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  • Consultations hospitalières en ville : un premier centre de consultations avancées affilié à l’AP-HP

    L’AP-HP a annoncé le 17 juillet 2017 la signature d’une convention cadre d’affiliation avec le centre municipal de santé de Gennevilliers, qui devient ainsi une « structure hospitalière avancée » de l’AP-HP.

    L’AP-HP précise que d’autres centres municipaux de santé du nord de Paris se sont engagés dans une telle démarche de coopération dans le cadre du futur campus hospitalo-universitaire Grand Paris-Nord.

    D’autres établissements hospitaliers ont récemment ouvert des consultations avancées, comme à Lunéville ou Maubeuge, dans l’optique de pallier le déficit d’offre de soins de ville sur leur territoire, suscitant parfois les protestations des syndicats de médecins libéraux.

    Concrètement, cette convention d’affiliation prévoit :

    • des consultations médicales spécialisées supplémentaires en gastro-entérologie, pneumologie, rhumatologie, hématologie et urologie au centre municipal de santé de Gennevilliers, assurées par les équipes de l’hôpital Louis-Mourier – AP-HP ;
    • un accès respectif aux plateaux d’imagerie médicale des deux établissements pour les patients et les praticiens ;
    • une mutualisation et une coordination du travail sur le dossier patient ;
    • des téléconsultations depuis le centre municipal de santé de Genevilliers pour recueillir à distance l’expertise des praticiens de Louis-Mourier ;
    • la mise en place d’une cellule territoriale de coordination à titre expérimental, dès septembre 2017, pour faciliter aux médecins de Gennevilliers l’accès pour leurs patients aux consultations spécialisées de l’hôpital Louis-Mourier AP-HP et d’organiser des hospitalisations programmées plutôt que de recourir aux urgences ;
    • des actions communes de dépistage du cancer du sein, des cancers colorectaux et de l’insuffisance rénale chronique, et de promotion de la santé bucco-dentaire dans les EHPAD.

  • Le Gouvernement britannique crée un fonds de 96 M€ dédié au développement de la santé numérique

    Le Gouvernement britannique annonce le 14 juillet 2017 la création d’un fonds à destination des health tech en vue de développer la santé numérique au Royaume-Uni.

    Ce fonds d’un montant de 86 M£ (96 M€) inclura également le lancement d’un Digital Health Catalyst qui soutiendra les petites et moyennes start-ups, de tester leurs innovations avant de les intégrer au sein des dispositifs du NHS.

    Les ministères de la santé et de l’économie, de l’énergie et de l’innovation ont financé le fonds Health tech.

    Concrètement, le fonds sera réparti de la façon suivante :

    • 39 M£ seront destinés à l’Academic Health Science Networks (ASHNs) afin d’évaluer les bénéfices des innovations notamment en vue d’une intégration de ces dernières par le NHS et d’évaluer les avantages pour les patients ;
    • 35 M£ sera dédié au Digital Health Catalyst à destination des start-ups et de leurs projets innovants afin que ces projets soient viables et puissent être utilisés par le NHS et les patients ;
    • 6 M£ sur 3 ans à destination des petites et moyennes entreprises développant des dispositifs médicaux et des solutions innovantes pour leur permettre de tester ces innovations en s’appuyant sur les systèmes existants tels que l’Early Access to Medicine Scheme (EAMS) ;
    • 6 M£ sera destiné au Pathway Transformation Fund qui a pour vocation d’aider le NHS à intégrer les innovations dans ses process et dans la pratique quotidienne de ses acteurs

    L’annonce d’un tel fonds dédié à l’innovation illustre la stratégie et plus largement la volonté du gouvernement britannique de renforcer la compétitivité du Royaume-Uni dans le domaine de la health tech en soutenant les sociétés scientifiques pour l’évaluation des innovations, le NHS pour l’intégration des innovations mais également les entrepreneurs.

    Ce fonds constitue la mise en place d’un circuit et d’un suivi de l’innovation privée et publique de la e-santé en Grande Bretagne.

  • Appel à projets : ARS PACA – développement régional des activités de télémédecine

    L’Agence régionale de santé PACA a lancé le 23 juin 2017 un appel à projets dans l’objectif d’accompagner et de soutenir la mise en œuvre d’activités de télémédecine en région Paca sans restriction en termes de périmètre fonctionnel ou de pathologies prises en charge.

    L’ARS PACA a engagé depuis 2012 un programme régional de télémédecine et le présent appel à projet constitue une nouvelle étape dans l’essor de l’activité de télémédecine en région. Il vise notamment:
    • des patients résidant en structure médico-sociale
    • des personnes privées de liberté
    • des patients atteints de maladie chronique.

