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  • IA médicale : « La Chine est beaucoup plus proactive que la France » (Charles Bark, HiNounou)

    Charles Bark, fondateur et P.-D.G de HiNounou, la toute première offre insurTech pour personnes âgées en Chine, livre en détails à H&TI les spécificités de son dispositif home care et ses ambitions pour les années à venir.

    L’innovateur nous partage également sa vision du marché de l’IA et de la silver tech, estimant que la Chine pourrait devenir le numéro 1 dans ces domaines en raison de son approche proactive, contrairement à la France, qui, selon l’expert, prend du retard en s’attardant sur des réflexions d’ordre philosophique au lieu d’agir.

    Le pack HiNounou est entièrement centré sur la prévention

    Comment vous est venue l’idée de créer un pack insurTech à destination des personnes âgées ?

    Il y a une expression en Chine qui dit que la fleur de lotus est issue de la boue. Je pense que les plus belles inventions, les plus belles innovations naissent de la résolution d’un problème. Et c’est exactement ce qui s’est passé avec la création de notre entreprise.

    Cela remonte à cinq ans. J’ai appelé ma mère, elle m’a dit que tout allait bien. Puis mon frère m’a contacté pour m’apprendre qu’elle était tombée. J’ai eu un choc et je me suis dit que je n’avais aucun moyen d’avoir une réelle visibilité sur son état de santé. J’ai alors pensé aux applications météo qui permettent de connaître de manière assez précise le temps qu’il fait dans telle ou telle ville. Je me suis dit qu’il serait intéressant de mettre en place le même système pour mieux suivre la santé de ses proches et, dans l’idéal, prévoir les problèmes de santé qu’ils risquent de rencontrer. C’est comme ça que l’aventure HiNounou a commencé. La société a été créée en 2016 à Hong Kong et nous avons lancé l’année dernière une antenne à Shanghai.

    Vous misez donc avant tout sur la prévention.

    Je suis persuadé que si nous nous concentrons sur la prévention, les résultats seront meilleurs. Aujourd’hui, les services de soins dédiés aux personnes âgées sont généralement orientés « post accident ». L’intelligence artificielle (IA) et les objets connectés permettent de modifier la manière dont nous soignons afin d’être davantage centrés sur le préventif que sur le curatif. Comme le dit l’expression française : « mieux vaut prévenir que guérir ». C’est la stratégie de HiNounou !

    En quoi consiste votre offre exactement ?

    Notre solution permet de mettre en place un suivi à domicile réalisé par le patient lui-même. Dans le pack HiNounou, il y a un smartphone, un auto-tensiomètre, un oxymètre, un test ADN et un contrat d’assurance Axa.

    L’utilisateur n’a besoin que de cinq minutes par jour pour recueillir ses données de santé. Les icônes de l’application sont de grande taille et il y a des photos pour expliquer clairement aux consommateurs comment utiliser les différents outils du pack. Lorsque la personne utilise l’oxymètre par exemple, elle a juste à ouvrir l’application et à mettre l’appareil sur son doigt. Les données sont transmises automatiquement à l’appli et elle peut ensuite savoir, grâce à une jauge, si ses résultats sont bons (partie colorée en vert), à suivre de près (orange) ou mauvais (rouge). Elle peut aussi voir la moyenne de ses résultats sur trente jours.

    S’il y a un problème, notre système peut alerter le ou les proches connectés à l’application et l’utilisateur peut également téléphoner à Axa afin de bénéficier d’une assistance 24/7. Nous travaillons aussi avec le groupe Ping An, qui propose une assurance accidentelle et décès.

    Une offre insurTech unique en Chine

    Votre pack inclut une assurance santé pour les personnes de plus de 65 ans. Une première en Chine. Pourquoi aucun assureur ne propose de contrats aux seniors ?

    Aucune assurance ou mutuelle ne veut assurer les personnes âgées parce qu’elles les considèrent trop fragiles. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’espérance de vie en bonne santé à la naissance atteint 68,5 ans en Chine alors que l’espérance de vie générale est de 76 ans (chiffres 2015). La période située après 68 ans est donc critique en matière de santé.

    Comment avez-vous réussi à convaincre Axa et Ping An de collaborer avec vous ?

    Ce qui était perçu avant comme une situation risquée l’est beaucoup moins grâce à notre innovation qui permet de réduire les risques de problèmes cardiaques, faisant passer de trente jours à dix jours la durée moyenne des hospitalisations et donc de limiter les coût. Avec notre proposition, les cartes du jeu ont changé. Cela a attiré les assureurs !

    Êtes-vous vraiment les seuls à proposer une offre sur ce marché ?

    À l’heure actuelle et à ma connaissance, oui. Si nous sommes parvenus à lancer cette solution insurTech, c’est grâce à l’innovation que nous avons apportée. Afin de proposer le dispositif le plus pertinent et performant possible, nous avons mené quatre ans de R&D en France au niveau cardiologique car les plus gros problèmes de santé des personnes âgées sont les maladies chroniques, notamment cardiaques. Selon l’OMS, sur 56 millions de décès dans le monde enregistrés en 2015, 17,5 millions étaient imputables aux maladies cardiovasculaires, la première cause de mortalité à travers le monde entier.

    Les travaux de recherche que nous avons effectués en partenariat avec l’UTBM (université de technologie de Belfort-Montbéliard) et le CHU de Strasbourg à travers le programme « e-care » ( « e-santé »), testé sur 8 000 personnes, ont permis de mettre au point un système capable de détecter six jours à l’avance un arrêt cardiaque.

    Une offre intégrée

    HiNounou a également signé un accord avec le fabricant de téléphones chinois ZTE. En quoi consiste votre partenariat ?

    ZTE nous a perçu comme très innovants dans le secteur de l’assurance santé. Par le biais d’un accord d’une durée de deux ans, nous avons convenu que notre application HiNounou serait pré-installée sur une partie de leurs smartphones. Pour l’instant, ce contrat concerne 20 000 téléphones, sur un total d’environ 1,2 million de terminaux vendus par le fabricant. Nous avons ainsi un très bon potentiel au niveau de notre visibilité.

    Quel est votre business modèle ?

    Nous achetons les dispositifs médicaux à un prix convenu avec nos partenaires, Axa et Ping An. Nous mettons notre marque en avant sur tous ces produits puis nous vendons le pack aux consommateurs. L’avantage c’est que nous proposons un dispositif intégré.

