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  • USA : les soins digitaux passent dans la vie courante des patients (enquête Rock Health)

    4 tendances majeures observées

    L’adoption de la santé numérique aux Etats-Unis devient massive parmi les patients. Rock Health a mené fin 2023 une étude auprès d’une cohorte de plus de 8 000 adultes américains sur leurs comportements et leurs attitudes vis-à-vis des soins virtuels et des outils de santé numériques. L’enquête 2023 fait ressortir 4 tendances :

    • les soins virtuels font désormais partie intégrante du parcours de soins ;
    • les patients adoptent par commodité les soins virtuels, mais ne sont pas attachés aux solutions elles-mêmes ;
    • le point of care n’a pas progressé, les citoyens ont certes utilisé les tests de diagnostic du Covid-19 à domicile, mais l’adoption de ce type de produits ne s’est pas encore traduite dans d’autres tests ;
    • bien que les patients soient prêts à partager leurs données de santé, ils sont de plus en plus regardant sur les professionnels qui y ont accès.

     

    📌 Les soins virtuels déjà intégrés dans le parcours de soins :

    76 % des répondants au sondage ont déclaré avoir déjà eu recours, en 2023, à des soins virtuels (soins dispensés par vidéo, téléphone, texto ou via une application). Ce taux monte à 83 % dans les 12 derniers mois. Comparées avec les résultats des précédentes éditions de cette étude, ces données montrent une stabilité du nombre de patients utilisateurs et une maturité du marché américain.

    D’un autre côté, 24 % de la population reste réfractaire aux soins virtuels pour différentes raisons :

    • 56 % par préférence pour les soins en présentiel ;
    • 18 % par crainte d’une moindre qualité des soins ;
    • 13 % par manque de sensibilisation ;
    • 5 % pour des questions de coût ;
    • 3 % en raison de la médiocrité de leur réseau Internet.

     

    Quelles motivations pour choisir les soins virtuels ?

    Selon Rock Health, l’adoption des outils digitaux n’atteindra pas un niveau de 100 %, la préférence étant au parcours hybride et omnicanal selon la pathologie et les conditions de vie. Les patients décident d’utiliser des canaux digitaux pour leurs soins selon plusieurs critères, notamment pour des raisons de commodité (39 %), des temps d’attente plus courts (30 %) et la possibilité de voir un professionnel de santé spécifique qui ne pourrait pas être vu en personne autrement (17 %).

    Raisons pour lesquelles les patients optent pour des soins virtuels - @ Rock Health
    Raisons pour lesquelles les patients optent pour des soins virtuels – @ Rock Health

    69 % des patients préfèrent les soins virtuels pour le renouvellement de leurs ordonnances :

    Par ailleurs, les motifs de consommation de soins virtuels sont en majorité les renouvellements d’ordonnances  (+8 % par rapport à l’enquête 2022), les suivis des soins pour les maladies mineures, puis des soins de santé mentale (+3 % par rapport à l’enquête 2022). Toutefois, il est à noter que le recours aux soins virtuels est en baisse pour les maladies mineures (-2 %) et les maladies chroniques (-4 %), les urgences (-4 %) ou les bilans annuels (-3 %).

    Motifs de consommation de soins virtuels - @ Rock Health
    Motifs de consommation de soins virtuels – @ Rock Health

    Des alternatives tout aussi pratiques que les soins virtuels :

    L’adoption des soins virtuels dans ces différentes situation peut se heurter à des problématiques de coûts (prise en charge moindre ou inexistante en distanciel pour certains cas). Dans le cas des soins primaires, les solutions numériques sont souvent citées comme étant plus rapides et commodes. Toutefois, l’émergence d’autres formes d’offres de soins primaires rend ce marché fortement concurrentiel :  les “corners” de soins non programmés au sein des pharmacies ou des magasins,  initiés dans les années 2000, qui proposent dorénavant des programmes de suivi de pathologies chroniques ou des programmes de bien-être, sont de plus en plus utilisés.

    Arrivent également les cabines technologiques qui, pour 99 dollars par mois, proposent après un premier questionnaire, des tests et examens à faire sur place, avec une analyse réalisée par une intelligence artificielle (IA), et qui préparent aussi une prescription réalisée ensuite par un médecin à distance. Ces offres de proximité qui s’inscrivent dans la vie quotidienne s’avèrent être aussi pratiques qu’une consultation à distance.

     

    Forward Health CarePod Forward Mobile App Health Apps Forward Health Apps
    CarePod, la clinique technologique de Forward Health

    🔎 Zoom sur la Santé mentale, la spécialité la plus digitalisée :

    Selon les données partagées par Epic, leader mondial du dossier patient, principalement implanté aux USA, la santé mentale est la spécialité la plus répandue en soins virtuels. De nombreux patients considèrent maintenant qu’il est plus courant de faire une consultation de santé mentale virtuellement qu’en personne. L’offre disponible sur les plateformes numériques pour la santé mentale permet un choix parmi un large éventail de pratiques ou de traitement différents et s’adapte plus facilement au rythme régulier des consultations.

    📌 Le point of care (ou at-home testing) a peu dépassé le périmètre des tests Covid à ce stade :

    Rock Health a également interrogé les patients sur l’utilisation de divers tests de diagnostic à domicile, pour la première fois en 2023 :

    • 72 % des répondants ont déclaré avoir déjà utilisé au moins un type de test à domicile pour obtenir des résultats sur la fertilité, le microbiome intestinal, les hormones non liées à la fertilité, les infections sexuellement transmissibles (IST) et/ou le Covid-19 ;
    • 64 % des répondants avaient exclusivement utilisé ces tests pour le dépistage de la Covid-19.
    Usages des Trod à domicile - @ Rock Health
    Usages des tests rapides d’orientation diagnostique (Trod) à domicile – @ Rock Health

    📌 Les patients prêts à partager leurs données :

    90 % des répondants à l’enquête de Rock Health disent être prêts à partager leurs propres données de santé avec au moins une entité (un médecin, un membre de la famille, des sociétés pharmaceutiques…). Une tendance constante par rapport à 2022 (91 %) et à 2020 (90 %). Toutefois cette ouverture au partage des données concerne en moyenne 2,7 entités en 2023, contre 3,4 en 2020.

    Taux des personnes ouvertes au partage de leurs données de santé et entités concernées - @ Rock Health
    Taux des personnes ouvertes au partage de leurs données de santé et entités concernées – @ Rock Health

    📌 … Mais leur confiance dans les médecins en baisse

    La plus forte baisse d’une année sur l’autre de la proportion de répondants prêts à partager des données a été enregistrée avec un clinicien :  64 %  des personnes interrogées se disent prêtes à partager des données de santé avec un clinicien, contre 70 % en 2022. Chez les jeunes, seulement 42 % des répondants âgés de 18 à 24 ans ont indiqué qu’ils partageraient leurs données avec un clinicien, contre 89 % des répondants plus âgés (75 ans et +), soit une différence frappante de 47 %.

