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  • Chatbots: « We want to be the first point of contact for people » (S. Behrens, Gyant)

    Stefan Behrens, co-founder of Gyant, a San-Francisco based start-up which created a medical chatbot, gave an interview to Health & Tech Intelligence during Viva Tech on June 15, 2017.
    • the features of Gyant
    • the future of chatbots in healthcare
    • the economic model of Gyant

    Are the main topics addressed in this interview.

    What gave you the idea to create Gyant, and how does the bot work?

    Gyant is a free chatbot giving advice to patients before consultation. We first worked on a symptom checker for Zyka, which was used to test 350 000 people in Brazil.

    Gyant can give advice on standard cases based on symptoms. It picks the most important explanation among 4 or 5 and advises the user, with different levels of emergency.

    We have chosen to distribute Gyant through Messenger, because it is dominant in the US and many other countries. It doesn’t mean we have a special partnership with Facebook: anyone can build a platform on Messenger. We are targeting users between 15 to 30, who will not always want to go to the doctor’s, and will not want to broach certain subjects with their parents.

    The chatbot is available in English, Spanish, Portuguese, and German. It will soon also be available in French, Chinese, and Arabic. Its medical database is linked to prevalence by country

    What are the most common questions asked to the bot?

    The most common symptoms are headache, fever, and stomach pain. There are also many questions about mental health and sexual health.

    Which technology is Gyant based on?

    We have taken a standard triage protocol used in the US and designed a new interface to make it more consumer friendly. Gyant works on a rules-based approached. We started out with rigid decision tress, but we are fine tuning them from people’s interactions with the bot.

    At the moment, we are generating a data set to unlock machine learning. We expect to have 2 million users by the end of the year, which will lead to a better data set for the 20 most frequent conditions.

    What is your business model?

    Our first goal is to increase the number of users of our bot. We are targeting emerging countries in particular: Latin America, the Middle East, Africa, South Asia, and South-East Asia. These markets are hard to monetize: that’s why we are also talking with health insurance companies in more mature markets. Our chatbot can be used for screening, for example of diabetes, asthma, or COPD, which could be of interest for those companies.

    Do you have any competitors?

    Babylon Health, who is testing a triage chatbot with the NHS at the moment, is a serious competitor, and they have raised a lot of money.

    How do you protect the data you collect?

    We respect HIPPA guidelines in the United States.

    What is your ambition in the long run?

    We want to be the first point of contact for people, whether they have a medical or a psychological concern.

  • « Nous créons un avatar numérique du patient pour designer un implant 3D sur mesure » (B. Moreno)

    Benjamin Moreno, associé et directeur général Innovation de la société AnatomikModeling qui conçoit et fabrique des implants 3D sur mesure à destination de la chirurgie réparatrice, de la pneumologie et de la chirurgie maxillofaciale, a accordé un entretien à H&TI suite à la journée « start-up innovante du DM » organisée par le Snitem le 31 mai 2017 à Paris.

    Il revient sur l’origine d’une innovation de rupture, le développement des implants 3D sur mesure, leur personnalisation ainsi que sur sa démarche auprès des chirurgiens pour pallier certaines impasses thérapeutiques.

    Quelle innovation porte votre start-up ?

    Notre innovation réside principalement dans le fait de parvenir à traiter des données médicales issues de scanners médicaux ou IRM de patients, de manière efficace et rapide, permettant de récréer de manière virtuelle en 3D le corps du patient de façon numérique. Sur cet avatar numérique on peut designer, dessiner un implant 3D sur mesure. L’implant est donc personnalisé à 100 % pour chaque patient. Le principe est « un patient un implant ». 

    Comment invente-on une innovation de rupture, réalise t-on un screening de toutes les pathologies qui se trouvent être sans solution ? Ou votre idée est-elle innée ?

    La société est issue de ma rencontre avec le professeur Jean-Pierre Chavoin, ancien chef de service de chirurgie réparatrice et grands brûlés du CHU de Toulouse. Nous avons réfléchi au fait de pouvoir concevoir et fabriquer ce type d’implant 3D sur mesure notamment pour des pathologies retrouvées dans son service, à savoir tout ce qui concernait à l’origine les déformations thoraciques congénitales.

    Cela concerne une personne sur 300, ce sont donc des indications assez répandues. De manière générale, le développement de nouveaux DM au sein de notre société est à chaque fois issu d’une discussion et d’une réflexion avec un professionnel de santé, à savoir le plus souvent avec des chirurgiens ou des médecins qui nous contactent parce qu’ils sont face à une problématique soit pour laquelle il n’existe pas de solution, soit pour laquelle il existe des DM de série (non spécifique à chaque patient, fabriqué en volume, à des dimensions standardisées, NDLR) qui présentent des taux de complications assez élevés ou ne correspondent pas bien au traitement.