    En règle générale, les fabricant d’i-outils ou de tests ADN vendent indépendamment leurs produits. Ils se moquent de savoir quels seront les résultats et si les consommateurs sont en bonne santé. J’ai pensé l’outil pour ma mère et, comme elle est médecin, je me devais de proposer une solution de qualité qui tienne la route. L’idée est de proposer un ensemble de dispositifs qui ne soit ni orienté produit, ni orienté service mais qui combine le tout pour permettre aux personnes âgées de mener le reste de leur vie en bonne santé. Notre but est d’identifier les risques génétiques, hérités par les parents. Une fois que ces risques ont été repérés, nous agissons sur la prévention, d’où l’utilité d’avoir des équipements de suivi, puis nous proposons une assistance à domicile si besoin.

    Ciblez-vous uniquement le marché chinois ?

    Nous sommes en pourparlers avec plusieurs acteurs étrangers. Nous avons rencontré des délégations sud-coréennes d’Axa, nous avons aussi échangé avec la division « elderly care » de Sodexo pour envisager un déploiement aux États-Unis mais aussi avec Swissray (un groupe suisse qui développe du matériel d’imagerie médicale, ndlr), avec le groupe mutualiste français VYV et d’autres assureurs.

    Tests ADN : « Les Européens se posent beaucoup trop de questions existentielles »

    Vous aimeriez développer votre pack en France, cependant, le pays n’autorise pas la commercialisation de tests ADN, comme de nombreux autres États européens. Comment pensez-vous surmonter cet obstacle ?

    Notre offre est modulaire donc elle peut s’adapter à tous les marchés. Si le pays n’accepte pas le test ADN, nous allons tout simplement le retirer du pack. Nous pouvons aussi nouer d’autres partenariats avec des assureurs locaux pour nous adapter aux particularités de chaque marché.

    Le test ADN est déjà considéré dans d’autres pays comme un équipement médical, comme le test urinaire ou sanguin. C’est le cas aux États-Unis et en Chine par exemple. Le problème, en Europe, c’est qu’on se pose beaucoup trop de questions existentielles qu sont selon moi infertiles. Selon moi un test ADN n’est ni plus ni moins éthique que le prélèvement d’échantillons sanguins… Quand tous ces pays vont se réveiller et réaliser que le test ADN est devenu une référence d’un point de vue médical, ils auront accumulé beaucoup de retard dans le domaine de la génomique.

    J’ai expliqué au Président Macron (rencontré lors de sa visite officielle en Chine) que HiNounou était exactement le type de start-up qui montrait quelle était l’attitude à adopter en la matière. Nous importons l’innovation française en Chine, nous l’adaptons au marché chinois avec des grandes entreprises locales comme Ping an et ZTE mais aussi avec des sociétés françaises comme Axa, puis nous ajoutons à tout cela une innovation chinoise, ici le test ADN. Quand nous disposerons d’une base de données clients d’un million de personnes, imaginez les travaux de recherche que nous pourrons mettre en place pour progresser et innover encore plus !

    Tout cela nous permettra de faire un retour positif à la France. Quand le pays sera prêt à réellement s’intéresser au marché de la silver tech et à exploiter l’analyse d’échantillons ADN, nous pourrons mettre en avant le retour sur expérience que nous aurons eu avec les consommateurs chinois et américains. Nous commençons d’ailleurs déjà à nous faire remarquer en France. Notre équipe a été mandatée en décembre 2017 par la Mutuelle générale de l’Éducation nationale (MGEN) pour mener une étude en Chine sur l’IA axée sur l’insurTech afin de savoir ce qui peut être mis en place en France dans le domaine. C’est toute une boucle ! L’idée part de France, nous adaptons et dynamisons la solution à la grandeur du marché chinois et à ses spécificités, nous ajoutons à cela une innovation locale puis le produit repart en France avec une plus-value.

    Vous êtes né à Neuilly et avez vécu en France pendant de longues années. Vous auriez pu lancer HiNounou en France. Avez-vous choisi de vous baser en Chine essentiellement pour ces raisons réglementaires dont vous parliez plus tôt ?

    Exactement. Dans le domaine de la e-santé, nous avons remarqué qu’en France il était quasi impossible d’évoluer à cause de ces restrictions d’ordre légal. La protection de la vie privée est bien sûr importante, et c’est bien qu’il y ait des règles, mais selon moi il ne faut pas que la loi paralyse le développement de la recherche.

    L’avantage en Chine, c’est que le gouvernement a compris que l’analyse d’ADN était l’avenir de la médecine parce qu’elle permettra d’avancer au niveau de la médecine de précision. Si les laboratoires pharmaceutiques et les compagnies d’assurance ne s’intéressent pas à ce secteur dans les années à venir, ils vont devenir les prochains Kodak de la santé. Ils vont être dépassés !

    « La privatisation des données de santé n’existe pas en Chine » 

    En France, et en Europe plus généralement, les consommateurs sont assez méfiants à l’idée de partager leurs données de santé. Les consommateurs asiatiques sont-ils réellement beaucoup plus ouverts sur cette question que les Européens ou est-ce un cliché ?

    Tout est une question de culture. En Chine, la perception de la vie privée est complètement différente. Par exemple, ici, tous les soins se font à l’hôpital. Quand le médecin échange avec un patient, le patient d’après est en train d’attendre juste derrière et il écoute tout, la porte est grande ouverte. La privatisation des données de santé n’existe pas en Chine, il n’y a pas d’intimité en matière de soins ! Ce qui s’applique en France ne peut pas l’être ici.

    Et, soyons honnêtes, en France, quand un patient réalise des tests médicaux, qui sait qui a exactement accès aux résultats ? Il est important de mettre tout en œuvre du point de vue technologique pour protéger les données de santé mais il faut arrêter de croire que l’accès à ces informations est complètement restreint. 

    Selon M. Bark, la Chine sera leader sur les marchés de l’IA et de la silver tech

    Pensez-vous que la Chine peut devenir leader sur le marché mondial de la health tech, en particulier dans les domaines de l’intelligence artificielle et des soins à domicile ?