    Cette tendance souligne l’importance de traiter les questions que les patients peuvent se poser sur le partage de la donnée et d’investir dans la construction de la confiance. Parmi les inquiétudes évoquées des patients, celle de la sécurité des données est au premier plan. Rock Health conclut en soulignant qu’il est également important de montrer au patient que l’utilisation de ses données va lui servir directement dans son parcours et son expérience de soins.

    Taux des personnes prêtes à partager leurs données avec des cliniciens - @ Rock Health
    Taux des personnes prêtes à partager leurs données avec des cliniciens – @ Rock Health

     

  • Gouvernement : formation des médecins, transferts de compétences, permanence des soins… Les annonces de G. Attal

    Les 4 piliers de l’action gouvernementale en santé

    1️⃣ Premier pilier : la formation de plus de médecins

    En 2017, il y avait 8 150 places en 2e année de médecine à l’université. Gabriel Attal annonce les porter à 12 000 en 2025 et 16 000 en 2027. Il a ainsi déclaré : « Entre 2017 et 2023, nous formerons 50 % de médecins formés en plus. C’est historique. »

    Pour rappel :

    • à la rentrée 2017, on comptait 8 124 étudiants en deuxième année en France ;
    • en 2023, ils étaient 10 795 ;
    • par ailleurs, 2 700 praticiens à diplôme hors Union européenne (PADHUE) viendront exercer à l’hôpital en France dès ce printemps et seront affectés à leur poste dès ce mois d’avril.

    2️⃣ Deuxième pilier : la simplification pour libérer du temps médical dès à présent

    « Mon objectif est clair avec ces mesures d’urgence : reconquérir 15 à 20 millions de rendez-vous chez le médecin généraliste dès cette année, dès cet été », a annoncé le Premier ministre. Il a ajouté que, d’ici à juin, 16 procédures médicales du quotidien seront définitivement simplifiées, en donnant des compétences à plusieurs professions de santé, comme suit :

    • pharmaciens : chaque année, il y a 9 millions de consultations pour les angines et les cystites – à partir de juin, les pharmaciens pourront prescrire directement les antibiotiques du quotidien pour ce type d’infections bactériennes ;
    • opticiens : chaque année, il y a 17 millions de consultations chez l’ophtalmologue pour des ordonnances de lunettes – à partir de juin, l’opticien pourra adapter directement la correction s’il s’avère qu’elle ne convient pas à l’essai des lunettes ;
    • kinésithérapie : dès le mois de juin,  dans 13 départements (un par région métropolitaine) et en Outre-mer, les rendez-vous chez le kinésithérapeute sans passage préalable chez le médecin seront expérimentés ;
    • assistants médicaux : 10 000 assistants médicaux seront recrutés d’ici à la fin de l’année pour prendre en charge les formalités administratives des médecins et ainsi libérer leur temps, cela représente l’équivalent de 2,5 millions de rendez-vous médicaux libérés ;
    • médecins spécialistes : une expérimentation dans 13 départements (un par région) et en Outre-mer de l’accès direct aux médecins spécialistes sans passer par le médecin généraliste.

    3️⃣ Troisième pilier : la reconquête du 18h-minuit et des week-end

    « Environ 4 millions de Français vivent sans aucune solution de médecin de garde dans leur territoire, c’est une injustice majeure. Nous lançons dès aujourd’hui un plan d’urgence. »

    Ce plan d’urgence repose sur une aide financière ainsi que sur la responsabilité des médecins pour assurer les permanences de soins, partout sur le territoire : pour que chaque Français ait un médecin de garde à moins de 30 minutes de chez lui, le soir et les week-end. En outre, Il a été décidé un élargissement dès cet automne du système de gardes en ambulatoire à d’autres professionnels de santé : infirmiers, dentistes et sages-femmes.

    4️⃣ Quatrième pilier : la responsabilisation des patient

    « Chaque année, il y a entre 20 et 30 millions de rendez-vous perdus car non honorés, les “lapins”. Dès cette année, nous mettrons en place un mécanisme de responsabilisation avec une retenue de 5 euros qui ira directement au médecin si son patient ne se présente pas ou prévient moins de 24h avant. »

    Dès cette année, ce mécanisme de responsabilisation sera mis en place, par la loi, sur les plateformes de prise de rendez-vous en ligne. Concrètement, le patient donnera son empreinte bancaire, soit au professionnel soit à la plateforme de rendez-vous. S’il ne se présente pas à son rendez-vous, sans un délai de prévenance de 24h, le médecin pourra le débiter d’un montant de 5 euros en tant que pénalité pour le “lapin” qui lui a été posé.

    La santé mentale des jeunes comme grande cause

    Gabriel Attal a réaffirmé sa volonté de faire de la santé mentale des jeunes une priorité : « Je l’ai dit, je veux en faire la grande cause de l’action de mon Gouvernement. Je décrète l’état d’urgence sur la santé mentale en France. »

    Dans ce cadre, des mesures spécifiques ont été annoncées :

    • le dispositif MonSoutienPsy est simplifié dès le mois de juin ;
    • les patients pourront aller directement chez le psychologue sans passer par un professionnel de santé avant ;
    • la séance sera valorisée à 50 euros pour le psychologue (contre 30 euros actuellement) ;
    • jusqu’à 12 séances seront désormais remboursées par an (contre 8 aujourd’hui) ;
    • le gouvernement souhaite également “imposer” aux complémentaires de payer le reste à charge de ces séances de psychologues (ticket modérateur à hauteur de 30 % de l’acte), en plus de la participation de l’Assurance maladie.

     

    Premières réactions : les médecins libéraux en colère

    Jugées “divergentes”, les annonces du Premier ministre ont provoqué plusieurs réactions et communications. Ainsi pour Franck Devulder, président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), il s’agit d’un sabotage des négociations conventionnelles : “La destruction du parcours de soins et le transfert de compétences à d’autres professions de santé au mépris de la qualité et de la pertinence des soins des français, le Gouvernement fait le choix d’en finir avec le médecin traitant et avec toutes les autres spécialités médicales libérales.

    Sur les réseaux sociaux, des psychiatres crient à la fin de la psychiatrie tandis que des kinésithérapeutes se réjouissent de l’expérimentation annoncée.

