alexandre

  • Financement européen pour SMARTDIABETES et procédure de sauvegarde pour Diabeloop

    • Diabeloop a levé 25 millions d’euros en 2024-2025 pour accélérer sa croissance, tout en engageant une procédure de sauvegarde pour rééchelonner sa dette.​
    • EIT Health a accordé une subvention de 1,15 million d’euros au consortium SMARTDIABETES pour déployer une solution de gestion intégrée du diabète dans plusieurs pays européens.​

    Diabeloop : relance sous contrainte

    L’entreprise grenobloise Diabeloop se trouve dans une phase de transition financière et opérationnelle depuis le changement de direction en mars 2024. Après une perte de son principal partenaire stratégique en 2022-2023, la société a mis en œuvre un plan de retournement qui s’est concrétisé par une levée de fonds de 25 millions d’euros répartie en plusieurs tours, dont un de 15 millions annoncés au printemps 2024. Malgré une progression du chiffre d’affaires de +60% sur un an et l’obtention de la certification CE MDR en août 2025,  Diabeloop reste confrontée à un niveau d’endettement élevé accumulé principalement avant 2024. La direction a ainsi sollicité la procédure de sauvegarde auprès du tribunal de commerce de Grenoble en octobre 2025 pour renégocier l’échéancier de la dette et préserver la dynamique de croissance, avec l’objectif affiché de réaliser 40 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici 2030.​

    SMARTDIABETES : financement européen pour la transformation des soins

    EIT Health, dans le cadre de son appel à projets Flagships 2025, a alloué 1,15 million d’euros au projet SMARTDIABETES pour déployer une approche de gestion intégrée du diabète adossée à la plateforme numérique SocialDiabetes. Cette subvention permettra de tester, sur quatre systèmes de santé européens, un modèle fondé sur la valeur (value-based healthcare) visant à améliorer les résultats cliniques tout en maîtrisant les coûts. Le consortium regroupe plusieurs partenaires industriels, experts en santé et représentants de patients, sous la coordination de SocialDiabetes et d’Air Liquide Healthcare.​

     

  • Santé 2.0 : l’Inde bâtit le plus vaste écosystème médical connecté au monde

    L’Inde connaît actuellement une transformation majeure de son système de santé, portée par un investissement public de 10,5 milliards d’euros destiné à développer la numérisation, l’intelligence artificielle et la télémédecine. Ce processus s’inscrit dans une stratégie nationale visant à améliorer la performance, l’accessibilité et la continuité des soins. Avec plus de 70 000 établissements, 1,38 million de médecins et un objectif de dépenses de santé représentant 2,5 % du PIB d’ici 2025, le pays se dote des moyens nécessaires pour moderniser ses infrastructures. L’Ayushman Bharat Digital Mission joue un rôle central dans cette évolution, favorisant l’interopérabilité des données et la création d’un écosystème connecté rassemblant patients, professionnels et institutions. La plateforme eSanjeevani illustre cet essor avec plus de 330 millions de téléconsultations réalisées et un milliard de citoyens enregistrés. Parallèlement, l’Inde renforce son cadre réglementaire pour encadrer la gestion des données médicales, garantir la cybersécurité et assurer la conformité technique des solutions de santé numérique. Cette combinaison d’innovation technologique, d’encadrement légal et d’ouverture économique positionne le pays comme un acteur incontournable du paysage mondial de la santé digitale. Retrouvé l’analyse d’Health&Tech Intelligence sur la santé numérique en Inde dans cette étude.

    📌L’Inde accélère sa révolution santé : 10,5 Mds € investis dans le numérique, l’IA et la télémédecine

    En 2023, les dépenses de santé en Inde atteignent 2,1 % du PIB, avec un objectif de 2,5 % d’ici 2025. Le pays compte 70 000 hôpitaux, dont 63 % privés, et plus de 1,38 million de médecins. Soutenue par un budget public de 10,5 Mds €, la transformation numérique s’intensifie : 372 millions de téléconsultations sur eSanjeevani et un marché de la santé estimé à 360,8 Mds €. L’économie numérique médicale, tirée par l’IA, les objets connectés et la biotechnologie, positionne l’Inde comme un acteur clé mondial de la santé digitale.

    👉 Plus de détails sur «État des lieux de la santé en Inde : 10,5 Mds€ pour l’IA, les DME et l’infrastructure numérique – Health & tech».

    📌Santé numérique en Inde : un marché porteur, encadré par un cadre légal avancé

    Le numérique en santé en Inde s’appuie sur l’Ayushman Bharat Digital Mission (ABDM) et un écosystème réglementaire renforcé depuis le Digital Personal Data Protection Act adopté en 2023. L’entrée sur le marché implique conformité à la Health Data Management Policy, respect du consentement patient et enregistrement des logiciels auprès de la Central Drugs Standard Control Organisation. Les Telemedicine Practice Guidelines encadrent les pratiques, tandis que la sandbox de la NHA teste la conformité technique. Ouverte à 100 % aux IDE, l’Inde combine forte attractivité et exigences réglementaires précises pour les acteurs étrangers du numérique en santé.

    👉 Plus de détails sur «Inde : un marché du numérique en santé prometteur, mais sous haute conformité – Health & tech».

    📌Santé numérique en Inde : 330 millions de téléconsultations et un milliard de citoyens connectés à l’écosystème ABDM

    En cinq ans, l’Inde a bâti un écosystème national de santé numérique interopérable reliant plus d’un milliard de citoyens. Portée par l’Ayushman Bharat Digital Mission, la plateforme eSanjeevani totalise 330 millions de téléconsultations, via 175 000 centres et 500 000 professionnels enregistrés. Le pays compte déjà  47 millions de dossiers de santé liés. L’intelligence artificielle, déployée pour la tuberculose, la rétinopathie et la décision clinique, transforme la médecine en un système prédictif et inclusif, soutenu par des politiques robustes de cybersécurité et de protection des données.

    👉 Plus de détails sur «330 millions de téléconsultations, 175 000 centres connectés : l’Inde change d’échelle dans la santé numérique – Health & tech».

