VERDU BISSI Alexandre

  • Cybersécurité : l’Anssi publie un guide pour la sécurité des systèmes de l’IA générative (35 recommandations)

    La Gen AI, de précieux bénéfices et de nouvelles menaces

    Depuis novembre 2022 et l’avènement de ChatGPT (OpenAI), l’intelligence artificielle générative (Gen AI) est utilisée dans de nombreux secteurs que ce soit la santé, l’éducation ou encore la finance. Et comme tous les systèmes, à l’instar des systèmes d’information, ceux de Gen AI emporte leurs spécificités et leur lot de menaces. Dans son guide “recommandations de sécurité pour un système d’IA générative” publié le 29 avril 2024, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) explique que la complexité des systèmes de Gen AI nécessite des mesures de sécurisations spécifiques lors :

    • de la première phase d’entraînement du modèle d’IA à partir de données spécifiquement choisies ;
    • de la phase d’intégration et de déploiement ;
    • de la phase de production opérationnelle dans laquelle les utilisateurs peuvent accéder au modèle d’IA entraîné, par l’intermédiaire du système d’IA. 

    En fonction de la sensibilité des données et de la criticité du système d’IA dans sa finalité, les développeurs de systèmes de Gen AI vont donc être obligés de mettre en place des mesures de sécurité qui peuvent aller de la protection des données d’entrainement des modèles, au renforcement du modèle d’IA pour éviter des attaques de plus en plus, ou encore à la sécurisation des interactions du système d’IA avec d’autres applications ou composants du SI.

    Les systèmes de Gen AI en proie à 3 grandes catégories d’attaques :

    Avant d’énumérer ses 35 recommandations, l’Anssi explique que l’attaque d’un système de Gen AI peut atteindre sa confidentialité, son intégrité, sa disponibilité ou encore sa traçabilité et avoir comme potentiels impacts le ternissement de la réputation de services exposés au grand public par l’altération du bon fonctionnement des systèmes d’IA générative, l’exfiltration de données sensibles depuis des systèmes d’IA générative, ou encore la latéralisation d’une attaque vers d’autres applications métier interconnectées aux systèmes d’IA générative, comme une application de messagerie interne par exemple.

    Pour l’Anssi, il y a 3 grandes catégories d’attaques des systèmes de Gen AI :

    • les attaques par manipulation, qui consistent “à détourner le comportement du système d’IA en production au moyen de requêtes malveillantes”, ce qui peut provoquer “des réponses inattendues, des actions dangereuses ou un déni de service” (scénarios 1 et 3)  ;
    • les attaques par infection, qui consistent “à contaminer un système d’IA lors de sa phase d’entraînement, en altérant les données d’entraînement ou en insérant une porte dérobée” (scénarios 2, 4 et 6) ;
    • les attaques par exfiltration, qui consistent “à dérober des informations sur le système d’IA en production, comme les données ayant servi à entraîner le modèle, les données des utilisateurs ou bien des données internes du modèle (scénario 4)”.

     

     Scénarios d’attaques sur un système d’IA générative dans un SI - Anssi
    Scénarios d’attaques sur un système d’IA générative dans un SI – Anssi

    Des recommandations pour chaque phase de vie de la Gen AI

    Afin de garantir la meilleure protection des systèmes de Gen AI, l’Anssi recommande de mettre en place des mesures de sécurisations générales, ainsi que spécifiques à chacune de leurs phases de vie : l’entrainement, l’intégration et le déploiement, et lors de la production opérationnelle de contenus.

    Les recommandations générales doivent permettre de se prémunir au maximum “d’une attaque dite supply-chain-attack visant des composants nécessaires au bon fonctionnement du système d’IA”. Parmi ces recommandations on retrouve l’utilisation des formats de modèles d’IA sécurisés, la prise en compte les enjeux de confidentialité des données dès la conception du système d’IA, l’hébergement du système d’IA dans des environnements de confiance cohérents avec les besoins de sécurité, ou encore l’implémentation d’une passerelle internet sécurisée dans le cas d’un système d’IA exposé sur internet.

    📌 Pour ce qui est des recommandations pour la phase d’entraînement : l’Anssi part du postulat que l’utilisateur pourrait potentiellement avoir accès aux données d’entraînement du modèle : elle recommande donc de réduire les risques liés à la confidentialité des données d’entraînement en entraînant le modèle d’IA uniquement avec des données légitimement accessibles par les utilisateurs, en protégeant en intégrité les données d’entraînement du modèle d’IA, ou encore en ré-entrainant pas le modèle d’IA qui est en production.

    📌 Pour garantir un environnement de déploiement sécurisé : l’Anssi recommande pour la phase de déploiement de sécuriser la chaîne de déploiement en production des systèmes d’IA, de prévoir des audits de sécurité des systèmes d’IA avant déploiement en production, ainsi que des tests fonctionnels métier des systèmes d’IA avant déploiement en production.

    📌 Pour protéger en profondeur les données utilisées par le système d’IA lors de la phase de production de contenu : l’Anssi indique qu’il est recommandé “d’étudier la possibilité de détecter ou de bloquer certaines requêtes malveillantes ayant par exemple pour objectif d’extraire des informations du modèle ou des données additionnelles”. Cela peut se concrétiser par la protection du système d’IA en filtrant les entrées et les sorties des utilisateurs, le cloisonnement du système dans un ou plusieurs environnements techniques dédiés, ou encore par la sécurisation des interactions du système d’IA avec d’autres applications métier.

    Les 35 recommandations de l’Anssi :

    L’Anssi a classé ses 35 recommandations en 7 parties :

    Les recommandations générales :

    • Intégrer la sécurité dans toutes les phases du cycle de vie d’un système d’IA ;
    • Mener une analyse de risque sur les systèmes d’IA avant la phase d’entraînement ;
    • Évaluer le niveau de confiance des bibliothèques et modules externes utilisés dans le système d’IA ;
    • Évaluer le niveau de confiance des sources de données externes utilisées dans le système d’IA ;
    • Appliquer les principes de DevSecOps sur l’ensemble des phases du projet ;
    • Utiliser des formats de modèles d’IA sécurisés ;
    • Prendre en compte les enjeux de confidentialité des données dès la conception du système d’IA ;
    • Prendre en compte la problématique de besoin d’en connaître dès la conception du système d’IA ;
    • Proscrire l’usage automatisé de systèmes d’IA pour des actions critiques sur le SI ;
    • Maîtriser et sécuriser les accès à privilèges des développeurs et des administrateurs sur le système d’IA ;
    • Héberger le système d’IA dans des environnements de confiance cohérents avec les besoins de sécurité ;
    • Cloisonner chaque phase du système d’IA dans un environnement dédié ;
    • Implémenter une passerelle Internet sécurisée dans le cas d’un système d’IA exposé sur Internet ;
    • Privilégier un hébergement SecNumCloud dans le cas d’un déploiement d’un système d’IA dans un Cloud public ;
    • Prévoir un mode dégradé des services métier sans système d’IA ;
    • Dédier les composants GPU au système d’IA ;
    • Prendre en compte les attaques par canaux auxiliaires sur le système d’IA.

