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  • IA et sténose aortique : une essai clinique pour améliorer l’accès aux interventions TAVI

    Identifier les patients éligibles au TAVI

    En collaboration avec Tempus, une entreprise spécialisée dans les biotechnologies et les données de santé, le spécialiste américain de technologies médicales, Medtronic, teste le potentiel de l’intelligence artificielle (IA) pour identifier des patients éligibles aux procédures de TAVI (transcatheter aortic valve implantation) et qui n’ont pas de plan de traitement déjà mis en place.

    Le TAVI est une procédure médicale peu invasive, utilisée pour remplacer une valve aortique malade sans nécessiter une chirurgie à cœur ouvert. La technique est destinée en particulier aux patients souffrant de sténose aortique sévère, une pathologie où la valve aortique se rétrécit, limitant le flux sanguin du cœur vers le reste du corps. S’appuyant sur l’utilisation des données cliniques et génomiques, l’essai clinique randomisé, financé par Medtronic, exploitera la plateforme d’IA “Next” de Tempus.

    L’innovation pour réduire les inégalités en santé

    Le TAVI, alternative moins invasive à la chirurgie à cœur ouvert, est associé à des séjours hospitaliers plus courts et à des temps de récupération réduits. L’identification des patients éligibles à cette procédure est un levier pour corriger les disparités raciales, ethniques, de genre et géographiques dans les traitements cardiovasculaires. Cette étude vise ainsi à répondre à un double enjeu :

    • d’un côté, améliorer la prise en charge des patients sous-médicalisés ;
    • et de l’autre, réduire les inégalités dans l’accès aux soins.

    Aux États-Unis, plus de 2,5 millions de personnes souffrent de sténose aortique. Dans sa forme sévère, cette maladie peut entraîner un pronostic vital défavorable. Selon Medtronic, les données actuelles révèlent des disparités évidentes : 91 % des procédures de TAVI concernent des patients “blancs”, tandis que les patients “noirs, hispaniques, asiatiques ou issus d’autres groupes raciaux” bénéficient de cette intervention à un rythme moindre.

    Pour y arriver, la plateforme Next de Tempus repose sur l’analyse de plus de 60 algorithmes appliqués à des données multimodales (cliniques, biologiques et autres) pour détecter les profils à risque. En cardiologie plus spécifiquement, Tempus a conçu un algorithme capable de prédire la fibrillation auriculaire.

    Une orientation débutée il y a 4 ans

    Cette étude de Medtronic s’inscrit dans sa stratégie globale d’intégration de l’IA, avec un programme interne destiné à stimuler l’innovation dans les différentes divisions de l’entreprise. Récemment en France, la division Integrated health solutions (IHS) de Medtronic a signé un partenariat avec La Poste Santé et Autonomie pour aider les établissements de soin à améliorer :

    • les parcours patients ;
    • l’exploitation des données ;
    • et l’utilisation de l’IA au service de la santé.

    Ces avancées peuvent contribuer à améliorer l’identification des patients à risque, rationaliser les ressources et réduire les inégalités d’accès aux traitements innovants. Une adoption systématique de solutions basées sur l’IA pourrait transformer la gestion des pathologies chroniques en cardiologie.

     

  • Oncologie : Adcendo lève 135 M$ pour accélérer le développement des conjugués anticorps-médicaments

    Les ADC, une révolution thérapeutique

    Les ADC sont une classe de traitements en oncologie qui combinent la spécificité des anticorps monoclonaux avec les propriétés des agents chimiothérapeutiques pour cibler des cellules cancéreuses. Cette combinaison permet de cibler précisément les cellules cancéreuses tout en limitant les effets sur les cellules saines.

    L’anticorps monoclonal se lie à un antigène spécifique présent à la surface des cellules cancéreuses, déclenchant ainsi l’internalisation de l’ADC. Une fois à l’intérieur de la cellule cible, l’agent cytotoxique est libéré après la rupture du liant qui le connecte à l’anticorps, entraînant la destruction de la cellule cancéreuse. Cette approche ciblée réduit la toxicité systémique généralement associée à la chimiothérapie. Les ADC sont utilisés dans plusieurs types de cancers, notamment le cancer du sein HER2-positif avec le trastuzumab emtansine (T-DM1) et certains lymphomes avec le brentuximab vedotin. Leur capacité à combiner ciblage précis et efficacité thérapeutique en fait une avancée majeure en médecine personnalisée.

