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  • Cityblock, spin off de Google, développe une health tech destinée aux personnes aux faibles revenus

    Sidewalk, le laboratoire d’innovation du groupe Alphabet Inc (Google), annonce le 3 octobre 2017 la création de la start-up Cityblock.

    S’adressant aux personnes en situation de précarité, Cityblock est une assurance santé qui définit un profil sur mesure du patient dépendant de Medicare ou Medicaid. En fonction des besoins et de son profil, le patient est dirigé vers des dispensaires ou des centres de santé qui le prendront en charge. Cityblock met également en contact les membres de la plateforme vivant à proximité pour, par exemple, faire du covoiturage pour se rendre à une consultation.

    L’offre proposée est inédite dans la health tech, notamment en ciblant les personnes aux revenus faibles.

    Les services proposés par Cityblock seront lancés au début de l’année 2018. Les modalités de lancement n’ont pas encore été communiquées.

  • Télémédecine : Eovi Mcd Mutuelle annonce 386 téléconsultations depuis le lancement du service

    Le 5 octobre 2017, Eovi Mcd Mutuelle organisait une conférence de presse pour faire présenter son nouveau service de téléconsultation lancé en septembre 2017. L’événement a été l’occasion de revenir sur les premiers chiffres confirmant le besoin d’un tel service.

    Le partenariat avec MédecinDirect, un partenaire expérimenté et affirmé sur le marché, s’inscrit dans une démarche plus globale de la mutuelle de recherche de partenaires avec qui elle pourra œuvrer pour construire les services d’accompagnement de ses adhérents, qui est l’évolution qui se profile pour le secteur des mutuelles.

    Inclure la téléconsultation dans son offre de services est une façon de répondre aux attentes et aux besoin identifiés auprès des adhérents et selon un baromètre réalisé par la mutuelle en 2017, les adhérents sont demandeurs de la téléconsultation qui constitue une réponse au manque de disponibilité des professionnels de santé ou aux freins à l’accès aux soins de nature géographique.

    La téléconsultation est accessible à l’ensemble des adhérents de la mutuelle, sans limite et à titre gracieux. Le dispositif sera évalué avant qu’il en soit envisagé de l’étendre à l’ensemble des mutuelles membres du groupe Aesio.

    Le lancement de la téléconsultation s’inscrit dans la promotion de l’offre servicielle de la mutuelle. La téléconsultation est vue comme un service de santé d’accès simple et rapide et également complémentaire des pratiques médicales traditionnelles qu’elle ne vise pas à remplacer.

    Les chiffres montrent un intérêt pour le service. Depuis le 1er septembre 2017, date à laquelle il a été mis en place par la mutuelle, le service de téléconsultation bénéficie d’un accueil favorable auprès des adhérents d’Eovi Mcd mutuelle:

    • 553 adhérents ont déjà créé leur compte directement sur le site de MédecinDirect ;
    • 386 téléconsultations ont été effectuées, dont 12% ont abouti à l’émission d’une prescription médicale.

    MédecinDirect qualifie les téléconsultations réalisées par son réseau comme des « préconsultations », précédant une consultation classique qu’il peut difficile d’obtenir. Selon une enquête réalisée par ce prestataire de téléconsultations, 86% des cas traités en téléconsultation sont résolus, ce qui pousse à la conclusion que la téléconsultation peut donc éviter l’aggravation de cas ou éviter une consultation supplémentaire.

    C’est en cela que le service est intéressant pour Eovi Mcd Mutuelle dont la prévention reste une préoccupation importante. D’ailleurs, elle était au cœur de la stratégie du groupe Aesio constitué en novembre 2016 et dont elle fait partie.

  • Big Data : l’entrepôt de données massives du CHU de Rennes labellisé par l’ANR

    Le Centre Hospitalier Universitaire de Rennes annonce le 4 octobre 2017 la labellisation de son projet de laboratoire de données massives, LITIS (Laboratoire d’Interopérabilité Traitement et Intégration des données massives en Santé), par l’Agence Nationale de la Recherche. Il recevra à ce titre des crédits sur trois ans.

    Fort de son expérience en création d’entrepôt de données, le CHU a été instigateur du projet de la création du laboratoire LITIS en coopération avec l’Université de Rennes 1, l’Inserm et Enovacom, dans le cadre d’un partenariat public-privé, afin de concevoir un modèle de plateforme de données massives hospitalières utilisées dans les centres de données cliniques et dédiées à la recherche médicale.

