alexandre

  • « En 2019, on était à 686 (médecins), grâce à notre travail collectif d’installation, on est passé à 731 en 2025 » – Nadine Hialé, Présence 64

    Créé en 2017, le guichet unique Présence Médicale 64 s’inscrit dans le schéma départemental d’amélioration de l’accessibilité des services au public, qui impose une réflexion conjointe entre préfet et département sur l’accès aux soins.

    Nadine Hialé rappelle qu’« il y avait eu une importante enquête de terrain en santé, au niveau des maires, au niveau des habitants, et au niveau des citoyens, sur une problématique d’accès aux soins ».

    L’État se tourne alors vers le département en lui demandant de travailler sur l’attractivité territoriale, dans une logique de partenariat pour « aller recruter des médecins ».

    La réflexion initiale ne porte pas encore sur un guichet unique, mais sur une mission très opérationnelle de recrutement médical. Deux bassins de vie, correspondant aux zones les plus en tension, sont choisis comme territoires d’expérimentation, afin d’ancrer la démarche dans le réel, avec une approche progressive et centrée sur les besoins du terrain.

    Une méthode fondée sur le lien social et l’ancrage territorial

    Dès l’origine, la démarche repose sur trois convictions :

    • l’installation durable des médecins est avant tout une aventure humaine plutôt qu’un enjeu purement financier,
    • le lien social constitue le levier central de la captation,
    • et la gouvernance doit être participative.

    Nadine Hialé résume cette philosophie en expliquant que « c’est par le lien social qu’on va arriver à capter, à créer de l’ancrage territorial ».

    La méthode consiste à travailler simultanément la vie professionnelle et la vie personnelle des praticiens pour faciliter leur projection. L’ADN de Présence Médicale 64 est donc organisationnel : il s’agit de « créer un état d’esprit » collectif autour de l’accueil, de la rétention et de l’adhésion des médecins au territoire.

    Cette approche se distingue des réponses essentiellement financières portées par la puissance publique depuis des années : « sans subventions », insiste-t-elle, pour se concentrer sur la coordination, la mise en relation et la co-construction de solutions adaptées aux projets de vie des médecins.

    Un collectif inédit de 23 partenaires pour « déverrouiller » le parcours d’installation

    L’innovation revendiquée par les Pyrénées-Atlantiques tient à la constitution d’un collectif large et stable, fédérant 23 organismes partenaires impliqués dans le parcours d’installation.

    Ce collectif associe institutions de santé, intercommunalités, élus locaux et acteurs de terrain, et fonctionne, selon Nadine Hialé, « comme un conseil scientifique, on parle de tout collectivement et on met en place les solutions concrètes ».

    Chaque organisme désigne un référent unique, identifié par le guichet, ce qui permet un traitement fluide des démarches administratives et professionnelles, du statut de remplaçant à l’installation libérale. Les décisions partent des besoins remontés localement et sont ajustées au cas par cas, afin de concilier contraintes réglementaires, attentes des médecins et priorités des élus.

    Des parcours d’installation co-construits, entre projet de vie et projet médical

    Le guichet unique se positionne comme point d’entrée central pour les médecins souhaitant s’installer dans le département, en articulant finement projet de vie et projet médical.

    « Quand le médecin arrive, on traite effectivement la personne avant même qu’il soit médecin », souligne Nadine Hialé, pour illustrer cette approche centrée sur l’individu. L’accompagnement débute souvent dès l’internat, lors de soirées d’accueil qui permettent de fédérer les jeunes et de créer un premier lien avec le territoire. Lorsque l’un d’eux exprime un souhait d’installation, l’équipe explore son projet dans le détail : type de territoire (rural, montagne), mode d’exercice (MSP, exercice coordonné), environnement familial, mobilité du conjoint, logement, garde d’enfants, engagements futurs.

    À partir de ces éléments, Présence Médicale 64 mobilise son maillage territorial pour identifier des structures adaptées, puis organise des remplacements afin de tester l’adéquation humaine et organisationnelle. Le suivi se poursuit après l’installation, notamment sur les aspects de logement et de garde d’enfants, dans une logique d’ancrage durable où « chaque projet est unique ».

    69 médecins installés, 6% de hausse et 98% de rétention en sept ans

    Les responsables de Présence Médicale 64 mettent en avant des résultats quantifiables en matière de démographie médicale. « Quand on a commencé en 2019, au niveau de la population des médecins généralistes libéraux, on était à 686 », rappelle Nadine Hialé, avant de préciser que « grâce à notre travail collectif d’installation, on est passé à 731 médecins généralistes en 2025 », soit une hausse d’environ 6%.

    En sept ans, 69 médecins généralistes ont été installés avec l’appui du guichet unique, dont 63% en zones rurales ou de montagne. L’âge moyen des généralistes a été rajeuni, passant de 53 à 48 ans, en cohérence avec la cible prioritaire des jeunes médecins. La quasi-totalité des installations se fait en exercice libéral, avec une part minoritaire d’exercices mixtes et un recours très limité au salariat. La rétention constitue un indicateur clé : « 98% de nos jeunes qu’on a installés depuis 7 ans exercent toujours en Pyrénées-Atlantiques », insiste-t-elle, pour souligner l’ancrage durable obtenu.

    Un modèle économique « peu coûteux » comparé aux dispositifs financiers classiques

    Présence Médicale 64 insiste sur le caractère relativement peu coûteux de son modèle au regard des résultats. « Notre budget il est de 150 000 € c’est vraiment un budget efficient », explique Nadine Hialé. Ce budget annuel est dédié aux actions de déploiement sur les territoires et cofinancé avec l’ARS. Si l’on ajoute les ressources humaines, une équipe de cinq personnes, et le cofinancement entre département et ARS, l’enveloppe globale avoisine 500 000 euros, précise-t-elle.

    L’équipe revendique un effet de levier important, dans la mesure où chaque intercommunalité ou territoire mobilise ses propres moyens pour compléter l’action du guichet. Un travail de chiffrage est en cours pour objectiver cette contribution globale et documenter ce qu’« un département, en se mobilisant, peut mettre tout en gardant les prérogatives de chacun ».

    Vers une généralisation nationale : CNR, crédits, loi de financement et Cour des comptes

    Le dispositif Présence Médicale 64 a progressivement acquis une visibilité nationale, notamment à la faveur du Conseil national de la refondation (CNR) et des débats sur la généralisation d’un guichet unique pour l’installation des médecins. « On a obtenu en tout 750 000 € de crédit national de la refondation pour 3 choses », détaille Nadine Hialé : consolider le modèle, en faire un concept transposable et trouver une structuration juridique pour sortir du cadre strictement départemental.

    Parallèlement, la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2023 a acté la mise en place de guichets uniques, même si « les décrets d’application, on les attend toujours ». Dans ce contexte, plusieurs institutions nationales, Banque des Territoires, Sénat, Assemblée nationale, Cour des comptes, sollicitent le retour d’expérience de Présence Médicale 64.

    Le dernier rapport de la Cour des comptes, indique-t-elle, « a pris les Pyrénées-Atlantiques comme département précurseur de la mise en place de ce schéma-là ». Une vingtaine de départements ont déjà été accueillis, avec l’idée de partager « la méthode, la manière dont on a travaillé », plutôt qu’une organisation clé en main.

    Une gouvernance politique et une « communication silencieuse » centrées sur l’humain

    Enfin, Présence Médicale 64 se présente comme un dispositif piloté politiquement mais construit sur une « communication silencieuse » et un bouche-à-oreille structuré. Pour faire connaître le dispositif, l’équipe s’appuie prioritairement sur les réseaux d’internes, les syndicats de jeunes médecins, les facultés de médecine et les enseignants. « on fait de la communication silencieuse », explique-t-elle.

    L’innovation est revendiquée comme essentiellement organisationnelle et humaine, avec un pacte d’engagement territorial « virgule par virgule, mot par mot », coécrit avec l’ensemble des acteurs, « toutes couleurs politiques confondues ».

     

  • Younify, une application gratuite structurant l’entraide autour du patient, déployée dans plusieurs services hospitaliers d’Île-de-France

    La maladie, l’accident ou l’hospitalisation ne concernent jamais un individu seul. Ils mobilisent un écosystème familial et amical souvent désorganisé, contraint de gérer urgence et quotidien avec des outils inadaptés : groupes WhatsApp, appels répétitifs, messages éparpillés. Cette fragmentation alourdit la charge mentale des aidants et aggrave l’isolement du patient, alors même que la qualité du soutien entourant ce dernier conditionne directement sa trajectoire de soin et sa récupération. C’est ce constat, vécu de l’intérieur, qui a conduit à la création de Younify.

