Nabil

  • Dedalus déploie sa plateforme Trials4Care en France : l’hôpital NOVO inaugure l’usage de T4C pour les essais cliniques

    Une première implantation française pour la plateforme T4C

    Déjà opérationnelle dans cinq pays européens, Trials4Care agrège les données de plus de 4,5 millions de patients. Son interfaçage natif avec les DPI fait de cette solution un levier pour renforcer la recherche clinique au sein des hôpitaux.

    Le groupe Dedalus a franchi un nouveau cap en février 2025 avec le déploiement de Trials4Care (T4C) à l’hôpital NOVO (Nord-Ouest Val-d’Oise), première implémentation de cette solution en France. Dédiée à l’amélioration du recrutement de patients dans les essais cliniques, la plateforme s’intègre directement aux systèmes d’information hospitaliers, notamment les Dossiers Patients Informatisés (DPI) de Dedalus, mais également ceux de prestataires tiers. Ce déploiement sur site valide son efficacité en conditions réelles.

    Un partenaire public engagé dans la recherche

    L’hôpital NOVO, partenaire historique de Dedalus, a fait le choix de T4C pour accroître sa visibilité auprès des promoteurs d’essais cliniques. Fort de ses six sites, l’établissement couvre un territoire de 520 000 habitants et préside actuellement le réseau RICH (Recherche et Innovation en Centre Hospitalier). Il dispose d’un effectif de près de 5 000 professionnels, dont 454 médecins (ETPR), et mène plus de 307 000 consultations par an.

    Une feuille de route technologique partagée

    Le projet s’inscrit dans une stratégie de déploiement progressif des technologies de santé numérique portées par Dedalus. Une nouvelle étape est prévue avec l’intégration du Traitement du Langage Naturel (NLP), dont l’entraînement est programmé sur une durée de trois à quatre mois. Cette brique technologique permettra d’extraire et valoriser les données non structurées présentes dans les dossiers médicaux. En parallèle, Dedalus a noué un partenariat stratégique avec Lynxcare pour enrichir la plateforme T4C avec des données utiles à la réalisation d’études en vie réelle (Real World Evidence).

    Selon Alexandra Kipper, Responsable Business Développement Life Sciences chez Dedalus France, « cette collaboration vise à proposer aux cliniciens, hôpitaux et industriels un accès facilité à des données de haute qualité, tout au long de leur chaîne de valeur. »

  • Flash Therapeutics, Egeiro Pharma, Butterfly Therapeutics : trois faillites entre repositionnements manqués et carence de financement

    Flash Therapeutics : la liquidation judiciaire après un redressement

    Placée en redressement judiciaire en novembre 2024, Flash Therapeutics n’a pas réussi à redresser sa situation financière. Fin janvier 2025, le tribunal de commerce de Toulouse a prononcé la liquidation judiciaire de cette société biotechnologique spécialisée dans les thérapies génique, cellulaire et à ARN. Flash Therapeutics avait levé 15 millions d’euros à l’automne 2021 auprès des fonds TechLife Capital et Elaia Partners pour développer ses traitements contre les maladies génétiques, infectieuses et certains cancers. Un administrateur et un mandataire judiciaire avaient été nommés pour tenter de maintenir l’activité, sans succès.

    Egeiro Pharma : échec d’une transformation stratégique

    Également en difficulté, Egeiro Pharma (anciennement TheraVet), a annoncé le 7 mars 2025 son aveu de faillite. Cotée en bourse, l’entreprise s’était repositionnée en 2024 sur la santé humaine, abandonnant ses activités vétérinaires. Elle avait signé un accord avec la biotech française H4 Orphan Pharma pour créer un programme dans la fibrose pulmonaire idiopathique, accompagné d’un changement de nom. Malgré un désendettement de 719 000 euros en janvier 2025 et l’entrée d’investisseurs, la requalification de l’opération d’apport d’actifs en acquisition inversée (RTO) par Euronext a bloqué la faisabilité d’un montage financier. L’absence de protocole finalisé, conjuguée à la suspension du cours des actions, a contraint le conseil d’administration à acter la faillite.

