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  • Projet de loi de bioéthique : garder l’humain au coeur des nouvelles technologies

    Le projet de loi bioéthique prévoit d’encadrer l’usage de l’intelligence artificielle (IA) et des big data en santé par l’humain. Le texte propose d’imposer au professionnel de santé le fait d’informer le patient de l’usage d’un traitement algorithmique de données massives pour des actes à visée préventive, diagnostique ou thérapeutique et des résultats obtenus. Ce document, qui fait suite au rapport du comité consultatif national d’éthique, entre dans sa phase parlementaire. Après l’audition des ministres par la Commission parlementaire le 9 septembre 2019, les discussions sur les amendements vont démarrer le 10 septembre avant les débats parlementaires à l’Assemblée nationale du 24 septembre au 9 octobre.

    Plus précisément, pour que l’IA reste un outil d’aide à la décision et que la décision finale reste entre les mains du professionnel de santé, l’intervention de ce dernier sera rendue obligatoire pour réaliser l’adaptation des paramètres du traitement, assurant ainsi une garantie humaine lors de l’utilisation de l’intelligence artificielle.

    Concernant le traitement algorithmique des données génétiques, le texte insiste sur le consentement de la personne et sur l’usage limité aux fins médicales ou de recherche scientifique. Le texte prévoit également de limiter le recours aux techniques d’enregistrement de l’activité cérébrale et d’encadrer l’usage des dispositifs de neuromodulation à risque.

    La révision des lois de bioéthique s’inscrit dans un contexte de développement technologique inédit. Le titre III du projet de loi vise à « appuyer le diffusion des progrès scientifiques et technologiques dans le respect des principes éthiques ». Il concerne en premier lieu l’IA mais aussi les neurosciences et la neuromodulation.

    IA : informer les patients et garantir l’usage

    L’article 11 du projet de loi prévoit que « lorsque pour des actes à visée préventive, diagnostique ou thérapeutique est utilisé un traitement algorithmique de données massives, le professionnel de santé qui communique les résultats de ces actes informe la personne de cette utilisation et des modalités d’action de ce traitement ». Dans la même idée, « l’adaptation des paramètres [d’un tel traitement] est réalisée avec l’intervention d’un professionnel de santé et peut être modifiée par celui-ci ».

    Dans la lignée des autres textes règlementaire, notamment le RGPD, la traçabilité est imposée pour rendre les données accessibles aux professionnels de santé concernés et garantir la décision thérapeutique. D’ailleurs, le texte prévoit, toujours dans son article 11, « l’intervention du professionnel pour réaliser l’adaptation des paramètres du traitement et consacre le principe d’une garantie humaine lors de l’utilisation de l’intelligence artificielle » ; ce qui permet de préserver la maîtrise finale de la décision par le professionnel de santé.

    Encadrer l’examen des caractéristiques génétiques

    L’article 10 du projet de loi prévoit que l’examen des caractéristiques génétiques constitutionnelles ne peut être réalisé qu’à des fins médicales ou de recherche scientifique après consentement express de la personne par écrit.

    Elle devra être informée de la nature de l’examen, de son indication s’il s’agit de finalités médicales ou de son objectif scientifique. Elle devra également être informée si l’examen révèle des caractéristiques sans lien avec l’objectif initial mais qui pourrait nécessiter des mesures de prévention pour elle ou sa famille. Elle pourra toutefois refuser cette révélation en étant informé des risques.

    Encadrer l’enregistrement de l’activité cérébrale

    Le projet de loi précise dans son article 12, les finalités de recours aux techniques d’enregistrement de l’activité cérébrale. Il interdit l’emploi de l’imagerie cérébrale fonctionnelle dans le domaine de l’expertise judiciaire et renforce l’interdiction des discriminations fondées sur les données  issues de l’enregistrement de l’activité cérébrale, en particulier en matière de prévention et de couverture des risques.

    Interdire les dispositif de neuromodulation à risque

    L’article 13 du projet de loi donnerait au ministère chargé de la Santé le pouvoir d’interdire, après avis de la Haute autorité de santé (HAS), les dispositifs de neurostimulation qui présenteraient un danger ou une suspicion de danger grave pour la santé humaine.

    Via une électrode de stimulation ou un produit diffusé par cathéter, cette technique augmente ou diminue l’excitabilité d’un neurone ou d’un groupe de neurones. Elle agit directement sur une zone cérébrale, la moelle épinière ou une racine nerveuse. Elle est utilisée à usage récréatif sans être, pour l’instant, encadrée par une règlementation française ou européenne.

