VERDU BISSI Alexandre

  • Accès aux soins : jusqu’à 90j de différence de délai entre 2 régions pour un même type de soins (enquête Doctolib)

    Une enquête basée sur l’analyse de 2 M de consultations

    Alors que le manque de personnel à l’hôpital est à l’origine de difficultés d’accès aux urgences, l’accessibilité à la médecine de ville se présente comme un sujet aussi important. En effet, la difficulté pour un patient d’accéder à un médecin, pour le suivi de sa pathologie ou après l’apparition de certains nouveaux symptômes, pourrait avoir des conséquences graves sur sa santé et l’obliger à se rendre aux urgences.

    Conscient des inégalités d’accès aux soins de médecine de ville, Doctolib a publié en avril 2024 une enquête intitulée “Cartes de France de l’accès aux soins. Soignants et patients face aux inégalités territoriales.” Ce dernière repose sur une analyse de plus de 2 millions de consultations opérées par près de 75 000 médecins utilisateurs de la plateforme de prise de rendez-vous, du 1er janvier au 31 décembre 2023. Que cela concerne les consultations en cabinet ou les téléconsultations, le constat dressé dans ce rapport montre que les Français ont encore beaucoup de difficultés d’accès aux soins – en fonction de leur lieu de résidence ou de la spécialité recherchée.

    Le délai entre la prise de rendez-vous et la consultation se prolonge :

    Les principaux résultats de l’enquête montrent une augmentation générale – par rapport aux années précédentes – des délais entre la prise de rendez-vous et la consultation, que ce soit en médecine générale ou auprès de spécialistes. Par exemple, la carte de Doctolib révèle une baisse de 3 points par rapport à 2021 du pourcentage de consultations réalisées en moins de 48 heures chez un médecin généraliste (41 % en 2023 contre 44 % en 2022). Elle indique également une augmentation de 9 jours du délai médian entre la prise de rendez-vous et la consultation chez un cardiologue (33 jours en 2021 contre 42 en 2023).

    Malgré l’analyse de 2 millions de prises de rendez-vous qui ont abouti à des consultations en 2023, Doctolib explique que les statistiques retenues dans le cadre de cette enquête “ne concernent que les utilisateurs ayant recours aux outils Doctolib Patient et Doctolib Téléconsultation et ne sont donc pas représentatives de l’ensemble des réalités d’accès aux soins dans les territoires”. De plus, la licorne explique que deux des autres limites de cette enquête sont que les statistiques ne permettent pas d’avoir de la visibilité sur les recherches de rendez-vous qui n’aboutissent pas, ni sur les consultations réalisées sans rendez-vous et que cette analyse ne permet pas d’obtenir une échelle spatiale plus précise que l’échelle départementale, alors qu’il peut y avoir des inégalités d’accès aux soins au sein même des bassins de vie.

    Des inégalités en fonction des territoires et du type de soins

    Dans son enquête, Doctolib constate deux grands types d’inégalités : celles liées à l’accès aux soins selon les territoires et celles associées au type de soins requis.

    Des inégalités d’accès inhérentes aux disparités territoriales :

    Concernant la disparité d’accès aux soins selon les régions, l’enquête révèle que les inégalités de santé se reflètent dans les disparités géographiques françaises. On observe ainsi que l’Île-de-France, les côtes méditerranéenne et atlantique, ainsi que les départements abritant d’importants pôles urbains et/ou universitaires affichent généralement des délais médians d’obtention de rendez-vous plus courts pour toutes les spécialités. En revanche, dans 8 régions, de nombreux départements (soit 14 au total) présentent des délais médians entre la prise de rendez-vous et la consultation qui sont au moins deux fois supérieurs à la moyenne nationale, pour au moins trois professions : l’Occitanie, la Bourgogne-Franche-Comté, le Centre-Val-de-Loire, la Nouvelle-Aquitaine, l’Auvergne-Rhône-Alpes, la Normandie, la Bretagne et les Hauts-de-France.

    Pour certaines spécialités, les disparités dans l’accès aux soins sont considérables : en ophtalmologie, en dermatologie et en pédiatrie, il existe plus de 90 jours de différence entre les départements où les délais sont les plus rapides et ceux où ils sont les plus longs.

    Des délais médians de plus d’un mois pour certaines spécialités :

    Les disparités d’accès aux soins selon le type de soins se divisent en deux catégories : d’une part, les soins primaires qui affichent des délais médians plutôt courts entre la prise de rendez-vous et la consultation, et d’autre part, les soins spécialisés avec des délais médians variant de 15 à 30 jours, voire plus d’un mois.

    Les soins primaires, tels que les consultations avec des médecins généralistes (3 jours), des masseurs-kinésithérapeutes (6 jours), des pédiatres (7 jours), des sages-femmes (11 jours) ou des chirurgiens-dentistes (11 jours), présentent des délais médians d’attente inférieurs à 15 jours. Les consultations avec des psychiatres (16 jours), des gynécologues (22 jours) et des ophtalmologistes (26 jours) affichent des délais médians d’attente compris entre 15 jours et 1 mois. Seules deux spécialités enregistrent des délais médians d’attente dépassant un mois : la dermatologie (36 jours) et la cardiologie (42 jours).

