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  • Pharmacovigilance : partenariat entre IBM Watson Health et Celgene

    Une nouvelle plateforme pour évaluer la sécurité des médicaments avant et après leur mise sur le marché, tel est l’objet du partenariat annoncé par Watson Health et Celgene le 1er novembre 2016.

    Cette nouvelle solution entièrement automatisée, baptisée « Watson for Patient Safety », analysera les données anonymisées provenant de dossiers médicaux, de signalements et de rapports de pharmacovigilance soumis à la FDA avec pour objectif d’identifier de possibles interactions médicamenteuses dangereuses et des effets indésirables.

    Détecter les effets secondaires et les interactions médicamenteuses

    Cette approche vise à aider les compagnies pharmaceutique et les acteurs du médicaments à mieux interpréter et gérer de grands volumes de données de pharmacovigilance décrivant de possible effets secondaires associés à certaines molécules.

    Ces données sont de plus en plus nombreuses et complexes selon les deux sociétés qui ont donc créé cet outil pour mieux les exploiter en utilisant l’infrastructure Cloud de Watson Health.

    Rien que pour l’année 2014, la FDA a reçu près d’1,3 millions de signalements sur de possibles effets dangereux médicamenteux.

    Ce chiffre serait de 46500 en France et de 1,1 million en Europe  en 2014, selon l’ANSM.

  • PLFSS 2017 : les médecins hospitaliers pourront travailler au-delà de 72 ans

    Permettre aux médecins hospitaliers de travailler dans certaines conditions au-delà de 72 ans dans le cadre d’un cumul emploi-retraite afin de pallier les difficultés de recrutement dans les hôpitaux, c’est le sens d’un amendement voté le 28 octobre 2016 par les députés. Ce vote a eu lieu dans le cadre de la discussion du PLFSS 2017 à l’Assemblée nationale.

    « Les établissements hospitaliers peuvent avoir besoin de continuer à bénéficier de compétences et d’expertises très spécialisées développées par des praticiens et il est donc opportun de permettre à ces derniers de participer à des activités de consultation et de recherche dans le cadre d’un cumul emploi-retraite », précise le texte de cet amendement.

    Il indique par ailleurs que cette disposition « vise à permettre aux établissements de mieux gérer les effets de départs à la retraite ».

  • Sécurité des SI : mutualiser et centraliser les ressources (Tony Sager au HealthcareITnews)

    « Envisager la sécurité informatique comme on envisage de mener la guerre », c’est ce que recommande Tony Sager, ancien agent de la NSA et vice-président du « Centre pour la sécurité d’Internet » dans un entretien accordé au site HealthcareITnews, le 31 octobre 2016.

    Il répond à la menace grandissante des attaques contre les système de santé en promouvant la mutualisation et la centralisation des forces et des ressources.

    • Plus de 1 300 attaques informatiques contre les établissements de santé ont été signalées en 2015 selon Philippe Loudenot, fonctionnaire de la sécurité des systèmes d’information (FSSI) au ministère des affaires sociales, qui s’exprimait lors du congrès de l’Apssis au Mans en avril 2016.
    • En juin 2016, l’étude MEDJACK 2 de la société de cyber-sécurité TrapX Security pointait la vulnérabilité des SIH et des appareils médicaux face aux logiciels malveillants.
    • Une autre étude d’IBM, le Cyber Security Intelligence Index 2016, affirme que le secteur de la santé constitue la première cible des cyber-attaques dans le monde.

    « Brouillard de guerre »

    Tony Sager compare la cybersécurité et la sécurité des données au « brouillard de guerre », une expression ancienne qui se réfère au climat d’incertitude dans lequel se déroule la guerre.