  • Journées de rentrée de la Mutualité Française : les 25 et 26 septembre 2019, Nancy

    Les Journées de rentrée de La Mutualité française se dérouleront les 25 et 26 septembre 2019 au Centre Prouvé de Nancy. En présence de nombreuses personnalités (experts, élus locaux, etc.), dont le maire de Nancy Laurent Hénart, et devant une assistance essentiellement composée de représentants de mutuelles, cet événement déploiera une vision prospective du système de santé d’ici à 10 ans.

    Le village « Place de la santé – place à l’innovation » permettra aux participants de découvrir des initiatives mutualistes innovantes. Il sera composé de stands animés par divers exposants et start-ups du secteur de la santé. Des conférences et des débats rythmeront également ces journées.  

    Parmi les rendez-vous phares de l’événement :
    • la remise du Prix innovation mutuelle, destiné à valoriser des projets innovants en matière de santé ou à fort impact social ;
    • la conférence « L’intelligence artificielle peut-elle être éthique ? ». 

    Les inscriptions, obligatoires, sont à réaliser en ligne :
    • institutionnels, professionnels de santé : inscription (gratuite) ici ;
    • industriels : inscription (payante) ici.

    Pré-programme

    Mercredi 25 septembre 2019

    Jeudi 26 septembre 2019

    Plus d’informations sur l’événement ici.

  • Australie : le ministère de la Santé ouvre un AO pour généraliser la numérisation des comptes rendus

    Le ministère australien de la Santé veut réduire la « paperasse » dans le secteur avec une solution SaaS. Pour ce faire, il a lancé début septembre 2019 un appel d’offres (AO) afin de faciliter la numérisation de documents. Il cible 200 utilisateurs finaux.

    Selon le ministère, la solution contribuera :
    • à réduire les processus manuels de rédaction de documents issus d’une réunion entre praticiens ;
    • à réduire les charges de travail liées à la création, à la distribution et à la coordination des documents de réunion ;
    • à appuyer une prise de décision plus rapide lors des réunions ;
    • à rationaliser le travail associé avec la production automatique de documents de réunion, centralisés sur un même logiciel.

    Dans les documents détaillant l’AO, le ministère de la Santé indique que la solution devrait permettre aux utilisateurs finaux d’accéder aux documents à partir de périphériques portables, tels que des ordinateurs et des tablettes, sans nécessiter un accès à internet. Il ajoute qu’il « préférerait vivement » que la solution stocke toutes les données localement en Australie et qu’elle respecte toutes les accréditations de sécurité appropriées définies par le ministère, y compris le respect du Privacy Act de 1988.

    La durée initiale du contrat proposé est de 3 ans et demi, avec la possibilité de le prolonger pour une durée totale allant jusqu’à 6 ans et demi. Le service devrait commencer à partir de début janvier 2020.

    La solution devra être compatible avec le système utilisé par le ministère

    Par ailleurs, la solution SaaS choisie devra être compatible avec l’équipement d’exploitation central du ministère sous Windows 10, précise le document présentant l’appel d’offre.

    « Le ministère aura besoin de licences d’essai et le candidat retenu devra démontrer la compatibilité, la capacité et toutes les fonctionnalités requises de ses produits avec le centre d’excellence approuvé par le ministère », complète-t-il.

    Le ministère exploite la blockchain pour sécuriser l’accès aux données médicales

    En 2018, le ministère de la Santé australien a travaillé sur une PoC qui utilisait la blockchain afin de mieux contrôler l’accès aux données médicales. Dans ce cadre, il s’est associé avec le fournisseur Vault Systems (cloud) pour héberger les données et à la start-up local Agile Digital afin d’explorer comment utiliser la blockchain pour identifier précisément qui accède aux données et dans quel but ainsi que pour effectuer des recherches en toute sécurité.

  • Maincare synchronise les services de RDV en ligne avec les SI hospitaliers via la solution IdéoPlan

    Dans le contexte de son déploiement dans 3 établissements hospitaliers de la Seinte-Saint-Denis en lien avec Doctolib, Maincare Solutions lance IdéoPlan Hub de RDV, construit autour de la norme d’interopérabilité HL7 FHIR. Avec cette nouvelle solution, l’entreprise vise à mettre en place des services de rendez-vous en ligne synchronisés avec les outils de planification des systèmes d’information (SI) hospitaliers et à présenter « un agenda consolidé du patient au plan territorial », indique le groupe dans un communiqué publié le 3 septembre 2019.