    Les cancers rares comme principales cibles

    Basée à Copenhague, la biotech Adcendo a levé 135 millions de dollars lors d’un second tour de financement. Le financement a été mené par TCGX avec la participation de TPG, Orbimed Advisors, Venrock Healthcare Capital Partners, Surveyor Capital et Logos Capital, ainsi que par les investisseurs déjà existants de l’entreprise. Ces fonds seront alloués au développement clinique de plusieurs ADC ciblant des cancers pour lesquels le besoin médical demeure encore non satisfait :

    • En tête de son portefeuille, on retrouve l’ADCE-T02, un ADC anti-facteur tissulaire (TF), obtenu sous licence auprès de Multitude Therapeutics, biotech chinoise. L’accord dépasse une valeur potentielle d’un milliard de dollars. Dans la même classe thérapeutique, Tivdak (tisotumab vedotin), un ADC anti-TF développé par Pfizer et Genmab, est approuvé depuis 2021 sur le marché américain, pour traiter le cancer du col de l’utérus.
    • Adcendo investira aussi dans le développement de l’ADCE-D01, un ADC ciblant la protéine uPARAP (urokinase plasminogen activator receptor-associated protein), autorisé pour un essai de phase 1/2 par la Food & drug administration (FDA). Ce candidat sera évalué en monothérapie pour les sarcomes des tissus mous et métastatiques.
    • Deux autres programmes contre des cibles non dévoilées sont également prévus.

    La découverte des molécules continue d’attirer les investisseurs

    Enveda, 130 M$ pour des médicaments découverts par l’IA :

    La start-up de Boulder (Colorado) a levé 130 millions de dollars pour développer des candidats-médicaments identifiés grâce à l’intelligence artificielle (IA). L’entreprise exploite une bibliothèque de composés d’origine naturelle inexplorés. Son pipeline cible des pathologies comme l’obésité, les maladies inflammatoires, la fibrose et les troubles neurosensoriels. Le tour de table de série C a été mené par Kinnevik et FPV, avec le soutien de Dimension Capital, Lux Capital et The Nature Conservancy. Enveda prévoit de progresser vers des essais cliniques entre 2025 et 2026.

    Cradle Bio, l’IA générative pour l’ingénierie des protéines :

    Cradle Bio, entreprise néerlandaise, a levé 73 millions de dollars dans un financement de série B dirigé par IVP. La société utilise des modèles d’IA pour accélérer le développement de protéines avec des applications pharmaceutiques, alimentaires et chimiques. L’entreprise affirme pouvoir multiplier par 12 la vitesse de développement et réduire les coûts jusqu’à 90 %. Elle collabore avec Novartis, Johnson & Johnson et Grifols. Au total, Cradle Bio a levé 100 millions de dollars.

    ATB Therapeutics et 35Pharma, des initiatives européennes et canadiennes en biotechnologie :

    ATB Therapeutics, entreprise belge, a levé 54 millions d’euros pour sa plateforme ATBioFarm, spécialisée dans les anticorps à cibles multiples. Ces fonds serviront à agrandir ses infrastructures de R&D et à construire une unité de fabrication pilote. Au Canada, 35Pharma a levé 53 millions de dollars pour des inhibiteurs ciblant l’hypertension pulmonaire et les maladies cardiométaboliques. Santé Canada a autorisé des essais cliniques de phase 1 sur le HS235, avec des résultats attendus en 2025.

     

  • Dispositifs médicaux et IA : la FDA facilite les ajustements logiciels via les PCCP

    Contexte international : vers une convergence des régulations

    La Food and Drug Administration (FDA) a récemment publié de nouvelles recommandations concernant l’utilisation des plans de contrôle des changements prédéterminés, ou Predetermined Change Control Plans (PCCP), pour les dispositifs médicaux intégrant des logiciels basés sur l’intelligence artificielle (IA). Cette initiative s’inscrit dans une dynamique internationale. L’Union européenne, par exemple, a renforcé son cadre réglementaire avec la Loi européenne sur l’IA, qui impose des exigences pour les dispositifs médicaux utilisant l’IA. Ces exigences portent notamment sur la transparence des algorithmes, les audits réguliers et la prévention des biais. D’autres pays, tels que le Canada et l’Australie, adoptent des approches similaires, souvent inspirées des travaux de l’IMDRF (International Medical Device Regulators Forum). Ces convergences internationales visent à standardiser les règles pour encourager une innovation responsable à l’échelle mondiale.

