est l’objectif du rapport “Digital Health Innovation” publié par Galen Growth en partenariat avec l’événement Vive grâce à la plateforme de données HealthTech Alpha de Galen Growth. Dans ce rapport qui montre que les systèmes de santé américains ont le vent en poupe en ce qui concerne le numérique, Galen Growth explique qu’ils sont les partenaires préférés des sociétés de santé numérique créées aux États-Unis, puisqu’en 2023 : 26 % des partenariats de ces entreprises sont conclus avec ces systèmes, soit plus un peu plus d’un quart.
Mais les acteurs du numérique en santé étasuniens ne sont pas les seuls partenaires de ces systèmes de santé. En effet, même si les sociétés américaines sont celles qui concluent le plus de partenariats avec les hôpitaux et assurances de leur pays (94 % avec plus de 1 100 partenariats), les acteurs du numérique en santé du reste du monde ne sont pas en reste. Entre 2019 et 2023, sur plus de 1 200 partenariats, les systèmes de santé américains ont conclu 30 partenariats avec des sociétés du Moyen-Orient, 32 avec des sociétés de l’Asie-Pacifique, 20 avec des sociétés européennes et un seul avec une entreprise d’Amérique du Sud (Chili). Le français Withings est le deuxième acteur européen a avoir conclu le plus de partenariats avec les systèmes de santé américains avec 3 partenariats (contre 4 pour l’entreprise européenne a avoir conclu le plus de partenariats de 2019 à 2023), loin derrière l’américain Truveta et ses 29 partenariats en 5 ans.
Les partenariats des systèmes de santé américains avec des sociétés du numérique en santé entre 2019 et 2023 – Galen Growth
L’oncologie est l’aire thérapeutique la plus représentée
Parmi ces plus de 1 200 partenariats répartis sur 5 années, les segments de la santé numérique les plus représentés sont les solutions de gestion de la santé (25 %), les solutions pour les patients (13 %), les solutions de gestion de santé populationnelle (13 %), les solutions de diagnostics médicaux (12 %) et les solutions de télémédecine (10 %). Les aires thérapeutiques les plus représentées à travers ces partenariats sont quant à eux l’oncologie (29 %), la santé des femmes (22 %), les maladies cardiovasculaires (18 %), la santé mentale (18 %) et la neurologie (13 %).
Le rapport montre aussi que les partenariats avec des sociétés privées sont préférés (76 %) à ceux conclus avec des sociétés publiques (7 %) et que les start-ups sont les types de sociétés qui concluent le plus de partenariats avec les hôpitaux et les systèmes de santé américains (32 %).
Les aires thérapeutiques les plus représentées dans les partenariats systèmes de santé – sociétés du numérique en santé de 2019 à 2023 – Galen Growth
Un intérêt grandissant pour l’IA générative
L’un des autres points marquants de cette étude est le nombre de partenariats conclus avec des sociétés qui utilisent de l’intelligence artificielle (IA) : sur ces 5 dernières années, 55 % des partenariats conclus entre des systèmes de santé américains et des sociétés du numérique en santé étaient conclus avec des sociétés qui utilisent de l’IA. Malgré un nombre croissant de partenariats depuis ces 5 dernières années, les partenariats conclus avec des sociétés qui utilisent de l’IA représentent presque toujours au moins la moitié des partenariats conclus chaque année, avec un pic à 60% des partenariats en 2021 (sur 216 partenariats) et une intensité minimale à 46 % en 2020 (sur 131 partenariats).
Mais ça ne s’arrête pas là, puisque de plus en plus de partenariats concernent aussi l’IA générative qui a le vent en poupe depuis l’avènement de ChatGPT (OpenAI) en novembre 2022. 24 % des partenariats conclus entre des systèmes de santé et des sociétés du numérique en santé entre 2019 et 2023 concernaient la Gen AI et 5 % des sociétés partenaires des systèmes de santé américains développent même leurs propres modèles de Gen AI.
Le rapport montre que les hôpitaux sont les partenaires privilégiés des entreprises de santé numérique qui utilisent de l’IA entre 2019 et 2023 , ex-aequo avec l’industrie pharmaceutique (24 %). Les autres partenaires les plus représentés sont les entreprises de la tech (12 %), les instituts (7 %), les start-ups (7 %) et les assurances (4 %).