     

  • SAS : 100 préconisations pour une généralisation à tout le territoire national (rapport de la MAG SAS)

    Des préconisations dans 6 domaines pour atteindre les objectifs de la mission

    Le rapport de la MAG SAS, qui date de décembre 2023, vient d’être rendu publique par le ministère de la Santé. Pour réussir la généralisation des services d’accès aux soins (SAS) à tout le territoire, ce rapport détaille 100 préconisations couvrant 6 domaines indispensables selon la mission : organisation, système d’information, gouvernance, financement, communication ains que formation, qualité et évaluation. Il est à rappeler que les objectifs de la MAG SAS consistent notamment à :

    • conduire un diagnostic des territoires et identifier les leviers à mobiliser en urgence afin d’accélérer le déploiement ;
    • aider au repérage et à la diffusion des bonnes pratiques des SAS ;
    • proposer des actions de nature à rendre cette organisation lisible pour les patients et à facilement accessible ;
    • établir un plan d’actions pour faciliter le recrutement des régulateurs (médecins, assistants de régulation médicale (ARM), opérateurs de soins non programmés (OSNP) et effecteurs) ;
    • formuler des propositions pour accélérer le déploiement de la plateforme numérique nationale ;
    • identifier les conditions de réussite de filières spécialisées (comme la psychiatrie, la gériatrie ou la pédiatrie) dans les SAS ;
    • et émettre des préconisations organisationnelles relatives aux modalités de réorientation des patients des services d’urgence en lien avec le SAS.

     

    Plusieurs freins conditionnent le succès d’une généralisation à court terme

    Dans son rapport, la mission identifie les principaux freins au déploiement des SAS au niveau national. Parmi lesquels :

    • l’absence préexistante de régulation libérale en journée et de coopération ville-hôpital constitue un point de fragilité au déploiement du SAS ;
    • le sous-effectif des ARM et leur contribution dans des postes opérateurs de soins non programmés à l’instar des postes de régulateurs libéraux assurés par des médecins de la filière d’aide médicale urgente (AMU) ;
    • la gouvernance hospitalo-centrée ou cloisonnée entre le Samu et la médecine de ville, sa forme juridique doit faire l’objet d’un consensus pour s’adapter à la taille du SAS ;
    • des facteurs environnementaux pouvant freiner la mise en place du SAS comme la fragilité de la permanence des soins ambulatoires (PDSA), le degré de maturité des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) ou l’hétérogénéité d’une démographie territoriale des professionnels de santé et de leur localisation ;
    • des contraintes architecturales (taille et vétusté des locaux) et d’autres liées aux systèmes d’information.

     

    46 recommandations prioritaires :

    La MAG SAS met en avant la nécessité d’une gestion efficace du SAS, en insistant sur l’importance de disposer de ressources adéquates telles que l’augmentation du nombre d’ARM et une réorganisation des systèmes d’information pour faciliter le décrochage automatique des appels. Elle souligne également l’importance de coordonner les activités du SAS avec les services de médecine de ville et d’urgence, ainsi que l’efficacité des filières spécialisées pour améliorer la qualité des réponses.

    La mission d’accompagnement appelle, par ailleurs, à adapter les organisations aux réalités locales plutôt que d’imposer un modèle national unique. Son enjeu principal reste de soutenir les territoires les plus en difficulté dans les mois à venir.

    Pour lever les freins identifiés et réussir le déploiement généralisé des SAS, la mission a fait le choix d’adopter une approche “pratico-pratique”. Elle décline ainsi ses 100 préconisations dans les 6 domaines sus-cités en les priorisant comme suit :

    • 46 préconisations sont identifiés comme “prioritaires” ;
    • et 12 comme “secondaires” ;

     

    Des préconisations à l’horizon 2025 :

    D’autre part, pour 9 préconisations, la MAG SAS recommande une mise en œuvre à l’horizon 2025. Il s’agit :

    • de soutenir l’évolution de la territorialité opérationnelle et engager les travaux pilotes ;
    • d’assurer une supervision de l’orientation réalisée par les OSNP ;
    • selon les organisations locales, d’envisager la possibilité de pouvoir conventionner la régulation des SNP entre le SAS et les CPTS ;
    • de faire auditer par les établissements siège de SAMU en lien avec les ARS les procédures technico-fonctionnelles d’engagement opérationnel des SMUR et de demande de concours des moyens SDIS et des transports sanitaires urgents ;
    • d’inscrire dans la formation initiale des internes de médecine générale la participation à des stages en régulation ;
    • en situation de régulation médicale délocalisée, de définir un temps socle minimum de pratique colocalisée de la régulation médicale ;
    • de respecter l’unicité du logiciel de régulation médicale (LRM) ;
    • de faire porter chaque versant libéral de SAS départemental par une entité juridique unique, dédiée et représentative des acteurs territoriaux ;
    • et, enfin, de définir une rémunération plafonnée du ou des dirigeants des entités juridiques libérales.

     

    9 préconisations pour le système d’information

    Le système d’information pouvant constituer “un frein majeur au déploiement du SAS”, la mission émet 9 préconisations dont plus de la moitié sont présentées comme prioritaires, le concernant. Elle recommande ainsi :

    1. de garantir les conditions techniques d’accès au SAS en mode nominal et en cas d’incident afin d’assurer la continuité de service ;
    2. d’engager les SAS à disposer d’un plan de continuité et de reprise d’activité et promouvoir la stratégie d’entraide opérationnelle ;
    3. d’implémenter la distribution et le décroché automatique des appels ;
    4. d’assurer une interopérabilité effective entre les CTA – CODIS et SAS/SAMU ;
    5. de respecter l’unicité du logiciel de régulation médicale (LRM) ;
    6. de déployer obligatoirement la plateforme numérique nationale dans l’ensemble des SAS ;
    7. au niveau des ARS, de s’appuyer sur les Grades et de les missionner pour l’accompagnement au déploiement de la plateforme nationale ;
    8. de repérer des “référents territoriaux” pour améliorer l’accompagnement local des acteurs à l’utilisation de la plateforme, “qu’ils soient côté effection ou régulation” ;
    9. ainsi que d’envisager une ouverture rapide de la plateforme numérique SAS aux infirmiers libéraux, aux pharmaciens et aux masseurs kinésithérapeutes.

     

    Un décret à paraître d’ici le mois prochain

    Le premier ministre, Gabriel Attal, a annoncé ce mercredi 3 avril à l’Assemblée nationale qu’un décret sera bientôt publié pour étendre le SAS à l’ensemble du pays, avec pour objectif d’être disponible partout d’ici l’été. Il a également souligné sa disposition à rétablir des obligations de garde dans les territoires où la mise en place du SAS s’avère impossible.

    En réponse à une question sur la reconnaissance des plateformes locales équivalentes au SAS, le Premier ministre a indiqué que des efforts étaient en cours pour les intégrer dans le système officiel.

     

    👉 Les détails des 100 préconisations sont à retrouver dans le rapport en suivant ce lien.