    Ce sont donc les professionnels de santé face à un besoin qui viennent vous trouver pour lequel vous « inventez » une réponse d’ « ingénieur » ?

    Effectivement, nous pourrions être considérés comme un bureau d’études. Nous évaluons le besoin, en analysons la viabilité économique, il faut que cela soit des indications présentant un volume de patients potentiels économiquement viable. Ensuite nous évaluons toute la partie ingénierie pour déterminer si le sur mesure et les dernières technologies 3D permettent d’apporter une amélioration via la personnalisation des implants.

    Qui décide de la viabilité économique ?

    Nous, à travers l’évaluation du nombre de patients potentiels concernés par cette pathologie : combien de personnes sont touchées annuellement en France et en Europe par exemple, quels sont les coûts de développement de R&D, quel serait le coût de production des implants, en fonction du nombre de patients potentiels. Cela s’assimile à une étude de marché.

    En tant que biologiste, comment pouvez-vous réaliser toutes ces tâches ?

    Dans l’équipe nous avons une bonne connaissance du milieu médical, nous savons donc quel est le prix maximal, nous nous renseignons sur les aspects médico-économiques : quel est le nombre de patients touchés par cette pathologie etc. L’équipe est constituée d’une directrice générale Business issue de HEC et ayant travaillé pendant 15 ans dans des grands groupes, qui s’occupe de la partie purement business, marketing et financière, d’un ingénieur en biomatériaux chargé de la partie R&D et production, de Jean-Pierre Chavoin, chirurgien, qui maîtrise parfaitement les aspects médicaux, quant à moi je m’occupe de la partie innovation.

    Quelle est votre position sur le marché français ? Êtes-vous seuls dans votre secteur à réaliser des implants 3D sur mesure ?

    Oui, concernant les implants thoraciques 3D sur mesure nous sommes seuls dans le monde à les réaliser. Ces implants pour la chirurgie thoracique et réparatrice sont actuellement commercialisés et utilisés par une quarantaine de centres en Europe avec qui nous travaillons, notamment par exemple en France les principaux CHU français : Toulouse, Nantes, l’AP-HP à Paris, Strasbourg, Rennes, Brest, Montpellier etc.

    Au niveau de l’Europe nous sommes présents en Allemagne avec un chirurgien à Munich, à Berlin, à Bonn, ainsi qu’en Angleterre, en Suisse, en Italie, en Espagne, toute l’Europe de l’Ouest. Nous commençons à nous développer en Amérique du sud, prochainement nous serons présents en Argentine, en Colombie, ainsi qu’en Asie du Sud-est en Corée du Sud. Par ailleurs, en ce qui concerne les implants trachéo-bronchiques sur mesure, c’est-à-dire les stents pour la trachée, nous sommes également les seuls au monde puisque la première pose mondiale a été réalisée en octobre 2016. Ces implants sont encore en phase d’essai clinique avec le CHU de Toulouse et sont actuellement en cours d’implantation chez 10 patients.

    Dans l’idée cette technologie étant « déclinable », êtes-vous protégés par des brevets ?

    Nous bénéficions d’une protection de propriété intellectuelle effectivement via un dépôt de brevets, de marques ainsi que via une prise de marché rapide.

    C’est un algorithme qui vous permet de designer vos modèles ?

    Nous possédons un mix de solutions commercialisées, à savoir des outils d’ingénierie que l’on peut retrouver dans l’industrie aéronautique ou micro-électronique, mais effectivement nous avons développé des algorithmes en interne qui nous permettent de designer nos implants.

    D’un point de vue réglementaire la responsabilité de l’algorithme mathématique est du ressort de votre start-up ?

    Tout à fait.

    Quid de la responsabilité de l’implant imprimé en 3D ? Relève t-elle du chirurgien qui l’implante ? Ou de la start-up qui l’a conçu ?

    Nous évoluons selon un modèle assez particulier : nous ne fabriquons pas l’implant définitif. Nous réceptionnons les données patients, les traitons puis dessinons l’implant et en réalisons le prototype, c’est-à-dire le modèle positif. Ensuite c’est notre partenaire, le groupe Sebbin qui est un des trois acteurs leaders en Europe dans le secteur des implants mammaires, qui prend le relais. Ce dernier s’occupe de la fabrication de l’implant définitif et est donc identifié en tant que fabricant auprès des instances réglementaires. Ils s’occupent de l’ensemble de la traçabilité, de la gestion du dossier patient etc.

    De notre côté nous sommes plus focalisés sur la R&D, le développement de nouveaux implants, mais c’est notre partenaire qui les fabrique.

    Vous faites donc office d’intermédiaire pour trouver et recruter des chirurgiens ?

