Le patch Zio d’iRhythm qui réalise des électrocardiogrammes en continu a permis de multiplier par trois les chances de poser un diagnostic de la fibrillation auriculaire. Les résultats de l’étude* présentés le 10 mars 2018 lors du dernier congrès de l’American College of Cardiology, prouvent également que le dispositif portable favorise la mise sous traitement préventif chez des personnes à risque de fibrillation atriale.
Le holter cardiaque contre le patch
Les arythmies cardiaques sont rares et fugaces. Pour dépister ces épisodes et poser un diagnostic de fibrillation atriale, les malades doivent doivent porter un holter cardiaque. Ce dispositif portable enregistre en continu l’électocardiogramment, et ce pendant au moins 24 heures. Ce boîtier, doté d’au moins 5 électrodes reliée s à une unité centrale, n’est pas très confortable pour les patients.
La société américaine iRythm a mis au point un patch appelé Zio : ce petit adhésif doté d’électrodes en hydrogel enregistre lui aussi l’activité cardiaque 24h/24 pendant deux semaines. Les données sont ensuite analysées grâce à un algorithme développé par des chercheurs de Stanford à partir des data de 30 000 patients ayant porté le patch Zio.
Afin d’évaluer ce patch, l’essai mSToPS (Screening to Prevent Strokes) a été mené par iRhythm, l’assureur américain Aetna, le Scripps Translational Science Institute, et grâce au financement de Janssen Pharmaceuticals, de la Fondation Qualcomm et des National Institutes of Health. Les résultats de cet essai ont été présentés le 10 mars 2018 au congrès de l’American College of Cardiology qui se tenait à Orlando, en Floride.
L’étude mSToPS avait pour but de comparer les performances du dépistage numérique de la fibrillation atriale grâce au patch Zio aux soins de routine. Quelque 1 732 patients à risque modéré de fibrillation atriale ont été équipés du patch. Deux sessions de surveillance cardiaque d’une durée de 14 jours chacune ont été organisées, espacées d’environ 3 mois. Le groupe contrôle était constitué de 3 476 patients témoins.
Résultats : 3 fois plus de diagnostics
Un an après le début de l’expérimentation, les résultats des deux groupes ont mis en évidence la fiabilité du patch Zio :
– l’incidence de la fibrillation atriale dans le groupe Zio était de 6,3% contre 2,3% dans le groupe contrôle
– le traitement anticoagulant a été inité chez 5,4% des patients ayant porté le patch contre 3,4% dans le groupe contrôle
– 78,7% des patients du groupe Zio ont reçu des visites médicales de soins primaires contre 75% dans le groupe contrôle
– 31,6% de consultations externes en cardiologie contre 23,6%
En revanche, aucune différence significative n’a été enregistrée concernant le taux d’AVC et les visites aux urgences.
Quel bénéfice clinique ?
Les auteurs de cette étude ont indiqué que les patients allaient bénéficier d’un suivi supplémentaire de deux ans. « Nous aurons des données de suivi pour déterminer si la détection précoce de la fibrillation atriale se traduit par des avantages cliniques à long terme, y compris la réduction des accidents vasculaires cérébraux et des économies de coûts potentiels, » a déclaré le Dr Eric Topol, fondateur et directeur du Scripps Translational Science Institute. Ces données sont importantes dans la mesure où les programmes de dépistage sont controversés. L’utilité de poser un diagnostic chez un patient asymptomatique n’est pas démontrée.