     

  • Comment le groupe Elsan allie le meilleur de l’humain et du digital au service du soin (Live Innolab)

    Trouver la meilleur voie de passage à l’échelle des solutions numériques déployées avec succès dans certains établissements du groupe : tel est l’objectif de la plateforme Innolab d’Elsan, dédiée à l’innovation. Un “living lab” qui, depuis 2019, aide le groupe à identifier les meilleures solutions qui répondent à ses besoins et de les tester sur le terrain, dans le cadre d’expérimentations menées avec les professionnels de santé. Partenaire de l’édition 2024 du Live Innolab, Health & Tech Intelligence revient sur les principaux enseignements de ces expérimentations réalisées.

    Répondre aux besoins des établissements du groupe

    Croiser les enjeux des patients et des professionnels de santé :

    Le Dr. Myriam Combes, directrice de la stratégie et des relations médicales chez Elsan, souligne l’existence d’un “déséquilibre entre les attentes des patients et notre capacité à y répondre”. D’où la nécessité de “combiner les expériences du patient et du professionnel de santé qui souhaite  avoir une bonne qualité de vie”. Cela s’illustre par deux enjeux majeurs :

    • un besoin de personnalisation de la prise en charge des patients ;
    • et une absolue nécessité de qualité qui ne surcharge pas les professionnels de santé.

     

    Dans ce sens, le digital permet, selon le Dr Combes, de “faire vivre ces deux expériences au sein des établissements d’Elsan.

    Le paradoxe du digital en santé :

    De son côté, Thomas Daubigny, directeur digital d’Elsan, constate un “paradoxe du digital en santé” : d’un côté, des grands besoins réels à différents niveaux du système de santé, et de l’autre, un retard de la santé en termes d’adoption de solutions numériques par rapport aux autres secteurs économiques. Il identifie ainsi 3 défis à relever :

    • la faible tolérance à l’erreur : la santé étant un domaine sensible, les solutions numériques qui y sont déployées doivent avoir un impact concret dès le début ;
    • la complexité : notamment des protocoles adoptés dans le soin et des parcours existants ;
    • ainsi que l’hétérogénéité : au niveau des systèmes d’information plus particulièrement.

     

    En réponse à ces défis, Thomas Daubigny insiste sur l’importance d’être “au plus proche des irritants” :

    • des patients, en leur apportant de la valeur pragmatique, à travers des entretiens autour des solutions à développer ;
    • et des établissements, en harmonisant les flux des dossiers patient informatisés (DPI), cette “couche transverse sur tous les établissements”, pour arriver à déployer très vite les solutions des startups partenaires dans l’ensemble des structures du groupe.

     

    Des expérimentations concluantes et des retours d’expérience positifs

    Un patient en maîtrise de sa situation :

    Parmi les projets déployés dans les établissements d’Elsan et présentés lors du Live Innolab de cette année (pour plus de détails, voir cet article H&TI), le parcours patient unifié “Elsan Care” propose différents services d’accompagnement du patient tout au long de son hospitalisation. A l’origine de ce projet, un besoin de centralisation des applicatifs patients, constaté par les salariés et professionnels de santé du groupe.

    La pluralité de ces outils peut, en effet, construire un obstacle à la fluidité des parcours numérique du patient et de son suivi. Ainsi, le principal objectif d’Elsan Care est de “développer le lien avec les patients, et le digital y joue un rôle important”. Il s’agit d’une approche centrée sur le patient, “en fonction des parcours, coconstruite avec les équipes du groupe venant de différents établissements”. Les professionnels de santé du groupe rapportent apprécier la simplicité de la plateforme et ses avantages :

    • sur le plan administratif : dans les établissements Elsan des Hauts-de-France, par exemple, “les salles d’attente sont peu bondées, les hôtesses d’accueil se sentent plus à l’aise et le travail est plus fluide” ;
    • et sur le plan de la prise en charge : les parcours sont plus personnalisés à chaque patient, avec des consignes et des explications plus pertinentes.

     

    Accélérer le virage ambulatoire :

    Dans son expérimentation de nouvelles approches combinant le numérique et le physique, le groupe Elsan cultive l’ambition de renforcer la prise en charge en ambulatoire de ses patients. Ceci en allant vers des solutions qui permettent de suivre ces derniers à domicile après leur sortie et de maintenir le contact avec eux, notamment dans le cadre d’une chimiothérapie. Le choix d’Elsan s’est porté sur la solution de Resilience, solution remboursée sous nom de marque, pour une télésurveillance des patients sous chimiothérapie qui ont des besoins médicaux spécifiques, notamment :

    • la gestion des effets secondaires ;
    • la planification et le rappel des séances de chimiothérapies ;
    • et l’atténuation des répercussions des traitements sur leur quotidien et leur vision d’avenir…

     

    La télésurveillance permet de dépister les effets secondaires à travers des questionnaires. Et, pour y répondre, les équipes d’Elsan effectuent des appels téléphoniques ou organisent des consultations anticipées. Cette stratégie, qui implique une approche pluridisciplinaire (les professionnels paramédicaux y jouent un rôle important), a un impact organisationnel qui a nécessité une adaptation au sein du groupe  :

    • des arbres décisionnels ont été créés pour la gestion des alertes (effets secondaires) ;
    • l’alerte est traitée selon le dossier du patient ;
    • un appel est le plus souvent nécessaire pour étayer l’alerte ;
    • enfin, les arbres décisionnels sont utilisés pour adapter la prise en charge du patient au cas par cas.

     

    Une transition numérique dans la HAD :

    En réponse à des besoins médicaux complexes de l’hospitalisation à domicile (HAD), en particulier dans les zones rurales, Elsan s’est lance dans la digitalisation de ses services, en partenariat avec Equasens, avec des outils tels que Domilink et PandaLab Pro.

    Les retours du terrain venant des établissements où ces solutions ont été déployées sont très positifs :

    • une forte utilisation quotidienne, avec en moyenne 3 000 utilisateurs par jour et 80 000 messages envoyés chaque mois ;
    • une amélioration notable de la communication et de la coordination entre les professionnels de santé ;
    • une augmentation de l’efficacité et de la rapidité des interventions ;
    • en moins d’un an, “la file active des patients a doublé”, témoignant d’un gain d’efficacité et de rapidité.

     

    Pour l’avenir, le groupe envisage de mettre l’accent sur le développement de nouvelles solutions technologiques qui aideront à accompagner les patients dans les aspects sociaux et d’isolement lors du retour à domicile.

