Créé dans le cadre de l’initiative « Tiers-Lieux d’Expérimentation en santé » de la Caisse des Dépôts, MindLink se positionne en faveur de l’innovation en santé mentale. Inauguré à Paris sur le site de Sainte-Anne du GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences, ce projet s’inscrit dans la stratégie « Santé numérique » de France 2030, et vise à pallier le manque de terrains d’expérimentation pour les solutions numériques en santé. Cet espace collaboratif entend réunir usagers, aidants, et professionnels de santé autour de la co-conception de solutions adaptées.
MindLink promeut le partage d’expériences et l’élaboration de dispositifs numériques centrés sur la prévention et la détection précoce. Ce lieu favorise les échanges lors d’ateliers, conférences et événementsdédiés à la déstigmatisation de la santé mentale. Les enjeux incluent l’amélioration de l’accès aux soins, la sensibilisation du grand public et l’intégration de solutions dans les pratiques professionnelles.
Un appel à projets 2025 pour développer des solutions numériques
MindLink a lancé un appel à projets, ouvert entre le 20 novembre 2024 et le 15 janvier 2025, pour accompagner le développement de dispositifs numériques répondant aux besoins des personnes concernées par des troubles psychiques, leurs aidants et les professionnels de santé. Trois axes prioritaires ont été définis :
Accompagnement des personnes touchées par des troubles psychiques ou du neurodéveloppement.
Amélioration des conditions de travail et du bien-être des professionnels de santé.
Renforcement du lien entre la ville et les aidants, pour une meilleure prise en charge des besoins.
Les projets retenus bénéficieront du soutien logistique et méthodologique de MindLink, ainsi que d’un accès à des ressources partagées sur le site du GHU Paris. L’évaluation des propositions inclura des critères d’impact sur les usagers, d’innovation technologique et de viabilité opérationnelle. MindLink prévoit la sélection des projets au premier trimestre 2025 et leur intégration dans des parcours d’expérimentation en conditions réelles dès le deuxième trimestre. Le projet s’ancre dans une dynamique nationale visant à améliorer l’offre de soins et à promouvoir une vision collaborative de la santé mentale.
47,4 millions de Français connectés, quel impact sur la société ?
D’après l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom), 47,4 millions de français se connectent à internet chaque jour (91% des Français, âgés de plus de 12 ans, utilisent internet), et 50,7 millions de Français sont actifs sur les réseaux sociaux (soit 78% de la population).
Face à la place croissante des technologies numériques dans notre quotidien, l’OCDE, en collaboration avec Cisco, lance cette enquête dans le but de recueillir les perceptions des citoyens sur l’influence des technologies numériques sur le bien-être, au sens large. Ce sondage vise à faire entendre la voix des citoyens vis-à-vis de « ceux qui conçoivent les politiques et prennent les décisions afin de les aider à mettre la technologie à votre service. ». Le projet se distingue d’autres travaux menés par des institutions comme l’OMS ou l’Union Européenne, qui se concentrent sur des enjeux spécifiques, comme la santé mentale ou la régulation des plateformes. Ici, l’OCDE adopte une vision globale, combinant des analyses quantitatives et qualitatives pour mieux comprendre comment le numérique transforme la société dans son ensemble.
@OCDE : Sondage de l’OCDE sur le bien-être numérique
L’OCDE interroge les citoyens sur l’impact du numérique sur leur bien-être
Les usages numériques présentent des effets contrastés selon les contextes. Les réseaux sociaux facilitent l’accès à l’information, mais sont aussi le théâtre de phénomènes comme le cyberharcèlement. Le télétravail renforce l’autonomie de certains salariés, tout en augmentant le risque d’isolement social. Dans le domaine éducatif, l’apprentissage en ligne constitue une opportunité pour les personnes familiarisées avec les outils numériques, mais peut déstabiliser celles moins à l’aise avec ces technologies. Les relations sociales dématérialisées apportent de la flexibilité tout en posant des questions sur la qualité des interactions humaines.
Avec cette enquête mondiale, l’OCDE espère ouvrir un dialogue et poser les bases d’une réflexion collective sur la place du numérique dans nos vies. Une démarche qui pourrait guider les politiques publiques vers un usage plus responsable et durable des technologies au service du bien-être.
En novembre 2024, dans son rapport « Comment va la vie ? 2024 », l’OCDE mentionne que la santé globale des populations a été fragilisée, avec une baisse de l’espérance de vie moyenne et une augmentation des préoccupations liées au bien-être.
@ OCDE : La Plateforme sur le bien-être numérique de l’OCDE avec Cisco (le critère de la santé)
Des résultats théoriques solides, mais des défis en pratique réelle
Leurs conclusions montrent que si l’IA est efficace dans certaines tâches de diagnostic, son intégration dans les pratiques médicales n’a pas encore démontré d’amélioration notable des performances globales des cliniciens. Les grands modèles de langage ont prouvé leur performance dans des contextes théoriques, notamment lors d’examens évaluant le raisonnement clinique. Leur application en conditions réelles, confrontée à la complexité des soins, reste à évaluer.