    📌Un milliard de dossiers connectés : l’Inde devient le plus grand laboratoire mondial de santé numérique

    L’Inde opère une transformation sanitaire à l’échelle de 1,4 milliard d’habitants, avec 770 millions de comptes ABHA et 530 millions de dossiers numériques intégrés à l’Ayushman Bharat Digital Mission. Soutenu par l’État, l’écosystème regroupe 600 000 professionnels, 392 000 établissements et plus de 1 100 investisseurs HealthTech, dont Practo, PharmEasy et Tata 1mg parmi les leaders. Les hôpitaux privés, menés par Apollo et Manipal, misent sur l’IA et les DME, tandis que eSanjeevani a dépassé 25 millions de téléconsultations. Avec l’appui des géants mondiaux et une gouvernance numérique ambitieuse, l’Inde s’affirme comme un pivot incontournable de l’innovation médicale internationale.

    👉 Plus de détails sur «L’Inde, laboratoire de la santé numérique : un milliard de dossiers connectés pour 1,4 milliard d’habitants – Health & tech».

     

    @Visuel de synthèse santé numérique en Inde @HTI

  • Note aux abonnés : Webinaire levée de fonds T3 2025 mercredi 12 novembre de 12h à 12h30

    Des entreprises françaises du numérique en santé qui lèvent presque trois fois moins au troisième trimestre 2025 qu’au T3 2024, Median Technologies qui est la seule société healthtech a avoir levé plus de 20 millions d’euros ce trimestre, et l’intelligence artificielle qui reste – comme depuis le début de l’année – le secteur le plus prisé par les investisseurs, avec près de deux tiers des fonds levés ces trois derniers mois… toutes les tendances du marché seront analysées et comparées aux années précédentes, pour comprendre sa dynamique et les objectifs actuels des investisseurs.

    👉 Vous pouvez vous inscrire à ce webinaire dès maintenant en cliquant sur ce lien : ACCUEIL – H&TI – Bilan des levées de fonds des entreprises du numérique en santé T3 2025

    👉 Vous pouvez consulter notre étude sur les levées de fonds des entreprises françaises du numérique en santé du T3 2025 ici : https://lnkd.in/eAEPjJxE

  • Qualité des soins : la HAS, les ARS et la transformation numérique hospitalière

    La qualité des soins hospitaliers constitue un enjeu central pour les systèmes de santé, c’est à la fois un impératif réglementaire, éthique, médical, organisationnel et économique. Il est donc nécessaire de connaitre les différents acteurs de la qualité des soins et les interactions entre eux. 

    Enjeux de la qualité des soins hospitaliers

    L’amélioration continue de la qualité et de la sécurité des soins demeure la pierre angulaire des politiques de santé publique en France. Les déterminants de cette qualité sont multiples et couvrent l’organisation des soins, le management, la compétence des professionnels, l’expérience patient, la disponibilité des ressources et la capacité à s’inscrire dans des démarches d’innovation et de transformation numérique.

    Dans ce contexte, la structuration et l’interconnexion entre les différents acteurs – qu’ils soient institutionnels, hospitaliers, associatifs ou issus de la sphère privée – deviennent essentielles à la gouvernance de la qualité. L’émergence rapide des solutions de santé numérique amplifie ce phénomène, exigeant une cohérence entre dispositifs règlementaires, initiatives locales et progrès techniques

    Synthèse des tendances, opportunités stratégiques et points de vigilance

    Tendances structurantes

    Le déploiement accéléré des outils numériques accompagne la transformation digitale du secteur hospitalier. Ces dispositifs constituent désormais des leviers essentiels pour la mesure, l’analyse et l’optimisation de la qualité des soins, à condition de respecter les référentiels nationaux établis.

    Dans le même temps, le renforcement des dynamiques d’accompagnement régional, illustré par la montée en puissance des Structures Régionales d’Appui (SRA), témoigne d’une volonté de rapprocher la mise en œuvre des politiques qualité des réalités propres à chaque territoire et de leurs besoins spécifiques.

    Enfin, la valorisation des démarches intégrées et des parcours de soins s’impose comme un axe stratégique majeur. Les réseaux de santé et dispositifs de coordination favorisent une approche décloisonnée et holistique de la qualité, indispensable pour assurer la continuité de l’information et répondre à la diversité des situations de prise en charge.

    Opportunités stratégiques

    Il est essentiel de renforcer la formation et l’adhésion des professionnels à la culture de l’amélioration continue, en s’appuyant sur des outils numériques adaptés et des démarches participatives. Enfin, l’exploitation des données et de l’intelligence artificielle doit être envisagée comme un levier d’innovation, respectueux du cadre éthique et réglementaire, permettant d’anticiper les risques et de mesurer de manière objective les effets des politiques qualité sur les résultats cliniques et organisationnels.

    Points de vigilance

    Le risque de fragmentation institutionnelle demeure un enjeu majeur, la multiplicité des dispositifs et des acteurs rendant indispensable une coordination renforcée afin d’éviter les redondances ou les incohérences dans la mise en œuvre des démarches qualité. L’efficacité de ces actions repose également sur une adéquation réelle des ressources matérielles, humaines et organisationnelles, tout en veillant à préserver l’attractivité des métiers et la disponibilité des compétences essentielles. Enfin, la digitalisation du système de santé doit impérativement s’accompagner de garanties solides en matière de sécurité des systèmes d’information et de protection de la confidentialité des données des patients.

    Perspectives

    L’amélioration continue de la qualité des soins hospitaliers repose sur une interaction étroite entre les instances nationales, les réseaux régionaux, les directions hospitalières, les professionnels de santé et les acteurs industriels du numérique. La solidité de ce système dépend de la capacité collective à articuler ces différents niveaux autour de référentiels communs, d’une gouvernance digitale efficace et d’une évaluation continue fondée sur l’exploitation de la donnée.

    Les dirigeants hospitaliers doivent investir dans l’interopérabilité, la montée en compétences numériques des équipes, la sécurisation des processus et l’innovation partenariale. Une approche systémique, cohérente avec les priorités institutionnelles tout en restant ouverte à la transformation digitale, constitue un levier essentiel pour renforcer la confiance, améliorer la performance hospitalière et répondre efficacement aux attentes des usagers comme des autorités de tutelle.

     

    Cartographie des acteurs de la qualité des soins @HTI
  • Du signalement à la prévention : comment la donnée réinvente la sécurité des soins

    📌Accroissement des événements graves : la HAS intensifie la lutte contre les risques liés au personnel et au numérique

    En 2024, la Haute Autorité de Santé a enregistré 4 630 événements indésirables graves associés aux soins, en augmentation de 13 % par rapport à l’année précédente. Les failles liées au personnel non permanent ont généré 512 incidents, tandis que les vulnérabilités numériques constituent une priorité croissante. Malgré une évolution vers une meilleure culture de signalement, la sous-déclaration persiste, limitant la portée épidémiologique des données. Si trois Français sur quatre font confiance au système de santé, seuls 32 % jugent la qualité identique quels que soient le revenu ou le territoire.

