Bernard

  • Un test salivaire de dépistage de l’endométriose pris en charge par l’Assurance Maladie dans 80 hôpitaux français

    Un diagnostic tardif avec un délai moyen estimé à sept ans

    Depuis le 11 février 2025, le test salivaire de Ziwig est pris en charge par l’Assurance Maladie dans 80 hôpitaux français. L’endométriose est une maladie gynécologique inflammatoire chronique qui touche environ 10 % des femmes en âge de procréer, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

    • En France, entre 600 000 et 700 000 femmes sont concernées par cette pathologie
    • L’endométriose est impliquée dans jusqu’à 50 % des cas d’infertilité féminine

    Le diagnostic repose sur plusieurs examens d’imagerie et d’exploration. Cependant, l’échographie pelvienne et l’IRM pelvienne peuvent ne pas détecter certaines formes superficielles de la maladie. La cœlioscopie exploratoire, considérée comme l’examen de référence, mais invasive. En raison des limitations des outils diagnostiques actuels, le délai moyen pour établir un diagnostic est estimé à sept ans.

    Une technologie micro-ARN optimisée par l’intelligence artificielle

    S’appuyant sur les limites cliniques des méthodes de diagnostic actuelles, la biotech lyonnaise Ziwig a développé un test salivaire permettant de détecter l’endométriose grâce à l’analyse des microARN. Ces biomarqueurs moléculaires spécifiques présentent des profils phénotypiques caractéristiques de la maladie, identifiés à l’aide du séquençage de nouvelle génération (Next-Generation Sequencing, NGS). L’intelligence artificielle (IA) intervient ensuite pour modéliser et interpréter ces données complexes, facilitant ainsi un diagnostic rapide et fiable.

    Les résultats préliminaires de cette technologie non invaisve  publiés en juin 2023 dans The New England Journal of Medicine Evidence ont montré :

    • Une sensibilité de 95 % et une spécificité de 94 %
    • Une réduction des cœlioscopies inutiles de 46 à 47 %

    Le protocole d’évaluation 

    Le forfait innovation, attribué en février 2025, permettra de mener une validation clinique à grande échelle du test salivaire développé par Ziwig. Ce dispositif prévoit un financement temporaire sur trois ans, à hauteur de 849 € par patiente dont l’imagerie est normale, afin de poursuivre l’étude de validation clinique ENDOmiARN, lancée en 2021. Cette étude prévoit l’inclusion de 25 000 patientes, dont 2 500 en étude clinique.

    Le protocole d’évaluation de cette étude comprend les étapes suivantes :

    • Prélèvements salivaires réalisés sur des patientes présentant des symptômes évocateurs d’endométriose, pour lesquelles l’imagerie médicale pelvienne peut être normale ou présenter des résultats équivoques.
    • Analyse des microARN effectuée à l’aide de l’Endotest salivaire de Ziwig, qui utilise une signature spécifique de 109 microARN, dosés par une méthode de séquençage haut débit dans la salive.
    • Comparaison des résultats avec des examens standards tels que la laparoscopie ou l’IRM, afin de confirmer le diagnostic d’endométriose.

    Une expérimentation dans 80 centres hospitaliers français

    L’expérimentation se déroulera dans 80 hôpitaux français, incluant des établissements renommés tels que l’Hôpital Lyon Sud, l’Hôpital de la Croix-Rousse, ainsi que les CHU de Rouen, Saint-Étienne et Lille. Cette étude d’envergure a pour objectif de confirmer la performance diagnostique du test et d’évaluer son intégration dans la prise en charge de l’endométriose.

     

  • Un laboratoire acoustofluidique sur puce promet d’accélérer le diagnostic du cancer

    Une équipe de chercheurs iraniens a mis au point un laboratoire sur puce (lab-on-chip) exploitant les ondes acoustiques de surface pour isoler les cellules tumorales circulantes, contribuant ainsi à accélérer le diagnostic précoce des cancers.

