Des chercheurs de huit universités japonaises ont démontré l’efficacité d’un programme d’auto-gestion basé sur l’e-santé pour atténuer les symptômes du syndrome de l’intestin irritable (SII).
Une forte prévalence du SII au Japon
Le SII est particulièrement répandu au Japon, avec un taux de 14,9 %, selon une étude publiée dans Neurogastroenterology & Motility, contre une moyenne mondiale de 9,4 %. Cette pathologie, caractérisée par des douleurs abdominales, des ballonnements et des troubles du transit intestinal (constipation ou diarrhée), entraîne :
- Une réduction de la qualité de vie des patients, avec des scores diminués de 30 à 40 % par rapport à la population générale.
- Des consultations régulières auprès de professionnels de santé, en moyenne 2 à 3 fois par an, pour la gestion des symptômes.
Première étude randomisée sur un programme d’auto-gestion e-santé
Un essai contrôlé randomisé a été mené par des experts de huit universités japonaises. Le programme d’auto-gestion e-santé, accessible sur ordinateurs et appareils mobiles, se composait de :
- Textes au format e-book
- Vidéos explicatives
- Quiz à la fin de chaque chapitre
L’objectif était d’évaluer l’efficacité du programme sur la réduction des symptômes du SII. L’étude a comparé 40 étudiantes japonaises atteintes de SII (selon les critères de Rome IV), âgées de 18 à 36 ans, utilisant le programme d’e-santé à un groupe recevant un traitement habituel.
Réduction des symptômes et impact sur le microbiote intestinal
Après huit semaines, les chercheurs ont évalué plusieurs critères :
- L’indice de sévérité du SII
- La qualité de vie générale
- La puissance des ondes alpha et bêta à l’EEG
- La composition du microbiote intestinal
Les résultats, publiés dans Scientific Reports, montrent :
- Une réduction significative de la sévérité des symptômes dans le groupe e-santé comparé au groupe traitement habituel.
- Des scores de sévérité plus faibles dans le groupe e-santé après 8 semaines.
- Une différence notable dans la variation du phylum Cyanobacteria, un groupe de bactéries contribuant à la diversité du microbiote intestinal.
L’étude suggère que le programme d’e-santé a eu un impact positif sur la composition du microbiote intestinal. Les chercheurs concluent que les outils d’e-santé peuvent offrir des solutions prometteuses pour aider les patients à mieux gérer le SII au quotidien, en complément des traitements traditionnels.