Bernard

  • Merieux Innovation 2 investit 6 M€ dans une medtech espagnole spécialisée en diagnostique rapide de la septicémie

    Mérieux Equity Partners réalise le premier investissement de son fonds Mérieux Innovation 2 en participant à une levée de fonds de 59 M€ au profit de la start-up espagnole DeepUll, spécialisée dans le diagnostic rapide de la septicémie. Le fonds y engage 6 M€, aux côtés de Columbus Venture Partners, Pankes Partner, Gesamo et CG Health Ventures.

    État septique : un décès sur cinq dans le monde

    49 millions de cas de sepsis sont recensés chaque année, dont près de la moitié chez des enfants. La septicémie entraîne environ 11 millions de décès, représentant un décès hospitalier sur cinq. Le diagnostic repose principalement sur les hémocultures, consistant à prélever du sang pour identifier les micro-organismes responsables. Cependant :

    • 24 à 72 h sont nécessaires pour obtenir un résultat.
    • Ce délai retarde la mise en place d’un traitement ciblé, chaque heure de retard augmentant la mortalité de 8 %.
    • La sensibilité des hémocultures reste limitée (30 à 50 %), surtout si des antibiotiques ont déjà été administrés.

    PCR multiplexée et IA

    L’équipe de DeepUll, experte en biotechnologie, diagnostic moléculaire et microbiologie clinique, développe une plateforme de diagnostic rapide basée sur la PCR multiplexée, permettant la détection directe d’ADN microbien sans culture, à partir de sang total.
    La plateforme Ullcore Test est un système compact et automatisé de paillasse, assurant le flux du prélèvement au résultat. Elle comprend :

    • Une PCR multiplexe.
    • Une chaîne automatisée des réactions et de l’extraction.
    • Des algorithmes d’IA pour l’interprétation des résultats et l’aide à la décision médicale.

    Expérimentation dans 80 centres hospitaliers français

    Le financement de DeepUll marque une étape cruciale pour la start-up espagnole, qui finalise les études cliniques de son système. Les premiers résultats indiquent qu’il peut :

    • Traiter jusqu’à 4 échantillons/heure, en charge continue 24/7.
    • Détecter 300 agents pathogènes et 15 gènes majeurs de résistance.
    • Fournir des résultats en 1 heure à partir de 10 ml de sang total.
  • La Chine déploie deux outils d’IA pour renforcer la santé publique et le suivi des maladies chroniques

    À l’occasion du Forum mondial de la santé numérique 2025, l’Académie chinoise d’ingénierie et l’Université Tsinghua ont présenté deux outils d’intelligence artificielle (IA) destinés à améliorer la gestion de la santé publique et le suivi des maladies chroniques à grande échelle.

    Une urgence sanitaire liée à l’explosion des maladies chroniques

    12 % des adultes chinois souffrent de diabète, de maladies cardiovasculaires ou de cancer, selon l’OMS — une hausse de plus de 900 % en une génération. Cette évolution s’explique par la transition nutritionnelle (régimes riches en sucres, graisses, sel), le vieillissement de la population et la consommation croissante d’alcool et de tabac.

    Une stratégie nationale pour accélérer la santé numérique

    Pour réduire les inégalités d’accès et mieux gérer les ressources sur un territoire immense, le gouvernement a lancé le plan « Healthy China 2030 », axé sur la prévention, l’innovation numérique et la couverture universelle.

    • Les investissements en santé numérique sont passés de 3 milliards USD (2014) à 110 milliards (2020), soit ×36.
    • Chaque citoyen devrait disposer d’un dossier médical partagé (DMP) d’ici 2025.
    • Des partenariats public-privé ont été conclus avec des géants technologiques comme Alibaba et Tencent.

    Urban Health Index : piloter la santé urbaine avec l’IA

    Développé par l’Université Tsinghua et la Vanke School of Public Health, l’Urban Health Index (UHI) est le premier indice évaluant globalement la santé urbaine à grande échelle. Il utilise l’IA pour traiter en temps réel de vastes jeux de données, modéliser les risques et guider les politiques publiques.

