Mutualiser les ressources grâce aux collaborations public-privé
L’IA transforme la prise en charge des patients en oncologie. En intégrant des algorithmes d’apprentissage automatique et des systèmes d’analyse de données, elle améliore la précision des diagnostics, optimise les traitements et renforce la médecine personnalisée. Ces outils exploitent des volumes massifs de données cliniques, d’imagerie médicale et de génomique pour identifier des schémas complexes. L’analyse prédictive, basée sur des modèles algorithmiques, favorise une meilleure évaluation des risques et une allocation plus efficace des ressources. Les partenariats public-privé (PPP) jouent un rôle clé dans l’intégration de l’IA en oncologie. Ces collaborations combinent les ressources et expertises des institutions publiques, des hôpitaux et des entreprises privées pour accélérer la recherche, le développement de solutions technologiques et leur application clinique. Ces alliances permettent de mutualiser les moyens financiers et techniques, tout en facilitant l’accès aux données médicales et à des infrastructures de calcul performantes. Plusieurs initiatives, telles que la Filière intelligence artificielle et cancer (Fiac), le programme Fresh, ou encore le projet Mosaic, illustrent cette dynamique.
- Filière Intelligence Artificielle et Cancer (Fiac)
Créée en 2021, la filière intelligence artificielle et cancer (FIAC) rassemble des partenaires publics et privés pour intégrer l’IA dans la lutte contre le cancer. Les membres incluent l’Institut national du cancer (INCa), le Health Data Hub, l’Alliance ARIIS, ainsi que plusieurs laboratoires pharmaceutiques tels qu’Amgen, AstraZeneca, Janssen-Cilag, MSD France, Novartis, Pfizer, Pierre Fabre, Roche Diagnostics France, et Bristol-Myers Squibb. La Fiac a pour objectif de transformer les données de santé en outils diagnostiques et thérapeutiques, d’améliorer les méthodes de collecte et d’analyse de ces données, et de positionner la France comme un leader en oncologie appliquée à l’IA. Elle œuvre pour renforcer la confiance des professionnels et des patients dans l’utilisation des données. Depuis sa création, la FIAC a initié dix projets, dont une étude menée par AstraZeneca comparant les données publiques et privées sur des patients atteints de cancer du poumon traités sous autorisation temporaire d’utilisation (ATU). Ce projet a permis d’améliorer le suivi à long terme des patients et d’optimiser les stratégies thérapeutiques.
- Projet Mosaic : Multi-Omic Spatial Atlas in Cancer
Le projet Mosaic réunit des partenaires académiques, hospitaliers et industriels pour cartographier le microenvironnement tumoral grâce à des technologies multi-omiques et à l’IA. Financé par l’Union européenne dans le cadre du programme Horizon Europe, ce partenariat inclut l’hôpital Bicêtre AP-HP, qui utilise l’outil d’IA RlapsRisk BC, développé par Owkin pour prédire les rechutes du cancer du sein. Mosaic développe un atlas spatial des tumeurs en combinant des données biologiques variées, telles que l’expression génique, les protéines et l’imagerie. L’objectif est de comprendre les interactions entre les cellules tumorales et leur environnement, et d’identifier des cibles thérapeutiques. Une avancée majeure a été l’analyse des tissus tumoraux issus de plusieurs types de cancers, permettant de caractériser des biomarqueurs spécifiques. Les résultats de Mosaic, couplés à des algorithmes d’IA, facilitent des traitements personnalisés et renforcent la précision des soins en oncologie.
- Paris Saclay Cancer Cluster (PSCC)
Lancé dans le cadre du plan France 2030, le PSCC regroupe des acteurs académiques, industriels et hospitaliers, notamment l’Institut Gustave Roussy, l’Université Paris-Saclay, le CNRS, Inserm, et des entreprises biotechnologiques et pharmaceutiques. Son objectif est de transformer la recherche fondamentale en solutions diagnostiques et thérapeutiques innovantes. Désigné premier lauréat de l’appel à manifestation d’intérêt “Biocluster” en décembre 2022, le PSCC soutient les collaborations entre membres et attire de nouveaux partenaires, avec l’ambition d’accueillir 200 membres d’ici 2027. Il accompagne les start-ups dans la mise sur le marché de leurs innovations thérapeutiques.
- PR[AI]RIE : CNRS, Inria, Institut Pasteur, Universités PSL et Paris Cité
Le programme PR[AI]RIE regroupe des institutions académiques comme le CNRS, l’Inria, l’Institut Pasteur, et des industriels tels que Google et Meta. Ce programme développe des outils d’IA pour analyser les données biomédicales et environnementales, modéliser les maladies et prédire les impacts environnementaux sur la santé. Devenu PR[AI]RIE-PSAI (Paris School of AI) en 2024 grâce à une dotation de 75 millions d’euros du programme France 2030, il met désormais l’accent sur l’éducation, offrant un cursus intégré de la licence au doctorat en IA appliquée.
- Programme Fresh : French Sequencing Hub for Liquid Biopsy
L’Institut Gustave Roussy pilote le programme Fresh, qui se consacre à l’analyse des biopsies liquides pour améliorer le diagnostic et le suivi des cancers. Fresh mobilise des technologies de séquençage pour détecter et analyser l’ADN tumoral circulant (ctDNA) dans le sang des patients, permettant une personnalisation des traitements et un suivi en temps réel des tumeurs, sans recourir à des biopsies invasives. Fresh a développé une plateforme centralisée de séquençage ayant déjà permis de détecter des mutations génétiques spécifiques chez des patients atteints de cancers métastatiques. En 2023, plus de 1 000 analyses ont été réalisées, accompagnées de recommandations thérapeutiques issues de réunions pluridisciplinaires.
