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  • L’IA peut transformer les métiers de la santé de manière significative -rapport de France stratégie

    Le premier trimestre 2018 a été marqué par la publication du rapport du député Cédric Villani et la présentation de la stratégie gouvernementale dans le domaine de l’intelligence artificielle, Placée auprès du Premier ministre, France stratégie s’est également saisie du sujet, en examinant les conséquences de la diffusion l’IA sur certaines professions médicales (cardiologues, radiologues, médecins généralistes et biologistes), ses principaux vecteurs de diffusion et les freins éventuels à son utilisation.

    Les applications de l’IA dans le domaine de la santé sont nombreuses (aides au diagnostic, recommandations de prise en charge). Selon les experts de France Stratégie, l’IA est amenée à faire évoluer les métiers du secteur médical (notamment en radiologie, cardiologie et la médecine générale) et contribuera à améliorer le suivi et la prise en charge des patients en ville, à domicile et à l’hôpital. En revanche, plusieurs facteurs doivent être pris en compte avant sa généralisation, dans un secteur médical et médico-social marqué par « des résistances aux transformations » significatives, d’après le rapport de France Stratégie paru le 28 mars 2018 que H&TI s’est procuré.

    Les applications de l’intelligence artificielle dans le domaine de la santé

    L’aide au diagnostic et aux recommendations de prise en charge

    Les applications actuelles de l’IA sont nombreuses en oncologie, cardiologie, radiologie, détection de maladies spécifiques (telles que diabète et Alzheimer, etc.) ou santé mentale (l’IA est notamment utilsée pour détecter la dépression ou autres troubles psychologiques). Les algorithmes alimentés et entraînés par des données massives sont programmés pour identifier des maladies selon des protocoles prédéfinis par des équipes médicales. 

    L’outil emblématique de cette application est le logiciel Watson, introduit par le groupe IBM en 2005 sur le marché de la santé américain. Utilisé pour l’aide au diagnostic et à la proposition thérapeutique, le logiciel synthétise de nombreuses informations issues de rapports médicaux, dossiers patients, tests cliniques, etc.

    Lors du sommet AI for Humanity organisé au collège de France le jeudi 29 mars 2018, le professeur Ran Balicer illustrait les usages de l’IA en santé dans les hôpitaux israéliens. L’IA y est utilisé pour détecter et prévenir les risques d’insuffisance rénale, dans le suivi des maladies chroniques et la détection de cancers.

    « Selon une étude récente, l’intelligence artificielle a été capable d’une détection automatisée du cancer du sein avec un taux de réussite de 92%, presque équivalent à celui des spécialistes (96%). Lorsque sont combinés les analyses du médecin et les méthodes de diagnostic issues du logiciel automatisé, le taux de réussite s’élève à 99,5%, avec un risque d’erreur fortement diminué ». France Stratégie, citant une étude américaine publiée en 2016.

    L’utilisation de l’IA fait évoluer les métiers de la santé 

    Radiologie : vers une spécialisation accrue en radiologie interventionnelle

    Selon les experts de France stratégie, l’IA est amenée à jouer un rôle croissant dans la lecture d’imagerie médicale, posant à terme la question de « l’intervention du radiologue dans l’établissement du diagnostic ». L’automatisation de la radiologie conventionnelle pourrait être réalisée par des manipulateurs radio formés à l’élaboration de diagnostics, souligne France Stratégie. Elle pourrait également être effectuée par un médecin non radiologue. L’IA permettrait donc à terme aux radiologues de consacrer davantage de temps à l’analyse de cas complexes.

    Ainsi, « le métier de radiologue pourrait évoluer vers une spécialisation accrue en radiologie interventionnelle à visée diagnostique (ponctions, bopsies, etc.) pour des cas complexes ou à visée thérapeutique guidée par l’imagerie médicale ». France Stratégie

    France stratégie recommande à ce titre d’adapter le cadre règlementaire actuel, notamment le décret n°2016-1672 du 5 décembre 2016 relatif aux actes et activités réalisés par les manipulateurs d’électroradiologie médicale.

    Cardiologie : recentrage de l’activité du cardiologue sur les cas complexes

    Des logiciels fondés sur l’IA sont aujourd’hui capables d’interpréter des électrocardiogramme (ECG). « Ces logiciels détectent des pathologies avec un degré d’efficacité comparable, voire supérieur, à celui d’un cardiologue », souligne France Stratégie. Ceci pourrait s’avérer bénéfique à la médecine générale et aux urgences françaises : les médecins généralistes et urgentistes pourraient à l’avenir mobiliser ces outils à toute heure sans recourir au cardiologue.

