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  • Les infrastructures et les TIC sont à la base du potentiel de développement de la Tunisie en santé

    Organisée par le Club Afrique de la Presse Parisienne (CAPP) en collaboration avec l’agence d’information AfricaPresse.Paris et la plateforme d’affaires et de recrutement Convergence, la conférence « Entreprendre en Afrique : les atouts de la Tunisie dans le secteur de la santé » s’est tenue à Paris, le 20 juin 2018.
    Cinq orateurs étaient invités à y prendre la parole, modérée par Alfred Mignot, directeur de AfricaPresse.Paris et Président du Club Afrique de la Presse Parisienne :
    – Philippe de Fontaine Vive Curtaz, Vice-Président honoraire de la BEI ;
    – Mounir Mouakhar, Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Tunis ;
    – Monder Khanfir, Vice-Président du Tunisia-Africa Business Council ;
    – Dr Maher Zahar, PDG de MIRE ;
    – Dr Khaldoun Bardi, Chirurgien et membre de l’Académie européenne de médecine.

    Ces cinq orateurs ont unanimement déclaré que la Tunisie était un « pays du seuil », soit un pays riche de nombreux atouts présentant de ce fait un potentiel de développement intéressant. D’après les intervenants, la Tunisie veut prochainement devenir une plateforme régionale de santé éventuellement numérique et de recherche : pour soutenir le développement de la santé en Tunisie, 7% du PIB sont dépensés dans le système de santé (pour un profil sanitaire comparable aux pays de l’OCDE), 43 % étant délivrés par le secteur privé.

    L’objectif est à la fois de rendre la Tunisie attractive pour les entreprises de la santé et les investisseurs d’une part, et pour les patients africains et européens d’autre part.

    L’attractivité de la Tunisie vis-à-vis des entreprises et des investisseurs

    La santé et la recherche en santé en Tunisie : des secteurs réunissant des professionnels recherchés

    D’après les intervenants, le système d’éducation et d’enseignement tunisien forme un personnel médical, paramédical et technique très qualifié et d’autant plus recherché que moins coûteux qu’en France, par exemple.

    Par ailleurs, concernant les domaines de la recherche et du développement, la Tunisie a, selon les intervenants, un profil intéressant du fait de ses 6 000 chercheurs, de son technopôle et de ses 111 laboratoires qui lui permettent d’occuper le 46ème rang dans le classement des pays publiant le plus de travaux de recherche scientifique. En outre, la Tunisie est associée à l’UE dans le programme Horizon 2020 : dans ce cadre, ses équipes peuvent postuler et prendre part aux mêmes programmes de recherche que les laboratoires européens.

    Les supports du profil R&D de la Tunisie : infrastructures et TIC

    • Les infrastructures tunisiennes

    Outre ses nombreux laboratoires, la Tunisie dispose d’environ 2 000 centres de médecine, parmi lesquels 167 hôpitaux dont 23 CHU. Ces centres sont répartis dans le territoire d’une façon relativement homogène, de façon à ce que tout Tunisien puisse avoir accès à un centre de soins à moins de 30 km de chez lui. Ce réseau d’établissements auxquels sont associées des équipes de recherches dessine un système de petites localités réunissant soignants, chercheurs et population locale : du point de vue du Dr Maher Zahar, cette facilité d’accès à la population permet de mesurer facilement l’impact de tel ou tel nouveau dispositif ou phénomène et contribue à rendre le profil R&D de la Tunisie intéressant. 

    •  Maîtrise des techniques d’information et de communication

    Le Président de la chambre de commerce de Tunis a rappelé que la Tunisie « est à la pointe des techniques d’information et de communication (TIC) » : ce domaine représente à l’heure actuelle 11 % du PIB de la Tunisie, pays ayant exporté en 2017 1 milliard de dinars de logiciels et de services informatiques.

