Nabil

  • Directive NIS 2 : Trois ans pour renforcer la sécurité des hôpitaux face aux cybermenaces

    Des attaques qui fragilisent le système de santé français

    Vendredi 23 septembre 2022, un groupe de cybercriminels nommé Lockbit diffuse 11 gigaoctets de données de santé sur le marché noir. Volée un mois auparavant à l’Hôpital de Corbeil-Essonnes, la base de données comprenait des informations sensibles et confidentielles sur les patients (dossiers médicaux), le personnel hospitalier et les partenaires de l’établissement. Versailles en 2022, Brest en 2023 ou encore Armentières en 2024, cette affaire est loin d’être la seule.

    Nombre moyen de cyberattaques hebdomadaire, par industrie, dans le monde, au premier trimestre 2023 (Check point software technologies)

     

    NIS 2 : obligations, résilience et notification des incidents, un cadre renforcé pour la sécurité numérique

    La directive NIS 2 (Network and Information Systems Security 2) est une réglementation européenne adoptée pour renforcer la cybersécurité des infrastructures critiques et des entités importantes dans les États membres de l’Union européenne. NIS 2 est une révision et un élargissement de la première directive NIS (2016), en réponse aux évolutions des menaces cyber et à la digitalisation croissante. NIS 2 couvre un plus grand nombre de secteurs et d’établissements critiques par rapport à la version précédente, notamment dans le domaine de la santé. La directive impose des obligations uniformes comme en matière de sécurisation des chaînes d’approvisionnement, de résilience des systèmes ou encore d’obligations de notification des incidents majeurs.

    NIS 2 distingue deux catégories de structures : les entités essentielles et les entités importantes. Les premières regroupent les grandes entreprises, les collectivités locales de plus de 30 000 habitants, les opérateurs de communications électroniques et les établissements publics. Les entités importantes incluent des structures plus petites mais stratégiques, telles que des établissements d’enseignement réalisant des recherches ou des collectivités locales moyennes. Ces entités devront se conformer à plusieurs obligations. La directive impose une évaluation des risques pour identifier les vulnérabilités internes et celles liées aux fournisseurs. La notification des incidents de sécurité à l’Anssi devient une exigence, avec des modalités spécifiques à déterminer par décret. La résilience des systèmes d’information et la formation des équipes à la cybersécurité font aussi partie des impératifs.

    3 ans pour s’enregistrer, et annoncer ses objectifs d’investissements en cybersécurité

    La directive doit encore être transposée en droit national, avec un projet de loi présenté au Conseil des ministres et en attente de discussion au Parlement. L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) a commencé à préparer cette transition en identifiant les acteurs concernés et en fixant des obligations. Le 17 octobre, lors des Assises de la sécurité à Monaco, le directeur général de l’Anssi Vincent Strubel a rappelé aux Assises de la sécurité que l’entrée en vigueur de NIS 2 n’entraînerait pas de changements immédiats drastiques. Les structures ont trois ans pour se mettre en conformité avec un “socle minimal” à atteindre. Les hôpitaux devront s’enregistrer sur le portail monespaceNIS 2, notifier les incidents et justifier des investissements en cybersécurité. La France a recensé au moins 15 000 structures concernées. Bien que de nombreux acteurs aient déjà commencé à travailler sur le sujet, et que l’Anssi soit dans une approche d’accompagnement, le compte à rebours a commencé.

    En 2023, plus de 250 attaques informatiques ont visé des hôpitaux français.

     

  • Shaiped : Un consortium de 30 acteurs européens pour accélérer l’IA en santé

    Vers un espace Européen des données de santé

    Le projet se déroule en parallèle de la mise en place, prévue fin 2024, du Règlement pour l’Espace Européen des Données de Santé (EHDS), qui vise à créer un cadre commun pour l’utilisation des données de santé en Europe. SHAIPED rassemble 30 partenaires de 11 États membres, incluant des futurs organismes responsables de l’accès aux données de l’EHDS, ce qui en fait le plus grand consortium à ce jour. Cette initiative, confié au HDH par la Commission européenne, vise à ordonner une infrastructure de partage permettant l’usage secondaire des données de santé. Doté de 4 millions d’euros, ce projet renforce l’usage de l’intelligence artificielle (IA) dans les dispositifs médicaux en Europe.

    SHAIPED : une stratégie pour l’accès, la validation et l’intégration des dispositifs médicaux intelligents

    L’un des défis pour les dispositifs médicaux basés sur l’IA est l’accès aux données de vie réelle, indispensables pour entraîner tester et valider ces outils. SHAIPED se fixe pour objectif d’y répondre à travers plusieurs axes de travail :

    • Faciliter l’accès aux données pour les DM à base d’IA : Cela implique de garantir un accès sécurisé et conforme aux normes de protection des données, tout en permettant l’exploitation de larges ensembles de données de santé.
    • Valider l’efficacité clinique des DM : Les outils d’IA doivent prouver leur valeur clinique à grande échelle et dans des contextes variés.
    • Intégrer les DM dans les systèmes d’information de santé (SI) : L’harmonisation avec les SI de santé européens est un facteur clé pour une adoption à large échelle.