    10 millions de vies : l’urgence du diagnostic précoce

    Selon l’Organisation mondiale de la santé, le cancer est responsable de 10 millions de décès par an, soit un décès sur six dans le monde. La détection de la prolifération cellulaire anormale et pathologique, qui intervient souvent trop tard, fait du diagnostic précoce du cancer l’un des défis médicaux les plus urgents et complexes.
    Des recherches récentes se concentrent sur la détection, dans le sang périphérique, de cellules tumorales circulantes rares. Ces cellules servent de marqueurs non invasifs, susceptibles de faciliter l’établissement de diagnostics précoces.

    Des ondes acoustiques pour séparer les cellules tumorales en temps réel

    Des chercheurs de l’Université de technologie Khajeh Nasir Toosi (KNTU), de Téhéran ont mis au point un système microfluidique permettant de séparer en temps réel les cellules tumorales circulantes des globules rouges avec une précision et une efficacité sans précédent. Ce laboratoire sur puce intègre :

    • Des transducteurs interdigités, responsables de la gestion des ondes acoustiques.
    • Des microcanaux spécialement conçus pour optimiser la séparation cellulaire.
    • Des algorithmes d’intelligence artificielle, offrant une compréhension approfondie des phénomènes acoustofluidiques complexes.

    Méthodologie et résultats de l’étude

    Les chercheurs ont combiné :

    • Des simulations numériques pour modéliser les interactions acoustiques et fluidiques.
    • Des expériences pratiques pour valider ces modèles.
    • De l’intelligence artificielle pour optimiser la séparation cellulaire.

    Les résultats de leur étude, publiés dans Physics of Fluids, montrent :

    • Un taux de récupération de 100 % des cellules tumorales circulantes.
    • Un déplacement cellulaire observé, avec une réduction de la distance intercellulaire de 30 µm et un déplacement latéral maximal de 45 µm à un débit de gaine de 120 mm/s.
    • Une augmentation de l’énergie, avec une hausse de 35 % de la consommation d’énergie acoustique et une augmentation de 72 % de la consommation énergétique.

    Ces résultats démontrent le potentiel de cette technologie lab-on-chip pour améliorer la détection précoce du cancer grâce à une séparation cellulaire efficace. Cela ouvre la voie à des tests non invasifs et à des approches personnalisées en oncologie.

     

  • Interventions précoces en télésanté : un bénéfice démontré pour les enfants présentant des troubles du développement

    83,6 millions d’enfants en Asie touchés par des troubles du développement

    Une équipe de chercheurs hospitaliers en Corée du Sud a étudié l’efficacité de la télésanté chez les jeunes enfants présentant des troubles du développement. Selon le Centre d’excellence sur l’autisme et les troubles du neurodéveloppement, un enfant sur six présente un trouble du neurodéveloppement. Ce taux a augmenté depuis la fin du 20ᵉ siècle. En Asie, 55 % des enfants souffrant de retard de croissance sont recensés, soit environ 83,6 millions d’individus. La prévalence de l’autisme dans cette région varie entre 1 % et 2,76 % selon les dernières études.

    Les limites des méthodes conventionnelles

    Les interventions traditionnelles pour les troubles du développement incluent les thérapies comportementales, l’orthophonie, la physiothérapie, l’ergothérapie et les interventions éducatives spécialisées. Cependant, ces méthodes rencontrent plusieurs obstacles :

    • Accès limité en Asie du Sud-Est à cause de l’éloignement géographique.
    • Délais d’attente prolongés en raison de la pénurie de professionnels.
    • Coûts élevés des interventions psychologiques et sociales, rendant l’accès difficile pour de nombreuses familles.