    Par ailleurs, la téléconsultation apparaît comme une solution pour obtenir un rendez-vous médical plus rapidement, car pour toutes les professions comptant plus de 10 % d’utilisateurs en téléconsultation, les délais médians d’attente entre la prise de rendez-vous et la consultation sont plus courts pour presque tous les types de soins. Par exemple, le délai médian d’attente pour une consultation avec un généraliste ou un pédiatre est d’un jour, et pour une consultation avec un cardiologue, ce délai médian est de 8 jours, contre 42 jours pour une consultation en cabinet.

    Tableau des temps médians d'attente entre la prise de rendez-vous et la consultation en fonction des différents types de soins - Doctolib
    Tableau des temps médians d’attente entre la prise de rendez-vous et la consultation en fonction des différents types de soins (chiffres pour l’année 2023) – Doctolib

    L’IA comme levier d’efficience

    En se basant sur les conclusions de l’enquête et sur son expérience professionnelle, un médecin membre du comité médical de Doctolib a examiné l’impact des outils numériques sur la réduction des difficultés d’accès aux soins. Outre la téléconsultation, qui a montré une diminution des délais médians d’attente, il souligne l’importance de l’IA.

    Selon lui, l’intégration de l’IA dans certains logiciels permet d’améliorer la qualité des consultations. Les outils dotés d’IA, comme son logiciel de retranscription des échanges avec les patients, lui permettent de se concentrer davantage sur le contenu des consultations tout en étant plus efficace dans ses interactions avec son équipe. D’autres logiciels, non alimentés par l’IA, contribuent également à répondre aux impératifs de santé publique en identifiant facilement les patients polymédiqués pour limiter la prescription de nouveaux médicaments, ou en facilitant l’information des patients nécessitant un rappel de vaccination.

    Il espère que dans le futur, l’IA permettra de coder automatiquement les informations issues des consultations, permettant ainsi aux professionnels de santé de mieux identifier les besoins de leurs patients et de la population en alimentant des entrepôts de données publiques pour la recherche.

     

  • USA : en quoi consiste l’agent conversationnel pour le standard téléphonique de Parlance ?

    Soulager les standardistes des hôpitaux

    Lignes surchargées, patients mal orientés, standardistes à deux doigts de l’épuisement professionnel… le standard des établissements de santé, qui est la porte d’entrée pour les patients appelants, est tant une nécessité pour les hôpitaux, qu’un trou dans le budget si celui-ci fonctionne mal ou ne permet pas aux patients d’être correctement orientés.

    Pour permettre au personnel de l’établissement d’orienter plus justement les patients et de mieux se concentrer sur les besoins de chacun d’entre eux, la société américaine Parlance a développé une solution d’IA qui se présente sous la forme d’un agent conversationnel qui va être le premier interlocuteur du patient lorsqu’il appelle le standard de l’hôpital.

    Créé en 1996, Parlance est une entreprise basée à Woburn (Massachussetts) qui a à cœur de réduire l’épuisement des professionnels grâce à la mise en place d’outils d’IA qui conversent avec les appelants. Que ce soit dans les domaines de la santé, de l’éducation ou encore pour les industriels, les logiciels de Parlance permettent de guider l’appelant vers les bons professionnels, le plus rapidement possible et sans surcharge du personnel.

    Traiter plusieurs appels en même temps grâce à l’IA

    La solution d’IA de Parlance nommée IVA va se substituer à la personne du standard de l’hôpital qui répond à l’appel de chaque patient. Grâce à l’entrainement du modèle d’IA avec un nombre important de données vocales, l’outil de Parlance va comprendre les besoins du patient – qui va s’adresser à lui comme il le ferait avec un standardiste humain – et va même parfois prédire en amont le service vers lequel il convient le mieux de l’orienter en fonction de ses réponses.

    Concrètement, le patient n’aura pas besoin d’être baladé de services en services et pourra voir sa demande être rapidement comblée qu’il s’agisse de la prise d’un rendez-vous, ou de l’orientation vers le professionnel médical le plus compétent. Cela permet aussi de réduire les appels auxquels doivent répondre les standardistes, ce qui va réduire les tâches répétitives de leur emploi et à fortiori réduire leur épuisement professionnel et les coûts pour l’établissement. S’agissant d’un agent conversationnel, ce dernier pourra répondre à plusieurs appels de patient en même temps, chose impossible pour le standardiste.

    Une réduction des couts pour plusieurs groupes hospitaliers :

    La solution IVA de Parlance est disponible dans de nombreux groupes hospitaliers américains – parce que l’agent conversationnel ne communique et ne comprend pour le moment que l’anglais – et a déjà démontré sa valeur ajoutée.

    The Valley Health System qui est un groupe hospitalier de 6 établissements situés à Las Vegas faisait face à de nombreuses plaintes d’épuisement professionnel de la part de ses employés. En effet, les 13 opérateurs qui se chargent de répondre aux appels sont confrontés chaque jour à près de 3500 appels, ce qui est épuisant et ce qui ne permet pas non plus aux patients de bénéficier de la meilleure expérience et d’être guidés de la meilleure des manières. Pour compenser les burnouts, l’entreprise devait recruter et former du personnel régulièrement ce qui représente un énorme coût.

