Bernard

  • Dépistage en France : le baromètre Roche Diagnostics alerte sur des insuffisances

    Une enquête auto-administrée en ligne sur le diagnostic in vitro ; 1 Français sur 2 surestime sa santé

    Roche Diagnostics France, en partenariat avec l’institut CSA, publie les résultats de la première édition de son baromètre sur la santé des Français. L’étude révèle un décalage notable entre une perception positive de leur état de santé et une réalité marquée par des retards de dépistage, notamment en diagnostic in vitro. L’enquête, menée en ligne par l’institut CSA pour Roche Diagnostics France porte sur un échantillon représentatif de 2 024 adultes (méthode des quotas : sexe, âge, CSP, région). Deux axes ont été étudiés :

    • La perception de l’état de santé et les comportements de prévention.
    • La fréquence et la nature des examens DIV réalisés.

    Dépistage en France : des taux de recours préoccupants, le non-recours au dépistage expliqué par un sentiment de non-concerné

    Alors que 35 % des Français déclarent souffrir d’une maladie chronique (diabète, maladies cardiovasculaires, respiratoires), la prévention reste un point faible du système de santé. Bien que 71 % de Français se déclarant en bonne santé, le recours au diagnostic in vitro demeure insuffisant, notamment pour les cancers :

    • 46 % des femmes n’ont pas fait de mammographie dans les deux dernières années.
    • 48 % des plus de 50 ans n’ont pas dépisté le cancer colorectal.
    • Parmi les non-participants aux dépistages, 35 % ne se sentent pas concernés par le cancer du sein, 31 % par le cancer colorectal.
    • 34 % des Français ont renoncé à des soins, surtout pour raisons financières ou difficulté d’accès aux praticiens, un taux particulièrement élevé chez les moins de 35 ans (47 %) et les aidants familiaux (55 %).

    Disparités régionales : un frein au dépistage en France, jusqu’à 40 % de renoncements aux soins dans les Hauts-de-France,

    Les écarts sont marquants selon les régions :

    • Consultation chez le médecin généraliste : 93 % en Bourgogne-Franche-Comté contre 76 % en PACA et Corse.
    • Vaccination antigrippale (65 ans et +) : 82 % en Île-de-France, 47 % en PACA et Corse.
    • Renoncement aux soins : jusqu’à 40 % dans les Hauts-de-France, contre 29 % en Bretagne.

    Ces inégalités s’expliquent par la densité médicale, la précarité socio-économique et une faible culture préventive. Pour améliorer le dépistage, renforcer l’accès aux soins et la sensibilisation est essentiel.

    Taux de dépistage inférieur à 70 %,

    À titre de comparaison, l’Allemagne et les Pays-Bas affichent des taux de dépistage supérieurs à 70 %. Pour Roche Diagnostics France, ce baromètre est à la fois un signal d’alerte et une feuille de route. L’entreprise recommande :

    • D’améliorer l’accès aux tests, en particulier dans les zones sous-dotées.
    • De renforcer la sensibilisation à l’importance du diagnostic précoce.
    • D’agir prioritairement dans les territoires fragiles où les besoins sont les plus critiques.

     

  • Dépistage du cancer du col de l’utérus : une IA sud-coréenne automatise le diagnostic in vitro

    340 000 décès chaque année selon l’OMS

    La start-up sud-coréenne Noul a présenté sa technologie de dépistage des cellules du cancer du col de l’utérus basée sur l’IA lors de la conférence NVIDIA GTC 2025. Une technologie in vitro non invasive, validée cliniquement, promet un diagnostic rapide, automatisé et accessible.

    Le cancer du col de l’utérus demeure un fléau évitable mais largement sous-diagnostiqué. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de 340 000 femmes en meurent chaque année, principalement dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.
    Parmi les freins majeurs au dépistage efficace :

    • Moins de 50 % de couverture dans de nombreuses régions d’Asie.
    • Un délai moyen d’analyse de 1 à 2 semaines.
    • L’invasivité des tests conventionnels, souvent mal acceptée.

    Une innovation IA : dépistage automatisé et sans contact

    Noul, entreprise basée à Séoul, a développé MiLab CER, un dispositif de diagnostic in vitro intégrant une IA de nouvelle génération. Cette technologie permet :

    • Une détection automatisée des anomalies cellulaires cervicales à partir de frottis.
    • Une lecture et une analyse sans intervention manuelle ni subjectivité humaine.