ChatGPT Plus testé auprès de 50 médecins dans trois centres de pointe
L’équipe dirigée par le professeur Andrew S. Parsons a publié les résultats de ses recherches dans JAMA Network Open. L’étude a également été présentée lors du symposium 2024 de l’American Medical Informatics Association. L’essai clinique a mobilisé 50 médecins issus de trois spécialités (médecine familiale, interne et d’urgence) et répartis dans trois centres hospitaliers : UVA Health, Stanford, et le Beth Israel Deaconess Medical Center de Harvard. Les participants ont été divisés en deux groupes :
Le premier combinait ChatGPT Plus avec des outils traditionnels comme Google ou UpToDate.
Le second utilisait uniquement ces méthodes conventionnelles.
Les médecins ont eu 60 minutes pour résoudre jusqu’à six cas cliniques, des scénarios basés sur des cas réels, contenant les antécédents des patients, des examens physiques et des résultats d’analyses.
Résultats : l’IA affiche 92 % de précision
Les médecins qui ont utilisé ChatGPT Plus ont obtenu une précision diagnostique médiane de 76,3 %, légèrement meilleure que celle du groupe témoin (73,7 %). En revanche, ChatGPT Plus, utilisé seul, a atteint un taux de précision de 92 %. L’IA a également permis un gain de temps dans l’établissement des diagnostics : 519 secondes par cas en moyenne contre 565 secondes pour le groupe témoin. À noter : cette rapidité a parfois entraîné une baisse de précision.
Les chercheurs soulignent l’importance de former les professionnels de santé à exploiter efficacement ces technologies. Ils recommandent l’utilisation de prompts prédéfinis pour intégrer l’IA dans les flux de travail cliniques.
Limites et perspectives
Dans la pratique réelle, où les diagnostics s’accompagnent de décisions thérapeutiques complexes, les modèles d’IA pourraient s’avérer moins performants. Pour approfondir ces questions, une nouvelle étude est en cours, visant à évaluer l’impact des LLM sur la prise de décision en gestion des patients. L’étude conclut que l’utilisation conjointe des LLM et des méthodes traditionnelles n’améliore pas encore la précision diagnostique. Les chercheurs insistent sur la nécessité d’une supervision médicale et d’une interaction optimisée entre humains et machines pour maximiser les bénéfices de l’IA en médecine.
Les technologies d’IA nécessitent des ajustements pour s’intégrer dans les processus médicaux. Afin de poursuivre ces travaux, les chercheurs ont lancé ARiSE (AI Research and Science Evaluation), un réseau visant à évaluer les performances de l’IA dans le domaine des soins de santé.
Le concept d’OncoSwab a vu le jour lors d’un hackathon organisé à Leyde, aux Pays-Bas, en 2022. Cet événement, réunissant plus de 100 jeunes scientifiques, avait pour objectif de développer des innovations face à des problématiques globales. L’équipe de Stephany s’est inspirée des progrès réalisés dans les tests Covid-19 pour imaginer un dépistage du cancer basé sur un prélèvement nasal. Ce projet a obtenu la troisième place dans la catégorie « cancer ».
Des limites de l’imagerie aux promesses d’un test nasal
Le dépistage du cancer du poumon repose principalement sur des examens d’imagerie tels que les radiographies, les CT scans ou les IRM. Ces méthodes, coûteuses et parfois réalisées à un stade avancé de la maladie, réduisent les chances de survie. OncoSwab s’appuie sur une approche différente, fondée sur la détection de composés libérés par les tumeurs dans les voies respiratoires. « La proximité entre la tumeur et les voies aériennes rend cette méthode logique », explique Stephany Andrea, cofondatrice et PDG d’OncoSwab. Le test pourrait également s’avérer utile pour évaluer les nodules pulmonaires détectés par imagerie. Dans de nombreux cas, ces nodules nécessitent une biopsie invasive pour confirmer leur nature, une procédure lourde.
Un outil encore en développement
Le test, conçu pour un prélèvement nasal réalisable à domicile ou en centre de soins, analyse les échantillons en laboratoire. Les biomarqueurs spécifiques, identifiés à l’aide d’un algorithme propriétaire, permettent de détecter la présence d’un cancer. Bien que la nature exacte des biomarqueurs reste confidentielle, les résultats seraient disponibles en 24 à 48 heures. Actuellement, OncoSwab dispose d’un laboratoire en Europe et prévoit d’en ouvrir un aux États-Unis pour accompagner la commercialisation.
Un avenir prometteur pour la détection des cancers
Fondée en 2023, OncoSwab répartit ses activités entre San Francisco et Corroux, en Suisse. La startup développe son test en tant que laboratory developed test (LDT), une classification qui ne requiert pas d’approbation de la FDA. Soutenue par un financement pré-amorçage, elle cherche à lever des fonds supplémentaires pour poursuivre ses recherches cliniques. Si le cancer du poumon est la priorité, OncoSwab envisage d’élargir sa technologie à d’autres cancers ou maladies.
