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  • Health Data Week : H&TI Morning spécial Ethik-IA le 20 novembre 2019 à Paris

    Dans le cadre de la Health Data Week, qui se tient du 18 au 22 novembre 2019, la société Care Insight organise un H&TI Morning spécial Ethik-IA consacré à la loi de bioéthique et l’introduction de la « garantie humaine » du numérique en santé.

    Cette session portera plus précisément sur la « garantie humaine algorithmique » (GHA) comme levier de régulation positive du pilotage par les données, l’idée étant de se baser sur cette nouvelle obligation de conformité dans le contexte du déploiement de la loi de bioéthique.

    La matinée sera rythmée en 3 temps :

    • GHA et loi de bioéthique : avec David Gruson, docteur en droit de la santé et fondateur de l’initiative Ethik-IA ;
    • GHA et pilotage par les données de santé publique : avec Judith Mehl, directrice générale d’Ethik-IA et Béatrice Falise-Mirat, directrice scientifique de Care Insight ;
    • GHA et protection sociale complémentaire : avec Anaïs Person, déléguée à la protection des données (DPD/DPO) de plusieurs organismes.

    Les inscriptions à l’événement, gratuites, doivent être réalisées en ligne via ce lien.

  • BBMRI

    The Biobanking and BioMolecular Resources Research Infrastructure

  • Estonie : le volontariat pour le partage des données permet la mise à disposition de solutions

    La bio-banque d’Estonie (Estonian Biobank), créée en 2000, est basée sur le volontariat de la population. Actuellement, elle rassemble des données sur la santé et la génétique d’environ 20 % de la population adulte estonienne, soit près de 200 000 personnes. L’Estonian Genome Center de l’université de Tartu (EGCUT), qui gère cette base, a utilisé les données disponibles de cette dernière dans le cadre de projets de recherche nationaux et de collaborations internationales.

    Le Pr Andres Metspalu, directeur de l’EGCUT, est revenu en détail sur cet outil lors du FD Health Day, organisé le 13 novembre 2019 à Paris par France Digitale. L’occasion pour Health & Tech Intelligence de faire le point sur ce modèle centré sur la collaboration étroite entre citoyens et professionnels de santé.

    En résumé, le fonctionnement de cette bio-banque repose sur :
    • un enrôlement de volontaires basé sur le volontariat et l’engagement des médecins ;
    • un cadre législatif : le Human Genes Research Act (HGRA), soit la loi relative à la recherche sur les gènes humains, permet à la bio-banque d’accéder au système de santé en ligne, aux registres nationaux et aux bases de données hospitalières afin de mettre à jour en continu les informations sur la santé de tous les participants ;
    • une vision internationale : partenariat avec le consortium européen BBMRI, qui a pour objectif de préparer une infrastructure paneuropéenne de recherche sur les bio-banques et les ressources biomoléculaires pour la recherche biomédicale et biologique en Europe et dans le monde ;
    • un retour éclairé assuré auprès des patients.

    Un enrôlement de volontaire basé sur le volontariat et l’engagement des médecins

    Les volontaires sont recrutés par des médecins généralistes et par des médecins hospitaliers formés. Après enregistrement de leur consentement (« gene donor consent form« ), leur profil est documenté (antécédents personnels et familiaux, facteurs de risques, habitudes de vie, métier, …) avec le médecin pendant une consultation de près de 2 heures à travers :

    • le remplissage d’un questionnaire CAPI (Computer Assisted Personnal Interview) ;
    • la prise d’un certain nombre de mesures (taille, poids, paramètres physiologiques…).

    Engagement : fournir des commentaires personnalisés aux participants

    Le programme national de médecine personnalisée estonien (2015-2018) prévoit que la génomique devienne partie intégrante du système de santé national. Les données générées à la bio-banque permettent de prédire le risque de maladie, d’identifier des facteurs de risque pouvant faire l’objet d’une action médicale et d’optimiser la prescription de médicaments et potentiellement retarder l’apparition de la maladie.