    Le cahier des charges complet est disponible ici.

    Structures éligibles:

    • toute structure de santé et médico-sociale de la région Paca
    • tout professionnel médical lié contractuellement ou par convention à une structure de santé ou une structure médico-sociale.

    Critères d’évaluation

    • La propension du projet à prendre en charge des patients résidant en structure médico-social ou des patients privés de liberté ou des patients atteints de maladie chronique;
    • l’adéquation et la complémentarité du projet avec l’offre et l’organisation de santé sur le territoire impacté: vision territoriale globale du projet, lien avec les GHT, valeur ajoutée dans le cadre du parcours du patient;
    • la clarté et la pertinence de l’organisation mise en place, en mode projet et en mode pérenne;
    • les critères techniques (performance, sécurité, respect des référentiels);
    • les modalités d’urbanisation avec les outils régionaux existants (portail régional de santé, Répertoire Opérationnel des Ressources)
    • les critères quantitatifs (nombre d’actes estimé) et qualitatifs (service rendu, indicateurs spécifiques,…) du projet
    • l’estimation de l’impact sur les dépenses de santé.

    Dossier

    Le dossier de candidature est à télécharger sur cette page.

    Adresse de soumission

    Les dossiers de candidature sont à adresser exclusivement par voie électronique aux formats « .pdf » et « .doc » à l’adresse suivante: ars-paca-telemedecine@sante.gouv.fr.

    Un accusé de réception sera envoyé automatiquement.

    Échéance

    Faire parvenir les candidatures avant le lundi 21 août 2017 – 12h00.

    Contact

    Toute demande d’information peut être adresser à : ars-paca-telemedecine@ars.sante.fr.

  • La nomination d’Olivier Lyon-Caen comme médecin conseil de l’Assurance Maladie confirmée

    L’Assurance Maladie a confirmé le 18 juillet 2017 la nomination d’Olivier Lyon-Caen comme médecin conseil national auprès du directeur général à compter du 24 juillet 2017.

    Professeur des Universités en neurologie, co-fondateur de l’Institut du cerveau et de la moelle épinière, Olivier Lyon-Caen a notamment été conseiller santé et recherche médicale de François Hollande de 2012 à 2017.

  • Samsung Next : le fonds d’investissement de Samsung pour l’innovation s’installe en Europe

    Investir, acquérir et développer les start-up les plus innovantes, tels sont les objectifs du fonds d’investissement Samsung Next, qui arrive en Europe après avoir déjà investi les Etats-Unis.

    Le fonds d’investissement recherche la technologie disruptive à l’horizon 2040 et investira dans les projets les plus novateurs à hauteur de 2,61 millions d’euros maximum par levée.

    Une démarche en trois temps : Investissement, acquisition et développement 

    Après avoir déjà oeuvré aux Etats-Unis, investi dans près de 60 projets et racheté 15 entreprises, c’est en Europe que Samsung Next souhaite poursuivre ses investissements. 

    Samsung Next se destine aux projets de la blockchain, réalité virtuelle et augmentée, intelligence artificielle, véhicules connectés, smart home, smart cities ou e-santé, en se concentrant sur les logiciels et services et non le matériel. L’objectif est d’investir dans les innovations les plus disruptives de la décennie à venir. 

    Pour le volet investissement, le fonds dispose de 131 millions d’euros sur deux ans, et participera aux levées de fonds à hauteur de 2,61 millions d’euros maximum, au rythme de deux investissements par mois. 

    Ces investissements peuvent donner lieu à une acquisition, qui constitue le deuxième volet de Samsung Next. Il s’agit, à l’aide d’un fonds séparé, de pouvoir acheter les start-up les plus innovantes pour la société. Enfin, le troisième volet vise à développer les technologies et les tester. 

    Le siège de Samsung Next sera à Berlin mais plusieurs bureaux seront répartis en Europe, dont un probablement à Paris.

  • Journées nationales d’ATHOS : parcours patient et GHT, vers un système d’information territorial

    Parcours patient et GHT, vers un système d’information territorial, tel est le thème des 26e Journée nationales d’ATHOS, Association des technologies de communication hospitalière, qui se tiendront du 6 au 17 novembre 2017 à Antibes.

    Dans le contexte de mise en place des GHT avec la dynamique de convergence et de mutualisation des systèmes d’information hospitaliers ainsi que les mesures visant à accroître la sécurité des systèmes, les conférences plénières traiteront de différents aspects émanant de ces thèmes.

    Le village des partenaires est un espace conçu pour réunir 35 entreprises présentant leurs innovations en matière de technologie de systèmes d’information.

