Réaliser des opérations mini-invasives du crâne et de la colonne vertébrale, apporter davantage de précision aux procédures chirurgicales et réduire le temps opératoire, tels sont les enjeux de la nouvelle plateforme technique, combinant le système d’imagerie 3D OARM et le robot chirurgical ROSA, annoncée le 2 juin 2017 par le Centre Hospitalier Universitaire de Rennes. L’investissement de près de 2 millions d’euros vise à conforter l’expertise du service de neurochirurgie du CHU qui réalise actuellement 2500 interventions par an et à développer son activité.
Une technologie de pointe pour des interventions moins invasives et mieux sécurisées
Une technologie moins invasive
Réaliser des biopsies, des implantations d’électrodes pour la stimulation cérébrale profonde chez les patients parkinsoniens, des SEEG pour l’épilepsie ou les procédures de chirurgie à crâne ouvert faisant appel à un dispositif de navigation, d’interventions endoscopiques, tels son les types d’interventions que l’investissement du CHU de Rennes tend à rendre moins invasives.
Dans le cadre de ces interventions à risque, la précision et la sécurité apportées par le nouvel équipement représente une amélioration majeure dans la prise en charge du patient. En effet, la plateforme technique favorise des méthodes moins invasives via la diminution des saignements, du risque infectieux et de la douleur. Par exemple dans le cadre de l’épilepsie, le système d’imagerie 3D améliore sensiblement le bien être du patient, qui ne nécessite plus d’être mobilisé avec le cadre de stéréotaxie sur la tête, et réduit la dose de rayonnement X délivrée.
Et plus sécurisée
La combinaison du robot et de l’imagerie 3D permet une manipulation chirurgicale plus sécurisée. Lors de l’intervention, le repérage du patient dans l’espace est réalisé par des repères et un système de mesure laser combiné au robot. En effet, le robot superpose deux types d’imageries 3D pour confirmer les trajectoires prédéfinies par le chirurgien. Avec cette imagerie 3D per-opératoire, il n’est plus utile de réaliser le matin même de l’intervention, un examen scanner suite à la pose du cadre stéréotaxique.
Le chirurgien est alors assisté par le robot dont le bras se positionne de manière automatisée. Il apporte lui une précision du geste de l’ordre du millimètre. Il guide la trajectoire sans toutefois remplacer la main du chirurgien et contribue à la sécurisation des interventions à risque. Grâce à l’imagerie 3D, le chirurgien visualise en temps réel tous les gestes qu’il réalise, sur l’écran. Il suit la navigation des instruments jusqu’aux cibles repérées lors de la planification de l’intervention.
Un gain de temps considérable pour augmenter l’attractivité
Dans le cadre seul d’une procédure SEEG, le temps d’intervention est divisé par deux, passant de 6h-7h à 3h-4h. Au total, la plateforme technique apporte un gain d’une demi-journée d’opération par semaine. Cela permet à l’hôpital d’augmenter son activité en répondant aux besoin de plus de patients.
De plus, le Robot ROSA, dont le CHU s’appuie actuellement sur la mise en service du module Brain pour l’activité crânienne, sera prochainement doté de l’application Spine pour développer l’activité du rachis. Cet élargissent d’activité engendrant un investissement de 690 000€ pour le robot avec le module rachis s’additionnent aux 500 000 € d’investissement pour O’ARM (imagerie 3D) qui permet de renforcer l’activité de chirurgie robotique au CHU.
Au total, 250 procédures sont prévues avec le robot chirurgical et près de 560 actes avec l’imagerie 3D peropératoire.