    👉 Plus de détails sur «Qualité des soins : la HAS consolide son plan d’action autour des EIGS – Health & tech».

    📌L’intelligence artificielle élève le niveau de sécurité des soins : 90 % de sensibilité dans la détection des événements indésirables et erreurs médicamenteuses

    Selon 24 études internationales, les algorithmes d’IA affichent une sensibilité moyenne de 90 %, et même jusqu’à 99,6 % pour la détection en temps réel des erreurs médicamenteuses, marquant une avancée majeure en oncologie et pharmacovigilance. La télésurveillance assistée par IA augmente l’adhésion des patients (83,3 %) et améliore la survie à 24 mois (71,1 %) dans le cancer thoracique avancé. Les performances des modèles IA surpassent souvent les méthodes traditionnelles, mais leur intégration clinique nécessite validation multicentrique, contrôle éthique et supervision humaine pour encadrer les risques de biais et d’automatisation. La structuration des données et une réglementation adaptée sont essentielles pour pérenniser ces innovations en routine et garantir une sécurité renforcée des soins.

    👉 Plus de détails sur «L’IA comme levier dans la détection et la gestion des événements indésirables et erreurs médicamenteuses (revue de la littérature) – Health & tech».

    📌L’intelligence artificielle placée sous contrôle : nouveaux critères HAS pour des soins plus sûrs et transparents

    La Haute Autorité de Santé inscrit pour la première fois deux critères dédiés à l’encadrement de l’intelligence artificielle dans son référentiel de certification 2025, imposant aux établissements de santé de piloter, évaluer et former autour des outils numériques innovants. Le critère 3.4-05 impose une gouvernance rigoureuse des dispositifs médicaux intégrant l’IA, incluant inventaire actualisé, analyse des risques, contrôle qualité continu et obligation de transparence envers les patients. Le critère 3.4-06 encadre aussi les usages sans finalité médicale, exigeant évaluation d’impact, supervision des résultats et formation des utilisateurs. Ce nouveau cadre place la maîtrise du risque numérique et la traçabilité des décisions au cœur de la qualité des soins, tout en posant les bases d’une culture de vigilance et de confiance autour de l’innovation technologique en santé.

    👉 Plus de détails sur «Qualité des soins : l’IA devient un axe structurant dans le dernier référentiel de la HAS – Health & tech».

    📌🗺️Transformation numérique hospitalière : la qualité des soins pilotée par une gouvernance multi-acteurs

    La qualité des soins hospitaliers dépend aujourd’hui d’une gouvernance intégrée associant la Haute Autorité de Santé, les Agences Régionales de Santé, les directions hospitalières et les industriels du numérique, chacun assurant des missions complémentaires. L’essor des outils numériques et de l’intelligence artificielle renforce l’efficacité organisationnelle, permet une mesure objective des résultats cliniques et optimise les parcours de soins à l’échelle des territoires. Les Structures Régionales d’Appui jouent un rôle clé pour adapter et superviser la mise en œuvre locale des politiques qualité, tandis que l’exploitation des données s’impose comme levier stratégique d’innovation. Une coordination renforcée, la formation des professionnels et la sécurisation des systèmes sont indispensables pour garantir performance, confiance et protection de la confidentialité des soins.

    👉 Plus de détails sur «Qualité des soins : la HAS, les ARS et la transformation numérique hospitalière – Health & tech».

    📌🗺️L’intelligence artificielle : nouvel atout pour la performance et la sécurité hospitalières

    L’intelligence artificielle transforme désormais la qualité et la sécurité des soins en France, avec près d’un patient hospitalisé sur dix victime d’un événement indésirable. Les solutions d’IA déployées dans les établissements, du pilotage qualité à la surveillance hygiénique, permettent de prédire les incidents, d’accélérer la traçabilité et d’optimiser la conformité réglementaire. Des plateformes comme Qualineo, MoveWORK et DeepCath automatisent la gestion des risques et la détection précoce des infections nosocomiales, tandis que les outils d’IA documentaire facilitent l’accès aux procédures internes et l’amélioration continue. Enfin, l’intelligence artificielle soutient aussi la qualité de vie au travail en simplifiant la gestion administrative et la prévention des risques liés aux ressources humaines.

    👉 Plus de détails sur «L’intelligence artificielle, nouvel instrument de la qualité et de la sécurité des soins – Health & tech».

    📌🗺️23 solutions d’intelligence artificielle : vers une sécurité et une qualité des soins optimisées en France

    Près de 70 % des 23 solutions d’IA dédiées à la qualité et à la sécurité des soins sont déjà opérationnelles en France, dont un tiers dans le secteur privé et près de la moitié développées localement. La sécurisation du circuit du médicament représente le premier domaine d’adoption, avec 37 % des innovations comme DrugCam ou Drugoptimal, capables de réduire jusqu’à 26 % des complications et d’optimiser la traçabilité. La prévention des infections par des plateformes comme Nosokos et ZINC apporte 50 % de gain de temps, 30 % de baisse des IAS et 40 % de productivité supplémentaire dans les équipes de prévention. Ces solutions accélèrent aussi l’accès aux procédures qualité, automatisent la conformité documentaire et permettent un pilotage organisationnel prédictif, traduisant une accélération de la transformation numérique hospitalière.

    👉 Plus de détails sur «23 solutions d’IA qui changent la qualité et la sécurité des soins – Health & tech».

    Visuel de synthèse IA et qualité des soins @HTI
  • « Ce qu’on veut vraiment faire, c’est de la prévention pour tous, aller vers, avoir une politique inclusive et avoir un impact » Pauline d’Orgeval, co-fondatrice & présidente de deuxiemeavis.fr

    Aujourd’hui, la thématique de la prévention en santé prend de plus en plus d’ampleur. Les données sont parlantes : 25 millions de Français, soit environ 37% de la population, vivent avec une maladie chronique, et ils pourraient représenter près de la moitié des Français d’ici 2035 (43%). Or, une partie importante de ces pathologies pourrait être évitée ou leur évolution freinée grâce à des actions de prévention adaptées. Des solutions se développent, mais elles sont parfois chères et s’adressent principalement à des cadres dirigeants, qui ne sont pas forcément la population qui en a le plus besoin. C’est dans ce contexte que que Carians a lancé le 16 octobre 2025 son bilan santé digital préventif personnalisé “Prévention par deuxiemeavis” Health&Tech Intelligence s’est entretenu avec Pauline d’Orgeval , présidente et cofondatrice de deuxiemeavis.fr pour en savoir plus. 