    • « Toute la question consiste à savoir d’où vient le brouillard: il y a trop d’organisations et de ressources à disposition, et cela conduit à des opinions contradictoires. Cela dépasse la plupart des responsables de sécurité. Par où dois-je commencer ? Sur quel points précis dois-je convaincre la hiérarchie ? Si vous envisagez cela comme un problème de brouillard, alors tout se réduit à une question de priorité. Les budgets sont limités, la hiérarchie accaparée par d’autres sujets, donc tout ce que vous tentez doit être parfaitement organisé par priorité. En clair, quel est le problème que j’essaie de résoudre? »

    Mutualiser les forces en présence

    Tony Sager suggère quelques solutions pour sortir du brouillard :

    • « Scinder le dilemme du défenseur  en 3 parties:
      • D’abord comprendre quoi faire dans cet environnement bruyant;
      • Faire ce qu’il y a à faire, c’est-à-dire obtenir le financement, convaincre la hiérarchie et se procurer les outils;
      • Expliquer enfin ce que vous avez fait aux autres acteurs, encore et encore.
    • Nous avons besoin d’un moyen commun pour parler des problèmes de sécurité et les organiser par priorité. Tout le monde est unique, mais nous avons beaucoup plus de points communs que de différences. Si vous vous concentrez trop sur les différences, la tâche d’identification des menaces devient insurmontable.
    • Plutôt que de laisser chaque entreprise essayer de comprendre seule dans son coin, joignons nos forces.
    • Beaucoup d’entreprises n’ont pas le temps d’absorber toutes les informations disponibles. Les ”défenseurs“ n’ont pas le temps de gérer des millions de données chaque jour, chaque mois ou chaque année. Ce que nous devons vraiment savoir c’est comment nous traduisons ces informations et comment nous les partageons pour les rendre utilisables ».
  • Télémédecine : une méconnaissance générale en milieu rural (étude)

    • Il existe une méconnaissance générale de la télémédecine,
    • les médecins expriment leur désir de préserver leur rôle de pivot et d’être acteurs de cette télémédecine qui ne devra pas leur être imposée,
    • les réticences en termes d’aspects juridiques et financiers sont des freins à son développement,
    • la télémédecine devra respecter un cadre légal en termes de responsabilité médicale et de sécurisation des données,

    telles sont les principales représentations que les médecins généralistes ont de la télémédecine en zone rurale, selon une étude publiée dans le numéro de juillet-août 2016 dans la revue Santé Publique.

    L’étude intitulée « La télémédecine en zones rurales : représentations et expériences de médecins généralistes », a été menée en Lorraine à partir de cinq focus groupes réalisés avec 32 médecins entre juin 2014 et juillet 2015.

    Elle explore les représentations de la télémédecine par les médecins généralistes exerçant en zones déficitaires en offre de soins, et identifie les avantages et désavantages perçus de son développement.

    La conclusion de l’étude : « Bien qu’il s’agisse d’une solution permettant de faciliter l’accès aux soins dans les zones déficitaires, les médecins semblent vouloir préserver leur relation médecin-patient et ne se sentent pas prêts à modifier leur pratique ».

  • Le sénat américain propose le remboursement des actes de télémédecine par Medicare

    La commission des finances du sénat américain (bi-partisane) a déposé une proposition de loi visant le remboursement d’actes de télémédecine par Medicare pour les patients souffrant de maladies chroniques.

    Cette proposition baptisée CONNECT for Health Act (Creating Opportunities Now for Necessary and Effective Care Technologies) a été saluée par l’association américaine de télémédecine (ATA) le 27 octobre 2016.

    L’ATA voit cette loi comme une opportunité « d’améliorer grandement l’expérience de Medicare et de favoriser le développement de la télémédecine. »

  • CGI

    Commissariat général à l’investissementnull

  • La FHF veut financer l’innovation dans les établissements de santé par le crowdfunding

    Financer l’acquisition et l’utilisation de produits innovants par les établissements de santé publics en recourant au crowdfunding (financement participatif), c’est l’objectif du nouveau dispositif de déploiement de l’innovation en santé du fonds FHF recherche et l’innovation.

    Dans ce but, le fonds FHF recherche et innovation lance le 2 novembre 2016 une enquête auprès d’entreprises et de start-up afin d’identifier les produits déjà testés et éprouvés sur le terrain, qui pourront être choisis par les hôpitaux et financés par le crowdfunding.

    Enguerrand Habran, directeur du fonds FHF recherche & innovation, ambitionne d’ouvrir les premières plateformes fin juin 2017. Joint par H&TI, il explique les grands principes de ce dispositif.