    • Il couvre 296 villes et intègre des indicateurs sanitaires, environnementaux, sociaux et d’accès aux soins.
    • Il permet d’identifier les inégalités, de cibler les interventions et de mesurer l’impact des politiques.

    Blue Book : un référentiel stratégique pour l’innovation médicale

    Le Blue Book on Digital Intelligence Healthcare Technology Innovation synthétise les innovations en IA, big data, robotique et télémédecine. Ce document national de référence sert à la formation des professionnels, à l’élaboration des politiques et au pilotage de la recherche. Déployé dans les grandes villes, il vise à accélérer l’innovation, améliorer la qualité des soins, renforcer l’équité et soutenir la décision médicale.

     

  • Lancement de la première plateforme de test de cytologie urinaire pour le diagnostic précoce du cancer de la vessie

    Hospitex International, filiale du groupe Aliko Scientific, annonce le lancement de la première plateforme en ligne dédiée aux tests de cytologie urinaire pour le dépistage précoce du cancer de la vessie.

    Cancer de la vessie : plus de 600 000 nouveaux cas par an

    Classé au 9e rang des cancers les plus fréquents dans le monde, le cancer de la vessie constitue un enjeu majeur de santé publique. Selon l’Agence internationale de recherche sur le cancer, plus de 600 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année, avec une progression estimée à 7,1 % par an. Cette pathologie est responsable de plus de 213 000 décès annuels. Les projections indiquent que l’incidence pourrait dépasser 650 000 cas d’ici 2026, soulignant l’urgence de solutions de dépistage innovantes et accessibles.

    Des outils conventionnels aux performances limitées

    Les méthodes actuelles présentent plusieurs limites :
    • La cystoscopie, méthode de référence, reste invasive, inconfortable et coûteuse — jusqu’à 500 euros par procédure
    • La cytologie urinaire, bien que non invasive, montre une sensibilité réduite, notamment pour les tumeurs de bas grade
    • La recherche de biomarqueurs urinaires est souvent perturbée par des infections, fréquentes chez les patients à risque

    Urine24 : une plateforme intégrée et automatisée

    Pour répondre à ces limites, la medtech italienne Hospitex a conçu Urine24, une solution de diagnostic en ligne articulée autour de trois composantes :
    • Un prélèvement à domicile via un kit stérile avec stabilisateur cellulaire, assurant la conservation des échantillons
    • La technologie CYTOfast, cytologie en couche mince, qui réduit jusqu’à 40 % le taux de faux négatifs par rapport à la méthode conventionnelle
    • Une intelligence artificielle assurant l’analyse automatisée des cellules par microscopie intelligente.

    Une architecture sécurisée pour une détection précoce

    Urine24 repose sur une architecture web sécurisée. Elle comprend un système de traçabilité RFID et une interface de communication médecin-patient conforme à la norme HIPAA (Health Insurance Portability and Accountability Act), garantissant la confidentialité des données. Selon l’étude Diaguro
    • Sensibilité de 87 % pour le carcinome urothélial
    • Spécificité de 95 %
    • Détection de biomarqueurs jusqu’à dix ans avant le diagnostic clinique.

    Un marché mondial estimé à près de 3 milliards de dollars

    La plateforme est déployée en Italie, ciblant prioritairement 29,9 millions d’Italiens à risque et pourrait éviter jusqu’à 30 % des cystoscopies inutiles. Intégrée aux dossiers médicaux électroniques, elle vise une simplification du parcours de soins. Hospitex prévoit un déploiement international sur un marché estimé à 1,63 milliard de dollars en 2023, avec une croissance attendue à 2,99 milliards d’ici 2032 selon SNS Insider.

     

  • BioMérieux déploie un test PCR multiplex dédié à la surveillance épidémiologique environnementale

    BioMérieux annonce le lancement mondial en avril d’un test PCR multiplex capable de surveiller en temps réel les pathogènes respiratoires dans les eaux usées. Cette solution fournit des données épidémiologiques aux autorités sanitaires, renforçant ainsi la surveillance des épidémies respiratoires.