    La restitution des résultats génomiques individuels aux participants de la bio-banque a commencé en 2016. L’hypercholestérolémie familiale a été utilisée comme modèle au cours de cette première étape. D’autres axes sont explorés (cancer du sein et pharmaco-génomique). Il est prévu d’intégrer ces données au système médical dans les années à venir.

    Le système national intégrera donc les données des différents prestataires de soins estoniens avec leur profil génétique afin de créer un dossier de santé commun pour chaque patient.

    Une population informée et favorable :

    Un effort continu a été réalisé depuis la création de la bio-banque et de l’EGCUT pour communiquer largement sur les objectifs de cette démarche, en particulier à travers des conférences, des événements, des sessions de questions-réponses et des publications.

    Une enquête annuelle est réalisée pour évaluer la connaissance de l’EGCUT et l’opinion de la population estonienne sur le sujet. Selon le sondage réalisé à 2010 :

    • 85 % des Estoniens indiquent être au courant des activités de l’EGCUT ;
    • 59 % disaient par ailleurs fortement soutenir le projet : le nombre de personnes opposées a toujours été inférieur à 4 %.

    Exemples de retours faits aux patients :

    Un retour personnalisé est réalisé aux participants à la bio-banque :

    • type d’informations transmises :
    • exemples de rapports fournis aux participants :

    Un cadre législatif rapidement mis en place

    Le Human Genes Research Act (HGRA), soit la loi relative à la recherche sur les gènes humains, a été mis en place dès janvier 2001.

    Elle a pour objectif :

    • de réglementer la création et le maintien d’une banque de gènes ;
    • d’organiser les recherches génétiques nécessaires ;
    • de garantir le caractère volontaire du don de gènes et la confidentialité de l’identité des donneurs de gènes ;
    • de protéger les personnes.

    Cette loi et le consentement signé par tous les participants permettent à la bio-banque d’accéder au système de santé en ligne, aux registres nationaux et aux bases de données hospitalières afin de mettre à jour en permanence les informations sur la santé de tous les participants.

    La recherche : un engagement international

    L’EGCUT a utilisé les données disponibles dans la bio-banque estonienne pour des projets de recherche nationaux et dans le cadre de collaborations internationales.

    La bio-banque est partenaire du consortium européen BBMRI, qui a pour objectif de préparer une infrastructure paneuropéenne de recherche sur les bio-banques et les ressources biomoléculaires pour la recherche biomédicale et biologique en Europe et dans le monde.

  • L’hôpital Foch crée son propre entrepôt de données de santé pour accélérer la recherche clinique

    L’hôpital Foch crée son entrepôt de données de santé (EDS) avec l’objectif d’« accompagner et [d’] accélérer la recherche clinique ». Cet outil, lancé suite à l’accord de la Cnil obtenu le 14 octobre 2019, sera opérationnel au 1er janvier 2020 pour l’ensemble du personnel de recherche de l’établissement, « sous validation stricte du comité d’éthique », indique l’établissement dans communiqué daté de novembre 2019.

    Il agrègera « sur une seule et même plateforme » les données administratives et médicales de plus de 500 000 patients « hospitalisés ou venus en consultation au sein de l’hôpital et ne s’y étant pas opposés », soit environ 5 millions de documents : comptes rendus de consultation et d’hospitalisation mais aussi de données de biologie et d’imagerie. L’EDS permettra de « renforcer les essais cliniques » et de « réaliser des études épidémiologiques en interne », en vue d’améliorer « la recherche de diagnostics plus ou moins rares et les délais d’accès aux essais cliniques », précise l’hôpital. Il fera l’objet d’une gouvernance spécifique associant professionnels de santé, chercheurs et représentants de patients, ainsi que le délégué à la protection des données (DPO) de l’établissement.

    Dans le cadre de la Chaire de transplantation, créé au sein de l’hôpital Foch en septembre 2018, les données récupérées dans l’entrepôt permettront d’élaborer « un outil de prédiction de l’état de santé et de rechute éventuelles des patients transplantés », par exemple en transplantation pulmonaire, avec l’objectif d’adapter les traitements.