    Une baisse de 10 % de la consommation d’électricité grâce au digital

    Le suivi énergétique est un sujet nouveau pour les établissements, avec des enjeux majeurs tels que:

    • la réduction de l’empreinte carbone ;
    • la conformité aux réglementations telles que le décret tertiaire visant à réduire la consommation énergétique de 40 % d’ici 2030 ;
    • la réduction des coûts de l’énergie ;
    • l’amélioration du confort des patients…

     

    Selon Cyrille Lemoine, DG Eveler, pour relever ces défis, une meilleure maîtrise du digital est nécessaire, avec la mise en place de l’Internet des objets (IoT) pour surveiller et réguler la consommation. Cependant, l’aspect humain reste essentiel pour accompagner cette transition numérique.

    Premiers résultats :

    Les résultats concrets enregistrés par Elsan depuis le déploiement de l’outil d’Eveler, montrent des diminutions significatives de la consommation énergétique :

    • une réduction de 13 % de la consommation d’électricité et de gaz ;
    • 7 % d’économie d’eau dans un établissement sur une année ;
    • à l’échelle du groupe, une baisse de 10 % de la consommation d’électricité, avec une réduction de 13 % au cours des deux premiers mois de l’année 2024.

     

    Etendre les usages du numérique et industrialiser les démarches réussies

    Pour la direction d’Elsan, ses équipes et ses partenaires, digitalisation ne signifie pas déshumanisation. L’humain reste “au cœur du processus, avec l’outil numérique venant en soutien”. Qui plus est, la direction du groupe constate que “les soignants ne sont pas résistants au changement, mais seulement au mauvais changement”. Avec ces premiers résultats positifs obtenus par les innovations mises en place et la satisfaction de leurs utilisateurs, la suite pour Elsan est de prolonger l’expérience et de la développer dans ses autres établissements. Son objectif est maintenant clair : industrialiser cette démarche et l’étendre à d’autres volets de l’administration ou de la prise en charge des patients.

    Une mise à l’échelle en 3 étapes :

    • une étape de préparation à l’industrialisation : une proximité du terrain qui commence dès l’analyse des solutions repérées pour pouvoir les tester grandeur nature, en définissant les organisations “qui peuvent déployer et bénéficier le mieux de la valeur ajoutée de la solution” ;
    • une étape de construction des partenariats dans la durée : avec les éditeurs des solutions les plus pertinentes ;
    • et une étape de mise à l’échelle : une collaboration avec toutes les parties prenantes de l’écosystème nécessaire pour réussir la mise à l’échelle sur différents sujets importants, comme celui du parcours de soins.

     

    L’importance de l’innovation partenariale :

    “L’innovation est une invention qui rencontre ses usages, son marché”, souligne Dorothée Moisy-Gouarin, directrice Innovation chez Elsan. Avec son équipe, elle a pour mission d’”identifier les cas d’usage qui vont avoir de l’impact” parce que “le digital est une valeur ajoutée à toutes les pratiques au sein du groupe”. Selon elle, le prisme d’Elsan au sujet de l’innovation se décline en 2 grands principes : l’importance de l’innovation partenariale et le choix d’une innovation à impact réel, “pas seulement marketing”, conclut-elle.

     

  • Etude : quel apport des « serious games » dans la gestion des troubles neurodéveloppementaux ?

    Enjeux et défis des troubles neurodéveloppementaux

    Les enfants et adolescents atteints de troubles neurodéveloppementaux présentent souvent des déficits dans les compétences adaptatives, cognitives et motrices, ainsi que des défis comportementaux. Ces troubles se manifestent de différentes manières, notamment par des difficultés d’attention, d’anxiété, de régulation du stress et d’interactions sociales, affectant significativement leur qualité de vie globale.

    Dans la nouvelle ère des interventions numériques en santé, les serious games (jeux sérieux) émergent comme des outils prometteurs pour la gestion des troubles neurodéveloppementaux. Ces troubles, qui touchent les compétences émotionnelles, sociales et cognitives, nécessitent des approches thérapeutiques novatrices. Contrairement aux jeux de divertissement traditionnels, les serious games sont spécialement conçus dans un but thérapeutique, offrant ainsi une solution non pharmacologique pour les troubles du comportement chez les enfants. Leur développement pour des interventions thérapeutiques numériques exige une approche multimodale, et il est impératif de mener des essais contrôlés randomisés afin de valider leur efficacité dans la gestion du neurocomportement.

    Les serious games comme outils thérapeutiques

    Les “jeux vidéo sérieux” représentent une approche novatrice pour les interventions thérapeutiques, conçus spécifiquement pour aborder les perturbations neurocomportementales et cognitives chez les enfants atteints de troubles neurodéveloppementaux.

    Contrairement aux jeux vidéo traditionnels destinés uniquement au divertissement, les serious games sont conçus dans un but thérapeutique, offrant une voie unique pour une intervention non pharmacologique.

    Examen des preuves et des essais cliniques

    Cette revue narrative explore le corpus croissant de littérature entourant l’efficacité des serious games dans la gestion des troubles neurodéveloppementaux. Elle offre un aperçu complet des recherches existantes, discutant des actions et des effets des serious games dans le traitement des altérations neurocomportementales associées à des troubles spécifiques. De plus, elle examine les résultats des essais cliniques utilisant les serious games comme thérapies numériques, soulignant la nécessité d’essais randomisés contrôlés rigoureux pour valider leur efficacité.

    Implications pour la pratique clinique et la recherche

    Cette revue narrative vise à informer, de manière critique, sur les tendances actuelles concernant les jeux vidéo en tant que nouvelles options thérapeutiques numériques pour les troubles neurodéveloppementaux. Elle peut aider les cliniciens, les thérapeutes, les aidants et les chercheurs à planifier leurs stratégies dans la prise en charge et l’étude des enfants atteints de ces troubles. En conclusion, nos remarques et indications sont résumées pour orienter la pratique clinique et suggérer des pistes pour la recherche future.

     

    * Serious Games in the new era of digital-health interventions: A narrative review of their therapeutic applications to manage neurobehavior in neurodevelopmental disorders

    R. A. Vacca, A. Augello, L. Gallo et al

    Neuroscience & Biobehavioral Reviews, Volume 149, 2023, 105156,

  • Numérique et handicap : état des lieux, mesures réglementaires et panoramas des solutions

    Selon la définition retenue par la loi n°2005-102 du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, “constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant”.

    En France, les personnes de plus de 15 ans qui déclarent avoir au moins une limitation sévère dans une fonction physique, sensorielle ou cognitive sont au nombre de 6,8 millions, ce qui représente 13 % des Français de cette tranche d’âge (chiffres de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees)).

    Après avoir publié un indicateur sur les applications et solutions numériques au service des personnes en situation de handicap en 2022, Health & Tech Intelligence a décidé de fournir pour l’année 2024 un travail plus abouti en venant faire un état des lieux sur le handicap en France. Il sera l’occasion de relever les chiffres clés sur les personnes en situation de handicap, les évolutions de leur écosystème et de présenter un panorama du marché du numérique à leur service. 

