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Pharma : du digital marketing au digital service – chiffres clés, avis d’experts et perspectives
Le digital investit tous les domaines de la pharma et les nouvelles technologies se positionnent comme leviers de croissance future du secteur : fabrication de médicaments, campagnes de prévention et de sensibilisation, accompagnement des patients, formation des professionnels de santé, telles sont les activités digitales émergentes de l’industrie pharmaceutique aujourd’hui, prenant le relai de l’utilisation des outils digitaux pour la promotion des médicaments.
Pour évaluer la « digitalisation » de l’industrie pharmaceutique, véritable révolution ou marché à peine émergent, Health&Tech Intelligence amorce la réflexion sur le rôle du digital dans l’industrie pharmaceutique actuelle.Nouvelles technologies et industrie pharmaceutique : du marketing à la stratégie de services
La première phase de digitalisation de l’industrie pharmaceutique a concerné la numérisation du marketing et de la communication : la communication web, les forums, le mailing… Tous les supports numériques de la communication et du marketing pharma forment une stratégie de communication multicanale, déjà utilisée depuis une dizaine d’années.
La véritable révolution actuelle, celle qui anime l’industrie pharmaceutique, c’est la montée des nouvelles technologies dans le produit lui-même et le modèle de distribution. Réalité virtuelle, réalité augmentée, e-learning, serious games, applications destinées aux patients et aux professionnels sont autant de formes prises aujourd’hui par le Digital en pharma.
Le digital, partie prenante de la stratégie marketing des labos
Les stratégies digitales constituent de nouveaux leviers d’accès au marché pour l’industrie pharmaceutique. En 2015, 14 millions d’euros sont investis par les laboratoires dans le marketing digital1. On note une croissance significative du budget alloué au marketing digital dans les dépenses marketing des laboratoires : entre 5 à 7% en 2010, 12% en 2013 et entre 10 et 20% aujourd’hui.
Parmi le budget consacré au marketing digital :
- 70% se dirige vers l’utilisation d’outils digitaux « standards » dans les activités de communication des laboratoires pharmaceutiques : site web, applications mobiles, web conférences, e-detailling, supports audiovisuels.
- 30% concerne donc l’utilisation de technologies plus avancées comme la 3D, la réalité virtuelle ou augmentée, l’e-learning pour la formation des professionnels ou les serious games pour les campagnes de sensibilisation et accompagnement des patients.2
Il s’agit d’outils digitaux encore émergents que les laboratoires choisissent en fonction de leurs objectifs de communication. Tandis que la réalité virtuelle et la 3D sont adaptées à la simulation pour la formation des professionnels par exemple, les serious games ou encore la plateforme web sont plus utilisés pour communiquer vers les patients à propos de leurs pathologies. Les applications mobiles sont, elles, plus adaptées au suivi et à l’accompagnement. Ainsi, la répartition de l’allocation du budget digital entre technologies dites standards et technologies avancée semble s’équilibrer (50-50%)3.
En France en 2015, le palmarès des budgets marketing des laboratoires pharmaceutiques est :
- Pierre Fabre (121 M€),
- Servier (95 M€),
- Novartis (81 M€),
- Sanofi (76 M€)
- AstraZeneca (67 M€)4.
Ces budgets sont en faible augmentation annuelle, de l’ordre de 2 à 3%, mais se recomposent fortement au profit du digital. Les laboratoires investissent dans des médicaments de niche ou de spécialités, et mettent en place des opérations ciblées, impactantes et dont le ROI peut être évalué. Aujourd’hui, les outils technologiques et numériques innovants sont plébiscités par les visiteurs médicaux et par les professionnels prescripteurs.
Le digital reste en support dans l’organisation des laboratoires
La pharma étant historiquement plus lente à l’évolution compte tenu de sa culture, sa stratégie et son organisation6 la transformation digitale de l’industrie pharmaceutique est encore en cours. La plupart des laboratoires pharmaceutiques ont aujourd’hui créé une direction digitale qui insuffle notamment une nouvelle culture dans les laboratoires accoutumés à des cycles de développement long : celle de l’agilité et l’apprentissage par l’expérience (voire l’échec). 5 Le rôle de la direction digitale est également d’apporter un « support », une expertise, un « laboratoire d’idées » aux BU organisées par aires thérapeutiques au sein desquelles les équipes marketing conduisent des projets de plus en plus numériques.