Les partenaires préférés des entreprises de santé numérique qui utilisent de la Gen IA entre 2019 et 2023 – Galen Growth
Les CROs sont composées de plusieurs métiers (ARC, medical writers, chefs de projets, biostatisticiens, …) qui leurs permettent de fournir, sur une base contractuelle, des services dans le domaine de la recherche biomédicale pour l’industrie pharmaceutique, biotechnologique et du dispositif médical, ainsi que pour les organismes de recherche publics ou parapublics (fondations) qui œuvrent dans ce domaine. Pour être plus efficaces, chaque salariés des CRO peut bénéficier de l’IA pour l’utiliser dans la recherche clinique et offrir de meilleurs résultats pour leurs clients. Mais cette utilisation de l’IA ne peut pas se faire sans une connaissance des outils d’IA propices à la recherche clinique, ni des meilleures manières de les utiliser.
Pour permettre à tous les salariés des CROs d’utiliser l’IA de la meilleure des manières, le groupe de travail IA|RC de l’AFCROsa lancé sa feuille de route 2024 sur l’IA et la recherche clinique qui a vocation à réunir toutes les 4 à 6 semaines ses experts pour faire avancer l’utilisation de l’IA dans les CROs. Composé de 18 membres, ce groupe de travail se réunira pour comprendre quels sont les outils disponibles pour chaque métier, ce qu’ils permettent d’améliorer, comment les utiliser, ainsi que les freins à leur utilisation.
Les 4 chantiers de la feuille de route
Ce groupe de travail co-animé par Sébastien Leuillet (Biofortis) et Hervé Servy (Sanoïa) a construit sa feuille de route de l’année 2024 autour de 4 principaux chantiers :
1️⃣ la création d’une cartographie des usages de l’IA en recherche clinique pour chacun des métiers des CROs, ainsi que les outils associés, pour en comprendre les usages, bénéfices, limites et contraintes techniques ou réglementaires ;
2️⃣ la mise en place d’une charte IA en CRO pour unifier les pratiques et garantir un socle commun de confiance, proposer des règles d’utilisation de l’IA sur les différents projets de recherche clinique ;
3️⃣ la mise en place de formation sur l’IA pour les 9000 salariés des 102 sociétés membres de l’AFCROs afin que chacun d’entre eux puisse être acculturé à l’IA et l’utiliser dans son quotidien de manière éclairée ;
4️⃣ la mise en place de veilles sur l’usage et sur les technologies d’IA pour comprendre les évolutions de l’utilisation de l’intelligence artificielle en recherche clinique.
Ces 4 grands chantiers ont vocation à atteindre les objectifs fixés par le groupe de travail IA|RC de l’AFCROs depuis son lancement, à savoir la compréhension des outils d’IA en recherche clinique, mais aussi l’accélération de leur développement et de leur adoption, ainsi que le respect de l’éthique et de la sécurité des données lors de leur utilisation.
Une étape de plus a été franchie par l’Allemagne en matière de numérique en santé, après la promulgation le 26 mars 2024 de la nouvelle loi sur l’accélération de la digitalisation du système de santé. Pionnière sur la réglementation des applications de santé numérique (DiGa), l’Allemagne vient de mettre en place de nombreuses nouvelles règles pour permettre l’accélération de la digitalisation du système de santé.
Dans ce nouveau texte de loi, le législateur allemand inscrit enfin le dossier patient informatisé (DPI) dans le droit allemand et en trace les contours. Si le DPI existe en réalité depuis 2021 en Allemagne, sa mise en place effective dépendait de la demande des patients à leur caisse d’assurance maladie, ce qui veut dire que la majorité des Allemands n’ont pas de dossier patient électronique. Désormais et à partir du 15 janvier 2025, la DigiG va obliger toutes les caisses d’assurances maladie allemandes à mettre en place un DPI pour tous les assurés et à les informer de leur droit d’opposition par la procédure d’opt-out. Ainsi, les Allemands pourront bénéficier d’un espace, ressemblant à Mon espace santé, au sein duquel pourront être partagés tous les documents (n’excédant pas 25 mo) en lien avec leur santé, que ce soit des résultats d’examens ou encore des ordonnances, afin de faciliter leur prise en charge par différents cliniciens.
