« Entre 2012 et 2016, l’accès géographique aux médecins généralistes (à moins de 30 minutes du domicile) s’est dégradé pour plus du quart de la population », c’est ce qu’affirme l’association de consommateurs UFC – Que Choisir qui a mis en ligne le 29 juin 2016 sa carte interactive de la « fracture sanitaire ».
« L’accès aux médecins spécialistes a diminué pour 38 % des Français en ce qui concerne les ophtalmologistes, 40 % pour les pédiatres et même 59 % de la population pour l’accès aux gynécologues. La situation est encore plus alarmante pour les spécialistes au tarif de la sécurité sociale, dont l’offre a reculé pour plus de la moitié des usagers, quelle que soit la spécialité étudiée », précise UFC – Que Choisir qui estime que son étude illustre » un recul de l’accès aux soins en 4 ans pour plus de 30 millions de Français ».
L’association a analysé l’offre exhaustive de soins de ville pour quatre spécialités (généralistes, pédiatres, ophtalmologistes et gynécologues), pour la totalité des communes de France métropolitaine, en croisant les deux dimensions de l’accès aux soins, géographique et financière.
La méthodologie de l’étude de l’UFC – Que Choisir
- Méthodologie inchangée entre 2012 et 2016
- Données de l’Assurance maladie aspirées en février 2016 sur son site « annuaire santé » qui renseigne sur la localisation et le prix des médecins libéraux (généralistes et spécialistes)
- Quatre spécialités étudiées (spécialités d’accès direct, c’est à dire non conditionné au passage préalable chez le médecin traitant): généralistes, ophtalmologistes, gynécologues, pédiatres
- Définition de l’offre de soins disponible: relevé du nombre de praticiens exerçant en libéral et du prix le plus fréquemment demandé pour une consultation simple
- Définition de la demande de soins : les différentes catégories de population ont été pondérées selon l’âge et le sexe (lorsque cet élément était disponible) en fonction des besoins moyens de cette catégorie par rapport à la moyenne de la population entière (exemple: pour un généraliste, un homme de 15 à 29 ans compte 0,64 et un homme de 60 à 74 ans compte 1,56)
- Détermination du territoire géographique : relevé pour chaque commune du nombre de praticiens installés jusqu’à 30 minutes de route pour les généralistes, 45 minutes pour les spécialistes et adaptation des barèmes selon que la commune appartient ou non à une entité urbaine de plus de 50 000 habitants
- Evaluation de la densité : le critère de « désert médical » retenu est une densité de médecins inférieure à 60% à la moyenne nationale (le ministère de la Santé retient pour ce critère une densité de médecins inférieure de 30% à la moyenne nationale)