Le système de santé chinois a connu d’importantes réformes au cours des dernières décennies afin d’assurer une couverture sanitaire universelle et à améliorer l’efficacité des soins. Aujourd’hui, il repose sur une organisation stratifiée et un financement mixte associant fonds publics et privés.
Un système de santé hiérarchisé en 3 niveaux
| Soins primaires : dispensés par les centres de santé communautaires et les cliniques rurales.
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Soins secondaires : assurés par les hôpitaux de niveau comté. | Soins tertiaires : prodigués par les grands hôpitaux urbains. |
Afin d’améliorer l’accès aux soins et d’optimiser leur efficacité, le gouvernement encourage un système de diagnostic et de traitement hiérarchisé (HDT). Le système HDT vise à rationaliser l’accès aux soins en incitant les patients à consulter d’abord les établissements de santé de niveau inférieur avant de se rendre dans des hôpitaux plus spécialisés. Ce modèle est conçu pour améliorer l’efficacité du système de santé en réduisant la surcharge des hôpitaux de niveau tertiaire qui sont souvent les plus sollicités en raison de leur expertise avancée et de leurs équipements modernes.
En pratique, cela signifie que les patients doivent généralement se rendre dans une clinique communautaire ou un centre de santé rural pour un premier diagnostic. Si nécessaire, ils sont ensuite orientés vers un hôpital de niveau supérieur pour des examens complémentaires ou des traitements spécialisés. Ce système permet de mieux répartir les ressources médicales, d’optimiser les coûts et de garantir un accès plus rapide aux soins pour les cas les plus graves.
Un paysage hospitalier particulier
Le paysage hospitalier chinois est diversifié, comprenant à la fois des établissements publics et privés, ainsi que des cliniques spécialisées. La grande majorité des hôpitaux sont publics, financés et réglementés par l’État. Ils offrent une gamme complète de soins, allant des consultations générales aux interventions chirurgicales complexes. Toutefois, certaines grandes villes disposent également de cliniques et d’hôpitaux privés souvent destinés aux expatriés et aux patients recherchant des services premium.
On distingue également des hôpitaux spécialisés dans la médecine traditionnelle chinoise (MTC), où les patients peuvent recevoir des traitements fondés sur l’acupuncture, la phytothérapie ou encore les massages thérapeutiques. La plupart des hôpitaux chinois combinent d’ailleurs les pratiques de la médecine occidentale et de la MTC, offrant ainsi un large éventail de soins adaptés aux besoins de chacun.
Dans les grandes villes, des établissements médicaux dédiés aux étrangers proposent des services de haute qualité avec un personnel médical international et des infrastructures modernes. Cependant, ces soins sont coûteux et ne sont généralement pas couverts par l’assurance maladie publique chinoise.
De plus, certains hôpitaux publics disposent de services VIP (gaogan bingfang), offrant des soins plus individualisés, un environnement plus confortable et un accès à des médecins parlant anglais, ce qui attire une clientèle étrangère et aisé.