Des innovations organisationnelles pour des parcours de soins adaptés
L’Agence régionale de santé (ARS) Île-de-France a lancé, le 3 juillet dernier, un appel à projets pour promouvoir des innovations organisationnelles qui visent à améliorer la santé des femmes. Cet appel s’inscrit dans le cadre du projet régional de santé 2023-2028. L’objectif est de soutenir des initiatives qui renforcent les connaissances des professionnels de santé et facilitent l’accès des femmes aux soins, en dehors des thématiques de gynécologie et de périnatalité. Bien que les outils numériques puissent être intégrés aux propositions, leur financement n’est pas couvert par cet appel. L’appel à projets visait à développer des solutions permettant notamment :
d’améliorer la prise en charge des femmes dans des situations spécifiques, comme le travail décalé, la monoparentalité ou les violences.
de sensibiliser les professionnels aux enjeux de santé spécifiques aux femmes.
de réduire l’impact des conditions de vie et de travail sur la santé des femmes.
Des initiatives régionales pour améliorer la prévention et les parcours de soins des femmes
Cet appel à projets s’adressait à des structures franciliennes du secteur sanitaire ou médico-social, comme des établissements de santé, des maisons de santé, des associations ou des dispositifs d’appui à la coordination. Les projets retenus devront être mis en œuvre sur une durée maximale de deux ans. Pour rappel, les critères d’éligibilité étaient : le ciblage des populations à risque, le caractère innovant, le décloisonnement des pratiques, et le coût prévisionnel et méthodologie.
Quatre projets lauréats
Parmi les 35 dossiers reçus, quatre ont été sélectionnés :
Association Ikambéré : un programme de médiation en santé pour accompagner les femmes vivant avec un diabète ou une hypertension, en milieu hospitalier.
Association Checkpoint : une consultation en santé sexuelle, incluant la PrEP, dédiée aux femmes dans un centre de PMI de Seine-Saint-Denis.
Centre de santé du square de la Mutualité : un parcours de soins pour des femmes en situation de vulnérabilité professionnelle ou personnelle, comme les policières, femmes de ménage ou aidantes.
Maison de santé Cap Horn : un dépistage systématique des maladies cardiovasculaires et de l’ostéoporose chez les femmes de plus de 45 ans.
Vers une meilleure prise en charge
Ces projets seront suivis et financés sur deux ans par l’ARS. Ils reflètent l’intérêt des acteurs régionaux pour améliorer la santé des femmes par des approches innovantes en matière de mode d’organisation. En renforçant les connaissances, en réduisant les inégalités d’accès aux soins et en intégrant les facteurs sociaux dans les parcours de santé, ces initiatives visent à répondre aux besoins en termes de santé des femmes.
Un défi commun : mettre la valeur au cœur des soins
Le système de santé français, comme d’autres à travers le monde, fait face à des défis grandissants : coûts croissants, complexité accrue des parcours de soins, et attentes toujours plus fortes des patients en matière de personnalisation et de résultats. C’est dans ce contexte que deux innovations majeures émergent comme des leviers puissants de transformation : l’intelligence artificielle (IA) et le Value-Based Healthcare (VBHC), ou la « santé basée sur la valeur ». Si l’IA fascine par sa capacité à analyser des données complexes, prédire des maladies et personnaliser les traitements, le VBHC propose un modèle centré sur les résultats qui comptent pour les patients, tout en maîtrisant les coûts. Mais ces deux approches ne peuvent pleinement tenir leurs promesses que si elles sont combinées de manière stratégique.
L’IA : Accélérateur des soins personnalisés
L’intelligence artificielle (IA) révolutionne déjà de nombreux domaines de la santé. Prenons l’exemple des jumeaux numériques (digital twins). Ces répliques virtuelles de patients, créées à partir de données issues de capteurs, de dispositifs portables et de dossiers médicaux électroniques, permettent de simuler des scénarios médicaux et d’optimiser les traitements en temps réel. Ainsi, un patient atteint d’insuffisance cardiaque pourrait bénéficier d’un ajustement précis de son traitement grâce à des analyses prédictives. Un autre exemple inspirant se trouve en Estonie, pionnière de la blockchain en santé. Depuis 2016, cette technologie garantit la sécurité et l’intégrité des données médicales tout en favorisant leur partage entre les différents acteurs du système de santé. Résultat : une transparence et une interopérabilité accrues, essentielles pour des soins centrés sur la valeur.
L’application Babylon Health illustre comment l’IA peut transformer l’accès aux soins. Fondée en 2013 au Royaume-Uni, Babylon Health propose une plateforme de santé numérique combinant une intelligence artificielle avancée avec des consultations médicales virtuelles. Les utilisateurs peuvent décrire leurs symptômes via un chatbot alimenté par l’IA, qui analyse les informations et fournit des conseils médicaux ou oriente vers une consultation avec un professionnel de santé. Cette approche permet une détection précoce des maladies, une personnalisation des soins et une réduction des coûts en évitant des consultations physiques inutiles. En 2019, Babylon Health couvrait plus de 20 millions de personnes et réalisait plus de 5 000 consultations par jour, démontrant l’efficacité de l’IA pour améliorer l’accès aux soins et la satisfaction des patients.