    Pré-programme

    Les thèmes des séances plénières sont définis comme suit:

    • Organisation et structuration des échanges entre professionnels de santé
    • Convergence et de mutualisation des systèmes d’information hospitaliers
    • Interopérabilité
    • Accès aux données de santé
    • Sécurité des données de santé et lutte contre le cyber-risque
    • Télémédecine, e-santé, PACS
    • Portails pour les professionnels de santé et patients
    • Stockage et archivage des document médicaux
    • Gestion des parcours de soins
    • Dossier Médical Patient Informatisé
    • Systèmes de reconnaissances vocale et visuelle
    • Système d’information et développement durable

    Inscription

    Pour connaître les détails, voir cette page.

  • Silver éco : Link Care Services lève 800 000 euros

    Link Care Services, créée en 2016 et spécialisée dans les solutions de l’Internet des Objets destinées aux seniors a annoncé le 12 juillet une levée de fonds de 800 000 euros auprès de Bpifrance, iSource et Siparex.

    La levée de fonds a pour objectifs de poursuivre l’industrialisation et la commercialisation du patch d’autonomie SELP fraîchement lancé sur le marché. Ce patch détecte les chutes et les situations à risque pour les personnes âgées en perte d’autonomie.

    En outre, grâce à cette levée de fonds, Link Care Services envisage de se lancer sur les marchés européens : Allemagne, Benelux, Espagne mais aussi Italie.

  • Pharmabest@home – le nouveau service de livraison de médicaments à domicile lancé à Marseille

    Le groupement d’officines Pharmabest en coopération avec la Poste lance un nouveau service de livraison de médicament à domicile intitulé « Pharmabest@home » qui est déjà en place à Marseille depuis le 5 juillet 2017.

    Il est prévu que fin 2017 le dispositif soit étendu aux 60 pharmacies du groupement pour pallier l’isolement urbain de certaines catégories de personnes – les personnes seules, malades ou encore souffrant de mobilité réduite.

    L’objectif que se fixe Pharmabest est d’atteindre 50 000 livraisons la première année.

    Le réseau Pharmabest traite à échelle annuelle 9 millions d’ordonnances et l’enquête effectuée auprès de ses usagers a révélé que 30 000 de ses patients ayant des difficultés à se déplacer seraient intéressés par le service de livraison.

    Mode d’emploi

    Il s’agit d’un projet reposant intégralement sur l’utilisation des nouvelles technologies.

    Le patient commence par transmettre la photographie de son ordonnance, de sa carte Vitale, de sa carte de complémentaire santé et indique son numéro de mobile via l’application Pharmabest ou via le site internet du groupement.

    Passée avant midi, toute commande sera livrée le soir-même aussi bien au domicile du patient qu’à son lieu de travail ou encore une tierce adresse. La seule contrainte est de respecter la limite de poids, à savoir 3 kilos par colis.

    À l’issue d’un contrôle comme dans le cadre d’une délivrance habituelle, le pharmacien prépare les médicaments et, par souci de confidentialité, les enveloppe dans une enveloppe opaque et scellée. Une alerte est envoyée sur le smartphone du facteur une fois la commande prête à être expédiée.

    Le salarié de la Poste sera chargé de récupérer l’original de l’ordonnance lors de la livraison auprès du patient pour la transmettre ensuite au pharmacien.

    Le règlement de la prescription ou la gestion du tiers payant, de même que de la somme forfaitaire couvrant la livraison à hauteur de 7,90 euros se fait électroniquement.

    Stratégie de développement

    À court terme, à savoir d’ici la fin de l’année 2017, le groupement ambitionne de traiter 50 000 ordonnances via son nouveau dispositif, mais à plus long terme, c’est un million de colis qui est visé, ce qui représente 50 à 100 livraisons par pharmacie-membre.

    Les prochaines villes qui proposeront ce service seront Avignon, Bordeaux, La Rochelle, Lille, Lyon, Nantes, Nice, Pau, Saint-Étienne et Tour.

  • Interopérabilité : le développement du projet VALUeHEALTH pour une e-santé européenne

    La Commission européenne annonce le 6 juillet 2017 les résultats du projet VALUeHEALTH dédié à l’établissement de la santé numérique dans l’Union européenne.

    Ce projet s’inscrit dans le contexte plus général de la stratégie du marché numérique unique qui tend notamment à améliorer l’accès aux biens et services numériques.

    VALUeHEALTH a pour mission de développer l’interopérabilité des services de santé en établissant un business plan entre avril 2015 et juin 2017 pour la création d’une e-santé européenne en 2020 (Horizon 2020 Program).