    Trois piliers pour une prévention personnalisée et accessible 

    L’offre Prévention par deuxiemeavis.fr repose sur trois volets : un bilan de santé digital individuel, un site dédié et un accompagnement dans le temps. Le bilan digital propose une auto-évaluation des risques grâce à des algorithmes s’appuyant sur l’intelligence artificielle. Réalisable en dix minutes en moyenne, ce questionnaire aborde aussi bien les données démographiques que les antécédents familiaux et le suivi médical. La restitution, générée par l’IA et téléchargeable en PDF, individualise les recommandations pour chaque famille de pathologies, incitant ainsi le patient à agir en lien avec les dispositifs de prévention existants et les professionnels de santé. Selon les responsables de la plateforme, « le but : informer, sensibiliser et inciter à passer à l’action de manière rapide et intuitive ». 

    Le numérique, levier d’équité et de réactivité en santé publique 

    En intégrant ce bilan dans un site de prévention personnalisé, régulièrement enrichi de contenus validés par des médecins experts, la solution ambitionne de favoriser le passage de la prise de conscience à l’action concrète. Des webinaires réguliers et la possibilité d’un accompagnement téléphonique par une infirmière viennent renforcer l’engagement sur le long terme. Pour aller plus loin, l’offre prévoit aussi des check-ups sur site et des dépistages thématiques adaptés.

    500 médecins experts mobilisés pour la prévention digitale 

    La solution “Prévention par deuxiemeavis” s’appuie sur un réseau de plus de 500 médecins experts, garantissant la validité scientifique des contenus et des conseils délivrés aux patients. Cette approche pluriprofessionnelle permet d’adresser l’ensemble des aires thérapeutiques de façon personnalisée. Comme le souligne Pauline d’Orgeval : « Deuxiemeavis.fr a référencé plus de 500 médecins tous référents dans leur domaine. “Prévention par deuxiemeavis” a donc bénéficié de toutes les cautions médicales nécessaires. » Ce point est essentiel pour légitimer une plateforme de prévention numérique destinée à accompagner la diversité des publics et des pathologies, et constitue un facteur de confiance tant pour les utilisateurs que pour les partenaires assureurs.  

    100 partenariats institutionnels pour éviter une médecine à deux vitesses 

    Pour rappel le modèle économique de deuxiemeavis.fr repose sur une centaine de partenariats noués avec le monde assurantiel santé tels que Malakoff Humanis, MGEN, Harmonie Mutuelle, Gan, Générali ou encore Ociane Matmut. Ces collaborations structurent la prise en charge des services de prévention pour les assurés, favorisant une accessibilité universelle. Ainsi, « ce sont près de 100 partenariats pour deuxiemeavis.fr », précise la responsable. L’ancrage institutionnel est primordial pour la pérennité des innovations en santé numérique et leur déploiement à grande échelle, tout en limitant l’apparition d’une médecine à plusieurs vitesses. La société envisage de s’appuyer sur le même modèle pour ce nouveau service Prévention par deuxiemeavis.fr.

    Prévention personnalisée : moins de 10 minutes pour un bilan complet 

    L’outil de bilan de santé digital vise la rapidité : il nécessite en moyenne moins de 10 minutes pour être complété, ce qui facilite son adoption y compris par les publics éloignés du système de soins. « C’est en moyenne moins de 10 min, mais très complet, et qui est cautionné du coup par des médecins de toutes les spécialités », explique l’interviewée. Cette efficacité opérationnelle, couplée à la restitution de conseils personnalisés, positionne la solution comme un levier d’engagement dans la prévention, tout en respectant les contraintes de temps des usagers actuels. En effet un temps trop long pourrait décourager certains publics. 

    L’hypertension, un enjeu public majeur : des millions de Français concernés 

    La plateforme souhaite inciter au dépistage, particulièrement pour des maladies silencieuses mais à fort impact sanitaire et économique comme l’hypertension. « L’hypertension touche des millions de Français qui l’ignorent encore ». Les outils numériques jouent ici un rôle important de rappel, de pédagogie et de démystification des troubles chroniques stigmatisés, à l’image de l’accompagnement réalisé pour éviter les effets négatifs de l’étiquette médicale.  

    Une solution pensée pour l’inclusion et contre la stigmatisation 

    « Nous avons travaillé aussi avec un psychologue en santé pour ne pas être stigmatisant ni culpabilisant et pour que ce soit incitatif », détaille l’interviewée. L’accessibilité est renforcée par l’absence d’obligation de création de compte utilisateur, permettant à chacun de compléter le questionnaire aisément, ce qui favorise l’inclusion des populations traditionnellement éloignées du système digital.  

    Un service majoritairement B2B2C : l’accès via mutuelles et grandes entreprises 

    Le déploiement des bilans de prévention digitale suit un modèle B2B2C, où ce sont principalement les mutuelles qui proposent le service à leurs adhérents particuliers ou entreprises. Ce mode de diffusion permet une large couverture sans dépendre du marché direct auprès des particuliers, tout en adaptant les modules d’accompagnement, par exemple via des bilans santé complets en entreprise.  

    Digital mais non exclusif : complémentarité de l’offre santé 

    Si le bilan numérique est un outil puissant, il ne vise pas à se substituer à l’avis du médecin généraliste mais à lui apporter une valeur ajoutée synthétique et un gain de temps. « Finalement, c’est une restitution de synthèse sur son patient qui va lui faire gagner du temps », développe la fondatrice de deuxiemeavis.fr. Cette complémentarité optimise l’orientation du patient dans son parcours, et peut accélérer si nécessaire la prise de rendez-vous avec un spécialiste. La solution favorise ainsi l’intégration du digital au service du soin, et non en substitution.  