    Ce système connecté vise à s’imposer comme une alternative plus rapide, plus fiable et mieux acceptée.

    L’IA atteint 95 % de sensibilité en temps record

    Une étude prospective de deux ans a été conduite dans des hôpitaux et laboratoires de cytopathologie de la région de Yongin. L’objectif : comparer les performances de l’IA à la méthode de référence du système Bethesda, interprétée par des cytopathologistes expérimentés.

    Les résultats, obtenus en double lecture (IA vs expert humain) sur des échantillons réels, démontrent :

    • Une sensibilité de 95 %, équivalente à celle du diagnostic manuel ;
    • Un temps d’analyse inférieur à 20 minutes, soit 60 fois plus rapide que les méthodes classiques.

    Vers un déploiement en Corée du Sud puis vers les pays à faibles ressources

    Noul a rejoint l’écosystème NVIDIA Healthcare & Life Sciences (HCLS) cette année pour accélérer l’accessibilité mondiale au diagnostic médical par IA.

    • Noul prévoit l’installation de 1 000 dispositifs MiLab CER dans les structures de soins primaires sud-coréennes d’ici à 2026.
    • Cette ambition s’inscrit dans un effort national de modernisation du dépistage féminin grâce à l’IA, avec l’objectif de réduire les inégalités d’accès au diagnostic.
    • La société cible à la fois les pays à faibles ressources et les systèmes de santé centralisés dans les pays développés, pour démocratiser l’accès au diagnostic rapide et fiable.

     

  • La Corée du Sud investit 7 M$ dans un outil IA de dépistage précoce de l’autisme

    1 % des enfants concernés

    Deux universités sud-coréennes lancent un projet de 7 millions de dollars pour développer un outil de dépistage précoce de l’autisme, fondé sur le big data et l’intelligence artificielle. L’autisme touche environ 1 % des enfants en Corée du Sud, soit 25 000 cas annuels selon l’OMS (source OMS, 2023). Le diagnostic précoce est essentiel, mais 30 % des cas sont identifiés après l’âge de 4 ans. Les outils actuels, basés sur des évaluations cliniques, restent généraux et non structurés. Trois limites sont identifiées :

    • Absence d’analyse automatisée de bases de données massives ;
    • Forte variabilité inter-clinicienne, influencée par les contextes culturels ;
    • Manque de standardisation nationale.
      L’écart moyen entre les premiers signes et l’intervention est de deux ans.

    L’IA au service du diagnostic

    Des psychiatres pédiatriques du Yonsei University College of Medicine et du Seoul National University Hospital, en partenariat avec SK Telecom, ont créé un « AI Living Lab » dédié à l’autisme. Le dispositif repose sur des bases de données cliniques et comportementales structurées :

    • Collecte de données (biométriques, comportementales, génétiques) auprès de 12 300 enfants à risque, incluant imagerie haute résolution, données linguistiques et oculométriques ;
    • Modélisation IA explicable générant un moteur de scoring ;
    • Interface destinée aux professionnel·le·s de santé, intégrable en téléconsultation.

    Résultats cliniques prometteurs

    Une étude menée sur 958 enfants a évalué des images rétiniennes via un réseau de neurones convolutifs (CNN ResNext-50). Les résultats sont encourageants :

    • Sensibilité de 88 % ;
    • Spécificité de 85 %.
      L’étude a reçu l’approbation des comités d’éthique. À Singapour, une solution analogue, Enigma, a réduit de 20 % le temps administratif par patient dans les hôpitaux tests.

    Perspectives d’usage clinique

    Les chercheurs poursuivent la validation d’un modèle d’IA structuré basé sur l’analyse croisée des données biométriques et comportementales. Deux objectifs sont visés :

    • Développement d’un outil de dépistage précoce s’appuyant sur le big data ;
    • Interopérabilité via des API médicales pour cliniciens et familles.

    L’approche pourrait être étendue à d’autres troubles du neurodéveloppement :

    • Trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) ;
    • Troubles du langage (dysphasie) ;
    • Troubles des apprentissages (dyslexie, dyspraxie) ;
    • Troubles de la coordination motrice ;
    • Formes précoces de schizophrénie infantile.

    Des coopérations sont en cours avec Singapour et l’Inde pour enrichir les bases de données, diversifier les profils culturels et renforcer la robustesse des modèles IA.