    Une genèse ancrée dans l’expérience personnelle

    L’application est née de l’expérience de Claire Fourmentin, devenue aidante lorsque sa sœur est tombée gravement malade. Elle conçoit alors un prototype pour structurer le soutien. Rapidement, les équipes médicales y perçoivent une plus-value potentielle pour l’accompagnement des familles, et l’outil gagne en crédibilité sur le terrain hospitalier.

    Une « bulle de soutien » articulée autour de trois fonctions

    Younify se présente comme un espace privé et sécurisé, accessible gratuitement, qui rassemble le patient, ses aidants proches et son entourage élargi. Sa conception s’appuie sur les trois dimensions de la santé définies par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) : physique, mentale et sociale.

    L’application repose sur trois fonctionnalités principales :

    • Le Journal : permet au patient ou à un aidant de partager des nouvelles une seule fois à l’ensemble de la bulle, supprimant la répétition d’informations à un moment où l’énergie fait défaut.

    • Le Livre d’Or numérique : centralise messages, photos et vidéos de soutien envoyés par l’entourage. Le patient les consulte à son rythme, sans obligation de réponse immédiate.

    • La coordination de l’aide : les besoins concrets — trajets médicaux, repas, garde d’enfants — sont posés dans l’application afin que l’entourage puisse y répondre de façon organisée.

    L’application propose également une fonctionnalité de mise en relation entre patients et aidants partageant des affinités, pour réduire le sentiment d’isolement.

    Un déploiement hospitalier en cours

    L’outil est d’ores et déjà utilisé dans plusieurs services hospitaliers en Île-de-France. Des unités de réanimation et de réadaptation de l’hôpital Raymond-Poincaré comptent parmi les premiers établissements à avoir intégré Younify dans leur approche d’accompagnement. Le corps médical y voit un levier pour apaiser les familles et libérer du temps soignant mobilisé jusqu’alors à répondre aux sollicitations de l’entourage.

    La validation de l’IFEP

    L’Institut Français de l’Expérience Patient (IFEP) a publié, en avril 2026, une analyse favorable à la solution. L’IFEP souligne que Younify permet de soulager la charge mentale des aidants en organisant l’aide autour du patient, en regroupant les messages de soutien et en informant l’entourage sur la pathologie du proche. L’Institut estime que ces éléments contribuent à favoriser une meilleure récupération du patient.

    Pour l’IFEP, l’intérêt de l’outil réside dans sa capacité à replacer la solidarité au cœur du parcours de soin, sans substituer l’entourage aux professionnels de santé, mais en le rendant opérationnel et coordonné.

    Un modèle gratuit, une question de soutenabilité

    Younify est accessible sans frais pour l’utilisateur final, sur iOS et Android. La solution n’est pas positionnée comme un dispositif médical au sens réglementaire, mais comme un outil d’accompagnement. Cette gratuité, pensée pour lever les barrières d’accès, soulève néanmoins la question de la pérennité économique du modèle, en particulier si le déploiement s’étend à d’autres établissements ou régions.

  • 6 cas d’usage pour l’IA au service de l’expérience patient

    L’IA, nouveau socle de l’expérience et de la satisfaction patient

    Les établissements de santé font face à un volume croissant de retours patients, issus d’enquêtes en ligne, de questionnaires SMS, de mails ou de plateformes numériques, difficilement exploitables manuellement à grande échelle.
    Les moteurs de traitement automatique du langage transforment ces verbatim en matière première stratégique, en les catégorisant finement par thématiques de satisfaction ou d’insatisfaction et en produisant des indicateurs agrégés directement réutilisables pour le pilotage qualité et la gestion des risques perçus par les patients.

    Les résultats sont restitués sous forme de tableaux de bord personnalisables par type de parcours, de service ou de population, ce qui facilite l’identification des irritants récurrents, le suivi des plans d’action et le partage d’enseignements opérationnels avec les équipes de terrain comme avec la gouvernance.
    En centralisant toutes les sources de retours d’expérience au même endroit et en automatisant l’analyse textuelle, ces dispositifs réduisent la charge manuelle d’exploitation des enquêtes, améliorent la réactivité face aux signaux faibles et soutiennent une démarche d’amélioration continue de l’expérience patient à l’échelle de l’établissement.

    Dans ce paysage, la solution verbatim.care, éditée par l’entreprise française EntendsMoi, illustre la maturité croissante de ces approches.
    Plateforme web 3-en-1 dédiée au recueil, à l’analyse et à la visualisation des verbatim d’expérience patient, elle centralise différentes sources de retours, alimente des tableaux de bord personnalisés par type de parcours de soins et intègre un générateur d’enquêtes diffusables par URL, QR code, SMS ou e-mail.

    Reposant sur des algorithmes propriétaires de TAL/NLP entraînés sur plus de 100 000 verbatim labellisés par des professionnels de santé et des patients, verbatim.care classe les commentaires en près de 70 thèmes et sous-thèmes et en quatre niveaux de ressenti.
    Les analyses alimentent un tableau de bord opérationnel pour les directions et les équipes de terrain, afin de piloter l’expérience patient et les plans d’action, dans une logique de co‑conception avec les établissements hospitaliers, ambulatoires et de soins primaires.

    Ce cas d’usage est déjà déployé dans un large panel de 23 établissements à ce jour.

    Information préopératoire et relation de confiance

    L’IA conversationnelle participe également à la réduction du stress et à l’amélioration de la relation soignant‑patient avant une intervention.
    Au sein de plusieurs hôpitaux français, des plateformes numériques sécurisées proposent des parcours préopératoires via des chatbots d’information, comme Heko, solution de BOTdesign déployée à l’Hôpital de Foch, au CHU de Toulouse, au CHU de Nantes et au CHU de Lille.

    Ces assistants guident les patients en amont de la consultation d’anesthésie, délivrent des recommandations claires et personnalisées et préparent les échanges avec les anesthésistes.
    Cette approche fluidifie la communication, réduit l’anxiété préopératoire et optimise l’efficacité des consultations, en limitant les questions répétitives et les incompréhensions.

    Dans le prolongement de ces dispositifs, des agents conversationnels vocaux comme ceux de la plateforme Caresquad automatisent le rappel systématique des consignes préopératoires (jeûne, horaires, préparations spécifiques).
    Programmés au nom de l’établissement, ils informent le patient des consignes personnalisées, vérifient leur compréhension, anticipent les difficultés et mettent à disposition des équipes une interface de suivi pour permettre, si nécessaire, une intervention humaine.

    En renforçant la sécurisation du parcours, en diminuant le stress des patients et en optimisant le temps infirmier, ces agents s’inscrivent pleinement dans une logique de qualité et de sécurité des soins.

    Automatisation des processus administratifs et fluidité du parcours

    L’expérience patient se joue également dans la simplicité des démarches administratives, de l’admission à la facturation.
    En France, plusieurs établissements, dont l’Hôpital de Foch et le CHRU de Nancy, expérimentent des solutions d’IA pour automatiser l’admission et la facturation, en combinant reconnaissance de caractères et traitement intelligent des données.

    Ces systèmes simplifient la collecte d’informations, la vérification des droits et des assurances, accélèrent la génération et l’envoi des factures et réduisent les erreurs liées aux ressaisies manuelles.
    Des suites logicielles comme celles de Dedalus, Luminess ou Optacare intègrent, aux côtés des outils d’imagerie et de visualisation avancée, des modules d’entrée en relation digitale qui automatisent et sécurisent les processus administratifs tout en gardant l’IA au service de l’efficience hospitalière.

    En rendant les parcours plus fluides et plus prévisibles, ces solutions contribuent à une meilleure perception globale de la prise en charge, et font de l’optimisation administrative un composant à part entière de l’expérience patient.

    Mesure en temps réel de la satisfaction et ajustement des pratiques

    Au‑delà des grandes enquêtes périodiques, les établissements développent des dispositifs de mesure en temps réel de la satisfaction à des moments clés du parcours, comme l’imagerie ou la consultation.
    Dans des structures comme le CH de Valenciennes (CHV) et l’Hôpital de Foch, l’IA analyse les réponses aux enquêtes digitales post‑consultation, permettant d’identifier les points d’amélioration et d’ajuster rapidement les organisations.