    Après avoir fait le choix d’utiliser la solution d’IA de Parlance, les appels qui nécessitent l’intervention d’un humain ont été réduits de moitié, ce qui permet actuellement d’utiliser plus efficacement le personnel et d’éliminer les temps d’attente des appelants, pour leur offrir une expérience plus agréable, les opérateurs étant plus à même de fournir un service plus personnalisé. Lors de l’ouverture de son sixième hôpital, la solution de Parlance a permis à The Valley Health System de ne pas avoir à embaucher de nouveaux standardistes pour répondre aux appels des patients de ce nouvel établissement.

     

  • Santexpo : « Il faut reconstruire un système de santé adapté aux problèmes d’aujourd’hui » (A. Robinet)

    L’IA parmi les chantiers de la ministre Catherine Vautrin

    L’hôpital, clé de voûte du système de santé français :

    À l’occasion du 100e anniversaire de la Fédération hospitalière de France (FHF), la ministre du Travail, de la Santé et de la Prévention, Catherine Vautrin, a tenu à être présente et à adresser quelques mots lors de la conférence inaugurale de cette 58e édition de Santexpo, placée pour la première fois sous le haut patronage du Président de la République. En soulignant l’importance de l’appareil hospitalier dans le système de santé français, la ministre a expliqué que, sans un système hospitalier et de santé de cette envergure, le pays n’aurait pas été en mesure d’organiser les Jeux Olympiques de Paris 2024 qui débuteront dans quelques semaines. Elle a aussi rappelé la naissance du système que l’on connait aujourd’hui avec la signature, le 30 décembre 1958 (dernier jour des pouvoirs spéciaux du Général de Gaulle), des ordonnances médiatrices de Michel Debré qui avaient instauré la création des centres hospitalo-universitaire (CHU) français. Ces derniers ont, selon elle, “considérablement renforcé l’excellence médicale à la française” et “structuré notre système hospitalier”.

    Des chantiers pour l’innovation et la recherche :

    Après ce rappel historique, la ministre a rappelé les différents chantiers mis en place depuis son arrivée au gouvernement et ceux qu’elle a à cœur de mener à bien. Il s’agit principalement :

    • de retrouver une attractivité et redonner du sens aux métiers du soin et de l’humain ;
    • de mener à bien les chantiers d’amélioration des conditions et de la qualité de vie au travail (QVCT) pour les professionnels de santé ;
    • ainsi que de déployer la stratégie “Grand âge” pour 2030.

     

    Du côté du numérique en santé, Catherine Vautrin a insisté sur l’importance de pouvoir faire évoluer les pratiques françaises et les tourner vers l’avenir, notamment en intégrant l’intelligence artificielle (IA) dans le quotidien de la recherche, en favorisant le développement des entrepôts de données de santé (EDS) et en renforçant la recherche dans les établissements. Elle a d’ailleurs précisé qu’elle prendra connaissance “avec attention des conclusions rapport Armenteras sur le plan de rénovation de la recherche biomédicale”, et qui devrait paraître dans les prochains jours.

    4 chantiers de la FHF pour faire évoluer le système de santé

    En plus de la ministre, Arnaud Robinet, président de la FHF, a tenu à expliquer l’importance de faire évoluer le système de santé français qui nécessite, selon lui, une rénovation et doit être reconstruit de fond en comble pour être “adapté aux problèmes d’aujourd’hui”. Arnaud Robinet se veut, malgré tout, optimiste. Il a rappelé que la France avait toutes les ressources pour parvenir a créer “un nouveau bouclier sanitaire”, ce que confirme aussi le livre blanc, publié ce jour par la FHF à l’occasion de l’inauguration de Santexpo. Intitultée “Agir maintenant – Bâtir la santé de demain”, cette publication détaille les 7 grands chantiers pour l’avenir du système de santé, parmi lesquels, le président de la FHF a insisté sur les quatre les plus prioritaires selon lui :

    1️⃣ Le premier chantier cité concerne la sobriété. Les travaux de la FHF ont montré qu’il était urgent de réduire l’emprunte environnementale émise par le système de santé, alors que la santé représente environ 8 % des émissions de gaz à effet de serre de la France. La Fédération propose aussi d’accélérer le déploiement des mesures en faveur de la transformation écologique et de créer les outils médico-économiques susceptibles d’intéresser plus fortement les acteurs de santé au déploiement de la prévention et des alternatives à l’hospitalisation complète.

    2️⃣ Le deuxième chantier est celui de la responsabilité partagée. Pour faire évoluer le système de santé, la FHF recommande sur ce point de mobiliser l’ensemble des acteurs de santé du territoire notamment en généralisant les modes d’exercice collectif et en renforçant la coordination entre acteurs respectivement de la ville et de l’hôpital à l’échelle d’un territoire. Le président de la Fédération a aussi évoqué l’importance des agences régionales de santé à l’échelle régionale comme territoriale, mais aussi l’importance des pouvoirs publics qui doivent engager un véritable débat démocratique des priorités en matière de santé, afin d’en dégager une stratégie claire.

    3️⃣ Le troisième chantier présenté est celui du ré-enchantement de l’environnement de travail des professionnels de santé. Pour rendre le travail plus attractif, la Fédération recommande de redonner du sens à l’engagement de l’ensemble des professionnels de santé en les recentrant sur leur cœur de métier, de mettre en place de nouvelles formations ouvertes et adaptées, mais aussi d’anticiper  et d’accompagner les nécessaires montées en compétences et les reconversions professionnelles.