    Une étude sur l’efficacité de la télésanté chez les enfants de 0 à 3 ans

    L’équipe du Collège des sciences infirmières de l’Université Yonsei de Séoul a étudié l’efficacité de la télésanté chez les enfants de 0 à 3 ans à risque ou diagnostiqués avec des troubles du développement, en utilisant principalement la vidéoconférence via des smartphones, tablettes ou ordinateurs personnels. Ils ont réalisé une revue systématique de 18 études menées dans divers pays : États-Unis, Brésil, Canada, Italie, Danemark, Iran et Suède.

    Les critères observés

    Quatre critères ont été suivis à travers l’observation directe des comportements, des questionnaires auprès des parents et l’évaluation des interactions en temps réel via vidéoconférence :

    • Le développement de la communication
    • Le développement social et émotionnel
    • Les comportements adaptatifs
    • Le développement physique

    Communication améliorée dans 50 % des cas, développement social et physique dans un tiers des cas

    L’étude publiée dans Journal of Medical Internet Research a révélé que la télésanté était aussi efficace, voire supérieure, aux méthodes traditionnelles. Des améliorations ont été observées dans :

    • La communication (50 % des études)
    • Le développement social et physique (33 % des études)
    • Les comportements adaptatifs (22 % des cas)

    Les chercheurs prévoient d’étendre leurs travaux en adoptant une approche multidisciplinaire plus complète et en évaluant les résultats cognitifs, tout en tenant compte des adaptations culturelles et technologiques pour élargir l’accès à divers groupes socio-économiques et géographiques.

     

  • Une avancée en IA pour la détection des amyloïdes dans la maladie d’Alzheimer

    Une équipe du CNRS développe un outil IA pour prédire la formation d’amyloïdes liés aux maladies neurodégénératives.

    Un triplement des cas de maladie d’Alzheimer d’ici 2050

    Chaque année, environ 225 000 nouveaux cas de la maladie d’Alzheimer sont diagnostiqués en France, où 1,2 million de personnes en sont atteintes. À l’échelle mondiale, 50 millions de personnes vivent avec une forme de démence, principalement liée à Alzheimer, et ce chiffre pourrait tripler d’ici 2050 pour atteindre 152 millions.

    Les limites du dépistage in vitro de l’Alzheimer 5

    Trois principales méthodes de dépistage sont utilisées pour l’Alzheimer, chacune avec ses limites :

    • Les tests neuropsychologiques, dont la précision varie selon l’examinateur et les caractéristiques du patient.
    • L’imagerie cérébrale (IRM, TEP), efficace pour détecter les lésions à un stade avancé.
    • L’analyse du liquide céphalorachidien, fiable mais invasive en raison de la ponction lombaire.

    Affiner l’analyse des structures Cross-Bêta pour mieux prédire les amyloïdes

    L’équipe du CRBM (CNRS, Université de Montpellier) a développé un outil prédictif pour identifier les séquences protéiques formant des amyloïdes, grâce à une base de données de haute qualité, Cross-Beta DB. Ce travail a permis de créer un modèle d’intelligence artificielle plus fiable que ceux existants, car il évite l’inclusion d’agrégats non amyloïdes.

    Une prédiction des amyloïdes avec 84,4 % de précision 

    L’étude, publiée dans Alzheimer & Dementia, valide l’efficacité du “Cross-beta Predictor”, un outil combinant approches bio-informatiques et expérimentales. L’analyse in silico et les expérimentations in vitro ont permis de confirmer :

    • Une précision de 84,4 %.
    • Une performance supérieure de 20 % par rapport aux autres prédicteurs d’amyloïdes testés.

    Vers une personnalisation du diagnostic des maladies neurodégénératives

    L’intégration de cet outil IA aux bases génomiques pourrait permettre une personnalisation du risque chez les patients, ouvrant ainsi la voie à des diagnostics plus précoces et fiables. Les trois prochaines étapes sont :

    • La validation clinique à grande échelle.
    • L’intégration dans les plateformes de diagnostic existantes.
    • La collaboration avec des partenaires industriels pour le développement commercial.