  • États-Unis : un projet de loi sur la protection des données prévoit une Cnil au niveau fédéral

    Une agence fédérale de la protection des données numériques (Data protection agency), organisme indépendant chargé d’« assurer la protection de la vie privée » et d’ « enquêter sur les abus ». C’est ce que veulent créer 2 représentantes démocrates de Californie, Anna G. Ehsoo et Zoe Lofgren, dans une proposition de loi sur la protection de la vie privée sur internet (Online Privacy Act). Selon les documents publiés le 5 novembre 2019 par les deux congressistes, cette nouvelle agence assumerait une partie des missions actuellement confiées à la Federal Trade Commission (FTC), qui a condamné Facebook à une amende de 5 milliards de dollars (4,5 milliards d’euros), mais avec des moyens humains bien supérieurs (jusqu’à 1 600 employés). Elle pourrait, comme la FTC, infliger des amendes de 42 530 dollars (37 900 euros) maximum par infraction constatée. Alors que des lois de protection des données ont été votées récemment en Californie (CCPA) ou au Nevada (SB-220), plusieurs tentatives de régulation fédérale en la matière (Email Privacy Act, Consumer Data Protection Act) n’ont pas abouti.

    Par ailleurs, le projet de loi accorderait à chaque Américain le droit d’accéder à ses données, de les corriger ou de les supprimer, ainsi que le droit à l’impermanence, qui permet aux utilisateurs de « déterminer la durée pendant laquelle les entreprises peuvent conserver leurs données ». Il serait alors possible aux citoyens de refuser que leurs données soient employées par des algorithmes d’intelligence artificielle et d’apprentissage automatique (machine learning). La loi imposerait également un contrôle humain sur les décisions prises par algorithme.
    Le texte une fois adopté limiterait la quantité de données que les entreprises peuvent « recueillir, traiter, divulguer et conserver » et leur interdirait d’utiliser les données pour des objectifs contraires aux droits civiques, comme la discrimination à l’embauche.
    Il leur imposerait de demander le consentement des utilisateurs « dans un langage clair et simple » , interdisant les « dark patterns », ces interfaces conçue pour tromper ou manipuler l’utilisateur et l’inciter à livrer ses données.
    La loi interdirait aussi d’utiliser des informations issues de messages privés pour le ciblage publicitaire.

    Le projet habiliterait les procureurs généraux des États fédérés à poursuivre les auteurs de violations du texte et permettrait aux justiciables de se faire représenter dans des recours collectifs par des organisations privées à but non lucratif.

  • PLFSS 2020 : le Sénat rejette le texte en 1ere lecture après les annonces d’Emmanuel Macron

    Le Sénat n’a pas adopté la troisième partie du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2020, relative aux recettes et à l’équilibre de la Sécurité sociale pour l’exercice 2020 et a ensuite rejeté l’ensemble du projet de loi, par 281 voix contre et 0 voix pour. C’est ce qu’annonce la Chambre haute dans un communiqué publié à l’issue de la séance publique du 14 novembre 2019, ajoutant qu’elle « examinera le projet de loi en nouvelle lecture le samedi 30 novembre et le dimanche 1er décembre« .

    Ces votes font suite aux propos d’Emmanuel Macron selon lesquels un plan pour l’hôpital sera annoncé à l’issue du Conseil des ministres du 20 novembre, soit le lendemain du vote solennel au Sénat en conclusion de la première lecture.

    Réactions :

    • « En retardant les annonces chiffrées à mercredi prochain, après le vote du PLFSS, le président de la République, encore une fois, méprise le Parlement et particulièrement le Sénat », commente Éliane Assassi, présidente du groupe CRCE (Communiste, républicain, citoyen et écologiste), jugeant que cela n’est « plus acceptable ».
    • Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains au Palais du Luxembourg, accuse les ministres Agnès Buzyn (Santé) et Olivier Dussopt (Comptes publics) d’avoir « voulu instrumentaliser le Sénat dans un rôle d’un théâtre d’ombres virtuelles », sachant « pertinemment, avant même que [les] débats ne débutent », que les parlementaires allaient délibérer sur « un PLFSS qui n’était pas sincère », ce qui « ne pouvait être que vain ».