    4️⃣ Le quatrième chantier évoqué par Arnaud Robinet n’est autre que le grand âge. Alors qu’en 2040, 2,5 millions de citoyens auront plus de 80 ans, la FHF recommande de prendre en compte et de corriger les différences de situations socio-fiscales entre les établissement ou service social ou médico-social (ESMS) de différents statuts, d’élaborer au plus vite une loi de programmation pour le grand âge, d’apporter des réponses structurelles à la situation de crise financière inédite rencontrée par les ESMS publics en faisant évoluer le cadre de financement, « sur la base des travaux menés autour du modèle économique des Ehpad, pour garantir la prise en compte de l’évolution des coûts, mais aussi de l’évolution du profil des personnes accompagnées ». Enfin la FHF recommande de garantir la pérennité des financements de la branche autonomie consacrés à l’investissement au-delà de 2024 par l’affectation d’une ressource durable.

    7 chantiers prioritaires pour l'avenir du système de santé - @ FHF, mai 2024
    7 chantiers prioritaires pour l’avenir du système de santé – @ FHF, mai 2024

     

  • Développement durable : le Sesan dévoile sa boussole du numérique responsable en santé

    Guider les usages dans les structures de santé

    Aux côtés de l’accessibilité pour tous au numérique en santé, de la transparence sur les données de santé et de l’éthique des solutions d’intelligence artificielle (IA) en santé, l’éco responsabilité du numérique en santé est l’une des grandes thématiques du cadre éthique du numérique en santé (CENS). Pour autant, elle n’est pas au coeur des échanges lorsque l’on évoque le secteur de la santé numérique. Pourtant, un rapport d’Hellocarbo paru en octobre 2023 montre que la pollution numérique représente 4 à 5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (24 millions de tonnes de CO2 par an en France), sans préciser la part que représente le secteur de la santé.

    Et le secteur de la santé est très polluant : entre les ordinateurs nécessaires à la gestion des hôpitaux, les millions de données de santé stockées pour la recherche ou la prévention et la multiplication des logiciels et des applications de santé numérique, il convient de mettre en place des recommandations pour guider les acteurs dans leur utilisation numérique pour éviter une augmentation de cette pollution numérique.

    C’est dans cette optique que le Grades de l’Île-de-France, le Sesan, a créé une boussole du numérique responsable en santé “pour permettre aux structures de santé d’y voir un peu plus clair” et inviter les personnes en charge de l’utilisation numérique dans ces structures à revoir l’utilisation de leurs outils informatiques.

    Rôle des structure de santé selon la Boussole du numérique responsable - @ Sesan
    Rôle des structure de santé selon la Boussole du numérique responsable – @ Sesan

    Tendre vers l’achat responsable et l’éco-conception

    Dans cette boussole téléchargeable sur le site du Grades, le Sesan fait le point sur la législation française en termes de numérique responsable en santé, mais dresse aussi un guide afin de permettre à chaque structure de mettre en place une démarche itérative de réduction d’impact, grâce à plusieurs actions dont l’achat responsable et l’éco-conception.

    La loi française oblige les responsables des structures de santé (ou au moins les directeurs des systèmes d’informations) à prendre en compte les enjeux d’anti-gaspillage et d’économie circulaire dans leur politique d’achat, et les incite aussi à limiter leurs impacts négatifs sur l’environnement.

    Pour les aider à respecter la législation, la boussole du Sesan donne plusieurs principes permettant de tendre vers l’achat responsable et l’éco-conception :

    • l’achat de matériel informatique labellisé, que ce soit des appareils avec un bon indice de réparabilité pour allonger la durée de vie et d’utilisation des appareils, ou du matériel labellisé TCO certified ou Epeat Gold/Silver qui garantissent que les produits ont des impacts environnementaux réduits tout au long du cycle de vie ;
    • l’audit des logiciels achetés ou conçus en interne pour s’assurer de leur éco-conception tout au long de leur création ;
    • la mise en place de questions clés à se poser pour adopter une politique d’anti-gaspillage et d’économie circulaire, comme le besoin et l’utilité des achats, le respect des référentiels par les futurs ressources à acquérir, la manière dont vont être traitées les ressources remplacées et/ou abandonnées.

     

    les émissions de carbone presque entièrement réduites grâce aux solutions utilisant des énergies renouvelables :

    Le Sesan a aussi intégré à sa boussole une série d’actions qui ont porté leurs fruits et qui peuvent être ré-utilisées par les directeurs des systèmes d’information des structure de santé pour prendre en compte l’éco-responsabilité des outils numériques :

    1️⃣ Pour réduire la consommation d’électricité et réaliser des économies pouvant aller jusqu’à 11 %, la boussole du Sesan conseille de débrancher les ordinateurs au-delà de plus d’une heure d’inactivité ;

    2️⃣ Pour améliorer le bilan environnemental de 50 %, le Sesan propose de rallonger la durée de vie du matériel informatique en passant de 2 à 4 ans et de privilégier la réparation en cas de panne ;

    3️⃣ Enfin, le Grades de l’Île-de-France explique que l’utilisation d’une solution de stockage cloud fonctionnant aux énergies renouvelables, plutôt qu’un data center basé sur site permet de réduire jusqu’à 96 % des émissions de carbone émises par les solutions de stockage traditionnelles et de réaliser 80 % d’économies d’énergie.