    Butterfly Therapeutics : la thérapie numérique n’a pas suffi

    Créée en 2011 sous le nom L’Effet Papillon à Laval, Butterfly Therapeutics développait des dispositifs médicaux numériques pour soulager douleur et anxiété, en alternative ou complément aux traitements pharmacologiques. En décembre 2024, l’entreprise de 9 salariés avait été placée en redressement judiciaire. Faute de repreneur, elle a été liquidée fin février 2025. Son outil de « sédation numérique », basé sur la réalité virtuelle, était utilisé dans plus de 80 établissements médicaux en France en 2024. Fin 2023, un partenariat avait été signé avec le groupe Viatris. Mais cela n’a pas suffi à garantir sa pérennité, et une offre de reprise portée par des salariés a été rejetée par le tribunal de commerce de Laval.

    Quantum Genomics : en quête d’un repreneur rentable

    Toujours suspendue de cotation depuis octobre 2024, Quantum Genomics n’a pas finalisé son projet d’acquisition inversée avec Akkadian Partners. La société cherche un nouveau partenaire capable d’assumer 2,13 M€ de dette et de répondre aux exigences d’Euronext pour un retour en Bourse. Sans activité opérationnelle, elle dispose d’une trésorerie de 150 000 € lui assurant une visibilité jusqu’en août. Les comptes 2024 seront publiés d’ici le 30 avril.

    Un cas emblématique outre atlantique :  23andMe se déclare en faillite

    Le 23 mars, 23andMe a annoncé avoir engagé une procédure volontaire de mise en faillite afin de faciliter la vente de la quasi-totalité de ses actifs. Fragilisée par l’effondrement de ses revenus, une perte de sa valorisation depuis son entrée en Bourse en 2021 et une fuite massive de données en 2023, la société peine à maintenir son modèle économique. Fondée en 2006, pionnière des tests ADN récréatifs, 23andMe n’a pas su générer de revenus récurrents malgré une base de 15 millions de clients. Anne Wojcicki, cofondatrice et ex-CEO, quitte la direction pour pouvoir se porter acquéreuse. Une vente aux enchères pourrait être organisée dans les prochaines semaines si plusieurs offres émergent. L’entreprise assure que ses activités et le stockage des données génétiques se poursuivent normalement pendant le processus. Mais aucune garantie n’est donnée sur leur usage futur, en l’absence de cadre réglementaire spécifique aux États-Unis.

    Ces procédures de liquidation judiciaire survenues en quelques semaines soulignent les fragilités persistantes du modèle économique de nombreuses jeunes entreprises de biotechnologie. Qu’il s’agisse d’un échec de levée de fonds, d’un repositionnement stratégique non abouti ou d’un marché encore trop restreint pour la thérapie numérique.

    Gleamer accélère dans l’IRM avec l’acquisition de Pixyl et Caerus Medical

    Le 11 mars, la start-up française Gleamer, spécialisée dans les outils d’intelligence artificielle pour l’imagerie médicale, a annoncé l’acquisition de deux entreprises : Pixyl et Caerus Medical. Toutes deux développent des solutions d’analyse d’IRM, respectivement centrées sur les pathologies cérébrales et lombaires. Le montant de ces opérations n’a pas été communiqué. Fondée en 2017, Gleamer propose une suite logicielle destinée à assister les radiologues dans leurs diagnostics, notamment en radiographie, mammographie et scanner.