    Anticiper les modifications logicielles des dispositifs IA grâce au PCCP

    Les PCCP permettent aux fabricants de prévoir et de justifier les modifications de leurs logiciels basés sur l’IA, sans devoir systématiquement soumettre chaque évolution à une validation réglementaire. En définissant clairement :

    • les modifications envisagées,
    • leurs impacts potentiels,
    • et les méthodes de validation associées,

    Les entreprises pourront continuer à développer leurs dispositifs tout en respectant des standards de sécurité et d’efficacité. La FDA encourage les fabricants à intégrer ces plans dès les phases préliminaires via le programme Q-Submission, qui favorise un dialogue en amont avec les régulateurs. Une fois approuvés, les PCCP permettent d’adapter les étiquetages des dispositifs pour informer les utilisateurs des évolutions logicielles et de leurs implications sur les performances ou les usages. Un PCCP doit inclure une description des modifications prévues pour les logiciels IA-DSF (dispositifs médicaux basés sur des fonctions logicielles). Chaque modification doit être justifiée et accompagnée de spécifications détaillant les caractéristiques et performances du dispositif. La FDA recommande également que les fabricants listent les modifications individuellement avec leur justification scientifique ou technique. Dans certains cas, plusieurs modifications peuvent être regroupées.

    Ces nouvelles directives répondent à plusieurs objectifs :

    • Accélérer l’innovation : Les cycles de vie des logiciels médicaux s’alignent désormais sur les spécificités des algorithmes apprenants, favorisant une adaptation continue.
    • Garantir la confiance : En anticipant et détaillant les évolutions possibles des logiciels, les fabricants renforcent la transparence et la fiabilité des dispositifs auprès des professionnels de santé.
    • Harmoniser les standards : La convergence des cadres réglementaires américain et européen pourrait simplifier la commercialisation des dispositifs à l’international, tout en élevant les exigences de qualité.

    Un cadre pour sécuriser l’innovation et la confiance

    Avec ces nouvelles directives, la FDA offre un cadre réglementaire aux fabricants, facilitant l’intégration d’outils d’IA dans les dispositifs médicaux. Ces outils sont essentiels pour optimiser les diagnostics, améliorer la prise en charge des patients et accélérer l’innovation en santé numérique. La convergence des réglementations américaines et internationales devrait renforcer la confiance dans les solutions médicales basées sur l’IA et soutenir leur adoption à l’échelle mondiale.

     

  • Coûts médicaux dans le monde : une hausse de 10,4 % attendue en 2025 (enquête WTW)

    Une pression croissante sur les ménages et les systèmes de soins

    Tous les rapports indiquent une augmentation des dépenses de santé, aussi bien en France que dans le monde. En 2022, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) annonce que la consommation de soins et de biens médicaux (CSBM) a augmenté en valeur de 3,9 %. La France est le deuxième pays européen en matière de dépenses de santé (8,9 % du PIB). En 2024, l’OMS annonce que 2 % des ménages français sont confrontés à des dépenses élevées de santé. Cette proportion monte à 10 % pour les ménages les plus modestes. Récemment, un rapport de Santexpat souligne que plus de la moitié des pays devraient connaître des augmentations à deux chiffres des coûts des assurances santé entre 2022 et 2024.

    64 % des assureurs anticipent des hausses sur trois ans

    Une nouvelle enquête du courtier en assurances Willis Tower Watson (WTW) intitulée Global Medical Trends Survey 2024 indique que les coûts médicaux mondiaux devraient augmenter de 10,4 % en 2025. Réalisée auprès de 348 assureurs santé dans 75 pays, les données montrent une continuité avec les hausses enregistrées en 2023 (+10,7 %) et en 2024 (+10,4 %). Ces augmentations concernent toutes les régions : 8,7 % en Amérique du Nord, 10,1 % en Amérique latine, 12,3 % en Asie-Pacifique, 9,4 % en Europe et 12,1 % au Moyen-Orient, Afrique.

    • 64 % des répondants prévoient des augmentations sur les trois prochaines années.
    • 67 % des assureurs s’attendent à une utilisation plus élevée de leurs prestations.

    Ces augmentations s’expliquent par plus d’innovation de santé (entraînant une hausse des coûts), une demande accrue des soins, difficilement absorbable par les systèmes de santé publics, et qui oriente les patients vers des solutions privées et donc plus coûteuses. Dans le domaine de la santé mentale, on observe une intensification des besoins et une augmentation des pathologies chroniques. Selon Linda Pham, responsable mondiale de la santé et des risques chez WTW, les employeurs ont quelques marges de manœuvre pour trouver un équilibre entre « maîtrise des coûts » et « résultats de santé », comme promouvoir la prévention et solliciter des prestataires spécialisés pour répondre à des besoins de santé spécifiques.

     

  • En France, 70 % de l’activité des laboratoires de biologie médicale assurée par le secteur privé

    Organisation et chiffres clés des LBM

    En 2023, la France comptait 4 330 laboratoires de biologie médicale (LBM), employant plus de 43 900 personnes. Hors tests PCR, la consommation des laboratoires de biologie médicale s’élève à 4,9 milliards d’euros. Le reste à charge des ménages en matière de biologie représente 0,2 milliard d’euros, soit 4,3 % du total. Les laboratoires privés représentent environ 70 % de l’activité totale. Ils sont structurés en trois niveaux :

    • Sites de prélèvement : Points de collecte où sont effectués les prélèvements et la préparation des échantillons, ainsi que la validation et l’interprétation des résultats.
    • Laboratoires centraux : Entités juridiques regroupant généralement plusieurs sites et un plateau technique où sont réalisées les analyses (phase analytique).
    • Groupes de laboratoires : Regroupements de plusieurs laboratoires sous une même structure.