    C’est le Laboratoire du Traitement du Signal et de l’Image (LLTSI) qui est porteur du projet et qui a déjà procédé au développement d’un outil innovant de traitement et d’exploitation des données patients, eHOP.

    Un partenariat public-privé pour favoriser la recherche grâce aux technologies innovantes

    La technologie du big data se révèle être un enjeu de la médecine de demain et contribue notamment au développement de la médecine 4P (préventive, personnalisée, prédictive et participative).

    Le projet LITIS a été retenu par l’Agence nationale de la recherche car il est fondé sur un partenariat public privé et vise à permettre:

    • la mise en réseau et l’interconnexion de plateformes de données à l’échelle du territoire grâce à l’accompagnement de la SATT Ouest Valorisation, en tant qu’opérateur de valorisation des établissements dans le grand ouest ;
    • l’intégration, le traitement et l’exploitation de données produites dans le cadre du soin (hospitalisation ou ambulatoire), de la recherche clinique (essai clinique) ou du bien-être des patients (santé connectée).

    Déploiement

    Les institutions publiques faisant partie du projet ont procédé à la signature d’un contrat de licence d’exploitation avec la société Enovcom, avec laquelle elles souhaitent le développement de nouveaux outils. Il est prévu qu’il soit déployé dans les six CHU du Grand Ouest, puis au sein de deux centres de lutte contre le cancer sous l’égide du réseau HUGO (Hôpitaux Universitaires du Grand Ouest).

  • ADDON-acs, plateforme de digitalisation du parcours de soin, lève 300 000€

    ADDON-acs, plateforme de digitalisation du parcours de soin, annonce dans un communiqué de presse datant du 30 septembre 2017 avoir finalisé sa première levée de fonds en réunissant 300 000 € dans l’objectif d’accélérer son développement.
    Les fonds ont été recueillis auprès de ses investisseurs historiques et de Bpifrance.

    La start-up a été fondée en juin 2016 par Patrick Seux et Thibault Allouard et opère dans le secteur de la e-santé et de l’assurtech.

    Elle a conçu une plateforme à destination des complémentaires santé leur permettant d’analyser en temps réel le comportement des assurés au cours de leur parcours de soin. L’analyse et la qualification des informations recueillies sur les bénéficiaires aboutissent à la conception de parcours de soins digitalisés en temps réel et à l’élaboration d’outils à destination des acteurs de la santé visant à améliorer leur relation client et à mieux maitriser leurs coûts.

    ADDON-acs a par ailleurs été récompensée dans le cadre du Trophée START-UP 2017 de l’Argus de l’assurance dans la catégorie Big Data/Data Analytics et dans la catégorie Biotech / Santé.

  • Etienne Grass quitte l’AP-HP pour rejoindre Cap Gemini

    Etienne Grass, actuellement directeur de la transformation à l’AP-HP, quittera prochainement l’institution parisienne pour rejoindre Cap Gemini en tant que directeur Secteur public, a t-il indiqué à Health&Tech Intelligence le 6 octobre 2017.

    Ancien élève de l’ENA, Etienne Grass est Inspecteur des Affaires sociales. Il a notamment été directeur de cabinet du directeur général de la Cnamts.

  • Appel à projets (ARS Ile-de-France) : Innover pour améliorer les parcours ville hôpital en chirurgie

    L’ARS Ile-de-France a publié le 6 octobre 2017 un appel à projets intitulé « Innover pour améliorer les parcours ville hôpital en chirurgie ambulatoire ».

    Il vise à soutenir et accompagner des projets organisationnels s’inscrivant dans une logique de parcours et permettant le développement d’une chirurgie ambulatoire de qualité.

    La date limite de réponse est fixée au 14 novembre 2017.

    Projets concernés

    Les projets pourront concerner :

    • la coopération ville – hôpital ;
    • leur suivi en amont en aval de l’intervention ;
    • la fluidification et la traçabilité des différentes étapes de prise en charge.

    Ils peuvent porter sur :

    • l’information du patient et de l’entourage ;
    • la formation de tous les professionnels de santé à la sortie du patient (médecin, infirmière, kiné…) ;
    • le suivi du patient à domicile.