     

  • 95 % de précision, 3 000 lames analysées par jour : l’IA DeepSeek transforme l’hôpital chinois

    5 minutes de consultation en moyenne, les hôpitaux sous pression face au vieillissement

    Avec 1,408 milliard d’habitants en 2024 et une population vieillissante — près d’un tiers aura plus de 60 ans d’ici 2035 — la Chine doit faire face à une saturation de ses hôpitaux tertiaires, qui concentrent plus de 50 % des soins spécialisés. Le système est confronté à trois limites majeures :

    • Temps moyen de consultation inférieur à 5 minutes.
    • Taux de réhospitalisation dépassant 20 %.
    • Pénurie de spécialistes dans les disciplines critiques.

    l’IA DeepSeek optimise les soins avec 95,2 % de précision sur les nodules pulmonaires

    Pour répondre à ces défis, les autorités chinoises ont engagé le déploiement du système DeepSeek, développé par Jining Guokong Medical. Cette intelligence artificielle médicale optimise les soins à plusieurs niveaux. Ces outils permettent d’améliorer le tri des patients, de libérer du temps clinique et de réduire les erreurs diagnostiques :

    2 500 hôpitaux équipés d’ici fin 2025 avec le système d’IA DeepSeek

    Déployée initialement à Shanghai, cette technologie est désormais étendue à l’ensemble des hôpitaux tertiaires du pays, dans le cadre d’un programme national soutenu par un financement tripartite (État, établissements de santé, partenaires industriels). Le système fonctionne en réseau fermé, assurant une cybersécurité médicale renforcée et la souveraineté des données patients.

    • Objectif : équiper plus de 2 500 hôpitaux d’ici fin 2025.
    • Réduction de 30 % des besoins informatiques grâce à l’optimisation algorithmique du modèle.

    Un modèle qui inspire au-delà des frontières

    L’adoption de DeepSeek illustre le rôle moteur de la Chine en matière de e-santé. Son approche suscite un intérêt croissant en Asie du Sud-Est, où plusieurs pays envisagent une adaptation locale de la technologie.

     

  • Des jumeaux numériques tumoraux pour prédire l’efficacité des traitements anticancer

    Le défi du traitement des cancers avancés

    L’Université de Californie à San Diego développe un système d’intelligence artificielle capable de simuler l’évolution des tumeurs. Chaque année, près de 2 millions d’Américains reçoivent un diagnostic de cancer. Parmi eux, plus de 600 000 sont atteints d’une forme métastatique ou résistante aux traitements. Face à la complexité biologique des tumeurs, souvent unique à chaque patient, les oncologues peinent à identifier rapidement la thérapie la plus efficace. Ils sont confrontés au :

    • Retards de réponse thérapeutique réduisent les chances de succès dans 30 à 40 % des cas.
    • Des outils actuels ne permettant pas d’adapter en temps réel les traitements à l’évolution de la maladie.

    Un projet financé à hauteur de $23,6 M par l’agence américaine ARPA-H

    L’équipe de chercheurs bio ingénieurs et informaticiens de l’université de Californie à San Diego pilote le projet tumeurs numériques dynamiques pour une oncologie de précision soutenu :

    • Par un financement de 23,6 millions de dollars de l’agence américaine pour les projets de recherche avancée dans le domaine de la santé (ARPA-H).
    • Des outils actuels ne permettant pas d’adapter en temps réel les traitements à l’évolution de la maladie.

    Une IA hybride associant modélisation adaptative

    La nouvelle plateforme d’IA associe :

    • IA hybride associant modélisation adaptative et données longitudinales patients.
    • Système mis à jour en temps réel selon l’évolution moléculaire des tumeurs.
    • Plateforme collaborative réunissant 7 institutions de recherche (UC San Diego, City of Hope, MIT…).

    Des performances cliniques à fort potentiel

    La solution développée par l’Université de Californie à San Diego repose sur une combinaison de modèles prédictifs multivariés, intégrant ;

    • Génomique
    • Imagerie
    • Données cliniques

    Il s’agit d’anticiper les mutations et résistances émergentes, et ajuster les traitements avant perte d’efficacité. Les premières données sont attendues d’ici fin 2025, dans le cadre d’un essai clinique évolutif inédit.

    Un nouveau standard de l’oncologie de précision à terme

    Le programme ADAPT vise à faire de cette approche un nouveau standard de l’oncologie de précision. À terme, les recommandations de traitement pourront être personnalisées à chaque étape du parcours thérapeutique.