Enfin, le système PathAI, utilisé dans le domaine de la pathologie numérique, démontre comment l’IA peut transformer les diagnostics. PathAI applique des algorithmes d’apprentissage automatique pour analyser des échantillons de tissus, permettant ainsi une détection précoce et plus précise des maladies, comme certains types de cancer. Cette technologie réduit non seulement les erreurs de diagnostic, mais elle améliore également l’efficacité des équipes médicales en accélérant les processus. En intégrant les résultats dans des plateformes interopérables, PathAI contribue directement à un modèle de soins centré sur la valeur, où la rapidité et la précision des traitements sont au cœur des résultats pour les patients.
Le VBHC : Un cadre structurant pour l’IA
Là où l’IA analyse et optimise, le VBHC apporte un cadre stratégique pour structurer ces innovations. Ce modèle repose sur un principe révolutionnaire : mesurer les résultats qui comptent pour les patients (PROMs et PREMs) et les relier aux coûts. Sans ce cadre, l’IA risque de devenir une technologie sans lien avec les besoins réels, incapable de transformer les systèmes de santé. Popularisé par le professeur Michael Porter, le VBHC se concentre sur la valeur des soins pour les patients en mesurant systématiquement leurs résultats cliniques, leur expérience, et les coûts associés. Contrairement au modèle traditionnel de paiement à l’acte (fee-for-service), qui privilégie le volume, le VBHC récompense les résultats mesurables. Des exemples à l’échelle internationale, comme la Mayo Clinic aux États-Unis ou les programmes nationaux aux Pays-Bas, montrent que ce modèle améliore les résultats cliniques, tout en augmentant la satisfaction des patients. Cependant, sans outils technologiques robustes et interopérables, cette transformation reste limitée.
Des impacts concrets pour les soignants et les patients
L’alliance IA-VBHC pourrait transformer profondément le quotidien des soignants. Aujourd’hui, de nombreuses heures sont perdues dans des tâches administratives chronophages, créant frustration et épuisement. Avec l’IA, ces tâches pourraient être automatisées, permettant aux médecins et aux infirmiers de se recentrer sur leur mission première : le soin.
Pour les patients, l’impact est tout aussi direct. Grâce à des outils comme la télémédecine augmentée par l’IA, ils pourraient bénéficier d’un suivi continu, même à domicile. Les algorithmes prédictifs aideraient à identifier les complications potentielles avant qu’elles ne se manifestent, réduisant ainsi les hospitalisations inutiles et améliorant la qualité de vie.
La combinaison de l’IA et du VBHC pourrait transformer profondément le quotidien des soignants et des patients.
Pour les soignants :
Réduction des tâches administratives grâce à l’automatisation des dossiers médicaux et des codages.
Accès facilité à des données intégrées et pertinentes pour soutenir les décisions cliniques.
Plus de temps consacré à l’interaction humaine avec les patients, essentielle pour une relation de confiance.
Pour les patients :
Des soins plus personnalisés grâce à des algorithmes prédictifs qui détectent les complications potentielles avant qu’elles ne surviennent.
Un suivi continu, notamment via des dispositifs connectés et des outils de télémédecine augmentés par l’IA.
Une meilleure qualité de vie grâce à des traitements optimisés et à des parcours simplifiés.
Les défis à relever pour une transformation réussie
Un point particulièrement intéressant, souligné par Verena Voelter dans son ouvrage, est le retard dans l’adoption de la télémédecine avant la pandémie de COVID-19. Elle observe que « la télémédecine, tout comme la visioconférence, existait bien avant cette pandémie. Mais elle n’était pas ancrée dans nos habitudes ni largement utilisée. » Ce retard s’explique en grande partie par l’absence de cadre de remboursement adapté. Une consultation médicale par téléphone ou par vidéo n’était tout simplement pas remboursable par les assurances. Ce n’était pas la faute des prestataires ou des payeurs, mais bien le manque d’un cadre systémique et fonctionnel permettant de telles transactions.
Cette réflexion met en lumière un défi clé dans la construction d’un monde interconnecté des soins numériques (interconnected world of digital care). Sans cadre structurant pour intégrer des innovations comme la télémédecine ou les dispositifs connectés dans les systèmes de santé traditionnels, ces technologies risquent de rester sous-utilisées. Il est donc impératif de revoir les politiques de remboursement et les incitations financières pour intégrer pleinement ces outils dans la pratique courante.
En parallèle, le point of care, où les données cliniques sont collectées au plus près du patient, est une étape cruciale pour alimenter efficacement l’IA et soutenir le VBHC. Actuellement, les données recueillies sont souvent non structurées, issues de systèmes disparates, et difficiles à intégrer dans une analyse cohérente. Pourtant, pour suivre les patients sur l’ensemble du continuum of care, des consultations initiales aux suivis à domicile, il est impératif de standardiser les formats de données et de garantir leur qualité. Une collecte structurée permet non seulement une meilleure compréhension des besoins des patients, mais aussi une évaluation précise des résultats et des coûts, éléments centraux du VBHC. La standardisation des données sur l’ensemble du continuum of care, des consultations initiales aux suivis à domicile, permettrait d’alimenter efficacement ces innovations et d’optimiser leur impact sur les patients.