     

  • Un dispositif portable pour le diagnostic précoce du cancer de la vessie à domicile

    573 000 nouveaux cas de cancer de la vessie dans le monde, la moitié en Asie

    Une équipe de chercheurs et de cliniciens en Corée du Sud a mis au point un dispositif diagnostique non invasif capable de détecter précocement le cancer de la vessie à partir d’échantillons d’urine non traités, utilisable à domicile. Chaque année, 573 000 nouveaux cas de cancer de la vessie sont diagnostiqués dans le monde, avec plus de 212 000 décès. Près de la moitié des cas sont recensés en Asie. La Corée du Sud enregistre 6 000 nouveaux cas par an, le cancer de la vessie étant la neuvième cause de cancer chez les hommes.

    Les limites des technologies de diagnostic in vitro actuelles

    Trois technologies sont utilisées : la cytologie urinaire, la cystoscopie et les tests d’antigènes urinaires. Elles présentent :

    • Une faible sensibilité pour les cancers de bas grade ;
    • Des coûts élevés liés à des procédures invasives.

    Un système à deux phases et des signaux fluorescents détectés par smartphone

    Neuf chercheurs du Korea Institute of Science and Technology (KIST) et trois cliniciens du département d’urologie de la Korea University College of Medicine ont développé un kit de diagnostic urinaire basé sur la superposition de l’eau et de l’huile pour détecter les biomarqueurs du cancer de la vessie. Cette technologie repose sur :

    • Un système à deux phases (aqueuse et organique) ;
    • Des signaux fluorescents solvatochromiques détectant les hyaluronidases urinaires ;
    • Un smartphone pour l’analyse des signaux via une application dédiée.

    105 échantillons testés : des performances cliniques jusqu’à 90 % de précision

    Le kit a été testé sur 80 patients atteints de diverses pathologies uro-génitales et 25 personnes en bonne santé, selon une méthodologie en double aveugle. Les résultats, publiés dans Nature Biomedical Engineering, révèlent :

    • Une sensibilité de 90 %, même en présence d’hématurie ;
    • Une spécificité de 90 % ;
    • Une robustesse confirmée par une variation des performances inférieure à 5 % en cas d’hématurie importante.

    Le KIST, en collaboration avec l’Institut coréen des machines et des matériaux (KIMM), prévoit de créer la start-up FloatBioscience pour commercialiser ce kit. L’objectif est d’obtenir les autorisations réglementaires et de lancer une production de masse standardisée.

     

  • Oncologie : des interventions efficaces mais limitées dans le temps selon une étude chinoise

    Les limites actuelles de l’e-santé

    Des chercheurs chinois ont analysé l’impact des interventions e-santé sur l’image corporelle des patients atteints de cancer. Selon le Global Cancer Observatory de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le nombre de cas de cancer en Chine suit une tendance mondiale à la hausse, avec une projection de 21,6 millions en 2030. L’Académie chinoise des sciences médicales estime que la Chine pourrait enregistrer 5,5 millions de nouveaux cas en raison du vieillissement et de l’occidentalisation des modes de vie.

    Les troubles de l’image corporelle touchent jusqu’à 74 % des patients atteints de cancers de la tête et du cou, et entre 31 % et 67 % des survivants du cancer du sein. Malgré les interventions existantes, leur adoption reste limitée :

    • Applications mobiles et plateformes web : seuls 43 % des patients achèvent les modules.
    • Thérapies cognitivo-comportementales par visioconférence : 40 % jugent cette approche moins qualitative que les consultations en présentiel.
    • Programmes éducatifs via SMS ou applications : plus d’un tiers des patients de plus de 60 ans rencontrent des difficultés techniques.

    Une revue systématique des interventions e-santé

    Des chercheurs de l’Université médicale d’Anhui et du Second Hôpital populaire de Fuyang ont identifié les modalités d’e-santé les plus efficaces et flexibles :

    • Applications mobiles (mHealth)
    • Visioconférence
    • Écriture thérapeutique en ligne
    • Soutien par les pairs

    Leur étude, publiée dans Medical Internet Research  basée sur une revue systématique d’essais contrôlés randomisés et d’études quasi expérimentales sur 11 bases de données, a analysé 512 patients suivis en Chine, aux États-Unis, en Australie et en Europe.

