En septembre 2024, l’Institut National du Cancer (INCa) a publié le « Panorama des cancers en France ». Ce rapport compilant les données les plus récentes sur le cancer a été réalisé en collaboration avec l’Agence technique de l’information sur l’hospitalisation, les Hospices civils de Lyon, la Caisse nationale d’assurance maladie, le Réseau français des registres du cancer Francim, Santé publique France et les Centres régionaux de coordination des dépistages des cancers.
433 136 nouveaux cas de cancer estimés en 2023
Le rapport de l’INCa révèle qu’en 2023 il y a eu 433 136 nouveaux cas de cancers diagnostiqués en France. Ce chiffre marque un doublement par rapport à 1990 où 216 130 cas étaient enregistrés. Cette hausse s’explique principalement par l’évolution démographique : le vieillissement de la population représente 48 % des cas supplémentaires chez les hommes et 27 % chez les femmes.
Le cancer demeure la première cause de décès chez les hommes et la deuxième chez les femmes. En 2021, 162 400 décès par cancer ont été enregistrés répartis entre 90 900 pour les hommes soit 56 % et 71 500 pour les femmes soit 44 %. Les cancers du poumon, de la prostate et colorectal sont ceux causant le plus de décès pour les hommes tandis que le cancer du sein, suivi du poumon et du colorectal occupe ces mêmes positions chez les femmes.
Une baisse de la mortalité grâce aux progrès médicaux mais une augmentation notable des cancers du poumon et du pancréas
La mortalité par cancer diminue régulièrement grâce à des diagnostics de plus en plus précoces et des traitements améliorés. Entre 2011 et 2021, les taux standardisés de mortalité ont baissé de 2,1 % par an chez les hommes et de 0,6 % chez les femmes. Parmi les cancers les plus courants le taux de survie à 5 ans atteint 88 % pour le cancer du sein et 93 % pour le mélanome cutané.
Toutefois, même si certains cancers voient leur incidence se stabiliser ou diminuer d’autres continuent d’augmenter. C’est le cas du cancer du poumon chez la femme qui a connu une augmentation de 659% depuis 1990 principalement en raison du tabagisme. Le cancer du pancréas, difficile à diagnostiquer précocement, affiche une progression de 374 % sur la même période.
La survie nette standardisée à 5ans (2010-2015) est en augmentation pour certains cancers :
| Prostate | 93% |
| Mélanome cutané | 93% |
| Sein | 88% |
| Colorectal | 63% |
| Col de l’utérus | 63% |
Données de l’INCa, 2024
Pour d’autres cancers la survie nette standardisée à 5ans reste faible malgré les progrès de la médecine :
| Système nerveux central | 26% |
| Poumon | 20% |
| Foie | 18% |
| Œsophage | 17% |
| Pancréas | 11% |
Données de l’INCa, 2024
12 719 cas de cancers chez les enfants de moins de 14 ans
Les données relatives aux cancers pédiatriques sont collectées par 2 registres nationaux :
- le Registre national des hémopathies malignes de l’enfant (RNHE) ;
- et le Registre national des tumeurs solides de l’enfant (RNTSE).
Ces registres suivent les cancers des enfants de moins de 15 ans depuis respectivement 1990 et 2000 avec une extension aux adolescents de 15 à 17 ans depuis 2011. Ils enregistrent non seulement les diagnostics et les traitements mais surveillent également les taux de survie et les effets tardifs des traitements. L’objectif de ces registres est d’avoir une meilleure compréhension des cancers pédiatriques et d’orienter les stratégies de recherche et de santé publique.
Entre 2014 et 2020, le Registre national des cancers de l’enfant (RNCE) a recensé 12 719 cas de cancers chez les enfants âgés de 0 à 14 ans en France soit une moyenne annuelle de 1 817 nouveaux cas. Parmi ces cancers :
- 28 % sont des leucémies ;
- 26% des tumeurs du système nerveux central ;
- et 36% d’autres types de cancers.
Chez les adolescents de 15 à 17 ans, 2 215 cas ont été enregistrés sur la même période avec une moyenne annuelle de 443 nouveaux cas. Les principaux types de cancers dans cette tranche d’âge sont :
- 15% des leucémies ;
- 17% des tumeurs du système nerveux central ;
- 29% des lymphomes.
1,3M de patients atteints de cancer hospitalisés
En 2022, les établissements de médecine, chirurgie et obstétrique (MCO) ont assuré 7,84 millions de séjours et séances liés à la prise en charge des cancers représentant près d’un quart de l’activité hospitalière globale en court séjour. La moitié de ces hospitalisations se sont déroulées en ambulatoire. La durée moyenne d’hospitalisation par patient (hors séances) était alors de 9 jours.
Au niveau des traitements, 418 342 personnes ont bénéficié de chirurgies anticancéreuses tandis que 372 348 ont reçu une chimiothérapie. 130 062 patients ont eu de la radiothérapie dans le secteur public et 115 160 dans le secteur privé libéral. L’immunothérapie progresse en 2022 avec 74 631 patients traités par des inhibiteurs de points de contrôle (+19 % par rapport à 2021) et 785 patients ayant bénéficié de thérapies par cellules CAR-T (+55 %).
Une workforce en augmentation par rapport à 2021
En 2022, la France comptait :
- 1 648 oncologues médicaux, soit une augmentation de 4 % par rapport à 2021 ;
- 1 012 radiothérapeutes dont 505 en libéral en 2023, également en hausse de 4 % ;
- 1 671 anatomopathologistes dont 632 en libéral en 2023, un chiffre resté stable.















