Nabil

  • Point d’étape du Ségur numérique : retour sur le 12e comité de suivi

    Plus de 19 millions d’usagers ont activé leur profil Mon espace santé (MES), soit près de 27 % des assurés sociaux disposant d’un carnet numérique. Cette dynamique, confirmée lors du 12e Comité de suivi du Ségur numérique le 2 avril 2025, est portée par une hausse continue de l’alimentation du dossier, qui a atteint en février un rythme annuel de 362 millions de documents, en hausse de 27 % par rapport à l’année précédente.

    Vers l’exhaustivité du carnet de santé numérique

    L’atteinte d’une « masse critique » de documents étant franchie, l’enjeu devient désormais l’exhaustivité. Les efforts se concentrent sur les documents jugés prioritaires pour la coordination des soins : lettres de liaison hospitalières (55 % des séjours donnent lieu à un envoi dans MES), comptes rendus de biologie (27 % en ville) et d’imagerie (33 %), ou encore les ordonnances et bilans en médecine de ville. La mise en œuvre de la vague 2 des logiciels référencés Ségur doit permettre d’améliorer la qualité de l’alimentation, notamment en limitant les doublons.

    Une consultation déjà effective, en attendant les outils à venir

    L’usage de MES dépasse la simple alimentation : 90 % des documents sont consultés par les patients. Côté professionnels, plus de 51 000 médecins libéraux et 2 370 hospitaliers ont accédé à un DMP en février 2025, avec près de 500 000 documents lus. Ces usages devraient s’intensifier avec les fonctionnalités de la vague 2, qui visent à simplifier l’accès via les logiciels métiers et à intégrer les images médicales dans un réseau national (DRIM-M).

    Deux tiers des ESMS équipés d’un DUI Ségur

    Dans le médico-social, la vague 1 du Ségur et le programme ESMS Numérique ont permis à 65 % des établissements d’adopter un Dossier Usager Informatisé (DUI) référencé. Une phase d’expérimentation conduite dans 55 ESMS a mis en évidence les premiers usages, centrés sur les partages d’ordonnances, de comptes rendus et d’historiques de vaccination, avec un recours marqué à la messagerie MSSanté. Un plan d’action est proposé pour consolider ces débuts : renforcer le cadre réglementaire (notamment pour les professionnels à rôle), accompagner les équipes dans l’usage de MES, et améliorer les logiciels métiers. La vague 2 médico-sociale, attendue pour l’été 2025, intégrera ces retours.

    À l’horizon 2027 : un accès systématique au DMP à l’hôpital

    L’hôpital reste le secteur le plus complexe à transformer. L’objectif est que d’ici le premier trimestre 2027, une majorité d’établissements permettent à leurs professionnels de consulter les DMP depuis le DPI. Ce chantier implique des adaptations techniques (interopérabilité, qualification INS, accès sécurisé) et organisationnelles, appuyées par les programmes HOP’EN2, Hospiconnect et CaRE.

    Outre les dispositifs pour les médecins de ville et les établissements d’imagerie, encore en cours de déploiement, la vague 2 du Ségur numérique s’étendra aux officines, biologistes, sages-femmes, paramédicaux et chirurgiens-dentistes. Le pilotage national s’appuie également sur l’approche « Sentinelle », qui recense et traite les obstacles de terrain, qu’ils soient techniques, réglementaires ou liés aux pratiques.

    Le prochain Comité de suivi est prévu le 5 novembre 2025.

    SÉGUR DU NUMÉRIQUE EN SANTÉ – COSUI Ségur numérique #12 – Mercredi 2 avril 2025

  • Apple planche sur une IA médicale intégrée à sa future application Santé+

    Depuis plus de dix ans, Apple utilise ses appareils pour suivre des paramètres de santé individuels. Une nouvelle étape est en préparation : une refonte complète de l’application Santé est en cours, avec l’intégration d’un agent d’intelligence artificielle entraîné à agir comme un médecin virtuel.

    Une IA pour interpréter les données de santé

    Baptisée potentiellement Santé+, la nouvelle application analyserait les données déjà récoltées par l’iPhone et l’Apple Watch – sommeil, activité physique, fréquence cardiaque, taux d’oxygène sanguin – afin de proposer des recommandations de santé personnalisées. L’objectif est d’utiliser l’IA comme levier d’interprétation médicale, en s’appuyant sur un agent intelligent conçu par Apple. L’agent IA serait entraîné à partir de données fournies par les médecins employés par la firme. Apple chercherait également à collaborer avec des experts externes – nutritionnistes, cardiologues, spécialistes du sommeil – afin de produire des contenus vidéo explicatifs.