    10 actes (sur une nomenclature de 4 000 tests) représentent 50 % des volumes de prescriptions en biologie

    Un rapport de la Cour des Comptes souligne les lacunes dans la prescription en biologie médicale, en indiquant que les choix des examens sont souvent mal hiérarchisés, et que leur répétition est rarement justifiée. Cette observation justifie la nécessité d’introduire des mécanismes de contrôle, appuyés par des systèmes de gestion informatisés plus performants.

    • Les données récentes de l’Assurance Maladie montrent qu’une faible proportion des actes représente une part disproportionnée des prescriptions : 10 actes concentrent 50 % des volumes, alors que plus de 4 000 tests biologiques sont disponibles.
    • Entre 2013 et 2023, les coûts liés à la biologie médicale ont augmenté de 15 %, hors impact COVID-19.
    • Les études estiment à 600 millions d’euros par an le coût des tests redondants ou injustifiés à l’échelle européenne, un usage qui pourrait être évité grâce à des stratégies mieux encadrées.

    Une consommation croissante portée par les maladies chroniques et le vieillissement démographique

    La consommation d’analyses médicales a augmenté, en partie en raison du vieillissement de la population et de l’augmentation des maladies chroniques. La crise sanitaire a mis en lumière le rôle des analyses médicales, entraînant une adoption plus large des tests de routine par la population. Cela s’accompagne d’une forte demande pour des résultats rapides et des services accessibles. La modernisation des laboratoires a transformé la biologie médicale. Les innovations, comme les automates de haute précision et la numérisation des données, permettent d’augmenter la capacité de traitement. En parallèle, des systèmes d’information mutualisés facilitent le partage et l’analyse des résultats, qui sont souvent consultés en ligne via des portails patients.

    Quand la technologie transforme la biologie médicale

    L’automatisation des analyses, combinée à l’intelligence artificielle, a permis de réduire les délais de traitement tout en augmentant la précision des résultats. Dans certains laboratoires, des algorithmes assistent désormais les biologistes en repérant des anomalies ou en proposant des interprétations. Les plateformes techniques de groupes comme Cerba HealthCare utilisent des automates capables de traiter plusieurs milliers d’analyses par heure. Les tests génétiques, qui ouvrent la voie à une médecine personnalisée, connaissent également une forte croissance. Ils permettent de mieux personnaliser les traitements. En oncologie, entre 2015 et 2020, le nombre de patients bénéficiant de tests pour l’accès à une thérapie ciblée est passé de 75 000 à 142 000 patients, soit une progression de 89 % en cinq ans. Le plan France médecine génomique 2025 vise une augmentation du recours aux tests génétiques. Parallèlement, des solutions connectées, comme celles proposées par des start-ups françaises telles que MyBioPassport, permettent à certains patients de réaliser leurs tests à domicile.

    Six groupes contrôlent deux tiers du marché en France

    Depuis vingt ans, le secteur se concentre sous l’impulsion de fonds d’investissement privés. Cette tendance s’illustre par des acquisitions, telles que le rachat du laboratoire Biomnis par Eurofins pour 220 millions d’euros. Un rapport sénatorial de septembre 2024 souligne que six grands groupes détiennent les deux tiers des sites de laboratoires de biologie médicale en France. Le groupe Biogroup, leader du marché, a réalisé près de 1,6 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2022. Selon une enquête menée en avril 2022 par Les Biologistes Indépendants et Ipsos, 77 % des Français estiment que les laboratoires de biologie médicale sont de plus en plus rachetés par des grands groupes financiers. 67 % des personnes interrogées émettent des inquiétudes face à ce phénomène. Cette financiarisation a apporté des avantages, comme des capacités d’investissement et des économies d’échelle. Les critiques évoquent malgré tout une logique de rentabilité à court terme qui pourrait compromettre l’accès aux soins ou réduire la qualité des prestations. Le rapport sénatorial mentionné précédemment recommande la création d’un observatoire de la financiarisation pour surveiller et contrôler l’impact de ces investissements sur le système de santé. L’objectif est de garantir que les impératifs de santé publique priment sur les considérations de rentabilité financière.