    Ces acquisitions marquent l’entrée de Gleamer sur le segment de l’IRM. Pixyl, société française, commercialise “Pixyl.Neuro”, un outil certifié CE et autorisé fin 2023 par la FDA aux États-Unis. Le logiciel détecte des anomalies neurologiques à partir d’IRM cérébrales. La feuille de route de Pixyl inclut aussi des développements en cancérologie, notamment sur l’IRM du foie, en partenariat avec GE Healthcare, ainsi que des travaux sur la détection des lésions liées à l’endométriose. Caerus Medical, quant à elle, a mis au point “LumbAI”, une solution dédiée à l’analyse des pathologies lombaires comme les hernies discales, sténoses et spondylolisthésis. Si les marques des deux sociétés sont conservées, leurs technologies seront intégrées à l’interface de Gleamer.

    Gleamer vise une couverture de 80 % des besoins en imagerie médicale dans les prochaines années. L’entreprise revendique actuellement 35 à 36 millions de dossiers patients analysés chaque année dans plus de 2500 établissements de santé, répartis dans 45 pays. Son chiffre d’affaires est réalisé à 60 % en Europe (dont la moitié en France), 22 % aux États-Unis, et le reste entre le Moyen-Orient, l’Amérique latine et l’Asie-Pacifique. La société prévoit de maintenir une croissance annuelle doublée, portée par cette stratégie d’expansion clinique et géographique.

  • Dépenses de santé : 20 Md€ d’économies à identifier pour tenir la trajectoire de l’Ondam d’ici 2029 (Cour des comptes)

    Face à un déficit cumulé de 20,1 Md€ attendu en 2028 pour les trois branches finançant l’Ondam, la Cour des comptes propose des mesures d’économies estimées entre 19,4 et 21,4 Md€, tout en maintenant la qualité des soins.

    Fixé à 265,4 Md€ pour 2025, l’objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam) continue de progresser à un rythme soutenu. Hors dépenses liées au Covid, sa croissance moyenne s’établit à 4,8 % par an depuis 2019, contre 2,4 % sur la période 2015-2019. En conséquence, sa part dans le PIB atteint désormais 8,9 %, contre 8,2 % avant la crise sanitaire. Cette dynamique est jugée insoutenable par la Cour des comptes, qui alerte sur la reconstitution d’une dette sociale de plus de 70 Md€ d’ici 2028, ainsi que sur la dégradation financière persistante des établissements de santé.

    Trois leviers d’action pour contenir les dépenses

    Pour répondre à l’enjeu de soutenabilité financière, la Cour recommande d’engager dès la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 un programme pluriannuel de maîtrise des dépenses. Elle identifie trois axes d’économies prioritaires :

    • Resserrer les prises en charge sur les prestations à bon droit
      Les fraudes à l’assurance maladie, estimées jusqu’à 4,5 Md€, n’ont donné lieu qu’à 628 M€ de redressements en 2024. La Cour propose d’élever l’objectif de détection à 1,5 Md€ d’ici 2029 et d’amplifier les contrôles, notamment grâce à la généralisation des outils de data mining et à la coopération avec les complémentaires santé. Elle appelle également à renforcer les moyens juridiques et informatiques des caisses.
    • Accroître la pertinence des soins
      Une meilleure conformité aux recommandations de la Haute Autorité de santé permettrait de limiter les prescriptions ou hospitalisations évitables, comme les séjours liés à des affections chroniques. Des écarts de dépenses standardisées jusqu’à 70 % entre départements soulignent un potentiel d’économies de 2,8 Md€, selon la Cour. La dématérialisation des prescriptions, devenue obligatoire fin 2024, est jugée indispensable pour détecter les pratiques atypiques.
    • Réorganiser l’offre de soins et renforcer la prévention
      La prévention reste marginale dans un système encore centré sur le curatif. La Cour préconise de cibler des actions contre les hospitalisations évitables, notamment liées aux maladies chroniques ou à la perte d’autonomie. Elle recommande aussi d’adapter l’offre médico-sociale, en réduisant les hospitalisations injustifiées en psychiatrie de personnes en situation de handicap vieillissantes.

    Une répartition des efforts à revoir

    La Cour insiste sur la nécessité de mieux équilibrer le financement du système de santé entre les différents acteurs, y compris les complémentaires santé, les employeurs et les assurés. Elle suggère d’envisager des ajustements ciblés des participations financières, dans une logique de responsabilisation partagée.