L’industrie pharmaceutique à l’ère du « beyond the pill » : la réponse par le digital
Si l’industrie pharmaceutique est à l’origine fabricante de médicaments, elle se positionne aujourd’hui sur le « beyond the pill » dans le parcours de soins, et cherche à étendre sa valeur « au-delà du médicament » en se positionnant sur l’accompagnement et l’observance des patients, et sur la formation des professionnels de santé.
Aujourd’hui, 88% des entreprises ont des stratégies d’investissement dans les services numériques « patient-centred » et l’exploitation des données7. Le développement de services aux patients mais également aux professionnels de santé est un levier de compétitivité et de croissance pour les laboratoires. Pour répondre aux besoins de ces marchés, l’industrie pharmaceutique mobilise les technologies digitales.
La réglementation stricte interdisant à l’industrie pharmaceutique de communiquer à propos d’une molécule disponible sur prescription a ouvert la voie au marché de l’information et de la prévention autour des pathologies ciblées par les molécules fabriquées. Diabète, maladies cardiovasculaires, allergies, infections, virus, maladie mentale : les pathologies deviennent le sujet de la communication pharmaceutique. La pharmacie tente de s’imposer comme acteur de la prévention, de la sensibilisation et même de l’accompagnement, en s’adressant directement aux patients.
La formation et l’information du professionnel de santé
La relation des laboratoires avec les professionnels de santé :
- L’information des professionnels de santé : la baisse du nombre de visiteurs médicaux a favorisé la mise en place de pratiques digitales d’information des professionnels de santé
- La formation des professionnels de santé par les congrès et les séminaires en présentiel est de plus en plus complétée par l’utilisation de la technologie aussi bien dans la formation initiale que continue (obligatoire tous les 3 ans) des professionnels de santé et pousse au développement du e-learning permet au professionnel de se former quand et où il le veut, ce qui constitue un gain de temps. Par ailleurs, les nouvelles technologies comme la réalité virtuelle, les serious games, la 3D, permettent de mettre en place des modules de simulation et constitue un élément différenciant dans la stratégie des laboratoires qui peuvent proposer, par exemple, des formations adaptées aux dispositifs médicaux qu’ils fabriquent.
Quelles les tendances du marché pour les agences digitales et fournisseurs de technologies ?
L’industrie pharmaceutique fait appel à des prestataires pour l’élaboration et l’intégration de la technologie, dans les projets d’accompagnement patient comme dans la formation des professionnels.
Le choix d’un prestataire répond à des besoins essentiels pour les laboratoires :
- l’expertise en santé, la connaissance sectorielle et la capacité à répondre aux contraintes médicales et réglementaires de la santé,
- l’agilité de développement et la capacité d’innovation liée aux nouvelles technologies.8
- l’échelle et le périmètre du projet influence le choix du prestataire.
Les laboratoires pharmaceutiques font aujourd’hui appel à trois types d’acteurs majeurs :
- les grandes agences de communication telles qu’Havas ou Publicis sur des démarches de marketing digitale globales,
- des agences de communication plus locales tels que Troubat, Trois Prime, Interaction Healthcare, Jake, 14Eight et Ludomedic
- des développeurs de technologies par exemple Serious Factory
- les départements digitaux des intégrateurs tels que Accenture ou EY pour mener des grands projets à la frontière entre numérique et systèmes d’information.
Avis d’expert : Docteur Antoine Poignant, fondateur de l’Agence Troubat / EuroHealthNet
Quelle est votre vision de la maturité digitale de l’industrie pharmaceutique en France aujourd’hui et comment pensez-vous qu’elle évolue ?
Pour l’instant la digitalisation de la relation client est en cours (eADV, webinars, présence sociale…) mais la pharma est encore timide à créer de la valeur avec la data ou le digital (quelques incubateurs en Europe ou innovation lab), la notion de transformation digitale et l’économie de plateforme en elles-mêmes ne sont pas encore mises en oeuvre par l’industrie pharma.
L’APHP vient de lancer une application pour les IST avec Janssen pour le grand public – un partenariat assez inédit pour l’institution, pensez-vous que l’industrie pharmaceutique soit un levier de co-financement de la prévention et de l’éducation à la santé ?
Oui bien sûr le cas des génériqueurs en est un exemple logique, mais des applications en éthique et au sein de spécialités devraient se multiplier. C’est une notion d’engagement corporate ou même de market access intelligent de la part des laboratoires.
