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  • HIT17 : codification du parcours patient par un algorithme (Sancare)

    Thomas Duval, fondateur de Sancare, a accordé un entretien à Health&Tech Intelligence dans le cadre de la Paris Healthcare Week, sur le logiciel de codification du parcours patient développé par la start-up.

    Quelle innovation porte votre start-up ?

    Nous faisons du machine learning, avec des modèles probabilistes qui apprennent des données où il y a à la fois les input et les résultats. Ils apprennent autour de cela et ensuite ils sont capables de prédire le résultat à partir uniquement des input. Donc c’est tout ce qu’on appelle le deep learning, le machine learning ou l’IA, cela regroupe toutes ces techniques. On les applique aux processus de facturation des hôpitaux : en pratique, un hôpital doit envoyer à l’assurance-maladie des codes qui décrivent le séjour du patient, décrire ce qui s’est passé, quel diagnostic a été établi, et en fonction de cela l’Assurance-maladie va déterminer un tarif et payer l’hôpital. 

    Donc si l’hôpital veut être payé par rapport à ce qu’il a réellement effectué, il faut qu’il fournisse les bons codes. Actuellement, c’est un processus qui ne fonctionne pas très bien car ce sont les médecins qui rentrent ces codes et en oublient ou ne les rentrent pas correctement.

    C’est pourquoi nous proposons d’automatiser en partie ce processus : nous allons prédire avec le machine learning en lisant le dossier patient quels sont les codes à envoyer à l’Assurance-maladie.

     Vous codifiez donc le parcours du patient ? 

    On peut modifier légèrement la tarification qu’a réalisé le médecin : la différence entre l’humain et la machine réside dans le fait que la machine n’oublie rien et donc il peut y avoir des éléments en plus que la machine voit que l’humain n’aurait pas vus.

    Quel est votre business model ?

    Notre produit est à destination des hôpitaux et des cliniques, publics et privés. C’est en réalité un paiement à l’usage: du SaaS, un paiement au service, proportionnel au nombre de séjours que l’hôpital réalise.

    Êtes-vous les seuls sur le marché français ?

    A priori, il existe une autre start-up mais les autres proposent de « vieilles technologies » utilisant un moteur de règles donc pas du tout un modèle probabiliste. Un moteur de règles en pratique c’est « si j’ai ça, ça ça, alors c’est tel code », donc ce sont des éléments que l’humain a pensé puis rentré dans la machine, tandis que nous, nous utilisons un modèle probabiliste. On ne lui dit rien et la machine elle-même recrée ses combinaisons. Or, il existe une énorme différence entre l’humain et la machine : l’humain a une capacité finie de compréhension des interactions donc il va forcément en oublier ou ne pas voir certaines, notamment celles qui sont peu fréquentes, alors que la machine va voir toutes les corrélations possibles. Donc la machine perçoit forcément beaucoup plus de choses que l’humain.

    Votre start-up est donc responsable de l’algorithme si un jour il existe une erreur dans la codification du parcours ? 

    Nous en fait nous réalisons une proposition et ensuite les départements d’information médicale (DIM) qui traitent les données médicales valident ou pas cette proposition. Donc cela demeure un outil d’assistance.

    Est-ce que les DIM peuvent paramétrer votre solution ou c’est réellement un produit fini ?

    Les DIM ne peuvent pas la paramétrer car d’un point de vue méthodologique on ne donne aucune information à l’algorithme. En revanche l’algorithme se nourrit des choix que font les DIM. En pratique, les DIM vont décider que la codification est correcte ou ne l’est pas. Et si ce n’est pas correct le DIM va rentrer le bon code, l’algorithme va alors intégrer cette information-là et utiliser cette dernière pour les fois suivantes. Donc plus l’algorithme est utilisé, plus il tend à s’améliorer.

    L’algorithme ne peut donc que s’améliorer ?

    En fait, il s’améliore rapport à ce que l’humain fait. Si l’humain fait n’importe quoi, l’algorithme fera n’importe quoi.

    Il subsiste donc une subtile composante humain-dépendant ?

    Tout dépend de l’apprentissage que l’on fournit à l’algorithme.

    Qu’en est-il de votre position en Europe ?