    Les acteurs du projet VALUeHEALTH

    Le projet est estimé à un coût total 999.818 M€ et est géré par :

    • European Institute for Health Records (EU),
    • Ministère des Affaires Sociales et de la Santé (FR),
    • Health & Social Care Information Centre (UK),
    • Région de Lombardie (IT),
    • Serviços Partilhados do Ministério da Saúde (PT),
    • Empirica Gesellschaft für Kommunikations- und Technologieforschung mbH (DE),
    • Data Mining International (CH),
    • Research in Advanced Medical Informatics and Telematics (BE),
    • European Health Telematics Association (EU).

    Les propositions de VALUeHEALTH

    En se fondant sur des hypothèses approuvées par la CEF pour établir un maillage digital européen, VALUeHEALTH propose :

    • concevoir un business model général intégrant une diversité d’acteurs ;
    • définir les besoins d’un marché pluridimensionnel notamment concernant le financement d’infrastructures permettant l’intéropérabilité des services ;
    • effectuer un état de l’art des marges coûts / bénéfices et de l’évaluation des risques ;
    • développer une stratégie pour la durabilité de la stratégie européenne en e-santé.

    Les résultats

    VALUeHEALTH a développé plusieurs cas comme les prescriptions sécurisées, les soins intégrés et des infrastructures autogérées à long-terme.

    Le projet a démontré la nécessité d’établir une chaîne de valeurs construites et optimisée en développant un business plan pour une e-santé durable. Pour l’instant, les conclusions du projet dénotent que les investissements effectuées n’ont pas encore établis de bénéfices pour une stratégie viable et durable dans l’écosystème de la santé et des TIC. 

    Les réalisations du projet VALUeHEALTH :

    • un business plan et une stratégie incluant des partenariats publics/privés dans la e-santé dont les détails n’ont pas été communiqués ;
    • collecter les stratégies pour établir une vue d’ensemble sur l’intéropérabilité des services en e-santé en Europe ;
    • une feuille de route sur les établissements de santé spécifiques et généraux. 
  • « L’approche populationnelle est une clé de transformation du système » (D. Gruson et A. Malone, FHF)

    David Gruson, délégué général de la Fédération Hospitalière de France, et Antoine Malone, directeur de projet prospective, relations avec les milieux académiques et les think-tank, ont accordé une interview à Health&Tech Intelligence le 7 juillet 2017 sur l’approche populationnelle de la santé, thématique que la FHF a placée au cœur de sa plateforme de propositions pour l’élection présidentielle, et qui suscite de nombreuses initiatives au niveau international.

    • Définition de la responsabilité populationnelle
    • Implications sur l’organisation des soins et le financement du système
    • Rôle des systèmes d’information et du numérique dans cette approche
    • Conséquences sur l’efficience des soins
    • Évaluation des approches populationnelles

    Telles sont les principales thématiques abordées au cours de cette interview.

    Pouvez-vous définir la notion de responsabilité populationnelle ?

    Antoine Malone : La responsabilité populationnelle vise à suivre la trajectoire du patient sur l’ensemble de la chaîne de création de valeur, et à répondre ainsi au défi posé par la triple transition épidémiologique, démographique et technologique via des systèmes intégrés. Elle se distingue donc de la notion de parcours par une intégration complète de l’ensemble des services et acteurs autour des besoins des patients et de la population, avec eux et pour eux.

    D’où vient l’intérêt de la Fédération hospitalière de France pour ce sujet ?

    David Gruson : La responsabilité populationnelle est la matrice de la plateforme de propositions que nous avons élaborée pour l’élection présidentielle de 2017. Notre réflexion sur ce sujet a été nourrie par le tour de France que nous avons effectué en 2016, qui nous a permis d’appréhender l’avancement des GHT et la structuration progressive des filières de prise en charge.

    Nous en sommes sortis convaincus qu’il est nécessaire de fournir un cadre plus global à la territorialité en santé pour ne pas faire des GHT des bunkers hospitaliers. C’est dans cette perspective que nous avons proposé une série de dispositions s’appuyant sur une charpente théorique et des leviers d’incarnation pratique : déverrouillage de la télémédecine en ville comme à l’hôpital, lutte contre les déserts médicaux en s’appuyant sur le numérique et la délégation de compétences, etc.

    Le système français est-il prêt à changer ?

    David Gruson : Nous avons constaté une bascule rapide. La proposition de la Cnamts d’inclure dans le PLFSS 2018 un financement au parcours avec des adjuvants financiers liés à la responsabilité populationnelle est un signal positif.