    Une stratégie basée sur l’éducation et la prévention

    Ces vidéos pourraient être contextuellement affichées aux utilisateurs. Par exemple, si une tendance préoccupante est détectée dans la fréquence cardiaque, une vidéo expliquant les facteurs de risque des maladies cardiovasculaires pourrait être proposée. Le dispositif vise à renforcer la pédagogie autour des données de santé. Apple envisagerait aussi de s’associer à une personnalité médicale de premier plan, qui incarnerait le service. En parallèle, un accent serait mis sur le suivi de l’alimentation. Si l’application permet déjà de saisir manuellement certaines données nutritionnelles, la nouvelle version proposerait des fonctions avancées, susceptibles de concurrencer les applications dédiées comme MyFitnessPal ou Lifesum. L’agent IA jouerait également un rôle d’assistant pour l’usage de ces nouvelles fonctionnalités.

    Une ouverture vers d’autres services Apple

    Certaines capacités pourraient aussi exploiter les caméras des appareils Apple, notamment pour analyser en temps réel des séances d’entraînement. L’IA pourrait ainsi conseiller les utilisateurs sur leur posture ou leur technique, dans une logique d’optimisation de la performance. Ces fonctions pourraient être interconnectées avec d’autres services existants, à l’instar d’Apple Fitness+. La sortie de cette nouvelle version, ainsi que l’intégration de l’agent IA, est attendue pour le printemps ou l’été 2026, à l’occasion du lancement d’iOS 19.4.

  • Endotest : le test salivaire pour l’endométriose étendu à 100 centres en France dès avril 2025

    Un élargissement territorial pour améliorer l’accès au diagnostic

    L’expérimentation du test salivaire Endotest, initiée le 11 février 2025, va s’intensifier. Développé par la société Ziwig, ce test reposant sur l’analyse de salive via intelligence artificielle et séquençage de nouvelle génération, sera accessible dans 100 centres de santé répartis sur tout le territoire à partir d’avril, contre 80 jusqu’ici. Ce déploiement s’inscrit dans le cadre du forfait innovation, un dispositif permettant l’accès précoce à des technologies de santé prometteuses, encore en évaluation clinique. Il ouvre la possibilité à 25 000 femmes de bénéficier du test, après un premier examen clinique et une imagerie.

    Réduire les délais et limiter les examens invasifs

    L’objectif affiché est de réduire le délai moyen de diagnostic de l’endométriose – actuellement estimé à sept ans en France – en proposant une alternative non invasive aux méthodes traditionnelles. Endotest pourrait améliorer la prise en charge des patientes, en évitant les procédures lourdes comme la cœlioscopie. L’élargissement à 100 centres vise à renforcer l’accessibilité géographique du dispositif sur l’ensemble du territoire national, dans une logique d’équité et de réduction des disparités régionales.

    Un levier de la stratégie nationale contre l’endométriose

    Le déploiement d’Endotest s’intègre dans la Stratégie nationale de lutte contre l’endométriose portée depuis 2022 par le ministère de la Santé, de la Prévention et de l’Accès aux soins. Cette stratégie repose sur trois axes :

    • Le soutien à la recherche et à l’innovation, avec un budget de 30 millions d’euros sur cinq ans dédié à la santé des femmes et des couples.
    • La structuration de filières de soins spécialisées pour un diagnostic plus rapide.
    • La sensibilisation des professionnels de santé et du grand public à cette pathologie encore méconnue.

    Accès encadré et suivi clinique

    Les femmes concernées par l’expérimentation peuvent accéder au test après un premier parcours de soins incluant un examen clinique et une imagerie. Une liste des 100 centres participant à l’étude est mise à disposition, garantissant une information transparente sur le déploiement. Ce renforcement du maillage territorial permettra d’observer, à plus large échelle, les performances cliniques du test dans des contextes variés, tout en répondant à une demande croissante en matière de diagnostic précoce de l’endométriose.