  • Aide à la prescription : ExactCure lève 1 million d’euros et s’allie à Vidal, spécialiste des SIS

    La société française ExactCure, spécialiste de la lutte contre les médications inappropriées, lève 1 million d’euros auprès de la plateforme d’investissement OneRagtime, avec l’objectif d’« agrandir son département R&D » et de « recruter de nouveaux talents ».

    Le « jumeau digital » conçu par ExactCure sous forme d’une application pour smartphone simule l’efficacité et les interactions des médicaments dans le corps d’un patient en fonction de ses caractéristiques personnelles  (âge, poids, statut rénal, génotype…), de sorte que le patient gagne en autonomie mais aussi pour éviter sous-doses, surdoses et interactions médicamenteuses, explique la start-up dans un communiqué publié le 14 novembre 2019. Cette solution permet au patient de visualiser l’effet des médicaments sur son corps et au professionnel de santé d’affiner ses prescriptions par des simulations personnalisées.

    Suite à un partenariat conclu avec Vidal Group, la solution d’ExactCure sera proposée aux hôpitaux français utilisant Vidal Sentinel, un outil d’évaluation du risque des prescriptions destinée aux pharmaciens hospitaliers.

  • Étude : le machine learning capable de prédire l’espérance de vie des insuffisants cardiaques (ESC)

    Une équipe de l’université de Californie à San Diego (UC San Diego) a mis au point un algorithme d’apprentissage automatique (machine learning) capable de prédire l’espérance de vie des patients souffrant d’insuffisance cardiaque. À partir de 8 variables, les chercheurs ont établi un score de risque permettant de déterminer les risques de décès élevés et faibles avec une précision de 88 %. Les résultats de cette étude* ont été publiés le 12 novembre 2019 dans l’European Journal of Heart Failure, le journal de la Heart Failure Association de la Société européenne de cardiologie (European Society of Cardiology – ESC).

    Quand un malade veut en savoir plus sur son pronostic

    La prévision de la mortalité est importante chez les patients insuffisants cardiaques. Cependant, les stratégies actuelles de prévision du risque ne donnent que des résultats modestes. Leur faiblesse vient probablement du fait qu’elles s’appuient sur des méthodes d’analyse statistique qui ne permettent pas de saisir les informations pronostiques dans de grands ensembles de données.

    Avi Yagil, un professeur de physique à l’Université de Californie à San Diego, s’est attaqué à ce problème lorsqu’il a découvert qu’il souffrait d’une insuffisance cardiaque. En échec de traitement, il a finalement bénéficié d’une transplantation cardiaque en juin 2016. Et c’est lors de sa convalescence qu’il a commencé à réfléchir aux moyens d’améliorer le parcours de soins pour des patients comme lui.

    « Dans mon travail quotidien, j’utilise l’apprentissage automatique (machine learning) pour comprendre une grande quantité d’informations et de mesures de particules et de leurs interactions, explique Avi Yagil. Le corps humain est encore plus complexe mais la profession médicale n’utilise pas assez les technologies nécessaires pour saisir les corrélations multidimensionnelles entre les mesures, telles que les tests de laboratoire, les signes vitaux, et les résultats. Nous avons émis l’hypothèse que cette méthodologie pourrait contribuer à améliorer le pronostic et le traitement des patients atteints d’insuffisance cardiaque. « 

    Un algorithme basé sur 6000 insuffisants cardiaques

    Le physicien s’est alors associé avec ses cardiologues de la faculté de médecine de l’université de San Diego de l’Institut cardiovasculaire de l’UC San Diego Health. « Nous voulions développer un outil qui prédit l’espérance de vie des patients atteints d’insuffisance cardiaque, indique Eric Adler, directeur des transplantations cardiaques. Il existe des applications dans lesquelles les algorithmes détectent toutes sortes de choses, comme les produits que vous souhaitez acheter. Nous avions besoin d’un outil similaire pour prendre des décisions médicales. La prévision de la mortalité est importante pour les patients insuffisants cardiaques. »

    Pour développer leur algorithme d’apprentissage automatique, les chercheurs se sont basés sur les données de dossiers médicaux électroniques anonymisés de 5 822 patients hospitalisés ou ambulatoires souffrant d’insuffisance cardiaque. Le score de risque a été calculé à partir de 8 variables facilement disponibles pour la majorité des patients insuffisants cardiaques, telles que la tension artérielle diastolique, la créatinine, ou encore le nombre de globules blancs.