    Éléments clés de la solution IdéoPlan Hub de RDV :

    • respect des processus métiers et administratifs existants au sein des établissements : la mise en place des rendez-vous en ligne n’impacte pas le travail des personnels soignants et administratifs, notamment parce que la solution leur évite d’utiliser une nouvelle application tierce ;

    • déploiement d’un agenda unifié au niveau du territoire : intégration automatique des rendez-vous en ligne dans l’agenda de DPI des établissements ; accès à un agenda unifié présentant tous les rendez-vous du territoire, quelle que soit la manière dont ils ont été pris ;

    • exploitation des ressources et référentiels existants dans le DPI : aucune ressaisie n’est nécessaire. Les données existantes et mises à jour dans le DPI sont exploitées pour adresser les rendez-vous en ligne.

    Des rappels envoyés pour limiter le nombre de RDV non honorés

    • Les secrétariats médicaux définissent directement dans le DPI les plages de vacations externes visibles pour les médecins de ville et/ou les patients.
    • Les annuaires des professionnels et référentiels des établissements existants et mis à jour dans le DPI (motifs de rendez-vous, lieux, spécialités, etc.) sont aussi exploités pour adresser les rendez-vous en ligne, que ce soit via le portail de l’établissement ou via une application tierce.
    • Des notifications email et/ou SMS de confirmation et de rappel peuvent également être envoyées aux patients via le Hub de RDV afin de réduire le nombre de rendez-vous non honorés et ainsi d’optimiser les ressources.

    Interopérabilité : la solution exploite le standard HL7 FHIR

    IdéoPlan Hub de RDV exploite le standard d’interopérabilité HL7 FHIR, standard de référence recommandé par l’Asip Santé pour la gestion des agendas partagés et reconnu sur le plan international.

    Ce standard a été adapté pour les usages en France par Interop’Santé sur le domaine des rendez-vous.

    Premier déploiement en Seine-Saint-Denis avec Doctolib

    • Depuis juillet 2019, le CHI Robert Ballanger à Aulnay-sous-Bois propose un service de rendez-vous en ligne.
    • Le GHI Le Raincy-Montfermeil à Montfermeil (faisant lui aussi partie du GHT Grand Paris Nord Est) lancera le sien courant septembre. Suivra le CH de Saint-Denis (GHT Plaine de France).

    Dans le cadre de cette ouverture, les 3 établissements ont choisi IdéoPlan Hub de RDV pour connecter leur DPI à la solution de rendez-vous en ligne Doctolib. Cela leur permet « d’alimenter automatiquement le service Doctolib avec des données issues du DPI et de répondre à leurs exigences en matière de confidentialité des données », indique Maincare (communiqué).

    La gamme eServices bientôt complétée avec un service d’admission en ligne

    IdéoPlan Hub de RDV sera intégré à la suite modulaire IdéoLink, déjà choisie par 35 GHT

    « Les rendez-vous en ligne s’inscrivent dans la volonté de Maincare Solutions d’accélérer le déploiement de nouveaux services numériques sur les territoires afin de rendre les parcours plus fluides pour les patients et de renforcer la coopération entre tous les professionnels, explique le groupe (communiqué). IdéoPlan Hub de RDV sera donc intégré nativement à la suite modulaire IdéoLink, déjà choisie par 35 GHT et qui s’impose comme la plateforme de référence sur ce nouveau segment de marché, ainsi qu’à Maincare IC, le nouveau DPI territorial annoncé récemment par Maincare Solutions. »

    La société ajoute que, dans les prochains mois, la gamme eServices sera enrichie avec eAdmission, un service par le biais duquel les patients pourront préparer leur admission en ligne et ainsi gagner du temps lors de leur passage ) l’hôpital.

    D’autres eServices seront annoncés prochainement, indique Maincare.

  • Téléconsultation en officine : publication au JO de l’arrêté d’approbation de l’avenant n° 15

    L’arrêté du 2 septembre 2019 portant approbation de l’avenant n°15 à la convention nationale du 4 mai 2012 « organisant les rapports entres les pharmaciens titulaires d’officine et l’assurance maladie » a été publié au Journal officiel (JO) du 6 septembre 2019.

    Cet accord, signé le 6 décembre 2018, définit « les conditions dans lesquelles les pharmaciens pourront contribuer à la réalisation d’actes de téléconsultation à partir de leur officine », la prise en charge s’effectuant dans le respect du parcours de soins.