    Oui c’est une des particularités de notre modèle, chacun des deux partenaires a une action commerciale et marketing : le groupe Sebbin possède une filiale dans chaque pays européen, ainsi nous profitons de leur force de frappe commerciale sur place à travers leurs commerciaux qui interviennent notamment lors de congrès par exemple. De notre côté nous intervenons sur la formation des chirurgiens.

    Ces derniers viennent se former chez nous durant 2 jours à Toulouse dans l’objectif d’acquérir les techniques chirurgicales. Nous sommes également à l’interface directe avec le chirurgien : lorsque l’on dessine un implant, nous demandons systématiquement au chirurgien son accord de validation du design : l’implant n’est pas envoyé en production sans ce dernier. Nous avons aussi une action marketing via notre site Internet qui est orienté « information patient » mais également « information chirurgien ». C’est-à-dire que nous réalisons du B2B comme du B2C.

    Enfin, nous nous occupons également d’une vaste partie recherche puisque nous rédigeons des articles scientifiques pour des revues internationales et participons en tant que speakers lors de congrès internationaux.

    Comment avez-vous été financés ? Avez-vous été incubés ?

    Non, on nous considère souvent comme une start-up mais nous sommes plutôt une jeune entreprise innovante. Nous ne correspondons pas exactement aux critères de définition d’une start-up : lorsque nous avons créé la société en mai 2015, cette dernière était issue de 4 ans de recherche et développement menés en amont avec le Professeur Chavoin.

    A partir du moment où nous avons validé les concepts et procédés industriels, nous avons directement mis sur le marché au moment de la création de la société les produits, notamment les implants thoraciques. C’est-à-dire que lorsque nous avons créé la société nous avons directement généré du chiffre d’affaires. La société était tenue par les 4 associés et nous n’avons pas eu besoin de réaliser de levée de fonds ou de recherche de financement. Nous nous auto-finançons pour le moment en toute autonomie.

    Avez-vous travaillé en partenariat avec des hôpitaux ou des cliniques ?

    Tout a été développé en partenariat avec le Professeur Chavoin et notamment avec le CHU de Toulouse.

    Quels sont les retours des professionnels de santé, chirurgiens et des patients ?

    Cela fait partie de notre relation avec les chirurgiens avec qui nous travaillons : nous leur demandons de réaliser un suivi, de nous informer de leur ressenti lors de l’utilisation des implants, si cela améliore leur pratique etc. Nous sommes très demandeurs des retours d’expérience des chirurgiens, cela nous permet d’une part d’avoir un regard sur ce qui se passe dans la pratique, et d’autre part de potentiellement améliorer nos implants de manière régulière ainsi que le protocole chirurgical.

    C’est une sorte de méthode open source interne ?

    Exact, il existe toujours des allers-retours entre les chirurgiens et nous. Ils nous expliquent pourquoi tel ou tel dispositif est plus pratique, permet un gain de temps ou est moins cher. Nous récupérons cette information et la diffusons aux autres chirurgiens du réseau.

    Quel est le nom de ce réseau ?

    Ce sont des « referral centers », centres référents, ils sont visibles sur notre site dans l’onglet « trouver un chirurgien » qui vous donne accès à une carte des centres référents actuels, correspondant à tous les chirurgiens qui se sont formés chez nous et que nous avons « accrédités » pour utiliser notre technologie.

    Vous possédez ce pouvoir d’accréditation ?

    Non, nous ne pouvons pas interdire une vente. C’est-à-dire que si un chirurgien que l’on ne connaît pas nous demande un implant on ne peut pas lui refuser, d’après la loi.

    En revanche, au sein de l’information fournie au patient, si ce dernier se rend dans un centre référent trouvé sur notre site, nous lui garantissons que le chirurgien est venu se former chez nous et est apte à appliquer les bonnes pratiques que nous avons définies. C’est un gage de qualité pour le patient.

    Avez-vous déjà refusé des accréditations ?

    Non, les chirurgiens montrent une certaine motivation puisqu’ils doivent venir se former durant 2 jours à Toulouse et suivre 3 interventions. Jusqu’à présent nous n’avons refusé aucune validation de centre référent.

    Quels freins avez-vous identifié au cours de votre développement ?

    Les principaux freins concernent les délais, ce qui est propre à toute l’industrie du DM ou du médicament en Europe. Par ailleurs le « frein » principal est incarné par le réglementaire, mais c’est également une protection : si votre gamme d’implants est validée, leur mise sur le marché n’est pas réalisable par n’importe qui, cela permet d’assurer une certaine qualité et une confiance.

    En revanche cela prend beaucoup de temps : entre la R&D d’un DM et sa mise sur le marché, il peut s’écouler 3 voire 4 ans, durant lesquels il est nécessaire d’assurer le financement.

    Les patients pris en charge sont-ils en impasse thérapeutique ?