    Pour faire de la Tunisie une référence internationale, « l’objectif de la Tunisie […] est de créer 80 000 emplois dans ce secteur des TIC » a indiqué Mounir Mouakhar.

    Investissements et santé numérique

    Les intervenants ont indiqué que la Tunisie bénéficie d’un système de « législation souple » dans le domaine de la finance. L’objectif de cette souplesse est d’encourager les investissements étrangers dans le domaine de la santé et de la recherche en santé, investissements en majorité drainés par la santé numérique.

    Le tourisme médical en Tunisie, miroir de l’attractivité du système de santé du pays

    Constat : un pays relativement attractif pour les patients

    Le tourisme médical mène, à l’heure actuelle, environ 400 000 patients étrangers (dont 3% européens) en Tunisie.

    La Tunisie est notamment la deuxième destination africaine la plus prisée dans le cadre du tourisme de la santé, et la deuxième destination mondiale dans le tourisme de la santé pour des soins de thalassothérapie, après la France.

    Cependant, la Tunisie reste classée 36ème sur 41 destination mondiale en santé, les pays comparables à la Tunisie en termes de développement économique et de situation géographique (Liban, Jordanie) étant toutefois moins bien classés que la Tunisie.

    Différents types de tourisme médical

    D’après le Dr Khaldoun Bardi, le terme de « tourisme médical » réunit au moins trois phénomènes qui expliquent le classement de la Tunisie et son attractivité pour les patients :

    • le tourisme du bien-être, représenté par la thalassothérapie, la balnéothérapie, etc. : dans ce cadre, la Tunisie jouit d’une situation géographique intéressante (proche de l’Europe, donc facile d’accès pour les patients européens) et de nombreuses infrastructures disponibles. De plus, la médecine, qui du fait des avancées technologiques devient de plus en plus préventive et associée au bien-être d’après le Dr Maher Zahar, pourrait dans le futur mener vers la Tunisie de plus en plus de touristes à la recherche de « bien-être » ;
    • le tourisme pour les soins dentaires, ophtalmologiques et esthétiques : de même que le précédent tourisme, il concerne des patients atteints par des pathologies peu invalidantes et peu prises en charge par les systèmes d’assurance maladie et de sécurité sociale étrangers. Le caractère bon marché de ces soins en Tunisie attire donc fortement la patientèle étrangère, et elle pourrait l’attirer plus encore si les établissements tunisiens obtenaient des accréditations nécessaires pour devenir une destination de tourisme médical pour les assurances plus que simplement pour les ménages ;
    • le tourisme de la santé menant à la prise en charge de patients très malades. Dans ce cadre, un alignement des procédures tunisiennes de prise en charge des pathologies lourdes sur les protocoles européens ou américain demeure à mettre en œuvre afin de développer ce dernier type de tourisme médical en Tunisie.

    Finalement, un dernier point a été soulevé lors de la clôture de la conférence : la satisfaction des Tunisiens vis-à-vis de leur propre système de santé.  D’après les intervenants, la population tunisienne serait satisfaite de son système de santé, comparable, pour des raisons historiques, au système de santé français. Cependant, ces dernières années, de nombreux mécontentements auraient été exprimés. Ceux-ci seraient explicables, selon le Dr Zahar, par la baisse du pouvoir d’achat en Tunisie, qui rendrait difficile l’accès aux soins.

  • Urgences : l’IGAS publie son enquête sur les circonstances ayant conduit au décès de Naomi Musanga

    L’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) a publié, le 22 juin 2018, un rapport intitulé « Enquête sur les circonstances ayant conduit au décès d’une jeune patiente suite aux sollicitations du Samu de Strasbourg le 29 décembre 2017 ». La publication du rapport coïncide avec le lancement d’une réflexion nationale sur la réorganisation des services d’urgence.

    Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, a chargé par une lettre du 9 mai 2018 l’Inspection générale des affaires sociales d’enquêter sur les circonstances du décès de la jeune femme.