    Pour l’instant, nous ne sommes que sur le marché français. En revanche, la problématique de la tarification à l’activité touche plusieurs pays d’Europe (et de l’OCDE), presque la totalité excepté l’Espagne et l’Italie, dans les grands pays. Donc ils sont forcément confrontés à cette problématique qui consiste à donner à un payeur quel qu’il soit, public ou privé, les codes, d’autant plus que la classification est assez internationale donc souvent ils utilisent la même ou quelque chose d’assez proche et seront donc également confrontés à cette problématique d’automatisation. Donc c’est une solution qui devrait s’avérer facilement exportable.

    Comment avez-vous été financés ? Avez-vous été incubés ?

    Nous sommes en phase d’incubation chez Paris Biotech Santé, nous sommes dans le processus de sélection pour être incubés. Au départ nous nous sommes financés nous-mêmes et actuellement nous réalisons une levée de fonds.

    Avez-vous travaillé en partenariat avec les hôpitaux ou les cliniques ?

    Tout à fait, nous avons 3 hôpitaux et cliniques partenaires pour l’instant. Nous avons développé le produit avec eux. Actuellement nous travaillons avec de plus en plus de cliniques et d’hôpitaux.

    Votre produit ayant déjà été testé, quels sont les retours des professionnels de santé en termes de changements de pratiques professionnelles ? 

    Ils sont intéressés par nos résultats, il existe donc un véritable attrait pour ce que nous proposons. Cela leur procure un gain de temps mais il est pour l’instant trop tôt pour l’évaluer, il faut tout d’abord que l’humain fasse confiance à la machine. Or cette confiance se construit. Donc ce que l’on fait c’est qu’on montre à l’humain les éléments du texte qui ont entraîné la prédiction. Donc nous l’aidons : plutôt de se retrouver face à une boîte noire renfermant code dont on ignore l’origine, on lui présente telle phrase, tel élément, sur lequel l’algorithme s’est basé pour élaborer sa prédiction. Ainsi l’humain peut contrôler plus facilement le code. Je pense que plus l’humain va utiliser l’algorithme plus il va se rendre compte que lorsque l’algorithme dit que le résultat est correct, il l’est, et que lorsqu’il ne sait pas, il dit qu’il ne sait pas. Progressivement un changement va s’opérer et l’humain ne relira plus la machine et lui fera confiance. Cela nécessite encore un peu de temps.

     Excepté ce frein humain, en avez-vous identifié d’autres ?

    Non, seulement les classiques; il existe des contraintes sur les données de santé mais on les respecte, la question ne se pose pas. Peut-être concernant la capacité à aller voir les hôpitaux et à ce que l’on soit écouté, ce qui concerne toutes les start-up. Nous ne sommes confrontés qu’aux freins traditionnels auxquels font face toutes les start-up.

    Personne ne vous a confronté à une problématique d’éthique ? 

    Non, car notre solution n’est pas à visée médicale. Notre logiciel n’est pas à but médical, on ne prend aucune décision pour un patient, c’est purement administratif. De ce point de vue là, toute la partie éthique disparaît presque instantanément à partir du moment où nous n’avons pas cette application médicale. C’est un outil automatique qui représente un gain de temps donc il y aura peut être besoin d’un peu moins de personnel au niveau du DIM. Mais il faut d’abord que les gens fassent préalablement confiance à l’outil.

    La formation des praticiens à votre outil est-elle prévue ?

    La formation est assez simple, de même pour l’outil. On peut plus parler d’une phase d’explications afin qu’ils comprennent comment cela fonctionne plutôt qu’une formation, car l’outil est plutôt intuitif en termes d’utilisation

     

  • Agnès Buzyn nommée ministre des Solidarités et de la Santé

    Agnès Buzyn a été nommée ministre des Solidarités et de la Santé dans le gouvernement composé le 17 mai 2017 par Edouard Philippe.

    Hématologue, Agnès Buzyn était présidente du collège de la Haute Autorité de Santé depuis 2016 après avoir été présidente de l’Institut National du Cancer de 2011 à 2015.

  • Mounir Mahjoubi nommé secrétaire d’Etat chargé du numérique

    Mounir Mahjoubi a été nommé secrétaire d’État chargé du numérique dans le gouvernement d’Edouard Philippe le 17 mai 2017.

    Mounir Mahjoubi a notamment été président du Conseil national du Numérique.