    Cas d’usage et innovations en santé numérique

    Trois cas d’usage seront développés pour tester les solutions du consortium. Ces initiatives démontrent le potentiel de l’IA dans le renforcement des systèmes de santé :

    • Insuffisance rénale chronique : Ce projet, coordonné par l’hôpital universitaire d’Aarhus au Danemark, évalue l’adaptabilité des modèles d’IA sur des cohortes issues de plusieurs pays européens.
    • Détection des métastases : Mené en partenariat avec le Centre Léon Bérard et le Health Data Hub, ce projet analysera l’efficacité de l’IA pour identifier des métastases pulmonaires et interpréter les mammographies.
    • Prévention de l’insuffisance cardiaque : Confié à la société française Implicity, ce projet testera un logiciel d’IA dédié aux pacemakers pour prévenir l’insuffisance cardiaque.

    Dans un contexte de concurrence internationale accrue, le projet SHAIPED s’inscrit dans une démarche stratégique visant à renforcer la compétitivité des entreprises européennes dans le domaine de la santé numérique. SHAIPED, dont le lancement est prévu en 2025, présentera un premier bilan à l’automne de la même année.

     

  • Prise en charge du cancer de la prostate : RIV, IA, des innovations à l’Institut Curie

    Une maladie fréquente mais un pronostic en amélioration

    Le cancer de la prostate demeure la pathologie cancéreuse la plus diagnostiquée chez les hommes en France, avec environ 60 000 nouveaux cas chaque année. Le risque augmente nettement après 50 ans. Avec un taux de survie estimé à 93 % cinq ans après le diagnostic, le pronostic est généralement favorable. Les traitements actuels sont efficaces, mais le vieillissement démographique nécessite une amélioration continue des stratégies de dépistage et de prise en charge.

    IA et radiothérapie ciblée

    L’Institut Curie intègre de nouvelles technologies, basées sur l’intelligence artificielle, pour diagnostiquer le cancer de la prostate. Un logiciel développé par Ibex sera intégré au service de pathologie à partir de mi-novembre 2024. Cet outil d’IA numérise et analyse les échantillons, identifiant automatiquement les anomalies. Le Pr Yves Allory précise que cet appui permet de renforcer l’efficacité des analyses et de faciliter les décisions médicales.

    Sur le plan thérapeutique, la radiothérapie interne vectorisée (RIV) constitue une nouvelle approche pour traiter les cas métastatiques. Cette technique, mise en place à l’Institut Curie depuis octobre 2024, repose sur l’administration ciblée d’un isotope radioactif combiné à une molécule capable de se fixer aux cellules cancéreuses. En préservant les tissus non touchés, cette méthode est plus précise pour les cas avancés, tout en retardant l’hormonothérapie. L’Institut Curie dispose de quatre chambres RIV.

    Des recherches sont en cours pour valider un test urinaire non invasif, fondé sur l’identification de biomarqueurs présents dans l’ADN non codant. Ce test pourrait réduire le recours aux biopsies, améliorant la détection précoce tout en diminuant les contraintes pour les patients. L’essai, débuté fin 2022 et ayant inclus 118 participants, est terminé. L’analyse des résultats est en cours. Elle évaluera l’efficacité de ce test pour le diagnostic, le pronostic et la surveillance des cancers de la prostate.

    Accessibilité : lancement de l’IRM-Linac en janvier 2025

    Depuis près de deux ans, le service de pathologie de l’Institut Curie fonctionne avec la numérisation systématique des échantillons tumoraux des nouveaux patients. L’outil d’IA “Ibex prostate” réalise une analyse continue et automatisée, ce qui aide les pathologistes à affiner les résultats et à mieux orienter les stratégies thérapeutiques.

    Ces innovations sont progressivement déployées dans des centres spécialisés. À partir de janvier 2025, l’Institut Curie prévoit de rendre opérationnel un système IRM-Linac, combinant imagerie de haute précision et radiothérapie. Ce dispositif permettra d’adapter le traitement, limitant les effets secondaires et les risques de toxicité.

    Dans les prochaines années, un homme sur sept environ développera un cancer de la prostate.

     

  • VBHC : leçons du congrès ICHOM, “start simple, simply start” pour des soins centrés sur la valeur

    Changer les paradigmes de soins : l’approche centrée sur la Valeur en Santé

    L’International Consortium for Health Outcomes Measurement (ICHOM), fondé en 2012 par le Professeur Porter, avec le Dr Stefan Larsson du Boston Consulting Group, et le Professeur Martin Ingvar ode Karolinska Institutet in Stockholm pour développer un cadre pratique qui permettra aux systèmes de santé d’évoluer vers une approche axée sur la valeur pour le patient, tout en améliorant l’efficacité globale des soins et en garantissant une meilleure utilisation des ressources disponibles. L’objectif d’ICHOM est simple mais profond : faire en sorte que les soins de santé se concentrent sur ce qui compte réellement pour les patients. Pour cela, il développe des normes mondiales pour mesurer les résultats en santé (les Outcomes Sets), aidant ainsi les hôpitaux, cliniques et systèmes de santé à mieux comprendre et améliorer les résultats qui comptent le plus pour les patients. Cette année, plus de 650 participants venus de plus de 45 pays se sont réunis pour échanger, partager leurs expériences et débattre des meilleures pratiques à adopter pour concrétiser l’avenir des soins sur le modèle appelé Value-Based Healthcare (VBHC), ou Valeur en Santé. Cet événement a mis en lumière l’élan croissant derrière ce mouvement mondial.