    @ ministère du travail de la santé des solidarités et des familles
  • Ramsay Santé teste Doctrin dans trois cliniques pour digitaliser le suivi en santé mentale

    Ramsay Santé a lancé une expérimentation de la solution digitale Doctrin dans trois de ses établissements : la Clinique Saint-Barnabé à Marseille, la Clinique Mon Repos à Écully et la Clinique d’Yveline à Vieille-Église-en-Yvelines. Déployée depuis plusieurs années en Suède et en Norvège par le groupe, cette plateforme est désormais testée en France sur environ 100 patients. La solution s’adresse aux personnes souffrant de dépression, d’épuisement professionnel ou de troubles addictifs, en phase de réinsertion sociale. Elle s’applique dans le cadre d’hospitalisations complètes ou de jour.

    Un outil numérique complémentaire pour le suivi ambulatoire

    Doctrin propose plusieurs fonctionnalités numériques : visioconférences individuelles ou de groupe, chat sécurisé, bibliothèque de contenus pédagogiques, et auto-évaluations régulières. L’outil permet d’assurer un suivi en dehors des établissements, dans une logique de continuité et d’accessibilité des soins. L’accompagnement repose sur des équipes pluridisciplinaires mobilisées dans chaque site pilote, incluant infirmiers diplômés d’État, psychologues cliniciens, directeurs de soins, art-thérapeutes et médecins psychiatres.

    Un dispositif auto-financé et évalué avant extension

    Le projet est financé sur fonds propres par Ramsay Santé et s’inscrit dans un plan de digitalisation progressive de ses services de psychiatrie ambulatoire. L’expérimentation s’étendra sur six mois, au terme desquels une évaluation sera réalisée. Les résultats seront partagés avec les Agences Régionales de Santé (ARS) concernées. Selon Benoît Hue, Directeur des Opérations adjoint du pôle Santé Mentale du groupe, la solution vise à mieux répondre aux attentes actuelles des patients en matière de souplesse et d’accessibilité du suivi psychiatrique. En fonction des résultats, la généralisation de Doctrin pourrait être envisagée à l’échelle nationale dans les autres cliniques de santé mentale du groupe.

  • L’UE investit 1,3 milliard d’€ dans l’IA, la cybersécurité et les compétences numériques

    La Commission européenne adopte un programme de travail DIGITAL doté de 1,3 milliard d’euros pour accélérer le déploiement de technologies stratégiques, renforcer la cybersécurité et former les talents numériques en Europe. Ce financement, prévu dans le cadre du programme Europe numérique (DIGITAL), doit appuyer la souveraineté technologique du continent à travers plusieurs axes prioritaires : adoption de l’intelligence artificielle (IA), cybersécurité, cloud, données, services publics numériques et renforcement des compétences.

    IA générative, santé et services publics

    L’un des volets concerne l’accessibilité des applications d’IA générative, avec des cas d’usage dans les secteurs de la santé et du soin. Les financements serviront à tester des environnements immersifs (virtual worlds), à soutenir la mise en œuvre de l’AI Act et à déployer des espaces de données communs à faible consommation énergétique. Ces actions s’inscrivent dans l’initiative AI Factories, qui vise à développer des modèles d’IA pour les administrations et les entreprises.

    Compétences numériques et innovation publique

    Le programme soutient également les hubs européens pour l’innovation numérique (EDIH), qui accompagnent les entreprises et acteurs publics dans l’adoption de technologies avancées, en fournissant expertise, formation et accompagnement stratégique.

    Autres mesures annoncées :

    • Renforcement du programme Destination Earth pour modéliser numériquement la planète au service de l’adaptation climatique.
    • Mise en place de l’EU Cybersecurity Reserve pour sécuriser les infrastructures critiques, dont les hôpitaux.
    • Déploiement du portefeuille d’identité numérique européen et de son infrastructure de confiance.
    • Soutien aux institutions d’enseignement supérieur pour développer les compétences avancées et attirer les talents numériques.
    • Transformation des services publics via des solutions interopérables et efficaces.

    Prochaines étapes

    Les premiers appels à projets seront publiés en avril 2025, d’autres suivront tout au long de l’année. Les entités éligibles incluent entreprises, administrations publiques et organisations issues des États membres de l’UE, de l’Espace économique européen et des pays associés au programme DIGITAL. Les appels seront consultables sur le portail européen des financements et appels à projets. Avec un budget total de 8,1 milliards d’euros pour 2021-2027, DIGITAL est le premier programme de l’UE exclusivement dédié à l’adoption de technologies numériques par les entreprises et les citoyens. Il complète d’autres dispositifs européens comme Horizon Europe, EU4Health ou encore le plan de relance NextGenerationEU.