    Un déploiement prévu en juin 2017

    Contourner les problématiques de l’innovation en santé

    • « Notre mission est de promouvoir l’innovation et de faciliter son déploiement dans les établissements. Mais nous faisons face à trois problématiques:
      • le cadre rigide des marchés publics,
      • le manque de moyens,
      • le problème de l’évaluation des produits ».

    Le financement participatif pour promouvoir l’innovation

    • « Avec cette initiative nous utilisons les nouveaux leviers offerts par la démocratie numérique en permettant aux hôpitaux d’acquérir des produits en dehors des contraintes budgétaires, aux industriels de bénéficier de nouveaux axes de déploiement de leurs solutions, et aux Français d’équiper leurs hôpitaux avec les dernières innovations qui ont fait leurs preuves ».

    Un dispositif en cours de finalisation

    • « Nous sommes encore en train de finaliser le dispositif. Nous constituons actuellement notre réseau de partenaires, dont le Snitem et plusieurs associations de patients font déjà partie, et débutons la phase d’identification des produits et dispositifs. Nous débuterons l’audit dans les mois qui viennent. Les 1res plateformes de crowdfunding seront ouvertes en juin 2017 ».

    Evaluation des produits et des dispositifs

    Le fonds FHF a mis en place un comité d’usage, un comité scientifique ainsi qu’un comité économique afin d’auditer les produits identifiés.

    Des produits à l’utilité prouvée

    • « Seuls les produits qui ont déjà été testés sur le terrain au moins une fois et dont l’utilité a été prouvée seront sélectionnés ».

    50 à 100 produits proposés au financement chaque année

    • « 250 produits ont déjà été identifiés par le fonds FHF au cours de nos différents déplacements. L’idée est de proposer à terme 50 à 100 produits par an d’excellente qualité.
    • « Il ne s’agit pas de financer seulement leur acquisition mais aussi leur utilisation. La démarche est complète : pas question de fournir un produit à un établissement s’il n’a pas les ressources pour l’utiliser par la suite », conclut Enguerrand Habran.
  • Le PLFSS 2017 adopté en première lecture à l’Assemblée

    L’Assemblée nationale a adopté le 2 novembre 2016 en première lecture le PLFSS 2017 par 272 voix pour, 240 voix contre.

    Les députés socialistes, écologistes et radicaux de gauche ont voté en faveur du dernier budget de la Sécu du quinquennat de François Hollande tandis que les députés de droite (LR), du centre (UDI) et du Front de gauche ont voté contre, dénonçant un «budget en trompe l’œil».

    L’essentiel des mesures concernant l’organisation de la santé:
    • En 2017, le déficit du régime général de la Sécurité sociale doit s’établir à 400 M€ (- 3,4 Mds€ en 2016),
    • La branche de l’assurance-maladie restera déficitaire de 2,6 Mds€ (4,1 Mds€ en 2016),
    • L’ONDAM a été relevé de 1,75 % à 2,1 % pour honorer les revalorisations des médecins libéraux et de la fonction publique hospitalière,
    • L’Assurance maladie devra réaliser 4 Mds€ d’économies essentiellement sur le médicament, l’hôpital et la médecine de ville,
    • L’hôpital devra réaliser 1,5 Mds€ d’économies, notamment en optimisant ses dépenses (845 M€) et grâce au développement de l’ambulatoire (640 M€),
    • La liberté d’installation des médecins a été préservée (une tentative de députés socialistes de mettre en place un conventionnement sélectif des praticiens libéraux en territoire surdoté a été rejetée),

  • Chine : Alibaba travaille à la santé du futur

    « Future Hospital », une vision novatrice du secteur mettant à l’honneur les innovations high-tech, du remboursement en ligne des frais de santé à la télémédecine est un des nombreux projets en cours d’Alibaba, acteur principal du marché de l’e-santé chinois.

    Pour mieux comprendre l’importance du géant de l’e-commerce dans le système de santé chinois, H&TI revient sur les ambitions et stratégies d’Alibaba Health Information Technology Ltd, analysées par Cecilia Wu (YiXiu), directrice de la stratégie d’investissement à Sanpei Ventures, une société de capital-risque basée à Shanghai.