    Le rapport, établi par le docteur Anne-Carole. Bensadon et Juliette Roger, traite conformément à la demande de la ministre :

    • des procédures de régulation des appels mises en place au SAMU de Strasbourg et des modalités de traitement des appels reçus concernant Mme Naomi Musenga ;
    • des conditions de prise en charge de Mme Naomi Musenga par les Hôpitaux universitaires de Strasbourg  ;
    • de l’accompagnement de la famille par l’établissement  ;
    • des modalités de signalement auprès de l’agence régionale de santé.

    Le rapport de 61 pages de l’IGAS est consultable et disponible au téléchargement en suivant ce lien. Il met en évidence « de graves dysfonctionnements » dans le traitement des appels au Samu 67.

    Réorganiser la prise en charge des patients dans les services d’urgence

    La publication de ce rapport s’inscrit dans un contexte général marqué par la volonté affichée du gouvernement et du parlement de faire évoluer l’organisation des services d’urgence français. En atteste à titre d’exemple, un rapport remis le 22 mai 2018 à Agnès Buzyn dans lequel le député Thomas Mesnier (LREM) examine la situation des soins non programmés en France, définis comme « exprimant une demande de réponse en 24 heures à une urgence ressentie relevant prioritairement de la médecine de ville ». Le rapport parlementaire est consultable en cliquant ici.

  • Microsoft consolide ses ressources IA avec l’acquisition de Bonsai

    Le 20 juin 2018, Microsoft a annoncé avoir fait l’acquisition de Bonsai, une start-up spécialisée dans l’intelligence artificielle déjà soutenue par plusieurs grandes entreprises telles que Samsung ou Siemens.

    L’intérêt porté à cette start-up s’explique par l’activité de celle-ci, qui propose aux entreprises une aide pour intégrer des capacités d’apprentissage automatique et d’intelligence artificielle dans leurs systèmes informatiques.

    Microsoft prévoie ainsi pour la start-up une place centrale dans sa stratégie de développement et d’implantation d’IA dans des systèmes déjà conçus : le groupe annonce que la solution élaborée par Bonsai sera par exemple intégrée à la plateforme Cloud Azure.

    Les conditions financières de l’opération n’ont pas été dévoilées.

  • COAG

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  • La Commission européenne lance l’Alliance Européenne pour l’IA et crée un groupe d’experts associés

    La Commission européenne annonce le lancement d’une Alliance européenne pour l’Intelligence artificielle (European AI Alliance) et la création conjointe d’un groupe d’experts dédié à l’intelligence artificielle, chargé de conforter sa stratégie européenne en matière d’IA annoncée le 25 avril 2018.

    Les noms des 52 membres du High Level Group on Artificial Intelligence ont été rendus publics le 14 juin 2018 sur le site internet de la Commission européenne. Le groupe, composé d’universitaires, de personnalités reconnus dans le champ de l’IA issues de l’industrie et de la société civile, est chargée de mettre en oeuvre la Communication on Artificial Intelligence de la Commission européenne.

    Les attributions de ce groupe d’experts et de l’Alliance ont été explicitées dans un communiqué de presse publié le 14 juin 2018 sur le site internet de l’institution.

    Ces annonces s’incrivent dans un nouveau cadre stratégique de l’Union européenne en matière d’IA

    La Création du High-Level Expert Group on Artificial Intelligence constitue le dernier jalon d’un virage stratégique engagé par la Commission européenne depuis plusieurs mois. Un appel à candidatures, lancé le 9 mars 2018 sur le site de la Commission, suivi de la publication de la Commission Communication on Artificial Intelligence for Europe le 25 avril 2018 ont donné lieu à la sélection de 52 experts européens parmi 500 candidats.