    Des solutions telles que Better Word, éditée par Better World, exploitent l’analyse automatique des verbatim issus des retours d’expérience pour mesurer la satisfaction des patients, des résidents, des proches aidants et des équipes.
    En se concentrant notamment sur les centres d’imagerie, ces outils renforcent la confiance, améliorent la qualité perçue des services et alimentent des indicateurs spécifiques à la radiologie et à l’IA.

    Cette granularité des retours permet de passer d’une logique de reporting a posteriori à une gestion dynamique de la satisfaction, où les décisions organisationnelles peuvent être prises à partir de signaux quasi temps réel.

    Urgences : transparence, information et pilotage des flux

    Les services d’urgences constituent un terrain emblématique où se joue simultanément la sécurité, la satisfaction et la confiance des patients et de leurs proches.
    Plusieurs hôpitaux, dont l’Hôpital de Foch et le CH de Valenciennes, ont déployé des dispositifs d’IA pour suivre en temps réel l’avancée des patients aux urgences, réduire l’anxiété des familles et optimiser l’organisation interne.

    Des solutions comme FollowMe Urgences, éditée par MyCareProcess, informent les patients et leurs proches sur l’évolution de la prise en charge, via une application qui restitue simplement les grandes étapes du parcours.
    En parallèle, des plateformes d’anticipation des flux comme Saniia analysent en temps réel les mouvements de patients, planifient l’occupation des lits, coordonnent les actions et notifient les intervenants concernés.

    En combinant transparence de l’information vers les familles et pilotage prédictif des flux non programmés, ces outils renforcent à la fois l’expérience vécue aux urgences et la performance opérationnelle des services.

    Un écosystème en structuration autour de l’IA et de l’expérience patient

    Pris ensemble, ces cas d’usage dessinent un écosystème de solutions d’IA centré sur l’expérience patient, depuis la voix du patient captée à grande échelle jusqu’à l’automatisation des interactions et des parcours.
    Les acteurs spécialisés comme EntendsMoi (verbatim.care), BOTdesign (Heko), Better World (Better Word), MyCareProcess (FollowMe Urgences), SaniIA (Saniia) ou Caresquad contribuent à structurer un marché où l’IA, française et européenne, se positionne sur des usages concrets et mesurables.

    Ces innovations rejoignent les orientations des autorités de santé qui encouragent l’intégration des retours d’expérience patients et des mesures de satisfaction dans les démarches qualité, tout en veillant au respect des exigences de sécurité et de protection des données.
    L’IA devient ainsi un instrument transversal de qualité et de sécurité des soins, non seulement pour améliorer la décision clinique, mais aussi pour faire de l’expérience patient un véritable indicateur de performance des établissements.

  • 26 solutions d’IA qui transforment l’expérience patient, la qualité et la sécurité des soins

    34,8% des solutions pour l’accès, le triage et la coordination des parcours

    Plus d’un tiers des solutions se concentrent sur l’accès aux soins, le triage et la continuité du parcours ville‑hôpital, en combinant IA symbolique, machine learning et modèles conversationnels. L’objectif commun : qualifier mieux et plus tôt les situations cliniques, orienter vers le bon niveau de prise en charge et éviter les ruptures de parcours.

    Medana (Anamnese), déployée au CHU de Bordeaux, au CHU de Montpellier, aux Hospices Civils de Lyon (HCL) et au GH Paris Saint‑Joseph, s’appuie sur une IA hybride pour orchestrer le parcours patient. La solution collecte de manière autonome les données administratives et médicales via des questionnaires dynamiques, calcule des scores, identifie les facteurs de risques, aide au diagnostic, optimise le tri aux urgences et facilite le suivi post‑hospitalisation. Elle contribue ainsi à sécuriser les processus métier, réduire les ruptures de parcours, libérer du temps médical et structurer les données (CIM‑10, MOS‑NOS) pour la recherche clinique.

    Les plateformes de télémédecine Livi et Medaviz intègrent des briques de triage médical automatisé : leurs IA analysent en amont les symptômes afin d’orienter vers la téléconsultation, une consultation présentielle ou les urgences, avec un niveau de risque élevé au sens de la réglementation (services essentiels / urgence). Elles participent à désengorger les cabinets de ville et à garantir un accès plus rapide au bon professionnel.

    Sur les maladies chroniques, Mapatho propose une plateforme collaborative d’orientation fondée sur un annuaire qualifié de soignants (RPPS), validé par les associations de patients. Ses algorithmes de recommandation (« IAGO ») réduisent l’errance diagnostique, améliorent l’accès aux experts et génèrent des économies substantielles pour le système de santé. Sokle cible quant à elle les troubles neuro‑cognitifs, en coordonnant les acteurs ville‑hôpital et en personnalisant les recommandations pour les patients et leurs aidants.

    À l’interface hôpital‑domicile, e‑fitback agit comme un pont numérique couvrant l’intégralité du parcours (pré‑admission, hospitalisation, retour à domicile), avec une IA symbolique pour sécuriser le retour et optimiser le temps infirmier. Nanni AI illustre, côté pédiatrie, l’essor de solutions à haut risque : l’application analyse les pleurs des nourrissons via smartphone pour interpréter les besoins et détecter certaines pathologies, renforçant la vigilance des équipes et des parents.

    13% des solutions au service du pilotage opérationnel et des urgences

    Une part significative des solutions se positionne sur le pilotage des flux, la planification et la gestion des risques, prolongeant la dynamique d’infectiovigilance et de surveillance temps réel déjà à l’œuvre dans les établissements. L’objectif : passer d’une lecture rétrospective des incidents à une gouvernance prédictive des situations critiques.

    Saniia, utilisée notamment au CH de Valenciennes, au CHU de Nice, et au CHU de Nîmes, et au CH de Métropole Savoie, anticipe les flux non programmés et analyse en temps réel les mouvements des patients. Elle alloue automatiquement les ressources en tenant compte des contraintes, coordonne les actions et notifie les intervenants concernés. Les retours d’usage font état d’une meilleure anticipation des capacités, d’une diminution des temps d’attente et des transferts évitables, ainsi que d’une amélioration de la qualité de vie au travail des soignants.

    Patient Journey (Ospi) structure les données médicales de parcours pour fluidifier les processus hospitaliers et améliorer l’expérience patient. En combinant NLP et machine learning, la solution contribue à réduire les erreurs, optimiser les flux et accélérer la prise en charge dans des contextes où la variabilité des entrées et la saturation des lits sont fortes.

    Au plus près du terrain, FollowMe Urgences informe les patients et leurs proches en temps réel sur l’évolution de la prise en charge aux urgences (par exemple à l’hôpital Foch). Les établissements observant son déploiement rapportent une réduction de l’anxiété, moins d’interruptions de tâches pour les soignants et une meilleure gestion des attentes, avec un impact direct sur la qualité perçue et la performance du service.

    17,4% d’outils pour automatiser la documentation, les appels et les tâches administratives

    Près d’une solution sur cinq agit principalement sur la charge documentaire, la gestion des rendez‑vous ou les tâches administratives répétitives, faisant de l’IA un levier direct de qualité de vie au travail et de sécurisation des processus. Ces outils s’inscrivent dans les lignes directrices de la HAS et de la CNIL sur la transparence, la traçabilité et l’usage responsable des systèmes d’IA.

    DAX Copilot (Nuance Communications, Microsoft) incarne la montée de l’intelligence clinique ambiante. La solution transcrit et structure en temps réel les échanges médecin‑patient, s’intègre aux dossiers électroniques de santé (EHR) comme Epic, réduit la charge documentaire et améliore la précision des dossiers. Les bénéfices attendus portent sur le gain de temps, la diminution du burnout et une meilleure fiabilité des informations cliniques utilisées pour la décision.

    Qare Assistant Médical IA automatise la rédaction des comptes rendus de téléconsultation et s’intègre dans un flux déjà largement systématisé chez Qare depuis 2017. En réduisant la charge administrative des praticiens, il permet de recentrer l’attention sur la relation patient pendant la visio et sécurise la trace écrite du rendez‑vous.