    Conditions de candidature

    Les projets peuvent être portés par :

    • des établissements de santé franciliens publics ou privés ;
    • des professionnels de ville;
    • des associations d’usagers.

    Le dossier accompagné d’une lettre d’engagement doit être adressé à l’adresse suivante : ARS-IDF-DATOS@ars.sante.fr avant le 14 novembre 2017.

    Les résultats de la sélection des projets seront adressés au porteur du projet par mail mi-décembre 2017.

  • ESN : Atos se renforce aux États-Unis avec l’achat de 3 sociétés de conseil en santé numérique

    Atos a annoncé le 2 octobre 2017 l’acquisition de trois sociétés de conseil en santé numérique aux États-Unis, dans l’objectif de renforcer sa présence sur le marché américain, en forte croissance : Pursuit Healthcare Advisors, Conduent’s Healthcare Provider Consulting et Conduent’s Breakaway Group.

    Atos souhaite plus précisément accompagner les prestataires de santé américains dans :
    • l’adoption des technologies numériques ;
    • la gestion des programmes et des projets ;
    • la capacité à mettre en place et à optimiser le dossier médical électronique ;
    • l’analyse des données médicales.

    Le groupe indique que ses acquisitions lui permettront de générer plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires sur base annuelle dans le secteur de la santé.

  • « Faire de l’Europe un continent numérique  » : les conclusions du sommet des chefs d’Etat de Tallin

    « Faire de l’Europe un continent numérique d’ici 2025 » : telle est l’ambition exprimée dans les conclusions du sommet sur le numérique des chefs d’État et de gouvernement des pays de l’Union européenne qui s’est tenu à Tallin le 29 septembre 2017, dans le cadre de la présidence estonienne de l’Union européenne.

    5 priorités ont été fixées :
    • faire de l’Europe le chef de file de la cybersécurité ;
    • faire de l’Union européenne le lieu de résidence idéal des entreprises et des innovateurs à l’ère du numérique ;
    • investir dans la croissance de l’économie numérique, notamment en matière d’infrastructures ;
    • renforcer les compétences des citoyens européens à l’ère du numérique ;
    • faire entrer les administrations et tout le secteur public dans l’ère du numérique.

    Ces conclusions seront discutées par les dirigeants de l’Union européenne lors du prochain Conseil européen les 19 et 20 octobre à Bruxelles.

    Les principaux points de la déclaration

    Cybersécurité

    Les chefs d’État des pays de l’Union européenne appellent notamment à :

    • avoir une approche commune de la cybersécurité avec un cyberespace unique européen et un marché unique de la cybersécurité, notamment en termes de certification de sécurité de pointe, de normes communes, de capacité opérationnelle et de réponses collectives aux crises ;
    • garantir un niveau maximum de résilience des infrastructures, des industries et des services du numérique afin de créer un environnement compétitif avantageux et d’attirer les investissements ;
    • mener et coordonner des campagnes éducatives et de sensibilisation afin de promouvoir une bonne hygiène numérique partout en Europe.

    Accueil des entreprises et des innovateurs

    Les chefs d’État appellent en particulier à :

    • aller au-delà du marché unique numérique qui doit être mis en place en 2018 ;
    • proposer les meilleures conditions possibles pour de nouvelles formes d’entrepreneuriat, pour les start-ups et les entreprises en croissance dans l’économie de la donnée ;
    • accélérer la transformation numérique des entreprises par le recours aux technologies de pointe, notamment grâce à l’intelligence artificielle, au traitement du big data et à la blockchain ;
    • disposer du meilleur environnement au monde pour permettre l’accès et l’utilisation (ou la réutilisation) des données pour les produits et services innovants, notamment pour le développement des solutions liées à l’intelligence artificielle, tout en maintenant un haut niveau d’éthique, de protection des données et de droits numériques.

    Investissement dans les infrastructures

    Il s’agit de :

    • encourager et accompagner la transformation numérique des entreprises, par exemple via des installations informatiques hautement performantes ;
    • mettre en place une feuille de route et un cadre ambitieux afin de déployer, à l’horizon 2025, une fibre optique et une 5G parmi les plus performantes au monde ;
    • étudier la manière d’accroître la contribution des investissements européens pour la modernisation des infrastructures.