    Les résultats de l’étude

    • 88 % des patients ont suivi l’intégralité des modules d’écriture en ligne.
    • 86 % des études rapportent une amélioration significative de l’image corporelle après des interventions e-santé.
    • Réduction de 30 à 40 % des préoccupations liées à l’image corporelle (Body Image Scale).
    • Diminution de 50 % de l’anxiété liée à l’apparence physique après un programme d’e-santé.

    Les perspectives

    L’impact des interventions e-santé diminue avec le temps : les bénéfices sont notables jusqu’à trois mois mais s’atténuent après six mois sans suivi. De plus, les patients atteints de cancers visibles, comme ceux de la tête et du cou, en retirent moins de bénéfices.
    Pour maximiser l’efficacité des interventions, les chercheurs recommandent :

    • Des programmes d’e-santé personnalisés.
    • Une approche intégrée, combinant soutien psychologique, activité physique et éducation à la santé.

     

  • La Corée du Sud déploie un système national de prévention des épidémies basé sur l’intelligence artificielle

    Un pays confronté à des risques épidémiques récurrents

    Le gouvernement sud-coréen lance un système national de surveillance et de prévention des épidémies fondé sur l’intelligence artificielle (IA) pour détecter et contenir les menaces sanitaires en temps réel. Avec 51,7 millions d’habitants, la Corée du Sud est régulièrement touchée par des épidémies de grippe, rougeole, tuberculose et maladies zoonotiques. Le MERS en 2015 a causé 38 décès et un impact économique de 8,6 milliards de dollars, tandis que la pandémie de Covid-19 a affecté 600 000 personnes et entraîné 1 500 décès.

    Les limites du système de surveillance actuel

    Le système de surveillance épidémiologique, géré par les Centres de contrôle et de prévention des maladies en Corée du sud sous la supervision du est l’agence nationale de santé publique du pays (KDCA), repose sur :

    • Des données de santé publique avec des données émanant d’hôpitaux et de cliniques,
    • Des systèmes de traçage basés sur géolocalisation, paiements bancaires et vidéosurveillance
    • Des capteurs environnementaux surveillant la qualité de l’air et les conditions sanitaires.

    Cependant, ce dispositif présente plusieurs limites :

    • Une dépendance au traçage manuel, nécessitant jusqu’à une heure par cas
    • Des risques d’erreurs humaines dans l’analyse des données
    • Une Infrastructure limitée en zones rurales, compliquant le suivi en temps réel

    Un dispositif optimisé par l’IA

    Le nouveau système centralise en temps réel les données issues de diverses sources. Il repose sur :

    • Big Data, machine learning et IA pour modéliser la propagation des maladies
    • Capteurs IoT mesurant en continu les paramètres environnementaux
    • Systèmes de géolocalisation pour identifier rapidement les clusters

    Une coopération public-privé pour une surveillance renforcée

    Des entreprises technologiques collaborent avec des acteurs publics comme l’Institut Pasteur de Corée (IPK)placé sous l’égide du ministère de la Science et de la Technologie le ministère de la Science et de la Technologie. La nouvelle plateforme de surveillance a pour objectifs de :

    • Réduire la propagation des maladies en accélérant détection et réponse
    • Renforcer les infrastructures de santé pour limiter les cas graves et la mortalité
    • Anticiper les épidémies grâce à l’analyse de données en temps réel
    • Optimiser les coûts et réduire l’impact économique des crises sanitaires

     

  • Rééducation cardiaque numérique : un programme prometteur pour les patients en Asie

    Maladies cardiovasculaires : une cause majeure de décès en Chine et aux Philippines

    Des chercheurs chinois et philippins ont étudié les retours des patients chinois atteints de coronaropathies sur un programme de rééducation cardiaque numérique dirigé par des infirmières.