     

  • Données de santé : la Cnil lance une consultation publique pour faire évoluer ses référentiels

    La nécessité de faire évoluer certains référentiels

    La Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) s’attarde, depuis des années, à mettre en place des référentiels pour garantir la protection des données de santé lors de leur utilisation, dans le cadre de la recherche ou dans d’autres domaines. L’évolution des nouvelles technologies – comme l’intelligence artificielle (IA) – et de la manière d’utiliser ces données la conduit à considérer d’ajuster ces référentiels. À date, il existe 8 référentiels santé de la Cnil (de MR-001 à MR-008) qui concernent, entre autres :

    • les entrepôts de données de santé ;
    • la gestion des vigilances sanitaires ;
    • et les accès précoces et compassionnels ou encore l’accès simplifié aux données de l’échantillon du Système national des données de santé (SNDS).

     

    En vue de l’ajustement de ces référentiels, la Cnil a lancé le 16 mai 2024 une consultation publique ouverte à toutes les personnes concernées par la recherche grâce aux données de santé. Elle aura pour double objectif :

    • d’identifier les modifications nécessaires pour chacun des référentiels ;
    • et de mettre en place, au besoin, de nouveaux référentiels pour assurer toujours plus de protection des données lors de leur utilisation et leur stockage.

     

    Un simple formulaire à remplir

    La Cnil invite donc le plus grand nombre à participer à cette consultation et cible principalement les chercheurs, professionnels de santé, entrepreneurs, délégués à la protection des données, juristes ou encore chargés de projet. Pour y participer, les personnes intéressées sont invitées à se rendre sur la session dédiée du site de la Cnil, qui donne accès au questionnaire à remplir.

    Ce dernier se divise en 5 parties, qu’il n’est pas obligatoire de toutes remplir. La Cnil explique que cette hiérarchie permet aux participants “d’identifier rapidement les thématiques susceptibles de [les] intéresser”. Les 5 parties concernent :

    • les référentiels « recherche » ;
    • les référentiels « hors recherche » ;
    • l’inventaire des besoins liés à l’essor de l’IA ;
    • les besoins de documentation spécifique ;
    • la participation à des groupes de travail.

     

    👉 La consultation est ouverte jusqu’au 12 juillet 2024 et un webinaire sera organisé le mardi 21 mai 2024 pour répondre aux interrogations des participants sur les modalités de participation.

     

  • Neuralink : la start-up d’Elon Musk était au courant des problèmes de ses implants (Reuters)

    Des problèmes déjà constatés lors des essais cliniques sur des singes

    En mai 2023, Neuralink, la start-up d’Elon Musk, a reçu l’autorisation de la Food and Drug Administration (FDA) pour débuter les essais cliniques de son implant cérébral sur l’homme, après avoir réussi les essais cliniques sur des singes-patients. Grâce à l’implant, ces animaux avaient pu jouer à des jeux-vidéos par la pensée, ce qui paraissait très prometteur pour l’avenir. Mais déjà en septembre 2023, une enquête du média américain Wired avait révélé que plusieurs singes seraient morts lors de ces expérimentations et que certaines autopsies ont montré l’apparition d’hémorragies cérébrales abondantes.

    Après avoir levé 296 millions de dollars au cours de l’année dernière, la start-up a débuté les essais cliniques sur l’homme en 2024. Le premier patient à bénéficier de son implant neuronal est un américain de 29 ans devenu tétraplégique après un accident de plongée. S’il a témoigné au début du mois de mai que cet implant lui permettait d’être moins dépendant de ses proches et de pouvoir s’amuser en jouant à des jeux vidéos, le bilan positif après 100 jours d’utilisation a été entaché par les révélations du Wall Street Journal. Ce dernier explique que l’entreprise avait rencontré des problèmes quelques semaines après le début de l’implantation.

    La FDA était au courant

    Neuralink a par la suite avoué que des problèmes liés aux fils de l’implant étaient apparus lors de l’essai clinique. Alors que l’implant est alimenté par 1 024 électrodes réparties sur 64 fils, quelque temps après l’implantation, des fils se sont rétractés au niveau du cerveau du patient, ce qui a provoqué un manque d’efficacité de la solution. L’entreprise américaine indique que le patient avait du mal à contrôler sa souris par la pensée.

    Le 15 mai 2024, une enquête publiée par Reuters explique que cela fait plusieurs années que Neuralink est au courant de ces problèmes de fils. Selon l’agence de presse, les dernières études cliniques réalisées sur les animaux avaient déjà montrées la faiblesse de certains fils de l’implant. Un problème que Neuralink avait jugé “peu important” pour modifier le design de sa solution avant le début des essais cliniques chez l’homme. La FDA, qui avait consulté les résultats des tests chez les animaux, a donné son feu vert à ces essais, alors qu’elle avait connaissance de ces problèmes, selon une des sources de Reuters.

    Un problème résolu selon la start-up :

    Après ces révélations, Neuralink explique avoir résolu le problème sans retirer l’implant du cerveau du patient, en modifiant “l’algorithme d’enregistrement pour qu’il soit plus sensible aux signaux. Elle déclare avoir “amélioré les techniques de traduction de ces signaux en mouvements du curseur”, ainsi que “l’interface utilisateur”.