  • Canada : déploiement des projets de santé numérique au ralenti malgré des investissements (2nd part)

    300 m$, soit 210 m€, pour 5 ans, tel est le budget d’Inforoute Santé du Canada annoncé en mars 2017 par le gouvernement canadien. Inforoute santé est une association à but non lucratif créée en 2001 chargée de promouvoir et déployer la santé numérique dans les 13 régions canadiennes.
    Health&Tech Intelligence réalise une étude approfondie en 3 parties, de son action, sa gouvernance et de ses résultats avant de dresser un parallèle avec la France.

    L’articulation Association  Nationale / Politiques Régionales peu favorable au déploiement des projets de santé numérique – Partie 2

    Inforoute santé du Canada, dès l’origine, a choisi de se positionner comme « investisseur stratégique ». Le bureau du vérificateur (l’équivalent de notre Cour des Comptes), a épinglé en 2010 le risque d’un manque de suivi de l’exécution des projets et notamment du respect du cadre d’interopérabilité pancanadien.

    Si la généralisation des PACS peut être considérée comme l’un des grands succès d’Inforoute, comme pour le NHS anglais, l’impact global du programme est plus nuancé. Ainsi Inforoute de Santé a réussi à lancer des appels d’offre commun au niveau fédéral pour les PACS, dans d’autres domaines, l’articulation avec les politiques de santé provinciales s’est avérée plus difficile. Le pouvoir fédéral ne peut que suivre l’exécution des programmes qu’Inforoute de Santé cofinance, sans cependant interférer avec les décisions opérationnelles des provinces et territoires.

    Surcoûts, démissions politiques, échecs des stratégies régionales au Québec et en Ontario

    Les provinces également engagent d’ambitieux projets qui peuvent rencontrer à leur tour d’importantes difficultés et altérer l’image des grands projets en santé numérique. C’est particulièrement le cas dans les deux provinces les plus peuplées, l’Ontario et le Québec (2/3 de la population totale du Canada : 13,5 millions en Ontario, 8.1 millions au Québec). 

    Les projets provinciaux de DSE qui ont pu bénéficier des subventions d’Inforoute de Santé Canada, le DSQ au Québec et « l’Electronic Health Record » en Ontario, ont pu défrayer la chronique et attirer des critiques. Le coût initial du DSQ a été évalué à 543 m$ Canadiens (380 millions d’€), il ne sera achevé qu’en 2021 pour un coût total réévalué à 1.8 Md$ canadien (1.26 Milliards d’€).

    Les difficultés du projet Ontarien lancé en 2002 ont poussé le ministre de la santé de la province à la démission en 2009. L’échec du premier projet de DSE unique pour la province a été analysé et mis sur le compte des divergences entre l’échelon de la province, les réseaux locaux (proches des GHT Français) et l’absence de coopération avec l’échelon fédéral représenté par Inforoute de Santé Canada. A noter l’estimation des dépenses totales en santé numérique de l’Ontario sur la période 2002-2016 est de 8 Md$ (5.6 milliards d’€). En 2015, les projets de eSanté Ontarien ont bénéficié d’une enveloppe de 900 m$ canadien (630 millions d’€).

     

    Le financement fédéral peut sur le long terme, ressortir comme relativement insuffisant pour vraiment peser sur les orientations et les projets engagés par les plus grandes Provinces, elles-mêmes confrontées au défi de la gouvernance de projets jugés comme centralisateurs par des acteurs locaux.

    En effet, une rapide décroissance du budget alloué à Inforoute Santé du Canada est constatée à partir de 2010, année qui a permis le financement des dossiers médicaux des médecins et professionnels de santé de premier recours avec une enveloppe de 340 M$ (230 M€). On peut en déduire un possible affaiblissement du poids de l’initiative transcanadienne suite à la crise économique de 2008 et à la Grande Récession qui a suivi (voir graphique). 

     Subventions fédérales Inforoute de Santé Canada

    Dépenses engagées par année fiscale (gris) et versements effectuée (bleu) par année fiscale

    Le nombre de projets financés est passé de 53 en 2003-2004 à 300 en 2009-2011 (versements : 20% en début de projet, 30% intermédiaire et 50% à l’achèvement).