    Un message essentiel de ce congrès est que l’avenir des soins de santé commence dès maintenant. L’approche VBHC ne doit pas attendre des réformes globales ou des solutions parfaites pour être mise en œuvre. Chaque action, même modeste, peut rapprocher les patients, les soignants et les systèmes de santé d’un modèle où la valeur est au cœur des soins. Comme l’a exprimé Elizabeth Teisberg : “Start simple, simply start.” Ainsi, chaque acteur du secteur de la santé est invité à commencer dès maintenant, avec des changements progressifs mais significatifs qui placeront la qualité et les résultats des patients au centre des décisions.

    Avant de plonger dans les moments forts du congrès, il est important de bien comprendre ce que signifie réellement la Valeur en Santé (VBHC). Traditionnellement, les systèmes de santé fonctionnent sur un modèle dit de paiement à l’acte, où les établissements de soins, les médecins, les paramédicaux sont payés en fonction du nombre d’examens, traitements ou interventions qu’ils réalisent, sans nécessairement tenir compte de du résultat réel sur la santé du patient. Le VBHC vise à changer cela en se concentrant sur les résultats, c’est-à-dire que les professionnels de soins sont récompensés pour la qualité des soins qu’ils offrent et pour l’amélioration de la santé des patients. Dans ce système, ce qui compte le plus, ce sont les indicateurs rapportés par les patients (PROMs) et les mesures d’expérience des patients (PREMs). Les PROMs évaluent les résultats des soins—comme la capacité d’un patient à retrouver une vie active après une opération—tandis que les PREMs mesurent l’expérience des soins, par exemple, comment le patient s’est senti pendant son séjour à l’hôpital.

    Principaux enseignements du congrès : Le rôle de la culture dans la transformation des soins de santé

    Cette année, plusieurs thèmes majeurs et idées clés ont émergé du congrès, apportant des éclairages sur les étapes concrètes déjà franchies dans la mise en œuvre de la VBHC à travers le monde. Voici les moments forts :

    Un enseignement central du congrès est que transformer les soins de santé ne repose pas seulement sur une stratégie, mais sur un changement de culture au sein des organisations de santé. Lors d’une session organisée par le Forum Économique Mondial, les intervenants ont souligné que l’adoption de la VBHC nécessite un changement de mentalité, où les professionnels de santé et les administrateurs adoptent une approche centrée sur le patient. Comme l’a souligné un intervenant : « La culture mange la stratégie au petit-déjeuner », ce qui signifie que, peu importe la qualité de la stratégie, elle ne réussira que si une culture la soutient. Ce changement culturel est essentiel pour passer d’un modèle de soins basé sur le volume, où le succès est mesuré par le nombre d’interventions, à un système où le succès est défini par l’impact positif sur la vie des patients.

    Plusieurs intervenants ont mis en lumière les quatre piliers clés nécessaires pour que la VBHC réussisse :

    • Les partenariats public-privé : La collaboration entre les gouvernements, les prestataires de soins et les entreprises privées est essentielle pour favoriser l’innovation et mettre en œuvre la VBHC à grande échelle.
    • Les modèles de changement VBHC : La mise en œuvre de la VBHC nécessite des cadres structurés pour guider la transition du paiement à l’acte vers des soins axés sur les résultats.
    • Le financement axé sur la valeur : Les modèles de financement doivent évoluer pour soutenir la VBHC, en garantissant que les prestataires de soins soient récompensés pour l’amélioration des résultats des patients, et non simplement pour la quantité de soins fournis.
    • Les données et la technologie : L’utilisation d’outils numériques pour collecter et analyser les données des patients en temps réel est essentielle pour suivre les résultats et améliorer en continu les soins.

    Apprentissage de l’expérience italienne avec les PROMs et PREMs

    Une présentation particulièrement marquante a été celle de Sabina De Rosis et Angela Durante, qui ont partagé leur expérience en Italie, où elles ont intégré les PROMs et PREMs dans les systèmes de performance des hôpitaux. Cette approche permet de suivre en temps réel l’expérience et les résultats des patients, offrant ainsi des enseignements précieux pour améliorer la qualité des soins.

    En Italie, par exemple, grâce à ces mesures, les hôpitaux ont pu ajuster leurs processus de soins, ce qui a conduit à une meilleure satisfaction des patients et à des résultats de santé améliorés. Cela montre clairement que mesurer ce qui compte pour les patients—comme leur capacité à reprendre une vie normale ou leur niveau de douleur—peut conduire à des soins de meilleure qualité pour tous.