    Assistant de consultation (Doctolib) optimise la gestion des plannings, la préparation des consultations et l’organisation des dossiers. Son usage dans un grand nombre de cabinets contribue à diminuer les erreurs administratives et à rapprocher les temps médicaux de la valeur clinique créée.

    Caresquad déploie des agents vocaux IA spécialisés dans le suivi des patients (secrétariat, observance, post‑opératoire), avec connexion aux logiciels médicaux et détection automatique des urgences. CareCall, assistant vocal intelligent pour la gestion des appels, automatise la prise et la modification des rendez‑vous, filtre les demandes et assure une disponibilité 24/7. Dans les établissements utilisateurs, ces solutions se traduisent par une réduction de la charge téléphonique pour les équipes, une meilleure disponibilité pour les patients et une performance accrue des plannings.

    30,4% des solutions centrées sur l’expérience patient, le ressenti et les PROMs

    Près d’un tiers des solutions mettent l’accent sur la voix du patient, la satisfaction et les PROMs, en transformant des signaux parfois difficiles à capter (verbatim, émotions, comportements d’adhérence) en indicateurs actionnables. Elles marquent un basculement vers une qualité perçue pilotée de manière systématique.

    Emobot, plateforme robotique et logicielle, combine vision par ordinateur et analyse vocale pour suivre en continu l’état émotionnel des patients via micro‑expressions faciales, prosodie et gestuelle. Déployée notamment au GHU Paris Psychiatrie & Neurosciences, la solution génère un agenda émotionnel et alerte les soignants en cas de dégradation durable, améliorant la détection précoce des troubles de l’humeur et allégeant la charge mentale des équipes.

    Music Care propose une thérapie digitale fondée sur la méthode “U” (séquences musicales algorithmiques) pour traiter douleur et anxiété, avec un marquage dispositif médical. Utilisée dans des structures comme le CHU de Montpellier, l’Institut Curie ou le groups Elsan, la solution montre une réduction cliniquement significative de la douleur et de l’anxiété, une baisse de la consommation de médicaments et une amélioration du sommeil.

    Resilience Pro offre une télésurveillance des patients atteints de cancer à partir de questionnaires symptomatiques analysés par algorithmes d’IA. Les centres utilisateurs (CHU de Bordeaux, Polyclinique de Limoges, CH de Valenciennes, etc.) constatent une détection plus précoce des complications, une prévention des aggravations et un renforcement du lien patient‑soignant.

    Sur l’adhérence thérapeutique, SPUR (Observia) génère des profils comportementaux holistiques et prédit le risque de non‑adhérence pour guider les interventions en diabète, oncologie ou hypertension.

    Enfin, Glucozor (Dowino) illustre le potentiel des serious games adaptatifs pour l’éducation thérapeutique des enfants diabétiques, en rendant l’apprentissage des gestes du quotidien et des règles d’équilibre glycémique plus accessible et motivant.

    De la voix du patient au pilotage stratégique de l’expérience

    Au‑delà des dispositifs cliniques, plusieurs solutions structurent et industrialisent l’analyse des retours d’expérience, transformant les verbatim en leviers de pilotage stratégique pour les directions qualité, les équipes soignantes et le management.

    Better Word analyse les verbatim issus des retours d’expérience dans des structures sanitaires et médico‑sociales (Hôpital Foch, CH Victor Dupouy, CH de Valenciennes,). Elle aide les équipes à identifier les axes d’amélioration, suivre la qualité de vie au travail, construire et monitorer des plans d’action ciblés.

    Verbatim.care, co‑conçue avec de nombreux établissements (CHU de Brest, HCL, APHM, CHU de Reims, établissements privés et fondations), s’appuie sur des algorithmes NLP entraînés sur plus de 100 000 verbatim d’expérience patient. La solution classe les commentaires en près de 70 thèmes et sous‑thèmes, avec quatre niveaux de ressenti, offrant un tableau de bord opérationnel pour piloter les parcours, la qualité et la gestion des risques.

    Detec’t (Kap Code) et Better Word exploitent également les données issues des réseaux sociaux, forums et dispositifs de recueil d’expérience pour compléter les enquêtes institutionnelles (type e‑Satis) par une vision plus qualitative et continue. Ces approches permettent d’identifier plus rapidement des problèmes organisationnels, des irritants récurrents ou des signaux faibles de désengagement.

    Au total, près de 70% des solutions du corpus s’appuient déjà sur des références hospitalières ou médico‑sociales, et plus de 30% relèvent d’usages à haut risque au sens de l’IA Act, ce qui souligne la nécessité d’une gouvernance renforcée. Mais la dynamique est claire : l’IA devient un composant structurant de la qualité et de la sécurité des soins, en intégrant enfin, à grande échelle, la voix et l’expérience des patients dans le pilotage des établissements.

  • La Fondation FondaMental lance « BAE », une application gratuite pour prévenir le suicide chez les 12–17 ans

    La Fondation FondaMental annonce le lancement de « BAE », une application mobile gratuite de prévention du suicide destinée aux jeunes de 12 à 17 ans. Le projet, soutenu par la Région Île-de-France dans le cadre d’une Question d’Intérêt Majeur sur la santé mentale, a été développé avec le CHU de Montpellier, le CHU Robert Debré, l’INSERM et l’association ASMA.

    Depuis la pandémie, la Fondation alerte sur la persistance des troubles psychiques chez les adolescents. Grâce au financement régional, plusieurs outils ont été conçus pour soutenir les jeunes Franciliens, dont la plateforme LENA et l’application MyMood.

    Sous l’impulsion du professeur Philippe Courtet, psychiatre au CHU de Montpellier et chercheur à la Fondation FondaMental, « BAE » a été élaborée par une équipe pluridisciplinaire réunissant psychiatres, psychologues et sociologues. Des jeunes ayant traversé des périodes de crise suicidaire ont participé à sa conception afin d’assurer la pertinence et l’accessibilité de l’outil.

    Suivi émotionnel et plan d’action personnalisé

    L’application invite chaque adolescent à évaluer quotidiennement son état émotionnel et à élaborer un plan d’action avec ses parents et son médecin. Le dispositif repose sur une triade de profils connectés, adolescent, parent, professionnel de santé, et fonctionne selon un partage contrôlé des informations pour préserver la confidentialité des échanges.

    L’utilisateur peut compléter son espace personnel en y renseignant ses signaux d’alerte, ses stratégies de régulation ou ses ressources apaisantes : films, musiques, lieux rassurants. Six modules interactifs facilitent la mise en œuvre de ce plan : contacter un proche, relaxation, souvenirs positifs, lieux de réconfort, contenus favoris. Un bouton d’alerte permet de joindre immédiatement un proche ou les services d’urgence (3114 ou SAMU).

    Un outil d’aide, non un suivi médical

    La Fondation rappelle que « BAE » ne se substitue pas à un suivi psychologique ou médical. Les données ne sont pas analysées en temps réel ; en cas de détresse, les utilisateurs doivent contacter les services d’urgence.

    Philippe Courtet souligne que l’objectif est de redonner des repères pour agir rapidement en cas de crise et de rappeler à chaque jeune qu’il n’est pas seul.

    Une initiative soutenue par la Région Île-de-France

    Pour Valérie Pécresse, présidente de la Région, ce projet illustre l’engagement de l’institution en faveur du bien-être des jeunes. La Région mène une politique active de prévention en santé mentale, tout en investissant dans les domaines du logement, de l’emploi, de l’orientation et des transports afin de renforcer l’accompagnement global des adolescents.

    Marion Leboyer, directrice générale de la Fondation FondaMental, voit dans ce lancement une étape supplémentaire vers la mise à disposition d’outils concrets pour répondre aux enjeux de santé mentale : « BAE » complète l’offre déjà portée avec la Région, en s’appuyant sur l’expertise scientifique française.

  • « Ce qu’on construit, c’est une sous-catégorie d’IA qui s’appelle un modèle de fondation » Camille Bouget, ScientaLab

    Une biotech de 20 personnes, 7 M€ levés et un soutien européen

    En quatre ans, Scienta Lab est passée de l’idée à une structure d’environ vingt collaborateurs, mêlant profils scientifiques, technologiques et métiers. « À l’heure actuelle, Scienta Lab, c’est une vingtaine de personnes en tout, on a levé 7 millions d’euros depuis la création de la société en 2021 », détaille Camille Bouget cofondatrice. La jeune pousse a également été « lauréat du concours EIC Accelerator qui est l’un des programmes phares de l’Union européenne pour soutenir financièrement les sociétés qui développent des innovations de rupture ».