  • Plannings hospitaliers : l’IA dépasse les méthodes classiques dans un défi organisé par l’Anap

    L’IA prend l’avantage sur les cadres de santé dans un exercice de planification

    L’Agence nationale de la performance sanitaire et médico-sociale (Anap) a organisé un concours visant à tester l’efficacité de l’intelligence artificielle dans l’élaboration des plannings hospitaliers. Baptisé “le Duel”, ce challenge a opposé 20 cadres de santé, répartis en deux groupes : l’un utilisant des tableurs traditionnels, l’autre des solutions d’IA parmi Hopia, Probayes, Swappy, Medhop et Optacare. Quatre des cinq plannings jugés les plus performants ont été générés par des outils d’intelligence artificielle. Cette évaluation a été conduite par un jury composé de professionnels du secteur.

    Des résultats contrastés selon l’outil… et son utilisateur

    Au-delà de la performance globale de l’IA, l’Anap souligne que la qualité des résultats dépend aussi de la maîtrise des outils. Deux participants utilisant la même solution ont obtenu des scores différents, preuve que l’appropriation humaine reste un facteur déterminant. Matthieu Girier, directeur du pôle performance des ressources humaines à l’Anap, précise : « Cela montre également que certaines solutions doivent gagner en précision pour être parfaitement acculturées aux établissements sanitaires et médico-sociaux. » Face à ces résultats, l’Anap prévoit un accompagnement des éditeurs pour améliorer la maturité de leurs outils, ainsi qu’un soutien opérationnel auprès des établissements de santé pour faciliter le déploiement de ces technologies sur le terrain.

    Un Observatoire pour structurer les usages de l’IA en santé

    L’initiative s’inscrit dans une stratégie plus large. En partenariat avec la Direction générale de l’offre de soins (DGOS), l’Anap lance l’Observatoire des usages de l’IA en santé. Accessible en ligne, cette plateforme recense actuellement une cinquantaine de cas d’usage, couvrant des domaines variés : aide au diagnostic, personnalisation des soins, gestion financière, ou encore expérience patient. Ce répertoire sera enrichi progressivement par une veille active et des contributions professionnelles. Pour Stéphane Pardoux, directeur général de l’Anap, l’enjeu est clair : « faire connaître ces usages, les documenter et les partager pour qu’ils se multiplient dans notre pays. »

    Un événement dédié prévu en octobre 2025

    Enfin, l’Anap organisera le 14 octobre 2025 à Montrouge une journée nationale baptisée Perf.IA, entièrement consacrée aux usages concrets de l’intelligence artificielle en santé. Au programme : retours d’expérience, ateliers thématiques et échanges sur les pratiques à adopter pour intégrer l’IA dans l’organisation des établissements.

  • AAP : Jusqu’à 25 000 € pour des projets de recherche sur la dystrophie musculaire congénitale

    L’appel à projets 2025 soutiendra des travaux biomédicaux, fondamentaux ou translationnels, ciblant spécifiquement la mise au point de stratégies thérapeutiques contre la dystrophie musculaire congénitale par déficit en laminine alpha-2.

    Un partenariat pour stimuler la recherche sur une maladie rare

    La dystrophie musculaire congénitale liée au déficit en laminine alpha-2 (LAMA2-CMD), aussi appelée dystrophie congénitale avec déficit en mérosine de type 1A (MDC1A), est une pathologie neuromusculaire rare qui touche entre 1 et 4 naissances pour 100 000. Elle représente 30 à 40 % des dystrophies musculaires congénitales. D’origine génétique (mutation du gène LAMA2), elle entraîne une dégénérescence musculaire progressive, des retards de développement moteur et une réduction de l’espérance de vie. Malgré une compréhension partielle des mécanismes moléculaires de la maladie, il n’existe à ce jour aucun traitement curatif. Toutefois, depuis plus de dix ans, plusieurs initiatives scientifiques ont été lancées pour structurer la recherche, notamment en constituant des registres, en modélisant la maladie ou en explorant des pistes thérapeutiques.

