Une menace sanitaire mondiale urgente
Phaxiam Therapeutics a récemment dévoilé, lors du Phagogram Day à Lyon, les avancées liées à son test de diagnostic in vitro marqué CE. Ce test innovant permet d’évaluer la sensibilité des bactéries aux bactériophages (phages), des virus naturels ciblant spécifiquement des souches résistantes comme Staphylococcus aureus, Pseudomonas aeruginosa, Acinetobacter baumannii, et Escherichia coli.
L’antibiorésistance est responsable de 12 500 décès annuels en France, selon l’Alliance contre les bactéries multirésistantes, et pourrait entraîner jusqu’à 39 millions de décès mondiaux d’ici 2050, d’après The Lancet. En Europe, son impact sanitaire rivalise avec celui des grandes maladies infectieuses combinées (grippe, tuberculose, VIH).
Les limites des méthodes conventionnelles
Actuellement, l’évaluation de la sensibilité des bactéries aux antibiotiques repose sur trois approches principales :
- La diffusion en milieu gélosé (méthode de Kirby-Bauer) : utilisation de disques imprégnés d’antibiotiques sur une gélose pour mesurer des zones d’inhibition.
- Les microdilutions liquides : test en milieu liquide permettant de déterminer des concentrations inhibitrices minimales.
- La concentration minimale inhibitrice (CMI) : mesure précise de la concentration minimale d’un antibiotique empêchant la croissance bactérienne.
Malgré leur efficacité, ces techniques présentent des limites, telles qu’un temps d’analyse long, une sensibilité réduite pour certaines résistances spécifiques, et une variabilité des résultats.
Résultats prometteurs pour le Phagogramme
L’analyse rétrospective menée sur 398 souches cliniques a révélé des résultats impressionnants :
- 98,7 % des souches de S. aureus sensibles à au moins un phage dédié.
- 71,3 % des souches de P. aeruginosa répondant favorablement.
Une marché estimé à 3,35 milliards d’euros
Le test de cette société lionnaise cotée sur le Nasdaq Capital Market aux Etats- et sur le marché réglementé d’Euronext à Paris pourrait non seulement orienter les traitements à base de phages, mais aussi jouer un rôle clé dans la lutte contre la résistance antimicrobienne. Le marché mondial du diagnostic in vitro lié à cette technologie est estimé à 3,35 milliards d’euros en 2024, selon Global Market Insights.