    Réglementation des LBM et obligations légales essentielles

    Les laboratoires de biologie médicale (LBM) sont soumis à une réglementation rigoureuse, visant à garantir la qualité des analyses, la sécurité des patients et la transparence des pratiques :

    • Loi n° 2013-442 du 30 mai 2013 portant réforme de la biologie médicale : Cette loi impose l’accréditation obligatoire des LBM selon la norme ISO 15189 et encadre la détention majoritaire du capital par des biologistes médicaux.
    • Norme ISO 15189:2022 : Cette norme internationale spécifie les exigences de qualité et de compétence pour les laboratoires médicaux, incluant les LBM.
    • Accréditation par le COFRAC : Les LBM doivent obtenir une accréditation délivrée par le Comité Français d’Accréditation (COFRAC), attestant de leur conformité aux normes en vigueur.
    • Code de la santé publique : Il définit les obligations déontologiques des biologistes médicaux, notamment en matière de confidentialité et d’indépendance.
    • Nomenclature des actes de biologie médicale (NABM) : Elle fixe les tarifs des examens, en accord avec l’Assurance Maladie.
    • Contrôle national de qualité (CNQ) : Mis en place par l’ANSM, il vérifie la qualité des analyses réalisées par les LBM.
    • Sanctions en cas de non-conformité : Les LBM peuvent faire l’objet de sanctions administratives ou financières en cas de manquement aux obligations réglementaires.
    • Évolutions récentes : Règlement européen 2017/746 (IVDR) : Entré en vigueur en mai 2022, il renforce les exigences relatives aux dispositifs médicaux de diagnostic in vitro utilisés par les LBM.

    Un accord signé entre l’Assurance Maladie et les biologistes médicaux

    Le 10 janvier 2023, l’Assurance Maladie et les principaux syndicats de biologistes médicaux (SDB, SLBC, SNMB et Les Biologistes Médicaux) ont signé l’avenant 11 à leur convention nationale. Cet accord marque un tournant dans la régulation financière du secteur de la biologie médicale. L’accord prévoit une économie pérenne de 250 millions d’euros, applicable dès février 2023, conformément aux exigences de la loi de financement de la Sécurité sociale. En plus, il introduit un cadre pluriannuel (2024-2026) qui vise plusieurs objectifs :

    • Maintenir une prise en charge élevée des analyses de routine, en soutien aux politiques de prévention.
    • Poursuivre le suivi des tests liés au COVID-19.
    • Intégrer l’innovation dans la biologie médicale.
    • Contribuer à la maîtrise des dépenses de santé.

     

  • Levée de fonds de 16 millions d’euros pour Raidium, la radiologie avec une IA 2 500 fois plus rapide

    Une IA au service de la radiologie de précision

    Raidium a conçu une technologie basée sur un modèle d’intelligence artificielle multimodal. Ce « copilote numérique » permet aux praticiens d’interagir avec l’IA via des commandes textuelles ou vocales. Intégré aux systèmes de gestion d’images médicales (PACS), cet outil identifie des zones d’intérêt, réalise des mesures avancées et génère des rapports détaillés en temps réel. Le modèle s’appuie sur une base de données de plus d’un milliard d’images médicales pour analyser des cas complexes tels que les cancers métastatiques ou les maladies hépatiques. L’approche de Raidium promet d’être 2 500 fois plus rapide que les méthodes traditionnelles, tout en fournissant une analyse précise.

    Un financement pour soutenir son développement

    La startup a levé 16 millions d’euros en novembre lors d’un tour de financement en seed (une levée de fonds qui permet à une entreprise de financer son premier développement commercial) mené par Newfund et Kurma Partners. Founders Future, Galion.exe, Techmind, Debiopharm et le Conseil européen de l’innovation (EIC) ont également participé à cette levée. Ce financement permettra à Raidium de renforcer son développement technologique, d’accélérer son expansion internationale et de recruter 25 nouveaux collaborateurs spécialisés dans la recherche, la réglementation et les partenariats commerciaux d’ici 2025.

    Des objectifs réglementaires et une stratégie internationale

    Pour étendre sa portée, Raidium vise une double homologation : le marquage CE en et l’autorisation de la FDA aux États-Unis. La société prévoit également d’ouvrir un bureau outre-Atlantique pour renforcer ses opérations dans un marché en forte demande de solutions innovantes en santé numérique. En France, Raidium bénéficie déjà de collaborations stratégiques avec l’AP-HP et des laboratoires pharmaceutiques. Ces partenariats confirment le potentiel de sa solution dans le cadre de la médecine de précision et de la recherche clinique.