    Cet observatoire est donc divisé en 4 parties :

    Chiffres clés du handicap en France (patients, médecins, aidants) :

    Comment vivent les personnes en situation de handicap en France ? Comment sont-elles accompagnées ? Qui les prend en charge ? Entre 2,6 et 8 millions de Français déclarent avoir au moins une limitation sévère dans une fonction ou être fortement restreintes dans des activités habituelles…

    👉 H&TI dresse un état des lieux des personnes en situation de handicap (physique, sensoriel ou cognitif), des médecins qui les prennent en charge et de leurs aidants, dans un article à retrouver ici.

    Evolution des mesures réglementaires liées au handicap en France :

    Favoriser l’accès à l’emploi, proposer un annuaire médical pour accéder aux soins plus facilement, étendre Mon espace santé aux établissements médicosociaux…

    👉 H&TI fait le point sur les récentes évolutions réglementaires autour du handicap, à retrouver ici.

    IA et Handicap : point sur les 3 lauréats de l’AAP du Fonds Handicap et Société

    Un miroir connecté permettant aux personnes atteintes de troubles cognitifs de gérer tous les besoins rencontrés dans les habitats (Familles solidaires), des neuroprothèses pour restaurer l’autonomie de patients (CNRS) et un robot qui détecte les signes avant-coureurs de la dépression (CentraleSupélec)… Où en sont les 3 lauréats de l’appel à projet (AAP) du Fonds Handicap et Société ?

    👉 H&TI répond à cette question et présente les 3 projets en question dans cet article.

    Place des “serious games” dans la gestion des troubles neurodéveloppementaux (étude)

    Améliorer les compétences émotionnelles, sociales et cognitives chez les enfants, c’est l’un des objectifs potentiellement atteignables par les “serious games” dans les troubles neurodéveloppementaux. Selon une étude* italienne publiée en 2023, leur développement requiert une approche multimodale et l’importance des essais contrôlés randomisés pour valider leur efficacité est soulignée.

    👉 Dans cet article, H&TI revient sur une revue systématique, publiée en juin 2023 dans le journal Neuroscience & Biobehavioral Reviews, qui explore le corpus croissant de littérature sur l’efficacité des serious games dans la gestion des troubles neurodéveloppementaux.

    3 panoramas des solutions numériques :

    1) Panorama des applications et dispositifs numériques pour les handicaps cognitifs et moteurs :

    Avec environ 15 % de la population mondiale vivant avec un handicap et 4 % des jeunes affectés par un handicap cognitif avant l’âge de 25 ans, les avancées technologiques, et notamment le numérique, offre des perspectives prometteuses. Face au défi majeur de l’accessibilité, plusieurs solutions adaptées sont proposées aux personnes à mobilité réduite (PMR) ou souffrant d’un handicap cognitif.

    👉 Un panorama des solutions disponibles pour les personnes souffrant de handicaps cognitifs et moteurs est à consulter ici.

    2) Panorama des solutions numériques au service des personnes souffrant d’un handicap auditif :

    5 182 000 personnes vivent avec un handicap auditif, dont 303 000 sont confrontées à une déficience auditive profonde ou totale, en France métropolitaine. Une réalité complexe qui révèle des tendances inquiétantes, notamment une augmentation significative des déficiences auditives après la quarantaine, touchant particulièrement les hommes et les individus défavorisés.

    👉 Un panorama des solutions innovantes qui leur sont destinées est à retrouver ici.

    3) Panorama des solutions numériques au service des personnes souffrant d’un handicap visuel :

    Face à plus de 253 millions de personnes touchées à travers le monde par la déficience visuelle, les avancées technologiques pour ces individus, soutenues par des acteurs majeurs tels que Microsoft et Apple, ainsi que par des start-ups innovantes comme Orcam, offrent des solutions pratiques et prometteuses.

    👉 Un panorama des solutions innovantes pour les personnes atteintes de handicap visuel est disponible sur ce lien.

     

  • ESMS : 56 établissements participent à l’expérimentation de Mon espace santé

    L’extension de Mon espace santé dans le médicosocial

    Dans le cadre du Ségur numérique et de la généralisation du programme “ESMS numérique”, l’Agence du numérique en santé (ANS), la Délégation au numérique en santé (DNS), l’Assurance maladie et la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) lancent une phase d’expérimentation en implantant Mon espace santé dans les établissements et services médico-sociaux (ESMS).

    Des usages à développer et des parcours à prioriser :

    Une instruction interministérielle du 17 juillet 2023 expose que l’objectif est « d’accélérer le déploiement de Mon espace santé dans le secteur médicosocial en développant des usages concrets et en priorisant les parcours à mettre en place ». Elle précise pour les agences régionales de santé (ARS) les conditions d’éligibilité des pilotes et de mise en œuvre de l’expérimentation. Celle-ci concerne tous types d’ESMS «  quels que soient leur taille, leur statut juridique et leur type d’activité » étant « en capacité opérationnelle d’alimenter Mon espace santé ». Les structures concernées doivent être :

    • « en cours d’installation d’une solution dossier usager informatisé référencée Ségur » ;
    • ou disposer « d’une solution logicielle en capacité d’échanger avec les services socles de Mon espace santé et répondant aux exigences nationales d’interopérabilité et de sécurité ».

     

    Un intérêt majeur pour le secteur

    Les structures médicosociales, ayant en charge des personnes âgées et en situation de handicap, en établissement ou à domicile, font souvent face à des parcours de soins complexes. L’outil numérique est particulièrement adapté pour faciliter la nécessaire coordination des soins entre les différents intervenants.

    Mon espace santé, en centralisant tout ce qui a trait à la santé d’une personne, lui rend accessible toutes les informations le concernant dans son dossier médical partagé (DMP). Il le rend davantage acteur de sa santé et simplifie son accompagnement par les aidants. Quant aux professionnels, ils peuvent alimenter et consulter le DMP de leurs patients et échanger avec les usagers grâce à la messagerie Mon espace santé. Ces échanges d’informations facilités optimisent le parcours de santé, évitent des examens redondants et libèrent du temps au profit des patients.

    56 établissements sélectionnés et accompagnés

    A la suite de l’appel à projet national du 1er septembre 2023, 56 établissements ont été sélectionnés pour participer à l’expérimentation. Celle-ci répond à plusieurs objectifs :

    • identifier les parcours permettant de déployer des cas d’usages autour de Mon espace santé ;
    • identifier les moyens et outils à mettre en place pour informer, sensibiliser les usagers ou leurs aidants et les professionnels à l’utilisation de la solution ;
    • et aussi contribuer à une réflexion autour de la délégation des aidants.