    Bien sûr. L’IA repose sur l’analyse des big data. Plus il y a de données, plus l’intelligence artificielle et les algorithmes créés derrière seront bons. Or, la Chine est beaucoup plus proactive que la France, par exemple, estimant qu’il est plus intéressant de d’abord lancer l’innovation pour percevoir son potentiel plutôt que de commencer par légiférer. Sa logique est donc de recueillir un maximum de données et ensuite de peser le pour et le contre.

    Par ailleurs, l’un des grands atouts de la Chine, c’est l’importance de sa population. Cela nous permet de lancer notre produit à grande échelle sur un seul marché et de tirer des conclusions assez rapidement. La Chine et les États-Unis sont tous deux à la pointe en matière d’IA mais la Chine est devant les États-Unis au niveau du nombre de consommateurs potentiels. De plus, le gouvernement est plus souple au niveau législatif et les consommateurs asiatiques, en particulier les personnes âgées, sont plus réceptifs aux technologies high tech que les consommateurs américains.

    Selon vous, la Chine pourrait-elle également dominer le marché mondial de la silver tech ?

    Nous avons fait des tests pilotes avec des personnes âgées. Quand nous leur avons demandé s’ils pensaient avoir des difficultés à utiliser un smartphone, ils n’ont pas compris la question. Et c’était aussi le cas pour les personnes de 80 ans et plus. Ici, les sexagénaires s’amusent avec leurs téléphones dans le métro, ils vont sur WeChat (application mobile de messagerie de Tencent, ndlr), etc. Tous les dispositifs insurTech ont beaucoup plus de potentiel dans les pays où la digitalisation a déjà intégrée les modes de vie.

    Par ailleurs, en Chine, sur 230,8 millions de personnes âgées de plus de 60 ans (chiffres fin 2016), des dizaines de millions vivent seules. Auparavant, les enfants, et en particulier les filles, s’occupaient de leurs parents mais, aujourd’hui, ce modèle est en train de mourir car les femmes sont de plus en plus actives et elles ne veulent plus être cantonnées uniquement à un rôle domestique. Les enfants de ces personnes âgées isolées vont donc être plus enclins à acheter des dispositifs home care pour leurs parents dans les années à venir.

    De plus, en 2050, presque une personne sur deux sera âgée de plus de 60 ans en Chine (44 %), indique l’ONU. En France, il aura fallu 150 ans pour que la part des personnes âgées double de proportion par rapport à la population totale. En Chine, cette évolution aura lieu en vingt ans. Idem pour l’Inde et le Brésil. La population âgée chinoise est déjà importante en termes de nombre aujourd’hui donc si elle double, les possibilités vont être énormes dans le secteur de la silver tech.

    « Il ne faut pas diaboliser l’intelligence artificielle »

    Vous êtes d’ailleurs en train de développer un robot compagnon pour pallier ce problème de l’isolement social. Pensez-vous que les robots pourraient devenir les futurs « amis » des personnes âgées ?

    Je suis un geek mais je ne crois pas au concept d’une personne seule avec un robot. L’opposition IA versus l’humain n’a pas de sens. Tous nos dispositifs sont des outils qui augmentent le pouvoir humain et qui pallie le manque de présence humaine. L’idée n’est pas de remplacer le contact humain mais, au contraire, de renforcer le lien entre les personnes âgées et leurs proches. Par exemple, l’utilisateur pourra demander au robot HiNounou d’appeler son fils et il pourra discuter en direct avec lui comme s’ils étaient tous les deux dans la même pièce grâce à notre dispositif de reconnaissance faciale (trois caméras suivent l’interlocuteur lorsqu’il se déplace) permettant d’obtenir une vision à 360 degrés.

    Projetons-nous encore un peu plus. Je travaille actuellement avec des chercheurs en sciences cognitives afin de mettre au point un système permettant au robot de détecter les émotions de l’utilisateur. Si l’usager est anxieux ou dépressif, par exemple, l’un des problèmes principaux chez les personnes âgées isolées, le robot pourra lui proposer d’appeler sa fille ou de lui passer une chanson qu’il aime bien. Idem pour les questions d’ordre physique. Si le robot remarque que la personne n’a pas beaucoup bougé dans la journée et que le temps est ensoleillé, il pourra l’inciter à aller se promener en lui proposant un parcours dans un parc situé près de son domicile. Le robot pourra ainsi devenir un gentil compagnon permettant de s’assurer du bien-être de son utilisateur.

    Certains scientifiques craignent cependant que l’IA ne devienne à terme un danger pour l’Homme.

    Il ne faut pas la diaboliser comme il ne faut pas la déifier non plus. L’IA n’a pas pour but de tuer l’être humain. Le plus grand ennemi de l’Homme c’est l’Homme. Les robots ne font qu’appliquer ce que leurs fabricants ont programmé dans leurs systèmes. Si nous pensons grand et beau, nous atteindrons quelque chose de superbe.

    Quand envisagez-vous de lancer le robot HiNounou ?

    Nous sommes en train d’améliorer notre prototype et envisageons de lancer le produit final sur le marché fin 2018 ou début 2019. Nous proposons déjà le robot en offre premium. Notre idée est de nous faire un nom avec notre pack actuel centré sur une application mobile pour ensuite évoluer.

    Notre objectif est de devenir la référence dans le domaine du suivi à domicile des personnes âgées. Lorsque l’on parle de véhicules connectés, on pense à Tesla ; lorsqu’il est question d’innovation dans le secteur de la téléphonie mobile, on pense tout de suite à Apple ; j’aimerais que lorsqu’on aborde le sujet de la silver tech, on pense instantanément à HiNounou.

    Une collaboration avec le CNRS envisagée

    Vous avez échangé avec le président français, Emmanuel Macron, lors de sa visite en Chine en janvier. L’avez-vous senti réceptif face à votre produit ?

    Je voulais lui faire comprendre que ce que nous avons mis en place avec HiNounou avec nos petits moyens, nous aimerions le déployer en grand avec les acteurs français de l’high tech. Avec HiNounou, nous aimerions créer un hub d’innovation dans la silver économie car résoudre les problèmes dans ce domaine demande beaucoup de synergie. Le but serait d’interconnecter différents acteurs multi-sectoriels pour que chacun puisse apporter ses solutions spécifiques. Nous avons déjà lancé ce modèle à notre niveau mais nous souhaiterions le développer à plus grande échelle. Cela permettra d’équilibrer la balance commerciale en Chine par l’innovation car le pays pourra ainsi davantage miser sur l’exportation, ici de dispositifs axés sur les services de soins aux personnes âgées.

