La téléassistance et la télésanté tendent à converger en raison des évolutions technologiques, selon l’étude du PIPAME « L’avenir du marché de la téléassistance et des services associés », présentée le 24 février 2017 : miniaturisation des équipements, protocoles de communication de l’internet des objets, connexion à des plateformes de traitement des données.
Cette convergence va entraîner une modification des équilibres stratégiques du secteur, au profit des mutuelles et assureurs.
La téléassistance, un marché fortement concentré
- les 5 leaders du marché captent plus de 70 % des abonnements (Vitaris, Présence Verte, GTS Mondial, Europ Assistance, Filien ADMR).
- les 10 plus grands acteurs du marché captent 86 % des abonnements.
3 groupes stratégiques dominent le marché :
- assurances et mutuelles : 27 %
- spécialistes (Assystel, Vitaris, Bluelinea…) : 27 %
- secteur associatif : 27 %
S’ajoutent à ces groupes les banques (4%) et les acteurs de la sécurité (7 %).
Deux nouveaux entrants se positionnent sur le marché :
- La Poste, qui s’appuie sur son réseau de facteurs ;
- Orange, qui a notamment conclu un partenariat avec Harmonie Mutuelle en mai 2016.
Une filière fragilisée
Le nombre d’abonnés à un service de téléassistance a connu une augmentation régulière ces dernières années, pour atteindre 580 000 en 2015.
A contrario, le chiffre d’affaires global du secteur stagne à 112 millions d’€ en 2015. Cette stagnation est due à une forte compression des prix.
De plus, l’écosystème de la téléassistance est fortement dépendant de la commande publique, avec un tiers du marché géré directement par les départements (délégation de services publics, marchés publics). Cette politique sociale contribue au développement de la téléassistance, mais ne permet pas d’impulser une dynamique d’innovation commerciale et technologique, cette dernière n’étant pas une priorité pour les acteurs publics.
Des opportunités manquées avec Paerpa et TSN
Les auteurs de l’étude regrettent le manque d’implication des assisteurs dans les projets Paerpa, alors que la téléassistance pourrait contribuer aux objectifs poursuivis par ce programme : suivi des personnes post-hospitalisation, détection des chutes, sécurisation de la prise de médicaments via les piluliers connectés, etc.
Quant à TSN, 3 projets pourraient, selon l’étude, présenter des synergies avec la téléassistance :
- Autonom@dom : bouquet de services, coordination des intervenants, plateforme téléphonique d’information et d’orientation des personnes ;
- XL ENS : télésuivi de personnes atteintes de cancer, gestion d’appels de convivialité, suivi des urgences hors des heures ouvrables par le service départemental d’incendie et de secours des Landes ;
- E TICSS : coordination des intervenants, mise en place de capteurs connectés.
Le rapprochement avec la télésanté autour du traitement des données
Certains téléassisteurs commencent à développer des services innovants autour de la prévention, avec une analyse des données collectées par les équipements et capteurs. Dans cette logique, les informations de télésanté pourraient être intégrées avec les services de téléassistance pour permettre un suivi continu de la personne. Les plateformes de téléassistance pourraient alors devenir un point de concentration des données de différentes natures.
Les auteurs de l’étude soulignent l’avantage compétitif des mutuelles et assureurs dans cette perspective :
- l’offre de téléassistance peut s’inscrire dans une perspective d’accompagnement du parcours de vie des personnes et de fidélisation des clients ;
- elle peut apporter des gains aux mutuelles et assureurs en réduisant les risques d’hospitalisation et les coûts liés au retour à domicile après hospitalisation ;
- les investissements financiers sont modestes à l’échelle de l’activité de ces groupes.