     

    L’insuffisance du financement national d’inforoute en question

    Un autre élément peut aller dans ce sens d’un constat sur l’insuffisance de financement. Vu des USA, l’évolution vers la maturité des DPI des établissements de soins canadiens a fait du surplace. Pour HIMSS Analytics US, c’est faute d’un investissement suffisant : le score EMRAM n’a pas bougé entre 2007 et 2016 au Canada alors qu’avec les mêmes solutions fournies par les mêmes éditeurs, le score EMRAM des DPI des établissements de soins américains, grâce au programme de subvention « Meaningful Use », a rapidement évolué vers le niveau de maturité (EMRAM 6) qui permet de miser sur un retour sur investissement grâce à l’amélioration de la qualité et la sécurité des soins.

    Les subventions d’Inforoute sont désormais loin de représenter une part importante des investissements des deux provinces. Cette part était de 75% au début du programme entre 2003 et 2008, elle ne devrait plus représenter que 10 ou 20% des engagements nécessaires à la poursuite du projet de DSE dont le coût a été sous-estimé. L’hétérogénéité reste assez forte et pose la question de la faisabilité, à un terme plus ou moins éloigné, de l’aboutissement d’un programme « pancanadien » de dossier médical partagé interopérable.

    Les prescriptions, les comptes rendus d’hospitalisation ainsi que les résultats de laboratoire sont désormais disponibles dans la plupart des provinces et territoires mais encore insuffisamment consultés par les praticiens. La mise en œuvre du DSE est encore aujourd’hui estimé par Inforoute Santé Canada comme faisant face à un risque important d’échec.

     

    Carte des risques 2016

    Inforoute de Santé Canada Rapport Annuel

  • Silver éco : Humanis lance Hadagio, plateforme numérique médico-sociale pour les seniors fragiles

    Humanis a déployé le 12 mai 2017 un portail de services à destination des personnes âgées, et notamment fragiles, censé faciliter leur maintien à domicile.

    Il s’agit d’un outil s’inscrivant dans le cadre de l’opération « Réseaux de confiance » d’Humanis dont l’objectif est de rompre l’isolement des personnes âgées et de proposer une meilleure garantie de qualité des services en s’appuyant sur un ensemble de personnes issues de différentes sphères d’aide aux seniors, la famille y compris, et se connaissant entre elles.

    Hadagio réunit un bouquet de services autour de la sécurité des seniors à domicile grâce aux objets connectés surveillant leur état de santé, du bien-être et de la prévention en proposant des outils pour devenir acteur de sa santé et de la communication renforcée entre professionnels de santé qui suivent ces seniors.

    L’outil s’adresse aussi bien aux particuliers qu’aux établissements.

    Prolongement d’un modèle économique innovant

    Humanis, le groupe paritaire de protection sociale, est engagé dans une démarche structurée de transformation digitale. Hadagio est l’une des solutions émanant de cette stratégie mise à disposition des foyers abritant des personnes dépendantes. Il est à la fois le reflet d’un nouveau modèle économique hissant haut l’économie locale et solidaire et relayant le pouvoir d’action au sein du réseau qui gravite autour de la personne dépendante.

    Services proposés

    Hadagio propose des services que l’on peut classer en 3 catégories principales:

    • la télésurveillance et le monitoring: pour garantir une meilleure sécurité et la prévention des chutes, grâce à des caméras émettant des images des personnes âges vers un centre de personnes agréées, ou surveiller en continu les paramètres de vie via un système de capteurs connectés qui permettent de tracer des courbes ou de lancer des alertes; le lien avec un centre d’appel fait également partie de l’offre pour gérer les situations à haut risque
    • la coordination du corps médical gravitant autour de la personne dépendante et sa famille: suivi du patient et planification des actes médicaux, communication entre les différentes professions, consultations à domicile et a fortiori prévention des complications
    • l’engagement social et la prévention: soutien à la motivation, un service de messagerie, liste des visites, chat pour les personnes enclines aux nouvelles technologies, dossier comportemental pour le suivi nutritionnel, bilan d’énergie dépensée, un panel d’outils pour devenir acteur de sa santé.

    Utilisateurs divers

    Le service est adapté aux particuliers fragiles et leurs aidants. Les services de surveillance sont en particulier censés aider, soulager et rassurer les familles et les aidants.

    Les professionnels de santé sont également visés car ils peuvent utiliser l’outil pour un meilleur suivi du patient et une meilleure coordination entre professionnels intervenants sur un même dossier patient.

    L’outil est à destination des établissements accueillant des personnes dépendantes (EHPAD, résidences seniors, hôpitaux et cliniques, PSAD) pour un suivi renforcé et pour donner une réponse immédiate aux alertes et socialiser la personne.

