Si le continent africain comptent de nombreuses start-up engagées dans la e-santé, le manque de suivi (notamment financier) de la part des Etats rend jusqu’à présent compliqué le développement des projets e-santé sur le long terme.
Les gouvernements tunisien et sénégalais notamment se sont dotés de départements ministériels e-santé, rendant possible le développement de ce secteur dans ces pays.
Quelques initiatives nationales
Une équipe mobilisée autour de la ministre de la santé en Tunisie
Depuis février 2017, la ministre de la santé tunisienne, Samira Merai, est entourée d’une équipe dont l’objectif est le développement et la coordination de la e-santé sur le territoire.
Ces objectifs s’inscrivent dans le cadre du plan national du pays à l’horizon 2020, pour lequel le gouvernement a alloué 70 millions de dinars, soit 25,86 millions d’euros.
Une quarantaine de projets e-santé ont été recensés depuis février en Tunisie. Parmi eux, une start-up de 20 personnes a vu le jour début 2017 à Tunis. Lancée par Imed Ayadi, Addixo compte développer des solutions numériques intelligentes (robots de rééducation, solution de contrôle de la qualité de l’air, compteur électrique intelligent pour les établissements de santé…) au service de la santé.
Une stratégie nationale de e-santé au Sénégal
Au Sénégal, le 30 novembre 2016, le ministère de la santé a mis au point dune stratégie nationale de e-santé, articulée autour de 8 points essentiels :
- création d’une structure technique en charge de la mise en œuvre de la stratégie e-Santé au niveau de la Direction Générale de la Santé (DGS) ;
- gestion du catalogue des solutions e-Santé et passage planifié à échelle des expériences pilotes réussies ;
- interconnexion des services techniques et déconcentrés du Ministère de la santé et de l’action sociale au Projet Intranet gouvernemental ;
- développement de l’e-Learning pour soutenir le plan national de la formation continue des professionnels de santé et de l’action sociale;
- informatisation du dossier médical et l’élaboration des référentiels techniques associés (identification, codification, nomenclatures, urbanisation, etc.) ;
- développement de solutions mobiles pour l’information et la sensibilisation des populations ;
- organisation du processus de collecte et de transmission continue des données d’activités des formations sanitaires ;
- mutualisation des connaissances, des bonnes pratiques médicotechniques et la construction de bases de connaissances au service des professionnels de santé et de l’action sociale, et des populations.
Des initiatives émergentes
Le Mali et la Côte d’Ivoire prennent également conscience de l’enjeu de la e-santé, par des initiatives publiques. Celles-ci ne s’inscrivent pas encore dans un plus large plan national sur la e-santé.
- A l’instar du Sénégal et de la Tunisie, le Mali prend conscience de l’enjeu de la télémédecine en organisant à Bamako le 1er juin 2017 les assises de la télédermatologie africaine. A l’origine du projet, un constat alarmant : seulement 15 dermatologues maliens recensés dans le pays en 2013, pour 15 millions d’habitants, rendant nécéssaire le développement d’une télémédecine dans cette discipline.
- Initiative publique également, le système de lecture à distance d’électrocardiogramme lancé par le CHU de Bouaké (Côte d’Ivoire) vient pallier au manque de cardiologues (58 pour 22 millions d’habitants) du territoire. En cas de résultat alarmant, le patient est transféré au CHU. Ce dispositif est facturé 9 euros par ECG.
Une nécessaire coordination nationale des projets pour leur pérennité
La prise en compte de l’enjeu de la e-santé à l’échelle nationale est la condition nécessaire au développement des projets sur le long terme.
Si les start-up et initiatives en matière de télémédecine et plus largement e-santé sont nombreuses sur le continent, c’est le manque de soutien de la part des gouvernements à l’échelle nationale qui empêche leur développement pérenne.
La mise à l’agenda gouvernemental de la e-santé permettra une coordination nationale solide, et par conséquent, de favoriser et soutenir les initiatives locales en la matière.