    En bref : Malgré d’importantes pertes subies ces dernières années en raison notamment de l’absence d’un cadre légal favorable, Ali Health a depuis rebondi en investissant dans de nouveaux secteurs de l’industrie health tech.

    Le projet « Future Hospital » : plus de 400 partenariats en deux ans

    Le projet « Future Hospital » a été annoncé en mai 2014 par Alipay, le service d’Alibaba en charge des paiements numériques. Alipay prévoit d’utiliser sa propre plateforme pour permettre aux utilisateurs de prendre rendez-vous chez le médecin, de régler leur frais de santé, de consulter les résultats de leurs examens médicaux, le tout à distance, depuis leur ordinateur ou leur téléphone mobile.

    La filiale souhaiterait par ailleurs proposer une navigation à l’intérieur des établissements afin de pouvoir guider les patients d’un département à un autre (accueil, check-up, paiement…)

    L’objectif est aussi à terme d’exploiter les données enregistrées sur le cloud de l’outil pour permettre de mieux identifier les profils des patients et ainsi améliorer l’efficacité des établissements de santé chinois.

    Alipay aimerait également ajouter dans un second temps une fonction « critiques » à son service par l’intermédiaire de laquelle les médecins et les patients pourraient publier des remarques les uns sur les autres après un examen médical.

    Future Hospital : un premier bilan encourageant

    Depuis 2014 :

    • Plus de 400 partenariats ont été signés avec des hôpitaux nationaux (notamment à Pékin, à Shanghai et à Guangzhou) pour proposer aux patients des services de réservation et de paiement en ligne ;
    • 50 millions de personnes ont bénéficié des services Alipay dans le secteur de la santé ;
    • une chaîne d’approvisionnement a été mise en place pour apporter au domicile des patients des médicaments sur ordonnance après un rendez-vous médical vidéo ;
    • Alipay est devenu le partenaire clé de l’hôpital central de Wuhan (sud-est), un établissement de niveau 3A, et lui a ainsi permis de passer d’un système de financement basé sur la prescription de médicaments à un modèle plus sain, centré sur les services médicaux.

    Parmi les problèmes à résoudre : Alipay éprouve certaines difficultés à relier chaque patient à son compte d’assuré. Ce bug nuit à l’automatisation du processus de remboursement via ce nouvel outil. Des solutions sont actuellement explorées pour tenter de résoudre au plus vite le problème.

    Deuxième phase : d’ici 2020-2025

    Une plateforme en ligne à part entière sera mise en place pour permettre de réaliser à distance une prescription médicale virtuelle et mobile, la commande d’une livraison de médicaments, le transfert vers un hôpital, le remboursement de soins et des demandes d’indemnisation.

    Troisième phase : d’ici 2025-2030

    Alipay exploitera de manière encore plus approfondie les capacités de sa base de données et de son service de cloud computing pour mettre au point avec les fabricants de technologies mobiles, les établissements de soins et les organisations gouvernementales une plateforme visant à devenir une ressource clé d’informations de santé, capable d’améliorer la qualité et l’efficacité de l’offre de soin.

    « Il s’agit d’un plan à long terme établi pour effectuer le passage d’une organisation pensée autour de la guérison à un système basé sur la prévention », résume Zhang Jiangang, l’un des dirigeants de la branche AliFinance (Tech.sina.com).

    « Pour l’instant, le programme n’en est qu’au stade du projet pilote, rappelle Cecilia Wu. Nous devons encore attendre avant de savoir s’il sera en mesure d’améliorer le système de santé chinois, un objectif qui ne pourra pas être atteint sans l’instauration de mesures drastiques et d’une politique bénéfique par le gouvernement chinois. Alibaba, en tant que société privée, ne détient pas elle seule la capacité à réformer le système de santé national. Elle a besoin du soutien de l’État. »

    E-santé : les autres projets d’Alibaba Health

    En dehors de son ambitieux projet « Future Hospital », Alibaba Health entend multiplier les innovations sur le marché de l’e-santé chinois, en dépit des obstacles à surmonter, essentiellement d’ordre légal

    Vers une assurance santé numérique commune

    En avril 2016, Alibaba Health Information Technology a accepté de mettre en place une opération liée à l’instauration d’un système d’assurance santé numérique avec six autres entreprises par le biais d’une société de capital-risque. L’investissement s’élève à 1 milliard de yuans (135 M €).