    Les recommandations pour la phase d’entraînement :

    • Entraîner un modèle d’IA uniquement avec des données légitimement accessibles par les utilisateurs ;
    • Protéger en intégrité les données d’entraînement du modèle d’IA ;
    • Protéger en intégrité les fichiers du système d’IA ;
    • Proscrire le ré-entraînement du modèle d’IA en production.>

    Les recommandations pour la phase de déploiement : 

    • Sécuriser la chaîne de déploiement en production des systèmes d’IA ;
    • Prévoir des audits de sécurité des systèmes d’IA avant déploiement en production ;
    • Prévoir des tests fonctionnels métier des systèmes d’IA avant déploiement en production.

    Les recommandations pour la phase de production : 

    • Protéger le système d’IA en filtrant les entrées et les sorties des utilisateurs ;
    • Maîtriser et sécuriser les interactions du système d’IA avec d’autres applications métier ;
    • Limiter les actions automatiques depuis un système d’IA traitant des entrées non-maîtrisées ;
    • Cloisonner le système d’IA dans un ou plusieurs environnements techniques dédiés ;
    • Journaliser l’ensemble des traitements réalisés au sein du système d’IA.

    Les recommandations pour le cas particulier de la génération de code source assistée par l’IA :

    • Contrôler systématiquement le code source généré par IA ;
    • Limiter la génération de code source par IA pour des modules critiques d’applications ;
    • Sensibiliser les développeurs sur les risques liés au code source généré par IA.

    La recommandation pour le cas particulier des services d’IA grand public exposés sur internet : 

    • Durcir les mesures de sécurité pour des services d’IA grand public exposés sur internet.

    Les recommandations pour le cas particulier de l’utilisation de solutions d’IA générative tierces :

    • Proscrire l’utilisation d’outils d’IA générative sur Internet pour un usage professionnel impliquant des données sensibles ;
    • Effectuer une revue régulière de la configuration des droits des outils d’IA générative sur les applications métier.

     

  • DMN : la HAS change sa plateforme de dépôt de demandes d’évaluation en vue d’un remboursement

    Centraliser tout le processus d’évaluation de DMN

    Alors que la plateforme Evatech permettait de déposer auprès de la HAS tout dossier relatif à la liste des activités de télésurveillance médicale (inscription, renouvellement, modification d’inscription, radiation), depuis le 1er mai 2024, il n’est plus possible d’y déposer de dossier. La plateforme a été remplacée par Sesame, qui est elle aussi une plateforme de la Haute autorité de santé (HAS).

    Cette nouvelle plateforme se veut plus complète que la précédente. En effet, elle permet à tous les demandeurs d’évaluation relatives à la liste des activités de télésurveillance médicale (LATM) et aux dossiers de prise en charge anticipée numérique (Pecan) de :

    • déposer les dossiers de demandes d’évaluation de dispositif médical numérique (DMN) auprès de la HAS et du ministère (dépôt unique) ;
    • suivre l’instruction des dossiers ;
    • échanger avec la HAS et le ministère au sujet des démarches en posant des questions, apportant des précisions ou complétant une démarche en cours, recevant des correspondances et des documents de la part de la HAS et du ministère en cours d’instruction.

    En plus de permettre le dépôt de dossier d’évaluation de DMN en vue de leur remboursement, la plateforme Sesame permet aussi le dépôt anticipé de dossier pour les médicaments.

    Le contenu du dossier à déposer ne change pas

    Ce changement de plateforme facilite donc le suivi de la demande d’évaluation des DMN en vue de leur remboursement, mais ne change pas le contenu du dossier à déposer. Une fois le compte Sesame créé, le demandeur peut déposer les pièces justificatives directement lors du remplissage des démarches dans les emplacements correspondants, par l’ajout de pièces jointes. Si un complément de dossier doit être apporté, la HAS indique que le dépôt des pièces complémentaire se fait sur Sésame via le bouton « compléter » présent sur la page du dossier déjà déposé sur la plateforme.

    Le paiement des taxes se fait lui aussi, comme avant le 1er mai, par le biais d’un virement sur le compte bancaire de la DCST lors de la validation du dépôt par la HAS, même si l’Autorité précise sur son site que “le montant et les modalités de paiement des taxes dues pour les demandes LATM et Pecan ne sont pas encore connues”.

     

  • Neurotechnologies : vers l’élaboration d’un cadre éthique mondial pour 2025 (Unesco)

    Des recommandations pour prévenir les dangers

    Alors que l’utilisation des neurotechnologies, telle que la médecine bioélectronique ou l’imagerie cérébrale, est de plus en plus importante à cause de l’augmentation des personnes atteintes de troubles mentaux (1 personne sur 8 dans le monde) ou de maladies neurologiques (1 personne sur 3), l’aspect éthique de cette utilisation est aussi questionné. Après s’être penché sur cette question dans un rapport publié en 2021, l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), souhaite mettre en place un instrument international pour développer un cadre autour de l’éthique des neurotechnologies.

    Lors de la 42e session de la conférence générale de l’Unesco qui s’est tenue en novembre 2023, la Directrice générale de l’organisation, Audrey Azoulay, a rappelé les principaux dangers des neurotechnologies, à savoir la manipulation et l’émulation du cerveau ou encore leur combinaison avec l’intelligence artificielle qui peut “devenir une menace pour les notions d’identité et de dignité humaines, de liberté de pensée, d’autonomie, de vie privée et de bien-être”. Pour contrôler l’utilisation des neurotechnologies et bâtir un cadre éthique, elle a profité de cette conférence pour convoquer un groupe multidisciplinaire de 24 experts de haut niveau (GEAH), afin de préparer un premier projet de la recommandations sur la question.

    Un texte international adopté en 2025 ?

    Après avoir mis l’accent sur cinq grands défis éthiques – que sont l’intégrité cérébrale/mentale et la dignité humaine, l’intégrité personnelle et la continuité psychologique, l’autonomie, l’intimité mentale, l’accessibilité et la justice sociale – et avoir invité les états membres de l’organisation à garantir le respect des droits cérébraux par le biais de ses recommandations dans son rapport de 2021, l’Unesco est sur le point de franchir une nouvelle marche en matière d’éthique des neurotechnologies. En effet, les 24 experts convoqués par Audrey Azoulay en novembre 2023 se sont réunis du 22 au 26 avril 2024 à Paris au siège de l’Unesco pour commencer à préparer ce premier projet.