    L’argument économique de la VBHC : Un exemple français

    Un autre sujet passionnant a été le bénéfice économique de la VBHC. En France, l’organisme UniHA a partagé un exemple montrant comment la VBHC peut à la fois sauver des vies et réduire les coûts. Ils ont travaillé avec 3M pour lancer un projet visant à prévenir l’hypothermie pendant la chirurgie. En s’assurant que la température corporelle des patients reste au-dessus de 36°C, ils ont pu réduire les infections post-opératoires, diminuer la durée des séjours à l’hôpital et abaisser les taux de mortalité. Ce projet démontre que la VBHC profite non seulement aux patients, mais permet aussi de réaliser des économies pour les hôpitaux et les systèmes de santé.

    Répondre aux besoins des personnes âgées grâce à la VBHC

    Avec des populations vieillissantes dans le monde entier, le congrès a aussi exploré comment la VBHC peut répondre aux besoins spécifiques des personnes âgées. Des experts venus de Singapour, d’Italie, du Canada et d’Afrique du Sud ont partagé des approches innovantes pour offrir des soins adaptés aux personnes âgées. Par exemple, des outils numériques comme les montres connectées et l’application ValueCare ont été présentés comme des moyens de fournir un soutien personnalisé et mis à jour en continu, permettant aux personnes âgées de maintenir leur autonomie le plus longtemps possible.

    Une initiative réussie, appelée “Home Flu Squad” au Canada, a également montré comment des équipes de soins peuvent fournir des services directement à domicile aux personnes âgées pendant les épidémies de grippe, réduisant ainsi les visites aux urgences et améliorant les résultats de santé globaux.

    La révolution des soins dirigés par les patients

    Un thème clé tout au long du congrès a été le rôle des patients dans la transformation des soins de santé. Susanna Fox, pionnière et auteur du livre Rebel Health, a souligné que les patients, les survivants et les aidants devraient être considérés comme des partenaires égaux dans les décisions de santé. Elle a insisté sur le fait que la VBHC donne une voix plus forte aux patients, leur permettant de partager leurs résultats et leur expérience, ce qui améliore finalement la qualité des soins.

    Fox a lancé un message inspirant : « Leur corps, leurs données », signifiant que les patients devraient avoir un accès complet à leurs informations de santé et être activement impliqués dans les décisions concernant leur traitement, pour s’en approprier. Cette révolution dirigée par les patients n’est pas seulement une source d’autonomisation, elle pousse aussi les systèmes de santé à devenir plus réactifs et personnalisés.

    La santé numérique et l’intelligence artificielle (IA)

    La technologie joue un rôle dans la VBHC, notamment en ce qui concerne la mesure des résultats et l’amélioration de l’engagement des patients. Les sessions sur l’intelligence artificielle (IA) ont exploré comment les outils numériques peuvent aider les prestataires de soins à identifier les patients nécessitant une attention urgente et à prendre de meilleures décisions en fonction de données en temps réel. Cependant, les intervenants ont averti que, bien que l’IA soit prometteuse, elle doit être utilisée avec précaution pour améliorer, et non remplacer, les relations humaines qui sont au cœur des soins.

    Par exemple, l’IA peut rendre les PROMs plus significatifs en les transformant en outils qui guident réellement les soins, plutôt que de simples exercices de collecte de données. Mais comme l’a souligné Elizabeth Teisberg, « La technologie doit renforcer les relations, pas les remplacer », rappelant que l’interaction humaine reste au cœur des soins de santé.

    L’avenir des soins de santé commence maintenant, simplement

    Le congrès ICHOM 2024 a démontré que l’avenir des soins de santé est déjà en marche, avec la santé basée sur la valeur (VBHC) au cœur de cette transformation. Ce modèle, centré sur les résultats des patients, n’est pas une idée abstraite ou un concept lointain, mais une réalité concrète qui est en train de façonner les systèmes de santé à travers le monde dès aujourd’hui.

    Ce qui ressort du congrès, c’est que la transformation ne se fait pas d’un coup, mais par des actions simples et progressives, qui ont un impact direct sur la qualité des soins et sur la vie des patients. 

    • Plutôt que de viser un changement total dès le départ, il s’agit de commencer par des actions tangibles, telles que l’intégration d’indicateurs rapportés par les patients (PROMs), la mise en place de modèles de financement axés sur la valeur, ou encore l’utilisation des données numériques pour ajuster les soins en temps réel. Chaque petite étape compte, car elles s’additionnent pour construire un système où la valeur, et non le volume, est au centre des soins.
    • Le congrès a également été l’occasion de présenter des initiatives prometteuses, notamment la mise en lumière de quatre membres du bureau de la toute nouvelle société savante VBHC France. Cette organisation, encore jeune, se donne pour mission de promouvoir et structurer l’approche VBHC en France, en s’appuyant sur les meilleures pratiques internationales tout en adaptant la démarche au contexte français. Leur présence souligne l’importance de la mobilisation des acteurs nationaux dans cette transformation.
    • Alors que de plus en plus d’organisations de santé dans le monde s’engagent sur le chemin de la VBHC, il est évident que l’accès à des ressources et un accompagnement ciblé peuvent faire toute la différence. La France n’échappe pas à cette dynamique. Certaines structures, à l’instar de l’Institut Français de la Valeur en Santé, offrent des outils concrets pour aider à catalyser ce changement en apportant un soutien personnalisé, que ce soit dans la définition de nouveaux indicateurs ou dans la mise en œuvre de modèles de soins innovants.
    • Ce qui ressort des discussions au congrès, c’est que les organisations qui réussissent à amorcer cette transformation font preuve de pragmatisme, en commençant par des changements mesurés et progressifs. Avec des initiatives comme celles portées par l’Institut Français, les acteurs de la santé peuvent trouver un soutien pour démarrer cette transition de manière structurée, en s’appuyant sur des approches adaptées à leur réalité.