    Les résultats de cette étude ont été publiés en ligne dans l’édition du 12 novembre 2019 du European Journal of Heart Failure.

    Résultats : précis à 88%

    • L’algorithme était capable de prédire avec précision l’espérance de vie dans 88 % des cas.
    • La précision a été identique lorsque l’outil a été testé sur des données de patients non identifiées de l’université de Californie à San Francisco et sur une base de données provenant de 11 centres médicaux européens.
    • Ce score de risque était supérieur à celui obtenu par deux scores de risque traditionnels, disponibles dans ces mêmes populations.

    « Cet outil nous donne un aperçu de la probabilité qu’un patient donné décède d’une insuffisance cardiaque au cours des trois prochains mois ou d’un an, explique Eric Adler. C’est incroyablement précieux. Cela nous permet de prendre des décisions éclairées basées sur une méthodologie éprouvée et de ne pas avoir à chercher dans une boule de cristal. »

    Ces résultats doivent être validés mais le fait de « pouvoir les réutiliser dans des populations indépendantes est d’une importance capitale, validant ainsi notre méthodologie et ses résultats », notent les auteurs de l’étude.

    La précieuse collaboration entre physicien et cardiologues

    Les chercheurs ont par ailleurs souligné que le partenariat entre physiciens et cardiologues a été essentiel à la mise au point d’un outil fiable.

    « Nous avons appris à Avi Yagil comment penser en tant que cardiologue et il nous a appris à penser comme le ferait un physicien », précise Barry Greenberg, directeur du programme de traitement avancé de l’insuffisance cardiaque à l’Institut cardiovasculaire de l’UC San Diego Health.

  • Diabète et télémédecine : les patients favorables mais craignent de perdre le contact humain (Roche)

    Les Français comme les patients diabétiques sont plus de 70 % à penser que la téléconsultation améliore la qualité de vie des patients tout en déshumanisant le contact avec le médecin. Cette ambivalence est l’un des éléments qui ressort de l’étude* Harris Interactive menée pour Roche Diabetes Care France auprès d’un échantillon de 2 581 personnes sur la vision des Français et des patients chroniques – avec un focus sur les patients diabétiques – sur la télémédecine. Les résultats de cette enquête ont été présentés le 13 novembre 2019, veille de la Journée mondiale du diabète.

    Ainsi, 78 % des sondés estiment que la téléconsultation est une solution pour remédier aux déserts médicaux mais qu’elle pourrait faire perdre le contact humain. De plus, presque la moitité des répondants – 44 % des patients diabétiques – pensent que la téléconsultation est un support idéal pour le suivi des maladies chroniques mais qu’elle n’est pas pour autant une évolution positive de la médecine.

    Autre enseignement clé : les patients diabétiques de type 1 ont une opinion globalement « très positive » envers la télémédecine (67 % pensent que la téléconsultation améliore la qualité de vie des patients) et sont également les plus équipés (44 %) des sondés en objets et dispositifs de santé connectés.

    De manière plus générale, les auteurs de l’étude constatent que les Français sont partagés : la moitié des répondants envisagent d’avoir recours à la téléconsultation, l’autre non. « Ce chiffre traduit l’ambivalence fondamentale du regard que nous portons sur la télémédecine et sur deux de ses applications que sont la téléconsultation et la télésurveillance, analyse Roche (dossier de presse). Malgré l’intérêt dont la télémédecine fait l’objet depuis plusieurs années et sa centralité dans les débats, elle reste méconnue et suscite des interrogations voire, parfois, de la méfiance. Ces réserves sont aussi valables chez les personnes diabétiques que chez le grand public, alors même qu’elle semble un outil particulièrement adapté au suivi de la pathologie. »

    À noter que Roche Diabetes Care proposent depuis plusieurs années des technologies et des services innovants dans le domaine du diabète. Dans le cadre du programme Etapes, l’entreprise a commencé il y a un mois à tester le télésuivi de patients diabétiques en connectant leurs lecteurs de glycémie à l’application mobile Gluci-chek, développée par la société : une dizaine d’hôpitaux participent à l’expérimentation, les premiers patients (4-5) ont été embarqués. De manière globale, environ 1 000 patients diabétiques sont actuellement télésuivis par le biais d’Etapes.