    Cette préparation devrait continuer jusqu’au mois de juillet par le biais de consultations mondiales, régionales et nationales en vue de “recueillir les avis d’un large éventail de parties prenantes clés et d’intégrer des perspectives pluralistes dans le projet de recommandation, garantissant ainsi un processus d’élaboration ouvert et inclusif”, avant la deuxième réunion à Paris du GEAH en août 2024.

    L’étape suivante sera la communication aux états membres de l’Unesco du premier projet d’instrument normatif, d’ici septembre 2024, “ouvrant ainsi le processus de consultation intergouvernementale qui se déroulera jusqu’en 2025”. Quatre ans après la première étape de ce projet éthique sur les neurotechnologies, l’Unesco indique que “le texte final de la recommandation sera présenté pour adoption en novembre 2025 lors de la 43e session de la conférence générale” par les 194 pays membres de l’organisation.

     

  • USA : la FDA lance un projet de « domiciles innovants » pour réduire les inégalités d’accès aux soins

    Réduire les inégalités d’accès aux soins

    Les systèmes de santé des États-Unis – comme dans de nombreux pays dans le monde – font face à des pénuries de médecins, une augmentation du coût des soins et a un système basé autour des hôpitaux, des cliniques et des prestataires, de nombreuses personnes qui ont besoin d’être suivies et/ou soignées ne peuvent pas bénéficier des meilleurs soins à cause d’inégalités d’accès. Ces inégalités apparaissent par le biais de difficultés d’accès en raison des coûts que représentent les soins, ou alors parce que certains patients situées dans des zones rurales des États-Unis, n’ont pas de cliniques ou d’hôpitaux à proximité de leur domicile.

    Le domicile comme centre de soins :

    La Food and Drug Administration (FDA) a constaté que de plus en plus d’options de soins connectées sont développées et utilisées pour le domicile du patient, sans pour autant prendre en compte les éléments structurels et critiques du domicile qui sont nécessaire pour faire du domicile une véritable “clinique virtuelle”. Pour répondre à la problématique de difficulté d’accès aux soins qui touche des millions de citoyens américains et à l’accroissement des dispositifs crées pour être utilisés au domicile des patients, la FDA a lancé le 23 avril 2024 l’initiative “Home as a Health Care Hub” (le domicile comme centre de soins). Avec cette dernière, la FDA souhaite “aider à réimaginer le domicile en tant que partie intégrante du système de santé, dans le but de faire progresser l’égalité d’accès aux soins pour tous aux États-Unis”.

    Des bâtiments innovants

    Dans le cadre de cette initiative, le centre des appareils et de la radiologie de la FDA noué un partenariat avec un cabinet d’architectes qui conçoit des bâtiments innovants qui prennent en compte les besoins des habitants et qui s’adaptent aux nouvelles solutions numériques. Le hub sera conçu comme un prototype domestique compatible avec la réalité augmentée/réalité virtuelle dont le premier modèle devrait être achevé d’ici la fin de l’année 2024.

    Ce prototype servira “de laboratoire d’idées”, non seulement pour créer le meilleur environnement de santé pour les populations les plus touchées par des inégalités en matière d’accès aux soins, mais également pour permettre aux développeurs de dispositifs médicaux, aux décideurs politiques et aux prestataires de commencer à développer des solutions à domicile qui font progresser l’équité en santé.

    Un premier hub consacré au diabète :

    Le premier prototype du hub sera construit en intégrant des technologies pour les personnes atteintes de diabète. La FDA indique que plusieurs dizaines de millions d’américains sont atteints de cette pathologie chronique et qu’en 2022, plus de 300 millions de dollars ont été dépensés par les patients atteints pour couvrir leur frais médicaux liés à cette maladie, ce qui représente une augmentation du coût des soins de plus de 35 % en 10 ans.

    L’initiative de la FDA doit permettre de créer un environnement propice aux soins des personnes atteintes de diabète, accessible à moindre coût que les soins classiques. Cela permettra de réduire les inégalités d’accès aux soins pour des personnes qui sont dans l’obligation d’être traités s’ils ne veulent pas que leur maladie se transforme en maladies cardiovasculaires, insuffisance rénale, cécité, ou qu’elle les oblige à avoir recours à des amputations.

     

  • USA : mise à jour de l’accord commun pour le partage des données de santé, FHIR intégré

    Un meilleur partage des données nécessaire

    Pensé par l’Office of the National Coordinator for Health Information Technology (ONC) – institution fédérale américaine chargée de l’élaboration de la stratégie en matière de technologie de l’information pour la santé – et publié dans sa première version en janvier 2022, le TEFCA est un contrat signé par les grands réseaux de santé américains qualifiés (QHIN) pour mettre en place un ensemble commun de principes et de conditions générales visant à avoir un meilleur échange des données de santé à travers tous les états du pays.

    Cet accord commun est défini par l’ONC comme étant un cadre regroupant “les exigences juridiques et techniques de base pour un partage sécurisé d’informations à l’échelle nationale”, qui met aussi en place une infrastructure pour permettre aux utilisateurs de différents réseaux d’information sur la santé (HIN) de partager des informations en toute sécurité entre eux.

    Les principaux objectifs du TEFCA :

    • établir une gouvernance, une politique et un socle technique universels pour l’interopérabilité à l’échelle nationale ;
    • simplifier la connectivité et ainsi permettre aux organisations d’échanger en toute sécurité des informations afin d’améliorer les soins aux patients, d’améliorer le bien-être des populations et de générer de la valeur pour les soins ;
    • et permettre aux patients d’avoir un meilleur accès à leurs données de santé.

     

    Les plus grands réseaux d’information de santé engagés :

    La force de cet accord est qu’il a été signé par 7 grands réseaux d’information de santé américains (QHIN), dont Epic Nexus, qui couvrent la plupart des hôpitaux du pays, ainsi que des dizaines de milliers de fournisseurs. Ces réseaux traitent des milliards de transactions annuelles dans tous les Etats américains.

    Intégration du standard FHIR pour une meilleure interopérabilité

    Le 22 avril 2024, l’ONC a publié la mise à jour 2.0 du TEFCA, dans laquelle il annonce que l’accord commun va intégrer le standard FHIR pour une meilleure interopérabilité dans le partage des données de santé grâce à une standardisation sous un format ouvert, neutre et sans imposition sémantique de l’ensemble des données de santé.