    Les six autres sociétés sont :

    • Taiping Insurance Holdings (Hong Kong) ;
    • Alibaba (China) Technology ;
    • Taiping Life Insurance ;
    • Jiangsu Yuwell Technology Development ;
    • Shenzhen Baiyeyuan Investment ;
    • Shanghai Yunfeng Investment Management.

    « [Alibaba Health] estime que, grâce à cet investissement commun, il sera en mesure de participer à l’instauration d’une assurance maladie numérique, un secteur nouveau et prometteur qui aidera également les acteurs de l’industrie à aligner leurs intérêts sur le marché de la santé [chinois] », a déclaré Wang Lei, le directeur général d’Ali Health, lors de l’annonce officielle de cet accord.

    Une pharmacie en ligne en suspens…

    « En Chine, les ventes en ligne de médicaments en libre accès représentent seulement 1 % des ventes totales de médicaments au sein du pays, contre 30 % aux États-Unis », souligne Mme Wu. Par ailleurs, outre-Atlantique, la vente de médicaments sur ordonnance en ligne occupe 50 % du marché des ventes en ligne de médicaments. En Chine, elle est interdite.

    Le pays ayant récemment assoupli le règlement relatif aux médicaments sans ordonnance, Alibaba a anticipé, espérant que la loi vis-à-vis de la vente de médicaments sur ordonnance devrait à son tour être moins rigide. En avril 2015, le géant de l’e-commerce a donc décidé de transférer son service de pharmacie en ligne sur Yao.tmall.com, une plateforme d’Ali Health qui regroupe divers sites de pharmacies numériques.

    L’accord a finalement été annulé en mars 2016, faute d’approbation de la part du gouvernement : l’autorité de sécurité du médicament chinoise a finalement interdit la vente au détail de médicaments sur Yao.tmall.com. Ali Health n’a pas encore présenté de nouvelle demande.

     … des solutions alternatives envisagées

    Alibaba Health Information Technology Ltd. a connu des pertes conséquentes au cours des deux dernières années, en partie liées à l’échec de sa pharmacie en ligne. Entre 2015 et 2016, la filiale a vu son revenu net chuté de 135,91 %, passant d’une perte de 81,22 millions HK$ (9,6 M €) à une perte de plus de 190 millions HK$ (22,5 M €).

    Ce coup dur n’a pas pour autant découragé la société. L’année dernière, Ma Li, vice-président de la stratégie à Alibaba Health, a annoncé le lancement prochain d’une application de clic & collect. Le principe : les patients intéressés commandent en ligne des produits de santé et les récupèrent ensuite dans une pharmacie située à proximité. Le service permettrait de faire gagner du temps aux patients et aux pharmaciens, qui réduiraient ainsi leur file d’attente.

    Pour remonter la pente, la filiale tente également d’investir dans de nouveaux secteurs du marché, tels que la sécurité des consommateurs et l’imagerie médicale à distance.

    Les points forts d’Ali Health sur le marché de l’e-santé chinois

    Comment expliquer ce quasi monopole d’Ali Health dans le domaine de l’e-santé ? Cecilia Wu perçoit trois raisons principales :

    • 1. « Une entrée précoce sur le marché, dès 2011, soit bien en avance comparé notamment aux autres géants locaux de l’internet. »
    • 2. « L’importance des sommes investies et des contrats signés. »

      Exemple, parmi d’autres, Alibaba Health a investi en mars 2016 225 millions de yuans (environ 30 M €) dans Wanliyun Medical Information Technology, une entreprise d’imagerie médicale, détenant ainsi 25 % de la société. L’objectif de cette alliance est de participer au développement des plateformes de cloud computing et ainsi proposer à terme des services d’imagerie médicale à distance.