    Un déploiement algorithmique renforcé par l’IA à terme 

    La dimension technologique du service repose aujourd’hui sur des algorithmes issus des questionnaires, et devrait progressivement s’enrichir de briques d’intelligence artificielle. « Pour l’instant, c’est plus algorithmique que de l’IA à proprement parler […]. On va enrichir progressivement avec de l’IA ». Ce positionnement permet d’anticiper les évolutions du secteur et d’outiller la plateforme à hauteur des innovations attendues par les utilisateurs exigeants.  

    Objectif prévention universelle : aller vers les publics les plus éloignés 

    L’un des enjeux majeurs reste l’accès à la prévention pour les populations socialement ou structurellement éloignées du système de santé. « Ce qu’on veut vraiment faire, c’est de la prévention pour tous, aller vers, avoir une politique inclusive et avoir un impact », affirme Pauline d’Orgeval. « Ceux qui ont le plus besoin de prévention ne sont pas forcément ceux qui la réclament le plus », conclut-elle, rappelant ainsi la vocation sociale de deuxiemeavis.fr 

     

  • 92,9 millions levés au T3, 2ème plus bas niveau en 5 ans

    92,9 millions d’euros levés par 14 entreprises au troisième trimestre 2025

    Cela fait du troisième trimestre un des plus faibles depuis 5 ans, autant en termes de montants levés que d’opérations. On remarque également le montant moyen levé pour l’année 2025 est actuellement à 393 millions contre 606 millions à la même période l’année précédente. Cette situation amène deux hypothèses, soit les entreprises françaises de santé numérique auraient moins besoin de fonds cette année que les précédentes, soit il leur est plus difficile de lever des fonds. Au vu du rythme des innovations du marché et de la concurrence, la seconde option est la plus probable. La moyenne du montant levé par entreprise est de 6.6 millions, cela cache de fortes disparités, la médiane étant, elle, de 3,1 millions d’euros.

    L’IA : nettement majoritaire mais pas monopolistique

    Si l’IA dépasse les deux tiers des montants levées, il reste une part non négligeable pour d’autres technologies. On peut notamment évoquer RDS et son produit MultiSense, un dispositif de télésurveillance médicale de classe IIa, marqué CE, qui permet de surveiller différentes variables physiologiques clés des patients comme la saturation en oxygène ou la fréquence cardiaque et respiratoire. Ou la solution de Rofim, une plateforme de télémédecine développée pour faciliter la collaboration entre professionnels de santé, qu’ils exercent à l’hôpital ou en ville. Elle regroupe plusieurs modules comme la téléexpertise, le partage d’imagerie médicale et de dossiers patients.

    44% des fonds pour l’oncologie, les Femtechs toujours présentes

    Domaine thérapeutique présent pour le troisième trimestre consécutif, l’oncologie occupe ce trimestre la première place avec 40,5 millions levés, 24 millions par Median Technologies, 15 millions par One Bioscience et 1.5 millions par VitaDx. Median technologies développe Eyonis LCS, qui permet le dépistage précoce du cancer du poumon via son logiciel d’imagerie médicale assistée par intelligence artificielle. Median Technologies ne commercialise pas encore ses logiciels en France, dans l’attente du marquage CE qui devrait advenir début 2026. One Biosciences, spin-off de l’Institut Curie, utilise le séquençage en cellule unique combinée à l’intelligence artificielle pour adapter le traitement anti-cancer de chaque patient. VitaDx combine l’imagerie médicale, en particulier la fluorescence, et l’intelligence artificielle, pour analyser des cellules issues d’échantillons urinaires. Sa solution phare, VisioCyt® Bladder, détecte le cancer de la vessie (sensibilité 80,9% spécificité à 75%) via un échantillon d’urine, permettant un test non-invasif et reproductible, marqué CE IVDR.

     

  • Levée de fonds et santé numérique : un troisième trimestre 2025 en net repli

     

    📌Levées de fonds en santé numérique : un T3 2025 au plus bas depuis cinq ans avec seulement 92,9 M€ récoltés

    cet baisse du troisième trimestre porte les montants levés à 393 millions en 2025 contre 606 millions à la même période l’an dernier.  Quatorze opérations ont été enregistrées, pour une moyenne de 6,6 millions d’euros mais une médiane de 3,1 millions. L’intelligence artificielle concentre plus des deux tiers des montants levés, mais l’oncologie reste le domaine leader avec 44 % des fonds, dont 40,5 millions distribués principalement à Median Technologies, One Biosciences et VitaDx.

    👉 Plus de détails sur « 92,9 millions levés au T3, 2ème plus bas niveau en 5 ans – Health & tech ».

     

    📌T3 2025 : seules Median Technologies et Rofim lèvent plus de 10 M€

    Le troisième trimestre 2025 marque un net recul pour les startups françaises du numérique en santé, avec seulement 92,9 millions d’euros levés, soit trois fois moins qu’à la même période en 2024 (260 M€) et une baisse de plus de 60 % par rapport au montant exceptionnel soulevé grâce à Alan l’an dernier. Si Median Technologies est la seule à franchir le seuil des 20 millions, la plupart des opérations (8 sur 14) n’ont pas dépassé les 5 millions d’euros, aucun financement inférieur au million n’a été enregistré et la majorité des investisseurs se sont montrés prudents durant l’été. Malgré ce repli, le niveau des levées reste supérieur à celui de 2023 et illustre une adaptation du marché, moins soutenu, mais toujours dynamique sur certains créneaux.

    👉 Plus de détails sur «Levées de fonds : avec 92,9M € levés pour les entreprises du numérique en santé françaises, le T3 2025 fait presque trois fois moins bien que le T3 2024 – Health & tech ».

     

    📌Cinq entreprises en développement font l’actualité​

    En 2025, cinq sociétés françaises — Median Technologies, Diabeloop, VitaDX, GeodAIsics–Horiba et Weda–Nabla — illustrent l’accélération de la structuration du secteur de la santé numérique, portée par des levées de fonds majeures et la conquête de jalons réglementaires essentiels. Median Technologies vise un marché potentiel de plus de 10 milliards de dollars aux États-Unis pour le dépistage du cancer du poumon, Diabeloop équipe désormais plus de 12 000 patients européens en solutions automatisées, tandis que VitaDX consolide son avancée dans la surveillance non invasive des tumeurs de vessie avec l’appui de la Haute Autorité de Santé. Les alliances stratégiques, comme le partenariat GeodAIsics-Horiba pour le diagnostic intelligent et celui entre Weda et Nabla pour l’automatisation médicale, révèlent une dynamique forte, où l’IA et l’innovation sont au cœur des trajectoires, du financement à l’intégration clinique.