    L’opinion des patients diabétiques de type 1 envers la télémédecine est « très positive »

    L’opinion des patients diabétiques de type 1 envers la télémédecine est « très positive », constatent les auteurs de l’étude. « Or, ces patients ont expérimentés la téléconsultation et la télémédecine plus que le grand public et les patients métaboliques, note Roche Diabètes Care France. Est-ce la preuve que, pour percevoir les bénéfices de la télémédecine et l’adopter, le meilleur moyen est d’en faire l’expérience par soi-même ? »

    Parmi les patients diabétiques de type 1 interrogés :

    • 63 % sont prêts à envisager la télémédecine ;
    • 67 % pensent que la téléconsultation améliore la qualité de vie des patients ;
    • 55 % pensent que la téléconsultation améliore la qualité et l’efficacité des soins ;
    • 64 % estiment cependant qu’un frein à la téléconsultation est l’impression d’être moins bien pris en charge ;
    • 59 % considèrent que la télésurveillance leur permettrait d’être plus sereins concernant leur maladie ;
    • 56 % estiment que la télésurveillance leur permettrait de se sentir mieux pris en charge.

    Les patients diabétiques de type 1 sont les plus équipés des sondés en objets ou dispositifs de santé connectés

    La téléconsultation jugée particulièrement adaptée aux patients diabétiques

    57 % des patients chroniques métaboliques (MCM) adhèrent au fait que la téléconsultation est idéale pour les maladies chroniques

    Les patients diabétiques sont prêts à téléconsulter en premier lieu après d’un diabétologue/endocrinologue

    Autres enseignements clés de l’étude

    Les patients diabétiques sont mieux informés sur la télémédecine

    • 90 % des Français disent avoir entendu parler de télémédecine mais moins de la moitié d’entre eux s’estiment bien informés sur le sujet.
    • Les patients chroniques et diabétiques sont un peu plus informés que les autres : 39 % et 41 % – 50 % pour les personnes atteintes d’un diabète de type 2 insulino-traités – contre 35 %.
    • En revanche, en ce qui concerne plus spécifiquement la téléconsultation, les patients diabétiques de type 2 insulino-traités ne sont que 38 % à s’estimer bien informés.

    32 % des patients chroniques ont une bonne image de la téléconsultation et de la télésurveillance

    • La moitié des Français a une image plutôt neutre de la téléconsultation et de la télésurveillance, et un quart d’entre eux une image positive.
    • Des chiffres légèrement supérieurs chez les patients chroniques : 32 % ont une bonne image de la téléconsultation et de la télésurveillance.

    Un regard ambivalent sur la télémédecine

    « Les Français ont le sentiment de perdre une relation au médecin qui leur est chère (certains évoquent même une crainte de « déshumanisation de la médecine » ou quelque chose de « peu rigoureux », « peu fiable ») mais ne renoncent pas pour autant à regarder en face les enjeux d’avenir », analyse Roche Diabetes Care France (communiqué).

    L’utilisation d’objets/dispositifs de santé connectés (thermomètre connecté, lecteur de glycémie connecté, pilulier connecté, etc.) va de pair avec une meilleure connaissance et une image plus positive de la télémédecine

    • 77 % des sondés parmi le grand public utilisateur d’objets et de dispositifs connectés et 79 % parmi les patients diabétiques qui les utilisent voient précisément en quoi consiste la télémédecine.
    • Ils sont plus de 70% à y voir la garantie d’une meilleure accessibilité des soins et plus de 60 % à être favorables à son développement.

    Autre constat :

    • près de 75 % des répondants affirment que les médecins ne parlent pas ou ne recommandent pas les objets ou dispositifs connectés ;
    • pourtant, ils sont un peu plus de 80 % à penser que ces objets et dispositifs connectés aurait un intérêt si les données stockées pouvaient être transmises à leur médecin.