      Le consultant Damjan P. DeNoble, partenaire à Rubicon Strategy Group, insiste de son côté sur la rapidité avec laquelle Alipay a été capable de finaliser autant d’accords avec des hôpitaux chinois (plus de 400 en deux ans), alors que les acteurs étrangers et nationaux peinent à parvenir à des arrangements concluants dans un délai si court et avec une portée si importante (Healthintelasia.com).
      Exemple : la plateforme de services médicaux numériques GuaHao (WeDoctor Group) de Tencent a pour l’instant annoncé un seul partenariat avec Wuzhen, une petite ville au nord de la province du Zhejiang, et le business modèle en place ne permet pas encore de faire de profits.

    • 3. « La mise en place de stratégies complètes et adaptées à ce secteur particulier, constamment en cours d’évolution, centrées sur le développement des services aussi bien de paiement, de soins quotidiens, de consultations médicales, de diagnostic et de traitement. »

    L’autre point fort d’Ali Health est d’avoir réussi là où d’autres experts du domaine de la santé ont échoué :

    – Trouver un nouveau business modèle.

    L’un des challenge de la Chine pour assainir son système de santé est de parvenir à déplacer la vente des médicaments en dehors des hôpitaux. Un processus quasi impossible à établir sans l’aide d’un règlement adéquat des autorités. Des initiatives ont échoué à plusieurs reprises.

    Néanmoins, on note une réussite du côté d’Alibaba : en moins de deux ans, l’hôpital central de Wuhan de niveau 3A (province du Hubei, au sud-est de la Chine), est parvenu à mener à bien la transition. C’est le premier succès du genre en Chine, rendu possible grâce à l’utilisation de la technologie Alihealth.

    Pour parvenir à faire du profit sans la vente de médicament, Alibaba Health a donné à l’hôpital une nouvelle solution par le biais de sa plateforme de soins. Son service de télémédecine permet ainsi à l’établissement de traiter rapidement les patients qui n’ont pas besoin de se déplacer à l’hôpital pour consulter un médecin et d’identifier ceux qui ont besoin de services faisant gagner de l’argent à l’établissement.

    Cette solution diminue non seulement la pression subie par le personnel en évitant un surpeuplement de l’hôpital et engendre un flux de patients plus sain, générateur de revenu.

    Ce modèle va sûrement permettre à Alibaba de bénéficier d’un soutien financier des autorités publiques mais aussi d’attirer l’attention d’autres grands hôpitaux, qui vont être de plus en plus demandeurs de partenaires dans le secteur de l’e-santé dans les années à venir.

    – Améliorer l’accès à la santé dans les zones rurales.

    Ali Health commence à y parvenir par le biais des services de télémédecine qu’il déploie progressivement au sein du pays. « [Ce challenge] est le Saint Graal de la santé mondiale et de la santé publique (…) Si Ali Health continue à faire des progrès à ce niveau, sa technologie pourrait bien être exportée à travers le monde entier », analyse Damjan P. DeNoble.

    Alibaba, leader indétrônable du marché de l’e-santé ?

    Quand on lui demande si Alibaba pourrait être rattrapé par d’autres acteurs privés du marché, comme Tencent ou Baidu, Cecilia Wu est explicite : « Pour l’instant, je ne pense pas. »

    Pour l’experte, le fait qu’un groupe privé soit le leader du marché de l’e-santé n’est par ailleurs pas un problème. « Les hôpitaux publics gérés par l’État suivent actuellement le business modèle le plus rentable de la même manière que les entreprises privées, soit un système basé sur l’ordonnance abusive de médicaments, la réalisation inutile d’examens médicaux, etc. S’ils dominaient le marché, pourraient-ils agir d’une façon plus éthique que les sociétés privées ? J’en doute. Au fond, peu importe quel type d’entreprises mènent le secteur ici. Le résultat serait à peu près le même. »

  • How Alibaba drives the Chinese eHealth market

    Alibaba is the key player in the Chinese market for e-health. Its current main project is its Future Hospital plan, a new vision of the sector highlighting high technology innovations, such as telemedicine services and advanced IT systems.

    To better understand the importance of the giant e-commerce in the Chinese healthcare system, H&TI focus on ambitions and strategies of Alibaba Health Information Technology Ltd, the group’s healthcare subsidiary, commented by Cecilia Wu (Yixiu) Investment Strategy Manager at Sanpei Ventures, a venture capital company (Shanghai).