     

  • Les biopsies liquides pour anticiper les résistances dans le cancer du sein métastatique

    Une problématique majeure

    Le 1er juin 2025, l’Institut Curie a présenté en session plénière les résultats de l’essai SERENA-6 lors du congrès annuel de la Société américaine d’oncologie clinique (ASCO), à Chicago. L’étude, conduite avec AstraZeneca, évalue une hormonothérapie ciblée guidée par biopsie liquide chez des patientes atteintes de cancer du sein hormonodépendant métastatique. Ce cancer représente 70 % des 2,3 millions de cas annuels mondiaux (OMS). Dans 40 % des cas, une mutation ESR1 induit une résistance aux traitements hormonaux standards. Les méthodes conventionnelles posent plusieurs contraintes :

    • Invasives, donc difficiles à répéter
    • Représentation partielle de la tumeur (prélèvement unique)
    • Sensibilité limitée : entre 50 et 70 % selon les sites tumoraux

    L’étude SERENA-6

    Un essai multicentrique international de phase 3 a été mené entre 2022 et 2025 sur 3 000 patientes réparties dans une dizaine de pays. Un suivi de l’ADN tumoral circulant (ADNtc) était effectué toutes les 8 à 12 semaines. En cas de mutation ESR1 sans progression, les patientes recevaient soit le traitement standard, soit le camizestrant, un SERD oral (dégradeur sélectif du récepteur aux œstrogènes). Les résultats montrent :

    • Un risque de progression tumorale réduit de 56 %
    • Une survie sans progression à 12 mois : 60,7 % avec camizestrant contre 33,4 % en traitement standard.
    • Des effets secondaires limités à 1,3 %

    Une nouvelle stratégie d’oncologie de précision

    SERENA-6 consacre l’utilité clinique des biopsies liquides pour anticiper les résistances et ajuster précocement le traitement, ouvrant la voie à une oncologie personnalisée et réactive à au service des patientes les plus à risque

  • Cancer colorectal : une IA identifie des biomarqueurs prometteurs pour le diagnostic in vitro

    • 80 % des cancers sont détectés tardivement.
    • 1 patient sur 3 entre 45 et 64 ans échappe au dépistage.
    • Le dépistage précoce pourrait réduire la mortalité de 60 %.

    Données et performances clés de PANDA

    Basée sur plus de 1 000 échantillons (626 patients et 402 témoins), PANDA analyse 240 métabolites avec une précision diagnostique >94 % (AUC = 0,97).

    • Identification précise des stades tumoraux (T) et ganglionnaires (N).
    • Validation par intégration des données TCGA.
    • Suivi de la progression et de la réponse au traitement.

    Un outil multi-omique combinant statistiques avancées et deep learning

    Le cancer colorectal représente la deuxième cause de mortalité par cancer dans le monde, avec près d’un million de décès en 2020 selon l’OMS et Globocan. Malgré les campagnes de sensibilisation, un tiers des personnes âgées de 45 à 64 ans échappent encore au dépistage. Or, la détection précoce pourrait réduire la mortalité de 60 %. Dans ce contexte, l’équipe de recherche de l’Université d’État de l’Ohio a mis au point PANDA (Predictive Analysis via Neural Discriminant Algorithms), une IA dédiée à l’identification automatisée de biomarqueurs métaboliques spécifiques à la pathologie.

    PANDA repose sur une approche intégrée associant l’analyse discriminante par moindres carrés partiels (PLS-DA) et un réseau de neurones artificiels (ANN). L’outil vise à discriminer les profils métaboliques de patients atteints d’un cancer colorectal par rapport à des témoins sains. L’analyse a porté sur 1 028 échantillons (626 cas et 402 témoins), avec une résolution sur 240 métabolites issus de données biochimiques. Le modèle atteint une aire sous la courbe (AUC) de 0,97, traduisant une précision diagnostique supérieure à 94 %.

    Vers un diagnostic in vitro personnalisé

    PANDA ne se limite pas à la détection : il permet également de différencier les stades tumoraux (T) et ganglionnaires (N), d’assurer le suivi de la progression de la maladie, et de mesurer la réponse au traitement. Le modèle a été validé en intégrant les données ouvertes du projet TCGA (The Cancer Genome Atlas), ce qui renforce la robustesse de ses résultats.