    Une vigilance accrue face aux épidémies respiratoires

    Depuis la pandémie de COVID-19, les infections respiratoires sont une priorité sanitaire mondiale. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a établi une liste d’agents pathogènes prioritaires nécessitant une vigilance renforcée, notamment :
    • Virus respiratoire syncytial (VRS) : responsable de plus de 100 000 décès annuels chez les enfants de moins de 5 ans
    • Grippe aviaire A(H5N12) : présentant un taux de létalité de 40 %
    • Grippe saisonnière : impact significatif sur toutes les classes d’âge, notamment les plus de 65 ans
    • Infections à métapneumovirus humain : détectées depuis décembre 2024, entraînant une hausse des hospitalisations chez les 5-14 ans en Asie

    Une nouvelle approche pour la surveillance épidémiologique

    Les dispositifs conventionnels de diagnostic in vitro présentent plusieurs limites :
    • Sous-détection : selon une étude de l’Inserm, 90 % des cas symptomatiques de COVID-19 sont passés inaperçus après le premier confinement en France.
    • Réactivité insuffisante : les tests individuels ne permettent pas une anticipation efficace des vagues épidémiques.
    • Contraintes logistiques : les campagnes massives de dépistage génèrent des coûts humains et financiers considérables.
    D’où l’intérêt d’une surveillance environnementale via l’analyse des eaux usées, pour détecter en amont la circulation de virus et bactéries respiratoires.

    Watchfire Respiratory Panel : test de nouvelle génération

    Le test Watchfire Respiratory Panel, basé sur la technologie PCR multiplex de dernière génération, apporte trois avancées majeures :
    • Détection simultanée de 22 pathogènes respiratoires en un seul test
    • Résultats rapides : disponibles en moins d’une heure, permettant un suivi quasi instantané
    • Déploiement décentralisé : compatible avec les laboratoires de proximité, facilitant une réponse rapide sur le terrain

    Surveillance des maladies infectieuse, un marché mondial en expansion

    En réponse aux leçons tirées de la pandémie de COVID-19, cette innovation s’inscrit dans un marché de la surveillance en croissance :
    • La plateforme BioFire FilmArray Torch intègre le logiciel Fireworks, offrant une visualisation dynamique des tendances épidémiologiques.
    • Le système permet aussi la détection de gènes de résistance aux antibiotiques.
    • Il renforce la surveillance environnementale, y compris dans les zones à ressources limitées.
    bioMérieux se postionne sur un marché mondial de la surveillance des maladies infectieuses est estimé selon Mordor Intelligence à 720 millions en 2025 et devrait atteindre 1,37 milliard USD d’ici 2030.

     

  • Alibaba Cloud déploie ses solutions d’IA en santé sur le continent asiatique

    Vieillissement et maladies chroniques : un enjeu de santé publique

    Alibaba Cloud, branche technologique du groupe chinois Alibaba, intensifie le déploiement de ses solutions d’intelligence artificielle en santé préventive, notamment en Asie. Cette stratégie s’inscrit dans une dynamique régionale marquée par des enjeux croissants liés au vieillissement de la population et à la prévalence des maladies chroniques.

    La proportion des personnes âgées de 60 ans et plus connaît une croissance rapide sur le continent. D’ici 2050, la part des personnes âgées de 60 ans et plus atteindra, selon l’OMS, 22,9 % de la population en Asie du Sud-Est, contre 12,2 % en 2024 (OMS). Ce vieillissement s’accompagne d’une hausse des maladies non transmissibles :
    • 75 % des personnes âgées souffrent de pathologies telles que le diabète, l’hypertension ou les maladies cardiovasculaires
    • 93,9 % des décès chez les plus de 60 ans sont dus à ces maladies