    Les structures territoriales peuvent y trouver leur intérêt pour créer de nouvelles activités économiques.

  • Québec 2017-2022 : 100 M$ pour développer un cluster en IA dans le Grand Montréal

    L’intelligence artificielle est la pierre angulaire du développement économique de la métropole montréalaise.
    Le gouvernement québécois a annoncé le 15 mai 2017 l’instauration d’un comité d’orientation chargé d’élaborer un plan stratégique permettant la création d’un cluster québécois en intelligence artificielle (IA).
    Le gouvernement oriente la métropole vers un positionnement sur ce créneau d’excellence et espère un rayonnement à l’international. Il se donne 5 ans pour développer le cluster et débourse 100 M$ (67M€) au développement du cluster.

    Il s’agit de donner davantage d’élan à l’émergence de l’innovation déjà soutenue par une recherche académique très centrée sur l’IA, animée par 250 chercheurs et doctorants. La présence de Google tire le secteur vers le haut avec un soutien financier annoncé à hauteur de 4,5 M$ (environ 3 M€) aux travaux de Yoshua Bengio, pionnier du deep learning, et la construction de son centre de recherche avec à sa tête Hugo Larochelle.

    Un contexte économique et académique favorable

    Le gouvernement s’appuie sur des données de l’agence de promotion économique du Grand Montréal pour injecter 100 M$ (environ 67 M€) au développement d’un secteur en croissance exceptionnelle – en 2016, 75% des investissements étrangers accompagnés dans la région de Montréal étaient destinés au secteur des hautes technologies, dont 20% à l’IA spécifiquement.

    Le gouvernement souhaite consolider le leadership régional et international du Québec dans le domaine du deep learning. Le cluster doit en accélérer le développement en optimisant la communication entre les acteurs de la recherche universitaire, les structures d’aide à l’accroissement du tissu industriel et les capitaux nationaux et internationaux.

    Le contexte de la recherche universitaire est particulièrement favorable, car les deux principales universités québécoises, l’Université de Montréal et l’Université McGill, réunissent 250 chercheurs et doctorants travaillant dans les domaines liés à l’IA. Il s’agit de la plus grande concentration d’académique dans ce domaine au monde. C’est par ailleurs, l’Université de Montréal qui accueillera le comité d’orientation.

    La présence de Google, Microsoft et les personnalités phares du secteur

    Google tient un rôle particulièrement important dans le développement du secteur et l’attraction de nouveaux acteurs internationaux.

    L’entreprise a déjà annoncé en octobre 2016 vouloir investir 4,5 M$ (3 M€)dans la recherche sur l’IA à Montréal et mettre à contribution des figures incontournables du domaine. Cette somme devrait financer les travaux de recherche de Yoshua Bengio, un des plus grands experts mondiaux dans l’AI. Pour diriger son centre de recherche sur l’AI et le deep learning, elle s’associe aussi avec Hugo Larochelle.

    Microsoft quant à lui s’est déjà installé dans la région et veut développer sa structure. L’entreprise s’est engagée à contribuer à la recherche académique des deux universités montréalaises en versant des subventions à hauteur de 7M$ (environ 4,7 M€).

  • Appel à projet : 4 lauréats e-santé parmi les 23 projets retenus par le département Alpes-Maritimes

    Le département Alpes-Maritimes avait ouvert le 20 janvier 2017 son 9e appel à projets santé « Soutien aux équipes médicales et scientifiques du département pour des innovations techniques dans le domaine de la santé ». L’objectif était d’accompagner des projets innovants, développés par des équipes du département, visant à l’amélioration de la santé, à la prévention, au dépistage, au diagnostic et à la prise en charge des pathologies.

    Parmi les 23 projets retenus, qui recevront au total une dotation de 1,7 million d’euros, se trouvent 4 projets e-santé qui recevront 127.481 euros.

    Parmi les 23 projets retenus, 9 projets concernent le cancer (977 099€), 5 projets les maladies neuro-dégénératives et handicap (335 086€) et 5 autres l’environnement (296 736€). 