    Enfin, elle recommande que le suivi des économies, notamment celles prévues dans la convention médicale 2025-2029, soit renforcé par des rendez-vous annuels et un pilotage plus exigeant fondé sur des indicateurs robustes.

    L’Objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam) | Cour des comptes

  • La Maison Blanche redéfinit les politiques d’acquisition et d’usage de l’IA

    Le Bureau de la gestion et du budget (OMB) de la Maison Blanche a publié deux nouvelles directives (M-25-21 et M-25-22) encadrant l’utilisation et l’acquisition de l’intelligence artificielle (IA) par les agences de l’exécutif fédéral. Ce cadre actualisé, aligné sur un décret présidentiel signé en janvier 2025 par Donald Trump, remplace les précédentes notes M-24-10 et M-24-18 de l’administration Biden, tout en en conservant certaines dispositions.

    Trois priorités pour les usages de l’IA

    La première directive (M-25-21) fixe les priorités suivantes pour les agences fédérales : encourager l’innovation, renforcer la gouvernance, et préserver la confiance du public. Elle insiste sur la nécessité de réduire les lourdeurs administratives afin d’accélérer l’intégration de l’IA dans les processus décisionnels.

    Les agences sont invitées à optimiser les investissements publics en réutilisant les données, les modèles et le code existants, tout en donnant la priorité aux solutions développées aux États-Unis. Une attention particulière est demandée pour les usages dits à fort impact, définis comme les systèmes d’IA influençant directement des décisions ayant des conséquences juridiques, matérielles ou significatives sur les personnes, notamment en matière de santé ou de sécurité.

    Dans le secteur de la santé, cette définition couvre l’aide au diagnostic, l’évaluation des risques, la planification des traitements, la gestion des soins dans le cadre de programmes publics, ou encore la détermination des coûts d’assurance.

    Les principes hérités de l’administration précédente sont maintenus, tels que la désignation obligatoire de responsables IA (Chief AI Officers), la création d’un conseil inter-agences et un processus de supervision spécifique pour les systèmes à fort impact.

    Nouvelle orientation pour les achats publics d’IA

    La seconde note (M-25-22) établit un cadre pour les acquisitions d’IA par l’administration. Elle conserve l’approche structurée sous Biden – reposant sur la concurrence, la gestion des performances et l’engagement interdisciplinaire – mais introduit une nouvelle orientation politique : la règle du “Buy American”. Celle-ci vise à privilégier les solutions conçues et produites sur le territoire national.

    Cette directive confie également à la General Services Administration (GSA), en collaboration avec l’OMB, la mission de développer d’ici 200 jours un répertoire en ligne dédié aux agences exécutives. Cet outil doit centraliser les ressources, bonnes pratiques et informations utiles à l’achat et à l’implémentation de technologies d’IA.

    Trump a justifié ce revirement par la nécessité de préserver l’avance technologique des États-Unis, qu’il estime portée par les marchés libres et le secteur privé, à l’abri de tout “agenda social imposé”.

  • Déserts médicaux : la CDD propose un nouveau statut d’Assistant Territorial pour renforcer l’offre de soins dès 2025

    Un nouveau statut pour agir rapidement dans les zones sous-dotées

    La Conférence des doyens des Facultés de médecine (CDD) propose une série de mesures pour lutter contre les inégalités d’accès aux soins. Elle alerte sur le fait que près de 6 millions de Français n’ont pas de médecin traitant et avance une mesure prioritaire : la création d’un statut d’Assistant Territorial. Ce dispositif, soutenu par l’Ordre des médecins, l’ANEMF (Association nationale des étudiants en médecine de France) et l’ISNI (Intersyndicale nationale des internes), vise à renforcer la présence médicale dans les territoires en tension.