De nouvelles obligations en matière d’outils numériques
Mais la DigiG ne s’arrête pas à l’instauration des dossiers patients électroniques, puisqu’elle apporte son lot d’obligations en matière d’outils numériques. Dès le 1er mai 2024, l’ordonnance électronique deviendra la norme en Allemagne et les cabinets médicaux et dentaires devront convertir d’ici là leurs systèmes pour permettre une prescription électronique et en présenter la preuve à leur association légale d’assurance maladie. En cas de non-présentation de cette preuve, les cabinets se verront imposer une réduction d’honoraires de 1% sur la rémunération de leurs prestations médicales. Les hôpitaux seront aussi concernés par cette obligation dès le 1er janvier 2025.
Du côté des médecins, ils ont jusqu’à la fin du mois de juin 2024 pour convertir leurs systèmes informatiques afin de pouvoir recevoir les lettres électroniques de leurs confrères s’ils ne veulent pas voir leur allocation de travailleurs indépendants être réduite de 50 %.
Bonne nouvelle cependant pour les médecins : si la loi limitait la télémédecine à 30 % de l’activité, désormais les médecins allemands n’ont plus de limite qui leur est imposée et peuvent décider eux-mêmes de la part de leur activité qu’ils veulent consacrer à cette pratique à distance. En matière de télémédecine, la DigiG consacre aussi la télémédecine assistée dans les pharmacies.
Le nouveau texte déjà critiqué
Si la DigiG consacre un peu plus la santé numérique dans le droit allemand, certaines de ses dispositions ont été la cibles de critiques. La première de ces critiques concerne la limite de 25 mo pour les fichiers envoyés dans le dossier patient électronique qui empêche le partage de certains fichiers plus volumineux comme certains résultats d’examens d’imagerie médicale. La seconde critique a être émise est celle concernant les obligations en matière d’outils numériques qui peuvent représenter un coût important pour certains médecins et certains cabinets médicaux.
Un bilan pour mesurer l’impact des solutions de gestion du diabète
Aux États-Unis, la gestion du diabète pour les personnes qui en sont atteintes peut représenter d’énormes coûts liés notamment à l’achat de dispositifs pour contrôler le taux d’insuline, ainsi que les dépenses liées aux régimes alimentaires et à la modification du mode de vie, comme la pratique d’une activité physique régulière. Pour réduire ces coûts et faciliter la gestion du diabète, de nombreuses sociétés ont développé des solutions numériques de gestion du diabète.
Le Peterson Health Technology Institute (PHTI), créé en 2023, a pour objectif de mesurer l’apport des technologies en santé, en partant du principe que les États-Unis dépensent trop d’argent pour la mise en place de moyens innovants dans les soins, sans pour autant constater d’amélioration nette de ces derniers ni de réduction de leurs coûts. Le diabète de type 2 est la maladie chronique dont le traitement et la gestion coûtent le plus aux systèmes de santé américains avec, en 2022, un coût estimé à 413 millions de dollars. Dans son nouveau rapport, le PHTI fait le bilan de son étude sur l’impact des solutions numériques sur les soins du diabète. Il émet plusieurs recommandations pour que ces technologies soient moins coûteuses pour le système de santé et apportent plus de bénéficies aux patients.
Un bénéfice constaté, mais qui s’amenuisera avec le temps
L’étude réalisée par le PHTI se concentre sur les solutions qui doivent permettre un contrôle glycémique amélioré pour les adultes atteints de diabète de type 2. Cela grâce à une meilleure autogestion à l’aide :
d’un glucomètre connectée qui propose des rappels numériques ;
d’une meilleure éducation sur la maladie ;
et d’un coaching comportemental.
Il s’agit de solutions de surveillances à distance des patients, de solutions de modification du comportement et du mode de vie, et de solutions nutritionnelles pour les états de cétose.