    Une alternative complémentaire à la coloscopie

    Conçu comme un outil de diagnostic in vitro non invasif, PANDA pourrait s’intégrer dans les parcours de dépistage en complément de la coloscopie. L’objectif est de proposer un triage métabolomique précoce, basé sur des tests biologiques simples. Des validations supplémentaires sont en cours avant le passage à une application clinique.

  • Métavers et santé : la Corée du Sud investit 2 Md€ pour transformer ses soins

    Une stratégie nationale centrée sur l’écosystème technologique

    La Corée du Sud fait du métavers un pilier de sa transformation numérique post-pandémie. Avec le programme Digital New Deal, le gouvernement engage près de 2 milliards d’euros d’ici 2025 pour structurer un écosystème compétitif, en ciblant particulièrement les applications immersives en santé. Dès 2021, 23 millions d’euros ont été mobilisés sous forme de subventions. À cela s’ajoutent 400 millions d’euros consacrés à la recherche, au développement et à la formation. L’objectif est double : soutenir l’émergence de 220 entreprises stratégiques dans le métavers, dont un nombre significatif dans le champ médical, et positionner la Corée du Sud parmi les cinq plus grands marchés mondiaux dans ce domaine.

    Former les professionnels de santé via des environnements immersifs

    Le déploiement commence par l’enseignement. Des universités comme Kyung Hee intègrent déjà des cursus en réalité virtuelle et augmentée. Ces outils permettent aux étudiants d’explorer l’anatomie en 3D ou de simuler des gestes médicaux complexes dans des environnements interactifs. Ce modèle d’apprentissage immersif vise à renforcer la préparation clinique et à standardiser les compétences dans un format numérique accessible.

    Des applications concrètes déjà en service

    La Corée du Sud expérimente également des usages opérationnels du métavers en santé :

    • Rééducation à distance dans des environnements virtuels.
    • Sécurisation des données via blockchain.
    • Analyse personnalisée des parcours de soins avec l’intelligence artificielle.
    • Surveillance en temps réel par objets connectés.
    • Accès mobile généralisé via smartphone.

    Ces solutions sont conçues pour s’insérer dans un parcours de soin hybride, interconnecté et centré sur le patient.

    Une gouvernance hybride et ouverte à l’innovation

    Le gouvernement s’appuie sur un modèle public-privé réunissant grandes entreprises technologiques (chaebols), startups medtech et acteurs de la e-santé. Dix-sept entreprises ont été sélectionnées pour piloter des projets sur la simulation médicale, la connectivité immersive ou encore la création d’environnements hospitaliers en réalité virtuelle. La régulation reste volontairement légère, avec un recours à l’auto-régulation pour favoriser l’agilité et l’expérimentation.

    Premiers résultats chiffrés du plan

    Le programme produit déjà des résultats mesurables :

    • 5 765 services de télésanté ont été délivrés via des plateformes métavers.
    • 5 500 professionnels de santé formés aux technologies immersives.
    • 507 000 bénéficiaires ont eu recours à ces services numériques.

     

  • Fertilité masculine : 2 M$ pour la plateforme d’IA portable d’Illumicell AI

    La start-up helvético-américaine Illumicell AI a obtenu 2 millions de dollars en financement pré-amorçage pour développer une solution portable d’intelligence artificielle pour le diagnostic de la fertilité masculine. Parmi les investisseurs figurent KOFA Healthcare (États-Unis), le Harvard Phoenix Venture Fund, MedTechSyndicates (Suisse) et le Dr Jeremy Teoh (Hong Kong).

    Infertilité masculine : un enjeu mondial

    Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) :

    • 186 millions de personnes souffrent d’infertilité dans le monde, incluant environ 48 millions de couples.
    • 55 millions d’hommes sont affectés, soit un taux de 1 354,76 pour 100 000 individus.
    • Aux États-Unis, environ 9 % des hommes âgés de 15 à 44 ans rencontrent des problèmes de fertilité.
    • En Europe, la prévalence est estimée à 7,5 %, avec des variations selon les pays et méthodologies.