    IA préventive : vers une médecine personnalisée

    Face aux limites des stratégies classiques de prévention (campagnes, dépistages), l’intelligence artificielle permet :
    • Une détection précoce des risques via l’analyse prédictive
    • Des recommandations personnalisées fondées sur les données des patients
    • Une automatisation des processus, réduisant les coûts et améliorant l’efficience des soins

    Les Technologies développées par Alibaba

    Avec un investissement de 53 milliards de dollars sur trois ans, dans le développement de ses infrastructures d’intelligence artificielle, Alibaba Cloud intensifie le déploiement de technologies dédiées à la santé préventive, notamment dans les domaines de l’analyse prédictive, du triage automatisé et du suivi médical à distance. Alibaba Cloud propose aujourd’hui :
    • Une plateforme d’apprentissage automatique pour l’implémentation de modèles prédictifs en ligne
    • Des modèles propriétaires, dont la série Qwen (modèles de langage médical), les outils multimodaux combinant texte, image et données biologiques, et le système Cloud-native Inference pour des recommandations en temps réel
    • Des outils SaaS comme AI Doc, dédiés au traitement automatisé des documents médicaux.

    L’expansion en Asie : une dynamique soutenue

    Alibaba Cloud étend sa présence à travers 87 zones de disponibilité dans 29 régions, dont 24 en Asie. En 2025, l’entreprise enregistre une croissance de plus de 100 % sur deux trimestres consécutifs, avec des déploiements ciblés dans les systèmes de santé publique.
    Alibaba vise un leadership régional en santé numérique, en s’appuyant sur :
    • Un réseau de plus de 10 000 partenaires (établissements de santé, startups, instituts de recherche).
    • Des collaborations avec les gouvernements, pour accompagner la transition vers une médecine prédictive.

     

  • L’e-santé améliore l’adhésion médicamenteuse chez les patients cardiaques : preuve par méta-analyse

    Une équipe universitaire chinoise a évalué l’impact des interventions d’e-santé sur l’observance thérapeutique chez les patients atteints de maladies chroniques. Ce sujet est d’autant plus crucial qu’un patient sur deux ne suit pas correctement son traitement.

    Adhésion thérapeutique : un défi majeur face à la crise cardiovasculaire en Asie

    Selon l’American Heart Association, les maladies cardiovasculaires provoquent plus de 19 millions de décès chaque année dans le monde. L’Asie concentre près de la moitié de cette mortalité. En Chine, la prévalence est particulièrement élevée. Quelques repères chiffrés :

    • 19,2 millions de décès sont dus chaque année aux maladies cardiovasculaires dans le monde.
    • 48 % de cette mortalité survient en Asie.
    • 300 millions de Chinois vivent avec une hypertension ou une maladie coronarienne.

    Par ailleurs, selon l’OMS, environ 50 % des patients atteints de maladies chroniques n’adhèrent pas à leur traitement. Les approches classiques, comme l’éducation thérapeutique ou l’échelle de Morisky, restent limitées : standardisées, peu interactives et sans personnalisation ni suivi continu.

    Une revue systématique couplée à une méta-analyse en réseau

    Face à ces limites, des chercheurs de l’Université médicale de Pékin ont comparé l’efficacité des principales interventions numériques visant à améliorer l’adhésion médicamenteuse dans les pathologies cardiovasculaires. Bien que de nombreux outils (applications, SMS, objets connectés, capteurs) aient vu le jour, peu sont validés scientifiquement.
    Les auteurs ont mené une revue systématique associée à une méta-analyse en réseau, comparant diverses interventions numériques. L’étude repose sur les données de 21 essais cliniques randomisés, réalisés en Chine, aux États-Unis et en Europe, sur un total de 3 904 patients. Trois critères d’efficacité ont été mesurés :

    • Adhésion médicamenteuse : nette amélioration dans plusieurs groupes d’intervention.
    • Pression artérielle systolique : baisse moyenne de –6,2 mmHg grâce au suivi numérique.
    • Pression diastolique : diminution moyenne de –3,8 mmHg, associée à une meilleure observance.