    D’après le rapport de France Stratégie, l’IA permettra d’aider les urgentistes dans l’orientation de leurs patients ; d’étendre l’usage de l’ECG à davantage de spécialités médicales comme les urgentistes, généralistes, gériatres, et non médecins comme les infirmières, pompiers  et enfin, de libérer du temps aux cardiologues qui traiteraient ainsi des cas plus complexes.

    L’intelligence artificielle, conclut France Stratégie, est susceptible « d’accentuer la tendance à la sur-spécialisation de leur métier ». 

    En médecine générale, l’IA « augmentera le niveau de compétence « technique » du médecin »

    Les assistants médicaux sont à l’avenir susceptibles de faire évoluer la médecine générale à plusieurs titres, selon France Stratégie : le médecin pourra bénéficier d’une aide à l’établissement de diagnostics de cas complexes, « avec une plus grande sécurité dans la prise de décision » ; l’IA sera par ailleurs amenée à « augmenter en continu le niveau de compétence « technique » du médecin au fur et à mesure que celui-ci pourra exploiter pleinement les connaissance cliniques et les pratiques médicales les plus actualisées ».

    Enfin, s’agissant des laboratoires d’analyses médicales, l’IA est susceptible d’automatiser intégralement les analyses et de fait, d’induire de profondes transformations du métier de biologiste.

    Le suivi connecté des patients et l’usage de la robotique en santé

    Amélioration de la prise en charge des patients

    Certains outils connectés s’intègrent déjà dans une prise en charge globale des patients, comme le pilulier intelligence ou le tensiomètre relié à un médecin. Couplé à l’IA, ces dispositifs permettent un suivi automatisé des patients à partir de l’analyse des données recueillies et enrichies.

    D’après France Stratégie, l’usage d’outils de suivi des patients présente un intérêt au domicile des patients, à l’hôpital comme dans le cadre de la médecine de ville.

    • A domicile, des plateformes de suivi de patients à distance permettent de prédire les risques d’exacerbation d’une maladie inflammatoire comme l’asthme, de détecter une rechute de cancer du poumon, de personnaliser le traitement du diabète, à titre d’exemple ; 
    • A l’hôpital, « une plateforme de suivi médical connecté de patients, avant et après une hospitalisation, permet de centraliser tout ce qu’une infirmière aurait contrôlé à l’hôpital » ; 
    • En ville, enfin, peuvent se constituer des réseaux entre médecins généralistes, spécialistes et infirmières de coordination (comme le prévoit le programme « Territoire de soins numérique »).

    La robotique appliquée 

    « De nouvelles générations (de robots) à base d’intelligence artificielle sont en train d’émerger« , rappelle France stratégie, « avec une autonomisation accrue par rapport au chirurgien ». Les applications actuelles et futures des robots fondés sur l’IA en médecine sont nombreuses. Le rapport en propose une liste non exhaustive : simulation d’opération sur écran ou sur un clone virtuel ; assistance domestique pour les personnes âgées ou en situation de perte d’autonomie ; prise en charge de patients souffrant de troubles cognitifs ou comportements comme l’autisme ou Alzheimer ; enfin, pour les aides-soignants et les infirmiers, les robots IA peuvent les appuis dans leur pratique professionnelle ».

    Plusieurs facteurs doivent être pris en compte avant d’envisager la diffusion de l’IA dans le secteur de la santé

    • La situation de l’emploi des professionnels de santé : France Stratégie rappelle que les études prévoient à courte et moyenne échéance un creusement des inégalités d’accès aux soins à l’échelle du territoire français ; dans un tel contexte, le recours à la télémédecine et le développement de solutions innovantes permettrait d’assurer un meilleur accès aux soins.
    • L’augmentation de la qualité des données : la diffusion de l’IA favorise l’augmentation en volume et en qualité des données disponibles, issues de sources multiples (Assurance maladie, établissements de santé, médecine génomique, objets connectés, applications mobiles, commentaires des patients, etc.).
    • L’acceptabilité sociale : « si les logiciels livrent leur clé de fonctionnement », souligne France Stratégie, « ils pourront répondre aux aspirations des patients/citoyens à l’autonomisation. Dans le cas contraire, si les logiciels restent des formes de boîtes noires, la diffusion de l’IA sera freinée par le manque d’acceptabilité sociale ». Dans le cadre de la mission confiée au député Cédric Villani, Ethik IA propose de clés de régulation positive de l’IA et de la robotisation en santé.