    Cette reconnaissance valide le caractère deeptech de la société et contribue à financer le développement d’EVA, son outil d’intelligence artificielle appliqué aux maladies immuno-inflammatoires. L’entreprise revendique ainsi un positionnement de spécialiste très pointu, articulant IA, immunologie et recherche pharmaceutique.

    EVA : simuler in silico l’efficacité des candidats dans l’immuno-inflammation

    Le produit phare de Scienta Lab, EVA, se situe au cœur des étapes translationnelles du développement de médicament. « On a récemment annoncé le lancement de notre outil EVA qui est un outil d’intelligence artificielle qui vise vraiment à répondre à cette problématique initiale », explique la CEO.

    L’enjeu : aider les laboratoires pharmaceutiques et sociétés de biotechnologie qui « passent des dizaines d’années en essai clinique » et dépensent « des centaines de millions d’euros pour emmener ce médicament sur le marché sans savoir comment est-ce qu’il va fonctionner chez des patients ». EVA réalise « toute une série de simulations dans un ordinateur, donc in silico, sur des populations de patients représentatives de ces pathologies » afin de tester plusieurs hypothèses.

    L’objectif est « d’accélérer à la fois les phases de recherche pré-clinique, translationnelle et les essais cliniques de ces médicaments et donc in fine d’emmener des options thérapeutiques plus personnalisées plus rapidement sur le marché à des patients qui ont des besoins médicaux non satisfaits ».

    Un focus exclusif sur l’immunologie-inflammation, mais sans drug discovery

    Contrairement à de nombreuses solutions d’IA centrées sur la « drug discovery », Scienta Lab a choisi un positionnement de niche sur l’immunologie-inflammation et les phases aval du pipeline. « On ne fait que de l’immunologie inflammation. Notre modèle est spécialisé dans cette aire thérapeutique-là, il est entraîné sur des données de patients qui sont atteints de ces maladies », résume la fondatrice.

    Elle insiste sur le fait que le modèle ne vise pas à découvrir de nouveaux candidats, mais à « valider des cibles thérapeutiques et ensuite soutenir des étapes de recherche translationnelle ».

    Concrètement, il s’agit de prédire « la manière dont le candidat va être efficace chez des patients à partir de toutes les informations qu’on a lors des phases de recherche ». Cette approche s’inscrit dans un contexte où l’IA a déjà produit des preuves de concept solides en oncologie, mais où d’autres aires, comme l’immuno-inflammation, restent « très peu servies par ce type d’approche » malgré l’ampleur des besoins médicaux et de marché.

    Modèle de fondation multimodal : capturer les signaux faibles des patients

    Sur le plan technologique, Scienta Lab développe un modèle de fondation, mais appliqué à la biologie et non au langage. « Ce qu’on construit, c’est une sous-catégorie d’intelligence artificielle qui s’appelle un modèle de fondation. Dans notre cas, nous, ce n’est pas un modèle de langage, c’est un modèle qu’on entraîne sur des données de patients », explique la dirigeante.

    Ces données incluent « des données cliniques sur sa symptomatologie, des données biologiques sur des prises de sang », mais aussi des données omiques « comme de la transcriptomique, donc de la génomique ».

    Le modèle est entraîné « de manière non supervisée » pour « laisser le modèle voir une large quantité de données et créer lui-même des représentations ». Le postulat est qu’avec un tel volume, « la technologie sera plus à même que l’œil humain ou que des statistiques classiques de capturer des signaux faibles ». Ensuite, Scienta Lab applique un « fine-tuning », pour spécialiser ce modèle générique sur des tâches précises comme la prédiction d’efficacité ou l’identification de biomarqueurs.

    Biobanques et partenariats

    La performance du modèle repose sur l’accès à une donnée riche, multimodale et bien appareillée. « L’enjeu du modèle de fondation, c’est de voir la plus grande quantité de données possibles et de la donnée pairée, c’est-à-dire pour un patient donné toutes les modalités possibles », rappelle la fondatrice.

    Les données proviennent de plusieurs sources : « des données publiques qui sont publiées typiquement sur des bases de données européennes et américaines », des « partenariats académiques, des partenariats avec des biobanques ou des universités » et surtout « une biobanque propriétaire, qu’on est en train de constituer ». Cette biobanque doit permettre de collecter « spécifiquement les types d’informations dont on a besoin pour entraîner notre modèle ».

    Impact clinique et économique : doubler le succès des phases II et viser la précision thérapeutique

    Si Scienta Lab commence à documenter l’impact de son approche, la fondatrice insiste sur un bénéfice qui dépasse le seul arbitrage temps/coût.

    Elle indique que « le modèle est deux fois plus puissant que ce qui se fait actuellement sur la prédiction d’efficacité », alors que « à l’heure actuelle, on a un taux de succès des phases deux qui est de l’ordre de 20% ».

    L’entreprise estime que « avec la prédiction, on peut multiplier ça par deux ». Pour autant, « la majorité du temps la valeur ajoutée que voient les clients dans notre solution, ce n’est pas nécessairement le gain de temps ou l’argent ». Ce qui compte, c’est « le fait d’arriver plus rapidement sur le marché et avec une proposition de valeur plus précise » permettant « un succès commercial supérieur » face à des classes thérapeutiques déjà bien établies. Dans des pathologies comme la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique, où la prise en charge thérapeutique reste chronique, incomplète et parfois d’efficacité décroissante dans le temps, la CEO explique que « seulement 30 à 50% des patients répondent réellement aux traitements disponibles ».

    Dans ce contexte, la capacité à identifier très précisément les patients chez qui un traitement sera réellement efficace devient centrale pour la différenciation thérapeutique et économique, sur un marché où chaque nouveau médicament peut coûter « des centaines de millions, voire 1 milliard de dollars » à développer.

     

  • Private equity en santé : NYU Stern pointe un risque pour la qualité des soins (US)

    • Le rapport du NYU Stern établit un lien entre private equity et dégradation de la qualité des soins.
    • Plus de 1 000 milliards de dollars ont été investis en santé en dix ans, majoritairement via des montages à crédit.
    • Les établissements concernés enregistrent une baisse de 4,4 % des effectifs infirmiers et les complications hospitalières y augmentent de 25 % selon les données analysées.
    • Les structures détenues par des fonds présentent un risque de faillite dix fois supérieur à la moyenne.
    • En 2023, 34 entreprises de santé contrôlées par ces fonds ont déposé le bilan.
    • Le rapport appelle les investisseurs à plus de transparence et à limiter le recours à l’endettement.
    • Il recommande aussi aux pouvoirs publics de renforcer le contrôle des acquisitions et des montages financiers.

    Un modèle financier jugé incompatible avec les logiques de soin

    Selon un rapport* publié en mars 2026 par le NYU Stern Center for Business and Human Rights, la propriété d’établissements de santé par des fonds de private equity serait associée à des effets défavorables sur la qualité des soins et la stabilité financière du secteur. L’étude s’appuie sur des recherches scientifiques, des données de faillite et des transactions, ainsi que sur les cas de Steward Health Care et Prospect Medical Holdings.

    Au cours de la dernière décennie, les fonds d’investissement ont injecté plus de 1 000 milliards de dollars dans des opérations de rachat d’organisations de santé, souvent à crédit. Ces montages ont contribué à réduire les effectifs infirmiers de 4,4%, augmenter les complications hospitalières de 25%, et, dans les maisons de retraite, à un excès de mortalité de 11% chez les patients.

    Le rapport souligne également que les établissements détenus par des investisseurs financiers présentent un risque de faillite dix fois supérieur à la moyenne. Rien qu’en 2023, 34 entreprises de santé détenues par des fonds de private equity ont déposé le bilan.

    Des faillites aux conséquences locales sévères

    Les exemples de Steward Health et Prospect Medical illustrent ces dérives. Steward, propriété de Cerberus Capital Management entre 2010 et 2021, a fait faillite en 2024. Prospect Medical, détenu par Leonard Green & Company sur la même période, a subi le même sort un an plus tard. Dans les deux cas, la fermeture d’établissements a particulièrement touché les communautés à faibles revenus et les zones rurales.