    Les 4 projets e-santé seront financés à hauteur de 127 481€ : 

    • Acquisition de vidéos bucco-dentaires pour limiter les transferts de patients âgés dépendants (souffrant d’Alzheimer et autres maladies) entre deux sites du CHU, l’EHPAD de Tende et le pôle odontologie de Nice
    • Évaluation par une nouvelle technologie non invasive des lésions hépatiques (fibroses et stéatoses) liées aux facteurs environnementaux
    • Création d’un centre de recherche en simulation en santé (CR2S) à l’échelle des Alpes-Maritimes portant sur les pratiques professionnelles
    • Big data for brain research : infrastructure de calcul à haute performance dédiée au traitement des données massives biomédicales pour l’étude des troubles neurologiques. 

  • E-santé : Health&Tech analyse l’efficacité des stratégies et des structures régionales (Etude)

    Identifier les meilleurs accompagnements territoriaux proposés aux entreprises de la e-santé, localiser et caractériser les entreprises de la e-santé : tels sont les principaux objectifs de l’étude Ecosystèmes territoriaux d’innovation dans la e-santé, publiée le 15 mai 2017.
    Health&Tech Intelligence publie cette première étude en partenariat avec la Caisse des dépôts.

    La première étude Health&Tech s’appuie sur une enquête auprès des structures territoriales d’accompagnement des entreprises (pôles de compétitivité, clusters, agences de développement et de l’innovation), en charge de la mise en œuvre des stratégies locales en matière d’innovation et de développement économique. Elle a été complétée par des entretiens qualitatifs auprès d’entreprises de la e-santé localisées sur différents territoires, et positionnées sur différents segments de la e-santé : télémédecine, dispositifs médicaux, m-santé…

    L’étude apporte des données inédites sur la localisation et la typologie des entreprises de la e-santé, et analyse l’efficacité des politiques d’accompagnement des entreprises mises en place par les collectivités après la réforme territoriale, autour d’une triple analyse :

    • stratégies territoriales en matière de e-santé : cadre légal d’intervention des collectivités depuis la dernière réforme territoriale, dispositifs de financement des entreprises, rôle des différentes structures d’accompagnement, outils mis en place ;
    • tissu territorial des entreprises de la e-santé : localisation, typologie, segments de marché adressés, perspectives de développement ;
    • apports réciproques entre stratégies territoriales et stratégies d’entreprises : fertilisation croisée des écosystèmes de la santé et du numérique, insertion locale des entreprises et ouverture à l’international.

    Cette étude s’adresse aux acteurs économiques et institutionnels des territoires, aux agences régionales de santé, aux décideurs nationaux.

     85 pages, Editée le 15  mai 2017. Tarif préférentiel pour les lecteurs de H&TI de 500 €HT au lieu de 700 € HT via le lien suivant.

  • Le Canada renouvelle sa confiance à Inforoute, son agence Esanté, et la dote de 300 m$ sur 5 ans

    300M$, soit 210 m€, pour 5 ans, tel est le budget d’Inforoute Santé Canada annoncé en mars 2017 par le gouvernement canadien. Inforoute santé est une association à but non lucratif créée en 2001 chargée de promouvoir et déployer la santé numérique dans les 13 régions canadiennes.
    Health&Tech Intelligence réalise une étude approfondie en 3 parties, de son action, sa gouvernance et de ses résultats avant de dresser un parallèle avec la France – dont l’ASIP Santé, nouvellement nommée Agence française de santé numérique, est l’homologue.

    INFOROUTE est crédité d’un budget de 300 m$ sur 5 ans (220m€ env) – PARTIE 1

    Inforoute Santé du Canada est une organisation fédérale canadienne chargée de faire avancer la santé numérique dans les 13 provinces et territoires. Créée en 2001 sous la forme d’une Association à but non lucratif, Inforoute de Santé dispose d’un budget variable défini par le gouvernement fédéral en accord avec les gouvernements des provinces et territoires.  Le dernier budget récemment alloué à Inforoute de Santé en Mars 2017 s’établit à environ 300 Millions de $ (210 millions d’€). C’est la cinquième contribution fédérale autorisée pour cette association dont le bureau est constitué de représentants du gouvernement fédéral et des ministres de la santé des provinces et territoires canadiens.

    Au total elle aura reçu 2.4 milliards de $ (1.68 Milliard d’€) depuis sa création en 2001. En 2016, plus de 95% des fonds avaient été engagés et 93% dépensés.