Un faible avantage comparé aux soins classiques :
Après avoir analysé l’impact de plusieurs solutions de ces 3 catégories, le PHTI en a conclu qu’après 15 années d’utilisation, les solutions numériques de gestion du diabète de type 2 n’apportent qu’un faible avantage dans les soins, en comparaison avec les soins dits classiques, alors que leur utilisation entraîne des dépenses beaucoup plus importantes pour les systèmes de soins, comme pour les patients. Il explique que ces solutions permettent une plus grande réduction du taux d’hémoglobine glyquée (HbA1c) dans le sang que les soins classiques (réduction de 0,23 à 0,60 %), mais que ce léger bénéfice est voué à s’amenuiser avec le temps, sauf pour deux cas : les patients un qui ont un taux d’HbA1c initialement plus élevé que le moyenne et qui n’ont commencé que récemment à prendre de l’insuline, ainsi que ceux utilisant les solutions nutritionnelles pour la cétose, bien que les preuves concernant ces solutions sont pour le moment insuffisantes et nécessitent la production de nouvelles preuves cliniques.
Pour chacune des 3 catégories sus-citées, le PHTI dresse un bilan :
les solutions de surveillance à distance permettent une faible réduction du taux d’HbA1C dans le sang et conduisent à une nette augmentation des dépenses de santé ;
les solutions de modification du comportement et du mode de vie permettent une faible réduction du taux d’HbA1C dans le sang et conduisent à une nette augmentation des dépenses de santé ;
les solutions nutritionnelles pour la cétose pourraient permettre une grande réduction du taux d’HbA1C dans le sang et même si elles entraînent une augmentation des dépenses de santé, il y a quand même un potentiel de réalisation d’économies sur le long terme.
Investir dans la production de preuves
Bien que ces 3 types de solutions montrent des limites, le PHTI émet des recommandations à l’attention des développeurs des solutions numériques de gestion du diabète :
investir dans des études cliniques afin de permettre la production de nombreuses preuves de l’efficacité de leurs solutions et de montrer la différence entre leur service rendu et le traitement réalisé par le biais de soins classiques ;
prolonger la durée du suivi de leurs études pour comprendre la durabilité des effets cliniques que leurs solutions peuvent induire et s’assurer que les solutions numériques contre le diabète complètent les soins classiques et permettent des changements de comportement durables chez les patients ;
aider les acheteurs de ces technologies à mieux comprendre comment une solution complète les soins et la gestion continue des maladies chroniques par les praticiens.
La simulation numérique en santé s’installe dans les pratiques
La Haute autorité de santé (HAS) consacre un chapitre entier à la “simulation numérique en santé (SNS)” dans son nouveau guide des bonnes pratiques en matière de simulation en santé. Lors de la première édition de ce document, parue en 2012, la HAS se contentait de citer la SNS sans la détailler.
La simulation en santé est importante pour tous les professionnels de santé, qu’ils soient en formation ou en poste. Elle permet de reproduire des situations ou des environnements de soins, pour enseigner des procédures diagnostiques et thérapeutiques et permettre de répéter des processus, des situations cliniques ou des prises de décision par un professionnel de santé ou une équipe de professionnels. Cela leur permet d’acquérir des connaissances et de les actualiser pour continuer de préserver et d’améliorer tant la qualité des soins que la sécurité du patient et la gestion des risques.
Dans son guide, la HAS aborde les bonnes pratiques lors de la SNS (permettant de poser un cadre et d’éviter ainsi les principales dérives pédagogiques et surtout éthiques), allant du choix des activités et des outils de simulation numérique et leurs applications, à la formation des formateurs, en passant par la manière de former pour éviter la surcharge des apprenants.
La HAS met l’accent sur l’éthique
La nécessité de former les formateurs :
Avant d’aborder les types d’outils numériques à utiliser lors de simulations en santé, la HAS souligne l’importance de former les formateurs afin qu’ils maîtrisent les outils qu’ils utilisent avant de dispenser ces formations. Elle insiste sur le recrutement de personnes compétentes pour assurer ces formations, qu’elles possèdent des compétences informatiques, techniques, pédagogiques, évaluatives ou éthiques. Ces formateurs doivent avoir une bonne connaissance du matériel et des logiciels utilisés lors des simulations, ainsi que des compétences pédagogiques pour garantir le respect des données des apprenants.