    Pour rappel, ces implants, appelés “Link”, sont capables de décoder l’activité cérébrale et de la communiquer par exemple à des ordinateurs. Les patients équipés du dispositif doivent apprendre à le maîtriser, afin de pouvoir contrôler des équipements via une connexion Bluetooth.

    Elon Musk a précisé que la technologie Neuralink pourra bientôt être développée pour d’autres pathologies, comme la cécité, des troubles neurologiques ou psychiatriques. L’homme d’affaires espère même qu’elle pourra être utilisée à l’avenir par tous, dans l’objectif de disposer d’un “cerveau augmenté”, doté d’une grande puissance de calcul.

  • Données de santé : la ministère de la Santé publie le nouveau référentiel de certification HDS

    Une refonte du référentiel des HDS et des organismes d’accréditation

    Utilisées dans la prévention, la coordination entre les professionnels de santé ou encore la découverte de nouvelles thérapies, les données de santé sont, dans la grande majorité des cas, à caractère personnel. La moindre faille dans leur stockage peut avoir des conséquences déplorables irréversibles (vol, revente d’informations ou utilisation frauduleuse). Pour garantir le respect et la protection des données de santé au sein des structures des hébergeurs de données de santé, le ministère du Travail, de la Santé et des Solidarités a rendu public, le 26 avril 2024, un arrêté qui vient modifier celui du 11 juin 2018 portant approbation du référentiel d’accréditation des organismes de certification et du référentiel de certification pour l’hébergement de données de santé à caractère personnel (DSCP).

    Publié au Journal officiel (JO) le 16 mai 2024, cet arrêté détaille les exigences requises pour qu’un hébergeur puisse obtenir la certification “HDS” et stocker au niveau de sa structure (ou de celle(s) de son ou de ses sous-traitants) les données de santé des usagers transmises par ses clients. L’arrêté met aussi à jour le référentiel d’accréditation HDS qui décrit les processus d’accréditation des organismes de certification ainsi que de certification des hébergeurs souhaitant devenir eux-mêmes des organismes de certification.

    La sécurité des données à prendre en compte

    Le maître mot de ce référentiel est que, pour pouvoir être certifiés, les hébergeurs doivent prendre en compte la sécurité des données de santé qu’ils seront amenés à héberger. Cela devra être assuré :

    • par la mise en œuvre d’un système de management de la sécurité de l’information (SMSI), certifié selon la norme ISO 27001 ;
    • par le respect des obligations du RGPD ;
    • par la mise en place d’une politique de prévention de certains risques – comme la défaillance des supports matériels de l’information et la perte de contrôle de supports matériels de l’information ;
    • ou encore par l’hébergement des données dans l’Espace économique européen ou l’information d’un hébergement extérieur.

     

    Le stockage obligatoire au sein de l’EEE :

    Parmi les exigences dictées par l’Agence du numérique en santé (ANS) dans ce nouveau référentiel, l’obligation pour les HDS ou leurs sous-traitants de déployer des structures de stockage au sein de l’EEE. Ceci afin de préserver la souveraineté des données de santé à caractère personnel. Dans le cas contraire l’hébergeur doit :

    • indiquer à son client, par le biais d’une documentation, “toutes les garanties appropriées mises en place ainsi que, le cas échéant, toute autre mesure permettant d’assurer un niveau de protection des données équivalent à celui garanti par le droit de l’Union européenne” ;
    • rendre publique et mettre régulièrement à jour la cartographie des transferts des données de santé à caractère personnel vers un pays n’appartenant pas à l’EEE, les conditions par lesquelles il serait tenu de permettre un accès non autorisé par le droit de l’UE aux DSCP ;
    • et mettre en place toutes les mesures permettant d’atténuer les risques d’accès non autorisé aux DSCP.

     

    En cas de non respect de ces obligations, les organismes de certification HDS pourront décider de la suspendre en attente d’une évolution positive de la protection de sa structure d’hébergement des données ou de retirer définitivement sa certification.

    La nécessité d’une communication entre l’hébergeur et son client :

    L’ANS insiste, par ailleurs, sur la nécessité de la communication dans la relation entre l’hébergeur et ses clients. L’hébergeur doit donc :

    • leurs prouver qu’il a bien obtenu la certification HDS auprès d’une organisme de certification reconnu ;
    • indiquer clairement dans le contrat les prestations qui vont être réalisées pour s’assurer du respect de la sécurité des DSCP ;
    • et décrire les modalités retenues pour encadrer les accès aux données de santé à caractère personnel hébergées.

     

    De son côté, le client doit aussi indiquer, par exemple, quel professionnel est compétent pour accéder aux DSCP lorsque cela est nécessaire. En cas de doute, le référentiel permet au client d’effectuer des vérifications du niveau de sécurité proposé :

    • en mandatant des audits de sécurité technique sur ces seules ressources spécifiques ;
    • en demandant l’accès à la synthèse managériale d’un rapport d’audit technique de moins de 3 ans portant sur les ressources mutualisées dans le cadre du service ;
    • ou en demandant les traces d’accès aux DSCP portées par des ressources spécifiques ou auxdites ressources par les personnels sous son contrôle.

