Plus de 19 millions d’usagers ont activé leur profil Mon espace santé (MES), soit près de 27 % des assurés sociaux disposant d’un carnet numérique. Cette dynamique, confirmée lors du 12e Comité de suivi du Ségur numérique le 2 avril 2025, est portée par une hausse continue de l’alimentation du dossier, qui a atteint en février un rythme annuel de 362 millions de documents, en hausse de 27 % par rapport à l’année précédente.
Vers l’exhaustivité du carnet de santé numérique
L’atteinte d’une « masse critique » de documents étant franchie, l’enjeu devient désormais l’exhaustivité. Les efforts se concentrent sur les documents jugés prioritaires pour la coordination des soins : lettres de liaison hospitalières (55 % des séjours donnent lieu à un envoi dans MES), comptes rendus de biologie (27 % en ville) et d’imagerie (33 %), ou encore les ordonnances et bilans en médecine de ville. La mise en œuvre de la vague 2 des logiciels référencés Ségur doit permettre d’améliorer la qualité de l’alimentation, notamment en limitant les doublons.

Une consultation déjà effective, en attendant les outils à venir
L’usage de MES dépasse la simple alimentation : 90 % des documents sont consultés par les patients. Côté professionnels, plus de 51 000 médecins libéraux et 2 370 hospitaliers ont accédé à un DMP en février 2025, avec près de 500 000 documents lus. Ces usages devraient s’intensifier avec les fonctionnalités de la vague 2, qui visent à simplifier l’accès via les logiciels métiers et à intégrer les images médicales dans un réseau national (DRIM-M).
Deux tiers des ESMS équipés d’un DUI Ségur
Dans le médico-social, la vague 1 du Ségur et le programme ESMS Numérique ont permis à 65 % des établissements d’adopter un Dossier Usager Informatisé (DUI) référencé. Une phase d’expérimentation conduite dans 55 ESMS a mis en évidence les premiers usages, centrés sur les partages d’ordonnances, de comptes rendus et d’historiques de vaccination, avec un recours marqué à la messagerie MSSanté. Un plan d’action est proposé pour consolider ces débuts : renforcer le cadre réglementaire (notamment pour les professionnels à rôle), accompagner les équipes dans l’usage de MES, et améliorer les logiciels métiers. La vague 2 médico-sociale, attendue pour l’été 2025, intégrera ces retours.
À l’horizon 2027 : un accès systématique au DMP à l’hôpital
L’hôpital reste le secteur le plus complexe à transformer. L’objectif est que d’ici le premier trimestre 2027, une majorité d’établissements permettent à leurs professionnels de consulter les DMP depuis le DPI. Ce chantier implique des adaptations techniques (interopérabilité, qualification INS, accès sécurisé) et organisationnelles, appuyées par les programmes HOP’EN2, Hospiconnect et CaRE.

Outre les dispositifs pour les médecins de ville et les établissements d’imagerie, encore en cours de déploiement, la vague 2 du Ségur numérique s’étendra aux officines, biologistes, sages-femmes, paramédicaux et chirurgiens-dentistes. Le pilotage national s’appuie également sur l’approche « Sentinelle », qui recense et traite les obstacles de terrain, qu’ils soient techniques, réglementaires ou liés aux pratiques.
Le prochain Comité de suivi est prévu le 5 novembre 2025.
SÉGUR DU NUMÉRIQUE EN SANTÉ – COSUI Ségur numérique #12 – Mercredi 2 avril 2025