    Critères d’éligibilité et financement

    L’appel est ouvert à tous les projets biomédicaux, qu’ils soient de recherche fondamentale ou translationnelle, dès lors qu’ils ciblent spécifiquement la LAMA2-CMD ou qu’ils présentent des résultats transférables à cette pathologie. Le projet doit démontrer son originalité, sa faisabilité, et l’adéquation entre la méthodologie et l’expertise de l’équipe.

    Le porteur principal doit appartenir à une structure de recherche publique, en France ou à l’étranger. En l’absence de poste permanent, un contrat couvrant la durée du projet (plus six mois) devra être fourni. Les dépenses éligibles incluent les salaires contractuels (hors personnel administratif), les consommables, les équipements (plafond de 2 000 €), les déplacements (2 000 €), les publications (2 000 €) et certaines prestations limitées (jusqu’à 10 % du budget). Aucun frais de gestion n’est accepté.

    Processus de sélection et suivi

    Les projets seront sélectionnés par un comité commun LAMA2 France – FFRD, sur la base de critères d’intérêt scientifique, de qualité, de faisabilité, du profil du porteur et de la cohérence budgétaire. Les experts et membres du comité sont soumis à un accord de confidentialité et d’absence de conflit d’intérêt. Le financement se déroulera en trois phases :

    • 50 % au démarrage.
    • 40 % après un rapport intermédiaire.
    • 10 % à la remise du rapport final.

    Les porteurs devront produire un résumé en français accessible aux membres de l’association. Une valorisation scientifique des résultats est attendue, avec au minimum une publication en revue à comité de lecture et une participation à une réunion scientifique organisée par LAMA2 France.

    Portail de candidature : Synto | Système de gestion des subventions de recherche

  • Le projet GEAR franchit une étape décisive dans la thérapie génique oculaire avec 4 M€ de soutien public

    Premiers résultats pour la thérapie génique en ophtalmologie

    Lancé en 2024, le consortium GEAR (Gene therapy Evaluation for the retina using AAV and AI-based Rational design) vient d’annoncer une avancée scientifique pour la thérapie génique appliquée aux maladies de la rétine. Porté par l’Institut de la Vision, WhiteLab Genomics et ADLIN Science, le projet a permis d’identifier quatre récepteurs cellulaires spécifiques, dont un servira de cible prioritaire pour développer de nouveaux vecteurs viraux (AAV). Ces protéines, localisées à la surface des cellules rétiniennes, facilitent le guidage des gènes thérapeutiques au sein des cellules malades. Selon Deniz Dalkara, directrice de recherche à l’Institut de la Vision, cette étape ouvre la voie à la création de bibliothèques de vecteurs AAV optimisés, qui seront testés in vivo dans les prochains mois.

    Lever les obstacles de la thérapie génique oculaire

    La localisation des cellules visuelles au fond de l’œil et l’absence de vecteurs spécifiques adaptés ont jusqu’ici freiné les progrès. GEAR vise à contourner ces difficultés en développant des vecteurs capables de franchir les barrières naturelles de l’œil, de cibler précisément les cellules affectées, et de limiter les doses administrées.

    L’IA au cœur de la conception de nouveaux vecteurs

    WhiteLab Genomics, en partenariat avec l’Institut de la Vision, mobilise des techniques d’intelligence artificielle et d’apprentissage automatique pour prédire, concevoir et évaluer in silico des variants de vecteurs viraux. Ces approches rationnelles permettent d’accélérer le développement de vecteurs personnalisés et plus efficaces pour franchir les barrières biologiques complexes de la rétine humaine. David Del Bourgo, CEO de WhiteLab Genomics, souligne que ces travaux illustrent le potentiel de l’IA pour transformer les modalités de développement et d’accès aux thérapies géniques. ADLIN Science apporte une infrastructure numérique centralisée pour gérer et visualiser les données multi-omiques du projet, via sa plateforme ADLIN Workspace. Cette solution facilite la standardisation des analyses de séquençage haut débit et la collaboration entre les équipes scientifiques.

    Un projet soutenu par France 2030 et la Région Île-de-France

    GEAR bénéficie d’un financement de 4 millions d’euros dans le cadre de l’appel à projets régionalisé i-Demo du plan France 2030, opéré par Bpifrance. Il est labellisé par le pôle de compétitivité Medicen. Ce soutien s’inscrit dans la stratégie nationale visant à positionner la France comme un acteur de premier plan dans le développement de biothérapies pilotées par l’intelligence artificielle.