Figure 1 – Les données patient doivent être recueillies tout au long du parcours du patient. Image du livre It Takes Five to Tango, Voelter V (2021)
L’interopérabilité repose en grande partie sur l’intégration et l’évolution des systèmes d’enregistrement électronique des données de santé, tels que les EHR (Electronic Health Records), EMR (Electronic Medical Records) et EPR (Electronic Patient Records). Ces systèmes sont essentiels pour centraliser et partager les informations de santé tout au long du parcours patient. Cependant, dans leur forme actuelle, ils sont souvent cloisonnés, conçus pour répondre à des besoins administratifs ou spécifiques à un établissement, plutôt que pour favoriser une coordination globale des soins.
Un bon système interopérable doit aller au-delà de ces limites, en permettant :
La connexion des silos de données entre différents établissements, professions et spécialités médicales.
Une standardisation des formats de données, pour garantir une intégration fluide dans des plateformes communes.
Un accès en temps réel pour les patients et les soignants, favorisant des décisions éclairées et des parcours de soins personnalisés.
Un exemple où cette interconnexion commence à porter ses fruits est le programme CORTEX-eCARE en Europe, qui repose sur une plateforme centralisée permettant la coordination des soins pour les patients atteints de cardiopathies congénitales. Ce système relie des centres de soins dans plusieurs pays, avec une standardisation des données et une intégration fluide des outils d’intelligence artificielle pour stratifier les risques et guider les décisions cliniques. Grâce à cette interopérabilité, les données des patients sont disponibles pour les soignants où qu’ils soient, permettant des ajustements rapides des traitements et une réduction des hospitalisations inutiles. De même, en France, la plateforme Mon Espace Santé marque un pas significatif vers l’interconnexion. Ce dossier médical électronique national vise à regrouper toutes les données des patients dans un format standardisé et accessible aux professionnels de santé. En y intégrant des technologies comme la télémédecine et la télésurveillance, ce système permet un suivi continu des patients, y compris à domicile, et facilite la coordination entre les différents acteurs du parcours de soins.
Par ailleurs, la convergence avec des solutions comme le m-health pourrait renforcer ce cadre en collectant des données directement dans l’environnement quotidien des patients. Montres connectées, capteurs et applications mobiles enrichiraient ces systèmes, permettant une surveillance continue et un engagement accru des patients. Les questions éthiques et de protection des données restent cependant centrales. Si des initiatives comme celle de l’Estonie montrent qu’une gestion transparente et sécurisée est possible, elles doivent être adaptées aux contraintes et aux attentes locales pour bâtir un système de santé de confiance et véritablement centré sur la valeur.
Une décennie pour changer la donne
Dans les dix prochaines années, l’IA et le VBHC pourraient redéfinir les standards de la santé en France. En combinant la capacité de l’IA à analyser et prédire avec le cadre structurant du VBHC, il est possible de construire un système de santé plus centré sur les patients, plus efficace et plus durable.
Dans une logique VBHC, il devient possible de construire un système de santé :
Plus centré sur les besoins réels des patients.
Plus efficace dans l’utilisation des ressources.
Plus juste et inclusif, en réduisant les inégalités d’accès aux soins.
Cette transformation s’inscrit dans ce que l’on pourrait appeler un monde interconnecté des soins numériques, où les systèmes de santé, les technologies et les patients sont liés par des flux de données continus et transparents. Une image saisissante de cette structure interconnectée est donnée par une carte de réseau utilisée dans la recherche sur la santé numérique, où les mots-clés employés par les auteurs, apparaissant au moins vingt-cinq fois, révèlent les liens sous-jacents et les interactions complexes entre les concepts clés. Cela illustre la manière dont les différents éléments de la santé numérique – données, technologies, patients et soignants – se tissent pour créer un écosystème intégré.
Figure 2 – Les réseaux de la santé numérique . Image du livre It Takes Five to Tango, Voelter V (2021)
Les dispositifs connectés, les plateformes interopérables et les innovations telles que les digital twins et le m-health facilitent une prise en charge coordonnée et fluide, peu importe où se trouve le patient ou l’acteur médical. Dans ce modèle, chaque donnée collectée, chaque interaction soignant-patient, et chaque décision clinique contribuent à une boucle d’amélioration continue des soins. Mais cette transformation nécessite une collaboration étroite entre tous les acteurs : décideurs politiques, industriels, professionnels de santé et patients eux-mêmes. Ce n’est qu’en alignant les efforts et en adoptant une vision commune que l’on pourra réellement tirer parti des promesses de l’IA et du VBHC.
Le mariage entre IA et VBHC n’est pas une option, mais une nécessité pour transformer les soins en profondeur.
L’IA et le VBHC ne sont pas des solutions indépendantes, mais des leviers complémentaires. Ensemble, ils peuvent créer un système de santé où la valeur prime sur le volume, où les patients sont placés au centre, et où les soignants retrouvent le temps et les outils pour exercer leur métier dans les meilleures conditions.
La décennie à venir sera déterminante. À nous, en France, de relever ce défi et de montrer qu’une approche innovante et collaborative peut transformer la santé pour tous.
Balicer, R. D., & Afek, A. (2017). Digital Health Nation: Israel’s Global Big Data Innovation Hub. The Lancet. Publié en ligne le 8 mai 2017. Disponible à :http://dx.doi.org/10.1016/S0140-6736(17)30876-0.