    Quels sont les scenari de diffusion de l’IA en santé ?

    « Le secteur est plutôt enclin à résister aux transformations »

    Il existe en France une certaine « résistance à l’innovation », couplée à un modèle économique encore « incertain », qui explique que le secteur de la santé est « enclin à résister aux transformations induites par l’intelligence artificielle. Quelles sont les causes de ces « résistances »? D’après France Stratégie, elles seraient imputables « à l’important degrés de règlementation ». Si des progrès « ont été réalisés depuis 2017 avec la création d’un système national de données de santé », « le cadre permettant de répondre aux besoins croissants de protection en matière d’accès, de partage et de protection ou de garantie de fiabilité n’est pas encore abouti ».

    Ainsi, conclut France stratégie, « la difficulté d’accès aux données a été identifié comme un frein au développement de l’intelligence artificielle, notamment dans les possibilités de transfert des travaux de recherche », ce qui a été mis en avant dans le rapport remis par Cédric Villani au Président de la République.

    Toutefois, relève France Stratégie, « la règlementation n’empêchera pas la diffusion de l’IA là où les acteurs prévoient des gains importants ».

    « Les conditions qui pourraient conduire à une scénario disruptif »

    Les acteurs placés en situation de concurrence et de dimension internationale – comme l’industrie du médicament et des dispositifs médicaux et le secteur de l’assurance complémentaire santé – peuvent conduire à l’émergence d’un « scénario disruptif » et servir de vecteur de la diffusion de l’IA dans le secteur de la santé.

  • Transformation du système de santé : nomination des responsables de la formation des professionnels

    Le ministère des Solidarités et de la Santé a publié dans un communiqué du 3 avril 2018 les noms des trois responsables de la consultation sur la formation des professionnels de santé, dans le cadre des chantiers de la Stratégie de transformation du système de santé. 

    Il s’agit du Professeur Antoine Tesnière, de Stéphanie Rist, députée du Loiret et d’Isabelle Riom, interne en médecine générale.

    Les premières orientations de ce chantier seront rendues en mai 2018.

    Les responsables des autres chantiers de la Stratégie de transformation du système de santé, avaient été dévoilés par Agnès Buzyn, la Ministre des solidarités et de la santé le 9 mars 2018.

    Les missions des pilotes du chantier sur la formation des professionnels

    Numerus clausus, première année, coopération entre professionnels de santé grâce aux pratiques avancées en soins infirmiers, articulation enseignement/recherche pour l’ensemble des formations aux professions de santé : la réforme de la formation est une étape indispensable pour permettre au système de santé de s’adapter aux évolutions des besoins des patients.

    Antoine Tesnière, Stéphanie Rist et Isabelle Riom devront construire, en consultant les parties prenantes, la feuille de route opérationnelle favorisant une plus grande homogénéité des formations, une meilleure coopération entre les différents métiers de la santé, des conditions d’études favorables à l’épanouissement des étudiants, etc.

    Les étudiants en santé seront associés à cette réflexion conjointement menée par le ministère des Solidarités et de la Santé et le Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Ce chantier sera étroitement lié avec celui de la transformation du travail et des métiers dans le secteur public hospitalier.

  • Etude : le machine learning aide à classifier les tumeurs cérébrales (Nature)

    Être capable de différencier les 100 types de tumeurs du système nerveux central peut modifier le pronostic des patients. Afin d’améliorer cette classification, des chercheurs allemands ont eu recours au machine learning (apprentissage profond).

    La technique a permis de corriger 12% des diagnostics posés sans l’aide de l’informatique. Les résultats de cette étude* ont été publiés le 14 mars 2018 dans la revue Nature.

    Diagnostiquer les tumeurs avec précision

    Les tumeurs du système nerveux central (SNC) sont délicates à diagnostiquer. À ce jour, une centaine de tumeurs différentes ont été identifiées et leurs réponses à la radiothérapie et à la chimiothérapie sont très variables.

    Afin de poser le bon diagnostic, plusieurs techniques sont utilisées. L’histologie, qui consiste à prélever des tissus et à les observer au microscope, reste la plus fréquente. Pour mieux prévoir l’agressivité d’une tumeur et développer de nouvelles stratégies thérapeutiques qui les ciblent spécifiquement, l’analyse des variations génétique et épigénétique des tumeurs s’est développée. Cette classification moléculaire repose sur des variations génétiques très subtiles et donc difficiles à identifier.