    👉 Plus de détails sur « 5 entreprises innovantes à l’assaut du marché (chiffres-clés, levées de fonds et stratégies) – Health & tech».

     

    📌Santé numérique : deux modèles européens, entre industrialisation britannique et structuration française

    En 2025, le marché européen de la healthtech dessine deux trajectoires opposées : au Royaume-Uni, la majorité des fonds se concentre sur un petit groupe d’entreprises de taille industrielle, spécialisées dans l’IA et la robotique médicale, tandis que la France favorise la diversité sectorielle et la valorisation de la recherche académique à travers ses spin-offs. Outre-Manche, la polarisation du capital facilite l’émergence rapide d’acteurs mondiaux, alors que l’écosystème français se distingue par la fragmentation de ses levées et un maillage territorial dense. Les deux pays convergent tout de même sur des objectifs stratégiques : accélérer l’usage des données de santé et l’intégration de l’intelligence artificielle dans le système de soins, en faisant de la santé digitale une infrastructure essentielle

    👉 Plus de détails sur « Healthtech européenne : 2025 marque un écart de financement de 4,5 pour 1 entre le Royaume-Uni et la France – Health & tech».

     

    📌Santé numérique : Healthy Mind accélère au Royaume-Uni, Norgine étoffe son offre et Cegedim restructure

    Le troisième trimestre 2025 a été marqué par des mouvements majeurs dans la santé numérique : Healthy Mind a franchi une étape stratégique en s’implantant au Royaume-Uni par l’acquisition de Rescape Innovation, étoffant désormais la bibliothèque immersive la plus riche du marché avec plus de 200 environnements virtuels destinés à la gestion de la douleur et du stress. Norgine a finalisé le rachat de Theravia, renforçant sa présence dans les maladies rares grâce à une intégration structurée sur plusieurs marchés. Pendant ce temps, Cegedim réorganise sa branche logicielle pharmacie, supprime une centaine de postes et mise sur ses autres segments pour soutenir sa croissance, dans un contexte de performances globales en demi-teinte. Le secteur illustre ainsi sa capacité d’adaptation, à la fois par l’innovation, la consolidation et la gestion des équilibres sociaux.

    👉 Plus de détails sur «T3 2025 : Acquisitions pour Healthy Mind et Norgine, restructuration chez Cegedim – Health & tech ».

    Visuel de synthèse levées de fonds T3 @HTI
  • Infectiologie augmentée : quand la donnée devient un outil de santé publique

    Les maladies infectieuses connaissent une accélération marquée par les bouleversements écologiques et la mobilité mondiale, compliquant la prévisibilité des pathogènes et confrontant les systèmes de santé à des limites opérationnelles. Le changement climatique favorise l’émergence et la diffusion de nouveaux agents infectieux, dont la France surveille la dynamique avec des outils de plus en plus sophistiqués. Face à cette menace, une approche multidisciplinaire — One Health — se dessine, reliant santé humaine, animale et environnementale pour une réponse coordonnée et agile. Ce paradigme est promu par les institutions françaises et européennes, appuyé par des investissements publics conséquents pour développer la recherche, renforcer la surveillance, et améliorer la prévention.​

    Parmi les défis majeurs figurent la résistance croissante aux antibiotiques, qui menace de ruiner soixante-dix ans de progrès médicaux. L’antibiorésistance allonge les hospitalisations et augmente les risques de complications fatales même pour des infections bénignes, engendrant des coûts importants pour le système de santé. L’approvisionnement en médicaments, notamment les molécules anciennes et essentielles, est fragilisé par des ruptures logistiques et des désintérêts industriels.​

    La France investit dans la détection rapide, la veille épidémiologique numérique et les essais vaccinaux, à travers des plateformes interconnectées et le soutien de projets innovants. L’intelligence artificielle accélère le diagnostic, optimise la surveillance, et favorise la personnalisation thérapeutique, bien que son intégration en routine hospitalière reste encore limitée par des enjeux techniques et organisationnels. La formation des professionnels, l’interopérabilité des systèmes et l’acceptabilité éthique sont au cœur des transformations à venir.

    Découvrez l’analyse d’Health&Tech Intelligence sur le sujet de l’IA et des maladies infectieuse dans cette étude : ⤵️

    📌France 2030 : 44 M€ pour renforcer la surveillance et la recherche face aux maladies infectieuses émergentes

    La France investit 44 millions d’euros pour consolider quatre plateformes nationales – EMERGEN 2.0, OPEN‑ReMIE, I‑REIVAC Emergence et OBEPINE+ – dédiées à la détection, la recherche clinique et la veille épidémiologique. Chaque année, une nouvelle maladie infectieuse apparaît dans le monde et les infections sont devenues la troisième cause de mortalité en France. L’antibiorésistance représente déjà 130 000 infections et 5 500 décès annuels, pour un coût estimé jusqu’à 440 millions d’euros par an pour le système de santé. Ce plan, issu de la stratégie nationale France 2030, vise à renforcer la résilience sanitaire et à anticiper les risques dans une approche intégrée « One Health ».

    👉 Plus de détails sur « Infections émergentes : 44 M€ mobilisés pour renforcer la surveillance et l’innovation – Health & tech ».

    📌Intelligence artificielle et infectiologie : 187 études confirment son impact global sur le diagnostic, la prévention et la découverte thérapeutique

    En 2025, 187 études scientifiques démontrent le rôle central de l’intelligence artificielle dans la lutte contre les maladies infectieuses. Les modèles IA atteignent des précisions de 60 % à 94,5 % pour le diagnostic, identifient de nouveaux biomarqueurs comme le Torque Teno Virus (≥ 5,16 log10 cp/mL) et accélèrent la découverte d’antibiotiques et de vaccins. Des cartes géostatistiques à 1×1 km optimisent la couverture vaccinale, tandis que l’IA contribue à modéliser les épidémies et à personnaliser les traitements. Toutefois, les chercheurs soulignent des défis persistants de gouvernance, d’équité des données et de formation des professionnels de santé pour concrétiser pleinement ces avancées.

    👉 Plus de détails sur « 187 études soulignent l’impact transversal de l’IA sur les maladies infectieuses (revue de littérature) – Health & tech ».