    Pour Michael Goldhaber, auteur du rapport, le modèle du private equity n’est « pas adapté à un secteur où les enjeux sont littéralement de vie ou de mort ». Il souligne toutefois que l’objectif du rapport n’est pas d’interdire ces fonds d’investissement, mais de réformer leurs pratiques pour les rendre compatibles avec les missions sanitaires.

    Un appel à l’autorégulation des investisseurs

    Le rapport propose plusieurs mesures d’autorégulation pour les fonds d’investissement :

    • Publier de manière régulière des informations sur la situation financière, la structure de propriété, la composition du personnel, les résultats de santé et la satisfaction des patients.
    • Éviter les opérations de sale-leaseback (cession-bail) et les dividendes financés par l’endettement, ainsi que toute charge financière excessive en période de baisse des revenus.
    • Maintenir un ratio maximal dette/cash-flow afin de limiter les coupes budgétaires susceptibles d’affecter la qualité des soins ou de provoquer des fermetures de sites.
    • Ne réduire les effectifs, salaires ou services essentiels qu’en cas d’urgence avérée et avec l’accord des autorités sanitaires.

    Goldhaber souligne que cette discipline volontaire pourrait permettre aux acteurs du secteur d’éviter une régulation coercitive de la part du Congrès américain.

    Des recommandations législatives pour un meilleur contrôle

    Le rapport adresse également plusieurs propositions aux pouvoirs publics :

    • Accorder aux régulateurs des États le pouvoir de bloquer ou de conditionner les acquisitions dans le secteur de la santé.
    • Utiliser les procédures d’examen des transactions pour imposer des exigences précises aux investisseurs.
    • Décourager les montages financiers risqués en rendant inéligibles aux paiements publics les entreprises pratiquant le sale-leaseback ou les dividendes d’endettement.
    • Responsabiliser les sociétés mères impliquées dans des fraudes aux programmes publics de santé lorsque les investisseurs en avaient connaissance.
    • Obliger les fonds à divulguer leurs données financières à la SEC et interdire l’accès aux investissements de type 401(k) pour ceux qui refuseraient de se conformer.

    *NYU Stern Center for Business & Human RightsPrivate Equity and Healthcare : Balancing Profit with Wellness

  • 12 levées de fonds pour les entreprises du numérique en santé, dont 2 des 4 licornes françaises en santé.

    Les 6 plus grosses levés de fonds au T1 2026 @HTI

    MyC : digitaliser la santé au travail à grande échelle

    MyC développe une plateforme SaaS de santé au travail qui centralise et sécurise les données médicales des salariés pour les équipes médicales et RH de grands groupes industriels. La startup lève 10 M€ en Série A afin de renforcer ses briques d’intelligence artificielle, accélérer le déploiement international et industrialiser son produit auprès de clients déjà présents dans de nombreux pays. Sa solution cloud, bâtie sur des technologies de data management sécurisé et d’IA appliquée, vise à mieux piloter les risques, la conformité réglementaire multi‑pays et la coordination des soins.

    MadeForMed : une plateforme pensée par et pour les médecins

    MadeForMed opère une plateforme numérique destinée aux professionnels de santé, en particulier aux médecins généralistes, pour centraliser outils, services et informations utiles à leur pratique quotidienne. L’entreprise a levé 200 000 € directement auprès de ses utilisateurs, devenus actionnaires, afin de consolider un modèle de gouvernance indépendant, améliorer les fonctionnalités de la plateforme et financer de nouveaux développements. La solution, basée sur des technologies web et une infrastructure cloud, se positionne comme un hub digital sécurisé et ergonomique, pensé par et pour les praticiens.

    BrightHeart : L’IA au service du dépistage prénatal

    BrightHeart est une medtech spécialisée dans l’échographie prénatale augmentée par intelligence artificielle, avec une solution qui analyse en temps réel les images pour aider à détecter les malformations, notamment cardiaques, chez le fœtus. La startup lève 11 M€ en Série A pour faire de l’IA un nouveau standard de soins, accélérer les déploiements internationaux et étendre les indications cliniques de sa plateforme. Sa technologie repose sur le deep learning appliqué aux images médicales et sur des algorithmes de guidage d’examen, afin de standardiser les échographies et réduire les erreurs de détection.

    FineHeart – Un « vélo électrique » pour le cœur insuffisant

    FineHeart développe l’ICOMS FlowMaker, une mini‑pompe cardiaque intracardiaque entièrement implantable, conçue comme un « vélo électrique du cœur » pour les patients en insuffisance cardiaque sévère. L’entreprise mobilise 83 M€, combinant tour de table auprès d’investisseurs et financements publics, afin de financer l’industrialisation en France, la structuration de nouvelles installations (salles blanches, bancs d’essai) et la poursuite des essais cliniques jusqu’à la mise sur le marché. Sa solution s’appuie sur des technologies mécaniques, électroniques et de contrôle automatique avancées, intégrées dans un dispositif implantable connecté.

    Carvolix – Miser sur la robotique cardiovasculaire de précision

    Carvolix, nouveau nom d’Affluent Medical, se positionne comme une société de technologies médicales focalisée sur la cardiologie interventionnelle, la robotique médicale et les implants cardiovasculaires innovants. La société réorganise sa stratégie autour de plateformes comme un logiciel de guidage basé sur l’intelligence artificielle pour l’implantation de valves aortiques, ainsi que de micro‑robots et implants sophistiqués issus de récentes acquisitions. Cette transformation vise à concentrer les ressources financières sur le développement clinique, l’industrialisation et la mise sur le marché de dispositifs de haute précision combinant robotique, imagerie et IA.

    Alan – L’assurtech qui industrialise l’IA santé

    Alan est une assurtech française qui propose une assurance santé 100% digitale intégrant application mobile, services de prévention et outils de pilotage pour entreprises et particuliers. La licorne lève 100 M€ pour accompagner une forte croissance de ses revenus, poursuivre son expansion en Europe et investir dans des fonctionnalités d’IA pour la relation membre, la personnalisation des parcours de soins et l’optimisation des opérations. Sa plateforme repose sur une architecture cloud scalable, des outils d’automatisation et des modèles d’IA appliqués à la tarification, au support client et à la recommandation de services de santé.

    DiappyMed – Personnaliser le traitement du diabète

    DiappyMed conçoit des outils numériques pour personnaliser le traitement du diabète, en particulier une thérapie numérique qui aide au calcul individualisé des doses d’insuline pour les patients et les professionnels de santé. La startup lève 5 M€ en amorçage et s’appuie sur un partenariat stratégique avec un grand acteur pharmaceutique pour déployer massivement cette thérapie numérique. Sa solution s’appuie sur des algorithmes d’aide à la décision, l’analyse de données glycémiques et de modes de vie, ainsi que sur une application mobile et une plateforme cloud sécurisée, afin d’ajuster les doses en temps réel et de réduire les risques d’hypo‑ et hyperglycémie.

    Parallel – Des agents IA pour le codage hospitalier

    Parallel développe des agents d’intelligence artificielle qui automatisent le codage médical et d’autres tâches administratives dans les hôpitaux, directement au sein des logiciels hospitaliers existants. La startup lève 20 M$ (environ 17 M€) en Série A pour industrialiser ses agents IA, les déployer dans de nombreux établissements, optimiser les recettes PMSI et alléger la charge de travail des équipes du DIM. Sa technologie repose sur l’IA générative et des modèles spécialisés capables de lire dossiers patients et comptes rendus, de proposer des codes fiables et de s’intégrer via APIs aux systèmes d’information hospitaliers.

    DentalMonitoring – L’IA pour le suivi orthodontique à distance

    DentalMonitoring propose des solutions de suivi orthodontique à distance basées sur l’intelligence artificielle, permettant aux patients d’envoyer des scans réguliers de leur dentition et aux praticiens d’ajuster les traitements sans visites systématiques. L’entreprise lève 100 M$ pour injecter davantage d’IA dans ses soins connectés, accélérer sa croissance internationale et renforcer un panel de solutions déjà largement déployées. Ses produits combinent vision par ordinateur, analyse d’images dentaires, applications mobiles patient et portails cloud pour les orthodontistes, afin de détecter précocement les écarts de traitement et personnaliser la prise en charge.