    Le président Macron m’a mis en relation avec la  Frédérique Vidal, ministre française de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, qui était elle aussi présente en Chine. Elle m’a ensuite présenté à Antoine Petit, le président du CNRS, et nous avons commencé à envisager une collaboration. Il m’a notamment assuré qu’il était prêt à nous aider si nous avions besoin de soutien au niveau innovation. C’est un vrai plus car la France est très bonne en matière d’innovation, elle dispose d’excellents ingénieurs et chercheurs. Le fait de réfléchir très amont aux questions éthiques n’a pas que des effets négatifs puisqu’en analytique, par exemple, les chercheurs se coupent les cheveux en quatre afin de proposer les meilleures solutions possibles. Il est donc important de faire voyager ces belles innovations en dehors de la France et de les convertir en business, de les adapter à différents marchés. Il faut dépoussiérer toutes ces idées qui sommeillent dans les tiroirs des centres de recherche et des laboratoires français.

  • HIMSS 2018 – Aide à l’exercice médical : Retour d’expérience de l’Henderson Hospital (Las Vegas)

    Fondé en 1978 par Alan B. Miller, Universal Health Services, Inc. (UHS) compte plusieurs établissements hospitaliers aux Etats-Unis et totalise près de 85 000 employés. Six hôpitaux dans la ville de Las Vegas (Nevada) et ses environs lui sont rattachés, dont l’hôpital Henderson.

    Inauguré en 2016, ce dernier a ouvert ses portes à Health&Tech Intelligence le lundi 5 mars 2018, lors de son déplacement à Las Vegas à l’occasion de l’édition 2018 du sommet international HIMSS. Pour fluidifier les échanges entre équipes soignantes, l’hôpital utilise l’outil Go-live développé par l’entreprise Cerner.

    Un hôpital « haut de gamme » conçu à la manière d’un hôtel

    Les établissements de UHS sont fondés sur une logique de shared services (« services partagés »). Inauguré en octobre 2016, l’hôpital Henderson présente une spécificité : ses services sont entièrement numérisés (full digital) et n’utilisent donc aucun support papier. L’hôpital est conçu sur le modèle d’un hôtel (les espaces de vie commune sont inspirés des Lobbies hôteliers dans le but d’améliorer le confort des patients et de leurs proches). 

    L’équipe dirigeante a fait de la qualité des soins et services hospitaliers une priorité

    Henderson Hospital fait partie d’une Accountable Care Organization (ACO), et est rattaché à l’HIE (Health Information Exchange) fédéral. L’hôpital a été conçu dans un souci de performance. L’équipe dirigeante poursuit un objectif de réduction des coûts et d’optimisation des revenus, tout en érigeant en priorité la qualité des services et des soins dispensés par les médecins. L’administration veut atteindre un niveau de qualité important afin de négocier des « plans » de rémunérations élevés, grâce à de bonnes mesures de qualité (quality measures) et des mesures de réductions des coûts des patients dans la structure, en assurant par exemple des durées moyennes de séjour (DMS) relativement faibles.

    A titre d’exemple, dangereuses pour les patients, les infections nosocomiales allongent la durée moyenne de séjour sans être remboursées par les assurances des patients. Pour permettre au patient de sortir rapidement de l’hôpital, et optimiser son expérience, un electronic medical record est utilisé par l’entreprise Universal Health Services depuis 2009. Le Go-Live de l’établissement, produit par l’entreprise Cerner, a été mis en service en 2016.

    Optimiser la communication entre les professionnels de santé pour assurer un continuum de soins, à l’aide de l’outil Go-Live

    Le système est disponible dans l’hôpital sur plusieurs supports : dans la chambre des patients, sur les chariots infirmiers selon les services (choix réalisé en fonction du besoin clinique) et sur des smartphones qui ont été distribués à l’ensemble du personnel. Le smartphone a contribué à renforcer la communication interne de l’hôpital, à l’aide de fonctionnalités simples comme le chat. Les infirmières utilisent le téléphone portable comme outil de travail. Il contribue également à améliorer le lien avec les autres professionnels et la famille, dans le but notamment de signaler rapidement les problèmes à la sortie de l’hôpital et de réduire les réadmissions.

    En 2009, il opère une sélection pour passer à un système unique. Les administrateurs ont cherché une ergonomie répondant aux fonctionnalités suivantes : 

    • Minimiser le nombre de clics ;
    • inciter les médecins à ne plus recourir à l’écriture manuscrite ;
    • leurs notes, et dossiers sont intégralement numérisés dans l’EMR, à travers notamment des dispositifs de reconnaissance vocale.

    Plébiscité par les professionnels de santé, le dispositif a permis d’atteindre l’objectif « Zéro Papier »

    L’ensemble des professionnels de santé de l’hôpital a participé à la phase de conception et de personnalisation de l’outil, avec la volonté de mettre en place des processus standardisés. Dans la phase de mise en oeuvre, les équipes de l’hôpital ont été complétées par trente consultants indépendants. 

    Ce système est coûteux mais, d’après les administrateurs de l’hôpital, le retour sur investissement est considérable (« The pay back is huge »). Un service de portail patient a également été mis en place pour faciliter le paiement en ligne. Les patients sont accompagnés lors de la première connexion quand ils sont dans l’établissement par une équipe de volontaires. Aujourd’hui 10% à 15% des patients utilisent cet outil.

  • Conférence sur la santé à l’ère de l’IA : quel nouveau parcours de soin ?, le 29 mars 2018 à Paris

    Le magazine Le Point, avec le soutien du Club Digital Santé, organise le 29 mars 2018, sa 4ème édition de la conférence intitulée « La Santé à l’ère de l’Intelligence Artificielle », avec une question clé : Quel nouveau parcours de soin face à la triple révolution data – IoT – machine learning ?

    Cette réunion sera l’occasion pour Cédric Villani de dévoiler les conclusions de la Mission sur l’Intelligence Artificielle qu’il s’est vu confier par le gouvernement en septembre 2017, et d’apporter des réponses aux questions ci-dessous :
    • comment utiliser l’IA pour optimiser le parcours de soin et améliorer le confort du patient ;
    • quelle nouvelle relation patient-médecin et selon quels business models se profilent quand l’IA transforme le paradigme de la santé ;
    • comment réconcilier le couple médecin/machine et former les professionnels de santé à l’utilisation de l’IA ?