     

  • IoT : le nombre d’objets connectés en santé vendus en 2024 devrait atteindre les 440 millions (étude)

    Près de 200 000 brevets déposés

    En 2011, 197 800 brevets de thérapies ont été déposés, qu’ils s’agisse de médicaments, de technologies médicales ou alors de biotechnologies. En 2021, près de 180 000 brevets ont été déposés uniquement pour les technologies médicales, qui surpassent de loin ceux déposés pour les biotechnologies (80 000) et ceux déposés pour les médicaments (100 000). Ces informations ont apparaissent dans le rapport “The healthcare revolution : a prescription for growth” publié récemment par PGIM et Reuteurs dans le cadre de leur série de rapports en commun, et sont issues de l’indicateur de la propriété intellectuelle de l’année 2023.

    Évolution du nombre de brevets déposés dans les secteurs de l'industrie pharmaceutique, de la technologie medical et de la biotechnologie
    Évolution du nombre de brevets déposés dans les secteurs de l’industrie pharmaceutique, de la technologie medical et de la biotechnologie

    Ces chiffres montrent que le dépôt de brevets – et donc d’innovations – dans le secteur de la medtech est en constante évolution depuis 2011, puisque les chiffres de 2016 montrent un passage d’un peu plus de 80 000 brevets annuels en 2011 à un peu plus de 120 000 en 2016, avant d’atteindre ensuite près de 180 000 dépôts en 2021. Autre observation : le secteur de la medtech est celui qui a le plus évolué depuis 2011 en matière de dépôts de brevet avec un nombre qui a doublé en 10 ans, passant de plus de 80 000 à près de 180 000 alors que celui de la biotechnologie a de son côté a à peine doublé (de plus de 40 000 à moins de 80 000) et que l’industrie pharmaceutique a de son côté vu le nombre de brevets déposés annuellement a chuté entre 2016 et 2021 (passant de 110 000 à 100 000).

    Une multiplication des demandes pour les logiciels de découvertes de médicaments alimentés par l’IA :

    L’augmentation des dépôts de brevets pour les technologies médicales de ces dernières années, corrèle avec l’augmentation des demandes d’enregistrement de logiciels de découvertes de médicaments alimentés par l’IA auprès de la Food and drug administration (FDA). Le rapport indique qu’entre 2016 et 2022, l’administration américaine a reçu près de 300 demandes d’enregistrement concernant ce type de solution et que ces demandes sont en nette progression depuis 2022.

    Les revenus de la medtech devraient encore largement progresser

    S’ajoute à ces demandes la progression des revenus du secteur de la medtech. Dans le rapport, PGIM et Reuters expliquent que si l’industrie pharmaceutique montre sa bonne santé au travers d’un nombre toujours important d’acquisition d’entreprises et des sommes qui sont déboursées pour réaliser ces acquisitions (plus de 50 milliards de dollars au dernier trimestre de l’année 2023), les entreprises de la medtech ont vu leurs revenus fortement évoluer ces dernières années.

    Les auteurs de l’étude prennent pour exemple les objets connectés qui ont été vendus à plus de 380 millions d’exemplaires dans le monde en 2023 alors que seulement 175 millions avaient été vendus en 2021, ce qui représentent une multiplication du nombre de vente par plus de 2. La robotique est aussi une branche des technologies médicales qui a le vent en poupe, puisque plus de 11 millions de chirurgie ont été réalisées grâce à des robots et que les hôpitaux investissent de plus en plus dans ces solutions, notamment pour les neurochirurgies, les chirurgies orthopédiques et pour les actes de chirurgie générale.

    Ces indicateurs de la bonne santé du secteur de la technologie médical sont de bonne augure pour la suite : PGIM et Reuters expliquent que le marché de la robotique qui représentent déjà 3 milliards de dollars devrait continuer à progresser et que celui des objets connectés devrait passer de 380 millions d’exemplaires vendus dans le monde en 2023 à 440 millions en 2024.

     

     

  • Avec son fonds « Startinnov », l’Institut Curie souhaite accélérer la création de start-ups innovantes

    Porter l’innovation du laboratoire aux patients

    La création de start-ups visant à faire accélérer la recherche dans le traitement du cancer peut se heurter à une faible maturation de leurs projets anté-création lorsque ceux-ci sont confronter à des dispositifs financiers publics et privés insuffisants et qui sont longs à mobiliser, alors que le temps est une donnée cruciale pour ces futures start-ups. Pour répondre à cette demande de financement, l’Institut Curie a lancé le fonds “Startinnov” dédié aux philanthropes. Ces derniers peuvent faire des dons afin de financer l’étape de maturation des projets dans des délais très courts et donc d’”accélérer la mise sur le marché d’innovations de pointes au bénéfice des patients et professionnels de santés” en portant l’innovation “du laboratoire aux patients”.

    L’Institut indique que les fonds récoltés dans le cadre de cette initiative serviront à :

    • renforcer la technologie afin de démontrer la robustesse du projet et collecter des premières données pharmacologiques ;
    • affiner la stratégie de l’entreprise par la réalisation d’études de marché : business model, premières indications, analyse de la concurrence ;
    • effectuer une analyse réglementaire pour planifier les étapes clé du développement de la future start-up et pouvoir passer de l’invention de laboratoire à un produit concret.

