Flash Therapeutics : la liquidation judiciaire après un redressement
Placée en redressement judiciaire en novembre 2024, Flash Therapeutics n’a pas réussi à redresser sa situation financière. Fin janvier 2025, le tribunal de commerce de Toulouse a prononcé la liquidation judiciaire de cette société biotechnologique spécialisée dans les thérapies génique, cellulaire et à ARN. Flash Therapeutics avait levé 15 millions d’euros à l’automne 2021 auprès des fonds TechLife Capital et Elaia Partners pour développer ses traitements contre les maladies génétiques, infectieuses et certains cancers. Un administrateur et un mandataire judiciaire avaient été nommés pour tenter de maintenir l’activité, sans succès.
Egeiro Pharma : échec d’une transformation stratégique
Également en difficulté, Egeiro Pharma (anciennement TheraVet), a annoncé le 7 mars 2025 son aveu de faillite. Cotée en bourse, l’entreprise s’était repositionnée en 2024 sur la santé humaine, abandonnant ses activités vétérinaires. Elle avait signé un accord avec la biotech française H4 Orphan Pharma pour créer un programme dans la fibrose pulmonaire idiopathique, accompagné d’un changement de nom. Malgré un désendettement de 719 000 euros en janvier 2025 et l’entrée d’investisseurs, la requalification de l’opération d’apport d’actifs en acquisition inversée (RTO) par Euronext a bloqué la faisabilité d’un montage financier. L’absence de protocole finalisé, conjuguée à la suspension du cours des actions, a contraint le conseil d’administration à acter la faillite.
Butterfly Therapeutics : la thérapie numérique n’a pas suffi
Créée en 2011 sous le nom L’Effet Papillon à Laval, Butterfly Therapeutics développait des dispositifs médicaux numériques pour soulager douleur et anxiété, en alternative ou complément aux traitements pharmacologiques. En décembre 2024, l’entreprise de 9 salariés avait été placée en redressement judiciaire. Faute de repreneur, elle a été liquidée fin février 2025. Son outil de « sédation numérique », basé sur la réalité virtuelle, était utilisé dans plus de 80 établissements médicaux en France en 2024. Fin 2023, un partenariat avait été signé avec le groupe Viatris. Mais cela n’a pas suffi à garantir sa pérennité, et une offre de reprise portée par des salariés a été rejetée par le tribunal de commerce de Laval.
Quantum Genomics : en quête d’un repreneur rentable
Toujours suspendue de cotation depuis octobre 2024, Quantum Genomics n’a pas finalisé son projet d’acquisition inversée avec Akkadian Partners. La société cherche un nouveau partenaire capable d’assumer 2,13 M€ de dette et de répondre aux exigences d’Euronext pour un retour en Bourse. Sans activité opérationnelle, elle dispose d’une trésorerie de 150 000 € lui assurant une visibilité jusqu’en août. Les comptes 2024 seront publiés d’ici le 30 avril.
Un cas emblématique outre atlantique : 23andMe se déclare en faillite
Le 23 mars, 23andMe a annoncé avoir engagé une procédure volontaire de mise en faillite afin de faciliter la vente de la quasi-totalité de ses actifs. Fragilisée par l’effondrement de ses revenus, une perte de sa valorisation depuis son entrée en Bourse en 2021 et une fuite massive de données en 2023, la société peine à maintenir son modèle économique. Fondée en 2006, pionnière des tests ADN récréatifs, 23andMe n’a pas su générer de revenus récurrents malgré une base de 15 millions de clients. Anne Wojcicki, cofondatrice et ex-CEO, quitte la direction pour pouvoir se porter acquéreuse. Une vente aux enchères pourrait être organisée dans les prochaines semaines si plusieurs offres émergent. L’entreprise assure que ses activités et le stockage des données génétiques se poursuivent normalement pendant le processus. Mais aucune garantie n’est donnée sur leur usage futur, en l’absence de cadre réglementaire spécifique aux États-Unis.
Ces procédures de liquidation judiciaire survenues en quelques semaines soulignent les fragilités persistantes du modèle économique de nombreuses jeunes entreprises de biotechnologie. Qu’il s’agisse d’un échec de levée de fonds, d’un repositionnement stratégique non abouti ou d’un marché encore trop restreint pour la thérapie numérique.
Gleamer accélère dans l’IRM avec l’acquisition de Pixyl et Caerus Medical
Le 11 mars, la start-up française Gleamer, spécialisée dans les outils d’intelligence artificielle pour l’imagerie médicale, a annoncé l’acquisition de deux entreprises : Pixyl et Caerus Medical. Toutes deux développent des solutions d’analyse d’IRM, respectivement centrées sur les pathologies cérébrales et lombaires. Le montant de ces opérations n’a pas été communiqué. Fondée en 2017, Gleamer propose une suite logicielle destinée à assister les radiologues dans leurs diagnostics, notamment en radiographie, mammographie et scanner.
Ces acquisitions marquent l’entrée de Gleamer sur le segment de l’IRM. Pixyl, société française, commercialise “Pixyl.Neuro”, un outil certifié CE et autorisé fin 2023 par la FDA aux États-Unis. Le logiciel détecte des anomalies neurologiques à partir d’IRM cérébrales. La feuille de route de Pixyl inclut aussi des développements en cancérologie, notamment sur l’IRM du foie, en partenariat avec GE Healthcare, ainsi que des travaux sur la détection des lésions liées à l’endométriose. Caerus Medical, quant à elle, a mis au point “LumbAI”, une solution dédiée à l’analyse des pathologies lombaires comme les hernies discales, sténoses et spondylolisthésis. Si les marques des deux sociétés sont conservées, leurs technologies seront intégrées à l’interface de Gleamer.
Gleamer vise une couverture de 80 % des besoins en imagerie médicale dans les prochaines années. L’entreprise revendique actuellement 35 à 36 millions de dossiers patients analysés chaque année dans plus de 2500 établissements de santé, répartis dans 45 pays. Son chiffre d’affaires est réalisé à 60 % en Europe (dont la moitié en France), 22 % aux États-Unis, et le reste entre le Moyen-Orient, l’Amérique latine et l’Asie-Pacifique. La société prévoit de maintenir une croissance annuelle doublée, portée par cette stratégie d’expansion clinique et géographique.