    Les profils moléculaires analysés via le machine learning

    Des chercheurs allemands du département de neuro-oncologie pédiatrique du Centre de recherche sur le cancer des enfants d’Heidelberg et du département de neuropathologie de l’hôpital universitaire de Heidelberg ont eu l’idée d’utiliser des méthodes de machine learning pour standardiser cette classification des tumeurs du système nerveux central. Les résultats de leurs travaux ont été publiés le 14 mars 2018 dans la prestigieuse revue Nature.

    « Nous avons développé des algorithmes informatiques qui différencient de façon fiable 82 types de tumeurs du SNC en fonction de leurs modèles de méthylation », a déclaré le professeur David Capper, qui est l’un des quatre premiers auteurs de l’étude. Particulièrement dans les tumeurs que nous ne pouvons pas facilement classer dans une catégorie diagnostique basée uniquement sur l’examen microscopique, l’analyse de la méthylation est souvent utile pour établir un diagnostic précis. L’analyse d’environ 2 800 échantillons tumoraux de référence a permis de classer les tumeurs en sous-groupes spécifiques pas encore inclus dans les classifications qui ont été utilisées jusqu’à présent. »

    Résultats : 12% d’erreurs relevées

    Afin d’évaluer la pertinence clinique de leur algorithme, les chercheurs ont fait une analyse prospective de 1 104 tumeurs du cerveau qui avaient déjà été identifiées par des médecins grâce à des méthodes histologiques ou moléculaires. Le machine learning a permis d’identifier :

    • 64 types histopathologiques différents chez des adultes et des enfants ;
    • 88% des échantillons correspondaient à une classe de méthylation de l’ADN ;
    • dans 12% des cas, une révision du diagnostic initial a été faite ;
    • dans plus de 92% de ces cas, les vérifications ont donné raison aux algorithmes ;
    • 3 types histologiques très rares et récemment découverts ont pu être identifiés via le machine learning. La rareté des cas a empêché l’apprentissage.

    IA : les espoirs liés à la standardisation

    Les auteurs de ces travaux de recherche se sont déclarés « convaincus » que leur nouvelle méthode « est bien adaptée pour être utilisée dans la clinique ». Selon eux, le haut niveau de standardisation est très prometteur pour réduire la variabilité importante observée dans les diagnostics. La technique pourrait aussi aider à identifier de nouvelles classes histologiques exceptionnellement rares.

    Le système de classification des tumeurs en accès gratuit

    Fort de ces résultats, les chercheurs allemands ont décidé de mettre leur système de classification en ligne gratuitement afin de permettre aux chercheurs d’analyser leurs données sur leur plateforme. Ils espèrent que l’information ainsi obtenue permettra des diagnostics plus précis et donc de mieux traiter les types de cancer les plus rares.

  • L’application Santé d’Apple, désormais utilisée par une cinquantaine d’établissements de santé US

    Une cinquantaine d’établissements de santé américains utilisent désormais l’application de santé Apple, qui permet d’extraire et d’agréger les données de santé des patients issues de sources multiples à la manière d’un dossier médical partagé. L’entreprise américaine espère généraliser l’utilisation de son application mobile à l’échelle du territoire américain.

    Faire de l’application santé d’Apple le dossier médical de demain

    Apple annonce le 2 avril 2018 une mise à jour de son application mobile santé (Health app), qui permet aux patients admis au sein d’hôpitaux partenaires d’accéder à leurs dossiers médicaux à partir de leur Iphone. L’entreprise américaine annonçait le 24 janvier 2018 une refonte de son application santé, dont elle espère à termes faire un véritable dossier médical. 

    En janvier 2018, douze établissements de santé d’envergure internationale, dont Cedars-Sinaï, Johns Hopkins Medicine et Penn Medicine ont accepté de prendre part à la version initiale du projet. Entre janvier et mars 2018, leurs patients ont pu consulter l’intégralité de leurs données de santé (en mode lecture) sur l’application santé de leur iphone. 

    39 nouveaux établissements partenaires

    Le 2 avril 2018, l’entreprise américaine annonce avoir établi de nouveaux partenariat avec 39 établissements de santé américains, dont Geisinger Health System, Yale New Haven and Yale Medicine, Cerner Health Clinics, The University of Chicago Medicine, The Duke University Health System, Vanderbilt University Medical Center, Stanford Medicine, etc. 