    In short: Despite significant losses in recent years because of a lack of regulatory support, Ali Health have not give up and is now investing in new sectors of the health tech industry.

    Future Hospital Plan: over 400 partnerships in two years

    The Future Hospital plan was announced in May 2014 by Alipay, the Alibaba’s department dedicated to digital payments. Alipay plans to use its own platform to allow users to make an online appointment with the doctor, to pay online their health costs and to see the results of their medical examinations from their computer or mobile phone.

    The subsidiary would also propose an indoor navigation within hospitals to guide patients from one department to another (reception, check-up, payment…).

    The aim of this project is also to use the data stored on Alipay’s cloud and database to allow better identification of patient profiles and thus improve the efficiency of Chinese healthcare facilities.

    Alipay would also like to develop in a second time a review function through which doctors and patients could publish notes about each other after a medical appointment.

    Future Hospital: first results are promising

    Since 2014:

    • More than 400 partnerships have been signed with hospitals (including Beijing, Shanghai and Guangzhou) to provide reservation services and online payment;

    • 50 million people benefited from Alipay services in the health sector;
    • A supply chain has been set up to provide patients with prescription drugs at home, after a medical appointment video;
    • Alipay has become the key partner of the Central Hospital of Wuhan (southeast), a class 3A hospital, and has enabled the establishment to transition effectively from a drug-prescription based revenue model to one based on medical services.

    There is however still problems to solve. Alipay in particular has some difficulty connecting each patient on an insured account. This bug prevents automated refund process through this new tool. Solutions are being explored to try to resolve as quickly as possible the problem.

    Second phase: 2020-2025

    Alipay will establish a comprehensive online platform to achieve virtual mobile prescription, medicine delivery, transfer to a hospital, medical care insurance reimbursement and damage claims.

    Third phase: 2025-2030

    Alipay will further utilize its database and cloud computing capability to develop with mobile technology manufacturers, medical care institutions and even government agencies a resource backed healthcare management platform.

     “This is a long term plan to realize the shift from cure to prevention,” Zhang Jiangang, an exec at AliFinace said (Tech.sina.com).

    “So far it is still in pilot project stage, Cecilia Wu said. Whether it can improve the Chinese healthcare system, we need to wait and see. The health care system will not improve without drastic measures and policy from the Chinese government. Alibaba, as a private company, does not have such capability all by itself without government support.”

    Other Alibaba Health projects

    Except his ambitious « Future Hospital » plan, Alibaba Health intends to increase innovation in the Chinese eHealth market.

    An online health insurance

    In April 2016, Alibaba Health Information Technology has agreed to establish an internet health insurance-related operation with six other companies through a venture with a proposed registered capital of 1 billion yuan (€ 135 million).

    The other companies are:

    • Taiping Insurance Holdings (Hong Kong);
    • Alibaba (China) Technology;
    • Taiping Life Insurance;
    • Jiangsu Yuwell Technology Development;
    • Shenzhen Investment Baiyeyuan;
    • Shanghai Yunfeng Investment Management

    “[Alibaba Health]The company believes that through the joint venture, it will be able to participate in internet health insurance, which is a new and promising business area that will also help to align the interests of the participants in [China’s] health care market,” Ali Health chief executive Wang Lei said.

    Alibaba’s online pharmacy is outstanding …

     “In the US e-commerce channel stands for 30 % of total drug sale versus less than 1 % in China, Cecilia Wu said. US online prescription drug sale occupies 50 % of the drug e-commerce while in China it is a forbidden territory.”

    As the authorities have recently relaxed the regulation of non-prescription drugs (over-the-counter drugs or OTC drugs) online sale, Alibaba anticipated, considering that the law on the online sale of prescription drugs should be soon less strict. “Several months ago, China FDA even halted and prohibited the OTC drug retailing on Alibaba’s Yao.Tmall, the marketplace to aggregate diverse online pharmacy vendors.”