    Limites des méthodes traditionnelles

    Le diagnostic in vitro classique repose sur l’analyse du sperme en laboratoire, mais :

    • Le coût moyen d’un spermogramme varie entre 100 et 300 euros, avec un délai de plusieurs jours pour les résultats.
    • L’accès est restreint par la nécessité d’équipements spécialisés et de personnel qualifié, surtout en zones rurales ou pays à ressources limitées.
    • Les tests standards ne détectent pas les causes moléculaires, immunologiques ou génétiques, présentes dans près de 50 % des cas d’infertilité.
    • La variabilité inter-laboratoire élevée (20 à 30 %) compromet la fiabilité du diagnostic.

    Une innovation technologique portable

    Illumicell AI a conçu une plateforme intégrée comprenant :

    • Un scanner portable compact (15 × 10 × 5 cm), adapté aux environnements cliniques et décentralisés.
    • Une intelligence artificielle en temps réel, analysant en quelques minutes la morphologie cellulaire et les biomarqueurs.
    • Une base de données de plus de 400 000 points de données sur la santé reproductive masculine, alimentant et améliorant en continu la performance des algorithmes.

    Premiers résultats cliniques prometteurs

    Entre fin 2023 et début 2025, les essais cliniques menés avec des centres hospitaliers universitaires en Suisse et aux États-Unis ont révélé :

    • 95 % : taux de concordance avec les spermogrammes conventionnels, supérieur aux systèmes automatisés (85-90 %) selon une étude interne Illumicell AI (2024)
    • < 10 minutes : temps moyen d’analyse pour un diagnostic complet, contre plusieurs heures à jours avec les méthodes traditionnelles
    • +15 % : sensibilité accrue dans la détection d’anomalies cellulaires subtiles, d’après une étude multicentrique en cours (2024-2025)

    Ces résultats préliminaires prometteurs, issus d’études cliniques conduites en collaboration avec des centres hospitaliers universitaires en Suisse et aux États-Unis, sont en cours de validation pour une soumission réglementaire prévue auprès de la FDA en 2026.

     

  • Le Bangladesh investit dans la santé numérique pour améliorer l’accès aux soins

    Principaux défis d’accès aux soins

    La Fondation bangladaise SAJIDA a récemment annoncé ses investissements majeurs dans la numérisation des services de santé au Bangladesh. Depuis la pandémie de COVID-19, elle a consacré près de 4 millions de dollars au développement, au déploiement et à la maintenance de plateformes numériques et d’applications mobiles, ainsi qu’à la formation de plus de 5 500 professionnels de santé et à la conduite d’études cliniques.  Cette démarche vise à renforcer l’accessibilité et la couverture médicale pour les populations vulnérables.

    Avec une population de 175,7 millions d’habitants, un âge médian de 26 ans et une répartition territoriale marquée (41,6 % en zones urbaines, 58,4 % en zones rurales), le Bangladesh fait face à des défis majeurs en matière d’accès aux soins, illustrés par trois indicateurs clés :

    • 1 médecin pour 1 847 habitants, un ratio bien inférieur aux recommandations de l’OMS (1 pour 1 000), entraînant une surcharge des professionnels et un accès limité aux soins, surtout en milieu rural.
    • 58,4 % de la population vit en zone rurale, souvent mal desservie en infrastructures et personnel qualifié.
    • Moins de 3 % du PIB national est consacré à la santé, limitant la capacité du système à répondre aux besoins croissants.

    Digital Health : un programme pour une santé numérique intégrée

    La Fondation SAJIDA a lancé le programme « Digital Health » pour intégrer les technologies numériques dans les services de santé, avec trois axes principaux :

    • Déploiement de plateformes d’e-monitoring et de télémédecine dans les zones urbaines défavorisées et rurales vulnérables comme Kurigram, Bagerhat, Satkhira et Sunamganj.
    • Mise en place de la ligne d’assistance psychologique à distance « Shojon », destinée aux patients souffrant de troubles mentaux dans les zones rurales.
    • Programme « Moner Kotha » de santé mentale, en partenariat avec British Asian Trust et Primark, dédié aux ouvrières du secteur textile dans les zones industrielles de Savar, Gazipur et Uttara.

    Des résultats reconnus à l’international

    • 5 765 services de télésanté délivrés.
    • 5 500 professionnels de santé formés.
    • Plus de 507 000 utilisateurs bénéficiaires des services numériques.

    La Fondation SAJIDA a démontré l’impact significatif de son programme, reconnu par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Son usage rigoureux des données influence les politiques publiques et fait de SAJIDA un modèle pour les pays en développement. La fondation prépare désormais son expansion en Afrique subsaharienne, notamment en Ouganda, et aux États-Unis.