    Renforcement des compétences des citoyens européens

    Les chefs d’État proposent notamment de :

    • moderniser les marchés de l’emploi et les systèmes de formation ;
    • concentrer les efforts sur les domaines à fort potentiel d’automatisation.

    Faire entrer les administrations et le secteur public dans l’ère du numérique

    Il s’agit notamment de :

    • permettre que toutes les procédures administratives soient faites de façon dématérialisée, en particulier dans le domaine de la santé, de la mobilité et de l’énergie ;
    • faciliter l’interopérabilité et les services publics numériques transfrontaliers.

  • Etude : le big data guide les actions de santé publique dans les maladies respiratoires (Jama)

    Le taux de mortalité lié aux maladies respiratoires chroniques a augmenté de près de 30% aux Etats-Unis entre 1980 et 2014. Des différences importantes sont cependant enregistrées ente chaque état. Pour repérer de telles disparités, des chercheurs américains ont analysé les données de plus de 80 millions d’individus pendant 35 ans. Comme le montre l’étude* publiée dans le Jama le 26 septembre, le big data permet de guider les actions prioritaires de santé publique.

    Le fardeau des maladies respiratoires 

    Les maladies respiratoires sont responsables d’un décès sur 15 aux Etats-Unis. Le taux de mortalité est passé de 41/100 000 en 1980 à 55/100 000 en 2002 puis a diminué à 53/100 000 en 2014. Cette hausse de 29,7% pendant cette période est surtout due au poids croissant de la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO). Cette nette tendance à la hausse cache malgré tout de grosses disparités régionales, comme le montre une étude publiée le 26 septembre dans le Jama. 

    80 millions de décès analysés

    Pour affiner l’état des lieux des maladies respiratoires, des épidémiologistes de l’université de Washington, à Seattle, ont épluché les données de plus de 80 millions d’Américains décédés entre 1980 et 2014, soit sur une période de 35 ans. « C’est vraiment ce que l’on peut appeler du big data, soulignent les deux auteurs d’un éditorial paru lui aussi dans le Jama.

    Le big data révèle les disparités régionales…

    Et les données fournissent des informations intéressantes et importantes sur les maladies respiratoires chroniques qui permettent d’identifier certaines zones qui devraient bénéficier de programmes de santé publique ». Par exemple, les taux de mortalité par BPCO allaient d’une baisse de 60,5% dans certains états à une explosion de 263,7% dans d’autres. Ce sont les états du Sud du pays qui ont enregistré les plus fortes hausses. Ces résultats issus du big data devraient donc permettre d’identifier les zones qui pourraient bénéficier le plus d’interventions de santé publique visant à limiter les principaux facteur de risque ce cette maladie.

    …et les ratés de la santé publique

    L’analyse des données sur le taux de mortalité lié à l’asthme donne aussi une photographie plus fine de cette pathologie respiratoire. Si le nombre de décès a diminué de 46% dans cette période, cette tendance à la baisse n’est pas uniforme. Les états qui enregistrent les taux de mortalité les plus élevés sont ruraux, à prédominance noire, et plutôt pauvres. Or, les programmes de contrôle de l’asthme des CDC n’ont pas été développés dans l’Alabama, la Caroline du Sud ou encore la Virginie.

    Des données qui poussent à l’action

    Le Big Data a livré des secrets mais il doit maintenant servir à l’action. Les auteurs de l’étude estiment donc que les responsables locaux de santé publique et les cliniciens devraient se saisir de ces données pour « s’attaquer au fardeau que représentent les maladies respiratoires chroniques ». Ils insistent sur la nécessité de mettre en place un dépistage et un traitement plus précoce dans les zones les plus durement touchées.

  • Inde : comment le système de santé peut-il être davantage centré sur les nouvelles technologies ?

    Le Dr. indien Swati Kapoor (Practo) estime que l’high tech peut changer fondamentalement la manière dont les soins sont livrés et accessibles en Inde en rendant les services de santé plus efficaces et abordable pour les masses.

    Cependant, l’industrie a du mal à faire la transition, explique-t-elle dans une tribune publiée fin septembre sur le site d’actualité participatif indien Youthkiawaaz.com.