  • « La France peut devenir la locomotive européenne de l’IA en santé » (Damien Gromier, AI for Health)

    « Permettre aux acteurs de la santé de comprendre ce que peut faire la technologie ». C’est l’objectif que s’assigne Damien Gromier, fondateur en 2018 de l’événement AI for Health, organisé le 5 septembre 2019 au Palais de Tokyo à Paris par Startup Inside et Janssen.

    Dans un entretien accordé à Health & Tech Intelligence, Damien Gromier souligne le potentiel de la France en matière d’intelligence artificielle (IA) appliquée à la santé, jugeant que son avantage stratégique majeur est la base de données de la Sécurité sociale, non biaisée, et que le pays a toutes les cartes en main pour « devenir la locomotive européenne de l’IA en santé ». Il distingue 2 tendances particulièrement porteuses dans ce domaine : l’assistance au diagnostic et la simulation d’interactions de molécules.

    « Nous voyons d’un très bon œil l’émergence du Health Data Hub »

    Comment en êtes-vous arrivé à créer AI for Health ?

    Damien Gromier : J’ai d’abord fondé il y a 4 ans France is AI, qui est le plus grand consortium d’acteurs de l’intelligence artificielle (IA) en France et en Europe. Puis, j’ai créé AI for Good avec Cédric Villani, lancé à l’Assemblée nationale en avril 2018. Et suite à cela, j’ai fondé AI for Health pour rassembler les acteurs de l’intelligence artificielle et de la santé : les start-ups  et les laboratoires de recherche d’un côté et de l’autre, les professionnels de santé, les régulateurs, laboratoires pharmaceutiques, les assureurs et grandes mutuelles et enfin les associations de patients. Le but, c’est de rassembler tout le monde dans un cluster. Tous ces acteurs sont membres du Forum AI for Health aujourd’hui : c’est un peu l’anniversaire de l’écosystème.

    Quel est le principe de cet événement ?

    L’idée est de pouvoir montrer quels sont les cas d’usage, ce que signifie concrètement l’IA en santé. C’est pour ça que je voulais faire une « démo zone ». Il s’agit aussi à l’inverse de permettre aux acteurs de l’IA et de la tech d’évangéliser les acteurs de la santé et de décrypter ce qu’ils font :  je tiens à cette notion de formation, d’acculturation, car c’est mon métier. Ce que nous faisons sur la santé, nous le faisons aussi sur la finance ou l’industrie.  

    Quelle place tient la santé au sein de France is AI ? 

    La santé tient une place centrale dans l’écosystème de l’intelligence artificielle, c’est donc notre sujet principal. On assiste actuellement à un réel engouement de l’IA pour la santé et on constate aussi un vrai besoin des professionnels de santé et des entreprises du secteur ainsi que des patients, de comprendre quels vont être les bouleversements provoqués par l’IA sur tout ce qui touche à la santé. Nous voyons d’un très bon œil l’émergence du Health Data Hub (HDH), comme une façon de structurer l’accès aux données de santé pour les acteurs de la technologie qui vont pouvoir proposer des solutions basées là-dessus.

    « L’IA est extrêmement efficace sur l’amélioration des résultats de diagnostic »

    Quelles sont actuellement les tendances les plus remarquables dans l’IA en santé ?

    Le plus visible, c’est que l’IA est extrêmement efficace sur l’amélioration des résultats de diagnostic. Que ce soit en cancérologie, en ophtalmologie ou en radiologie, elle permet de donner un diagnostic beaucoup plus précis, beaucoup plus fiable et beaucoup plus rapidement qu’avec les techniques actuelles. On doit citer aussi les technologies de simulation d’interaction des molécules, qui vont permettre aux laboratoires pharmaceutiques de créer plus rapidement de nouveaux médicaments. On voit par ailleurs de plus en plus d’IA appliquée au traitement des données de santé, notamment pour l’analyse des compte rendus réalisés par les médecins, permettant d’établir des corrélations.  

    Peut-on dire que ces tendances-là sont les plus porteuses à court terme ?

    Absolument. À horizon 10 ans, on aura des laboratoires pharmaceutiques capables de créer des molécules en 3 fois moins de temps qu’actuellement grâce justement à l’IA et aux algorithmes, grâce à la réduction de la durée des essais cliniques et grâce à des simulations. On aura également des systèmes d’assistance au diagnostic applicables à 80 % des maladies, permettant aux médecins de passer plus de temps avec le patient.

    « La France peut être leader mondial de l’IA en santé à l’horizon 2030 » 

    Comment voyez-vous la France évoluer dans cet écosystème ? 