    📌Intelligence artificielle : des progrès spectaculaires en laboratoire, mais un usage encore marginal dans les hôpitaux

    Malgré des avancées majeures en recherche, l’intelligence artificielle reste quasi absente de la pratique clinique, constate Nathan Peiffer‑Smadja (AP‑HP). Faute d’infrastructures unifiées et de données cohérentes, les médecins travaillent encore avec des outils fragmentés, loin de l’IA prédictive. Seule l’imagerie médicale tire son épingle du jeu grâce à des applications de détection automatisée. L’exemple d’Antibiogo, application mobile de diagnostic développée par Médecins Sans Frontières, démontre toutefois qu’une approche simple et ciblée rend l’IA réellement utile sur le terrain hospitalier.

    👉 Plus de détails sur « Les progrès sont réels et spectaculaires en laboratoire, mais rien n’a changé dans les diagnostics et la clinique de routine » (Nathan Peiffer-Smadja, AP-HP) – Health & tech ».

    📌🗺️De l’alerte à la guérison : comment l’IA renforce chaque étape du parcours patient en infectiologie

    L’intelligence artificielle s’intègre désormais tout au long du parcours des patients infectieux, de la détection des foyers épidémiques à la surveillance post‑hospitalière. Des outils tels que Bluedot, PhénoMATRIX, TREWS, ZINC et MedDataSuite optimisent la veille sanitaire, accélèrent les diagnostics et préviennent les complications. Le cas fictif de Clara illustre cette médecine connectée : diagnostic affiné en quelques heures, traitement personnalisé, suivi sécurisé et coordination fluide entre ville et hôpital. En combinant anticipation, précision et continuité, l’IA transforme la gestion des maladies infectieuses en un parcours plus prédictif et collaboratif.

    👉 Plus de détails sur « De l’alerte épidémique au suivi post-hospitalier : l’IA en appui au parcours patient – Health & tech ».

    📌🗺️Maladies infectieuses : l’IA progresse en France mais la majorité des cas d’usage restent en phase pilote.

    La France recense 21 cas d’usage identifiés de l’intelligence artificielle appliquée aux maladies infectieuses, mais seul un tiers a atteint un niveau de maturité clinique ou opérationnelle. Treize projets concernent la recherche et les essais pilotes — du diagnostic génomique à la détection de sepsis ou d’infections périnatales — tandis que sept dispositifs fonctionnent déjà dans les laboratoires et la veille épidémiologique. Les infections nosocomiales concentrent six usages, suivies du sepsis et des maladies respiratoires virales. Si l’IA apporte des gains tangibles en diagnostic et modélisation, la majorité des solutions françaises reste encore au stade exploratoire, freinée par des limites techniques, éthiques et organisationnelles.

    👉 Plus de détails sur « Maladies infectieuses : la majorité des 21 cas d’usage de l’IA en France ne sont pas encore matures – Health & tech ».

    📌🗺️Infections hospitalières : 13 solutions d’IA françaises pour transformer la détection et la prévention du sepsis

    Face aux 57 000 décès annuels liés au sepsis et aux 750 000 infections nosocomiales, les hôpitaux français accélèrent l’intégration de l’intelligence artificielle dans la microbiologie, la réanimation et la prévention. L’AP‑HP a investi 2 millions d’euros dans PhénoMATRIX™, réduisant de 90 % le temps de détection infectieuse, tandis que l’IHU Prometheus mobilise 40 millions d’euros pour diviser par deux la mortalité du sepsis d’ici 2034. De LUMED APSS pour la surveillance antimicrobienne à MedDataSuite pour l’analyse en langage naturel, treize solutions d’IA structurent un continuum allant du laboratoire à la décision clinique. Ces avancées marquent le passage vers un hôpital prédictif, interconnecté et centré sur la prévention des risques infectieux.

    👉 Plus de détails sur « 13 solutions française d’IA pour les maladies infectieuses pour 3 types d’usagers – Health & tech ».

    Visuel de synthèses IA et infectiologie @HTI
  • 13 solutions française d’IA pour les maladies infectieuses pour 3 types d’usagers

    Contexte hospitalier : 57 000 décès annuels par sepsis et 4,34% des patients infectés

    En France, le sepsis représente une urgence médicale majeure responsable de 57 000 décès annuels selon les dernières données ministérielles. Cette pathologie touche 300 000 hospitalisations par an, avec un taux de mortalité hospitalière de 23% et un coût moyen de 16 000 euros par hospitalisation. Parallèlement, 4,34% des patients hospitalisés contractent une infection nosocomiale en 2022, soit environ 750 000 infections annuelles représentant un surcoût de 2,4 à 6 milliards d’euros pour le système de santé français.​

    L’environnement hospitalier français fait face à une triple menace : la complexification des cas de sepsis avec un taux de mortalité en réanimation passé de 60,1% en 1993 à 39,5% en 2010 mais restant dramatiquement élevé , l’augmentation des infections nosocomiales résistantes aux antibiotiques, et l’émergence d’épidémies respiratoires de forte intensité comme la grippe 2025 avec 29 000 hospitalisations après passage aux urgences. Cette situation critique justifie l’investissement massif dans les solutions d’intelligence artificielle dédiées à la détection précoce et à la prévention des infections.​

    2 millions d’euros investis dans l’IA microbiologique à l’AP-HP

    Face à cette situation L’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris s’intéresse aux innovations technologiques, notamment à l’IA. Le déploiement de la plateforme PhénoMATRIX™ aux hôpitaux Saint-Louis et Lariboisière représente un investissement de 2 millions d’euros pour équiper un espace de 500m² analysant 800 échantillons quotidiens. Cette infrastructure automatisée nouvelle génération intègre l’intelligence artificielle embarquée pour la reconnaissance d’images, de morphotypes et de couleurs des colonies bactériennes, le système fonctionne 7 jours sur 7 de 8h à 18h, traitant des prélèvements de microbiologie conventionnelle provenant de patients infectés (urines, poumons, biopsies, liquides biologiques) et de dépistages de portage de bactéries multirésistantes. L’IA intégrée permet le design d’algorithmes de validations biologiques personnalisés selon les données patients (âge, sexe), les pathologies suspectées et les services d’hospitalisation, représentant une approche de médecine de précision appliquée à la microbiologie.​

    Impact clinique et économique : réduction de 90% du temps de détection des infections nosocomiales