     

    Créer au moins 3 start-ups tous les 2 ans

    Avec cette manière de se démarquer des moyens de financement traditionnels, l’Institut Curie – qui a déjà généré 31 start-ups depuis 2002 et plus de 50 produits et services disponibles sur le marché, grâce à son programme d’incubation – prévoit de permettre l’émergence de 3 nouveaux projets de start-ups dédiées à la recherche contre le cancer par an. L’objectif de ces projets sont de les porter jusqu’à la création de start-ups en une à deux années.

    L’Institut explique que le fonds est ouvert aux mécènes et entreprises qui souhaitent être un chainon de la transformation du progrès scientifique en innovations médicales. Les modalités de participation à ce fonds diffèrent en fonction de si le donateur est un particulier ou une entreprise et plusieurs montants de dons leurs sont proposés lorsqu’ils formulent une demande de participation auprès de l’Institut Curie.

     

  • Diabète : les données des objets connectés peu exploitées en amont des téléconsultations (étude)

    Comprendre les impacts de la télésanté sur la gestion du diabète

    Les inégalités d’accès aux soins peuvent être très néfastes pour les personnes atteintes de diabète. En effet, un retard dans le traitement de cette pathologie peut entraîner des complications comme des maladies cardiovasculaires, une insuffisance rénale, une cécité, ou un recours à des amputations. Depuis la pandémie de Covid-19, l’utilisation de la télésanté s’est répandue et permet aux personnes n’ayant pas accès facilement aux soins, comme les personnes habitants dans des zones dites de déserts médicaux, d’avoir une alternative et d’être suivis par des professionnels de santé à distance.

    Dans le cadre d’une étude réalisée par 4 centres médicaux universitaires de l’université de Californie (UC Davis Health, UCSF Health, UCLA Health et UC San Diego Health), les chercheurs ont tenté de comprendre les impacts négatifs comme positifs que pouvait avoir l’usage de la télésanté dans la gestion du diabète de type 1 et de type 2. Pour ce faire, ils ont interrogés les cliniciens et du personnel qui prodiguent, par le biais de la télésanté, des soins aux personnes atteintes de diabète, afin de comprendre comment la télésanté est utilisée dans la gestion du diabète, les problèmes qu’ils ont rencontrés, les pratiques qu’ils mettent en place pour faciliter les consultations, ainsi que leurs attentes pour l’avenir. Les résultats de cette étude ont été publiés dans les Diabetes Journals de l’American Diabetes Association, le 19 avril 2024.

    Récolter les données des patients en amont des téléconsultations

    Les deux principaux constats dressés par cette étude concernent l’optimisation des opérations de télésanté pour la gestion du diabète et l’amélioration de la prise en charge du diabète par la téléconsultation. Pour ce qui est de l’optimisation des opérations de télésanté, les personnes interrogées ont indiqué que l’accès à distance des données de suivie contenues dans les appareils des patients, tels que les glucomètres connectés, permet de préparer la consultation en amont et que les difficultés rencontrées pour le moment concernent la difficultés de planifier un suivi par le biais de téléconsultation et la difficulté à mettre en place un travail en équipe à distance des professionnels de santé.

    Du côté de l’amélioration de la prise en charge du diabète grâce à la téléconsultation, les personnes interrogées ont indiqué que la télésanté offre aux soignants des opportunités de comprendre l’environnement familial du patient et de lui fournir une éducation préventive pertinente, qu’elle offre la possibilité d’examiner ensemble les données des patients grâce au partage d’écran, ce qui peut améliorer les connaissances thérapeutiques tant pour les patients que pour les cliniciens. Le point à améliorer selon eux est l’attention du patient lors de la téléconsultation, puisque ce dernier n’est pas aussi concentré lorsqu’il est en consultation à distance que lorsqu’il est en examiné en direct chez le médecin.

    Par le biais de cette étude, les chercheurs recommandent 3 axes stratégiques pour faciliter le suivi des patients atteints de diabète grâce à la télésanté :

    • la mise en place d’une équipe dédiée à la collecte et à l’analyse des données contenues dans les objets connectés des patients afin de réaliser un pré-diagnostic avant même le début de la téléconsultation : les chercheurs ont indiqué que cela permettrait de faire gagner du temps aux cliniciens lors des téléconsultations et d’éviter de reprogrammer inutilement les rendez-vous ;
    • l’optimisation des flux de travail grâce à la planification des consultations de suivi pour éviter les ruptures dans le parcours du patient ; 
    • la mise en place d’une équipe de cliniciens en plus du médecin spécialiste du diabète qui s’occupe du patient, comme une infirmière, un diététiste, un pharmacien ou un éducateur, pour un suivi plus précis.

     

    Les chercheurs précisent néanmoins que la limite à cette étude est que les patients atteints de diabète qui sont suivis par téléconsultation n’ont pas été interrogés. Ils insistent donc sur le fait que la prise en compte de l’expérience des patients est importante pour bâtir des axes stratégiques les plus précis possibles pour une meilleure prise en charge à distance des diabétiques.

     

     

    * From Surviving to Thriving: A Qualitative Study of Adapting Telehealth Systems for Specialty Diabetes Care Across Four California Medical Centers.

    Sarah C. Haynes, Miriam Sarkisian, Aaron B. Neinstein, Jenise C. Wong, Polly F. Teng, James P. Marcin, Stephanie S. Crossen

    Clin Diabetes 2024; cd230108. https://doi.org/10.2337/cd23-0108