    Grâce à ce standard qui propose aussi une interface de programmation d’application (API), les dossiers de santé informatisés pourront être partagés à un niveau national entre les différents acteurs de la santé, sans compromettre la sécurité de leurs données. L’ONC explique que toutes les entités qui signent cet accord, qu’elles soient concernées ou non par la loi Hippa (Health Insurance Portability and Accountability Act) – qui définit les normes américaines pour la gestion électronique de l’assurance maladie – doivent accorder des protections suffisantes des données en matière de confidentialité, notamment en ce qui concerne les informations individuellement identifiables.

    Avec cette mise à jour, les données pouvant être partagées dans le cadre de l’accord commun TEFCA sont les données de traitement, de paiement, de délivrance des soins, de santé publique, les services qui permettent aux individus d’accéder, de contrôler et de gérer leurs informations personnelles de santé (IAS), et celles liées à la détermination des prestations gouvernementales.

     

  • Jumeaux numériques : un projet (24 M€) pour la construction d’une plateforme européenne

    Mieux simuler les modèles de jumeaux numériques

    Alors que l’Union européenne a fait des soins personnalisés une priorité fondamentale en matière de santé, les jumeaux numériques permettent, grâce à la reproduction de l’anatomie humaine, de tester des thérapies et évaluer leur réaction sur l’organisme avant leurs essais cliniques et leur commercialisation. Ces tests numériques permettent donc de faciliter la personnalisation des soins et peuvent même conduire à la découverte de nouveaux médicaments à moindre coût.

    Pour bénéficier du plein potentiel des jumeaux numériques, la Commission européenne a lancé le 16 avril 2024 un appel d’offres nommé “European Virtual Human Twins” qui a pour objectif de faire construire par un tiers la meilleure plateforme possible de jumeaux numériques en vue de son acquisition par l’Union européenne. La Commission européenne a spécifié que cette plateforme permettra de “la modélisation à toutes les échelles de l’anatomie humaine et soutiendra l’émergence de la prochaine génération de modèles de jumeaux humains virtuels, dans le plein respect des valeurs et des règles de l’UE”.

    Cet appel d’offres s’inscrit dans le cadre de l’initiative européenne sur les jumeaux numériques qui entend renforcer les capacités avancées de calcul intensif et d’intelligence artificielle pour faciliter la recherche collaborative et le développement technologique des jumeaux numériques, afin notamment de “développer, d’exécuter et de mieux simuler les modèles d’une manière auparavant impossible”.

    Un financement global de 24 M€

    La Commission européenne invite les opérateurs économiques intéressés par ce marché a mettre en place une plateforme distribuée mettant à la disposition des utilisateurs un référentiel fédéré de ressources liées aux jumeaux numériques, un ensemble combiné de boîtes à outils logicielles open source et un accès à des services informatiques, leur permettant de développer, de tester et d’intégrer des modèles de jumeaux numériques.

    L’opérateur qui remportera l’appel d’offres bénéficiera d’un contrat d’un maximum de 48 mois au cours desquels il devra mettre en place la plateforme et bénéficiera d’un financement pouvant aller jusqu’à 24 millions d’euros.

    👉 Les opérateurs économiques intéressés sont invités à déposer leur candidature sur la page dédiée du site de la Commission européenne avant le 29 avril à 16:00.

    🚩 Toutes les informations nécessaires aux opérateurs sont à retrouver en suivant ce lien.

     

  • Cartographie des acteurs de l’écosystème de la santé au travail en France

    Les interlocuteurs du salarié pour une meilleure santé au travail

    Pour la préservation de sa santé au travail et une meilleure qualité de vie et des conditions au travail (QVCT), le salarié a des interlocuteurs au sein même de son entreprise. En cas de problèmes ou d’interrogations, il peut donc se tourner vers son employeur pour lui faire part de son ressenti et lui demander de mettre en oeuvre tous les moyens nécessaires à la préservation de sa santé physique et mentale. Toujours au sein de son entreprise, il peut, s’il y en a un, questionner le comité social et économique (CSE) qui représente les salariés pour toutes les questions relatives à la santé et à la sécurité du travail. Les membres du CSE sont aussi en charge de proposer des actions de prévention pour assurer le maintien d’une bonne QVCT et santé au travail pour les salariés.

    Chaque employeur doit aussi adhérer ou organiser un service de prévention et de santé au travail (SPST) afin de satisfaire à l’obligation de santé et de sécurité prévue par le code du travail. Ce service peut être propre à son entreprise ou organisé en commun avec d’autres entreprises et établissements et a pour objectif de “préserver la santé au travail des travailleurs et d’accompagner les employeurs, les travailleurs et leurs représentants en matière de prévention des risques professionnels”.

    Des interlocuteurs en dehors de l’entreprise :

    En dehors de l’entreprise, l’inspecteur du travail a pour rôle d’informer les salariés sur leurs droits et leurs obligations en matière de santé au travail, mais aussi de les conseiller. Dépendant des directions régionales de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (Dreets), l’inspecteur du travail joue un rôle essentiel dans la surveillance et la régulation des conditions de travail au sein des entreprises. Sa mission englobe la vérification du respect des normes de sécurité, de la durée du travail, des rémunérations, ainsi que d’autres aspects liés notamment à la santé au travail.

    Au niveau régional, les Caisses régionales de l’Assurance maladie – Risques professionnels (Carsat, Cramif, CGSS) apportent appui et conseil aux entreprises sur les moyens techniques, organisationnels et humains à mettre en œuvre pour conduire leurs actions de prévention des risques professionnels, avec sous certaines conditions des aides financières. Elles jouent donc un rôle de soutien en aidant les acteurs de l’entreprise à adopter des méthodes efficaces pour prévenir les accidents du travail et les maladies professionnelles.

    Au niveau national, le salarié peut aussi solliciter l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) dont l’une des missions est de répondre aux sollicitations du salarié en matière de santé, de sécurité et de prévention au travail.

    Les principaux acteurs de l’écosystème de la santé au travail

    Les institutions :

    L’écosystème de la santé au travail est porté avant tout par les institutions du Gouvernement, qu’elles soient régionales, nationales ou internationales, puisque ce sont elles qui vont mettre en place les lignes directrices et le règles concernant la santé et la sécurité au travail.

    Parmi elles, on retrouve l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact) qui a pour mission – d’après l’article L. 4642 du Code du travail – de contribuer au développement et à l’encouragement de recherches, d’expériences ou de réalisations en matière d’amélioration des conditions de travail, de rassembler et de diffuser les informations concernant, en France et à l’étranger, toute action tendant à améliorer les conditions de travail et d’appuyer les démarches d’entreprise en matière d’évaluation et de prévention des risques professionnels.