    … Alternatives are being considered

    Alibaba Health Information Technology Ltd. has experienced significant losses in the last two years, partly due to the failure of its online pharmacy. Between 2015 and 2016, its net income fell by 135.91%, from a loss of HK$ 81.22 million (€ 9.6 M) to a loss of over 190 million HK$ (€ 22,5 M).

    This setback has not discouraged the company yet. Last year, Ma Li, vice president of strategy and products at Alibaba Health, announced the upcoming launch of an application allowing patients to look for products online and pick up them from nearby pharmacies.

    To get better, the company is also trying to invest in new market sectors, such as consumer safety and remote medical imaging.

    The strengths of Ali Health in the Chinese eHealth market

    How to explain this monopoly of Alibaba Health in the eHealth sector? Cecilia Wu sees three main reasons:

    • 1. A very early starter to tap into this sector, back in 2011, in particular compared with other local internet giants.” 
    • 2. “Its investment amount and deals in e-health sector.”

      Example: in March, Alibaba Health has invested worth RMB 225 million (€ 30 M) in Wanliyun Medical Information Technology, a medical imaging company, holding now 25% of the company. This investment “will enable it to participate in the new and promising area of the use of cloud computing platforms to provide remote medical imaging services”, Alibaba Health said.

      Damjan P. DeNoble, partner Rubicon Strategy Group, notes that AliHealth has been quickly able “to scale its public hospital partnerships”, while foreign and domestic key players struggle to achieve conclusive arrangements in such a short time and with such a large scope (Healthintelasia.com).

      Example: the platform of digital medical services GuaHao (WeDoctor Group) Tencent has only announced a partnership with Wuzhen so far and the current business model does not allow it to turn a profit yet.

    • 3. “A full-fledged and comprehensive  e-health strategies working in progress, covering payment, daily health care, medical appointment& consultation, medical diagnosis & treatment, etc.”

    The other strength of Alibaba Health is to have succeeded where other experts in the field failed.

    – Finding a sustainable business model. 

    One of China’s challenge to improve its health system is to move the sale of drugs outside hospitals. A process almost impossible to establish without using a proper settlement of the authorities. Initiatives have failed repeatedly. Except for Alibaba. Within two years, the Central Hospital of Wuhan level 3A (Hubei Province, southeast China), managed to complete the transition. This is the first success of its kind in China, made possible through the use of Ali Health’s technology.

    To successfully make profit without selling drug, Alibaba Health gave the hospital a new solution through its health platform. Its telemedicine service allows to establish quickly treat patients who do not need to travel to the hospital to see a doctor and to identify patients that needed services that will make the hospital money. This solution loosens pressures on hospital crowding and creates a healthy stream of revenue-generating patients.

    This model will surely allow Alibaba to receive financial support from public authorities but also attract the attention of other large hospitals, which will be increasingly looking for partners in the area of eHealth in the coming years.

    To achieve make profit without selling drug, Alibaba Health gave the hospital a new solution through its health platform. The telemedicine service allows to establish quickly treat patients who do not need to travel to the hospital to see a doctor and to identify patients who need services that earn money to the establishment. This solution not only appeases the pressure on staff by avoiding hospital overcrowding and generates a stream of healthier patients, income generator.

    This model will surely allow Alibaba to receive financial support from public authorities but also attract the attention of other large hospitals, which will be more and more applicants partners in the e-health sector in the years to come.

    – Improving access to health care in rural areas.

    Health Ali begins to improve access to care in remote areas through telemedicine services that the group gradually expanding within the country. “[The challenge] is the holy grail of global health and public health (…). If Alihealth continues to make advances in this area, its technology may well be exported to all corners of the world”, Damjan P. DeNoble said.

    Is Alibaba an invincible leader of the Chinese eHealth market?

    Does other private companies, such as Tencent or Baidu, become better than Alibaba in the Chinese eHealth market? “For now, I do not think so”, Cecilia Wu answers.

    And according to the expert, the fact that a private group is the market leader is not a problem. “Currently state-owned public hospitals follow the profitable business model like private companies, which caused unethical conducts as well, i.e. heavy drug prescription for the patient, unnecessary medical check up/exams…If they lead eHeath market, can they act as a better angel? I doubt it. It does not matter which type of company here.”