    En ce qui concerne les implants thoraciques il s’agit d’une chirurgie morphologique. Les patients présentent une pathologie impactant l’esthétique de leur corps, n’impliquant que très rarement un retentissement fonctionnel. Ce sont des patients qui vivent « normalement », en revanche leur thorax se retrouve en partie enfoncé ce qui constitue un problème morphologique et esthétique. Chez ces patients il ne s’agit pas d’une impasse thérapeutique dans le sens où ils peuvent vivre avec cette déformation thoracique.

    Par ailleurs nous nous positionnons par rapport à des chirurgies orthopédiques plus lourdes dans lesquelles l’ensemble des côtes sont cassées et induisent un remodelage du thorax ce qui peut impliquer des complications plus importantes et surtout des temps d’intervention et de récupération beaucoup plus longs. Sur cet aspect nous nous positionnons avec une solution beaucoup moins invasive et présentant nettement moins de complications potentielles. Dans l’hypothèse où il y aurait des complications, ces dernières seraient moins graves. Donc concernant la chirurgie thoracique, cela représente plus de sécurité pour le patient, des temps d’intervention moins longs, et des taux de complications moins importants.

    Quant aux implants de trachée, c’est différent, il s’agit d’implants fonctionnels. Cela concerne des patients qui ne peuvent plus respirer et des implants qui pour l’instant sont utilisés dans le cadre d’essais cliniques. Ces patients sont effectivement en impasse thérapeutique : soit il n’existe pas d’implant qui leur soit adapté, soit l’implant de série ne fonctionne pas chez ces patients. Dans ce cas les implants sont en effet à visée thérapeutique.

    Si ces implants répondent à une indication ils sont donc remboursés ?

    En termes de remboursement, actuellement en France en ce qui concerne les implants commercialisés, ils ne sont pas remboursés par la sécurité sociale, en revanche l’intervention est prise en charge, cette dernière est codifiée. Dans les CHU partenaires, notamment ceux qui sont référencés sur notre site, l’implant est pris en charge par le CHU ou le pôle du CHU. Dans ce cas, tout patient affilié à la sécurité sociale française n’a aucun frais à débourser. En revanche si le patient se fait opérer par un chirurgien du secteur II dans le privé, l’intervention est prise en charge par la sécurité sociale, par contre l’implant sera à la charge du patient. Nous sommes en train d’étudier, notamment vis-à-vis des instances, le lancement d’une procédure visant à faire prendre en charge ces implants par la sécurité sociale. Dans ce cas, pour tout patient français, il existera potentiellement à terme une prise en charge de l’ensemble.

    Quant aux implants trachéo-bronchiques, nous n’en sommes pas encore à cette étape mais en phase clinique de stade I chez l’homme. Mais nous effectuerons les mêmes démarches en vue d’une prise en charge de ce type d’implants. Hors France, les systèmes varient grandement d’un pays à l’autre, mais dans la majorité des cas soit vous avez une très bonne mutuelle qui accepte de payer, soit c’est à votre charge.

    L’implant en soi est une prothèse ?

    Oui, nous parlons souvent d’ « implants » car ce sont des dispositifs qui sont élaborés pour être implantés dans le corps humain, mais le terme de prothèse implantable est correct. Pour mémoire les orthèses sont des prothèses externes, les prothèses implantables en sont l’équivalent « interne ».

    Y a-t-il une indication spécifique à l’implant que vous avez conçu, ce dernier étant personnalisé cela concerne une situation d’impasse thérapeutique du patient, ou dans les textes, existe-t-il une indication spécifique de votre DM implantable ?

    Dans la législation, la classe du DM est attribuée en fonction de la durée d’implantation dans le corps. En l’occurrence, nos implants sont des DM de classe II B, c’est-à-dire « implantable longue durée, non actif », la durée étant supérieure à 29 jours. En ce qui concerne les DM sur mesure il existe une législation européenne particulière. Par exemple, il n’est pas obligatoire de posséder le marquage CE pour les implants.

    Les implants sont toutefois soumis aux normes réglementaires européennes (la norme ISO 13 485), en revanche le marquage CE n’est pas nécessaire car chaque implant est différent. Or pour réaliser un dossier de marquage CE il est indispensable de présenter des cotes à respecter.

    En l’occurrence en ce qui nous concerne ces cotes varient individuellement en fonction de chaque patient, on ne peut donc pas demander un marquage CE pour chaque implant. Par ailleurs, souvent pour les DM sur mesure, le chirurgien établit une prescription dans laquelle il formule une demande d’implant 3D sur mesure pour un patient X identifié. Cela constitue une prescription spécifique, de même pour le dossier patient il existe une traçabilité : un implant un dossier patient de suivi.

    Vous n’êtes donc pas le fabricant direct de ces implants, avec quelles matières premières sont-ils conçus ?