    Attention toutefois à l’effet de mode, comme cela a pu être le cas pour la notion de parcours patient, avec des effets limités. Il faut réfléchir aux corolaires pratiques de la responsabilité populationnelle, qui est une matrice de raisonnement. Elle implique par exemple de penser le passage de la pertinence des actes à la pertinence des actes et des activités, ou de concevoir le juste soin à l’échelle territoriale, avec une évaluation de la qualité et de la sécurité des soins.

    Quelles seraient les implications de ce changement de paradigme pour le système français ?

    Antoine Malone : Le système français est fragmenté. Il faut viser l’intégration clinique tout en respectant la pluralité des acteurs. Dans une approche populationnelle, les statuts peuvent être différents mais la responsabilité commune. Il ne faut pas tenter d’imposer une intégration forcée des organisations.

    L’imputabilité change avec la responsabilité populationnelle : c’est aux acteurs du territoire de s’organiser pour améliorer l’expérience de soins du patient et la santé de la population. L’approche populationnelle doit permettre de générer une triple amélioration de la prise en charge, du bien-être au travail et de l’équilibre budgétaire du système. C’est une modalité de transformation du système.

    Quel est le rôle des outils numériques dans l’approche populationnelle ?

    Antoine Malone Dans ce type d’approche, le besoin de données de population est colossal, d’une part pour aller au-delà des besoins de santé exprimés, d’autre part pour évaluer ce qui fonctionne ou non.

    Les systèmes d’information jouent donc un rôle fondamental, à la fois pour permettre l’approche intégrée des soins mais également pour analyser les données produites, évaluer les soins, et renforcer les actions de prévention. Le développement d’outils entre la ville et l’hôpital est nécessaire.

    A titre d’exemple, il n’existe plus qu’un seul système dossier patient informatisé dans les hôpitaux québécois depuis 2015, Easily (élaboré par les Hospices Civils de Lyon). De plus, les hôpitaux québécois aident les médecins libéraux à s’équiper sur le plan informatique.

    Comment s’y prendre pour effectuer un changement d’une telle ampleur ?

    Antoine Malone : Il faut commencer petit, partir de patients réels et de problématiques locales, se baser sur des réalités cliniques et non administratives. La responsabilité populationnelle a été pensée pour les professionnels de santé. Le levier de transformation est sur le territoire : il faut donner aux acteurs territoriaux une charpente contextuelle pour leur permettre de travailler ensemble.

    Les élus locaux sont également une clé du succès, car ils jouent un rôle important dans le maintien de la santé des populations.

    Quelle est la bonne échelle territoriale à adopter ?

    Antoine Malone : De nombreux travaux de recherche ont montré qu’une population de 300 000 à 500 000 habitants est adaptée pour construire une stratégie clinique intégrée.

    C’est pourquoi nous proposons que les GHT s’emparent de ce sujet.

    La responsabilité populationnelle permet-elle des économies financières ?

    Antoine Malone : A terme, elle améliore l’efficience du système, qui se voit évalué en fonction du triple aim.

    Elle est également source d’économies, comme le montre l’exemple de Kaiser en Californie, qui a dégagé une marge opérationnelle de 1 milliard de dollars au premier trimestre 2017.

    Enfin, elle s’accompagne d’une réflexion sur les modes de financement. Par exemple, la loi MACRA aux Etats-Unis, qui a donné naissance aux ACOs (accountable care organisations), prévoit des financements en fonction d’objectifs et de l’atteinte de résultats.

    Quelle est la place de l’usager dans la responsabilité populationnelle ?

    Antoine Malone : Le rôle des patients et des usagers se renforce, car l’évaluation par les usagers devient une clé d’amélioration continue de la qualité des soins. Ils participent aussi à une objectivation des priorités du territoire.

    Quelles sont les expériences réussies d’intégration des soins à partir d’une approche populationnelle ?

    Antoine Malone : Il s’agit d’une approche de terrain, donc il y a peu d’exemples au niveau de pays entier.

    On peut citer le Québec, qui a réorganisé son système de santé autour de la responsabilité populationnelle au milieu des années 2000. Un consortium réunissant la fédération des hôpitaux québécois, des chercheurs, et le ministère de la Santé, l’IPCDC, a été créé pour apporter un appui pratique aux établissements.

    Aujourd’hui, au Québec, l’intégration des soins s’appuie sur une approche par population : jeunes, personnes âgées, etc. On constate un meilleur réflexe interdisciplinaire, une amélioration de l’intégration de la santé publique, et une plus grande utilisation des données de santé.

    Des initiatives ont également vu le jour en Écosse, en Irlande, eu Suède ou en Angleterre avec les Vanguard.