    Ce nouveau statut permettrait à de jeunes médecins, toutes spécialités confondues, d’exercer dès la fin de leur internat dans les zones identifiées comme sous-denses par les ARS, en libéral ou en salarié hospitalier. En contrepartie, ils bénéficieraient d’une prime d’exercice territorial, d’un accès ultérieur au secteur II régulé (OPTAM) ou à une embauche au 4e échelon des praticiens hospitaliers selon leur mode d’exercice. Ce dispositif pourrait être lancé dès fin 2025.

    Former sur place et dès le début de l’exercice

    Les facultés proposent que ces assistants soient formés à la maîtrise de stage universitaire dès leur prise de poste, afin d’accueillir rapidement des internes et docteurs juniors dès mai 2026. L’objectif est d’ancrer la formation dans les territoires pour favoriser l’installation future des professionnels de santé.

    Des propositions complémentaires pour les internes et les étudiants

    La CDD défend aussi une prime revalorisée pour tous les internes exerçant en zones sous-denses, indépendamment de leur spécialité ou statut (libéral ou salarié). Elle s’oppose toutefois à un paiement à l’acte pour les docteurs juniors, afin de préserver l’attractivité des postes en libéral comme en salarié. Pour les étudiants, elle plaide pour une augmentation du nombre de stages et d’enseignements hors campus hospitalo-universitaires. Cela implique la création de postes d’enseignants hospitalo-universitaires territoriaux et de maîtres de stage dans toutes les spécialités, intégrés aux équipes facultaires pour garantir la cohérence pédagogique.

    Concernant les PADHUE, la CDD souhaite confier aux facultés la validation du Parcours de Consolidation des Connaissances (PCC), avec un accent sur la qualité de la formation pour permettre une pratique conforme aux standards français.

    Numerus apertus : une croissance à accompagner

    La CDD rappelle que l’augmentation des effectifs en médecine est déjà en cours : +18 % entre 2020 et 2024, avec 11 500 étudiants inscrits en 2024 contre 9 700 en 2019. Elle appelle à une planification nationale encadrée par une Conférence nationale de santé pour poursuivre cette croissance, en tenant compte des besoins démographiques, des évolutions technologiques et des pratiques professionnelles.

    Mais elle alerte sur le manque de moyens humains et matériels pour accompagner cette hausse : le nombre d’étudiants en santé a triplé depuis 1996 tandis que les effectifs d’enseignants hospitalo-universitaires ont diminué de 3 %. Elle demande donc un renforcement immédiat des équipes pédagogiques et administratives, ainsi que des infrastructures universitaires.

    Position sur les étudiants formés à l’étranger

    La CDD s’oppose à la réintégration automatique des étudiants français en formation en Europe. Elle estime que leur formation est inégale, comme le montrent leurs faibles résultats aux examens français de 6e année. Elle dénonce également une sélection par l’argent, ces formations à l’étranger étant souvent coûteuses, et considère cette réintégration comme injuste pour les étudiants non admis en France.

    Encadrer la première année et universitariser les formations paramédicales

    Enfin, les doyens souhaitent consolider l’organisation actuelle de la première année (PASS/LAS), déjà disponible dans 75 % des départements. Ils jugent irréaliste son déploiement généralisé sans ressources supplémentaires. Parallèlement, ils soutiennent l’universitarisation des formations paramédicales et le développement de la pratique avancée, appelant à la création de postes d’enseignants-chercheurs pour accompagner ces évolutions.

  • Régulation numérique : la CNIL formalise sa stratégie européenne et internationale

    Trois axes pour une action internationale renforcée

    Dans sa stratégie européenne et internationale 2025-2028, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) formalise son ambition de renforcer la protection des données personnelles au-delà des frontières nationales. Ce plan s’articule autour de trois axes principaux : fluidifier la coopération européenne, promouvoir des standards internationaux élevés et consolider l’influence de la CNIL.