    Le programme complet, la liste des intervenants et les modalités d’inscription sont disponible dans le document ci-contre.

    Les axes des débats

    • Quel plan d’action pour concilier innovation technologique et équité ou comment proposer des solutions basées sur l’IA à un coût acceptable pour le patient ?
    • Comment développer des outils sécurisés et fiables, pour gagner la confiance des acteurs et surtout des patients ?
    • À l’aube de l’entrée en vigueur du Règlement Européen sur la Protection des Données Personnelles (RGPD) en mai 2018 : comment être en conformité avec la réglementation dans le grand mouvement de collecte et utilisation des données ?

    Moments forts

    14h00 – 14h30 : Panel d’ouverture –  Conclusions de la Mission confiée par le gouvernement en septembre 2017 : quelle nouvelle feuille de route pour la stratégie nationale d’intelligence artificielle en santé ?

    14h30 – 15h15 : Panel 1 – Aide au diagnostic, monitoring permanent, modélisation du corps humain… Comment utiliser l’IA pour optimiser le parcours de soin et améliorer le confort du patient ?

    15h15 – 15h55 : Panel 2 –  Le patient augmenté : des objets connectés aux assistants virtuels coach de santé, quand l’IA transforme le paradigme de la santé, qui devient préoccupation du quotidien, quelle nouvelle relation patient-médecin et selon quels business models ?

    16h45-17h15 : Pitch des pépites de la Health Tech françaises : Novadiscovery, VirtualiSurg, Diabnext, Qalyo, Therapixel

    17h15 – 18h00 : Panel 3 – L’IA en quête de confiance : à l’aube de l’entrée en vigueur du RGPD le 25 mai 2018, comment être en conformité avec la réglementation sur la protection des données de santé et en faire un levier de confiance ?

  • Les outils numériques du bon usage du médicament pour lutter contre l’iatrogénie médicamenteuse

    L’iatrogénie médicamenteuse est responsable chaque année de plus de 10 000 décès, plus de 130 000 hospitalisations et près de 1,3 million de journées d’hospitalisation, qui dans 45 à 70 % des cas seraient évitables – tels sont les constats du « Colloque Bon Usage » organisé par le Collectif bon usage du médicament, ce 22 mars 2018.

    C’était l’occasion d’exposer les résultats des 3 ans de travail écoulés, comme la création de l’application « HelloDoc Prévention », et à la fois de proposer de nouvelles pistes de réduction des conséquences liées à l’iatrogénie à Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, qui a introduit le colloque.

    Le Collectif préconise, entre autres, le recours généralisé aux logiciels d’aide à la prescription, l’accélération du partage des données patients entre professionnels de santé grâce au DMP, et l’interopérabilité des messageries sécurisées entre professionnels de santé pour échanger en temps réel.

    Il propose également à horizon 2019, l’organisation d’un premier Congrès interdisciplinaire consacré au bon usage du médicament.

    Un Collectif pour le Bon Usage du Médicament

    Né en 2015, le Collectif Bon Usage du Médicament rassemble l’ensemble des acteurs de la chaîne du médicament : médecins, pharmaciens, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, acteurs de la protection sociale et du service à la personne, industriels, éditeurs de bases de données et de logiciels d’aide à la prescription.

    Durant 3 ans, le Collectif a mis en œuvre un vaste programme d’actions auprès du grand public et des professionnels de santé, qui a contribué à un meilleur usage du médicament.

    Des indicateurs ont été suivis et montrent qu’une coopération décloisonnée peut apporter des améliorations et générer des économies pour l’Assurance maladie :

    • la consommation médicamenteuse des personnes âgées de plus de 65 ans a diminué ;
    • de nombreuses associations médicamenteuses à risque ont diminué (anti-inflammatoires, diurétiques, anti-arythmiques, digitaliques, anticoagulants oraux, neuroleptiques, anxiolytiques, antidépresseurs, etc.) ;
    • des économies significatives pour l’Assurance maladie ont été générées. Selon le Collectif,  l’essentiel des économies potentielles (chiffrables en centaines de millions d’euros) provient de la diminution du nombre d’hospitalisations. Par ailleurs, sur la base de la réduction du nombre de boîtes de médicaments consommées chez les personnes âgées de plus de 65 ans dans la population française, le Collectif avance les chiffres suivants :
      • entre le 2ème semestre 2014 et le 2ème semestre 2015 : 74 millions d’euros ont été économisés ;
      • entre le 1er semestre 2015 et le 1er semestre 2016, 185 millions d’euros ont été économisés.

    Actions menées par le Collectifs s’appuyant sur le numérique

    Reflexeiatrogenie.com

    Le collectif a procédé à la création d’un site à destination des professionnels de santé pour le sensibiliser au sujet. « Reflexeiatrogenie.com » a été lancé en 2015 et met à disposition de l’ensemble des professionnels de santé les nombreux outils spécifiques existants ou élaborés par le Collecti. f• Fin 2018, le site va s’élargir au grand public et ambitionne de devenir le site référentiel du bon usage du médicament.

    HelloDoc Prévention et Memo Vidal, 2 apps à destination des médecins

    Le Collectif a conclu un partenariat avec les éditeurs de bases de données et de logiciels d’aide à la prescription pour développer des applications capables de détecter les interactions entre les médicaments quelle que soit leur source de prescription. Ceci permet permet aujourd’hui à la plupart des médecins généralistes de pouvoir réellement piloter l’ensemble des traitements pris par leurs patients.

    HelloDoc Prévention tient compte des traitements du patient prescrits par un médecin et les intègre au processus de vérification du LAP (Logiciel d’Aide à la Prescription) lors de la prescription d’un nouveau produit. Memo Vidal, quant à elle,  propose 22 mémos gériatriques contextuels, sélectionnés par le Comité scientifique VIDAL Recos pour leur pertinence, activables et désactivables en un clic.

    Enfin, pour sensibiliser et former les pharmaciens, un module de e-learning a été réalisé et déployé dans les officines en partenariat avec l’UTIP Association (association de formation professionnelle continue pour les pharmaciens).