    Nous définissons nous-mêmes avec notre partenaire le biomatériau ainsi que tout le procédé industriel. En l’occurrence les implants sont fabriqués avec du silicone de grade médical implantable longue durée. Ce sont des silicones dont l’ensemble des tests de cytotoxicité et de biocompatibilité ont été validés. Ils sont donc certifiés pour une implantation dans le corps humain d’une durée supérieure à 29 jours.

    Plus précisément nous utilisons de la gomme silicone, c’est-à-dire du silicone entièrement polymérisé et non sous forme de gel. Il présente plus une texture de gomme, indéchirable et donc sans phénomène de rupture comme c’est le cas parfois pour les implants mammaires. Par ailleurs, ces implants sont fabriqués dans l’optique d’être posés à vie, il n’est pas nécessaire de les changer tous les 10/15 ans.

    Sont-ils 100 % français ?

    Tout est 100 % français pour tout ce qui concerne la conception et la fabrication. En revanche pour le silicone en lui-même il n’existe pas de fabricant de silicone de grade médical français. Nous nous fournissons donc auprès d’une société américaine qui est en situation de quasi monopole, Nusil. La matière première n’est donc pas française mais américaine, en revanche l’ensemble de la chaîne de conception, de réception et traitement des données, ainsi que de fabrication, stérilisation etc. est réalisée en France.

    A propos de votre solution pour le syndrome de Poland, comment fabriquez-vous du muscle ?

    Il s’agit d’un implant en silicone de grade médical non actif à visée esthétique et morphologique.

    Étant donné que ce dernier constitue la matière, il n’existe pas de problématique de biocompatibilité, de rejet de cette sorte de greffe ?

    En réalité le silicone est utilisé depuis des décennies dans le secteur médical car il est inerte, c’est-à-dire qu’il n’est pas reconnu par le corps humain. Il n’existe donc pas de phénomène de rejet comme en cas de greffe. Les implants en titane sont basés sur le même principe : il n’y pas de risque de rejet.

    D’un point de vue purement pratique : comment peut-on muscler puis entretenir son implant musculaire afin d’éviter qu’il ne s’atrophie ?

    Dans le syndrome de Poland, les patients présentent un côté sans muscle pectoral. L’implant vise à combler ce défaut esthétique mais il ne bouge pas, ne s’atrophie pas, il préserve sa forme ad vitam eternam.

    Ce n’est donc pas un implant fonctionnel ?

    Non c’est un implant morphologique.

    Visez-vous une autorisation de la FDA ?

    Oui car nous recevons de nombreuses demandes de patients et de chirurgiens américains pour obtenir ces implants. Pour le moment notre partenaire, le groupe Sebbin est en mesure d’effectuer des livraisons partout dans le monde sauf aux États-Unis. La stratégie du groupe étant d’avoir le marquage CE dans tous les pays qui acceptent les normes européennes. Nous travaillons cependant à l’obtention de cette accréditation dans l’optique de vendre nos implants aux États-Unis.

    Avez-vous des données quant aux moindres infections post opératoires/nosocomiales ?

    Jusqu’à présent nous n’avons jamais été face à une situation d’infection. A l’heure actuelle plus de 1 000 patients ont été opérés. Il faut savoir que l’infection n’est pas imputable à l’implant en lui-même qui est livré stérilisé. L’infection provient plutôt d’une mauvaise pratique chirurgicale. On parle donc d’infection chirurgicale et non d’infection de l’implant.

    Quelles sont vos priorités/perspectives à court, moyen, long terme ?

    En ce qui concerne les dispositifs médicaux, nous possédons plusieurs gammes de produits à différents stades de développement. Pour les implants thoraciques commercialisés actuellement, nous travaillons au développement du réseau de chirurgiens ainsi qu’à la prise de marché au niveau mondial. Nous sommes donc dans une optique de développement de business et de marketing pour pouvoir être présents dans le maximum de pays possibles.

    Concernant les implants qui sont en phase d’essais cliniques, c’est-à-dire les implants de trachée, lorsque la phase d’essai clinique I sera terminée, nous démarrerons la phase clinique multicentrique II, à savoir une étude prospective basée sur des essais cliniques se tenant dans plusieurs centres.

    L’objectif est de qualifier le DM pour une mise sur le marché. Cette dernière se fera en priorité en France et en Europe de l’Ouest, puis suivra le même schéma que les implants thoraciques. Ces implants devraient par conséquent être mis sur le marché en fin d’année 2018, voire début 2019. Nous avons d’autres implants qui sont en phase de R&D, à un stade moins avancé, dont la mise sur le marché sera plus tardive.

    Cette technologie peut se décliner à d’autres secteurs ?

    Tout à fait, notre travail consiste à rencontrer les professionnels de santé, comprendre leurs problématiques, identifier des indications des pathologies pour lesquelles le sur mesure apporte réellement un bénéfice au patient.