    Coopération européenne : efficacité et sanctions renforcées

    La CNIL entend jouer un rôle au sein du Comité européen de la protection des données (CEPD) afin de fluidifier les mécanismes de coopération prévus par le RGPD. L’objectif est d’accélérer l’adoption de lignes directrices communes, d’avis ou de décisions de sanction dans un contexte de renouvellement du cadre réglementaire numérique européen (paquet numérique, IA, cybersécurité, identité numérique). La stratégie prévoit également un renforcement des actions répressives sur des dossiers à forts enjeux, avec une participation active aux opérations conjointes menées au niveau européen, en tant qu’autorité cheffe de file ou concernée.

    Vers des standards internationaux convergents

    Au niveau international, la CNIL poursuit son engagement dans plusieurs instances intergouvernementales comme le Conseil de l’Europe (Convention 108), l’OCDE, ou encore des forums de coopération comme la GPA, l’AFAPDP ou le G7. Elle prévoit d’intensifier sa présence dans de nouveaux espaces comme l’ASEAN, l’APEC, le Global CBPR Forum ou le RIPD. Elle souhaite ainsi diffuser le modèle européen fondé sur les droits fondamentaux, en contribuant à la définition de standards mondiaux. En parallèle, elle entend renforcer son rôle de conseil auprès du gouvernement français pour les positions à adopter dans les discussions internationales.

    Une doctrine renforcée pour mieux peser

    La CNIL veut consolider sa doctrine sur les transferts de données et anticiper les évolutions juridiques, technologiques et économiques liées à la mondialisation des flux. Elle vise aussi à maintenir un lien étroit avec les autres autorités afin de favoriser la reconnaissance de ses positions, et à développer une expertise capable d’orienter les débats internationaux.

  • IA : la Commission européenne lance un plan d’action à cinq piliers pour faire émerger un leadership technologique

    Un cap stratégique face aux géants mondiaux

    Alors que les États-Unis et la Chine dominent largement l’écosystème mondial de l’intelligence artificielle, la Commission européenne a officialisé son Plan d’action du Continent IA, dévoilé le 10 avril. Présenté comme un levier pour positionner l’Europe parmi les leaders de l’IA, il s’inscrit dans la continuité des engagements pris lors du Sommet pour l’action sur l’IA de février 2024. L’objectif est de transformer l’industrie européenne et son vivier de talents en favorisant l’innovation.

    Structurer l’accès aux données

    La Commission entend déployer plusieurs gigafactories dotées de 100 000 puces IA de dernière génération, une capacité quatre fois supérieure à celle des 13 usines en cours d’installation autour des 9 supercalculateurs du réseau EuroHPC. Sur les 200 millions d’euros alloués via le fonds Invest AI, 20 millions seront investis dans cinq de ces nouvelles infrastructures. Par ailleurs, le futur “Cloud and AI Development Act” vise à tripler la capacité des centres de données européens d’ici cinq à sept ans. Afin de garantir l’efficacité des modèles IA, la Commission prévoit la création de Data Labs pour centraliser, structurer et enrichir des jeux de données variés. Une “Data Union Strategy”, attendue pour 2025, doit favoriser la constitution d’un véritable marché intérieur des données, facilitant le développement de solutions IA à l’échelle du continent.

    Encourager l’usage de l’IA dans les secteurs stratégiques

    Avec seulement 13,5 % des entreprises européennes utilisant actuellement des technologies IA, la Commission lance la stratégie Apply AI. Celle-ci vise à stimuler l’adoption de l’intelligence artificielle dans les administrations publiques et les secteurs industriels prioritaires. Pour répondre à la pénurie d’experts IA, plusieurs initiatives sont prévues. Le Talent Pool, l’action Marie Skłodowska-Curie “MSCA Choose Europe”, ainsi que les programmes de bourses de la future AI Skills Academy, visent à ouvrir des voies de migration légale aux spécialistes étrangers et à inciter les chercheurs européens à revenir travailler sur le continent.