La HAS recommande donc quelques bonnes pratiques pour la formation des formateurs, notamment les familiariser avec les méthodologies de simulation numérique et leurs objectifs, ainsi qu’avec les outils numériques. De plus, il est essentiel de s’assurer que les formateurs adoptent de bonnes pratiques et utilisent correctement ces outils de simulation numérique.
Ne pas négliger l’avant et l’après SNS :
Pour la HAS, le choix de l’outil numérique doit être fait en fonction du type de formation effectuée, de sa fidélité aux situations réelles rencontrées par les praticiens formés, de sa facilité d’utilisation, mais aussi en fonction de son accessibilité pour les personnes formées à distance et/ou handicapées. La HAS liste également les fonctionnalités indispensables pour la réalisation d’applications numériques :
Encadré sur les fonctionnalités indispensables pour la réalisation d’applications numériques – HAS
Autre aspect à prendre en considération : l’avant et l’après simulation numérique en santé (SNS). Si le choix de l’outil utilisé pour la simulation fait partie de la phase pré-simulation, d’autres pratiques doivent être mises en place pour assurer le meilleur déroulement de la formation, tant pour les apprenants que pour les formateurs. La HAS divise la SNS en 5 étapes : le pré-briefing, le briefing, le scénario, le feedback et le débriefing, les 2 premiers faisant partie de l’avant SNS et les deux derniers de l’après SNS.
Avec le pré-briefing et le briefing, les apprenants comprennent comment utiliser de manière optimale les outils mis à leur disposition, ainsi que le déroulement de la simulation à travers son scénario, afin de garantir le respect de l’éthique et la protection de tous. Le débriefing est fortement recommandé par la HAS car il permet à l’apprenant de comprendre ses points forts et ses points faibles concernant son apprentissage. La HAS insiste sur le fait que le débriefeur doit structurer son débriefing en amont de la simulation et prendre en compte le niveau de compétences des apprenants, tout en assurant leur sécurité psychologique lors de cette étape.
Une partie consacrée à l’éthique :
Dans son guide des bonnes pratiques en matière de simulation en santé, la HAS consacre une partie entière (sur les 3 grandes parties du guide) à l’éthique. Dans cette section, elle aborde l’impératif éthique et moral que doit comporter la simulation en santé, qu’il s’agisse d’une simulation numérique en santé ou non.
Ainsi, la HAS publiera des lignes directrices pour le respect de l’éthique dans la simulation en santé, à destination des apprenants, des formateurs, des patients, ainsi que des participants simulés :
Applications résumées des principes de bioéthique à la simulation aux patients et aux personnes impliquées dans l’apprentissage par simulation – HAS
Un chapitre de cette partie est également consacré à l’éthique dans le cadre de la simulation numérique. Dans celui-ci, la HAS se focalise sur la réalité virtuelle et explique qu’elle présente un problème éthique potentiel important en raison de la technologie utilisée et des financements qu’elle implique. Cette technologie peut générer une relation délétère de dépendance entre le monde financier et le monde de la formation en santé, notamment à travers l’exploitation des données personnelles physiques et psychologiques qui peuvent être recueillies à l’insu de leurs auteurs, pour une exploitation inconnue. La HAS recommande donc que des règles de fonctionnement précises concernant le recueil et l’exploitation des données soient édictées pour la simulation numérique en santé utilisant la réalité virtuelle.
Améliorer la lisibilité des missions pour le numérique en santé
Dès le début du mois d’avril 2024, le ministère du Travail, de la Santé et des Solidarités a fait le choix de rationaliser les pouvoirs de la Délégation ministérielle au numérique en santé (DNS), de la Direction générale de l’offre de soins(DGOS) et de la Direction générale de la santé (DGS), en matière de numérique en santé, en les réunissant au même endroit : à la DNS. Alors que chacune de ces 3 directions avaient des pouvoirs en matière de numérique en santé, ce choix intervient afin de permettre au ministère d’avoir une meilleure lisibilité des missions consacrées au numérique en santé et de lever toute confusion. Les équipes de la DGOS et de la DGS en charge du numérique en santé rejoignent ainsi celles de la DNS.