    Michael Green, son président et directeur général, déclare qu’ Inforoute de Santé Canada sera « en mesure d’étendre les initiatives d’ordonnances électroniques et de soins virtuels, de soutenir l’adoption et l’utilisation continues des dossiers médicaux électroniques, d’aider les patients à accéder en ligne à leurs dossiers de santé et, enfin, de relier efficacement les systèmes de dossiers de santé électroniques afin de les rendre accessibles à tous les professionnels de la santé et à toutes les organisations de la santé — le tout en vue de transformer les soins ». 

    Un fonds spécial eSanté est également destiné à faciliter l’accès aux soins dans les territoires (Yukon, Terre neuve). A hauteur de 108 m$ Canadien (75.6 m€) pour 4 ans, ce fonds permettra notamment d’encourager l’engagement de projets de eSanté dans les domaines de la santé mentale, des maladies chroniques et de la santé buccale des enfants et de réduire la dépendance à l’égard du transport médical à l’extérieur de la région.

    Dossier médical, PACS, informatisation de la médecine de ville, e-prescription

    • 700 m€ pour le dossier médical

    L’action d’Inforoute est inscrite dans la durée avec notamment le soutien aux dossiers médicaux électroniques DSE, DME et DSP[1]  et surtout au DSE, le Dossier de Soins Electronique canadien – EHR en anglais –  l’équivalent du Dossier Médical Partagé français.

    Le projet de DSE a servi à justifier la création de Inforoute de Santé Canada en 2001.
    Sur la période 2002 à 2009, le DSE a pu bénéficier de plus de 1 milliards de subventions fédérales (700 M€) et a permis d’établir un cadre pancanadien d’interopérabilité et d’aider au déploiement de registres dans la presque totalité des provinces et territoires.

    • 255 m€ pour le PACS

    Inforoute Santé a également été un acteur majeur de la numérisation de l’imagerie médicale grâce aux PACS locaux et territoriaux. Le volet « systèmes d’imagerie diagnostique » du projet de Dossier de Santé Electronique canadien a bénéficié, entre 2003 et 2009, d’une enveloppe de 365 millions de dollars canadiens (255 M€).

    • 230 m€ pour le déploiement du dossier patient en Ville

    L’aide au déploiement de DPI pour la médecine de ville a été à l’origine d’un des plus importants investissements représentant 340 Millions de $ canadiens (230 Millions €) engagé sur une seule année en 2010-2011. Elle a permis d’accélérer l’adoption des DME (DPI) dans les soins primaires où un retard important était constaté il y a quelques années par comparaison avec les pays de l’OCDE. Le taux d’usage par les médecins de ville est passé de 20% en 2009 à 73% en 2016. 

    • Depuis 2003, système d’information sur le médicament et développement de la e-prescription

    Parmi les nouveaux projets, et dans la continuité des efforts de développement d’un système d’information sur le médicament lancé dès 2003, le nouveau programme PrescripTIon vise le déploiement sur l’ensemble du Canada de la ePrescription généralisant la transmission informatique des ordonnances entre les prescripteurs et les pharmacies.

    ICIS, doté de 53m$ (37m€ env.), agence de la donnée de santé

    D’autres agences fédérales interviennent également en santé numérique. L’ICIS, l’Institut canadien d’information sur la santé vise à combler des lacunes dans les données sur la santé afin d’améliorer les prises de décisions et l’efficience grâce au Big Data et à la promotion de la médecine factuelle (Evidence Based Medicine dont le Canada a été l’un des initiateurs). L’ICIS vient d’être doté d’un budget initial de 53 m$ sur cinq ans et de 15 m$ par an à partir de 2018.

    Principaux résultats : pas encore de généralisation du dossier patient malgré un cadre d’interopérabilité propice

    Inforoute Santé du Canada a largement contribué au rattrapage du retard canadien en matière de santé numérique, notamment en matière de numérisation de l’imagerie médicale et pour l’équipement des médecins de ville en solution de DPI. Grâce aux subventions fédérales, le Canada dispose aujourd’hui d’une infrastructure correspondant à des prérequis pour la généralisation du DSE. Ainsi, les registres des assurés et des répertoires de ressources couvrent 100% du pays. Mais le projet de DSE a subi de nombreux retards. Sa généralisation à 50% de la population a été prévu initialement pour 2010 avant d’être retardé à 2016. L’objectif n’est toujours pas atteint aujourd’hui malgré les progrès enregistrés sur les prérequis.

    [1] Le DSE correspond au DMP Français actuel, le DME est le Dossier Médical Informatisé d’un établissement ou d’un cabinet tandis que le DSP se rapporte au Dossier Médical Personnel destiné à l’usage des patients et citoyens. (En anglais : EHR, EMR et PHR).