     

  • Santé mentale des 10-24 ans : l’Europe explore de nouvelles approches numériques

    Renforcer l’action publique

    Dépression, anxiété, troubles addictifs… La santé mentale, particulièrement celle des jeunes, est désormais la grande cause nationale de santé publique en 2025. Santé publique France pointe une dégradation de la santé mentale des jeunes. La proportion de jeunes âgés de 18 à 24 ans présentant des symptômes dépressifs était de 11,7 % en 2017, contre 20,8 % en 2021. Ces données soulignent l’urgence de renforcer la prévention, la détection et la prise en charge des troubles mentaux. À travers le monde, les professionnels de santé et les décideurs publics œuvrent en ce sens. À l’instar du projet TEAM (Technology Enabled Mental Health for Young People), financé par l’Union européenne dans le cadre d’Horizon 2020, ce programme explore et développe des solutions numériques pour améliorer la santé mentale des jeunes, en rendant les dispositifs plus accessibles, abordables et adaptés aux besoins.

    Une approche collaborative pour améliorer la santé mentale des jeunes

    Le projet IMPROVA (e-Intervention Enhancing Mental Health in Adolescents) s’inscrit dans une dynamique similaire, visant à intégrer les technologies numériques dans la prévention et la gestion des troubles mentaux chez les jeunes. Ce projet se distingue par :

    • Son ambition interdisciplinaire : l’implication de chercheurs, décideurs politiques, enseignants, parents et adolescents constitue un modèle de co-construction.
    • Une attention particulière aux inégalités sociales : car les adolescents défavorisés sont souvent moins pris en charge, aggravant les impacts des troubles mentaux à long terme.
    • Un cadre d’évaluation robuste : la phase pilote avec 6 000 adolescents permet de générer des données solides sur l’efficacité et l’acceptabilité de la plateforme, pouvant servir de référence pour d’autres projets.

    Depuis 2022, la plateforme propose des outils pour prévenir et détecter des troubles mentaux. Elle intègre également des contenus visant à réduire la stigmatisation et les inégalités sociales liées à ces troubles. Ce projet est mené par un consortium européen et bénéficie de l’implication de l’Équipe de recherche en épidémiologie sociale de l’Institut Pierre-Louis d’épidémiologie et de santé publique (Inserm, unité 1136) dirigée par Maria Melchior.

    1 500 jeunes Français dans le groupe de test

    Dès décembre, cette plateforme sera testée auprès de 6 000 adolescents répartis dans plusieurs pays européens. Les objectifs de cette phase de test incluent l’évaluation de l’acceptabilité de la plateforme par les utilisateurs, ainsi que son impact sur la sensibilisation et la détection des troubles. Les résultats attendus orienteront les prochaines étapes, notamment l’extension éventuelle de l’outil à d’autres contextes éducatifs et sanitaires en Europe. D’après les premières estimations, le recours aux outils numériques en santé mentale pourrait élargir l’accès à des solutions adaptées pour les jeunes, tout en renforçant la prévention. La standardisation des interventions numériques pourrait également faciliter leur intégration dans les politiques de santé publique et réduire les disparités d’accès aux soins.

    En France, 1 500 jeunes des académies de Créteil et Versailles participent à cette phase d’évaluation.

     

  • Première journée de la société française de la valeur en santé : ensemble, construire un système centré sur la valeur

    Une ouverture sous le signe de la transformation

    Le 25 novembre 2024, la Société Française de la Valeur en Santé (SFVS) a organisé au GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences une journée consacrée au Value-Based Healthcare (VBHC). Cette première édition, à la fois ambitieuse et inspirante, a réuni des experts, praticiens, décideurs et industriels pour explorer les leviers nécessaires à la transformation du système de santé français.

    Dr Virginie Luce-Garnier, présidente de la SFVS, a ouvert la journée en rappelant les objectifs de la société : structurer les acteurs autour de la valeur, promouvoir les PROMs (Patient-Reported Outcome Measures) et PREMs (Patient-Reported Experience Measures), et soutenir les professionnels dans cette transition. « Il est temps de passer de la prise de conscience à l’action », a-t-elle affirmé avec conviction.

    Table ronde 1 : comprendre la valeur en santé et ses enjeux

    Sous la modération bienveillante du Pr Philippe Michel (Hospices Civils de Lyon), cette session a exploré pourquoi le VBHC est crucial pour l’avenir du système de santé français :