Annoncé en décembre 2023 par le directeur général de la Santé, Grégory Emery, lors du conseil du numérique en santé, ce regroupement vient confirmer sa volonté de faire de la question du numérique en santé une de ses priorités afin de :
donner une vision claire aux acteurs de l’écosystème sur les priorités stratégiques du ministère dans ce domaine ;
renforcer les liens entre les différents projets et programmes portés par le ministère ;
et déployer partout les mêmes réflexes notamment en termes d’interopérabilité et de sécurité.
Plus de 15 nouveaux membres à la DNS
A la suite de cette fusion, une quinzaine de personnes ont rejoint la DNS, qui compte désormais une soixantaine de collaborateurs. L’organisation de la DGOS a, elle, été modifiée. Depuis le 4 avril 2024, elle comporte un département santé et transformation numérique qui vise à “assurer une bonne coordination entre les bureaux de la DGOS et avec les autres directions, en cohérence avec la feuille de route nationale du numérique en santé”. Celui ci est dirigé par Yann-Mael Le Douarin (voir mercato H&TI ici), qui collabore désormais étroitement avec la DNS sous la direction de Hela Gharianiet David Sainati.
Si elle était déjà chargée du pilotage de la feuille de route du numérique en santé et de l’ensemble des chantiers de transformation du numérique en santé avec ses partenaires, la DNS reprend donc les missions de la DGOS en matière de numérique en santé, telles que celles consacrées aux systèmes d’informations et des outils numériques.
Cette secondeétude barométrique réalisée par Ipsos pour l’Edhec Business School et le laboratoire pharmaceutique Bristol Myers Squibb (BMS), dans le cadre de la Chaire de recherche sur l’innovation en santé numérique, lancée en juillet 2022, avait pour objectif d’évaluer la perception des Français sur la santé connectée pour comprendre leurs doutes et leurs attentes afin de “contribuer à l’accélération de l’innovation dans le domaine de la e-santé au bénéfice des patients”.
Cette enquête, dont les résultats ont été dévoilés le 2 avril 2024, a été réalisée auprès de 1 000 Français âgés de 18 à 74 ans du 7 au 9 février 2024 dans le but d’identifier les attentes des citoyens en termes d’information, de pédagogie et de réassurance quant à l’utilisation de la santé connectée. Cette étude à vocation à être renouvelée annuellement afin d’avoir un “aperçu régulier” de la perception des Français sur la santé connectée.
Les 3 conclusions du baromètre 2024 de BMS
1️⃣ Un recul de l’utilisation des outils de santé connectée :
Cette nouvelle version de l’étude sur la perception des Français sur la santé connectée montre un recul du nombres de Français prêts à davantage utiliser la santé connectée qu’ils ne le font déjà, puisque 69 % déclarent cela, contre 76 % lors du dernier baromètre paru en fin janvier 2023. Ils sont aussi moins nombreux à déclarer être prêts à utiliser tout ce qui existe en termes de santé connectée (21 % contre 30 % en 2023).
Une réticence plus importante à l’égard de la santé connectée en 2024 – Ipsos
L’étude montre aussi que les 3 plus grandes utilisations des outils de santé connectés de la part des Français sont, dans l’ordre, les outils de prise de rendez-vous chez un spécialiste (au moins 65 % les utilisent occasionnellement), les outils de prise de rendez-vous chez un généraliste (64 %) et les applications de suivi de santé (37 %). Pour cette dernière catégorie d’outils, on remarque une légère augmentation de le part des Français à l’avoir utilisé au moins une fois (54 % contre 52 %). Pour les outils de prise de rendez-vous médicaux, le nombre de Français qui indiquent en avoir déjà utilisé est beaucoup plus important : 84 % pour les prises de rendez-vous chez un spécialiste et 78 % pour les prises de rendez-vous chez un généraliste. Cela montre que malgré un recul de l’utilisation des outils, la majorité des Français en a déjà utilisé.
Quelle est l’utilisation aujourd’hui des outils de santé connectés ? – Ipsos
Un recul dû à une mauvaise information des Français ?