    Les préconisations du Collectif en vue de réduire les décès et les hospitalisations dus au mauvais usage du médicament reposant sur les outils numériques

    À l’issue des travaux menés pendant 3 ans, le Collectif a abouti à la rédaction de 10 préconisations, dont trois portant sur l’usage du numérique :

    •  Généraliser dans les logiciels d’aide à la prescription, la détection des interactions médicamenteuses quelle que soit la source de prescription :
      • la plupart des logiciels d’aide à la prescription n’alertent le médecin que sur les interactions détectées parmi les médicaments prescrits par lui seul, alors que de nombreux patients, notamment âgés, ont recours à plusieurs médecins (généralistes, spécialistes) susceptibles de prescrire des médicaments ;
      • tous les logiciels d’aide à la prescription doivent intégrer les données fournies par l’assurance maladie afin d’alerter sur les interactions médicamenteuses contre-indiquées détectées parmi tous les médicaments prescrits, quel que soit le prescripteur.
    • Accélérer, via le DMP, la mise à disposition des outils de partage des données patients entre professionnels de santé et œuvrer à leur bonne utilisation. Le DMP permettrait de limiter le risque iatrogénique grâce à la connaissance partagée entre professionnels de santé de la liste exhaustive des médicaments prescrits et des paramètres biologiques des patients nécessaires à l’adaptation de la prescription ;
    • Rendre interopérables les messageries sécurisées entre professionnels de santé afin de permettre une confidentielle en temps réel :
      • rendre interopérables les différentes messageries sécurisées existantes sur le territoire, entre elles et avec la MSsanté (messagerie historique des professionnels de santé proposée par l’ASIP et les Ordres professionnels) ;
      • permettre que l’annuaire national des professionnels de santé puisse être accessible sur toutes les messageries.

  • Amazon infléchit sa stratégie santé en recrutant l’ancien Chief Health Informatics Officer de la FDA

    D’après la chaîne d’information américaine CNBC, Amazon aurait recruté Taha Kass-Hout, ancien Chief Health Informatics Officer de la Food and Drugs Administration (FDA). Taha Kass Hout a quitté la FDA en juin 2016 pour travailler en qualité de Digital Health and Intelligence Officer au sein de l’entreprise Trinity Health basée dans l’état du Michigan. Taha Kass Hout travaillera auprès de Babak Parviz, ancien directeur de Google X et actuel Vice-Président d’Amazon. 

    Son rôle au sein d’Amazon demeure pour l’heure imprécis, mais selon CNBC il devra contribuer au développement d’un nouveau modèle de dossier médical informatisé (electronic health record). Plusieurs observateurs soupçonnent l’entreprise américaine de vouloir concurrencer Apple et Google, qui s’efforcent toutes deux d’aider leurs consommateurs à accéder à l’ensemble de leurs informations médicales à l’aide de nouveaux dossiers informatisés ou nouvelles applications mobiles.

    Avec le rachat de la chaîne de magasins alimentaires Whole Foods, estimé à 13,7 milliards de dollars (soit 11,1 milliards d’euros), Amazon s’oriente vers la création de pharmacies ou de point de stockages de médicaments commandés en ligne, à l’image de son concurrent CVS Pharmacy, après avoir lancé début mars 2018 la commercialisation de médicaments sans ordonnance sous sa propre marque.

  • La chaire Droit, Ethique de la Santé numérique de Lille officiellement lancée

    Une chaire de Droit et éthique de la santé numérique, coportée par Lina Williatte (professeur de droit et avocate au  barreau de Lille, à la tête d’un cabinet spécialisé en santé numérique), Jean-Philippe Cobbaut (juriste et philosophe, directeur du Centre d’Ethique Médicale de l’Université Catholique de Lille) et Alain Loute (philosophe) va être officiellement ouverte le 13 juin 2018 au sein de l’Université catholique de Lille.

    Elle est portée par la faculté de droit, la faculté de médecine et le centre d’éthique médical, avec pour partenaire la Société Française de Télémédecine (SFT).

    Les philosophes en éthique médicale qui ont une approche clinique (des éthiciens cliniques) membres de la Chaire ont commencé à travailler sur les implications et les modifications que peuvent engendrer les algorithmes de diagnostic dans l’approche de la médecine, de la prise en charge du patient et dans l’organisation des soins.

    Les enjeux éthiques et juridiques de la santé numérique

    « Le numérique en santé n’est pas qu’une question de technique ou de protocole médical, c’est aussi une question de modification de l’approche humaine du soins et par l’intrusion du tiers technologique dans la relation de soins, une question de responsabilité qui créé de nouveaux droits en partant de nouvelles obligations », explique Lina Williatte à H&TI.

    Celle qui est également vice-présidente de la Société Française de Télémédecine ajoute : « La Chaire existe déjà depuis quelque temps mais nous avions besoin de financements pour avancer sur nos travaux universitaires. Des financeurs privés – universités et écoles privées – ont été trouvés mais nous sommes encore à la recherche de mécènes pour continuer à financer nos projets ».

    Lina Williatte précise que la Chaire a déjà avancé sur des travaux universitaires, a publié des articles et organisé des journées d’études. La journée du 13 juin 2018 sera l’occasion de la lancer officiellement lors d’un événement scientifique sur « Les enjeux éthiques et juridiques de la santé numérique », où interviendront des universitaires, des acteurs de terrain, des éthiciens, des juristes, des médecins, Thierry Moulin, président de la SFT et des représentants de la CNIL. 

    La Chaire a plusieurs objectifs :

    • Développer du savoir et le diffuser pour permettre aux acteurs qui veulent mettre en place des projets de santé numérique de savoir d’un point de vue des sciences humaines ce à quoi il faut faire attention ;
    • accompagner les acteurs qui veulent monter des projets de santé numérique et de télémédecine ;
    • proposer de la formation continue et initiale.

    Le site web de la Chaire est en cours de construction. Il permettra de s’inscrire à l’événement.

  • Appel à projets Innov’up Leader PIA : entre 100 et 500 k€ pour les projets du numérique et en santé

    Les start-ups, PME et ETI franciliennes sont invitées à candidater à l’appel à projets ouvert le 20 mars 2018 par l’État et la Région Île-de-France, dans le cadre du troisième volet du Plan d’investissement d’avenir, en vue de financer les projets d’innovation les plus ambitieux.

    Les projets éligibles doivent rentrer dans la catégorie des projets dont les coûts de développement sont d’au minimum 200 000 euros, sachant que le montant du soutien public sera compris entre 100 000 euros et 500 000 euros par projet sélectionné, et versé sous la forme de 2/3 de subventions et de 1/3 d’avances récupérables.