    • Emmanuelle Rémond (UNAFAM) a évoqué, avec sensibilité et pragmatisme, les défis des patients et l’importance des PROMs pour renforcer leur autonomie. Elle a illustré comment ces outils permettent d’améliorer le dialogue avec les équipes médicales et de personnaliser les soins.
    • Pr Grégory Katz (Université Paris Cité) a partagé des résultats marquants de son expérimentation Article 51 en chirurgie de la cataracte, impliquant 50 médecins et 3 600 patients. Ses travaux montrent que la comparaison des résultats améliore les pratiques : « Ce qui se mesure s’améliore. »
    • Pr Fitsum Guebre-Egziabher (Hospices Civils de Lyon) a mis en avant les bénéfices d’une meilleure coordination des acteurs autour du patient, pour des parcours plus fluides et des soins plus pertinents.
    • Pr Dominique Breilh (Université de Bordeaux) a captivé l’audience en expliquant comment mesurer et valoriser l’impact des soins sur la qualité de vie des patients, au-delà des simples résultats cliniques.
    • Guillaume Couillard (GHU Paris) a rappelé les défis organisationnels des hôpitaux, notamment la nécessité de leadership pour intégrer les innovations et mobiliser les équipes.
    • Laurence Girard (Roche Diagnostics) a plaidé pour des partenariats industrie-soins, soulignant que le VBHC offre une opportunité unique de dépasser les débats coûts-volumes pour se concentrer sur des impacts durables.

    Les échanges ont démontré que le VBHC ne peut réussir qu’en rassemblant toutes les parties prenantes autour d’une vision commune.

    Table ronde 2 : des exemples concrets sur le terrain

    La deuxième table ronde, modérée par Dr Olivier Untereiner (Institut Mutualiste Montsouris), a offert des exemples pratiques de mise en œuvre du VBHC :

    • Dr Elisabetta Scanferla (GHU Paris) a présenté un projet d’intégration des PROMs en psychiatrie, basé sur des questionnaires mesurant le bien-être subjectif, l’amélioration des symptômes et l’expérience des patients. Ce projet révèle des liens subtils mais essentiels entre ces dimensions.
    • Dr Bertrand Semay (Clinique Mutualiste de Saint-Étienne) a partagé son expérience en chirurgie orthopédique, où la cartographie des processus a permis de réduire les pertes d’information et d’améliorer la coordination des soins.
    • Dr Alba Nicolás-Boluda (One Clinic) a détaillé une prise en charge intégrée de l’endométriose, démontrant comment structurer un parcours centré sur les patientes peut transformer les résultats cliniques et l’expérience de soin.
    • Pr Martine Bellanger (ICO) a exploré les effets prédictifs de la qualité de vie initiale des patientes atteintes de cancer du sein sur les résultats après chimiothérapie, mettant en lumière des éléments cruciaux pour guider les décisions thérapeutiques.
    • Maria Belen Lopez (Institut Français de la Valeur en Santé) a présenté les résultats du programme PIMA, une initiative innovante visant à améliorer l’adhérence des patients atteints d’apnée du sommeil, avec une augmentation de 14 % de l’observance et des améliorations significatives de la qualité de vie.

    Perspectives internationales : VBHC en Suisse et en Europe

    Le Pr Florian Rossiaud-Fischer a présenté les travaux de la Société Suisse VBHC, qui se concentre sur la standardisation des indicateurs pour mieux comparer les pratiques.

    Dr João Marques-Gomes et Dr Alba Nicolás-Boluda ont quant à eux décrit les efforts de l’European Association of Value-Based HealthCare, un réseau dédié à partager les bonnes pratiques et à accélérer l’adoption du VBHC en Europe.

    Le rôle clé des institutions françaises

    La dernière session, modérée par Dr Virginie Luce-Garnier et Nathalie Bass, a mis en avant les leviers institutionnels nécessaires pour déployer le VBHC à grande échelle :

    • Dr Edith Riou (Ministère de la Santé) a plaidé pour un pilotage national structuré autour des PROMs et PREMs, soutenu par des incitations financières et une meilleure interopérabilité des systèmes d’information.
    • Dr Laetitia May-Michelangeli (HAS) a présenté des outils concrets pour aider les établissements de santé à intégrer les indicateurs de résultats dans leur pratique.
    • Dr Catherine Grenier (CNAM) a mis en lumière l’importance de l’Article 51 et du Challenge Innovation Santé 2030, qui favorisent des financements basés sur la qualité et des parcours de soins intégrés.

    Un appel à l’action pour une santé centrée sur la valeur

    Cette journée a montré que, malgré les défis, la transformation vers un système centré sur la valeur est possible. Grâce à des initiatives comme celles de l’Institut Français de la Valeur en Santé, qui accompagne les professionnels avec des outils pratiques, des formations certifiantes et un Livre Blanc prévu en 2025, le VBHC prend une place essentielle dans l’évolution de notre système de santé.

    Construire un système plus juste, plus durable et véritablement centré sur les besoins des patients : tel est l’enjeu que cette première journée a permis de mettre en lumière.

     

  • Rétinopathie diabétique : une solution de dépistage grâce à l’IA

    Le dépistage de la rétinopathie

    La rétinopathie diabétique est l’une des principales causes de cécité chez les adultes, selon les Centers for Disease Control and Prevention (CDC). Environ 30 % des patients diabétiques développent cette maladie. Pourtant, elle pourrait être évitée grâce à un dépistage et une prise en charge précoces. Cependant, les recommandations actuelles peinent à être suivies, en raison de contraintes logistiques et d’un manque de sensibilisation chez les patients.