    L’Institut national de recherche et de sécurité qui est un institut pluridisciplinaire au service des professionnels de la prévention, des entreprises et des salariés sous l’égide de la Sécurité sociale, est lui aussi un acteur institutionnel au niveau national, puisqu’il est l’organisme de référence dans les domaines de la santé au travail et de la prévention des risques professionnels. Ses missions qui vont de la recherche à l’information, en passant par la formation et l’assistance et se structurent autour de trois axes étants l’identification des risques professionnels et la mise en évidence les dangers, l’analyse de leurs conséquences pour la santé et la sécurité des salariés, ainsi que la diffusion et la promotion des moyens pour maîtriser ces risques au sein des entreprises.

    Les financeurs :

    Les financeurs se divisent en deux catégories : les caisses publiques et les mutuelles privées. En ce qui concerne les caisses publiques telles que celle de l’Assurance maladie et la Caisse centrale de la mutualité sociale agricole, elles ont pour mission de financer les soins des salariés, les arrêts de travail et la prévention.

    Les mutuelles privées financent aussi les soins des salariés mais vont aller plus loin en proposant des dispositifs de prévention. C’est le cas de la MGEN qui déploie depuis 2020 le dispositif “Bien être santé travail (BEST FPH)” qui permet de mettre en place des actions de prévention dans les structures hospitalières.

    Les associations :

    Les associations sont aussi des acteurs importants dans l’écosystème de la santé au travail. En effet, ceux sont elles qui vont développer des projets de recherche, propager les bonnes pratiques et mettre en place des politiques de sensibilisations. L’Association internationale de la sécurité sociale qui elle est la principale organisation internationale à l’intention des institutions, ministères et agences publiques en charge de la sécurité sociale va par exemple proumouvoir l’excellence dans l’administration de la sécurité sociale à travers des lignes directrices professionnelles, des connaissances spécialisées, ainsi que la fourniture de services et de soutien afin de permettre à ses membres de développer des systèmes et politiques de sécurité sociale dynamiques à travers le monde.

    Cartographie des acteurs de la santé au travail
    Cartographie des acteurs de la santé au travail
  • Santé au travail : santé des femmes et santé mentale comme principaux chantiers réglementaires

    La réforme de la loi santé et sécurité au travail effective depuis 2022

    Grande initiative pour faire progresser la santé et la sécurité au travail, la réforme de la loi qui lui est dédiée est effective depuis le 31 mars 2022 et elle est venue apporter de nombreuses modifications et avancées sur la question.

    De la QVT à la QVCT :

    L’une des mesures phare de cette réforme est le remplacement de la qualité de vie au travail (QVT) par la qualité de vie et des conditions de travail (QVCT) au sein du Code du travail, après la signature d’un accord national interprofessionnel (ANI) sur la santé au travail qui marque la volonté d’assurer santé et sécurité au travail. Cette modification est considérée comme une avancée majeure en termes de prévention des risques professionnels, même si la QVCT n’est une obligation pour l’employeur que dans les entreprises de plus de 50 salariés. Lorsque ce nombre de salariés est atteint dans une entreprise, l’employeur a l’obligation de mettre en place une prévention des risques psychosociaux, ainsi qu’une négociation annuelle sur la qualité de vie et des conditions au travail.

    Pour l’Anact (Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail), la QVCT doit passer par 6 leviers visant à faciliter la vie des salariés :

    • l’ambiance de travail, l’environnement et les conditions de travail ;
    • le contenu du travail (autonomie, moyens mis à disposition, charge de travail) ;
    • la santé au travail ;
    • la formation et le développement professionnel ;
    • l’égalité professionnelle (équilibre vie professionnelle et personnelle, égalité femmes-hommes…) ;
    • les méthodes de management (échanges réguliers, gestion des absences, reconnaissance, engagement).

    Le passeport de prévention sera accessible à tous dès 2025 :

    La disposition concernant le passeport de prévention est entrée en vigueur en octobre 2022, mais n’était pas accessible à tous les travailleurs. Ce passeport dématérialisé et connecté fonctionne comme une plateforme sur laquelle sont recensées toutes les formations en matière de santé et sécurité au travail. Il peut être complété par l’employeur, l’organisme de formation ou le travailleur, en insérant les diplômes obtenus et les attestations de formation, afin de permettre une traçabilité et une mise à jour des compétences des salariés en la matière.

    Depuis le 30 mai 2023, les travailleurs et les demandeurs d’emploi ont accès à une version bêta de ce passeport de prévention et peuvent y insérer des documents, mais ça n’est pas le cas des employeurs, ni des organismes de formation. Ils devront normalement y avoir accès dès 2025, après le report de cette date d’accès par le ministère du Travail, alors que la loi prévoyait un accès en 2024.

    Calendrier du déploiement du passeport de prévention
    Calendrier du déploiement du passeport de prévention

    La préservation de la santé mentale encadrée par la loi

    Si la santé mentale était déjà un enjeu majeur de santé publique avant le Covid-19, depuis la pandémie, le nombre d’arrêts de travail en rapport avec les pathologies mentales a explosé, notamment le burn-out et la dépression post-Covid. Le Code du travail prévoit des obligations pour l’employeur afin de préserver la santé mentale de ses employés.

    Comme le stipule l’article L 4121-1 du Code du travail placé dans le titre relatif à la prévention, l’employeur doit “veiller à la santé physique et psychique de ses salariés et de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs : actions de prévention des risques professionnels, actions d’information et de formation, mise en place d’une organisation et de moyens adaptés”.

    Pour éviter le burn-out et la dépression, l’article L. 4121-2 du Code du travail stipule quant à lui que l’employeur doit “adapter le travail à l’homme, en particulier en ce qui concerne la conception des postes de travail ainsi que le choix des équipements de travail et des méthodes de travail et de production, en vue notamment de limiter le travail monotone et le travail cadencé et de réduire les effets de ceux-ci sur la santé”, mais aussi “planifier la prévention en y intégrant, dans un ensemble cohérent, la technique, l’organisation du travail, les conditions de travail, les relations sociales et l’influence des facteurs ambiants, notamment les risques liés au harcèlement moral et au harcèlement sexuel, ainsi que ceux liés aux agissements sexistes”.

    Le Gouvernement veut légiférer pour réduire les arrêts maladies :

    Après avoir constaté une hausse des arrêts maladies qui ne sont pas du à des pathologies médicales lourdes, ainsi qu’un bond de plus de 30 % des arrêts maladies entre 2012 et 2022, le Gouvernement a commencé à légiférer pour réduire les arrêts maladies en considérant que cette augmentation constante “n’est pas soutenable pour [le] modèle social [français]”.