Un système de santé décentralisé entre régions et municipalités
En Suède, le système de santé repose sur une gestion décentralisée. Les 21 régions (landsting) financent et organisent les soins primaires, les soins spécialisés et psychiatriques. Regroupées en six zones sanitaires, elles assurent la mise en œuvre des priorités nationales en matière de santé publique. Les municipalités gèrent les soins aux personnes âgées, aux personnes handicapées et aux enfants en milieu scolaire. Dans un pays où le vieillissement de la population est marqué, elles supervisent aussi les services à domicile. Parmi les institutions nationales, le Conseil national de la santé et du bien-être (Socialstyrelsen) établit des standards de qualité, délivre les autorisations professionnelles et gère les registres médicaux. L’Inspection des soins et de la protection sociale (IVO) complète ce dispositif en surveillant la conformité des pratiques et en enquêtant sur les incidents si nécessaire. Enfin, pour garantir un accès simplifié aux services, la plateforme 1177 Vårdguiden fournit des conseils médicaux en ligne et par téléphone. Ce service, qui est centralisé, oriente les patients vers les structures locales adaptées à leurs besoins.
En résumé :
Les régions (landsting), des acteurs centraux : Les 21 régions suédoises organisent et financent la majorité des services de santé. Elles supervisent les soins primaires et spécialisés, ainsi que la prévention et les campagnes de santé publique. Environ 80 % de leur financement provient des impôts locaux, le reste étant assuré par l’État et les frais payés par les patients.
Les municipalités (kommuner), au plus près des populations vulnérables : Les 290 municipalités se concentrent sur les soins aux personnes âgées, les personnes handicapées et les enfants en milieu scolaire. Elles gèrent aussi les services à domicile.
Prévention, qualité et accès, comment les agences suédoises pilotent la santé publique ?
Au niveau national, plusieurs institutions assurent la régulation, la supervision et la mise en œuvre des priorités de santé publique :
Le ministère de la Santé et des Affaires sociales définit les grandes orientations stratégiques en matière de santé publique, en mettant l’accent sur la prévention et la gestion des maladies chroniques. En coordination avec les agences nationales et les 21 régions, le ministère veille à ce que les priorités nationales soient alignées sur les besoins de la population. Cela inclut des initiatives telles que les plans de santé mentale et les programmes de prévention des suicides. Bien que la gestion opérationnelle des soins soit décentralisée, le ministère supervise la répartition des subventions de l’État et contrôle leur utilisation pour garantir une efficacité et une équité dans l’accès aux soins.
Le Conseil national de la santé et du bien-être (Socialstyrelsen) définit les standards de qualité et régule les pratiques médicales. Il élabore des lignes directrices basées sur des données pour orienter les professionnels de santé, couvrant des domaines comme la gestion des maladies chroniques et les soins palliatifs. L’institution supervise l’accréditation et la régulation des professions médicales, garantissant ainsi une pratique conforme aux normes établies. Par ailleurs, le Socialstyrelsen gère des registres médicaux nationaux pour la recherche, l’évaluation des politiques publiques et l’allocation efficace des ressources en santé.
L’Inspection des soins et de la protection sociale (IVO) contrôle les établissements de santé et médico-sociaux pour s’assurer de leur conformité avec les normes en vigueur. En cas d’incident affectant la sécurité des patients, l’IVO mène des enquêtes pour identifier les causes. Par exemple, en 2022, l’agence a traité près de 7 500 signalements d’incidents graves. Par ailleurs, elle soutient les régions en fournissant des recommandations qui visent à améliorer les pratiques et à renforcer la qualité des soins sur le territoire.
L’Agence de santé publique (Folkhälsomyndigheten) surveille les épidémies et conçoit des stratégies pour limiter leur impact. Par ailleurs, elle développe des programmes visant à encourager des comportements favorables à la santé, tels que l’arrêt du tabac, la prévention de l’obésité et la vaccination. Sur le plan international, la Folkhälsomyndigheten collabore avec des organisations comme l’OMS pour coordonner les réponses aux menaces sanitaires globales et partager les meilleures pratiques.
La plateforme nationale 1177 Vårdguiden est un outil numérique et téléphonique qui centralise l’accès aux conseils médicaux et oriente les patients vers les services de santé. Les patients peuvent appeler le 1177 ou consulter le site web pour obtenir des informations sur leurs symptômes et être dirigés vers les professionnels ou établissements appropriés. La plateforme reçoit environ 12 millions de demandes par an. En simplifiant l’accès aux soins, 1177 Vårdguiden allège la charge des services d’urgence et améliore la gestion des flux de patients.
Comment les lois encadrent la santé publique en Suède
Le système de santé suédois repose sur un cadre juridique structuré qui garantit l’accès équitable aux soins pour tous les résidents. Ces lois définissent les responsabilités des régions et des municipalités, ainsi que les droits des patients. Elles établissent également les normes en matière de qualité et de sécurité des soins, tout en régulant les dispositifs médicaux et les médicaments.