    Rôle et attributions du High-Level Expert Group 

    Les membres du groupe ont été sélectionnés aux termes d’un processus de sélection « ouvert ». Sa composition est détaillée sur le site internet de la Commission. Il compte plusieurs membres français ou personnalités associées à des instituts de recherche français, dont :

    • Yann Bonnet, ancien Secrétaire Général du Conseil National pour le Numérique (2015-2018) ;
    • Nozha Boujemaa, Directrice de Recherche à l’INRIA ;
    • Raja Chatila, Professeur de robotique et d’intelligence artificielle à l’Université Paris-Sorbonne ;
    • Jean-François Gagné, CEO d’Element AI ;
    • Mari-Noëlle Jégo-Laveissière, Innovation, Marketing & Technologies Executive Vice-President chez Orange ;
    • Pierre Lucas, responsable d’Orgalime, association européenne des industries de technologie ;
    • Raoul Mallart, directeur technique de Sigfox ;
    • Françoise Soulié Fogelman, consultante en IA et big data, ancienne directrice de thèse de Yann LeCun ;
    • Thierry Tingaud, président de STMicroelectronics France ;
    • Cécile Wendling, directrice de la prospective d’Axa ;
    • Thiébaut Weber, secrétaire confédéral de la Confédération européenne des syndicats.

    Des missions consultatives

    Diverses missions ont été assignées au groupe d’experts de haut niveau, d’après le Communiqué de presse publié le 14 juin 2018 :

    • Rôle consultatif 
      • Le groupe est chargé de « formuler des recommandations pour répondre aux défis de moyen et long terme et aux opportunités » suscités par l’intelligence artificielle ; 
      • Ces recommandations seront intégrées au processus d’élaboration des politiques européennes, au processus d’évaluation législative et à l’élaboration de la prochaine stratégie digitale de l’Union européenne ; 
    • Elaboration d’un guide sur l’éthique et l’IA
      • Le groupe est également chargé de préparer un guide éthique sur le fondement des travaux du European Group on Ethics in Science and New Technologies (EGE) et de l’Agence de l’Union européenne pour les droits fondamentaux (FRA). 
      • Ce guide couvrira les thématiques suivantes : justice, sécurité, transparence. Il présentera une dimension prospective.
      • Le guide sera présenté à la Commission européenne au début de l’année 2019.

    Soutien apporté à la European AI Alliance (l’Alliance européenne pour l’IA)

    La Commission européenne annonce le lancement de l’alliance européenne pour l’IA

    L’Alliance européenne pour l’IA et sa plateforme en ligne ont vocation à stimuler en Europe le débat sur l’intelligence artificielle, rappelle la commission. L’Alliance sera également un lieu de partage et de mutualisation des bonnes pratiques en matière d’IA, à travers des guides, publications et évènements dont le détail sera communiqué au cours des prochains mois.

    Ses travaux s’inscriront dans le cadre de :

    • la récente Charlevoix Common Vision for the Future of Artificial Intelligence annoncée lors de la réunion du G7 au Canada ; 
    • la European approach on AI ; 
    • la Declaration of Cooperation on AI signée par les 28 Etats membres.

    Travail partenarial entre la European AI Alliance et le High-Level Expert Group

    Le High-Level Expert Group est par ailleurs chargé d’appuyer les travaux la Commission européenne et l’Alliance européenne pour l’Intelligence artificielle. L’Alliance et sa plateforme internet ont été dévoilées le 14 juin 2018. Toute personne intéressée ou au fait des enjeux de l’IA peut alimenter les discussions de l’alliance sur son site internet, participer aux évènements qu’elle organisera et commenter ses futures publications. Le groupe se réunira pour la première fois le 27 juin 2018. 

    Les travaux de l’Alliance seront intégrées aux recommendation du High-Level Expert Group et inversement, le guide éthique élaboré par le Groupe sera soumis à l’examen des membres de l’alliance à travers une plateforme internet et des ateliers participatifs.