    L’experte présente 5 pistes pour favoriser le développement de la health tech au sein du pays :
    1. augmenter les investissements publics dans les programmes de recherche ;
    2. encourager les médecins à adopter des nouvelles technologies ;
    3. gagner la confiance des consommateurs ;
    4. informer les patients sur les avantages d’un système de santé numérique ;
    5. promouvoir les nouvelles technologies dédiées au secteur de la santé.

    Pour améliorer l’accès aux soins, l’Inde doit se tourner vers la health tech

    L’industrie de la santé en Inde devrait toucher 280 milliards de dollars US (238 Mds €) d’ici la fin de 2020. Le domaine des soins est l’un des secteurs les plus importants du pays et a contribué à la richesse de la nation grâce à la prolifération des médecins, des hôpitaux, des cliniques, des laboratoires, au tourisme médical et aux opportunités d’emploi.

    Moins de 10 % du budget des hôpitaux indiens est consacré au numérique

    Pour continuer à évoluer dans le bon sens, le secteur de la santé doit davantage se tourner vers les nouvelles technologies, analyse la diététicienne Swati Kapoor, afin d’améliorer l’accès aux soins et la qualité des services. Cependant, la majorité des hôpitaux consacrent moins de 10 % de leur budget annuel aux initiatives centrées sur le numérique.

    L’experte perçoit cinq manière de changer le visage du secteur de la santé indien afin de le rendre plus compétent et d’offrir de meilleurs services médicaux à tous les citoyens de ce vaste pays :

    1. Augmenter le financement public des programmes de recherche

    « Bien que le secteur de la santé indien connaisse des opportunités, le gouvernement dépense seulement 30 % de son budget total dédié à la santé dans le domaine des soins de santé primaires », indique le Dr. Kapoor.

    Un manque de mesures facilitant l’accès à la santé pour les plus démunis

    Le système de santé en Inde est divisé entre le secteur public et le secteur privé. C’est à ce dernier que l’on doit en grande partie l’adoption de nouvelles technologies dans le pays. Il existe quelques programmes gouvernementaux d’assurance-maladie et d’aide pour accéder aux soins, « mais le manque de ce genre d’initiatives pour les citoyens des régions rurales et des zones les plus pauvres conduit à la mise en place d’installations médicales inefficaces et coûteuses pour cette tranche de la population ».

    En développant de nouvelles technologies dans l’industrie, les services de soins pourraient devenir moins coûteux, estime la spécialiste. Selon elle, le gouvernement pourrait engager le dialogue avec les acteurs du secteur privé pour les inciter à surmonter ensemble les obstacles rencontrés par les consommateurs. Elle pense également que les politiques et les projets de santé publique pourraient être plus efficaces et moins coûteux s’ils intégraient l’utilisation de technologie numérique.

    2. Encourager l’adoption des nouvelles technologie par les médecins

    « Les médecins spécialisés dans les nouvelles technologies peuvent changer le secteur de la santé car ils suivent la tendance actuelle de l’industrie », fait remarquer Swati Kapoor. Les patients ont davantage confiance en eux comme ils sont au fait des dernières évolutions du secteur. De plus, les groupes pharmaceutiques, les entreprises de dispositifs médicaux et d’autres professionnels de la santé vont personnaliser leurs produits, leurs services et leurs stratégies marketing en fonction de leurs exigences et donc logiquement proposer des solutions plus modernes et novatrices.

    « Les médecins indiens doivent utiliser la technologie et être à jour des dernières tendances, applications mobiles et gadgets pour améliorer l’expérience générale des patients. »

    L’intérêt d’un dossier de santé électronique

    La gestion d’un vaste système de données sur les patients peut être facilitée en utilisant un dossier de santé électronique (EHR) permettant aux médecins d’accéder facilement à l’historique médical de leurs patients, avance la diététicienne.