La loi sur les services de santé et médicaux (Hälso- och sjukvårdslagen) est le fondement du système de santé suédois. Elle garantit un accès aux soins pour tous les résidents, en se basant sur leurs besoins médicaux. La législation définit les responsabilités des régions et des municipalités, en mettant l’accent sur la prévention des maladies et la réhabilitation, en plus des soins curatifs. Les municipalités sont chargées des soins de longue durée. Cette loi vise à harmoniser l’accès aux soins tout en permettant une adaptation aux besoins locaux.
La loi sur la responsabilité des soins de santé (Patientlagen), entrée en vigueur en 2015, vise à renforcer les droits des patients dans le système de santé suédois. Elle leur garantit la liberté de choisir leur prestataire de soins, qu’il soit dans leur région ou ailleurs dans le pays. La loi impose également une obligation de transparence aux professionnels de santé, qui doivent fournir des informations claires sur l’état de santé des patients et sur les options de traitement disponibles. En permettant une participation active des patients à leurs décisions de santé, cette législation encourage leur autonomisation et leur implication dans leur parcours de soins.
La loi sur les soins sociaux (Socialtjänstlagen) cible spécifiquement les besoins des populations vulnérables. Elle confie aux municipalités la responsabilité d’organiser et de financer les soins de longue durée pour les personnes âgées, les personnes handicapées et d’autres groupes nécessitant un soutien particulier. Cette législation englobe également des services tels que l’aide à domicile, la réhabilitation sociale et le soutien psychologique. En intégrant ces dimensions sociales au système de santé, la loi assure une prise en charge globale des individus, répondant à leurs besoins au-delà des soins médicaux traditionnels.
La loi sur les dispositifs médicaux et les médicaments, encadrée par la Läkemedelsverket (Agence suédoise des produits médicaux), garantit la sécurité, l’efficacité et l’accessibilité des traitements en Suède. Avant leur mise sur le marché, tous les médicaments et dispositifs médicaux doivent répondre à des critères rigoureux. L’agence veille également à ce que les traitements essentiels soient accessibles à tous, grâce à un plafonnement des coûts supportés par les patients. En régulant les prix des médicaments, cette législation limite les dépenses des ménages tout en assurant une équité d’accès.
Principales initiatives réglementaires en Suède @ H&TI
Le rapport propose plusieurs pistes pour renforcer les infrastructures numériques du NHS :
Augmenter les investissements en capital pour moderniser les systèmes existants.
Adopter une architecture commune pour le développement des outils numériques, afin d’assurer une meilleure interopérabilité.
Améliorer les pratiques commerciales et d’approvisionnement, avec une transparence concernant les activités commerciales.
Des règles claires pour les technologies de santé
Concernant les outils de santé numérique, TechUK souligne la nécessité d’établir des critères clairs et standardisés pour leur validation et leur remboursement par le NHS. Cette démarche s’appuierait sur les consultations en cours menées par NHS England et l’agence NICE, visant à clarifier les voies d’accès aux dispositifs médicaux innovants. L’organisation recommande de s’appuyer sur les retours de l’industrie recueillis lors de la consultation en cours sur les voies d’accès aux dispositifs médicaux. TechUK rappelle que la cohérence et la transparence dans ces processus sont essentielles pour encourager l’innovation et permettre une adoption rapide des nouvelles technologies. En 2022, le gouvernement conservateur précédent avait déjà publié une stratégie visant à améliorer la cohérence et la transparence des processus d’innovation dans le secteur des technologies médicales.
IA et transformation numérique : des priorités identifiées
Parmi les recommandations de techUK figurent :
Une stratégie centrale pour encadrer l’utilisation de l’intelligence artificielle dans les systèmes de santé et de services sociaux, en garantissant sécurité et responsabilité.
La définition des prochaines étapes pour le développement de l’application NHS App, un outil central dans la transformation numérique du NHS.
Les risques d’un retard numérique
TechUK met en garde contre les conséquences d’une inaction. Selon l’organisation, retarder les réformes numériques pourrait affaiblir l’écosystème d’innovation du Royaume-Uni et le rendre vulnérable face à des concurrents étrangers plus avancés. « Si ces recommandations ne sont pas mises en œuvre rapidement, le NHS risque de manquer une occasion de se moderniser », avertit le rapport. Pour techUK, des actions rapides et coordonnées sont nécessaires pour améliorer le système de soins au Royaume-Uni. En appelant à une mobilisation gouvernementale, l’organisation insiste sur le rôle clé des technologies numériques dans la pérennité du NHS et des services sociaux.
Un outil certifié pour la santé connectée et la recherche pharmaceutique
L’EvieMED mesure des données médicales comme le taux d’oxygène dans le sang et la fréquence cardiaque, ainsi que des indicateurs liés au bien-être comme l’énergie, le sommeil, l’activité physique et l’humeur. Movano Health collabore avec un laboratoire pharmaceutique pour intégrer l’EvieMED dans des essais cliniques futurs en 2025. L’anneau est utilisé dans une étude menée par le MIT sur le suivi des patients atteints de COVID long et de maladie de Lyme chronique. Le PDG de Movano Health, John Mastrototaro, affirme que cette autorisation “constitue une avancée majeure : l’objectif de la société est de proposer des dispositifs de qualité clinique répondant aux besoins des assureurs, des laboratoires pharmaceutiques et des fabricants de dispositifs médicaux”.