    Interventions combinées : des résultats probants

    Les résultats, publiés dans le Journal of Medical Internet Research, montrent que les approches combinant SMS et soutien téléphonique sont les plus efficaces.
    Chiffres clés à retenir :

    • +34 % d’adhésion comparé aux groupes témoins.
    • 79,3 % de probabilité que ces interventions soient les plus efficaces pour abaisser la pression artérielle.
    • Efficacité accrue en milieu à faibles ressources, grâce à des outils simples et adaptables.

    Ces données confortent l’intérêt d’intégrer l’e-santé dans la pratique clinique. Elles invitent les professionnels — cardiologues, infirmiers, pharmaciens, coordinateurs — à adapter les outils numériques aux profils des patients pour en optimiser l’impact, notamment dans les zones où l’accès aux soins est limité.

     

  • Un accord mondial pour prévenir les futures pandémies

    Après plus de trois années de tractations, les 194 États membres de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ont conclu, le 13 avril 2025, un accord de principe historique visant à renforcer la prévention, la préparation et la riposte face aux pandémies.
    Le document, d’une trentaine de pages, devrait être définitivement ratifié fin mai.
    Ce texte s’appuie sur les enseignements majeurs de la pandémie de COVID-19, qui a entraîné 7 millions de décès à l’échelle mondiale.

    Le rôle stratégique du diagnostic in vitro

    Les technologies de diagnostic in vitro (DIV) et les kits de dépistage rapide ont été essentielles pour contenir la propagation du virus, en permettant un dépistage massif — condition clé de la surveillance, de l’isolement des cas et de la réponse sanitaire.
    Selon Worldometer, plus de 7 milliards de tests ont été réalisés dans le monde, incluant des tests RT-PCR, antigéniques, sérologiques et multiplex :

    • États-Unis : 1,69 milliard
    • Europe : 2,10 milliards
    • Asie : 1,55 milliard

    Accès équitable et partage des ressources scientifiques

    L’accord insiste sur la solidarité internationale et l’accès équitable aux vaccins et aux tests, en particulier dans les pays à faible revenu, afin d’éviter les inégalités observées durant la pandémie.
    Il prévoit notamment :

    • Un guichet unique mondial pour le partage des données scientifiques, de la propriété intellectuelle et des innovations.
    • La mise en place d’un système international d’accès aux agents pathogènes, reposant sur un réseau de laboratoires et centres de recherche, pour renforcer la détection précoce et le partage d’informations.

    Par ailleurs, l’accord stipule que chaque pays devrait consacrer au moins 5 % de son budget annuel de santé à l’amélioration de ses systèmes de préparation et de réponse aux pandémies. Les fabricants de tests, de diagnostics, de vaccins et de traitements sont, quant à eux, encouragés à allouer jusqu’à 0,5 % de leur chiffre d’affaires annuel à des mécanismes de partage des bénéfices.

    Vers des tests fiables disponibles en moins de 30 jours

    Le texte encourage les pays à renforcer leurs capacités locales de production de tests, en soutenant :

    • Le partage des données de séquençage pour accélérer la conception de tests ciblés.
    • La création de procédures d’autorisation harmonisées pour accélérer l’approbation des nouveaux tests en cas d’urgence.

    Avant la pandémie, les délais d’approbation pouvaient atteindre plusieurs mois, voire années ; avec les autorisations d’urgence, ces délais ont été ramenés à quelques semaines. L’ambition désormais est de disposer de tests fiables en moins de 30 jours.

    Transfert de technologies et logistique mondiale

    L’accord promeut le transfert de technologies vers les pays en développement, via des accords de licence conclus avec les États ou l’industrie, afin de faciliter la production locale de tests, vaccins et traitements.
    Il prévoit également :

    • Un réseau mondial d’approvisionnement et de logistique, activable rapidement en cas de crise sanitaire.
    • L’adoption du concept « Une seule santé » (One Health), qui intègre les dimensions humaines, animales et environnementales de la santé, et appelle à renforcer la surveillance des zoonoses pour prévenir les futures pandémies.