    Leurs patients peuvent désormais télécharger la nouvelle version IOS 11.3 de l’application. Leurs données de santé sont cryptées et « protégées » par le mot de passe permettant d’ouvrir le téléphone. Les données sont extraites de plusieurs sources et agrégées au sein de l’application. Les patients reçoivent des notifications électroniques leur signalant l’ajout ou la modification d’informations. 

    Apple précise que la fonctionnalité est destinée aux établissements de santé américains. La mise en oeuvre du partenariat est gratuite et ouverte à tous.

  • Data : Bilan des levées de fonds de mars 2018

    16,9 millions d’euros – tel est le montant levé par des start-ups françaises de la e-santé en mars 2018.

    L’ensemble des transactions est détaillé dans la rubrique Data du site, publié mercredi 4 avril 2018 via ce lien.

  • Bilan des levées de fonds des start-ups françaises de la e-santé : 16,9 millions d’euros en mars 2018

    Plus de 16,9 millions d’euros, tel est le montant levé par les start-ups françaises de la e-santé en mars 2018.

    Un total qui ne comprend pas le somme levée par PandaLab, non communiquée. L’entreprise compte compléter cette levée de fonds en ce mois d’avril 2018.

    C’est la medtech grenobloise Surgivisio qui effectue la plus importante levée de fonds du mois de mars 2018 avec 10,7 millions d’euros, destinés à la commercialisation de ses appareils d’imagerie radiologique 2D/3D. 

    Bpirance est l’un des principaux investisseurs.

  • La France, 3e en nombre de sociétés de biotech (Panorama France Biotech)

    France Biotech, l’association des entrepreneurs en sciences de la vie a présenté à Lyon Biopôle le 15 mars 2018 la 15e édition de son Panorama France HealthTech (medtech/biotech).

    Premier enseignement : la France est le 3e pays au niveau européen en nombre de sociétés de biotech (720 entreprises, 11 000 salariés) après l’Allemagne (1 042 entreprises, 37 000 salariés) et le Royaume Uni (979 entreprises, 30 000 salariés).

    Elle compte aussi 160 medtech (40 000 salariés).

    On dénombre 386 biomédicaments en développement dans les entreprises de l’échantillon et 105 dispositifs médicaux en cours d’élaboration.

    302 entreprises participant à l’étude

    France Biotech réalise chaque année le Panorama de l’Industrie des Sciences en France, étude réalisée sur la base d’un questionnaire dédié et des publications des sociétés. Il n’a pas vocation à être exhaustif. Les informations ont été collectées jusqu’au 29 septembre 2017. Les entreprises incluses dans l’étude répondaient aux critères suivants :

    • exercer une activité dans le secteur des sciences de la vie en France ;
    • réaliser des dépenses de recherche et développement représentant au moins 15% de leurs charges totales ;
    • avoir un effectif de moins de 250 salariés.

    Pour cette édition du panorama, 302 entreprises ont participé à l’étude conduite par KPMG (contre 2016 en 2016). L’échantillon comprend 49 % de biotech, 19% de medtech, 14 % d’entreprises au modèle mixte (service + produit), 7 % de sociétés spécialisées dans le diagnostic et 5 % d’entreprises du secteur de la e-santé.

    Les biotech au niveau européen

    Avec plus de 3 000 entreprises de biotechnologie et 25 000 entreprises de technologies médicales, l’Europe est bien positionnée sur la scène internationale. De plus, le marché pharmaceutique et biopharmaceutique européen se situe au 2e rang mondial après les Etats-Unis tout comme le marché des technologies médicales.

    La France : de nombreux atouts mais des barrières à lever

    La France est le 3e pays européen en nombre de sociétés de biotech après l’Allemagne et le Royaume-Uni. Elle est deuxième en nombre de produits de biotechnologie en développement.

    Les trois aires thérapeutiques les plus investiguées par les sociétés de biotechnologie françaises sont l’oncologie (1/3 des programmes soit 110 produits), les maladies infectieuses avec 59 produits en développement et le système nerveux central avec 44 produits.

    Les dispositifs médicaux développés par les sociétés de medtech et de diagnostic de l’échantillon couvrent un large champ de technologies et d’applications. Trois catégories représentent les 2/3 des produits en développement : les dispositifs médicaux de diagnostic in vitro (26% des DM), les dispositifs de classe II b (23%) et les dispositifs de classe III (19,5%). Les aires thérapeutiques les plus investiguées sont la chirurgie orthopédique (17% des produits), la cardiologie et le vasculaire (12%) et l’imagerie (10%).