    La France peut devenir un des leaders internationaux de l’IA en santé, et une locomotive européenne. Il faut pour cela que la montée en puissance du secteur soit bien orchestrée et avec les bons investissements.

    L’avantage concurrentiel majeur de la France par rapport aux autres pays c’est la base de données de la Sécurité sociale, qui est la plus grande base de données non biaisée au monde. Il y a des bases de données aussi grandes aux États-Unis mais elles appartiennent à des mutuelles privées et par conséquent elles sont biaisées, car les données sont celles de patients riches et en bonne santé, et ne concernent pas toute la population.

    La France peut être leader mondial de l’IA en santé à l’horizon 2030, voire 2025, si on exploite bien cet avantage stratégique. Le Health Data Hub est une des réponses : il s’agit de créer un cadre pour que les acteurs puissent accéder et utiliser cette donnée.  

  • AI for Health/Grand prix télémédecine : 7 start-ups retenues, la sélection finale dévoilée en octobre

    Anamnèse, Idelyo (Inzee.care), Implicity, Newcard, Pandalab, Omnidoc et Sivan sont les 7 start-ups sélectionnées (sur un total de 25 candidatures reçues) dans le cadre du premier Grand prix mondial de la télémédecine, lancé par l’Académie francophone de télémédecine et e-santé. Les finalistes ont « pitché » devant un jury d’experts lors de l’événement European AI for Health, organisé le 5 septembre 2019 à Paris par Startup Inside et Janssen.

    Le jury va se réunir prochainement pour délibérer. La sélection officielle sera annoncée courant octobre, indique Startup Inside. Le Grand prix sera remis le 28 novembre 2019 à l’Académie nationale de médecine et le prix « coup de cœur » lors du congrès européen de la Société française de télémédecine, qui se déroulera les 3 et 4 décembre 2019 à Paris.

    Le lauréat du Grand prix recevra une récompense de 50 000 euros pour l’aider à développer sa solution sur le marché.

    Grand prix mondiale de télémédecine : les 7 finalistes

    Critères de sélection :

    • initiative originale permettant d’optimiser le parcours de santé et de soins des patients ainsi que la prévoyance ;
    • action garantissant l’accès aux soins à tous ;
    • projet innovant de télémédecine généralisable et « exportable ».

    Composition du jury

    La sélection des 7 start-ups finalistes a été réalisée par :

    • Ghislaine Alajouanine, MC Institut de France, présidente du Haut conseil Télésanté et de l’ Académie francophone de télémédecine et e-santé mais aussi vice-présidente de Silver Valley et de La Société savante de la silver économie (SFTAG) ;
    • le Dr Line Kleinebreil, médecin et mathématicienne, référente OMS Be healthy Be Mobil et présidente de l’Université numérique francophone mondiale (UNFM) ;
    • le Dr Jean-Francois Thébaut, cardiologue, membre du collège de la Haute autorité de santé (HAS) et président du Haut conseil du développement professionnel continu.

    Ils président tous les 3 le concours de télémédecine. Le jour de l’événement AI for Health, le jury a été complété par Antoine Denis, directeur de la division « innovation et développement santé » à Microsoft France.

  • Plan urgences (753,5M€) : 12 mesures clés, dont l’intégration de la vidéo à distance dans les Samus

    Intégrer la vidéo à distance dans tous les Samus, notamment pour permettre le transfert de flux vidéo entre l’appelant et le médecin régulateur du Samu (15 M€), fait partie des 12 mesures clés du Plan de refondation des urgences. Ce dernier est présenté comme une déclinaison, pour les urgences, du plan Ma Santé 2022. Il est basé sur un renforcement de la proximité et la confiance accordées aux territoires, avec un « mode de financement adapté » et un recours central au numérique, « qui doit faire partie du système de santé d’avenir », indique la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn à l’occasion d’un point presse organisé le 9 septembre 2019.

    Au total, ce sont 753,5 millions d’euros de crédits supplémentaires qui sont engagés sur la période 2019-2022. Pour l’année 2020, cela représente 150 millions d’euros.