     

    Une enveloppe FMIS de 21 000 € pour chaque ESMS :

    Une convention sera signée entre l’ARS et chaque ESMS pilote. Elle prévoira les conditions de mise en œuvre de l’expérimentation et son financement. Chaque pilote recevra une somme forfaitaire de 21 000 euros, selon les règles du FMIS.

    La période effective d’expérimentation a commencé le 15 février 2024 et s’étendra jusqu’au 15 octobre de cette année. Avant le bilan de fin d’expérimentation, fixé au 15 novembre, un point d’étape sera proposé le 15 juin.

     

    Cartographie des 56 pilotes de l'expérimentation MES dans le médicosocial - @ANS
    Cartographie des 56 pilotes de l’expérimentation MES dans le médicosocial – @ANS

     

  • La filière Silver économie se dote d’un conseil exécutif

    Un outil de gouvernance de la filière

    Cette nouvelle instance constituera l’outil de gouvernance de la filière, appelée à définir ses orientations, priorités et axes de travail. Elle se réunira trimestriellement, sans remettre en cause le conseil national de la Silver économie, instance de dialogue entre les acteurs, qui continuera de se réunir régulièrement, la prochaine fois étant le 4 avril 2024.

    Un conseil regroupant 9 collèges représentatifs :

    La composition de ce conseil repose sur plusieurs collèges, représentant :

    • les acteurs institutionnels (administration centrale, élus locaux, parlementaires) ;
    • les fédérations ;
    • les associations d’élus et des collectivités territoriales ;
    • des représentants des personnes âgées et des aidants ;
    • des gérontopôles ;
    • des représentants du corps médical ;
    • des gérontologues ;
    • les entreprises innovantes du secteur (grandes entreprises, start-up) ;
    • et des personnes qualifiées.

     

    Une nouvelle convention avec l’ANCT

    A l’occasion de la première réunion du Conseil exécutif, a été notamment annoncée l’élaboration d’un nouveau contrat de filière avec l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT) qui pourra être adopté à la prochaine réunion.

    Cette future convention vise une meilleure coordination des acteurs territoriaux et des pouvoirs publics, en vue d’une meilleure adaptation au vieillissement de l’ensemble des territoires, en assurant la promotion des bonnes pratiques, des nouvelles technologies et de l’innovation en général.

  • 4 projets innovants (soins, énergie…) partagés par les établissements du groupe Elsan

    De l’expérimentation à la mise à l’échelle

    Ces dernières années, le groupe d’hospitalisation privée, Elsan, accélère son engagement en faveur de l’innovation en santé. Grâce à sa plateforme dédiée, Innolab, des professionnels de santé, des experts en technologie et des partenaires de l’industrie se réunissent pour développer et tester des solutions novatrices. Ce “living lab” vise ainsi à exploiter le potentiel de la technologie et de l’innovation en permettant la transformation d’idées en projets concrets, avec pour objectif ultime d’améliorer la qualité des soins et l’expérience des patients. “Depuis 2019, avec notre Living Lab, nous identifions des meilleures solutions et nous les expérimentons avec les professionnels de santé sur le terrain”, explique Dorothée Moisy-Gouarin, direction Innovation chez Elsan, dans une déclaration exclusive à H&TI.

    Lors de la 6e édition du Live d’Innolab, qui aura lieu le 25 mars 2024 à 18h, et qui portera sur des cas concrets “alliant le meilleur de l’humain et du digital au service du soin”, 4 programmes innovants seront présentés avec des retours d’expérience des établissements du groupe et de ses partenaires. Pour Dorothée Moisy-Gouarin, la force d’un groupe et l’avantage d’une proximité terrain, “c’est de trouver la voie du passage à l’échelle, la solution pour déployer dans tous les établissements. Nous sommes ravis de partager ces 4 retours d’expérience avec l’écosystème.”

     

    👉 Pour assister au Live d’Innolab en distanciel, l’inscription est possible sur ce lien.

     

    4 projets seront présentés au Live d’Innolab

    1️⃣ Des services digitaux intégrés pour guider et accompagner le patient tout au long de son hospitalisation :

    Le parcours patient unifié « Elsan Care », développé par Elsan, vise à proposer une interface utilisateur unique, tout en capitalisant sur les partenaires, solutions et organisations déjà en place. La démultiplication des solutions numériques expertes répondant à de véritables besoins utilisateurs (patients comme professionnels) entraine parfois une expérience patient fragmentée. C’est dans ce contexte que le groupe d’hospitalisation privée a co-construit “Mon espace Elsan Care” avec des partenaires, des professionnels de santé et des patients. Il permet notamment à ces derniers préparer leur hospitalisation et de rester en contact avec l’équipe pendant toute leur prise en charge.

    Aujourd’hui déployé dans 2 établissements, les retours des patients mettent en avant “une expérience plus fluide, claire et accessible“. De leur côté, les professionnels de santé “apprécient la simplicité de l’organisation mise en place et anticipent un meilleur service personnalisé pour les patients“. Selon la directrice Innovation d’Elsan, ce portail patient est “en cours de déploiement dans plusieurs établissements.” Il devrait permettre à terme au groupe d’acquérir de l’autonomie dans l’ajout de services digitalisés qui apportent “une valeur à l’expérience patient”.

     

    2️⃣ Des parcours de soins « phygitaux » pour améliorer la qualité des soins :

    Avec une prise en charge médicale de plus en plus ambulatoire (près de 70 % de l’activité du groupe Elsan) et tournée vers le domicile, “les équipes médicales ont besoin de maintenir le contact avec le patient, besoin exacerbé dans le cadre de traitements aux effets secondaires tels que la chimiothérapie”. Dans ce cadre, Elsan, deuxième acteur de soins en cancérologie en France, a expérimenté au sein du Centre de cancérologie des Dentellières une prise en charge innovante : la télésurveillance lors d’un traitement en chimiothérapie.

    Outre l’outil qui permet de connecter le patient à son équipe médicale en remontant les alertes pertinentes pour sa prise en charge, 2 éléments se révèlent être cruciaux dans le déploiement de cette nouvelle activité :

    • l’approche pluridisciplinaire de l’organisation mise en place avec les oncologues pour renforcer le parcours du patient par ;
    • et le rôle des paramédicaux dans le tri et la qualification des alertes ainsi que dans l’accompagnement et l’écoute des patients.

     

    3️⃣ Le digital indispensable à la coordination des professionnels de santé de l’HAD :

    Pour apporter des solutions pertinentes aux besoins médicaux complexes de l’hospitalisation à domicile (HAD) (notamment en raison de la mobilité en zones rurales et de la diversité des intervenants), Elsan s’est engagé dans une transition vers le tout numérique pour ses HAD. En plus de soutenir sa croissance rapide, son objectif est de garantir sécurité, qualité et réactivité.