    Le pays bénéficie d’une place boursière dynamique : Euronext est le premier marché européen pour les sciences de la vie, selon France Biotech. 86 sociétés sont cotées (49 biotechs, 37 medtechs), qui totalisent une capitalisation boursière de près de 22 Mds€ sur les marchés Euronext (Paris, Bruxelles et Amsterdam)

     Cependant, plusieurs barrières restent à lever :

    • une difficulté de croissance pour les entreprises : le nombre d’employés par société est faible comparé aux autres pays européens ;
    • un retard important quant au nombre d’essais cliniques : certains freins, tels que les délais d’approbation nuisent à la compétitivité du pays ;
    • La France est en 3e position pour les financements par le capital-risque. Les tickets moyens obtenus sont les plus bas d’Europe (7,1 M€ en 2016 en France comparé à 20 M€ au Royaume-Uni et 33 M€ en Suisse)

    Levées de fonds

    Sur les 245 M€ alloués aux domaines pharma-bioindustrie/cosméto/technologies médicales par Bpifrance en 2016, 171 M€ ont été consacrés aux aides à l’innovation et 74 M€ à des investissements en fonds propres.

    Les entreprises françaises de biotech/medtech ont levé près de 800 M€ en 2016, atteignant ainsi la deuxième place du classement après le Royaume-Uni (1,3 Mds€).

    Au moment de l’étude, à l’automne 2017, 5 biotech françaises avaient été nouvellement introduites en Bourse en 2017, levant au total près de 139 M€.

    Focus sur les sociétés de la e-santé

    L’étude montre que la France propose pour le secteur de la e-santé spécifiquement, des produits matures et majoritairement orientés vers les objets connectés (27 %), le télémonitoring (20 %), le diagnostic assisté par ordinateur (16%) et le big data/analyse de données (8%).

    « Avec plus d’un tiers des produits commercialisés, les sociétés bénéficient de temps de développement et d’un accès au marché plus rapide que les sociétés de biotechnologies ou de technologies médicales« , pointe l’étude France Biotech. 

    Concevoir les solutions médicales de demain

    « Ce Panorama 2017 témoigne d’une autre tendance de fond : l’innovation est désormais multi-technologique. Les projets sur lesquels travaillent les PME et les start-ups innovantes combinent de plus en plus souvent biologie, Internet des objets, big data, 3D, etc… C’est en mixant tous ces outils et ces technologies que nous concevrons les solutions médicales de demain et que la médecine deviendra plus efficace, personnalisée et préventive », conclut Maryvonne Hiance, présidente de France Biotech.

    L’intégralité de l’étude est disponible via ce lien.

  • Réforme tarifaire des hôpitaux : mise en oeuvre du financement au parcours à titre expérimental

    Le 9 mars 2018, la Ministre des Solidarités et de la santé annonçait une réforme du financement du système de santé. Le calendrier de mise en oeuvre de la réforme de la tarification des établissements hospitaliers est désormais accessible sur le site du Ministère des Solidarités et de la Santé. Jean-Marc Aubert, directeur de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) est chargé de créer en avril une  « task force » composé d’experts, de définir un périmètre d’étude et de formuler des propositions d’amélioration de la régulation de l’Ondam d’ici mai 2018 et des modèles de financement pour la PLFSS 2019.

    « Plafonner à 50% la tarification à l’activité des hôpitaux » (E. Macron)

    En 2016, le candidat à l’élection présidentielle Emmanuel Macron proposait de limiter la part de la tarification à l’activité au volume d’actes (T2A) à 50% du budget de l’hôpital. Entrée en vigueur en 2004, la T2A est aujourd’hui le premier mode de financement de l’hôpital et représente deux tiers des recettes. Elle rémunère depuis 2008 l’intégralité des soins de médecine, chirurgie, obstétrique (MCO). Elle compte également pour 10% des soins de suite et de réadaptation.

    La tarification à l’activité suscite de nombreuses critiques car elle incite à multiplier les actes et les séjours « les plus rentables ». Dans un rapport consacré à « l’évolution des modes de financement des établissements de santé » (2016), le docteur et député (PS) Olivier Véran rappelait que « la T2A est parfois critiquée car elle aurait introduit au sein des établissements des exigences de rentabilité économique, exigences économiques qui iraient à l’encontre du souci de la qualité des soins et d’une prise en charge humaine des patients ».