  • L’Assemblée nationale vote la fin de la liberté d’installation des médecins : 155 voix pour une régulation contestée

    Adoptée dans la nuit du 2 au 3 avril, la réintroduction de l’article 1 de la proposition de loi sur les déserts médicaux place désormais toutes les installations médicales sous la tutelle des ARS, sans distinction de statut.

    Une régulation imposée, rejetée par la profession

    Voté à 23h50 par 155 députés contre 85 dans un hémicycle peu rempli, le texte supprime la liberté d’installation des médecins, qu’ils soient libéraux ou salariés. L’objectif affiché est de lutter contre les déserts médicaux, mais l’article 1, déjà rejeté en commission des affaires sociales, revient par amendement. Il impose désormais aux praticiens de s’implanter uniquement dans des zones considérées comme sous-dotées, selon les critères des Agences Régionales de Santé (ARS).

    Une mesure jugée inefficace et contre-productive

    Cette décision suscite une levée de boucliers. Dix-sept organisations représentatives, dont le Conseil national de l’Ordre des médecins, MG France, la CSMF, la FMF ou encore les syndicats d’internes (ISNI, ISNAR-IMG) dénoncent une réforme « dangereuse » pour l’accès aux soins. Les 4 580 communes non classées sous-dotées, bien qu’éloignées de la sur-dotation, seront exclues des futures installations, en dépit de l’augmentation de la demande de soins et de la démographie locale. Les signataires pointent une mesure qui pourrait aggraver la pénurie médicale en dissuadant les jeunes praticiens de s’installer, ou en les incitant à exercer à l’étranger.

    Un contresens sur les enjeux de terrain

    Les organisations professionnelles et les élus estiment que la mesure ignore les réalités de l’exercice médical : pénurie de praticiens, perte d’attractivité du métier, épuisement professionnel croissant. Selon eux, aucune mesure n’est prévue pour répondre aux difficultés structurelles pourtant régulièrement remontées aux pouvoirs publics. Ils appellent à des solutions concertées, ancrées dans les besoins réels des territoires et fondées sur la confiance entre patients et soignants, plutôt que sur la contrainte réglementaire.

    Une mobilisation annoncée

    Face à ce qu’ils qualifient de « démagogisme électoral », les représentants des médecins, internes, étudiants et élus ruraux annoncent qu’ils poursuivront leur mobilisation. Ils s’engagent à recourir à tous les leviers disponibles pour s’opposer à l’entrée en vigueur de cette réforme. Dans leur communiqué, ils interpellent directement le Premier ministre et les députés sur leur responsabilité politique. « Écoutez les professionnels qui sont au contact des patients chaque jour », concluent-ils.

  • François Bayrou évoque une possible régulation de l’installation des médecins pour répondre aux déserts médicaux

    Des inégalités territoriales persistantes

    S’adressant à la société civile, le Premier ministre a estimé que la situation actuelle ne pouvait plus être tolérée, appelant à une action rapide et concrète pour remédier à l’aggravation des inégalités territoriales en matière d’accès aux soins. « Il est de notre devoir d’entrer dans l’action », a-t-il déclaré, ajoutant que la question était « délicate » et nécessitait d’aborder « tous les ressorts de sa complexité ».

    Vers une régulation comparable à d’autres professions de santé

    François Bayrou a évoqué la nécessité de « sortir de l’enlisement et de l’impasse », estimant qu’« une régulation est probablement nécessaire », à l’image de ce qu’ont déjà décidé certaines professions de santé. Il a cité les chirurgiens-dentistes, qui ont eux-mêmes mis en place un dispositif visant à mieux répartir l’offre de soins sur le territoire.

    Une ouverture aux propositions parlementaires

    Le Premier ministre a également fait savoir que le Gouvernement restait attentif aux initiatives portées par les parlementaires. Il a notamment fait allusion, sans la nommer, à la proposition de loi transpartisane défendue par le député socialiste Guillaume Garot. Ce texte vise à encadrer l’installation des médecins – généralistes et spécialistes – dans les zones sous-dotées, en conditionnant leur autorisation d’exercice à une validation par les agences régionales de santé (ARS).