« Nous avons pris conscience lors du dernier sommet que l’intégration des soins était d’une importance capitale et qu’il nous fallait travailler tous ensemble afin de fournir de meilleurs soins, de plus grande qualité, tout en optimisant les coûts. »
« Nous devons désormais passer à l’étape suivante et nous concentrer sur “définir, mesurer et impacter”, continuer à travailler sur le parcours de soin et bâtir des preuves solides autour des bénéfices de l’innovation numérique. »
« Le cloud computing, la cyber-sécurité, l’interopérabilité, la m-santé, sont autant d’éléments importants qu’il faut surveiller, au moment où la réglementation sur la protection des données menace le potentiel de l’innovation numérique. »
« Les régulateurs débattent et réfléchissent activement, mais le cadre réglementaire pour supporter l’innovation n’existe pas encore. Au niveau mondial, il y a des initiatives allant vers la convergence réglementaire, mais les résultats ne sont pas encore significatifs. »
Nicole Denjoy est secrétaire générale du COCIR, qui organise le 8 décembre 2016 son 3e sommet e-santé dans le cadre de la semaine de l’innovation digitale de la commission Européenne.
Elle présente pour H&TI les principales tendances de la e-santé dans le monde et les recommandations du COCIR afin d’optimiser le développement et l’utilisation de manière effective de l’innovation numérique en santé.
Le Cocir organise le 8 décembre 2016, son 3e sommet e-santé à Bruxelles. Pouvez-vous nous présenter l’évènement plus en détail?
Notre sommet se déroule dans le cadre du sommet de l’innovation digitale de la Commission Européenne qui se tient la semaine du 5 décembre 2016. Le COCIR est un partenaire privilégié de la Commission et nous avons décidé de concentrer notre 3e sommet e-santé sur l’innovation digitale, à travers trois idées :“définition, mesure, impact.”
Notre sommet accueille des intervenants de haut niveau, à commencer par le commissaire Vytenis Andriukaitis de DG Santé. Le sommet sera animé par John Bowis, ancien ministre de la santé britannique et proposera quatre tables rondes composées de différents acteurs de la santé numérique.
En quoi ce type de journée est important ?
Il s’agit d’une opportunité de réunir chaque année des membres actifs de la e-santé de différents pays et secteurs comme le social et les politiques de santé. L’année dernière, notre sommet s’était intéressé à l’importance de la e-santé dans le contexte de l’intégration des soins. Cette année nous voulons nous pencher sur les évidences et mieux comprendre comment la santé numérique peut favoriser la stabilité des systèmes de santé en Europe et dans le monde.
Qu’est-ce qui a changé depuis l’organisation du 1er sommet?
Nous avons pris conscience lors du dernier sommet que l’intégration des soins était d’une importance capitale et qu’il nous fallait travailler tous ensemble afin de fournir de meilleurs soins, de plus grande qualité, tout en optimisant les coûts.
C’est pourquoi nous avons lancé un appel à action au parlement européen en juin 2016 sur l’intégration des soins avec plusieurs partenaires actifs dans la santé numérique. Cet appel fédère actuellement plusieurs organisations souhaitant travailler ensemble autour de 10 actions clés (www.integratedcarealliance.org).
Nous devons désormais passer à l’étape suivante et nous concentrer sur “définir, mesurer et impacter”, continuer à travailler sur le parcours de soin ensemble et bâtir des preuves solides autour des bénéfices de l’innovation numérique.
Quelles sont les grandes tendances de la e-santé aujourd’hui dans le monde?
La tendance principale aujourd’hui consiste à mieux comprendre la façon d’optimiser les systèmes de santé à l’aide des outils des TIC en santé. Nous devons également comprendre les dynamiques des processus et comment utiliser le potentiel du Big data, tout en conservant une stratégie basée sur les l’optimisation des soins fournis au patient.
Le cloud computing, la cyber-sécurité, l’interopérabilité, la m-santé, sont autant d’éléments importants qu’il faut surveiller, au moment où la réglementation sur la protection des données menace le potentiel de l’innovation numérique.
Où en est l’e-santé en Europe, dans le monde ?
En tenant compte du vieillissement de la population et du fardeau des maladies chroniques, des pays comme les Etats-Unis, le Japon ou la Chine sont en ce moment même en train de travailler à améliorer la convergence réglementaire tout en partageant les bonnes pratiques, bilatéralement ou à travers des organisations comme l’OMS ou l’OCDE.
Les institutions et gouvernements ont-ils saisis tous les enjeux représentés par l’innovation en santé aujourd’hui ?
Oui, ils réfléchissent activement aux moyens de récompenser et financer l’innovation. Il reste toutefois un long chemin à parcourir. Les réformes des systèmes de santé sont plus nécessaires que jamais.
Les politiques et le cadre réglementaires sont-ils adaptés ?
Les régulateurs débattent et réfléchissent activement, mais un cadre réglementaire pour supporter l’innovation n’est pas optimal. Au niveau mondial, il y a des initiatives allant vers la convergence réglementaire, mais les résultats ne sont pas encore significatifs. Le cadre réglementaire pour supporter l’innovation manque de synchronisation entre les politiques de santé, environnement, e-santé, recherche, finance, etc.
Qu’en est-il du marché?
Le marché est toujours éclaté pour les porteurs de solutions de santé numériques. Nous devons accélérer le déploiement d’outils à une plus grande échelle.
Quels outils le COCIR propose-t-il à ses membres pour répondre à ces grands enjeux?
Le COCIR diffuse en permanence les opinions et les idées des industriels sur l’utilisation du potentiel de la e-santé. Aujourd’hui, nous recommandons de travailler sur le parcours de soins et la collecte de preuves. Nous devons tous définir et mesurer si nous voulons obtenir des résultats impactants et apporter des solutions constructives aux patients ou à la population. Nous lançons aujourd’hui 2 papiers : un sur les soins integrés et l’autre sur le potentiel du Big Data.