    Mettre en oeuvre le financement au parcours à titre expérimental 

    Sous le quinquennat de François Hollande, le gouvernement a rendu les tarifs dégressifs à partir d’un certain volume. Peu utilisé, cet outil de régulation a été retiré du dispositif de financement hospitalier dans la loi de financement de la sécurité sociale pour 2018. Agnès Buzyn, la ministre de la santé a commencé à mettre en œuvre la promesse électorale du candidat E.Macron en inscrivant dans le budget de la sécurité sociale pour 2018 le principe d’expérimentation de « financement au parcours », qui inclut toutes les étapes du soin, dont la réhospitalisation, et potentiellement, les consultations de ville.

    « Repenser les modes de rémunération, de financement et de régulation »

    Le 9 mars 2018, Agnès Buzyn présentait les cinq chantiers de la stratégie ministérielle de transformation du système de santé, dont l’un des axes vise à « repenser les modes de rémunération, de financement et de régulation ». Les premières orientations sont attendues d’ici mai 2018. « L’ambition est de proposer des financements et des modes de rémunération innovants, avec des objectifs plus collectifs pour décloisonner notre organisation des soins, une meilleure valorisation de la prévention et de la qualité des pratiques, et une plus grande pertinence et efficience des financements. Ces évolutions pourront concerner l’ensemble des professionnels et structures sanitaires et médico-sociales », souligne la ministre dans une lettre de mission adressé à Jean-Marc Aubert, directeur de la DREES. Il faut permettre une rémunération à la pertinence, au parcours, au forfait. » Pour la rémunération à l’épisode de soins, la Ministre propose de s’inspirer des modèles étrangers (Suède, États-Unis). 

    La mission travaillera selon le calendrier suivant : 

    • Avril : création de la « task force » et définition du périmètre d’étude (catégories des modèles de financement)
    • Avant l’été (mai 2018) : propositions d’amélioration de la régulation de l’Ondam et premiers modèles de financement
    • PLFSS 2019 : propositions des modèles de financement sur les épisodes de soins
    • 2019 : préparation du déploiement des modèles retenus par le Gouvernement (dispositions législatives et règlementaires, etc.)

  • IA : l’Inserm s’associe avec la start-up Owkin pour accélérer la recherche en santé

    Le 4 avril 2018, dans les locaux de la start-up Owkin, un accord cadre a été signé entre Yves Lévy, le PDG de l’Inserm, et Gilles Wainrib, l’un des co-fondateurs de la start-up, devant la presse.

    L’ambition des deux acteurs est de bousculer le secteur de la recherche médicale et clinique en proposant des approches innovantes d’analyse de données. Ce partenariat s’inscrit dans la stratégie plus globale de l’Inserm de positionner la recherche biomédicale française en leader de l’intelligence artificielle en santé en misant sur son expertise dans l’analyse de données massive.

    Owkin apporte le socle logiciel nécessaire à la réalisation de ce dessein, avec des outils de machine learning (apprentissage profond) développés en interne et mis à disposition de l’ensemble de chercheurs de l’Inserm, et appliqués aux données massives de l’institut afin d’accélérer la recherche médicale.

    Owkin Socrates, plateforme de deep learning au service de la recherche biomédicale de l’Inserm

    Owkin va appuyer l’Inserm dans sa stratégie « d’utiliser l’IA pour exploiter les données existantes et trouver de nouvelles pistes de recherche, en démocratisant l’accès aux technologies de l’IA pour les chercheurs » et « permettra d’aboutir à de nouvelles stratégies thérapeutiques », a annoncé le co-fondateur d’Owkin.

    C’est le partenariat le plus large pour Owkin en termes de champs d’application dans la recherche médicale avec la perspective d’équiper des outils prédictifs et d’analyse de données qui va concerner « un nombre de chercheurs gigantesque – 13 000 -, d’ici un à deux ans ».

    Les deux acteurs vont développer des projets scientifiques collaboratifs tels la prédiction de réponse aux traitements en cancérologie et l’identification de nouvelles cibles thérapeutiques.

    La plateforme Socrates permettra à chaque chercheur qui en est utilisateur de devenir lui-même acteur de l’IA.

    Apprentissage fédéré, souveraineté des données et traduction en biomarqueurs de données massives de l’Inserm

    Grâce à la technique d’apprentissage fédéré d’Owkin, les données massives de l’Inserm ne quitteront pas l’institution. L’Inserm a une longue expérience dans l’utilisation des données caractérisée par un usage éthique et souverain, deux aspects fondamentaux en santé, et Owkin permet de transformer les big data en smart data en répondant aux exigences réglementaires du secteur.