    On nous demande souvent pourquoi nous ne réalisons pas d’implants de genou ou du hanche : les implants de série fonctionnent très bien dans 98 % des cas, le sur mesure ne présenterait pas vraiment de valeur ajoutée. Notre travail réside donc dans le fait de caractériser les pathologies pour lesquelles l’aspect géométrique, c’est-à-dire d’adapter l’implant à la morphologie du patient apporte un réel bénéfice. Cela peut effectivement un jour s’appliquer à l’ophtalmologie, l’urologie, la chirurgie digestive, pourquoi pas de la neurologie voire toucher l’ensemble des spécialités médicales.

  • Impression 3D pour préparer des opérations du rein au CHU de Bordeaux : une première en France

    Utiliser l’impression 3D pour modéliser le rein et avoir un aperçu exact des tissus à opérer, tel est l’objectif du service d’urologie, andrologie et transplantation rénale du Centre Hospitalier Universitaire de Bordeaux.

    L’initiative est une première en France et fait partie des rares dans le monde.

    L’impression 3D pour pallier l’insuffisance de l’imagerie 2D

    L’opération du rein, notamment dans les cas de tumeurs est délicate. Le rein est un organe difficile d’accès. Ainsi, l’imagerie 2D se révèle souvent insuffisante pour appréhender précisément la configuration du rein à opérer avant l’opération. 

    Le CHU de Bordeaux a mis au point un protocole unique en France et est l’un des seuls à le faire dans le monde : à partir de l’imagerie 2D réalisée par les scanners, il imprime le rein en 3D. Le rein, ses tissus, ses vaisseaux et ses tumeurs sont modélisés en 3D et représentés dans des couleurs différentes, ce qui permet au chirurgien de se préparer très précisément à son intervention. 

    Formation des médecins et information des patients 

    La réplique en 3D du rein permet également d’améliorer l’information du patient en venant en appui des explications du médecin. De même, cette technologie vient en support de la formation initiale et continue des professionnels de santé. 

  • #FASN 2017 : 5 start-up sélectionnées au start-up challenge des 36 Heures Chrono Antilles-Guyane

    Les rencontres régionales de la santé numériques se déroulent ce 21 juin 2017 à l’hôtel La Batelière, à Schoelcher dans le cadre de la campagne Faire Avancer la Santé Numérique.
    Parmi les start-ups ayant présenté leur projet, 5 start-up ont été sélectionnées pour pitcher : Martinique Medical Care, Clikodoc, R2C, Mon-Dom, SAS Pawoka.

  • Innovation : appel à manifestation d’intérêt de l’AP-HP et du CHU de Nantes sur l’hôpital numérique

    L’AP-HP et le Centre Hospitalier Universitaire de Nantes ont lancé le 21 juin 2017 un appel à manifestation d’intérêt (AMI) commun sur « l’hôpital numérique du futur ».

    L’objectif de l’AMI est d’identifier des innovations indispensables pour l’hôpital de demain (2025-2035) en vue de faire évoluer les dispositifs et pratiques du milieu hospitalier. Il s’inscrit dans le cadre des projets de reconstruction du CHU de Nantes, de modernisation de l’hôpital Lariboisière, et de construction du campus hospitalo-universitaire Grand Paris Nord.

    L’AMI est ouvert jusqu’au 31 octobre 2017.

    Objectifs de l’AMI

    L’AP-HP et le CHU de Nantes indiquent que l’AMI représente la première phase d’une démarche pérenne d’innovation ouverte, qui doit aboutir à des partenariats / projets concrets  pour l’ensemble de la communauté hospitalière.

    La démarche vise à :

    • favoriser l’accélération de projets innovants porteurs d’améliorations concrètes pour les patients et les professionnels de santé, en faisant reconnaître, par des professionnels de la communauté médico-scientifique et soignante des 3 projets hospitalo-universitaires, les projets ayant le plus d’impacts sur leurs missions ;
    • identifier les formes envisageables de partenariat, par exemple en explorant des modèles économiques innovants ;
    • créer et animer un écosystème de l’innovation en e-santé à dimension territoriale, nationale et internationale ;

    Thématiques de l’AMI

    L’appel à manifestation d’intérêt est organisé en 5 thématiques :