    Cela s’illustre avec son choix d’Equasens comme partenaire. Pensées pour la mobilité, deux solutions de cette entreprise ont été déployées “avec succès, améliorant la communication et la qualité des soins dans toutes les HAD d’Elsan” :

    • Domilink, le dossier patient HAD et son application mobisoins ;
    • et PandaLab Pro, outil de coordination incluant une messagerie instantanée et une visioconférence sécurisée.

     

    La polyvalence des outils choisis qui s’adaptent aux organisations et usages des professionnels de santé, ainsi que leur interopérabilité sont “une clef du succès du passage à l’échelle des usages de ces solutions” : aujourd’hui la messagerie instantanée Pandalab est déployée dans 100 % des 18 HAD d’Elsan et plus largement dans 68 établissements du groupe – plus de 3 000 utilisateurs s’y échangent en moyenne 80 000 messages par mois.

     

    4️⃣ S’appuyer sur le digital pour répondre aux enjeux environnementaux de l’hôpital :

    Afin de réduire leur empreinte carbone, Elsan a déployé, grâce à un partenariat avec Eveler, une solution digitale permettant à ses établissements d’avoir “une vue globale de leurs consommations (électricité, gaz, eau) et de les piloter“.

    Portés par les enjeux sociétaux forts, des contraintes réglementaires et des coûts qui n’ont cessé d’augmenter ces dernières années, les organisations de santé sont désormais obligées de travailler sur la diminution de leur consommation énergétique. Dorothée Moisy-Gouarin souligne que l’outil digital n’est qu’un support pour les équipes techniques : “ce sont bien des hommes qui permettent au quotidien ces économies de consommation.” Cela passe en effet par :

    • un plan de sobriété ;
    • des investissements travaux ;
    • une gestion technique ;
    • et une conduite du changement des comportements des usagers et patients.

     

    A l’échelle du groupe, l’ensemble de ces actions a permis des résultats concrets : -10% des réductions de consommations de l’électricité. Elsan voit l’outil Eveler comme “une opportunité de professionnaliser cette nouvelle activité du métier de la gestion technique des bâtiments en vulgarisant et rendant accessible à tous une mesure objective des plans d’actions mis en œuvre.” A terme, il devrait permettre d’instaurer “une veille en routine des dérives techniques ou comportementales.“

    Grâce à ce pilotage, les prochaines étapes du plan de sobriété d’Elsan consistent en :

    • la poursuite des programmes de travaux, d’amélioration dans la gestion technique des bâtiments ;
    • davantage d’initiatives de sensibilisation ;
    • et la recherche de solutions innovantes pour maintenir le confort et l’hygiène des patients, tout en réduisant la consommation énergétique.

     

  • Bilan Himss24 : l’IA et les soins virtuels en progression, les ROI et metrics en question

    Le déploiement de l’IA générative en santé prend de l’ampleur

    Himss24 a fermé ses portes vendredi 15 mars. L’intelligence artificielle (IA) a dominé les stands et les échanges et plus particulièrement l’IA générative. Presque tous les fournisseurs ont des solutions basées sur l’IA, en particulier dans le champ clinique, visant à réduire la charge de travail des équipes soignantes et à augmenter la capacité de prise en charge de patients.

    Il est impossible de nier la domination de l’IA et de l’IA générative, et la rapidité avec laquelle le développement et l’adoption de ces technologies se sont accélérés depuis l’édition précédente de Himss. Les débats sont passés de questionnements existentiels sur l’IA générative en 2023 à des échanges axés sur la façon d’opérationnaliser et de mettre à l’échelle ces technologies afin de contrôler les risques et d’offrir une réelle valeur ajoutée.

    Si les premiers cas d’usage de l’IA générative sont davantage axés sur la réduction des charges administratives (comme la documentation clinique), l’optimisme est également de mise quant à son potentiel d’améliorer la prise de décision clinique et les soins aux patients.

     

    Une avancée pour l’Hôpital virtuel

    Les technologies de soins virtuels visant à fournir des soins de haute criticité, telles que l’hôpital virtuel ou l’hôpital à domicile, étaient également très présentes lors de la conférence. L’un des cas d’utilisation qui gagne le plus de terrain est celui des soins infirmiers virtuels pour les patients hospitalisés, où des infirmières à distance soutiennent l’équipe de soins au chevet du patient.

    Les résultats de certains de ces programmes semblent performants : réduction significative des taux de rotation du personnel infirmier, amélioration des résultats pour les patients (notamment réduction des événements indésirables et de la mortalité) et amélioration de la satisfaction des patients.

     

    Privilégier les enjeux et la collaboration, pas la technologie

    La prolifération des nouvelles solutions qui arrivent sur le marché doit servir les problèmes organisationnels à résoudre ou les résultats à obtenir. L’épuisement des cliniciens est un problème évident et, de plus en plus, la technologie sera un facteur de différenciation pour le recrutement et la fidélisation des cliniciens.  Pour autant, les technologies sont encore peu matures et les ressources financières et humaines pour les mettre en place sont à évaluer avant de se lancer.

    Les organisations qui ont réussi à mettre en œuvre ces technologies émergentes adoptent une approche très mettre en œuvre de nouvelles solutions, en s’appuyant fortement sur l’expérience terrain médical et infirmier, en incluant DSI et direction de l’innovation. Ce changement de culture professionnelle, alliée à celle d’une méthode de gestion projet structurée sur des tests et des résultats courts sont garants des réussites des déploiements.

     

    Trouver les mesures de ROI pour financer la transformation

    Le financement de la santé numérique qui a afflué lors de la crise COVID-19 à l’échelle internationale s’est ralenti partout.

    Pour obtenir l’adhésion des dirigeants à des projets d’investissements dans les technologies, les directeurs financiers doivent pouvoir mesurer les apports des solutions numériques aux organisations des soins et aux attentes des patients.

    Cela passe par l’identification des priorités du système de santé et la construction d’une feuille de route pour y répondre. Le frein numéro un est la frustration des patients en ce qui concerne la programmation de leur prise en charge et de leur parcours de soins. Tout cela avec un parcours digital fluide, donc une interopérabilité et une intégration des solutions pour réduire les temps d’attente, la mise en attente téléphonique et l’absence de capacités de programmation des prises en charge.

    Pour les organisations hospitalières, les métriques identifiées sont :

    • la fidélisation des professionnels de santé à la fois et leur confort de travail ;
    • l’optimisation des capacités et de l’activité ;
    • ainsi que la réduction des coûts inutiles et des risques.