  • Kyomed, devenu KYomed INNOV, développe un outil numérique de support aux investigations cliniques

    Kyomed, entreprise française développant des services et des outils dans le domaine de la santé connectée et de la médecine personnalisée, a annoncé par communiqué le 19 juin 2018 le lancement du développement de son premier outil numérique : un ePRO (electronic Patient Reported Outcomes). Par la même occasion, l’entreprise a annoncé son changement de nom – Kyomed devient, pour ses 4 ans, KYomed INNOV.

    ePRO, l’outil connecté que KYomed INNOV vise à développer, doit permettre aux patients, dans le contexte d’une recherche biomédicale, d’auto-déclarer leurs symptômes ou difficultés liés à une affection ou une intervention médicale donnée en temps réel, dans leur environnement quotidien ou en ambulatoire.

    L’ePRO devrait être disponible en novembre 2018, en français et en anglais. KYomed INNOV prévoit de déployer ce dispositif plus largement dans le futur.

    Qu’est-ce que ePRO ?

    L’ePRO est une suite logicielle paramétrable par les investigateurs cliniques qui comprend :

    • une application, pour le patient ;
    • une plateforme web, pour les investigateurs cliniques.

    Fonctionnement du dispositif

    Côté patients

    Les patients, pour utiliser le dispositif, doivent télécharger l’application sur leur propre smartphone, dans une approche BYOD (Bring Your Own Device).

    Cette application permet aux patients de compléter des questionnaires élaborés selon des standards scientifiques ou spécialement créés pour l’étude en question qui concernent :

    • les symptômes ressentis par les patients ;
    • l’impact de l’intervention médicale testée sur la qualité de vie des patients.

    Ils peuvent ainsi faire part de symptômes et de difficultés en temps réel, dans leur environnement quotidien.

    Côté investigateurs

    L’application des patients est reliée à une plateforme en ligne qui permet aux investigateurs de visualiser en temps réel les symptômes déclarés par les patients.

    Cette plateforme est interopérable avec les systèmes informatiques utilisés par les investigateurs. 

    Une application pour être en accord avec la réglementation

    Ce dispositif est notamment conçu pour aider les développeurs de dispositifs connectés à respecter les nouvelles recommandations des agences réglementaires de santé, en particulier le référentiel de bonnes pratiques pour les applications et objets connectés en santé publié par la HAS en octobre 2016, qui recommande d’évaluer et de recueillir des données concernant les sentiments des patients dans leur environnement quotidien et pas seulement au sein du centre clinique.

    En effet, cet outil permet d’intégrer l’ensemble de ces données dans les investigations cliniques et ainsi d’enrichir le dossier en vue du marquage CE ou FDA.

    Étude du dispositif

    Des études pilotes sont menées. Il est prévu qu’elles durent jusqu’au troisième trimestre de l’année 2018.

    Dans le futur, après la mise sur le marché de ce dispositif, les retours des professionnels de santé et des patients seront pris en compte afin d’adapter le logiciel aux besoins qui auront été exprimés.

  • « Transformer le système de santé depuis les territoires » – Séminaire du Conseil régional d’IdF

    Le Conseil Régional d’Ile-de-France organisait le 21 juin 2018 une journée de colloque intitulée « Une région qui s’engage pour améliorer la santé des Franciliens ». Health & Tech intelligence a assisté à la première table ronde du colloque consacrée à « la transformation du système de santé depuis les territoires ».

    La table-ronde a comporté :
    – une intervention de Sandrine Lamiré-Burtin, conseillère régionale d’Ile-de-France, présidente de la commission Santé ;
    – une intervention « Ile-de-France, territoire de contrastes » avec Dr. Ludovic Toro, président de l’Observatoire régional de santé (ORS) ;
    – une intervention « Transformer par de nouvelles politiques de formation », avec Pr Jean-Luc Dumas, ancien doyen de la faculté de médecine de Paris 13 ;
    – une intervention « Transformer avec les offreurs de santé » avec Serge Blisko, président de la Fédération hospitalière de France (FHP), président de la Fédération hospitalière de France (FHP) Ile-de-France et Hélène Antonini-Castera, déléguée régionale de la Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne privés non lucratifs (FEHAP)
    – une intervention « Transformer en accordant de nouvelles disponibilités aux usagers et patients » avec Jean-Luc Plavis, patient-expert à la maison de santé pluri-professionnelle de Suresnes.