    Ces projets d’innovation doivent participent du développement des filières stratégiques de la Région Île-de-France, parmi lesquelles :
    • le numérique : big data, calcul haute performance, cyber-sécurité, industries culturelles et créatives, infrastructures numériques, intelligence artificielle, internet des objets, fintech, logiciels, réseaux, smart grid, etc. ;
    • la santé : biotechnologies, dispositifs médicaux, silver économie, etc.
    De façon plus générale, les projets doivent s’inscrire dans cinq thématiques : l’industrie du futur, la fabrication additive, la cybersécurité, l’intelligence artificielle et la robotique.

    L’appel à projets prend fin le 1er juin 2018 à 17h00.

    La Région s’engage pour dynamiser la croissance française

    Innov’up Leader PIA est un programme doté d’une enveloppe globale de 20 millions d’euros qui vise à accélérer l’émergence de futurs leaders nationaux et internationaux en versant des aides publiques comprises entre 100 000 et 500 000 euros par projet.

    Au cours de 2018, au total trois périodes de relève des dossiers de candidature sont ouvertes : l’actuelle, celle du 1er juin 2018 et celle 28 septembre 2018. En 2019, la date du 7 janvier 2019 est déjà fixée. Après chaque date de relève de dossiers, la sélection des meilleurs projets d’innovation sera effectuée par les services de la Direccte et de la Région, sur la base des instructions de dossiers qui seront réalisées par l’opérateur Bpifrance.

    Les critères d’éligibilité

    • Degré de rupture et caractère innovant du projet :
      • Degré de rupture en termes d’innovation technologique ou non technologique (offre, organisation, modèle d’affaires) et caractère très innovant par rapport à l’état de l’art international ;
      • Capacité de valorisation des travaux du projet notamment en termes de propriété intellectuelle (brevets, licences, …) ;
    • Potentiel commercial :
      • Marché potentiel de la solution développée, et qualité et robustesse du modèle économique et du plan d’affaires proposé, démontrant notamment un retour sur investissements pour le porteur ;
    • Retombées économiques et emplois sur le territoire francilien (y compris des tâches sous-traitées), issues directement du projet, des suites qu’il donnera ou, en tant que de besoin, de sa cohérence avec les politiques territoriales ;
    • Externalités socio-économiques favorables du projet sur le territoire francilien, dont l’aspect environnemental ;
    • Qualité du projet présenté :
      • Démonstration de la faisabilité et de la robustesse du projet ;
      • Méthodologie et degré de documentation préalable ;
      • Pertinence de la durée du projet en cohérence avec l’ambition des travaux à mener. Dans le cas général, la durée du projet se situera entre 12 et 24 mois ;
    • Capacité du porteur à porter le projet :
      • capacité du porteur à mener à bien le projet, notamment opérationnelle et financière. Les bénéficiaires doivent en particulier présenter des capitaux propres et un plan de financement en cohérence avec l’importance des travaux qu’ils se proposent de mener dans le cadre du projet présenté ;
      • capacité du porteur à assurer l’industrialisation du projet et à accéder aux marchés visés ;
      • adéquation des compétences de l’équipe dédiée au projet, notamment en matière de développement rapide de projet innovant.

    Soumission

    Les équipes de Bpifrance, de la Région et les services de la Direccte d’Ile-de-France se tiennent à la disposition des partenaires des projets pour les accompagner dans la préparation de leurs dossiers.

    Tous les dossiers doivent être soumis électroniquement via une plateforme, accessible via ce lien.

    Les informations complémentaires sont disponibles un site dédié.

  • Data : les 10 entreprises américaines de la e-santé en plus forte croissance en 2017

    Le magazine américain Inc établit chaque année la liste des 5 000 entreprises américaines en plus forte croissance.

    Dans la rubrique Data du mercredi 21 mars 2018, Health&Tech Intelligence a sélectionné les 10 entreprises de la e-santé les mieux classées dans ce palmarès, avec des activités allant des logiciels pour les officines à l’hébergement de données de santé en passant par des plateformes de e-commerce.

    Pour accéder directement à l’article, suivre ce lien.

  • Santé numérique : les 10 entreprises américaines en plus forte croissance en 2017

    Le magazine américain Inc établit chaque année la liste des 5 000 entreprises américaines en plus forte croissance.

    Health&Tech Intelligence a sélectionné les 10 entreprises de la e-santé les mieux classées dans ce palmarès.

    La première entreprise de e-santé de ce classement général (qui est dominé par l’entreprise Skillz, une plateforme de streaming pour jeux vidéos) arrive en 134e position. Il s’agit de Prescribe Wellness avec un taux de croissance de plus de 2000% en trois ans.

    Les activités des entreprises de la e-santé présentée sont variées, allant des logiciels pour les officines à un hébergeur de données de santé en passant par une plateforme de e-commerce entre les chercheurs et l’industrie.

    A noter que la plupart des entreprises du classement ont été créées il y a moins de dix ans, hormis Outcome Health, dont la création date de 2006.

    Plusieurs entreprises – Welltok, Prescribe Wellness, Careform – se retrouvent dans le classement Inc. 5000 depuis plusieurs années. Health Catalyst y est classée en 2017 pour la 5e fois consécutive.

  • Formation : le numérique au service de l’universitarisation des formations de santé

    Afin de répondre au défi posé par la formation médicale dans le cadre de la Stratégie de transformation du système de santé du ministère des Solidarités et de la Santé et du ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le 14 mars 2018 a été instauré le Comité de suivi du processus d’universitarisation des formations paramédicales et de maïeutique.

    L’universitarisation a déjà commencé dans les territoires et il s’agit d’établir un diagnostic à échelle nationale, traduit en 5 objectifs opérationnels, pour identifier et préserver les initiatives qui ont fait leurs preuves, comme l’ancrage territorial des formations. Le numérique a un rôle prépondérant dans la révolution des métiers de santé, car il permet la mutualisation de ressources, l’homogénéisation des pratiques de formation et contribue au décloisonnement de l’enseignement.

    À ce titre, un zoom a été fait sur deux initiatives, à savoir le projet Epione d’Amiens et l’initiative de la région Nouvelle Aquitaine visant la fédération des IFSI autour d’un nouveau modèle de formation.