     

  • Vietnam : les partenariats public-privé accélèrent l’intégration de l’IA dans la santé

    Le Vietnam, avec plus de 100 millions d’habitants et un réseau sanitaire dense, poursuit sa transformation numérique, pour intégrer l’intelligence artificielle (IA) dans ses infrastructures médicales. Malgré des progrès, le pays fait face à des défis importants dans son secteur sanitaire, notamment :

    • La persistance de maladies infectieuses telles que la tuberculose et l’hépatite B.
    • L’augmentation des maladies non transmissibles, comme l’hypertension et les cancers.
    • Une infrastructure sanitaire insuffisante avec une faible densité médicale (0,65 médecin pour 1 000 habitants) et un manque d’équipements modernes.

    L’IA au cœur de la réponse sanitaire

    En réponse à ces défis, le Vietnam a fait de l’IA une priorité stratégique, soutenant les investissements dans ce secteur. Le décret n°182 encourage l’innovation, avec un soutien financier couvrant jusqu’à 50 % des coûts d’investissement en R&D. Le Vietnam se classe désormais au troisième rang en Asie du Sud-Est pour attirer les investissements en IA, selon un rapport d’Accespartnership et Google.
    Parmi les initiatives clés :

    • Partenariats entre le gouvernement, les hôpitaux et les entreprises technologiques.
    • Mobilisation d’un écosystème d’innovation associant start-ups et grands groupes.
    • Développement d’applications d’IA dans les domaines du diagnostic, de la médecine préventive et de l’analyse épidémiologique.

    Applications de l’IA dans le secteur de la santé

    L’IA est utilisée dans le système de santé vietnamien selon trois axes principaux :

    • Apprentissage automatique : utilisé dans l’analyse de l’imagerie médicale et pour les diagnostics précoces, notamment du cancer et des AVC.
    • Dossiers médicaux électroniques : pour centraliser et sécuriser les données des patients, réduisant ainsi les erreurs médicales.
    • Télémédecine : facilitant les consultations à distance, notamment en milieu rural, et permettant une gestion à distance des soins intensifs.

    Les partenariats stratégiques en 2025

    Malgré les avancées, des défis subsistent, notamment dans le secteur public. Le gouvernement vietnamien continue de soutenir la R&D pour accélérer l’adoption de l’IA :

    • Core8 Group (Australie) : projet MedArmor AI Hospital, le premier hôpital virtuel du Vietnam dédié à la détection précoce des maladies NVIDIA : acquisition de VinBrain et accord pour un centre de R&D et de données en IA.
    • Le Vietnam National Innovation Center (NIC) a signé un partenariat avec Meta pour développer des ensembles de données en vietnamien, favorisant ainsi le développement d’applications d’IA, notamment dans le domaine médical.

     

  • Roche Diagnostics s’associe à une bioressource numérique pour le cancer de l’œil au Royaume-Uni

    Roche Diagnostics collabore avec l’Université de Liverpool pour créer une bioressource numérique dédiée au cancer de l’œil, afin d’améliorer la détection précoce et la personnalisation des traitements des cancers oculaires rares.

    Un cancer rare mais à fort potentiel létal

    Le mélanome uvéal, tumeur intraoculaire la plus fréquente chez l’adulte, reste rare mais redoutable en raison de son taux de mortalité élevé. Son incidence varie selon les régions :

    • En Europe, environ 6 cas par million d’habitants, avec près de 600 nouveaux cas par an en France.
    • En Afrique et Asie, environ 0,4 cas par million.
    • En Océanie, jusqu’à 34 cas par million.

    Le taux de mortalité élevé est lié à la fréquence des métastases, qui surviennent dans près de 50 % des cas, réduisant la survie médiane à 12 mois.

    Un diagnostic complexe et souvent tardif

    Le diagnostic des cancers oculaires repose sur plusieurs modalités d’imagerie, dont l’échographie et l’IRM pelviennes, mais leur sensibilité reste inégale. La cœlioscopie exploratoire est l’examen de référence, bien qu’invasif.