     

  • PLFSS 2025 / Imagerie : la FNMR dénonce l’ombre d’une nouvelle financiarisation du secteur

    Les régulations du PLFSS contestées

    Le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2025 prévoit des mesures d’économie qui touchent le secteur de l’imagerie médicale, l’une des cibles des parlementaires. La FNMR a réagi, soulignant l’impact sévère des mesures proposées sur la profession. Les mesures visent une réduction des dépenses d’assurance maladie en ville, où les coûts de l’imagerie ont augmenté de 8,5 %.

    L’objectif affiché par le Gouvernement est de maîtriser cette hausse à travers des régulations spécifiques. En cas d’absence d’accord sur un plan d’économie d’au moins 300 millions d’euros d’ici 2027, l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (Uncam) pourrait imposer des baisses de tarifs pour atteindre ce seuil.

    Une mise en garde contre la dérive de la financiarisation

    Le sujet de la pertinence des actes en imagerie médicale dans le cadre du PLFSS n’est pas nouveau. Depuis plusieurs années, les mesures de rationalisation des dépenses de santé incluent fréquemment des efforts pour limiter les actes jugés non pertinents, qu’il s’agisse de prescriptions médicales, d’imagerie ou de biologie médicale.

    La FNMR rappelle que le secteur a déjà participé aux efforts d’économie, notamment via la réforme sur la dispensation de produits de contraste, et estime qu’une nouvelle baisse de tarifs serait intenable. Elle souligne que les tarifs des actes d’imagerie n’ont pas été revalorisés depuis 2005, malgré l’augmentation des coûts de fonctionnement des centres.

    Enfin, la fédération rappelle que ce sont les radiologues qui évaluent la pertinence des demandes, selon la situation clinique des patients. Elle dénonce par ailleurs des décisions perçues comme « purement comptables », faisant référence à une tendance à la financiarisation des structures radiologiques, pointée par un récent rapport du Sénat.

     

  • Interopérabilité : qu’est-ce que « Go & Fast to FHIR », l’offre du nouvel entrant sur le marché Health-Comm France ?

    Renforcer l’interopérabilité des systèmes de santé

    Health-Comm France, nouvelle filiale de la société Data Medicine Infinity (DMI), annonce son lancement sur le marché français avec pour mission de répondre aux enjeux d’interopérabilité des systèmes d’information en santé. Présente en Allemagne, Autriche et Suisse, DMI voit sa filiale française simplifier les échanges de données entre les acteurs de santé comme les hôpitaux, cliniques, médecins de ville, laboratoires et plateformes de santé numérique. Health-Comm France mise sur la technologie Cloverleaf d’Infor (intranets, workflows…), déployée sur plus de 10 000 sites, auprès de 570 établissements hospitaliers.

    Une offre centrée sur la fluidité des échanges et la sécurité des données :

    Health-Comm France propose une suite de solutions numériques pour renforcer l’interopérabilité entre les systèmes d’information hospitaliers. Parmi celles-ci, une intégration d’applications d’entreprise (EAI) multi-établissements en mode SaaS (software as a service) ou hybride permet d’assurer la sécurité des échanges et de réduire les coûts d’exploitation. Un serveur FHIR est proposé pour structurer les données de santé selon des standards internationaux ou des éditeurs de logiciels. L’offre comprend également la plateforme numérique iPaaS (Infor OS), pour développer des réseaux intranet et extranet adaptés aux besoins des établissements et de leurs partenaires. Un réseau privé virtuel (VPN) sécurisé garantit la confidentialité des échanges.

    L’approche de Health-Comm France inclut, par ailleurs, la méthode « Go & Fast to FHIR », destinée à accélérer l’adoption du standard FHIR par les établissements de santé français. Cette initiative vise à faciliter l’urbanisation des données pour en tirer une meilleure valeur, notamment à travers l’intelligence artificielle (IA) et la gestion simplifiée des flux d’informations. Cette méthode est rendue possible grâce au “pacte Idea” de l’entreprise.

    Un pacte ambitieux pour une indépendance des données de santé :

    Le Pacte Idea a pour ambition de rendre les données de santé souveraines, sécurisées et interopérables. Il repose sur l’agrégation des données provenant des systèmes d’information hospitaliers (SIH) et de santé (SIS) dans une architecture souveraine, plaçant le contrôle et la sécurité des données au cœur des priorités. C’est une approche qui vise à créer une “mémoire médicale” exhaustive et nominative, garantissant une protection maximale et une utilisation équitable des informations de santé. Pour cela, les données seront urbanisées et reformattées selon le standard HL7-FHIR, facilitant leur accessibilité pour tous les acteurs du secteur sans perturber les systèmes existants. Le pacte propose une collaboration avec un fournisseur stratégique disposant de solutions préconstruites. Cela permet de réduire le temps de création des mappings de données et de libérer les équipes pour se concentrer sur leurs innovations.