Les laboratoires se dotent de direction Digital ou directions Innovations, comment cela impacte-t-il les organisations et quels nouveaux types de projets voyez vous émerger ?
L’innovation bien intégrée conduit à des applications dans des champs aussi divers que RH, digital et business process. Les projets d’accompagnement vont maintenant au-delà des Digital Académies et c’est une très bonne chose (mise en commun de best practices digitales par exemple)
Le paysage des agences et prestataires des laboratoires, celui de la presse santé également, sont fortement impactés ces dernières années et de nouveaux acteurs, plus technologiques qui font leur apparition en force. Quels sont les acteurs qui font la différence aujourd’hui ?
Au-delà de la maitrise des médias de la production digitale ou de l’écosystème digital, ce qui fait vraiment la différence aujourd’hui c’est la capacité à intégrer l’humain dans le change management lié au digital. L’éducation est primoridiale, mais la clé finale c’est l’application par les femmes et les hommes de l’entreprise, vers leurs clients et partenaires.
En conclusion, si vous deviez donner une recommandation à une direction générale de laboratoire sur son investissement dans le digital, que diriez-vous ?
Au delà d’un objectif d’investissement, se concentrer sur le change management et être convaincu qu’à terme, le digital représente une véritable (res)source de la relation client et de business. La courbe d’apprentissage de l’entreprise est une véritable valeur. Le digital doit être un des leviers du knowledge management et faire évoluer les pratiques business et RH de l’entreprise.
Sources
1 : IMS health 2016
2 : Source : entretien avec le laboratoire AstraZeneca
3 : Idem
4 : IMS health 2016
5 : entretien avec le laboratoire Pierre Fabre
6 : Source Accenture 2015 “Pharma’s growing opportunity in patient services”
7 : Source McKinsey 2016, “Closing the digital gap in pharma”: taux de maturité digitale de la pharma 27%, pour 33% en moyenne dans les autres industries.
8 : Source : entretiens laboratoires Pierre Fabre, AstraZeneca, Novartis -
Claude Conessa directeur de l’hôpital d’instruction des Armées Percy
Claude Conessa a été nommé Médecin chef (NLDR : directeur) de l’Hôpital d’instruction des Armées Percy, a annoncé le Service de Santé des Armées le 18 mai 2017.
Claude Conessa était précédemment médecin chef Inspecteur du SSA.
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Hackathon Diabète 2017 : présentation des cinq finalistes
Proposer de nouvelles solutions pour faciliter le quotidien des patients diabétiques et améliorer leur prise en charge, telles sont les ambitions des cinq finalistes, dévoilés le 12 mai 2017, du Hackathon Diabète lancé par la CNAMTS en partenariat avec le Diabète LAB de la Fédération Française des Diabétiques. Les projets reposent sur l’utilisation des données de l’Assurance Maladie et toutes données rendues publiques par d’autres organisations ou qui pourraient être mises à disposition par le Diabète LAB.
Les cinq finalistes recevront un accompagnement personnalisé pour finaliser leur projet et se verront attribuer une dotation en fonction de leur classement lors de la finale qui se déroulera le 16 octobre 2017.
Présentation des cinq finalistes du Hackathon
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Franck Morel conseiller social du Premier Ministre
Franck Morel va être nommé conseiller social travail-emploi-formation d’Edouard Philippe, selon une information parue dans l’Opinion le 21 mai 2017.
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Watsons Continues Digital Development in Thailand
The Thailand division of the Hong Kong-based health and beauty retailer Watsons revealed on 15 May 2017 its ambitions for the current year. It will continue to respond well to the company’s ongoing innovation and growth initiatives in Thailand, with 50 to 55 additional pharmacies expected by the end of 2017, ending the year with 475 to 480 operational outlets.
These new stores will open in Bangkok but also in the rest of the country to ensure improved access to Watsons for Thai consumers, assures the company. This deployment will also be an opportunity for the brand to develop its digital services in order to improve the customer experience.
Watsons wants to develop e-commerce and digital communication within the group
The budget allocated to this project will allow for substantial spending on store refits, e-commerce development, digital communication and Watsons’ own-brand product development.
To improve product access and customer experience
The main objective of the investment is to ensure an improved customer experience and better access to the online service (e-pharmacy). Efforts will be focused in particular on product innovation and the customer loyalty program, two drivers of the group’s growth.