    Ainsi, le projet de loi de financement de la sécurité social pour 2024 (PLFSS 2024) limite la prescription d’arrêt de travail délivré par téléconsultation à ceux d’une durée n’excédant pas 3 jours, sauf dans certains cas dont la prescription par le médecin traitant du patient arrêté. Le texte renforce aussi les pouvoirs du médecin contrôleur mandaté par l’employeur qui peut désormais suspendre le versement des indemnités aux patients lorsqu’il estime l’arrêt injustifié.

    Le Gouvernement prévoit de légiférer de nouveau d’ici à 2025 pour mettre en place de nouvelles lois visant à réduire le nombre d’arrêts maladies. Une nouvelle qui n’a pas manqué de faire réagir les médecins qui s’indignent en expliquant que cette augmentation des arrêts maladies est nécessaire pour la grande majorité des patients et qu’il n’y a que 1 à 2 % des médecins qui sont des gros prescripteurs d’arrêts maladie (environ 6 000 médecins) qui prescrivent beaucoup plus d’arrêts maladies que la moyenne des médecins.

    Un rapport sur la santé des femmes au travail présenté au Sénat en 2023

    Considérant que la santé des femmes au travail est une thématique qui a été peu étudiée sous l’angle des politiques de santé publique, la délégation aux droits des femmes a décidé de produire un rapport composé de constatations et de recommandations sur la santé des femmes au travail de manière large, en prenant en compte l’état de bien-être physique, mental et social.

    Le rapport a permis de mettre l’accent sur plusieurs maux invisibles en matière de santé des femmes au travail, notamment en ce qui concerne le manque d’approche genrée en matière de santé au travail, la méconnaissance des risques professionnels propres aux femmes (souvent liés à une usure physique et psychique), ou encore le manque de prise en charge concernant la santé sexuelle et reproductive au travail (grossesse, ménopause ou encore menstrues douloureuses).

    Les femmes développent des risques professionnels différents de ceux des hommes, et pourtant ils sont méconnus
    Les femmes développent des risques professionnels différents de ceux des hommes, et pourtant ils sont méconnus

    23 recommandations émises par les 4 rapporteuses

    Présenté au Sénat par 4 rapporteuses le 27 juin 2023, le rapport a été accompagné de 23 recommandations qui se divisent en 3 grands axes :

    • chausser systématiquement les lunettes du genre ;
    • développer et adapter la prévention à destination des femmes ;
    • mieux prendre en compte la santé sexuelle et reproductive au travail, en particulier les pathologies menstruelles incapacitantes et les symptômes ménopausiques.

    De nombreuses études sur l’impact du télétravail sur la santé au travail

    Beaucoup utilisé lors de la pandémie de Covid-19, le mode de travail hybride alternant un temps de travail au bureau avec du télétravail s’est imposé comme une norme au sortir de la crise et est de plus en plus utilisé. De nombreuses études ont montré les différents impacts du télétravail sur la santé au travail, ainsi que sur la manière de travailler. Si certains enseignements tirés de ces études montrent qu’il y a un réel intérêt du télétravail pour une meilleure QVCT, d’autres font état de plusieurs difficultés.

    L’enquête « télétravail, travail hybride : quelles conséquences ? » réalisée par l’Observatoire du télétravail, sous l’impulsion de l’Ugict-CGT et publié en décembre 2023, montre que la majorité personnes (92 %) qui ont recourt au télétravail hybride le vivent bien car cette situation leur permet de bénéficier d’un meilleur équilibre entre temps de vie professionnelle et vie personnelle. Il leur permet aussi de gagner du temps sur le trajet, allant d’une à deux heures et demi par jour, ce qui peut représenter un gain important lorsque deux ou trois jours de la semaine sont télé-travaillés.

    Le télétravail peut entraîner des problèmes de santé :

    Mais l’instauration du télétravail peut aussi avoir des effets néfastes sur les salariés. Cette enquête montre que 35 % des salariés voient leur temps de travail être allongé lorsqu’ils effectuent du télétravail et qu’il n’y a pas de dispositif d’évaluation du temps de travail (55 %). Les salariés expliquent aussi que le télétravail a un coût pour eux, que ce soit pour l’achat d’’un siège ergonomique sans financement de la part de l’employeur, d’un écran sans financement de la part de l’employeur, ou les frais induits par le télétravail.

    Une enquête plus récente a été publiée le 24 avril 2024 par le syndicat de l’encadrement et fait état de 7 enseignements sur le télétravail et le management. S’ils indiquent faire en majorité confiance en leurs collaborateurs lorsqu’ils se trouvent en télétravail, ils expliquent que ce télétravail peut entraîner des tensions entre les salariés qui en bénéficient et ceux qui n’en bénéficient pas. En tant que manager, ils trouvent parfois difficile de travailler avec leurs collaborateurs à distance, notamment à cause d’un déficit de formation à ce télétravail hybride. De plus, ils expliquent qu’ils ont du mal à bénéficier de leurs jours de télétravail qui pourraient avoir un impact positif sur leur QVCT, parce qu’ils ont tendance à s’adapter aux jours de télétravail de leurs équipes et passent plus de temps au bureau afin de voir l’ensemble des membres, qui ne sont pas tous là les mêmes jours.

    Santé publique France a aussi publié les résultats d’une enquête en octobre 2023. Cette dernière montre la corrélation entre le télétravail à temps plein et la survenue de lombalgie : 9 % des télétravailleurs à temps plein ont signalé une lombalgie, soit presque deux fois plus que ceux qui ont recourt à un télétravail hybride ou ceux qui n’ont pas recourt à du télétravail.

    Prévalence de la survenue de lombalgie en fonction de la quotité de télétravail effectuée parmi les travailleurs indemnes de lombalgie au début du 3e confinement
    Prévalence de la survenue de lombalgie en fonction de la quotité de télétravail effectuée parmi les travailleurs indemnes de lombalgie au début du 3e confinement

    Pour réduire ces risques, Santé publique France recommande aux employeurs de :

    • veiller à la quotité de télétravail mise en œuvre et encourager la prise de pauses régulières pour faciliter le mouvement et lutter contre les postures assises prolongées ;
    • fournir un matériel adapté pour le domicile (mobilier, écran à hauteur réglable…) ;
    • diffuser des recommandations ergonomiques pour l’aménagement des postes de travail afin d’améliorer l’ergonomie du poste de travail et la satisfaction des conditions de travail.