    La Chine dénombre 290 millions de patients souffrant de maladies cardiovasculaires, dont 11 millions de cas de coronaropathie. Ces pathologies représentent respectivement 46,74 % et 44,26 % des décès en milieu rural et urbain. Aux Philippines, environ 3,5 millions de personnes sont affectées par des maladies cardiovasculaires, qui constituent l’une des principales causes de mortalité, représentant près de 35 % des décès annuels, selon l’Organisation mondiale de la santé.

    Les limites de la réadaptation cardiaque traditionnelle

    La réadaptation cardiaque conventionnelle inclut :

    • L’entraînement physique supervisé, réduisant la mortalité cardiaque de 26 %
    • L’éducation thérapeutique pour sensibiliser aux facteurs de risque et promouvoir un mode de vie sain
    • Le soutien psychologique pour gérer le stress et l’anxiété

    Cependant, ces programmes sont limités par un accès restreint dû à la disponibilité limitée des centres spécialisés et des disparités régionales.

    Le programme de rééducation cardiaque numérique

    Les chercheurs de l’École des sciences infirmières de Tung Wah College, de l’Université des Philippines et du Département des sciences infirmières de Tongji Hospital en Chine ont développé un programme numérique pour combler les lacunes des services traditionnels et encourager les changements de comportement chez les patients atteints de coronaropathie. Ce programme NeCR (Nurse-led eCardiac Rehabilitation) inclut :

    • Un site web éducatif et des ressources pour les patients
    • Un dispositif de télésurveillance pour suivre les signes vitaux et l’activité physique
    • Une salle de discussion en ligne pour favoriser le soutien entre patients.

    Les résultats de l’étude 

    L’étude, publiée dans Public Health Nursing, a impliqué 167 patients, dont 31 remplissaient les critères d’éligibilité. Finalement, 18 patients ont accepté de participer aux entretiens qualitatifs. La majorité des participants (77,8 %) étaient des hommes, âgés de 55,8 ans en moyenne.
    Les résultats clés sont les suivants :

    • 88,9 % des participants ont enregistré leurs données d’activité physique et leur régime alimentaire
    • Une augmentation moyenne de 3 078 pas par jour a été mesurée deux semaines après l’intervention
    • Seuls 22,2 % ont renseigné leurs scores de stress
    • Tous sauf deux ont rejoint le groupe de discussion sur WeChat.

    Des améliorations nécessaires au programme

    Bien que le programme ait comblé les lacunes des services traditionnels, des améliorations sont nécessaires :

    • Une simplification de l’interface du site
    • Une meilleure gestion des symptômes durant l’exercice
    • Un renforcement de la sécurité des espaces de soutien en ligne pour protéger les données personnelles.

     

  • Merck s’associe à Opentrons pour automatiser son portefeuille de tests biologiques

    Une plateforme robotique DM Div de dernière génération

    Merck a conclu un partenariat pluriannuel avec Opentrons en vue d’automatiser son vaste portefeuille de tests biologiques destinés au milieu académique, à l’aide d’une station de travail personnalisée. Cette collaboration vise :

    • À améliorer la cohérence des résultats et la productivité
    • À réduire les interventions manuelles et les tâches répétitives
    • À développer un système robotique intuitif et convivial

    Les scientifiques et ingénieurs des deux entreprises travaillent en étroite collaboration pour concevoir, optimiser et valider les flux de travail des tests biologiques de Merck sur la station de travail personnalisée Opentrons Flex.