    Les solutions d’IA déployées dans les hôpitaux français démontrent leur utilité. Les systèmes de détection automatisée des infections nosocomiales réduisent de 90% le temps de collecte de données par rapport aux méthodes manuelles. Cette accélération diagnostique s’avère critique dans un contexte où chaque jour d’infection nosocomiale génère un surcoût de 500 à 40 000 euros selon la localisation et la sévérité.​ Cette équation économique favorable justifie les investissements technologiques massifs, d’autant que le coût de la “non-qualité” infectieuse dépasse largement celui de la prévention technologique.​

    Le sepsis présente des enjeux économiques particulièrement critiques avec des durées de séjour en réanimation stables à 9 jours mais des séjours hospitaliers prolongés atteignant 22 jours en 2011 contre 11 jours en 1993. Cette évolution reflète la complexification des cas et justifie l’intégration d’outils prédictifs comme SEPSI-SCORE© de PREVIA MEDICAL, capable d’alerter 48 heures avant les premiers symptômes.​

     40 millions d’euros pour l’IHU Prometheus

    La France structure son système hospitalier dans la lutte contre les infections par des investissements de recherche majeurs. L’Institut Hospitalo-Universitaire Prometheus, lancé en septembre 2024 avec un financement de 40 millions d’euros dans le cadre de France 2030, fédère plus de 60 équipes de recherche autour de l’objectif de réduire de moitié la mortalité et les séquelles du sepsis d’ici 2034. Cette ambition s’appuie sur une cohorte longitudinale de 10 000 patients suivis sur dix ans, représentant la plus importante base de données européenne sur le sepsis.​

    L’automatisation des laboratoires hospitaliers transforme fondamentalement les flux de soins. La plateforme de l’AP-HP assure une standardisation et une traçabilité conformes à la norme NF EN ISO 15189, renforçant la sécurité des opérateurs tout en libérant du temps médical pour l’expertise diagnostique. Cette évolution permet aux équipes de se concentrer sur la valeur médicale du diagnostic plutôt que sur les tâches répétitives de tri et d’analyse primaire.​

    Défis spécifiques au milieu hospitalier : infections silencieuses et résistance antimicrobienne

    Les hôpitaux français confrontent des défis épidémiologiques complexes, notamment les “épidémies silencieuses” d’entérocoques résistants à la vancomycine où la plupart des patients sont colonisés sans être infectés. Cette situation nécessite des stratégies de dépistage sophistiquées intégrant l’IA pour identifier les sources de transmission privilégiées et optimiser les interventions de désinfection.​ La résistance antimicrobienne amplifie ces défis : les patients atteints de sepsis dû à des agents pathogènes résistants présentent un risque de décès hospitalier significativement majoré. Dans ce contexte, les solutions comme LUMED APSS de bioMérieux, certifiée CE en avril 2025, deviennent essentielles pour optimiser les prescriptions antimicrobiennes et surveiller les infections résistantes.​

    Les services de réanimation constituent des environnements particulièrement critiques avec des taux de mortalité de septicémies nosocomiales atteignant 52%. Ces unités nécessitent des systèmes de surveillance en temps réel intégrés aux dossiers médicaux électroniques, comme les algorithmes développés par le Health Data Hub pour évaluer l’impact clinique des solutions prédictives.​

    Transformation des pratiques médicales : de la surveillance manuelle à l’IA prédictive

    L’évolution des pratiques hospitalières s’oriente vers une surveillance prédictive automatisée remplaçant progressivement les approches manuelles chronophages. Les réseaux de neurones analysent les connexions entre patients, chambres et équipements pour identifier les sources de transmission privilégiées, améliorant la compréhension épidémiologique des épidémies nosocomiales.​ Cette transformation s’accompagne d’une redéfinition des rôles professionnels : les biologistes et techniciens se concentrent sur l’interprétation et la validation des résultats tandis que l’IA gère le tri primaire et la reconnaissance automatisée. Cette évolution nécessite une formation approfondie des équipes, intégrée dans la stratégie nationale de formation de 500 000 soignants à l’IA.​

    Les plateformes comme MedDataSuite d’Hopsia illustrent cette transformation en permettant aux médecins de poser des questions en langage naturel sur les données de santé de l’établissement. Cette démocratisation de l’accès aux données complexes pourrait révolutionner la prise de décision clinique dans la gestion des infections.​

    Perspectives d’évolution : vers des hôpitaux prédictifs et autonomes

    A l’avenir les hôpitaux français pourraient s’orienter vers des environnements prédictifs intégrant l’ensemble des données patient, environnementales et organisationnelles. Les modèles d’IA pourraient analyser simultanément les données de laboratoire, de pharmacie, des urgences et des blocs opératoires pour détecter instantanément les infections et prédire les risques individuels.​ Cette évolution nécessiterait l’intégration des standards HL7, OMOP et FHIR permettant l’interopérabilité des systèmes d’information hospitaliers. L’harmonisation technique nationale, coordonnée par le Health Data Hub avec plus de 200 projets accompagnés en 2025, créera les conditions d’un apprentissage fédéré préservant la confidentialité tout en maximisant les performances algorithmiques.​

    Synthèse stratégique hospitalière

    L’écosystème hospitalier français démontre une capacité d’innovation remarquable dans l’intégration de l’IA pour la lutte contre les infections. L’investissement de 2 millions d’euros dans la plateforme PhénoMATRIX™ de l’AP-HP, couplé aux 40 millions d’euros de l’IHU Prometheus et aux 80 millions du PEPR MIE, structure un continuum recherche-innovation-déploiement singulier en Europe.

    Les performances cliniques obtenues – réduction de 90% du temps de détection, analyse de 800 échantillons quotidiens automatisée, potentiel d’économies de 240 à 600 millions d’euros – valident l’approche technologique française. Cependant, l’ampleur du défi reste considérable : 57 000 décès annuels par sepsis, 750 000 infections nosocomiales générant 6 milliards d’euros de surcoûts, et émergence de résistances antimicrobiennes critiques.

    La réussite de cette transformation dépendra de la capacité à maintenir l’investissement technologique, former massivement les professionnels de santé, et développer une interopérabilité nationale permettant l’apprentissage fédéré. L’objectif de réduire de moitié la mortalité par sepsis d’ici 2034, porté par l’IHU Prometheus, cristallise cette ambition de faire de la France le leader européen de l’IA hospitalière appliquée aux maladies infectieuses.

    Cartographie des solutions d’IA pour les maladies infectieuses @HTI

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