    Les 12 mesures clés :

    • 1. mettre en place dans tous les territoires un service distance universel pour répondre à toute heure à la demande de soins des Français : le Service d’accès aux soins (Sas) : 340 M€ ;
    • 2. renforcer l’offre de consultations médicales sans rendez-vous en cabinet, maison et centre de santé : 10 M€ ;
    • 3. donner à la médecine de ville les mêmes outils de prise en charge que les urgences : 75 M€ ;
    • 4. offrir aux professionnels non médecins des compétences élargies pour prendre directement en charge les patients ;
    • 5. généraliser des parcours dédiés aux personnes âgées pour éviter les urgences, avec notamment l’ambition d’atteindre l’objectif « zéro passage par les urgences » pour les personnes âgées d’ici 5 ans : 175 M€ ;
    • 6. intégrer la vidéo à distance dans tous les Samus : 15 M€ ;
    • 7. mieux utiliser les compétences médicales et soignantes rares en graduant les services d’urgences et en réformant les transports médicalisés ;
    • 8. renforcer et reconnaître les compétences des professionnels des urgences : 28,5 M€ ;
    • 9. lutter plus efficacement contre les dérives de l’intérim médical ;
    • 10. réformer le financement des urgences, notamment en expérimentant un forfait d’organisation de parcours pour désengorger les urgences : 5 M€
    • 11. renforcer la sécurité des professionnels exerçant aux urgences ;
    • 12. fluidifier l’aval des urgences grâce à l’engagement de tous en faveur de l’accueil des hospitalisations non programmées, avec notamment la mise en place d’une cellule de gestion interne des lits dans tous les GHT : 105 M€.

    Calendrier 2019-2022 :

    Détails des 12 mesures clés :

    • 1. Mettre en place dans tous les territoires un service distance universel pour répondre à toute heure à la demande de soins des Français : le Service d’accès aux soins (Sas) – 340 M€

      • Calendrier :
        • choix d’une organisation-cible en novembre 2019 ;
        • mise en place du service à l’été 2020.
    • 2. Renforcer l’offre de consultations médicales sans rendez-vous en cabinet, maison et centre de santé :

      • structurer les soins sans rendez-vous en ville à partir des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) :
        • calendrier : 100 CPTS financées fin 2019, 300 fin 2020 et 1 000 en 2022 / 3 500 assistants médicaux déployés progressivement à compter de septembre 2019 ;
      • installer une maison médicale de garde (MMG) à proximité des plus importants services d’urgence : 10 M€
        • calendrier : 50 MMG supplémentaires financées fin 2019.
    • 3. donner à la médecine de ville les mêmes outils de prise en charge que les urgences :

      • permettre au Samu de solliciter un transport sanitaire pour conduire un patient à un rendez-vous en libéral : 15 M€
        • calendrier : mise en œuvre en 2020 ;
      • systématiser le tiers-payant dans le cadre des médecins libéraux : 5 M€
        • calendrier : application fin 2019 ;
      • permettre un accès direct à des examens de biologie dans le cadre de consultations sans rendez-vous en libéral : 55 M€
        • calendrier : aide au financement des équipements à compter de 2020.
    • 4. offrir aux professionnels non médecins des compétences élargies pour prendre directement en charge les patients :

      • permettre une prise en charge directe par des professionnels libéraux non médecins dotés de compétences nouvelles dans un cadre sécurisé. Plusieurs protocoles de coopération seront autorisés d’ici la fin 2019, après avis de la Haute autorité de santé (HAS) : 2 permettant un accès direct aux masseurs-kinésithérapeutes pour la traumatologie bénigne comme l’entorse de la cheville ; 4 permettant la prise en charge par les pharmaciens et les infirmiers de pathologies simples
        • calendrier : application des 6 protocoles d’ici fin 2019 ;
      • généraliser les pharmaciens correspondants
        • calendrier : application dès 2019 ;
      • déployer les infirmiers en pratique avancée (IPA) sur le suivi des maladies chroniques
        • calendrier : premières arrivées d’IPA à compter de septembre 2019.
    • 5. généraliser des parcours dédiés aux personnes âgées pour éviter les urgences :

      • atteindre l’objectif « zéro passage par les urgences » pour les personnes âgées d’ici 5 ans : 175 M€
        • calendrier : incitation financière à la généralisation de cette organisation dès la fin 2019 ;
      • renforcer la prise en charge médicale et soignant au sein des Ehpad :
        • calendrier : déploiement des équipes mobiles de gériatrie supplémentaires dès la fin 2019 ; généralisation des infirmiers de nuit mutualisés en Ehpad à compter de 2020.
    • 6. intégrer la vidéo à distance dans tous les Samus :

      • permettre le transfert de flux vidéo entre l’appelant et le médecin régulateur du Samu : 15 M€
        • calendrier : équipement des Samus début 2020.
    • 7. mieux utiliser les compétences médicales et soignantes rares en graduant les services d’urgences et en réformant les transports médicalisés :