    La plateforme Opentrons Flex se distingue par trois innovations majeures :

    • Une intelligence artificielle intégrée permettant aux scientifiques de décrire des protocoles en langage naturel, automatiquement convertis en scripts automatisés via l’IA générative et des modèles de langage étendus (LLM).
    • La Flexibilité et la modularité grâce à ses pipettes interchangeables (1, 8, 96 canaux) et son préhenseur autorisant une personnalisation facile grâce à des modules adaptables aux besoins des protocoles expérimentaux.
    • Son accessibilité et son ouverture. Disponible à partir de 26 400 €, elle fonctionne avec des logiciels open source et est compatible avec une grande variété de réactifs et de consommables, offrant une liberté maximale aux chercheurs.

    Disponibilité des postes de travail et kits de tests Merck dès 2025

    Les nouveaux postes de travail et kits de tests développés par Merck seront disponibles à la commande à partir de mi-2025, avec des applications :

    • Préparation d’échantillons de protéines,
    • Workflows moléculaires,
    • Workflows biochimiques et chimiques.

    Le déploiement de ces solutions se fera progressivement tout au long de la durée de l’accord.

     

  • Un test sanguin français en développement pour détecter le cancer du poumon

    Des chercheurs du CHU de Besançon (Doubs) ont mis au point un test sanguin breveté visant à identifier des biomarqueurs spécifiques du cancer du poumon.

    Un cancer fréquent et de mauvais pronostic

    Le cancer du poumon est le plus fréquent au monde, avec 2,5 millions de nouveaux cas chaque année, représentant 12,4 % des nouveaux cas de cancer. Ce cancer est responsable d’un quart des décès par cancer en France, soit environ 30 000 décès par an.
    Actuellement, plusieurs technologies conventionnelles sont utilisées pour détecter les anomalies pulmonaires, mais elles présentent des limites importantes :

    • Diagnostic tardif : Le cancer est souvent détecté à un stade avancé, réduisant les chances de survie.
    • Caractère invasif : Certaines méthodes comportent des risques pour les patients, comme des hémorragies ou des infections.
    • Faux positifs et faux négatifs : Les examens peuvent manquer des anomalies ou conduire à des erreurs diagnostiques.

    Un script informatique breveté

    L’équipe d’oncobiologistes du CHU de Besançon a concentré ses travaux sur l’identification de biomarqueurs spécifiques au cancer du poumon à partir de prélèvements sanguins. Ils ont conçu et breveté :

    • Une technologie de biopsie liquide basée sur un algorithme bioinformatique et l’intelligence artificielle.
    • Un script informatique, nommé MethylScan, établi à partir de l’analyse croisée des données de 400 patients et de plus de 450 000 cibles potentielles
    • Un outil permettant d’identifier six biomarqueurs tumoraux spécifiques, présents en très faible concentration dans le sang des patients atteints de cancer du poumon

    Après une simple prise de sang, les biomarqueurs sont détectés par une technique de PCR digitale, permettant une amplification et une quantification précises des cibles, même à des concentrations extrêmement faibles.

    Première validation via la plateforme technique de l’Université de Franche-Comté

    Les scientifiques ont testé leur technologie via la plateforme EpigeneXp de l’Université de Franche-Comté sur 40 échantillons de sang provenant de 20 sujets sains et 20 patients atteints de cancer. Les résultats ont montré :

    • Une sensibilité élevée : Des traces tumorales ont été détectées dans 95 % des cas chez les patients malades.
    • Une spécificité parfaite : Aucune trace tumorale n’a été détectée chez les sujets sains.

    Des travaux de validation supplémentaires sont en cours aux Hôpitaux Civils de Lyon, sur une cohorte de 70 personnes atteintes de cancer du poumon, représentant un total de 1 000 prélèvements sanguins.

    Un déploiement futur de la technologie de biopsie liquide

    Les chercheurs prévoient d’étendre l’utilisation de cette technologie à haute sensibilité et grande spécificité dans plusieurs domaines :

    • Le dépistage
    • Le diagnostic
    • Le suivi des patients atteints de carcinomes pulmonaires

    Ils envisagent également d’élargir son application à d’autres types de cancers, comme ceux du côlon, du pancréas, de la prostate et des ovaires