    Lifebloom – Redonner la station debout aux utilisateurs de fauteuil roulant

    Lifebloom est une medtech nordiste qui industrialise Lifebloom One, un fauteuil exosquelette connecté Oxilio couplé à une plateforme numérique, destiné aux personnes en fauteuil roulant ayant encore une motricité partielle. Elle vient de lever 6 M€ en capital, complétés par 2 M€ d’aides France 2030, pour financer la montée en cadence industrielle, la mise en place du site d’assemblage et le déploiement clinique auprès des centres de rééducation et établissements de soins. Fruit de six ans de R&D, la solution combine robotique d’assistance au mouvement, capteurs embarqués et logiciel de « soin augmenté » qui mesure temps passé debout, nombre de pas ou distance parcourue, afin de personnaliser suivi et rééducation.

    Dermascan – L’IA au service du dépistage dermatologique

    Dermascan (montant de la levée estimé à 2,5 M€ d’après tes éléments) développe une solution de télédépistage et d’aide au diagnostic des lésions cutanées, en particulier des cancers de la peau, à partir de photos prises via smartphone ou dispositifs dédiés. Cette levée de fonds vise à enrichir ses bases d’images, renforcer ses algorithmes d’IA de vision par ordinateur, accélérer les validations cliniques et déployer la solution auprès des dermatologues, généralistes et réseaux de télédermatologie. La plateforme s’appuie sur le deep learning appliqué aux images, une infrastructure cloud sécurisée et des intégrations possibles avec les logiciels métier pour faciliter le tri des cas urgents et améliorer l’accès au spécialiste.

    Entreprise Logo Montant en M€ Thématique  Technologie Article
    MyC MyC - Your next generation Entreprise Health Platform 2,5 Santé au travail Plateforme MyC lève 10 M€ pour développer sa plateforme de santé au travail | J’❤️ les startups
    MadeFoeMed MadeForMed (@madeformed) • Facebook 1,6 Secretariat Plateforme https://www.jaimelesstartups.fr/news/madeformed-levee-de-fonds-200-000-euros/
    BrightHeart BrightHeart lève 11 M€ en Série A pour accélérer le déploiement de sa plateforme d'IA, dédiée à l'échographie prénatale 1,6 Maternité IA https://www.maddyness.com/2026/01/08/echographie-prenatale-brightheart-leve-11-millions-deuros-pour-ameliorer-la-detection-des-malformations-grace-a-lia/
    Fine Heart Fineheart, équipements médicaux d'assistance cardiaque, Pessac 15,0 Cardiologie Robotique https://www.latribune.fr/article/regions/13500144163391/insuffisance-cardiaque-le-velo-electrique-du-coeur-de-fineheart-reunit-83-millions-deuros
    Carvolix Logo de Carvolix aux formats PNG transparent et SVG vectorisé 2,5 Cardiologie Robotique et IA https://www.boursier.com/actions/actualites/news/carvolix-confirme-sa-transformation-strategique-vers-la-robotique-medicale-et-les-implants-cardiovasculaires-innovants-981292.html
    Alan Alan | Notre avis sur l'offre d'assurance santé et prévoyance 2026 22,0 Assurance Plateforme https://www.maddyness.com/2026/03/11/alan-leve-100-millions-deuros-et-devient-rentable-en-france/
    Waiv Waiv main logo 1,5 Oncologie IA https://www.linkedin.com/posts/jeromeleleu_esantaez-ia-share-7439186765367783424-VDye/?utm_source=share&utm_medium=member_desktop&rcm=ACoAAAARYjUBM8TPTSy_jqtqD0QS9KzS_YOJ8ZY
    DiappyMed DiappyMed | LinkedIn 7,0 Diabète IA https://www.medvallee.fr/actualites/diappymed-leve-5-millions-deuros-et-conclut-un-partenariat-strategique-avec-sanofi
    Parallel Parallel | LinkedIn 10,0 Pilotage IA https://www.healthandtech.fr/post_ci/parallel-convainc-par-son-impact-rapide-et-leve-20-millions-pour-industrialiser-son-ia-de-codage/
    DermaScan DermaScan | LinkedIn 5,5 Dermatologie IA https://lnkd.in/eXMetZKr
    DentalMonitoring
    DentalMonitoring - Orthodontie Chalon
    4,7 Dentisterie IA https://www.maddyness.com/2026/02/10/dentalmonitoring-obtient-100-millions-de-dollars-pour-injecter-de-lia-dans-les-soins-orthodontiques/
    Lifebloom Lifebloom - Homepage 14,0 Réducation Robotique https://www.lesechos.fr/pme-regions/innovateurs/lifebloom-finance-lindustrialisation-de-son-fauteuil-roulant-revolutionnaire-2223629

     

  • 7 fusions-acquistions et une subvention de 48 millions d’euros au premier trimestre 2026

    Lifen–Curecall : de la donnée à l’échange avec le patient

    Lifen a annoncé l’acquisition de Curecall pour étendre sa stratégie vers la relation patient et la télésurveillance. Jusqu’ici positionné principalement sur la structuration et le partage sécurisé des données de santé, Lifen complète sa proposition de valeur par des services d’interaction directe avec les patients, notamment dans les parcours de suivi à distance. L’intégration de Curecall doit permettre de couvrir le continuum allant de la collecte de données cliniques (documents, comptes rendus, résultats) à l’engagement du patient via des outils de rappel, de questionnaires et de monitoring. Cette évolution répond aux besoins des établissements de santé et des équipes soignantes, confrontés à la montée en charge des programmes de télésurveillance remboursés et à la nécessité d’outiller la relation à distance sans multiplier les plateformes hétérogènes. Pour Lifen, l’opération marque une étape vers un rôle élargi d’architecte de parcours numériques, en combinant infra‑structure de données et couches applicatives orientées vers les usages.

    Corilus–Sofia : un spécialiste européen des logiciels de santé ambulatoire

    Corilus et Sofia ont annoncé leur fusion pour créer un spécialiste européen des logiciels de santé ambulatoire. Corilus apporte ses solutions à destination des médecins généralistes, cabinets pluridisciplinaires et autres professionnels de santé de ville, tandis que Sofia contribue avec ses logiciels de gestion et de coordination des soins. Le nouvel ensemble vise à proposer une offre intégrée couvrant la gestion administrative, le dossier patient, la coordination et les échanges de données, dans une perspective multi‑pays. La stratégie mise en avant repose sur la capacité à mutualiser les développements, à répondre aux exigences d’interopérabilité et à accompagner les professionnels de santé dans la transition vers des pratiques plus numérisées. Pour les médecins et soignants utilisateurs, cette fusion pourrait se traduire par une rationalisation du portefeuille de solutions, avec une montée en puissance d’outils communs sur plusieurs marchés européens, tout en posant la question de l’accompagnement au changement et de la migration des systèmes existants.

    RadNet–Gleamer : Gleamer racheté et déployée dans 400 centres d’imagerie

    RadNet, acteur américain de l’imagerie médicale, a racheté le français Gleamer, dont les algorithmes d’intelligence artificielle assistent les radiologues dans l’analyse d’examens, notamment en radiologie générale et d’urgence. L’objectif est de déployer les solutions de Gleamer au sein des quelque 400 centres d’imagerie de RadNet, en les intégrant directement aux systèmes d’information et aux workflows de lecture. Ce rachat illustre la montée en puissance de l’IA comme brique métier au cœur de l’organisation des plateaux techniques d’imagerie, avec une logique de standardisation et d’évaluation à grande échelle des gains de productivité et de qualité. Pour Gleamer, l’opération ouvre l’accès à un réseau étendu de sites cliniques, susceptible de générer des volumes importants de données et de retours d’usage, utiles pour l’amélioration continue des modèles. Du point de vue des radiologues, la convergence entre un opérateur d’imagerie intégré et une solution d’IA européenne pose aussi la question de l’articulation entre aides algorithmiques, responsabilité médicale et organisation du travail au quotidien.

    Extens, Orthalis et Dentalsoft : consolidation des logiciels dentaires

    Le fonds Extens a organisé l’union d’Orthalis et Dentalsoft, deux éditeurs de logiciels dédiés aux cabinets dentaires, dans le cadre d’une opération destinée à créer un acteur de référence sur ce segment. En réunissant ces deux plateformes, Extens cherche à atteindre une taille critique suffisante pour accélérer l’industrialisation des offres, mutualiser les investissements techniques et harmoniser les feuilles de route produits. L’objectif affiché est de proposer une suite logicielle plus complète aux cabinets dentaires, couvrant la gestion administrative, la planification, le dossier patient et l’intégration avec les dispositifs d’imagerie et de facturation. Cette consolidation intervient dans un contexte de pression accrue sur les éditeurs pour répondre aux exigences réglementaires, d’interopérabilité et de cybersécurité, tout en accompagnant la transformation numérique des cabinets. Pour les praticiens, la recomposition capitalistique pourrait se traduire par une offre plus structurée, mais aussi par une standardisation des usages et des interfaces, avec des cycles de mises à jour plus fréquents.