    Elle indique que plus de 60 % de la population indienne vit dans des villages ayant un accès limité aux hôpitaux, aux médecins qualifiés et aux établissements de santé. « La télémédecine peut offrir une éducation à la santé longue distance et de qualité et une consultation en temps réel à un coût raisonnable pour les personnes issues de différentes régions. »

    • Avec l’augmentation du taux de pénétration des smartphones en Inde, WhatsApp, les messages textos, les applications et les courriels peuvent être utilisés par les médecins et les patients pour une consultation. Les virements en ligne ou les portefeuilles mobiles peuvent également être utilisés pour régler plus facilement les frais liés à divers services de soins.
    • Les gadgets médicaux comme les thermomètres infrarouges et les stéthoscopes numériques peuvent déterminer avec précision la santé du patient en quelques secondes.
    • Les applications mobiles de santé comme celle élaborée par Practo aident les médecins à développer leur présence numérique, à se connecter avec les patients et à gérer efficacement leur programme. La société de santé numérique PEPID offre aussi une formation médicale continue aux médecins et les met à jour sur les diverses maladies et sur leur gestion.

    « Une fois que les médecins seront convaincus qu’il est nécessaire d’adopter la voie numérique, l’ensemble de l’industrie suivra. Lorsqu’ils gèrent des startup dédiées à la santé, ils apprennent comment la technologie peut les aider à offrir les meilleurs soins à leurs patients. En retour, ces startup leur délivrent des idées forgées sur le terrain et peuvent innover pour offrir de meilleures solutions de soins technologiques. »

    3. Les start-up axées sur la santé doivent gagner la confiance des utilisateurs

    « La santé est une affaire personnelle et, par conséquent, les médecins et les patients ne veulent pas compromettre leur vie privée, souligne le Dr. Kapoor. La confiance est le facteur le plus important qui influence l’adoption de la technologie dans le secteur de la santé. Les startup proposant des produits, des applications et des logiciels [dédiés à la santé] doivent garantir à leurs clients que leurs informations personnelles seront sécurisées. »

    Selon elle, les startups doivent fonctionner en étroite collaboration avec les médecins, les impliquer dans leurs campagnes de marketing et modifier leurs produits et services pour répondre au mieux aux besoins des clients. Les médecins pourraient ainsi les aider à valider la pertinence de leur technologie pour le secteur de la santé, ce qui entraînera une utilisation accrue de ces services numériques.

    4. Informer les patients sur les avantages du numérique

    Lorsqu’un médecin utilise les dernières technologies de santé, les patients peuvent être au premier abord méfiants vis-à-vis de l’application en question, de la confidentialité de leurs données et des potentiels problèmes techniques.

    Ces facteurs peuvent constituer des obstacles importants à l’adoption à grande échelle des nouvelles technologies de santé, reconnaît la spécialiste. Par conséquent, des efforts doivent être faits pour soulager leurs angoisses et leur permettre de s’adapter à ce changement.

    « Les patients doivent être informés sur la façon dont la technologie peut simplifier leur existence et réduire les coûts globaux des services de santé. Par exemple, un patient atteint de diabète peut bénéficier d’une application mobile qui offre une surveillance continue de ses niveaux de glucose, qui est facile à transporter et qui offre des résultats précis et rapides. »

    5. Inviter les entreprises pharmaceutiques et de santé à promouvoir les technologies

    Les entreprises pharmaceutiques et de santé informent et éduquent les médecins à propos des dernières recherches et progrès dans le domaine de la santé. « Pour générer une tendance technologique dans [l’industrie], (…) les groupes pharmaceutiques peuvent adopter des outils de santé numériques en combinaison avec les médicaments qu’ils commercialisent afin d’offrir de meilleures solutions de soins (…). Par exemple, une foule de dispositifs médicaux, comme l’implant cardiaque, les stimulateurs cardiaques et les défibrillateurs, peuvent rendre la vie d’un patient atteint de maladie cardiovasculaire plus confortable », estime Swati Kapoor.

    Novartis est par exemple en train d’élaborer un appareil combinant un dispositif numérique à un médicament pour les patients atteints d’angine de poitrine. L’appareil surveillera l’état des malades et permettra une intervention précoce en leur administrant automatiquement un médicament contre l’insuffisance cardiaque en cas de besoin afin de réduire l’angoisse des patients et les frais liés aux soins d’urgence.

    « Les moyens mentionnés ci-dessus pour davantage axer le secteur de la santé indien vers les nouvelles technologies peuvent non seulement changer la façon dont les services de soins sont dispensés mais aussi les rendre plus pratiques et abordables pour tous, résume le Dr. Kapoor. L’adoption d’outils technologiques novateurs dans ce domaine permettra de développer des solutions innovantes pour résoudre les problèmes de santé actuels et futurs. »