    Simplifier l’environnement réglementaire

    Enfin, un guichet unique baptisé AI Act Service Desk sera mis en place pour aider les entreprises à se conformer au cadre réglementaire européen sur l’intelligence artificielle, notamment dans la mise en œuvre de l’AI Act récemment adopté.

  • Le Royaume-Uni approuve le premier traceur PSMA-SPECT en Europe pour le cancer de la prostate

    Une première mondiale pour un traceur PSMA-SPECT

    La Medicines and Healthcare products Regulatory Agency (MHRA) du Royaume-Uni a délivré la première autorisation mondiale à RoTecPSMA (99mTc-MIP-1404), un agent d’imagerie développé par la société allemande Rotop pour la détection des lésions chez les patients atteints de cancer de la prostate. Ce traceur cible l’antigène membranaire spécifique de la prostate (PSMA) et s’utilise en combinaison avec le technétium-99m dans le cadre d’un kit de détection par tomographie par émission monophotonique (SPECT).

    Trois indications cliniques validées

    L’autorisation britannique porte sur trois indications spécifiques :

    • La stadification du cancer de la prostate à haut risque avant traitement.
    • La détection des récidives chez les patients présentant des niveaux détectables d’antigène prostatique spécifique (PSA).
    • L’évaluation de l’éligibilité des patients aux thérapies ciblées.

    Ces indications répondent à des besoins cliniques non couverts, dans un contexte où le dosage du PSA reste un outil diagnostique répandu mais peu fiable.

    Un accès facilité grâce au technétium-99m

    Julian Beach, directeur exécutif par intérim de la qualité des soins à la MHRA, a souligné que RoTecPSMA est le premier traceur PSMA autorisé en association avec le technétium-99m, isotope déjà largement disponible dans les services de médecine nucléaire du NHS. Cette compatibilité devrait faciliter l’intégration de la solution dans les parcours diagnostiques existants.

    Résultats cliniques et impact sur l’accès aux soins

    L’approbation repose sur une étude menée auprès de 105 patients atteints de cancer de la prostate, dans laquelle RoTecPSMA a démontré une sensibilité de 94,2 % pour la détection des lésions tumorales et une spécificité de 83,3 % dans l’identification des zones saines. Pour le Pr Ken Herrmann, spécialiste en médecine nucléaire à l’hôpital universitaire d’Essen (Allemagne), cette avancée répond à la forte demande en imagerie PSMA, qui engendre déjà des retards dans la prise en charge dans plusieurs régions. Il estime que l’arrivée de RoTecPSMA contribuera à combler ce déficit d’accès.

    Un contexte épidémiologique en mutation

    Selon l’organisation Prostate Cancer UK, le cancer de la prostate est désormais le plus fréquent en Angleterre, avec une hausse de 25 % des cas entre 2019 et 2023. Le nombre de diagnostics a dépassé celui des cancers du sein pour la deuxième année consécutive, un phénomène en partie lié au rattrapage des cas non détectés durant les confinements liés à la pandémie. Avec cette autorisation, le Royaume-Uni devient le premier pays européen à valider un traceur PSMA compatible SPECT, renforçant ainsi ses capacités diagnostiques face à une pathologie en forte progression.

  • Prévention santé : Wellpharma expérimente un parcours de vaccination du voyageur dans ses officines

    Un nouveau service structuré autour de deux rendez-vous personnalisés

    Wellpharma, groupement de pharmacies de La Coopérative Welcoop, devient le premier en France à structurer un parcours de prévention santé à destination des voyageurs. Une expérimentation est en cours dans douze pharmacies, intégrées à des CPTS ou MSP, pour proposer une prise en charge incluant conseils médicaux et vaccination. Ce service repose sur un partenariat avec le laboratoire Valneva, spécialiste des solutions vaccinales, et s’accompagne d’une formation certifiante de 7 heures pour les pharmaciens, conçue par Atoopharm, filiale e-learning de la Coopérative Welcoop. Elle comprend cinq modules dédiés aux risques sanitaires en voyage et aux gestes de vaccination conformes aux normes réglementaires.