    En parallèle, l’annotation et l’indexation des données selon le référentiel international Snomed CT sont recommandées pour une exploitation plus riche des informations médicales. La “mémoire médicale” ainsi créée devient indépendante des systèmes producteurs, tout en étant exhaustive, sécurisée et ouverte, promouvant une santé équitable et participative.

    Pacte “Idea” :

    Interconnecter toutes les données médicales, évoluer vers l’ambition d’indépendance de vos données :

    • Interconnecter : relier tous les SI pour permettre un partage fluide et sécurisé des données dans un format indépendant des SI producteurs, entre les professionnels de santé, les patients et les institutions. (Solutions d’interopérabilité avancées – EAI multi-établissements en mode SaaS / FHIR / SNOMED CT) ;
    • Données médicales : exploiter l’exhaustivité des données médicales pour améliorer la prise de décision clinique et l’efficacité des systèmes de santé en proximité des patients/citoyens ;
    • Évoluer : s’adapter aux innovations et aux exigences croissantes du secteur de la santé numérique pour améliorer en continu les pratiques et les technologies ;
    • Ambition pour une stratégie data, visant l’indépendance des données pour leur meilleure valorisation.

    Interopérabilité, un enjeu stratégique

    L’interopérabilité des systèmes d’information en santé est depuis longtemps un sujet sensible en France. Les initiatives de digitalisation, malgré les investissements publics importants, se heurtent encore à de nombreux obstacles. Une enquête de l’Agence du numérique en santé (ANS) révélait en 2023 que 70 % des établissements de santé faisaient face à des difficultés d’intégration liées à la diversité des systèmes et à l’absence de standards partagés. Les projets en cours, comme le programme Hop’en, visent à améliorer l’interopérabilité, mais les retards et les incohérences restent fréquents. Aussi, se posent des questions sur la dépendance technologique des hôpitaux français vis-à-vis de solutions externes, et sur la compatibilité à long terme avec les systèmes locaux et leurs spécificités.

    Dans ce contexte, Health-Comm France cherche à réduire ces disparités et à faciliter une intégration harmonisée des systèmes. Sa stratégie repose sur une interopérabilité technique robuste, tout en évoluant vers une interopérabilité sémantique, avec pour objectif d’aboutir à une e-santé prédictive et orientée vers une gestion populationnelle des soins. L’utilisation du standard FHIR devient un levier pour harmoniser les échanges et simplifier les processus, en cohérence avec les exigences de sécurité et de confidentialité des données posées par le règlement général sur la protection des données (RGPD) et la directive NIS.

    Les besoins croissants en données structurées et en coordination des soins font de l’interopérabilité un axe stratégique pour les hôpitaux français. Une étude de McKinsey estime que l’optimisation des systèmes de données de santé pourrait générer jusqu’à 34 milliards d’euros d’économies pour le secteur hospitalier européen.

     

  • Fermeture du répertoire ADELI : le RPPS, nouvelle référence centralisée des professionnels de santé

    ADELI et RPPS : l’évolution des répertoires pour simplifier et sécuriser les pratiques médicales

    L’Automatisation DEs LIstes (ou répertoire ADELI), recense les professions paramédicales et les professionnels de santé comme les psychologues, ostéopathes, ou encore les chiropracteurs, etc. Ce registre regroupe les données administratives comme les coordonnées, la situation d’exercice et les diplômes. L’ADELI recense donc les professionnels qui ne relèvent pas des professions médicales inscrites au RPPS (avant la bascule). Les ARS gèrent leur propre répertoire ADELI. Depuis l’arrêté du 6 février 2009, le Répertoire partagé des professionnels de santé RPPS centralise les informations des professionnels de santé. Le RPPS offre une gestion simplifiée et une interopérabilité avec les systèmes d’information de santé. Il facilite les démarches administratives, améliore la coordination des soins et renforce la sécurité des échanges, via l’e-CPS. Ce référentiel accroît également la visibilité des professionnels auprès des patients.

    La finalisation de la migration d’ADELI vers le RPPS étant effectuée, le RPPS regroupe désormais toutes les professions de santé et est géré, au niveau national.

    Généralisation du RPPS 

    Outre la centralisation des informations, le RPPS offre également des services comme l’e-CPS (une carte d’identité professionnelle électronique dédiée aux secteurs de la santé et du médico-social). En 2023, plus de 300 000 professionnels avaient déjà activé leur e-CPS, et l’ANS vise une généralisation. Le portail eRPPS, mis en place par l’ANS, offre aux professionnels la possibilité de gérer directement et de manière dématérialisée des démarches administratives, notamment les demandes d’autorisation d’exercice ou les mises à jour de coordonnées. Ce dispositif d’authentification renforce la sécurité des échanges de données sensibles, favorise l’accès aux téléservices et permet de dématérialiser des démarches administratives, telles que la prescription électronique.