Si 74 % des Français déclarent s’informer sur internet sur la santé en général (72 % sur une maladie en général et 65 % sur une maladie chronique), ils sont aussi une majorité (69 %) à déclarer ne pas être bien informé sur le sujet de la santé connectée et 30 % déclarent être mal informé, soit 7 points de plus que l’année dernière. Le part de Français disant être très mal informé sur le sujet, à elle aussi progressé de 3 points par rapport au dernier baromètre (10 % contre 7 %).
La santé connectée, un sujet sur lequel plus de 2/3 des Français ne se sentent pas suffisamment informés – Ipsos
Cette mauvaise information sur le sujet peut donc être l’une des raisons de la baisse de l’utilisation des outils de santé connectée par les Français, même si Ipsos rappelle dans l’étude que les dates du terrain coïncident avec la révélation médiatique de la fuite de numéros de Sécurité Sociale concernant potentiellement 33 millions de personnes, ce qui a pu affecter la réponse des Français et leur envie d’utiliser ces outils.
2️⃣ Une chute de la confiance dans les hôpitaux publics et privés :
Cette nouvelle enquête montre aussi que, même si les services de santé publics et privés restent les acteurs que les Français considèrent comme les plus légitimes pour proposer des services et des solutions thérapeutiques digitales en santé, leur niveau de légitimité a nettement baissé depuis la publication du dernier baromètre : en effet, si 67 % des Français considéraient que les services de santé publics étaient légitimes de proposer ces services et solutions, ils sont aujourd’hui 52 % à penser cela et 41 % à considérer les services de santé privés comme légitimes (contre 54 % en 2023).
Légitimité des acteurs pour proposer des services/solutions thérapeutiques digitales en santé – Ipsos
Ces services ne sont pas non plus les acteurs auxquels les Français accordent le plus leur confiance pour ce qui s’agit de la transmission de leurs données personnelles, mais arrivent tout de même deuxième pour les hôpitaux publics (65 %) et quatrième pour les hôpitaux privés (51 % contre 53 % en 2023). Ceux en qui ils ont le plus confiance sont leur médecin traitant puisque 85 % des Français sont d’accord pour leur transmettre leurs données personnelles. Comme en 2023, les GAFAM sont ceux en qui les Français ont le moins confiance sur le sujet (12 % contre 17 % en 2023).
Acceptabilité de transmission des données personnelles selon le destinataire – Ipsos
3️⃣ Les Français se placent entre la crainte et l’espoir sur la question de la santé connectée :
Dans le rapport, LoickMenvielle, directeur de la Chaire de recherche sur l’innovation en santé numérique a expliqué que “face à la recrudescence des cyberattaques, l’adhésion à la santé connectée représente un défi majeur, d’autant plus que l’exploitation des données occupe une place centrale dans leurs préoccupations”, alors que les Français se montrent pourtant “favorables à l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) en matière de prévention”. Il considère donc comme impératif le fait de renforcer la confiance des Français “afin de promouvoir une adoption plus large de ces solutions prometteuses”.
Des craintes en augmentation face à la santé connectée – Ipsos
Ce manque de confiance se concrétise dans le baromètre par l’augmentation des craintes des Français en lien avec la santé connectée, notamment en ce qui concerne la sécurité (42 %) et la fiabilité (36 %), qui ont augmenté respectivement de 6 et 8 points en un an. L’étude montre aussi que cette crainte augmente avec l’âge, et que la plus grande d’entre elles et celle de la diminution des interactions humaines : 53 % des 65-74 ans en ont fait part (contre 39 % en 2023) et 48 % des 55-64 ans (contre 42 % en 2023).
Des craintes qui augmentent d’autant plus avec l’âge – Ipsos
Souvent découverte tardivement (à cause de la perte de sensibilité au niveau des pieds des personnes diabétiques), cette complication peut entraîner l’amputation d’un membre inférieur et augmenter le risque de récidive et de décès, ce qui peut s’avérer coûteux pour le patient et le système de santé.