    • l’expérience des patients : améliorer l’accès à l’hôpital, fluidifier le parcours de soins, impliquer le patient et ses proches, impliquer le patient et ses proches, garantir la sécurité et la traçabilité des données produites tout au long du parcours, prendre en charge de manière personnalisée chaque patient ;
    • l’expérience des professionnels de santé : systématiser une médecine personnalisée, participative, prédictive et préventive, améliorer le bien-être au travail, repenser les parcours professionnels, faciliter les activités de recherche, enrichir l’enseignement et développer des espaces de travail numérique ;
    • l’hôpital intelligent : penser et construire un bâtiment modulaire, évolutif, durable, intelligent et sécurisé, améliorer la logistique ;
    • le déploiement des data / infrastructures / réseaux : rendre l’hôpital interactif, proposer un environnement numérique sécurisé, donner accès à l’information en temps réel, etc. ;
    • le management de l’innovation : anticiper les changements et garantir l’adaptation permanente des hôpitaux, faire de l’hôpital son propre laboratoire de l’innovation, co-construire les innovations

    Conditions de candidature

    • Toute structure, quels que soient son type, sa localisation géographique, son secteur d’activité, est invitée à contribuer à l’AMI.
    • Toutes les contributions seront prises en compte pour alimenter la réflexion de l’AP-HP et du CHU de Nantes sur leur vision de l’hôpital numérique du futur.

    Calendrier et critères de sélection

    Calendrier

    Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 13 octobre 2017.

    Elles doivent être déposées en ligne sur le site : http://digital-chunantes.aphp.fr/

    Critères de sélection

    Les critères de sélection des contributions sont les suivants :

    • Valeur ajoutée au regard des thématiques identifiées
    • Innovation / caractère disruptif par rapport à l’existant
    • Qualification des conditions de succès / de mise en œuvre
    • Caractère économiquement soutenable des modalités de partenariat proposées avec l’AP-HP / le CHU de Nantes

    Les contributions seront examinées et qualifiées par un comité d’experts de l’AP-HP et du CHU de Nantes. Ce comité est composé d’une quinzaine de médecins, soignants, experts du numérique et représentants de patients.

    Valorisation des projets sélectionnés

    • Les meilleures contributions feront l’objet d’une large communication, à travers notamment une publication ad-hoc, un store en ligne et un événement de remise de prix.

    L’AMI représente la première phase d’une démarche pérenne d’innovation ouverte.

    Les entreprises sélectionnées seront sollicitées par l’AP-HP et le CHU de Nantes pour participer à cette démarche d’innovation ouverte dans le cadre de partenariats concrets. Cette participation peut par exemple prendre la forme de :

    • co-création renforcée avec les professionnels experts de l’AP-HP et du CHU de Nantes : évènements (ex. Hackathon) ; ateliers de travail pluridisciplinaires
    • pour les entreprises lauréates, un accompagnement personnalisé permettant de tester des projets au plus près des futurs utilisateurs. Cet accompagnement peut aboutir à une expérimentation sur un site pilote.

    Les services et technologies identifiés grâce à l’AMI puis grâce aux projets pilotes comme essentiels pour les hôpitaux du futur pourront faire l’objet d’une ou plusieurs mises en concurrence dans le cadre des trois projets immobiliers de l’AP-HP et du CHU de Nantes ou de projets hospitaliers connexes.

    Les meilleures contributions feront l’objet d’une large communication et d’un événement de remise de prix. Les résultats seront rendus publics à partir de mi-novembre 2017.

  • Diabète : PKvitality lève 700 000 € pour sa montre connectée mesurant la glycémie

    La start-up PKvitality annonce le 20 juin 2017 une levée de fonds de 700 000 € pour sa montre K’watch glucose.

    Cette montre mesure la glycémie de l’utilisateur par l’intermédiaire d’un bio-capteur en contact avec la peau permettant de tester le taux de glucose sans prélèvement de sang. Les données collectées sont synchronisées avec une application mobile permettant de récupérer l’historique des données et de les partager avec un professionnel de santé.

    La levée de fonds a été organisée sous forme de crowdfunding à l’occasion d’une campagne qui a été lancée le 22 mai 2017. En récoltant 700 000 €, PKvitality a dépassé son objectif initial qui était de 415 000 €.

    Bien que son lancement soit prévu pour fin 2018, K’watch glucose est disponible en précommande.

  • Imagerie : un secteur en pleine mutation avec l’IA (colloque Medicen)

    Le pôle de compétitivité Medicen Paris Region organisait le 20 juin 2017 un colloque sur le thème « L’intelligence artificielle au service de l’imagerie médicale et de la médecine de précision ».

    Trois points majeurs sur l’avenir de cette discipline médicale sont ressortis des interventions et débats :
    • une forte innovation, avec l’émergence de solutions d’aide à l’annotation des images, à la classification et au diagnostic ;
    • une transformation du métier et du rôle du radiologue, avec différents scénarios d’évolution ;
    • une nécessité d’adapter la réglementation pour prendre en compte cette innovation.

    La question de l’accès aux données de santé, mais aussi de leur qualité, a été abordée en filigrane de l’ensemble des interventions.