    Les techniques technologiques d’Owkin permettront à l’Inserm d’exploiter les données éparpillées et hétérogènes et à ses chercheurs de bénéficier d’une interface personnalisable à souhait.

    Ce ne sont que les résultats de l’analyse, tels de nouveaux biomarqueurs, qui pourront être exportés vers l’industrie. Les modalités de partage de valeur n’ont pas été précisées pour le moment, puisque la collaboration des deux acteurs ne fait que débuter.

    La plateforme Socrates va démocratiser le deep learning pour la recherche médicale, rappelle Gilles Wainrib.

    Pour Yves Lévy, les partenariats public-privé sont un outil illustratif de la façon dont « la recherche académique et les meilleurs talents français doivent s’allier pour produire des connaissances d’excellence ».

    L’Inserm s’associe avec Owkin, car Owkin est un acteur important dans le domaine de l’IA associée à la recherche et l’Inserm a fait le choix d’être là dès le début pour capter l’innovation, car ce sont les outils puissants d’Owkin qui feront parler les données massives de l’Inserm.

    L’IA permet des actions de santé publique inimaginable autrement

    Selon lui, au vu des annonces faites par le Président de la République à la suite de la publication du rapport de la mission Villani, « il n’est nul doute que l’IA sera à l’origine de bénéfices importants pour la recherche, pour la pratique médicale, pour le système de santé national ».

    Yves Lévy citait en exemple un projet de recherche sur la base d’analyses de données émanant des feuilles de remboursements du SNDS répertoriant entre 3 et 5 millions d’hospitalisations liées à une démence précoce inhabituelle chez une population de moins de 65 ans et qui a permis de mettre en évidence la cause liées à une consommation d’alcool.

    « Sans avoir fait appel à l’analyse par l’IA, cette cause n’aurait jamais pu être identifiée même en 15 ans de recherche, affirme Yves Lévy, et on n’aurait pas pu mettre en place une politique adaptées en termes de santé publique ».

    Stratégie pour une recherche biomédicale française leader de l’IA en santé

    L’Inserm fait valoir son expertise et son expérience longue de plus de 20 ans et souhaite les exploiter en recourant aux outils de l’IA afin d’accélérer et d’orienter la recherche.

    Son PDG a rappelé lors de la conférence de presse :

    • son excellence scientifique et sa maîtrise des question biologiques et médicales à adresser ;
    • sa connaissance des données générées dans le cadre de la recherche médicale sur une cohorte de plus de 200 000 personnes et sur plus de 300 centre de recherche en France et à l’étranger ;
    • son rôle clé dans la production et l’utilisation de données majeures en biologie et santé.

    Tous ces éléments confortent la position de leader de l’institut dans la recherche biomédicale qu’il va asseoir grâce à :

    • la mobilisation des meilleures équipes déjà impliquées dans le développement de l’IA, la production et l’exploitation de données ou le suivi de cohortes ;
    • la contribution-clef à l’utilisation des données du Health Data Hub, qui s’appuiera sur les données du SNDS et les données de recherche clinique et biologique, comme annoncé par le Président de la République ;
    • la mise en place d’une infrastructure nouvelle de collecte et d’analyse des données de génomique médicale dans le cadre du plan France Médecine Génomique ;
    • l’accélération de sa politique de partenariats publics et privés avec les organismes de recherche nationaux et les industriels dans les domaines de l’intelligence artificielle (mathématiques, algorithmes, modélisation, logiciels, etc.)

    Dans le cadre des appel d’offres annoncés par le Président de République, l’Inserm et Owkin répondront conjointement à ces propositions.

  • Observance thérapeutique : partenariat entre Merck et la start-up Medisafe pour développer son appli

    Le laboratoire pharmaceutique Merck a annoncé par communiqué le 27 mars 2018 avoir signé un accord avec la start-up de la e-santé israélo-américaine Medisafe, pour développer une version sur mesure de son application mobile pour le suivi des pathologies cardiométaboliques (diabète de type 2, troubles thyroïdiens et maladies cardiovasculaires).

    Selon Medisafe, un Américain meurt toutes les quatre minutes parce qu’il n’a pas suivi les instructions sur les médicaments. L’appli que l’entreprise commercialise aide les patients à se conformer à leur prescription médicamenteuse. Elle envoie, via le smartphone, des rappels, des messages de motivation et de soutien, des contenus personnalisés, etc.

    Les deux sociétés commenceront par déployer l’appli auprès des patients au Mexique, en Russie et au Brésil.