Classement des 17 meilleurs hôpitaux chinois en fonction de la norme 543
| Numéro | Nom de l’hôpital | Dossier médical électronique | Interopérabilité | Services intelligents |
| 1 | Hôpital Fuwai de l’Académie chinoise de médecine | Niveau 8 | Niveau 4 | Niveau 4 |
| 2 | Hôpital Ruijin, hôpital affilié à la faculté de médecine de l’Université Jiaotong de Shanghai | Niveau 7 | Niveau 5 | Niveau 4 |
| 3 | Troisième hôpital de l’Université de Pékin | Niveau 7 | Niveau 5 | Niveau 3 |
| 4 | Hôpital Shengjing, hôpital affilié à l’Université de médecine de Chine | Niveau 7 | Niveau 5 | Niveau 3 |
| 5 | Hôpital Tian Tan, hôpital affilié à l’Université de médecine capitale | Niveau 6 | Niveau 4 | Niveau 3 |
| 6 | Hôpital de l’Académie chinoise de médecine de Pékin | Niveau 6 | Niveau 4 | Niveau 3 |
| 7 | Hôpital d’amitié de Beijing, hôpital affilié à l’Université de médecine capitale | Niveau 6 | Niveau 5 | Niveau 3 |
| 8 | Hôpital central du district de Yangpu à Shanghai | Niveau 6 | Niveau 4 | Niveau 3 |
| 9 | Hôpital Renji, hôpital affilié à la faculté de médecine de l’Université Jiaotong de Shanghai | Niveau 6 | Niveau 5 | Niveau 3 |
| 10 | Hôpital Zhongshan, hôpital affilié à l’Université Fudan | Niveau 6 | Niveau 5 | Niveau 3 |
| 11 | Hôpital populaire de Su Bei | Niveau 6 | Niveau 4 | Niveau 4 |
| 12 | Hôpital populaire de la province du Jiangsu | Niveau 6 | Niveau 5 | Niveau 3 |
| 13 | Hôpital Gu Lou de Nankin | Niveau 6 | Niveau 5 | Niveau 3 |
| 14 | Hôpital populaire de la ville de Jiangyin | Niveau 6 | Niveau 4 | Niveau 3 |
| 15 | Premier hôpital populaire de Lianyungang | Niveau 6 | Niveau 4 | Niveau 3 |
| 16 | Hôpital populaire de la province du Zhejiang | Niveau 6 | Niveau 5 | Niveau 3 |
| 17 | Hôpital de Zhejiang | Niveau 6 | Niveau 4 | Niveau 3 |
La norme de construction « 543 » pour les hôpitaux intelligents ou Smart Hospital est un cadre visant à harmoniser l’informatisation hospitalière avec les exigences nationales et les besoins de développement local. Cette norme repose sur trois piliers :
- des dossiers médicaux électroniques de niveau 5 ;
- une interconnexion de niveau 4A ;
- et des services intelligents de niveau 3.
Son objectif principal est de permettre une utilisation optimale des ressources hospitalières tout en assurant un contrôle des coûts. En intégrant ces standards, les hôpitaux peuvent non seulement améliorer l’efficacité et la qualité des services médicaux mais aussi garantir un retour sur investissement favorable. La mise en œuvre de la norme « 543 » est conçue comme un processus évolutif pour permettre aux établissements de progresser à leur rythme et réduire les risques financiers liés à des investissements massifs. Grâce à cette approche, plus de 71 hôpitaux ont déjà atteint ou dépassé ces objectifs, consolidant ainsi leur position dans le secteur de la santé.
Un financement mixte
Le financement du système de santé chinois repose sur un modèle mixte combinant ressources publiques et privées. L’État joue un rôle prépondérant en finançant une part significative des dépenses de santé, avec une tendance à l’augmentation de ces investissements pour garantir une meilleure couverture.
L’assurance maladie sociale constitue l’un des piliers du système, avec trois principaux régimes visant à couvrir différentes catégories de la population :
- l’assurance médicale de base des employés urbains (UEBMI), financée par les employeurs et les salariés ;
- l’assurance médicale de base des résidents urbains (URBMI), destinée aux personnes sans emploi stable ou non éligibles à l’UEBM ;
- le nouveau système coopératif de soins médicaux en milieu rural (NRCMS), fondé sur un principe de cofinancement entre l’État, les collectivités locales et les adhérents.
Malgré cette couverture étendue, une part des frais médicaux reste à la charge des patients sous forme de paiements directs, ce qui peut représenter un fardeau financier important pour certains ménages. Face à cette réalité, l’assurance santé privée connaît une croissance progressive bien qu’elle demeure marginale par rapport aux dispositifs publics. Son développement pourrait à terme contribuer à diversifier les solutions de prise en charge.