    IA : des solutions déjà opérationnelles

    Des solutions déjà opérationnelles, ainsi que d’autres en cours de mise au point, ont été présentées lors du colloque. Plusieurs enseignements peuvent en être tirés :

    • la variété des acteurs impliqués dans ce domaine : projets collaboratifs mêlant acteurs publics et privés portés par Medicen (projet RIHDO), hôpitaux (HEGP), grands groupes (Bull, GE Healthcare), PME (EOS, SuperSonic Imagine) et start-ups (Imagia, Qynapse) ;
    • la diversité des applications de l’IA : aide à l’annotation des images (EOS Imaging), aide à la classification (Imagia), aide au diagnostic (Imagia, Qynapse), amélioration de la qualité des images (GE Healthcare)
    • un lien fort entre l’IA en imagerie et l’émergence de la « radiomique », qui consiste à extraire des descripteurs complexes à partir d’images cliniques par des techniques innovantes de traitement d’image ;
    • une utilité majeure pour le screening, par exemple dans le cancer du sein, notamment dans les pays à faible densité médicale.

    La transformation profonde du métier de radiologue

    Plusieurs scénarios ont été évoqués sur l’avenir du métier de radiologue :

    • une disparition pure et simple du métier ;
    • un radiologue manager de l’information et de l’orientation du flux d’images ;
    • un radiologue plus proche de la pratique clinique.

    La conclusion du Pr Guy Frija, co-président du domaine d’action stratégique Imagerie de Medicen, a été de dire que « les radiologues qui utilisent l’IA remplaceront ceux qui ne l’utilisent pas ».

    Des freins encore importants

    Qualité et accessibilité des données

    Les principales difficultés identifiées en matière de données concernent :

    • la constitution de cohortes suffisamment importantes ;
    • l’hétérogénéité des données : faible granularité ou a contrario présence d’un très grand nombre de variables ;
    • la qualité des données utilisées pour entraîner les machines, notamment en raison de l’absence de normalisation des images, comme cela a pu être fait pour les examens de biologie.

    Boîte noire et rétroaction

    La qualité de « boîte noire » des algorithmes basés sur le deep learning a été abordée, les intervenants soulignant l’importance de la rétroaction, à savoir la possibilité de revenir sur les résultats de l’apprentissage.

    Le temps réglementaire

    Les intervenants industriels ont souligné les freins posés par le hiatus entre le temps réglementaire et la vitesse de l’innovation dans le domaine de l’IA en imagerie.

    Se pose également la question de l’évaluation des réseaux neuronaux, dont on ne connaît pas les mécanismes d’apprentissage.

    En conclusion, le colloque a permis de souligner le fait que la question qui se pose pour l’IA en imagerie, ce n’est pas si elle arrivera, mais quand et comment.

  • PCR

    polymerase chain reaction, réaction en chaîne par polymérasenull

  • FDI

    Fédération internationale du diabètenull

  • Étude : évaluation de la télémédecine sur économie de temps, déplacements et impact environnemental

    Dans le cadre d’un programme universitaire de télémédecine au sein du centre de santé de l’Université Davis de Californie (University of California Davis Health System – UCDHS), une étude a été menée entre juillet 2006 et décembre 2013 afin d’estimer les économies résultant du recours à la télémédecine pour les consultations spécialisées ambulatoires, en termes de temps, de coûts liés aux déplacements et d’émissions polluantes.

    Les résultats montrent que pour un total de 11 281 patients, grâce à la téléconsultation on économisait en moyenne 149€ par consultation, soit un total de 2,7M€.

    Méthodologie et variables

    Les variables de l’étude sont les distances entre le domicile du patient et la clinique de télémédecine, d’une part, et le centre de santé de l’Université Californie Davis, l’UCDHS, d’autre part. Au total, les données concernant 11 281 patients ont été exploitées. On a mesuré les distances parcourues ainsi que le temps consacrés à l’aller-retour de chaque patient pour un total de 19 246 téléconsultations.

    Les économies de coût et l’impact environnemental ont été calculées en déterminant la différence entre le taux de remboursement kilométrique et les émissions de substances polluantes dans le cas où on a procédé par téléconsultation et dans le cas où le patient se rendait physiquement à une consultation.

    Résultats

    L’expérience menée pendant 7 ans a permis de mettre en évidence les effets bénéfiques du programme de télémédecine sur le temps de déplacement des patients, les coûts associés ainsi que sur l’environnement. Voici les chiffres illustrant les économies réalisées:

    • 8 602 913 km non parcourus;
    • un total de temps de déplacement économisé atteignant pratiquement 9 ans (soit 4 708 891 minutes);
    • 2,7 M€ d’économies de coûts de déplacement;
    • 1 969 tonnes métriques de CO2;
    • 50 tonnes métriques de CO;
    • 3,7 tonnes de substances acidifiantes dont notamment les oxydes d’azotes (NOx);
    • 5,5 tonnes de composés organiques volatiles.