    Quantum Surgical et Neuwave Medical : étendre la robotique aux thérapies mini‑invasives

    Quantum Surgical a annoncé l’acquisition de l’américain Neuwave Medical, spécialiste des dispositifs de thermo‑ablation utilisés pour le traitement mini‑invasif de tumeurs. Cette opération vise à combiner la plateforme robotisée de Quantum Surgical avec l’expertise de Neuwave en ablation percutanée guidée par l’imagerie, afin de proposer une offre intégrée en oncologie interventionnelle. En ajoutant des dispositifs de thermo‑ablation à son portefeuille, Quantum renforce sa capacité à couvrir différentes indications tumorales, dans une logique de prise en charge guidée par image, moins invasive que la chirurgie conventionnelle. Le rachat s’inscrit également dans une stratégie de développement international, en particulier sur le marché nord‑américain où Neuwave dispose déjà d’une présence et de relations avec des centres hospitaliers utilisateurs. Pour les établissements, cette consolidation pourrait simplifier l’adoption de solutions combinant robotique, planification et traitement, dans un contexte où les volumes de procédures d’oncologie interventionnelle sont en croissance.

    Carvolix (Affluent Medical) : IA, mini‑robots et cardiologie interventionnelle

    Affluent Medical a annoncé la signature d’accords engageants pour acquérir Caranx Medical et Artedrone, deux sociétés spécialisées dans les thérapies cardiovasculaires, pour un montant total de 28 millions d’euros (16,6 millions pour Caranx, 11,4 millions pour Artedrone), payés intégralement en actions nouvelles, sans décaissement de trésorerie. Les trois entités seront regroupées sous la marque Carvolix, avec un positionnement centré sur la cardiologie interventionnelle guidée par intelligence artificielle et mini‑robots autonomes. L’objectif est de démocratiser des procédures aujourd’hui réservées à des opérateurs très spécialisés, notamment le remplacement des valves cardiaques et la prise en charge en urgence des AVC ischémiques, sur un marché adressable estimé à 23 milliards d’euros. Carvolix prévoit un premier lancement commercial début 2026 avec Tavipilot, logiciel de guidage per‑opératoire par IA pour les procédures TAVI, autorisé par la FDA et déjà utilisé dans l’étude clinique ROTAO en Australie. Une première tranche de 10 millions d’euros, apportée par Truffle Capital et Edwards Lifesciences, doit étendre l’horizon de trésorerie jusqu’à fin mai 2026 et financer Tavipilot, la valve mitrale biomimétique Epygon et le futur partenariat autour du sphincter urinaire artificiel Artus.

    Equasens–Erevo : formation digitale et services aux soignants

    Equasens a annoncé début janvier 2026 l’acquisition de 80% du capital d’Erevo, pure player marseillais du e‑learning en santé, financée par emprunt bancaire, avec une option pour monter à 100% du capital. Erevo propose plus de 80 formations en ligne destinées aux infirmiers, médecins, pharmaciens et professions paramédicales, sous forme de dispositifs de formation continue certifiants adaptés aux contraintes de temps des soignants. Avec cette opération, Equasens affiche sa volonté de structurer un pôle de formation digitale complémentaire à ses logiciels métiers, en articulant contenus pédagogiques et outils de pratique quotidienne. Le groupe mise sur la convergence entre solutions numériques et montée en compétences, dans un contexte de renforcement des obligations de formation continue et de généralisation des usages digitaux. Erevo vise près de 7,4 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025, ce qui conforte le choix d’Equasens de s’appuyer sur un acteur déjà installé pour élargir sa chaîne de valeur au‑delà du logiciel, tout en conservant une intégration progressive grâce à la montée au capital échelonnée.

    FineHeart : des capitaux privés complétés par 48 M€ de subventions européennes

    Les 83 millions d’euros mobilisés par FineHeart combinent une levée de capitaux privés et un important soutien public non dilutif, avec 48 millions d’euros de subventions dans le cadre du PIIEC Tech4Cure. Ce programme européen positionne FineHeart comme chef de file sur la chaîne de valeur des dispositifs médicaux implantables connectés, en lien avec son dispositif ICOMS Flowmaker pour l’insuffisance cardiaque sévère. Les subventions doivent financer des briques critiques qui dépassent le seul produit : industrialisation, sécurisation des chaînes d’approvisionnement, dimension numérique et connectée des implants, ainsi que la montée en puissance d’un écosystème européen de partenaires. En complétant les apports en capital, ce financement public permet de limiter la dilution tout en soutenant des investissements lourds, difficiles à porter uniquement sur fonds privés à ce stade de développement. Pour les cliniciens et les établissements, cette combinaison de capitaux privés et de subventions vise à sécuriser la trajectoire de mise à disposition d’un dispositif implantable connecté, dans un cadre européen structuré autour de la souveraineté industrielle et de la prise en charge d’une pathologie chronique à fort impact.

  • Blackstone Life Sciences lève 6,3 Mds$ pour financer les phases avancées de développement

    40% de plus qu’en 2020

    Blackstone a annoncé le 30 mars la clôture de son sixième fonds dédié aux sciences de la vie, Blackstone Life Sciences VI (BXLS VI), pour un montant total de 6,3 milliards de dollars, soit 40% de plus que le fonds précédent clôturé en 2020 à 4,6 milliards. Le gestionnaire précise qu’il s’agit du plus important fonds privé jamais consacré à ce secteur.
    Créée en 2018, la plateforme Blackstone Life Sciences gère désormais 15 milliards de dollars d’actifs. Le fonds, sursouscrit, a atteint son hard cap grâce à des souscriptions d’investisseurs institutionnels mondiaux.

    Une stratégie centrée sur les phases tardives

    BXLS VI poursuivra la stratégie historique de la plateforme : financer le développement clinique avancé et la commercialisation de médicaments et dispositifs médicaux, principalement en phase 3 ou pré‑commercialisation. Ces stades, particulièrement coûteux, représentent un maillon stratégique pour la mise sur le marché de nouvelles thérapies.
    Blackstone revendique un taux d’approbation réglementaire de 86% pour les projets financés via sa plateforme, supérieur à la moyenne du secteur, un indicateur clé de performance pour les investisseurs.

    Des partenariats avec l’industrie pharmaceutique

    Le portefeuille de Blackstone Life Sciences comprend déjà plusieurs produits commercialisés à large diffusion tels que LEQVIO (hypolipémiant), AMVUTTRA (amylose héréditaire), IMBRUVICA (oncologie) ou MiniMed Flex (pompe à insuline).
    Avec ce nouveau fonds, la société entend renforcer son positionnement de partenaire des laboratoires et biotechs, en cofinançant les projets à haut potentiel et en partageant les risques de développement.

    Un signal pour la concentration du capital

    La taille du BXLS VI illustre la concentration croissante du capital sur quelques plateformes mondiales de private equity spécialisées dans la santé. Alors que les coûts cliniques continuent d’augmenter et que les contraintes budgétaires publiques se resserrent, ces acteurs disposent d’une marge de manœuvre élargie pour intervenir là où les besoins financiers sont les plus forts.
    Cette dynamique renforce la compétition pour l’accès aux meilleurs actifs, mais crée aussi des opportunités de co‑investissement pour les fonds européens et français ou de sorties industrielles pour leurs portefeuilles.

    Un modèle d’externalisation du risque

    Blackstone a déjà démontré sa capacité à reprendre ou cofinancer des programmes cliniques issus de grands laboratoires, en échange de droits économiques sur les revenus futurs ou via des montages de partage de risques. Ce modèle d’externalisation du risque de R&D attire l’attention d’acteurs européens à la recherche de solutions pour soutenir la bioproduction et les biotechs à forte intensité capitalistique.
    Reste à observer comment cette nouvelle enveloppe de 6,3 milliards de dollars sera déployée, notamment sur les thérapies à ARN interférents, géniques ou implantables, et quels acteurs européens pourraient en bénéficier.