95% de la population couverte par une assurance maladie
La Chine a entrepris plusieurs réformes pour améliorer l’accès aux soins et en accroître l’efficacité. Parmi les mesures mises en place, l’une des plus notables est l’extension de la couverture sanitaire universelle permettant aujourd’hui à plus de 95 % de la population chinoise de bénéficier d’une forme de protection maladie.
Dans cette dynamique, le Programme d’égalisation des services de santé publique (PHSE), instauré en 2009 a permis de renforcer l’offre de soins primaires et développer des actions de prévention à grande échelle. Ce programme vise à corriger les disparités régionales en matière d’accès aux services de santé.
Afin de mieux maîtriser les dépenses de santé et d’en améliorer l’efficience, la Chine a introduit un système de paiement par budget global (GB) dans plusieurs régions. Ce dispositif impose un plafond budgétaire aux établissements de santé, les incitant à optimiser leurs coûts tout en maintenant la qualité des soins.
L’intégration de la médecine traditionnelle chinoise (MTC) dans le système de santé est une autre particularité notable. Associant la médecine occidentale aux pratiques traditionnelles, cette approche permet de diversifier les options thérapeutiques et de répondre aux attentes culturelles des patients.
Enfin, le modèle Sanming IMPM (Integrated Medicare Payment Methods) a été développé pour harmoniser les divers systèmes de paiement et renforcer la coordination des soins. Ce modèle vise à mieux articuler les différentes sources de financement et à fluidifier le parcours de soins des patients.
Contexte de la santé numérique en Chine
Depuis le 18e Congrès du Parti en 2022, la Chine a réalisé des progrès dans la construction de son système d’information national en santé. La Commission nationale de la santé a mis en place un cadre réglementaire, renforcé l’interconnectivité des plateformes, amélioré sa capacité de réponse aux urgences en matière de prévention et de contrôle des épidémies, amélioré les services aux citoyens et renforcé sa capacité de protection de la cybersécurité. Un accent particulier a été mis sur l’intégration des stratégies « Chine en bonne santé » et « Chine numérique ».
La Chine a également mis en place une plateforme nationale d’information sur la santé, des plateformes régionales dans la plupart des provinces et villes, et a créé des bases de données sur la population, des dossiers de santé électroniques pour les résidents et des dossiers électroniques partagés pour ses hôpitaux. Des milliers d’hôpitaux publics et des centaines d’hôpitaux de niveau supérieur partagent désormais des informations médicales entre eux.
Durant la pandémie de Covid-19, la Chine a exploité ses bases de données pour le contrôle des épidémies, l’analyse, la recherche des origines du virus et la répartition des ressources sur son territoire. Le système de code de santé a été unifié à l’échelle nationale et les informations sur les tests d’acide nucléique et la vaccination contre le COVID-19 ont été partagé au niveau national.
Les modèles économiques pour la santé numérique
La santé numérique connait une forte croissance grâce aux avancées technologiques mais également grâce au soutien gouvernementale accru depuis la dernière décennie. De nouveaux modèles économiques émergent ainsi pour ces services.
L’essor des « hôpitaux en ligne » permet aux patients de consulter des professionnels de santé à distance via des plateformes numériques. Ces établissements virtuels, souvent rattachés à des institutions médicales physiques ou gérés par des entreprises privées, facilitent le diagnostic, la prescription et le suivi des traitements. Le e-commerce médical est également en plein essor, proposant la vente en ligne de médicaments et de dispositifs médicaux. Ce modèle offre un accès simplifié aux produits de santé, particulièrement utile pour les populations vivant dans des zones reculées. Les dispositifs médicaux numériques et l’intégration de l’IA permettent d’optimiser les traitements et d’aider au diagnostic. Des technologies comme les capteurs de santé portables et les applications de télésurveillance permettent un suivi en temps réel des patients, réduisant ainsi les hospitalisations inutiles et améliorant la prise en charge des maladies chroniques sont soutenus par le gouvernement.