EHealth has become a major area of interest
« Watsons has successfully achieved double-digit sales growth from many factors, including product innovation, attractive and exciting sales promotions and increased accessibility for customers through many more stores, digital platform and more exclusive [customer relationship management] activities for Watsons’ customers, » said Rod Routley, managing director of Watsons Thailand.
In order to remain competitive, the company found that it was particularly beneficial to invest in digital communication and e-commerce, two key sectors to better attract and retain customers.
Mr Routley said the e-store launched in 2015 by Watsons in Thailand had been well received by consumers andthe company’s innovative mobile application had « dramatically » improved customer experience.
E-commerce: Watsons reports sales increase of 47% internationally
In March 2017, A.S. Watson Group (ASW) announced that its global e-commerce businesses delivered a 47% increase in health and beauty sales in 2016.
The company partly explains this success with plans it made in 2014 to accelerate the digital and customer relationship management strategy of the group, with an initial investment of US$60 million (€54m).
Asia: online sales increase by 69% in 2016
The group’s digital studio, launched in 2015, has recorded over two million smartphone app downloads in 2016. Its fifteen e-commerce channels deployed over the past two years in Asia also contributed to strong transaction growth (+ 72% in 2016).
ASW added that 48 million customers joined the loyalty program offered by the group’s e-commerce channels last year. This strong participation drove a health and beauty e-commerce sales growth of 69% in Asia in 2016.
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Hélène Brisset directrice de cabinet de Mounir Mahjoubi, secrétaire d’Etat au Numérique
Hélène Brisset va prendre la direction du cabinet de Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État au Numérique, selon une information divulguée par Le Monde le 18 mai 2017.
Hélène Brisset était DSI du ministère de la Santé depuis septembre 2016.
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We are Curious : collecter données patients et modes de vie pour comprendre les maladies
Pour créer une communauté de patients et comprendre les causes des pathologies comme l’autisme et la fatigue chronique, Linda Avey, une scientifique américaine, a créé, en 2016, une plateforme de partage de données appelée We Are Curious. Cette plateforme collecte des données biologiques classiques ainsi que des informations sur les modes de vie.
Plusieurs tentatives pour impliquer le patient
Impliquer au maximum le patient dans la gestion et la connaissance de sa santé, tel est l’objectif ultime de Linda Avey à travers la création de sociétés successives. Déjà en 2009, la scientifique créait Brainstorm Research Fondation afin de trouver les moyens de progresser dans les recherches contre la maladie d’Alzheimer en comparant les ADN des personnes potentiellement à risque.
En 2011, elle crée Curious, pour collecter des données biologiques classiques, ainsi que pour les inciter à se confier sur leur mode de vie : l’alimentation et le sommeil en première ligne.
En 2016, le lancement de la plateforme We are Curious permet de travailler avec des patients « désireux de comparer leurs enfants [autistes] avec ceux des autres, pour voir les similitudes potentielles et mieux comprendre »
Un business model fondé sur le partenariat, la pharmaceutique et la gratuité
Afin de recueillir le maximum de données des abonnés, Linda Avey utilise trois canaux:
- Premièrement, le partenariat avec la startup Oura, qui fabrique de bagues connectées, pour comprendre comment le mode de vie affecte le sommeil et les performances.
- Deuxièmement, la plateforme de Curious propose un accès « freemium » pour donner un accès libre à une partie des services.
- Enfin, Linda Avey désire monter des partenariats avec des laboratoires pharmaceutiques. En effet, la scientifique part du constat que « Les big pharmas réalisent aujourd’hui que le client n’est pas le médecin, mais le patient. Toutes veulent le connaître. Les laboratoires pharmaceutiques pourraient élaborer des protocoles de suivi, tandis que notre base pourrait leur permettre d’analyser et de comprendre les données des patients»
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Gilles de Margerie : assureur et directeur de cabinet de la ministre de la Santé
Gilles de Margerie a été nommé Directeur de cabinet d’Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé.
Cet ancien de l’ENS, agrégé de sciences sociales, et de l’ENA, a commencé sa carrière dans l’administration en 1983 à l’Inspection générale des finances. Il a notamment été conseiller technique chargé des affaires industrielles au cabinet de Michel Rocard et de Roger Fauroux.
Depuis 1992, il a fait une carrière dans le privé, principalement au sein du Groupe Crédit Agricole et depuis 2013 au sein d’Humanis en tant que Directeur général adjoint et à la fois responsable de la stratégie, du marketing et de l’innovation ainsi que du pôle épargne, des activités internationales et Outre-mer et également des relations extérieures et des affaires européennes.