    « La relation des patients à leur médecin est fondamentale, il est important de la préserver : la télémédecine n’a de sens que si elle vient la renforcer, commente Frédéric Jacquey, président de Roche Diabetes Care France. Les outils connectés dont nous disposons aujourd’hui peuvent changer la vie des patients chroniques et enrichir leurs échanges avec les professionnels de santé qui les entourent. Et pour cela, les médecins sont les meilleurs ambassadeurs. »

  • Journée de mobilisation pour l’hôpital public : soignants et managers demandent une hausse de l’Ondam

    « Seuls une réponse à la hauteur des enjeux et un investissement important permettront de répondre au désarroi des médecins et des soignants », affirme le Cnom dans un communiqué publié ce 14 novembre 2019, à l’occasion de la journée de mobilisation organisée « pour l’hôpital public » à l’appel du collectif inter-hôpitaux. L’Ordre estime que « les difficultés que rencontre depuis longtemps l’hôpital public, et qui se cristallisent aujourd’hui », ne pourront être réglées sans « briser les frontières trop longtemps hermétiques entre l’hôpital et le monde libéral et entre les différents professionnels de santé ».

    70 directeurs médicaux des départements médico-universitaires de l’AP-HP alertent dans une tribune publiée dans Le Monde du 14 novembre sur des « difficultés croissantes » qui leur « font craindre un point de rupture irréversible ». « Nous ne sommes plus en mesure d’assurer nos missions dans de bonnes conditions de qualité et de sécurité des soins », déclarent ces professionnels, jugeant que le « système s’écroule ».

    Le collectif appelle à une « refonte complète du mode de financement et de la place de l’hôpital public dans notre système de santé » et demande en « urgence » :
    • de réviser à la hausse l’Ondam ;
    • de revaloriser le salaire des personnels paramédicaux, infirmiers en premier lieu, et des médecins ;
    • de faciliter l’accès aux logements à proximité des lieux d’exercice des agents et de créer pour eux des places en crèche.

    Le SMPS veut « (re)faire l’hôpital »

    Le Syndicat des managers publics de santé (SMPS) propose pour sa part dans une tribune intitulée «(Re)faire hôpital » : 

    • une « régionalisation de la gouvernance en santé » avec la mise en place d’un véritable Ordam (Objectif régional des dépenses d’assurance Maladie) ;
    • « un statut nouveau pour les hôpitaux » garantissant « une plus forte autonomie pour les dirigeants hospitaliers », avec « une convention collective de secteur » ;
    • une T2A « complétée par un financement au forfait par mission ou par objectif ».

    Le texte est signé par Jérémie Sécher, président du SMPS, Laurent Bertoletti, pneumologue au CHU de Saint-Etienne, et Philippe Denormandie, directeur des relations santé du groupe Nehs (et père du ministre de la Ville et du Logement, Julien Denormandie).

    La FHF demande « un plan Macron pour l’hôpital public »

    « Les arbitrages budgétaires envisagés par les pouvoirs publics pour l’année 2020 mettent en péril l’hôpital », abonde la Fédération hospitalière de France (FHF) dans un communiqué daté du 14 novembre, soulignant que le plan Ma Santé 2022 ne pourra ni se faire « dans la pénurie », ni « se résumer à des actions de communication ».

    La Fédération demande « un plan Macron pour l’hôpital public » et plus précisément :

    • « une hausse significative de l’enveloppe financière allouée en 2020 » ;
    • « un choc d’attractivité pour les personnels » car « les écarts de rémunérations et de contraintes des professionnels, entre le privé lucratif et le public, ne sont plus tenables », insiste-t-elle ;
    • Une relance de l’investissement « après des années de cure d’austérité » ; 
    • Des mesures concernant « la pertinence », car « 30 % des dépenses de l’Assurance maladie ne sont pas pertinentes [et] les réduire de 1% par an permettrait de dégager 2 milliards d’euros », à affecter « prioritairement [à]l’investissement ».