    Le RPPS tend à réduire les lourdeurs administratives, à améliorer l’interopérabilité et à renforcer la transparence, autant de critères devenus essentiels dans un contexte de digitalisation des systèmes de santé.

    Modernisation des soins : le rôle de la migration ADELI-RPPS dans “Ma santé 2022”

    La feuille de route “Ma santé 2022” vise à “favoriser une meilleure organisation des professionnels de santé qui devront travailler ensemble et mieux coopérer au service de la santé des patients” et à “rassembler les soignants en ville et les soignants à l’hôpital autour de projets de santé adaptés aux besoins des Français dans les territoires”, entre autres grâce au numérique. La migration du répertoire ADELI vers le RPPS s’inscrit dans cette dynamique de modernisation de la santé en France. Cette bascule est une étape pour l’optimisation des pratiques et la simplification des processus de gestion au sein du système de santé.

  • Endotest (Ziwig) bénéficie du Forfait innovation : vers une alternative non-invasive à la coelioscopie

    Un test non invasif pour un diagnostic complexe

    L’endométriose peut être difficile à diagnostiquer. Les symptômes sont variables et les lésions sont parfois difficilement identifiables et visibles. Les résultats des examens cliniques initiaux et des bilans d’imagerie peuvent être discordants. En l’absence de résultats concluants, les patientes doivent souvent subir une cœlioscopie, une intervention invasive qui comporte certains risques. Le test salivaire Endotest représente une solution alternative innovante, non invasive et potentiellement plus accessible, permettant d’éviter ce type d’examen.

    Endotest, développé par la biotech spécialisée dans l’analyse de l’ARN salivaire Ziwig, a montré des résultats cliniques encourageants lors de ses premières évaluations, notamment pour sa capacité à répondre à un besoin médical non couvert de manière satisfaisante. Cependant, lors de sa première évaluation par la HAS en janvier, les données étaient jugées insuffisantes pour justifier une prise en charge immédiate. La HAS a donc invité le fabricant à déposer une demande de Forfait innovation afin de permettre un accès précoce au test tout en complétant les données manquantes via une étude clinique.

    L’étude clinique prévue dans ce forfait innovation apportera des données supplémentaires pour évaluer l’efficacité de ce test dans le diagnostic de l’endométriose. Si les résultats sont concluants, le test pourrait être remboursé de manière pérenne par l’Assurance Maladie, offrant ainsi une alternative non invasive à la cœlioscopie pour un grand nombre de patientes. Ce projet s’inscrit dans une démarche plus large visant à améliorer le parcours de soins des femmes souffrant d’endométriose, une maladie mal diagnostiquée et sous-traitée.

    Le forfait innovation : un dispositif pour encourager l’innovation

    Le Forfait innovation est un dispositif temporaire et dérogatoire mis en place pour faciliter l’accès des patients à des technologies médicales innovantes, qu’il s’agisse d’actes professionnels, de dispositifs médicaux ou de dispositifs de diagnostic in vitro. Ce dispositif permet à un fabricant ou à un conseil professionnel d’obtenir une prise en charge financière anticipée pour sa technologie dès le lancement de l’étude clinique, même si celle-ci n’a pas encore prouvé son efficacité à grande échelle.

    Dans le cas d’Endotest, le fabricant a travaillé en collaboration avec la HAS pour élaborer un protocole d’étude clinique conforme aux exigences de ce dispositif. Après validation de ce protocole, la HAS a rendu un avis favorable à la prise en charge temporaire d’Endotest, dans le cadre du forfait innovation.

    En France, l’endométriose touche environ 10 % des femmes en âge de procréer, soit environ 1,5 million de femmes. Le retard de diagnostic, estimé en moyenne à 7 ans, aggrave la qualité de vie des patientes et impacte les coûts de santé.

     

  • Un nouveau réseau de surveillance épidémiologique (Orchidée) au cœur des hôpitaux français

    Une vision en temps réel de la situation sanitaire

    Dans son rapport d’activité 2023 intitulé « Éclairer », Santé Publique France préconisait de renforcer la surveillance épidémiologique. À la question « Quelles directions allez-vous prendre en matière d’innovation ? », le rapport évoquait déjà le projet intitulé Orchidée (Organisation d’un Réseau de Centres Hospitaliers Impliqués dans la surveillance Épidémiologique et la réponse aux Urgences), dont l’objectif est d’améliorer la surveillance épidémiologique grâce aux données de santé hospitalière. Piloté par Santé Publique France, le réseau couvre l’ensemble des régions françaises.

    Orchidée et les systèmes européens évoluent pour surveiller les épidémies

    Ce dispositif vient compléter les outils actuels de suivi sanitaire. Le projet Orchidée s’inscrit dans une tendance à renforcer la surveillance épidémiologique grâce aux données hospitalières. Un projet similaire a vu le jour au sein de l’Union Européenne avec TESSy (The European Surveillance System), un système centralisé et géré par l’ECDC (Centre européen de prévention et de contrôle des maladies), visant à surveiller les maladies infectieuses à l’échelle européenne. Ce système collecte des données provenant de chaque État membre pour suivre les épidémies, mais se concentre principalement sur les maladies à déclaration obligatoire, comme le COVID-19 et la grippe. Orchidée inclut une gamme plus large de pathologies et de services hospitaliers, comme les réanimations.