    Rôle des territoires dans la transformation du système de santé, disparités territoriales d’accès aux soins, formation des professionnels de santé aux enjeux territoriaux de santé, inclusion des personnes en situation de handicap, soutiens aux campus dédiés à la recherche et à l’innovation en santé, luttes contre les déserts médicaux, intelligence artificielle en santé, prévention, ont constitué autant de sujets abordés lors de cette première table-ronde.

    « La planification sanitaire, une responsabilité étatique assumée par les autorités municipales »

    Sandrine Lamiré-Burtin, conseillère régionale d’Ile-de-France, présidente de la commission Santé

    Sandrine Lamiré évoque le rôle des maires en matière de planification sanitaire. Elle rappelle que face à la pénurie de médecins en Ile de France, les maires sont parmi les premiers acteurs interpellés par les citoyens et sommés de prendre des mesures rapidement.

    Cette mission n’incombe pas aux élus locaux mais à l’Agence régionale de santé (ARS). Les dotations de l’Etat ne permettent pas toujours aux maires d’envisager la construction de maisons pluriprofessionnelles de santé. Sandrine Lamiré rappelle que les maires peuvent conclure des contrats avec les Agences régionales de santé compte tenu des besoins locaux et que ces outils s’avèrent particulièrement utiles.

    « Renforcer l’attractivité de l’Ile-de-France »

    Serge Blisko, président de la Fédération hospitalière de France (FHF) Ile-de-France

    • Quelle est l’actualité des GHT,  mis en place par la loi du 26 janvier 2016 ?

    Les groupements hospitaliers de territoire (GHT) constituent l’un des axes de réflexion actuels de la FHF. Serge Blisko considère que les projets d’aménagement urbain menés en Ile-de-France (notamment les transports) soulèvent des difficultés : « ils ne tiennent pas suffisamment compte de l’offre de soins qu’il faut intégrer à la réflexion en amont des projets de planification urbaine ».

    • Attirer les professionnels de la santé en Ile-de-France

    La FHF veut travailler en partenariat avec les offreurs de soins pour renforcer l’attractivité de la région aux yeux des professionnels de santé. Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, rappelait en guise d’introduction à la journée de séminaire, que le temps de trajet quotidien d’une infirmière francilienne est estimé à 3h.

    « Le problème des ressources humaines est extrêmement important. Il convient de valoriser l’environnement professionnel pour résorber la pénurie de médecins et d’infirmiers ». Serge Blisko.

    • La répartition des internes en médecine en Ile-de-France est préoccupante

    Le président de la FHF se dit inquiet face à la raréfaction des internes en médecine franciliens. Dans le sillage de la réforme des études de médecine, les « taux d’inadéquation » n’ont cessé d’augmenter. Le taux d’inadéquation est défini comme la différence entre les postes offerts par un département et les postes pourvus in fine au sein de ce département lors des choix des internes à l’été 2017.

    Ainsi, en 2018, la FHF constate 40% de non prise de poste en Essonne, 38% en Seine-et-Marne, 37% dans le Val-d’Oise et 30% dans les Yvelines. Ces taux sont imputables en partie aux temps de trajet et aux prix des loyers des cabinets médicaux et des domiciles. Serge Blisko en appelle donc au renforcement de l’attractivité de la région Ile-de-France auprès des jeunes et futurs professionnels de santé.