      • renforcer les ressources en médecins urgentistes dans les points clés d’accès aux soins urgents
        • calendrier : modification réglementaire en 2020 dans le cadre de la réforme du régime des autorisations d’activité de médecin d’urgence.
    • 8. renforcer et reconnaître les compétences des professionnels des urgences :

      • faire évoluer la fonction d’infirmer aux urgences en déployant très rapidement des protocoles adaptés aux urgences : 13 M€
        • calendrier : application d’un 1er protocole de coopération dès octobre 2019 / déploiement de nouveaux protocoles de coopération à partir de la fin 2019 ;
      • créer des infirmiers de pratique avancée aux urgences : 3,5 M€
        • calendrier : entrée en formation de la première promotion d’infirmiers en pratique avancée aux urgences en septembre 2020 ;
      • valoriser les nouvelles compétences des assistants de régulation médicale (ARM) par la création d’une prime spécifique d’assistance à la régulation médicale : 12 M€
        • calendrier : versement de la prime d’assistance à la régulation médicale dès l’automne 2019.
    • 9. lutter plus efficacement contre les dérives de l’intérim médical :

      • calendrier : interdiction du cumul d’emploi dans le secteur public au 1er semestre 2020 ; obligation pour chaque employeur de disposer d’une attestation de responsabilité civile professionnels et personnelle dans le cadre des dispositions relatives à la modernisation de l’emploi médical hospitalier au 1er semestre 2020 ;
      • obliger les médecins intérimaires à fournir lors du recrutement une attestation sur l’honneur sur le cumul d’activités
        • calendrier : parution du décret obligeant la présentation de l’attestation sur l’honneur à l’automne 2019 ;
      • encourager le développement de dispositifs de mutualisation inter-hospitalière
        • calendrier : promotion du développement de la mutualisation inter-hospitalière à l’automne 2019.
    • 10. réformer le financement des urgences :a. expérimenter un forfait d’organisation de parcours pour désengorger les urgences :

      • octroyer une « dotation populationnelle de financement » aux services d’urgences ;
      • ajuster la facturation à l’activité ;
      • expérimenter un forfait d’organisation de parcours pour désengorger les urgences : 5 M€
        • calendrier : expérimentation du forfait en 2020 ; entrée en vigueur de la réforme du financement en 2021.
    • 11. renforcer la sécurité des professionnels exerçant aux urgences :

      • autoriser le chef d’établissement à déposer plainte et à se constituer partie civile ;
        • calendrier : application à compter de 2020 ;
      • lors des rénovations des services d’urgences, prendre en compte systématiquement les questions de sécurité des professionnels et d’amélioration des conditions de travail.
    • 12. fluidifier l’aval des urgences grâce à l’engagement de tous en faveur de l’accueil des hospitalisations non programmées :

      • faire des urgences « l’affaire de tous » par un contrat institutionnel avec les médecins « des étages »
        • calendrier : mis en œuvre en 2020 ;
      • une cellule de gestion interne des lits dans tous les GHT : 105 M€
        • calendrier : déploiement des moyens pour la gestion des lits dans les GHT en 2020 ; dispositif obligatoire par les décrets d’autorisation d’activité de médecin d’urgence en 2020 ;
      • diffuser l’indicateur de besoin en lits dans les établissements et GHT
        • calendrier : instruction de diffusion du besoin journalier minimal en lits (NJML) par les agences régionales de santé (ARS) à la fin 2019 ; diffusion d’outils d’accompagnement par l’Anap début 2020 ;
      • inciter à l’hébergement temporaire en Ehpad post-urgences par une baisse du reste à charge
        • calendrier : dispositif en place en 2019.
  • Étude – IVG via télémédecine : une prise en charge comparable à une consultation physique (Obs & Gyn)

    Des chercheurs américains ont publié une étude* démontrant que les femmes ayant eu recours à la télémédecine pour prendre en charge leur avortement médicamenteux présentaient des résultats comparables à celles qui avaient recours à un prestataire de soins en personne. Ces résultats publiés en août 2019 dans la revue Obstetrics & Gynecology suggèrent aussi que la télémédecine pourrait faciliter l’accès à l’IVG, notamment aux États-Unis où il est de plus en plus réduit.

    L’IVG de moins en moins accessible aux USA

    L’accès à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) s’est considérablement réduit aux États-Unis. En 2014, 90 % des comtés n’avaient pas de prestataire d’avortement et 27 villes de plus de 100 000 habitants n’ont pas de centre d’avortement à moins de 100 kilomètres. Face à cette pénurie qui menace le droit légal à l’IVG, la télémédecine apparaît comme un moyen de contourner cet obstacle.