    La qualité des formations proposées aux professionnels de santé est un enjeu pour le système de santé de demain qui doit s’adapter aux évolutions épidémiologiques, soigné en ambulatoire, et à l’exigence d’une meilleure prévention.

    4 axes de réforme et 5 objectifs prioritaires pour 2018

    À la suite d’une période de concertation menée par Stéphane le Boulier depuis septembre 2017, en charge du projet de l’universitarisation, sont ressortis 4 axes :

    • repenser l’interprofessionnalité ;
    • promouvoir la recherche ;
    • créer de nouveaux parcours étudiants ;
    • promouvoir les initiatives territoriale.

    Les ministres compétents ont fixé 5 objectifs prioritaires devant être atteints en 2018 et qui font l’objet d’un premier travail de concertation et d’expertise :

    • la simplification des modalités d’admission dans les formations ;
    • la possibilité de recruter des enseignants-chercheurs en maïeutique, soins infirmiers, et réadaptation ;
    • l’établissement d’un cadre national simplifiant les relations institutionnelles et financières entre régions, instituts de formation et universités ;
    • la mise en œuvre de formations aux nouveaux métiers en débutant par les pratiques avancées infirmières dès la rentrée 2018 ;
    • la reprise, enfin, d’une réflexion sur les référentiels incluant des temps de formation communs à plusieurs filières comme cela va se faire dans le cadre du service sanitaire.

    Uniformiser et rapprocher avant de consolider

    Qu’il sera nécessaire de favoriser la transversalité, rapprocher les cursus paramédicaux et universitaires, mieux les articuler, et bâtir des métiers intermédiaires est apparu comme une évidence.

    Il sera également nécessaire de remédier à l’absence de certains domaines de l’université, comme les soins infirmiers, afin de constituer un panel d’enseignants-chercheurs issus des filières paramédicales et de maïeutique apte à prendre en charge les projets de recherche et à contribuer au management des formations, et cela passe par la qualification des enseignants-chercheurs.

    Enfin, il faudra faciliter l’intégration des organismes de formations au sein de l’université, par le biais de partenariats de coopération, mais également de façon physique en incorporant les écoles et les instituts de formation au sein de l’université locale.

    Cela permettra à la fois d’harmoniser les parcours et les accès aux formations paramédicales, partager des ressources d’enseignement et politique de stages, harmoniser les procédures d’évaluation, et promouvoir l’inter-professionnalité et le développement de la recherche.

    S’appuyer sur le numérique

    Le gouvernement considère que la constitution et la mise à disposition des ressources numériques constituent une dimension déterminante de l’universitarisation et un sujet majeur de la collaboration entre les universités, les régions et les instituts.

    Le déploiement du numérique et les ressources numériques apportent une réponse à plusieurs enjeux-clés :

    • homogénéiser les pratiques de formation malgré la dispersion des institutions ;
    • constituer des ressources pédagogiques de façon efficiente ;
    • faciliter les pratiques d’enseignement décloisonnées.

    EPIONE – le projet du futur campus santé numérique d’Amiens

    Il s’agit d’un projet porté par l’Université Picardie, Jules Verne en partenariat avec le CHU d’Amiens Picardie, mais de nombreux acteurs se sont mobilisés pour apporter leur pierre à l’édifice, tels le rectorat, la région, le Bloc qui est le cluster e-santé d’Amiens Métropole et les associations étudiantes.

    Le projet est au service de 3 objectifs :

    • dynamiser la transformation des apprentissages par les outils numériques et proposer des méthodes participatives, personnalisées et transversales (autoformation, simulation, pédagogie inversée, intergénérationnelle…) ;
    • favoriser le décloisonnement par la mutualisation pour les étudiants du champ santé ;
    • identifier l’émergence de nouveaux cursus issus de compétences récentes liées à l’évolution des besoins en santé et à la structuration des coopérations interprofessionnelles.

    Le projet a été labellisé en 2017 par l’Agence nationale de la recherche dans le cadre de l’appel à projets Nouveaux cursus universitaires.

    Nouvelle Aquitaine mutualise les ressources pédagogiques numérisées pour les IFSI et développe des serious game

    Dans le cadre de sa volonté de fédérer la formation au sein des 26 instituts de formation en soins infirmiers, la région Nouvelle Aquitaine a mis en place des actions visant à :

    • l’harmonisation et mutualisation des contenus pédagogiques ;
    • la modernisation des outils numériques ;
    • l’élaboration partenariale entre les trois universités de santé (Bordeaux, Limoges, Poitiers), les IFSI et l’Agence régionale de santé.

    Une première initiative concerne la création d’une plateforme régionale accessible aux étudiants comme aux enseignants. Des groupes de travail ont procédé à la refonte des maquettes d’enseignements et ont produit des contenus nouveaux enregistrés en studio sur un diaporama animé, sonorisé et chapitré puis déposés sur ladite plateforme.

    Cette initiative a été complétée par une expérimentation fondée sur la simulation numérique. Elle a  donné lieu à la création de 10 serious games (jeux sérieux). L’objectif de chaque jeu est de faire travailler les étudiants sur une des 10 compétences du référentiel de la formation d’infirmier. 

    Ce nouveau mode de formation, développé en partenariat avec la société Interaction Healthcare, sera intégré à la plateforme de cours numérisés en juillet 2018.

    Mise en œuvre et déroulement des opérations

    Trois instances, le comité de suivi, les groupes de travail transversaux et les groupes filières vont œuvrer à la concrétisation des mesures liées aux objectifs fixés.

    Le comité de suivi aura pour rôle d’impulser les concertations sur les mesures techniques permettant que ces objectifs connaissent une déclinaison opérationnelle rapide.

    Les groupes de travail travailleront d’une part sur les objectifs transversaux aux différentes filières et d’autre part sur des points plus spécifiques d’un ensemble de métiers. Leur retour est attendu en mai 2018.

    Entre mars et septembre 2018, la concertation sur les 5 premiers objectifs et leurs évolutions réglementaires va avoir lieu. Un rapport final sera publié et les objectifs pour 2018-2019 seront définis.

    S’ensuivra une mise en œuvre de certaines mesures à la rentrée 2018, telles l’inscription des formations sur Parcoursup, la possibilité de recruter des enseignants-chercheurs de ces disciplines sur la campagne d’emploi 2019, et d’un second ensemble à la rentrée 2019.