     

  • France 2030 : troisième vague de l’AAP « Tiers-lieux d’expérimentation » en santé (14/06)

    Un budget de 63 M€ sur 4 ans

    Après le succès des deux premières vagues de l’AAP “Tiers-lieux d’expérimentation” en santé qui se sont tenue en 2022 et en 2023 et qui ont permis de financer 25 tiers-lieux : le Gouvernement a annoncé le lancement de la troisième vague de cet AAP, opéré par la Banque des territoires (Caisse des dépôts) pour le compte de l’État.

    Cette succession de vague d’AAP a pour but de “répondre au manque de terrains d’expérimentation pour la filière du numérique en santé” pour “favoriser l’émergence de solutions innovantes, appuyées sur des approches scientifiques pluridisciplinaires et des modèles médico-économiques ambitieux, pour conquérir le marché de la santé numérique en pleine croissance au niveau mondial”.

    Cet AAP est ouvert à toutes les structures de santé, ainsi qu’aux acteurs de l’innovation en France qui souhaitent faire de leur structure, un tiers-lieux d’expérimentation qui aura pour but d’évaluer les expérimentations en santé et contribuer à leur accès au marché. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du plan France 2030 et du programme d’investissements d’avenir (PIA). Il s’agit d’une action de la stratégie d’accélération « Santé numérique » à destination des organisations de soins : cet AAP national est doté d’un budget de 63 millions d’euros sur 4 ans.

    👉 Tous les détails concernant la candidature sont accessibles via ce lien, qui contient le dossier de candidature, ainsi que le cahier des charges. Le dépôt de candidatures pour cette 3e vague doit être effectué avant le 14 juin 2024 à minuit.

    Un objectif de 100 expérimentations d’ici 2027

    Le financement des tiers-lieux a pour objectif :
    • d’associer les professionnels et personnes concernées dans la co-conception des solutions ;
    • de tester l’usage de nouveaux services numériques en santé en vie réelle et bénéficier du retour d’expérience des utilisateurs (impact, acceptabilité, ergonomie, etc.) ;
    • de mesurer les bénéfices médico-économiques des solutions testées ;
    • d’accompagner le déploiement et l’accès au marché des solutions ayant fait la preuve de leur impact ;
    • de mener des études de besoins des usagers ;
    • de créer un maillage pérenne de structures d’expérimentations (appelés « tiers-lieux ») dans le secteur de la santé.

    Alors que les deux premières vagues ont financé 25 tiers-lieux, cette troisième vague a pour objectif d’en sélectionner jusqu’à 10 de plus. Porter le nombre de tiers-lieux d’expérimentation en santé à plus de 30 a pour objectif de mener une centaine d’expérimentations d’ici 2027.

    Comme pour les 10 lauréats sélectionnés l’année dernière, les 15 tiers-lieux qui seront choisis à l’issue de cette deuxième vague auront accès à 2 enveloppes financières :
    • une enveloppe dédiée à l’animation du tiers-lieu d’expérimentation ;
    • une enveloppe spécifique leur permettant de co-financer l’expérimentation de solutions numériques.

    Précisions sur les caractéristiques des tiers-lieux :

    Un programme de tiers-lieu devra permettre :

    • d’identifier les besoins des personnes impliquées (usagers, patients, aidants, médecins, soignants, professionnels médico-sociaux, administratifs etc.) ;
    • d’aller à la rencontre et de sélectionner des porteurs des solutions numériques nouvelles à tester ;
    • d’aider au recrutement de la population cible pour les projets d’expérimentation et l’evaluation des solutions (en lien avec un réseau de partenaires) ;
    • de favoriser la co-construction avec les professionnels et les usagers. Professionnels et usagers sont vu au sens large ici (professionnels de soin, agents administratifs, experts, patients, bénéficiaires, aidants, etc.) ;
    • de déployer des expérimentations sur différents terrains ;
    • d’évaluer les résultats des expérimentations ;
    • d’apporter une aide méthodologique aux projets d’expérimentations (création de protocole, traitement des données, etc.) ;
    • d’accompagner, lorsque nécessaire, le passage d’un projet devant un comité d’éthique (tel que les Comité de protection des personnes) et l’autorité compétente (ARS, CNIL, ANSM, HAS, …) ;- De valoriser et partager en toute transparence les résultats des expérimentations (communication, publication scientifique…) ;
    • de participer à la diffusion des résultats (définition des besoins usagers y compris), à la publication dans des revues scientifiques et revues adaptées, une visibilité aux projets évalués.

     

    Critères d’éligibilité à l’AAP :

    Pour être éligible, un candidat doit remplir l’ensemble des conditions suivantes :

    • avoir déposé un dossier complet avant le 31 mai 2023. Les candidats ont l’obligation de respecter les exigences du modèle de dossier de candidature fourni dont les indications sont d’une importance équivalente aux critères indiqués dans le présent cahier des charges ;
    • être porté par une entité éligible décrite dans le présent cahier des charges au paragraphe 2.b, ou par un consortium dont le chef de file est une entité éligible.

     

    Critères de sélection :

    • clarté du programme du tiers-lieu candidat et de sa présentation, en adéquation avec l’ensemble des éléments décrits dans le présent cahier des charges ;
    • ambition du programme par rapport aux objectifs du présent cahier des charges et de la feuille de route du numérique en santé ;
    • adéquation de la démarche d’expérimentation avec le projet d’établissement du candidat ou chef de file ;
    • rigueur, méthode et doctrine explicite de la sélection des projets d’expérimentations présentés dès la candidature, son adéquation avec le projet stratégique de ou des organisations ;
    • objectifs et retombées des premiers projets d’expérimentation identifiés dans le dossier de candidature et notamment leur caractère réplicable et innovant ;
    • qualité du consortium le cas échéant et capacité à embarquer des acteurs du territoire et entités de toutes tailles ;
    • capacité des partenaires à mettre en œuvre le projet notamment solidité de la gouvernance du projet. Le candidat devra apporter les garanties sur sa capacité organisationnelle, humaine, financière et matérielle à mener le programme de tiers-lieu dans son intégralité ;
    • existence d’un calendrier détaillé et crédible, comportant des échéances intermédiaires assorties d’objectifs, pour la mise en œuvre du programme de tiers-lieu ;
    • qualité de la présentation d’un modèle économique viable, du plan de financement du programme de tiers-lieu et la cohérence de la répartition des dépenses par rapport aux objectifs ;
    • qualité de la méthodologie d’étude des besoins usagers ;
    • qualité de la méthodologie d’évaluation des projets d’expérimentation ;
    • qualité de l’accompagnement règlementaire proposé aux projets d’expérimentation ;
    • engagement du programme de tiers-lieu à expérimenter des solutions développées en interne et des solutions provenant de partenaires externes au consortium ;
    • prise en compte de critères éthiques et du respect des données personnelles (notamment via le RGPD) dans la sélection des projets d’expérimentation ;
    • prise en compte de la conformité à des projets d’expérimentation à la doctrine du numérique en santé telle que définie en annexe 2 ;
    • engager une démarche de développement durable dans la gestion de son programme de tiers-lieu et dans la sélection des projets d’expérimentation.