    Une start-up pour démocratiser l’imagerie rétinienne via l’IA

    Identifeye Health, une start-up américaine basée à Redwood City (Californie) et Guilford (Connecticut), prévoit de lancer une caméra rétinienne assistée par IA dès le premier trimestre 2025. Cette innovation s’accompagne d’une démarche réglementaire visant à valider un algorithme de dépistage de la rétinopathie diabétique. L’objectif est de simplifier l’accès à l’imagerie rétinienne pour les patients et les professionnels de santé. Récemment, Vicky Demas, ancienne cadre chez Verily et Grail, a été nommée PDG de la start-up.

    Une technologie intégrée et accessible

    Identifeye Health développe une caméra rétinienne ergonomique et autonome, dotée d’algorithmes d’IA capables d’automatiser des tâches complexes. Par exemple, l’appareil guide vocalement le patient pour capturer des images de qualité, tout en simplifiant l’alignement et la mise au point. Les images obtenues peuvent être analysées via des outils de télémédecine ou directement interprétées par des algorithmes. Aujourd’hui, la capture d’images rétiniennes nécessite une expertise technique pour aligner la pupille, éviter les erreurs de champ de vision et garantir une bonne ouverture des paupières. L’IA embarquée dans cette caméra vise à éliminer ces obstacles, permettant à des assistants médicaux ou autres professionnels non spécialisés d’utiliser l’appareil.

    Un marché en pleine expansion

    En 2021, Identifeye Health a levé 80 millions de dollars. Le marché des dispositifs médicaux basés sur l’IA connaît une croissance rapide. Selon Fortune Business Insights, ce secteur pourrait atteindre 45 milliards de dollars d’ici 2030, avec une croissance annuelle moyenne de 37 %. L’innovation portée par Identifeye Health illustre l’évolution des pratiques cliniques grâce à la santé numérique. En facilitant le dépistage précoce et l’intégration des soins, cette initiative pourrait réduire les cas de cécité évitable liés au diabète.

     

  • Maladies neurodégénératives : Synapticure finance son expansion avec une levée de 25 millions de dollars

    Synapticure étend ses services grâce à un financement record

    Avec le vieillissement de la population, les maladies neurodégénératives sont en hausse. Aux États-Unis, 6,2 millions de personnes sont atteintes de la maladie d’Alzheimer, avec une incidence annuelle d’environ 450 000 nouveaux cas. La maladie de Parkinson est la deuxième maladie neurodégénérative la plus courante aux États-Unis et touche environ 1 million d’Américains. Les projections indiquent une croissance continue du nombre de cas dans les décennies à venir. Dans le même temps, les soins neurologiques ne peuvent pas suivre le rythme (pénurie de neurologues).

    Synapticure, entreprise spécialisée dans les soins virtuels pour les maladies neurodégénératives, a obtenu un financement de 25 millions de dollars pour étendre ses services et ses partenariats avec les systèmes de santé, les payeurs et les fournisseurs, le tout dans 50 États.

    Le tour de table de série A (destiné à financer l’accélération et la croissance interne et externe d’une entreprise), mené par B Capital, comptait CommonSpirit Health, CVS Health Ventures, RA Capital Management, Nexus NeuroTech Ventures, Google Ventures, Optum Ventures et Rock Health Capital. La société améliorera également ses offres en faisant progresser les diagnostics alimentés par l’IA, la surveillance à distance et l’assistance 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Ce financement permettra aussi à un plus grand nombre de patients d’accéder à des traitements et à des essais émergents, tout en soulageant les aidants des tâches de coordination, de prise de rendez-vous, de suivi, etc.

    Des solutions numériques pour mieux accompagner Alzheimer et Parkinson

    D’autres entreprises investissent également dans ce secteur. Harmonic Health et Isaac Health développent des solutions similaires pour des pathologies comme la maladie d’Alzheimer et la maladie de Parkinson. Synapticure ambitionne de redéfinir la gestion des maladies neurodégénératives, en mettant l’accent sur une prise en charge continue et un soutien aux patients et à leurs aidants.

    Cette approche, associée aux avancées en santé numérique, pourrait devenir un levier pour répondre aux besoins d’une population vieillissante et aux limites actuelles des systèmes de santé. À long terme, Synapticure vise à « redéfinir la façon dont les maladies neurodégénératives sont gérées, en veillant à ce que chaque patient et soignant se sente soutenu à chaque étape du parcours », a ajouté Sandra Abrevaya (cofondatrice et CEO de Synapticure).

    Au total, Synapticure a levé 40 millions de dollars ces dernières années.