    En France, des initiatives telles que le Système d’information pour la surveillance des urgences et des décès (SurSaUD), ont été développées pour fournir des informations en temps réel, notamment sur la situation des urgences en France. Contrairement à Orchidée, ces systèmes n’intégraient pas directement les entrepôts de données hospitaliers (EDSH) à grande échelle. Le projet SUrSaUD, géré par Santé publique France, utilise les données des services d’urgence et de médecine générale pour la surveillance épidémiologique. Orchidée va plus loin en incluant un spectre plus large de données hospitalières (hospitalisations conventionnelles, soins intensifs) issues des entrepôts de données.

    Leçons du COVID-19, de l’importance de la surveillance en temps réel

    La nécessité d’un suivi précis et en temps réel s’est imposée comme un impératif dans la gestion des crises. La pandémie a également démontré que les données ouvertes, accessibles à des échelles géographiques fines, permettent une meilleure compréhension des dynamiques épidémiques. Le réseau Orchidée s’inscrit dans cette perspective, avec pour ambition de fournir une vision réactive de la situation sanitaire dans les hôpitaux.

    Le projet repose sur l’exploitation des entrepôts de données de santé hospitaliers (EDSH), qui centralisent les informations médicales des patients. Contrairement aux systèmes de surveillance traditionnels qui nécessitent des logiciels dédiés, Orchidée utilise les données existantes, déjà collectées dans les hôpitaux. Cette approche présente plusieurs avantages, elle valorise les données collectées, fait usage de l’intelligence artificielle pour une analyse fine et pertinente, et n’impacte pas la charge de travail et administrative du personnel médical.

    15,3 millions d’euros alloués par l’UE

    Les hôpitaux transmettront leurs indicateurs épidémiologiques à Santé publique France, qui les centralise, compile et analyse avant de les publier via sa plateforme open data. Ces données seront utilisées pour alimenter des bulletins épidémiologiques, rapports et articles en ligne. La santé numérique, à travers des systèmes d’information interopérables et des outils tels que le Dossier Médical Partagé, facilitera l’automatisation des flux de données et l’analyse en temps réel, renforçant ainsi la capacité de réponse aux événement exceptionnels.

    Ce projet, financé par la Commission Européenne à hauteur de 9,2 millions d’euros dans le cadre du programme EU4Health, dispose d’un budget total de 15,3 millions d’euros pour une durée de quatre ans (2024-2028) et vise à moderniser les systèmes de surveillance sanitaire en Europe.

    Composée d’une centaine de membres, la réunion de lancement s’est tenue le 9 octobre dernier.

    Liste des membres du consortium : 25 centre hospitaliers universitaires (Amiens, Angers, Assistance Publique – Hôpitaux de Paris, Besançon, Bordeaux, Brest, Caen Normandie, Dijon, Grenoble, Guadeloupe, Lille, Limoges, Lyon, Martinique, Metz-Thionville, Montpellier, Nantes, Nancy, Nice, Poitiers, Reims, Rennes, Rouen, Strasbourg, Tours), le Health Data Hub, la Plateforme des Données de Santé, l’Université de Bordeaux, l’École des Hautes Études en Santé Publique.

     

  • Déploiement de la e-carte vitale en Haute-Savoie

    Carte Vitale numérique : un déploiement national d’ici 2025

    Déployée progressivement, cette application est déjà disponible en Haute-Savoie. Le service sera généralisé sur l’ensemble du territoire d’ici 2025. Le passage au numérique de la carte Vitale s’inscrit dans une stratégie plus large d’adaptation aux usages numériques.

    L’application carte Vitale reprend les fonctions de la version physique tout en y ajoutant de nouvelles fonctionnalités. Elle permet aux assurés de disposer de leur carte en permanence, limitant les risques d’oubli ou de perte, et réduisant le recours aux feuilles de soins papier.

    L’application offre des services pratiques pour suivre les dépenses de santé. Les assurés peuvent consulter leurs décomptes de remboursements, et la mise à jour des droits se fait automatiquement, supprimant l’obligation de se rendre en pharmacie pour actualiser la carte. D’ici 2025, l’application intégrera également les assurances complémentaires santé, permettant aux professionnels de santé de gérer le tiers-payant pour la part obligatoire et complémentaire, sans avoir à présenter une carte de mutuelle

    L’usage de l’application carte Vitale se fera progressivement. Elle est utilisable dans les mêmes conditions que la version physique chez les professionnels de santé. En raison de l’équipement progressif des lecteurs compatibles, les assurés sont encouragés à conserver leur carte physique en cas de besoin.

    Gratuite et disponible sur Android et iOS, l’application peut être activée par les assurés de l’Assurance Maladie, de la MSA ou de la MGEN. L’activation repose sur un processus sécurisé, incluant une vérification de l’identité via une vidéo du visage et de la pièce d’identité. Un code secret est ensuite défini pour garantir la sécurité de l’accès. À partir de 2025, les détenteurs d’une carte d’identité électronique (CNIe) pourront activer plus facilement l’application via France Identité.