  • Australie : des experts appellent à la réglementation des apps et du marché de la santé numérique

    Les Australiens qui utilisent des applications dédiées à préserver ou améliorer leur santé mentale sont invités à faire preuve de prudence.
    Des experts s’inquiètent de la qualité de certains dispositifs et ont appelé début mai 2017 à une plus grande réglementation du marché de la santé numérique, en plein essor au sein du pays.

    Applications de santé mentale : leur efficacité remise en cause par le Dr. Grundy

    Parmi ces spécialistes critiques figure le Dr. Quinn Grundy, chercheur postdoctoral à la Faculté de pharmacie de l’Université de Sydney au Centre Charles Perkins. Elle a affirmé à l’Australian Associated Press que les applications mobiles avaient le potentiel de fournir des services de santé mentale sur mesure, accessibles et rentables.

    Cependant, elles peuvent également être potentiellement nuisibles, explique-t-elle, soulignant par ailleurs qu’il est complexe pour les consommateurs de trier les dizaines de milliers d’applications disponibles sur le marché.

    Une analyse « des meilleures parmi les meilleures » applications du genre, financée par l’Australian Communications Consumer Action Network (ACCAN), a démontré qu’il y avait peu de preuves assurant de leur efficacité pour améliorer la santé mentale de leurs utilisateurs.

    Même les meilleures applications ne seraient pas complètement fiables

    « Au final, nous ne nous sommes pas sentis à l’aise pour soutenir l’une de ces applications, car même celles qui provenaient d’organisations réputées ne fournissaient pas les assurances sur la protection de la vie privée que l’on espérait, a précisé le Dr. Grundy à l’Australian Associated Press. [Et lorsque l’on observait] une excellente politique de confidentialité, il n’était pas évident que le développeur [de l’outil] possédait une expertise en santé mentale ou qu’il avait basé [son système] sur [un fondement médical] solide. »

    En étudiant ces outils, l’équipe du Dr. Grundy a révélé différents aspects jugés dérangeants :

    • Beaucoup de services communiquent sur la facilité et la rapidité avec lesquelles elles étaient capables de résoudre les problèmes des usagers. « Si l’état d’un consommateur ne s’améliore pas, [les fabricants] en prendraient-ils la responsabilité ? » ;
    • Un certain nombre d’applications suggèrent que « les problèmes quotidiens », comme une mauvaise qualité de sommeil et le stress étaient le signe d’un problème de santé mentale. Or, une consultation avec un professionnel de la santé et une analyse personnelle beaucoup plus poussée sont nécessaires pour parvenir à ce genre de conclusion.

    Certains services pourraient aggraver la santé mentale des utilisateurs

    Pour le Dr. Grundy, certaines applications pourraient dans le pire des cas aggraver la santé mentale de l’usager.

    Elle se base sur le cas de Jazmin, une étudiante en doctorat qui a commencé à utiliser une application dite de pleine conscience pour tenter de mieux contrôler son stress. Elle explique qu’elle avait alors un emploi du temps universitaire très chargé et qu’elle essayait en parallèle de monter sa start-up. « Je me sentais assez stressée. »

    Au départ, elle trouve les méditations proposées par l’outil assez utiles, en particulier la nuit. « Mais le fait de devoir établir des rapports quotidiens a commencé à devenir fastidieux, et je me suis rendu compte que le sentiment de mal-être que je ressentais au début c’était aggravé, j’ai fini par me sentir pire qu’avant. Alors j’ai abandonné. »

    Vers une plus grande réglementation du marché ?

    Le Dr. Quinn Grundy regrette que les gouvernements n’agissent pas davantage pour réglementer le marché. Son point de vue est notamment partagé par le Pr. Lisa Bero, pharmacologue et chercheur australienne dans les soins de santé.

    Le Dr Grundy a présenté son analyse courant mai au symposium sur l’intégrité et la polarisation de la recherche (the Bias and Research Integrity Node Symposium), organisé par le Centre Charles Perkins de l’Université de Sydney. L’occasion d’insister sur l’importance de la mise en œuvre d’une réglementation précise sur la commercialisation des applications dédiées à la santé mentale afin de s’assurer que les consommateurs reçoivent un soutien de qualité, fondé sur des données probantes.