    La télémédecine en soutien à l’avortement médicamenteux

    Les centres de planning familial américains ont voulu évaluer l’efficacité de la télémédecine dans la prise en charge des avortements médicamenteux. Les chercheurs ont examiné les données fournies par 26 centres de planification familiale de l’Alaska, de l’Idaho, du Nevada et de Washington sur les avortements médicamenteux pratiquée entre avril 2017 et mars 2018.

    Sur plus de 5 900 patientes ayant subi un IVG médicamenteux, 738 ont « rencontré » des prestataires qui n’étaient pas physiquement à la clinique, via la télémédecine. Les patientes ont bénéficié du protocole de soins classique, avec une échographie sur site, des tests de laboratoire et des conseils ainsi qu’une réunion de consentement en personne ou à distance avant la procédure.

    Les résultats de cette étude ont été publiés en août 2019 dans la revue Obstetrics & Gyncecology. 

    Résultats : une efficacité comparable

    • Après la prise de la 1ère pilule, 77 % des femmes ayant rencontré physiquement le clinicien ont fait le suivi dans les 45 jours contre 60,3 % en télémédecine ;
    • 0,5 % avaient une grossesse en cours après la procédure dans le groupe ayant eu recours à la télémédecine contre 1,8 % dans le groupe de traitement standard ;
    • Sur les 188 femmes ayant nécessité un avortement par aspiration – soit pour une grossesse en cours, soit pour un avortement incomplet – 6 étaient des patientes soumises à la télémédecine ;
    • Moins de 1 % des femmes ont présenté des effets indésirables sur le plan clinique après la procédure, et ce dans les 2 groupes de patientes.

    Interrompre une grossesse avec des médicaments sous supervision virtuelle d’un clinicien se révèle donc tout aussi efficace et sûr que dans un établissement médical.

    Quant au fait que « les taux de procédures de grossesse et d’aspiration en cours étaient plus élevés dans le groupe standard que dans le groupe de télémédecine, ces différences pourraient être dues à une proportion plus faible de patients en télémédecine pour lesquels des données de suivi ont été fournies dans la présente étude », estiment les chercheurs.

    Controverse autour de la télémédecine

    Cependant, la télémédecine pour l’avortement médicamenteux reste un sujet controversé aux États-Unis. En mars 2019, la Chambre des représentants de l’Arkansas a rejeté un projet de loi autorisant les professionnels de santé à prendre contact avec les femmes subissant un IVG médicamenteux seulement par téléphone. Elle a estimé qu’il fallait au minimum un contact audiovisuel. « Dans la mesure où les interdictions en matière de télémédecine pour l’avortement reposent sur des arguments visant à améliorer la sécurité des patientes, les conclusions de cette étude et des précédentes ne soutiennent pas de telles affirmations », écrivent les chercheurs dans l’article. En effet, une étude parue en 2017 dans le BMJ montrait que 95 % des femmes ayant bénéficié d’un avortement médicamenteux via la télémédecine étaient satisfaites.

    En conclusion, Julia Kohn, directrice de l’étude et directrice nationale de la recherche, de l’évaluation et de l’analyse des données à la Planned Parenthood Federation of America, estime que « la télémédecine peut améliorer l’équité en santé en garantissant qu’un plus grand nombre de personnes ont accès aux soins dont elles ont besoin – avortement compris – dans les meilleurs délais ».

  • Accord cadre e-parcours : le Resah retient les cabinets EY, Bee Consulting, Easis et PwC (lot 2)

    Ernst & Young (EY), Bee Consulting, Easis et PwC sont les 4 cabinets choisis par le Resah pour le lot 2 de l’accord-cadre national « e-parcours », portant sur l’assistance à la mise en œuvre.

    Pour rappel, le programme e-parcours vise à développer sur la période 2018-2022 une offre de service numérique pour la coordination de l’ensemble des professionnels de santé au service du patient. L’accord-cadre, conclu pour une durée de 4 ans à l’issue d’un appel d’offres (AO), permettra aux adhérents du Resah de bénéficier de 3 types de prestation : déploiement des services (lot 1), assistance à la mise en œuvre (lot 2) et animation des usages (lot 3).

    Les lots 1 et 3 n’ont pas encore été attribués. Le Resah indique à H&TI qu’il réalisera une communication globale lorsque cela sera le cas, soit début octobre.