Santé numérique : comment la télésurveillance
L’approbation de la FDA renforce le rôle des objets connectés dans la santé numérique. La télésurveillance médicale, portée par des appareils comme l’EvieMED, connaît une forte progression. Le marché des dispositifs médicaux connectés pourrait atteindre 187,4 milliards de dollars d’ici 2028, avec une croissance annuelle de 24,9 %, selon Fortune Business Insights. Ces technologies offrent un suivi continu des patients pour les maladies chroniques. En recherche clinique, elles réduisent les biais liés à l’autodéclaration et permettent une collecte de données fiable et en temps réel.
Les développements de Movano Health
Côtée en bourse depuis 2021, Movano Health a récemment mené une enquête interne sur des irrégularités liées à une opération de regroupement d’actions. Son titre est actuellement autour de 5,52 dollars. La société propose une autre bague connectée, l’Evie Ring, conçue pour les femmes. Après une interruption due à des problèmes d’approvisionnement, ce modèle a été relancé en septembre avec une application améliorée intégrant l’intelligence artificielle. L’appareil analyse des données sur le cycle menstruel, le sommeil et la santé cardiaque pour fournir un suivi personnalisé.
Un enjeu pour les professionnels de santé
Les dispositifs connectés comme l’EvieMED facilitent un suivi plus précis des patients et renforcent l’efficacité des soins à distance. Ces outils permettent une meilleure coordination entre les différents acteurs du système de santé, comme les assureurs et les industriels. Ils participent à l’évolution vers une médecine plus préventive et personnalisée.
Dans un contexte mondial de pénurie de personnel soignant, GE HealthCare et Duke Health ont publié, via HIMSS24, un livre blanc de recommandations. Intitulé “How to Improve Healthcare Staffing with AI“, le rapport traite de la manière dont l’intelligence artificielle (IA) optimise la gestion des soignants, notamment des infirmières. Les projections pour 2030 prévoient un déficit de 13 millions d’infirmiers à l’échelle mondiale. Aux États-Unis, près de 100 000 infirmiers ont quitté la profession pendant la pandémie, et plus de 600 000 envisagent de faire de même d’ici 2027, poussés par l’épuisement professionnel et les départs à la retraite. Les besoins en soins dépassent l’offre disponible, rendant la planification du personnel difficile pour les hôpitaux.
Des solutions traditionnelles, mais insuffisantes
Réductions de durée de séjour, amélioration des parcours patients, limitation des réadmissions : les établissements de santé adoptent déjà des modèles organisationnels pour optimiser l’efficacité. Mais la gestion des équipes reste majoritairement réactive et peine à répondre à l’imprévisibilité et aux questions d’organisation, comme : Qui est disponible pour intervenir rapidement en cas de besoin ? Y a-t-il du personnel nouveau ou peu familier avec l’unité qui nécessite une supervision accrue ? ou encore: Les plannings sont-ils équilibrés à l’échelle du système ?
Duke Health et GE HealthCare, une collaboration pour un staffing optimisé
Les algorithmes prédictifs utilisent un large ensemble de données pour les décisions de gestion des effectifs ; telles que les admissions et sorties de patients, les résultats d’examens, les ajustements de plannings ou encore les affectations des périodes de travail ou des services hospitaliers. Ces outils permettent une analyse dynamique des informations. L’apprentissage automatique détecte des schémas et ajuste en continu les modèles à mesure que les besoins des patients et les pratiques cliniques changent. Ces prédictions permettent aux hôpitaux d’anticiper avec précision les besoins en personnel.
L’hôpital Duke Health utilise une technologie de Command Center, développée par GE HealthCare, pour améliorer la gestion des équipes. Miranda Mathis-Harris, directrice des opérations cliniques pour le flux de patients, explique qu’ils sont passés d’une gestion réactive à une approche plus proactive, basée sur plus d’anticipation. Résultats : des ajustements mieux ciblés, des économies significatives et une amélioration des processus opérationnels. Les décisions proactives en matière de staffing s’intègrent directement dans les workflows, potentiellement dans chaque réunion ou point de situation.
“Our teams, including our Associate Chief Nursing Officers and Clinical Operations Directors, use the census forecast daily to make near-time and longer-range staffing decisions. We are better equipped to balance staffing based on demand — both for the current shift and looking weeks ahead.” – Chantal Howard, chief nursing and patient care services officer, Duke University Hospital.
Une organisation hospitalière fluide et une réduction du stress pour les soignants
Les hôpitaux identifient les manques ou excès de personnel, équilibrent les équipes, optimisent les plannings et évitent les ajustements de dernière minute. Ces outils fournissent aux responsables des données en temps réel, leur permettant de prendre des décisions pour mieux allouer les ressources disponibles. Au-delà des gains d’efficacité, ces solutions contribuent aussi à réduire le stress des soignants et à leur offrir plus de temps pour se consacrer à l’essentiel : les soins aux patients.
Pour aller plus loin
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Au programme :
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Comprendre comment l’intelligence artificielle permet une meilleure gestion des ressources hospitalières.