Les applications existantes pour les personnes atteintes de diabète ne considèrent que très peu l’ulcère du pied et celles qui l’intègrent ne proposent que du contenu sur la progression de la maladie et n’éduquent pas assez les patients, alors que cette complication touche près d’un tiers des patients diabétiques. Pour y remédier, une équipe de chercheurs composée de cliniciens de l’hôpital Tan Tock Seng et du National Healthcare Group (NHG) de Singapour a développé une application nommée Wellfeet.
Une solution d’e-ETP :
Dans une approche d’éducation thérapeutique numérique (e-ETP), cette application vise à informer les patients sur l’ulcère du pied par le biais de vidéos d’animation en plusieurs langues, dont l’anglais, le mandarin, le malais et le tamoul. L’application – qui vient d’être rendue disponible sur Google Play – peut aussi envoyer des rappels aux patients, que ce soit pour leur prise de médicaments, leur activité physique ou leur alimentation. Les données qui y sont entrées permettent le suivi à distance de leur médecin. Un chatbot y est aussi intégré pour répondre aux questions les plus fréquentes des patients.
La prise de conscience des patients améliorée
À ce jour, l’application a été utilisée dans le cadre de deux études :
la première, qui est toujours en cours, porte sur 800 patients et soignants de cinq établissements du NHG et vise à comprendre leurs comportements et leurs habitudes en matière de soins du pied, car l’ulcère du pied débute souvent par une mauvaise cicatrisation en cas d’entaille ;
la seconde proposait à 40 paires de patients et de soignants de l’hôpital de Tan Tock Seng de tester l’application Wellfeet : après un mois d’utilisation, les résultats ont démontré des changements positifs dans le comportement des deux cibles, que ce soit en matière de soins des pied ou de routines et d’autosoin.
Après la mise à disposition de l’application sur Google Play, l’équipe de chercheurs espèrent continuer son développement pour y intégrer des modules d’intelligence artificielle et de conversation avec des médecins dans le but de fournir un soutien au patient qui sera le plus rapide et le plus personnalisée et donc adapté à sa situation.
Un appel à projet pour créer les meilleurs programmes de recherche européens
La région Île-de-France, qui est l’autorité de gestion de fonds européens, lance un appel à projets (AAP) dans le cadre du programme régional FEDER-FSE 2021-2027 approuvé par la Commission européenne en octobre 2022. Ce programme a pour objectif de faire du territoire francilien une région européenne forte, plus verte, plus intelligente, plus juste et plus inclusive.
L’AAP “Plateformes de recherche – SESAME” doit donc permettre à la région de renforcer son excellence et son attractivité dans les technologies les plus avancées, par la mise en place de plateformes de recherche et d’équipements structurants. Cet AAP invite donc les organismes de recherche et les établissements d’enseignement supérieur et de recherche, publics ou privés, à but non lucratif, à mettre en place des actions qui permettront de :
développer des programmes de recherche, au meilleur niveau des disciplines scientifiques impliquées ;
renforcer la coopération entre les acteurs de la recherche et le monde socio-économique, notamment par l’ouverture aux PME ;
favoriser le transfert de technologie.
Ces actions doivent se concentrer sur le territoire francilien et sur les domaines d’innovation stratégique retenus par le Fonds européen de développement régional (Feder), à savoir l’intelligence artificielle, le calcul à haute performance, le quantique, les matériaux et cleantech, l’hydrogène, ainsi que la bioproduction, les biotechnologies et les technologies pour la santé.
Entre 14 et 16 millions d’euros de financement
Avec une dotation prévue allant de 14 à 16 millions d’euros (sur les 413,4 millions prévus pour le territoire francilien) de la part du Feder, les lauréats de l’appel à projets pourront obtenir le financement des coûts engendrés par le mise en place de leurs actions. Ces derniers ne peuvent être inférieurs à 2 000 000 €. Le financement des projets Feder peuvent financer entre 30 % et 40 % du coût total éligible de l’opération. Le reste des coûts pourront être cofinancés par d’autres ressources publiques (y compris d’autres subventions régionales) et/ou privées (y compris les ressources propres).
Les candidatures à l’AAP sont ouvertes depuis le 4 avril 2024 et les candidats peuvent déposer leur dossier sur la plateforme e-Synergie jusqu’au 12 septembre 2024.