    Imagerie et pathologie numérique assistées par IA

    Le projet EYE-CAN-AID, porté par le Liverpool Ocular Oncology Centre, s’appuie sur une biobanque de cancers oculaires constituée depuis 14 ans et sur des algorithmes d’IA développés par Roche. Le consortium vise à créer une base de données multimodale enrichie de données cliniques, radiologiques, histopathologiques et génétiques.
    Objectifs de la plateforme :

    • Améliorer la détection précoce des cancers oculaires grâce à l’IA.
    • Personnaliser les traitements en croisant les données disponibles.
    • Étendre la collaboration à d’autres centres européens spécialisés.

    Scanner de lames Ventana DP 600

    L’infrastructure EYE-CAN-AID repose sur le scanner de lames Ventana DP 600 de Roche, offrant :

    • Haute résolution (0,23 micron par pixel) pour une visualisation détaillée des tissus.
    • Haute capacité : jusqu’à 450 lames traitées simultanément.
    • Ergonomie : intégration fluide aux flux de travail des laboratoires.

    La plateforme permettra ainsi :

    • L’identification des causes des cancers oculaires.
    • Le développement de marqueurs biologiques pour prédire l’efficacité des traitements.
    • L’utilisation de l’IA pour détecter les signes précoces dans les images.
    • La personnalisation des plans de traitement grâce à l’IA et la pathologie numérique.

     

  • Des chercheurs développent un outil d’intelligence artificielle pour la détection précoce de la dépression chez les seniors

    Des chercheurs de l’Université technologique de Nanyang (NTU) à Singapour, en collaboration avec plusieurs organisations locales, ont mis au point un outil d’intelligence artificielle (IA) destiné à identifier les premiers signes de dépression chez les personnes âgées.

    Le défi de la dépression subsyndromique 

    Selon la Banque mondiale, plus de 13 % des Singapouriens ont plus de 65 ans, contre 2,78 % il y a 60 ans. Les projections estiment qu’en 2030, une personne sur quatre à Singapour aura 65 ans ou plus. La dépression subsyndromique (DSS) est un stade précoce de la maladie où les symptômes sont insuffisants pour diagnostiquer une dépression majeure. Les personnes âgées souffrant de DSS sont cinq fois plus susceptibles de développer une dépression clinique et douze fois plus à risque de souffrir de démence. L’impact réel de la DSS reste sous-estimé, ce qui entraîne un manque de diagnostic et de traitement.

    Détection de la dépression par les biomarqueurs vocaux

    Des chercheurs spécialisés en informatique et sciences des données ont utilisé l’IA pour analyser les changements subtils dans la voix, tels que la hauteur, le ton et le rythme, qui peuvent refléter des modifications physiologiques liées à la DSS. Ces biomarqueurs vocaux permettent une détection précoce grâce à l’IA.

    Un projet collaboratif national financé par la Fondation Lien

    Le projet Soundkeepers, financé par la Fondation Lien à hauteur de 5,6 millions de dollars singapouriens, réunit sept partenaires, dont l’Université NTU, l’École de médecine Lee Kong Chian, et plusieurs établissements du National Healthcare Group, ainsi que des agences de services sociaux.

    Méthodologie de l’étude

    L’étude repose sur une cohorte de 600 seniors fréquentant les polycliniques de Hougang et Woodlands. Le protocole comprend :

    • La collecte d’échantillons vocaux.
    • L’entraînement de l’IA à partir de ces échantillons.
    • L’analyse des caractéristiques vocales.
    • Une intervention communautaire de 24 semaines pour les seniors identifiés à risque qui intègrent des activités sociales et une psychoéducation visant à améliorer leur bien-être mental

    Après validation, ce programme pourrait être étendu à d’autres cliniques et centres de santé, devenant ainsi un élément central de l’écosystème de santé mentale à Singapour.