     

    « Le candidat qui porte d’ores et déjà une démarche d’innovation ouverte au sein de sa structure valorisera l’expérience acquise et les objectifs de sa candidature au programme PIA : tiers-lieu d’expérimentation », est-il précisé dans le cahier des charges.

    Les projets d’expérimentation proposés par les programmes de tiers-lieux doivent répondre aux critères suivants :

    • les solutions seront des solutions numériques ou des dispositifs hybrides avec une composante numérique au centre de la proposition de valeur ;
    • avoir un TRL (Technology Readiness Level) entre 4 et 7 ;
    • répondre à l’un des 2 axes du présent appel à projet (paragraphe 2.a).

    Le repositionnement autour de nouveaux usages de solutions existantes est autorisé.

     

  • Doctrine du numérique en santé : interopérabilité et usage comme fers de lance pour l’année 2024

    Un accent mit sur les travaux d’interopérabilité et d’éthique

    Comme chaque année depuis 2020, la publication de la doctrine du numérique en santé par l’Agence du numérique en santé et le ministère du Travail, de la Santé et des Solidarités doit permettre de faire un état des lieux des évolutions du socle de sécurité, d’interopérabilité et d’éthique du numérique en santé en France, mais aussi être appliquée par tous les acteurs du secteur. Le 26 avril 2023, la 5eme version de cette doctrine a été présentée.

    Alors qu’en 2023, d’importants travaux ont été entrepris dans les domaines de l’interopérabilité (notamment les nouveaux volets CI-SIS et SNOMED International) et de l’éthique (télésanté, Éco-score), l’ANS et le ministère indique dans la docrtine que ces efforts devront se poursuivre en 2024. Parallèlement, la sécurité revêt une importance toute particulière cette année avec le lancement du programme CaRE, dédié à l’accompagnement des établissements de santé face au risque cyber. Ce programme inclut le domaine HospiConnect, qui vise à sécuriser l’identification électronique des professionnels de santé. La révision des référentiels d’hébergeurs de données de santé (HDS) est également à noter.

    Gouvernance partagée et régulation du numérique en santé

    Capitalisant sur la logique de co-construction développée ces dernières années avec l’ensemble des acteurs de l’écosystème, une gouvernance partagée se met en place pour couvrir les travaux de régulation du numérique en santé. Cette approche repose sur des référentiels thématiques (par exemple, l’identification électronique, l’accès au DMP) qui s’assemblent et s’adaptent aux enjeux spécifiques de chaque secteur ou type de services (ville, hôpital, dispositifs médicaux numériques, solutions de téléconsultation).

    Dès cette année, les référentiels sectoriels des systèmes d’information de téléconsultation et des dispositifs médicaux numériques (DMN) donnent lieu à la délivrance de certificats de conformité, obligatoires pour prétendre à des financements ou des prises en charge par la puissance publique. Par ailleurs, de nombreuses évolutions ont été mises en œuvre au niveau des services socles du numérique en santé. Concernant l’INS, un nouveau référentiel thématique sera publié prochainement, intégrant les nouvelles modalités facilitant la qualification de l’INS (par exemple, l’arrivée de l’appli carte Vitale).

    La section de la Doctrine relative à Pro Santé Connect présente de nombreuses nouveautés attendues au sein de l’écosystème. Parmi celles-ci figurent les nouveaux dispositifs d’identification, la nouvelle carte CPS, ainsi que la mise en place d’un espace de confiance. Ces avancées visent à renforcer la sécurité et la fiabilité de l’identification électronique des professionnels de santé.

    Une interopérabilité qui passe par l’usage des solutions du Ségur

    Pour faire évoluer le numérique en santé en France, la doctrine explique que cela doit passer par l’usage de solutions. Les logiciels issus de la vague 1 du programme Ségur numérique sont utilisés par les professionnels de santé, ce qui permet une augmentation régulière des documents de santé accessibles dans Mon espace santé. Mais pour aller plus loin, il faut qu’il y ait une résolution des freins à l’usage des logiciels référencés Vague 1 du Ségur numérique, ainsi qu’une accélération du déploiement la Vague 2, en mettant l’accent sur la sécurité des logiciels (PGSSI-S) et la consultation du DMP par les professionnels.

    Pour ce faire, le programme Sentinelle a été déployé en janvier 2023 pour identifier et résoudre une à une toutes les difficultés identifiées sur le terrain aux nouveaux usages numériques, notamment autour du partage des documents de santé. Cette 5e version de la doctrine du numérique en santé commande d’accélérer ce programme pour que les usages soient adoptés du plus grand nombre.

    Le programme SASN pour favoriser l’usage et la confiance des praticiens et des patients

    Le financement de consortium piloté par les universités pour former les professionnels au numérique en santé, le lancement de tiers lieux d’expérimentation dans les organisations de soins ou médico-sociales pour favoriser la co-conception, et le dispositif de prise en charge anticipée des dispositifs médicaux numériques (PECAN) lancé en 2023, pour un accès plus rapide aux innovations numériques pour les patients, constituent des exemples d’actions du programme Stratégie d’accélération « Santé numérique » (SASN) qui viennent favoriser la confiance et l’usage par les patients et les professionnels des services numériques en santé.

    Répartition des 122 lauréats des 11 appels à manifestation d’intérêt (AMI) et des appels à projets (AAP) lancés dans le cadre du programme SASN
    Répartition des 122 lauréats des 11 appels à manifestation d’intérêt (AMI) et des appels à projets (AAP) lancés dans le cadre du programme SASN

    Le secteur médico-social n’a pas non plus été oublié de la doctrine du numérique en santé puisque des travaux d’urbanisation sectorielle ont été conduits en co-construction avec l’ensemble des acteurs du secteur. Une première version du cadre d’urbanisation sectorielle du médico-social a été publiée. Elle précise concrètement comment s’orchestrent les services socles du numérique en santé autour du Dossier Usager Informatisé (DUI), pour répondre à des cas d’usages et problématiques spécifiques du secteur, notamment les services à utiliser pour l’orientation des usagers et pour coordonner leur accompagnement dans un parcours entre plusieurs structures.