    Un parcours simplifié

    Le dispositif répond à une attente forte des Français. Selon une étude Ipsos pour Valneva (2024), 63 % des personnes interrogées se déclarent prêtes à recevoir leurs vaccins directement en pharmacie, face à la complexité actuelle du parcours vaccinal (délais, accès à l’information). Le parcours proposé par Wellpharma s’organise en deux étapes : un premier rendez-vous pour analyser la destination, les risques sanitaires et les vaccins nécessaires ; un second pour l’administration des vaccins et la remise de conseils personnalisés (prévention du paludisme, trousse santé, hygiène, MST, etc.).

    Une offre de vaccination élargie selon les risques du voyage

    Les vaccinations couvrent l’ensemble des risques infectieux liés aux voyages, selon quatre modes de transmission :

    • Vectorielle : chikungunya, dengue, fièvre jaune, encéphalite japonaise et à tiques
    • Hydrique ou alimentaire : choléra, fièvre typhoïde, leptospirose, hépatite A, poliomyélite
    • Interhumaine : COVID-19, rougeole, tuberculose, méningocoques, hépatite B, MPOX
    • Par morsure : rage

    Ce projet permet aux officines Wellpharma de diversifier leur offre de soins et de renforcer leur rôle dans la prévention de proximité. Il contribue aussi à l’attractivité du métier de pharmacien en valorisant des missions cliniques et en répondant aux tensions en matière de recrutement dans le secteur officinal.

  • Philips déploie PIPS 6.0 et renforce son partenariat avec Ibex

    Un partenariat renforcé face aux besoins croissants en pathologie

    Royal Philips et Ibex Medical Analytics annoncent l’élargissement de leur collaboration, amorcée en 2021, avec pour objectif d’intensifier l’usage de la pathologie numérique assistée par intelligence artificielle (IA). Ce partenariat vise à répondre aux pressions croissantes exercées sur les pathologistes, dans un contexte marqué par une pénurie mondiale de spécialistes et une incidence croissante du cancer. Les deux entreprises ont renforcé l’interopérabilité de leurs solutions, facilitant l’intégration de l’IA d’Ibex à la Philips IntelliSite Pathology Solution (PIPS). Cette combinaison permet d’optimiser les workflows diagnostiques, tout en garantissant des résultats reproductibles et objectifs.

    Des gains de fiabilité et de productivité de 37 %

    L’intégration des outils d’IA d’Ibex aux solutions de Philips a permis d’améliorer la productivité des laboratoires de pathologie, avec des gains rapportés pouvant atteindre 37 %. Les cliniciens disposent d’un accès facilité à des fonctionnalités telles que l’aide à la priorisation des cas, la détection automatisée et la génération de rapports assistés par IA. Les pathologistes peuvent désormais utiliser la plateforme pour diagnostiquer les cancers de la prostate, du sein et gastrique. Cette automatisation contribue à renforcer la confiance dans les diagnostics tout en réduisant les délais de réponse.

    Lancement de PIPS 6.0 et nouvelles fonctionnalités IA

    La version 6.0 de Philips IntelliSite Pathology introduit des améliorations techniques. Elle comprend un mode de numérisation complet pour le scanner SG Pathology, une navigation optimisée, un outil de marquage intégré au système de gestion d’images, ainsi que le déclenchement contextuel des outils d’IA. Les listes de travail indiquent désormais le statut de traitement IA. Pour Stéphane Rossat, directeur innovation et scientifique chez Medipath, cette version facilite l’appropriation des outils de pathologie augmentée par les praticiens, et marque une étape vers des “cockpits numériques” destinés à structurer l’environnement de travail des pathologistes. Philips a également annoncé l’intégration de services d’archivage cloud via Amazon Web Services. Cette infrastructure permettra aux laboratoires de stocker, gérer et analyser en toute sécurité de grands volumes de données numériques.