    « Le territoire, un maillon essentiel »

    Un représentant de l’hospitalisation privée en Ile-de-France

    L’orateur salue les déclarations récentes du Président Macron, qui, lors de la journée de la mutualité française, a annoncé vouloir mobiliser les acteurs privés. Les GHT ne doivent pas constituer le socle du système de santé. L’Ile-de-France compte 15 GHT contre une vingtaine de territoires de coordination de santé, lesquels associent acteurs publics et privés.

    « Il ne faut pas appuyer le projet de santé territorial sur les seuls GHT ».

    L’orateur salue le rapport du HCAAM publié en juin 2018, qui préconise de décloisonner les secteurs médical et médico-social. Le travail doit se faire avec l’ensemble des acteurs de santé.

    • Mieux coordonner les activités de soins entre les établissements publics et privés

    En matière de prise en charge aux urgences, les hôpitaux privés d’Ile-de-France accueillent près de 25% des patients, mais « les services de régulation ne tiennent pas suffisamment compte des hôpitaux privés », d’après l’orateur.

    • Supprimer ou modifier les dispositifs de classement des établissements de santé

    La gradation des soins produit par ailleurs des « effets délétères » dans la mesure où les professionnels de santé et les patients ne souhaitent se rendre que dans les établissements classés dans la première catégorie.

    • Faire de la qualité une priorité du système de santé

    L’intervenant en appelle ensuite à soutenir la « qualité » au coeur des organisations et des pratiques professionnelles : « nous souhaitons que les pouvoirs publics prennent en compte la qualité ».

    • Simplifier l’accès à l’innovation

    Il préconise enfin de simplifier l’accès à l’innovation et cite l’exemple de Ramsay Générale de Santé, qui a inauguré un incubateur destiné aux start-ups spécialisées dans la prévention (diagnostic du mélanome et de maladies oculaires avec l’intelligence artificielle par exemple).

    Le patient expérientiel

    Hélène Antonini-Castera, déléguée régionale de la Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne privés non lucratifs

    La FEHAP a forgé le concept de « patient expérientiel », inspiré de la Charte de Vancouver, qui consiste à faire des patients des acteurs et des sachants, en complément de la communauté de médecins. La Fédération est particulièrement attentive aux enjeux des ressources humaines en santé, des déplacements et temps de trajet entre le domicile et le lieu d’exercice professionnel, de l’accès aux soins des familles et des personnes en situation de handicap.

    Ancrer la formation universitaire dans les territoires

    Pr Jean-Luc Dumas, ancien doyen de la faculté de médecine de Paris 13

    Pour le professeur Jean-Luc Dumas, le territoire doit devenir le déterminant majeur des formations médicales. Comment modifier la formation universitaire ?

    • « La pratique du numerus clausus sclérose nos territoires » ;
    • assurer la continuité d’un parcours ancré dans les territoires ;
    • créer une plateforme unique qui regroupe les formations initiales et continues ;
    • créer des passerelles et de nouvelles filières de formation ;
    • les universités doivent développer une offre de formation dans le champ de l’ « ingénierie organisationnelle » ;
    • les études de médecine doivent intégrer les innovations organisationnelles, techniques et numériques ;
    • valoriser le rôle des patients-enseignants au sein des universités ;
    • créer des « territoires universitaires de santé » ;
    • élaborer des « contrats de responsabilité en santé » dont l’université doit être l’une des parties prenantes ;
    • instituer une « plateforme d’échanges entre la demande et l’offre médicale ».

    Renforcer la coordination territoriale des parcours

    Jean-Luc Plavis, patient-expert à la maison de santé pluri-professionnelle de Suresnes

    Jean-Luc Plavis rappelle que les patients rencontrent de nombreuses difficultés sur le terrain, notamment lorsqu’ils sont atteints de maladies chroniques. Le « parcours de santé » se transforme souvent en « parcours du combattant ». Il faut « changer de paradigme » et faire de la coordination des acteurs et des établissements une priorité.

  • Initiation du déploiement de nouveaux SI dans les maisons départementales des personnes handicapées

    La CNSA a publié, le 19 juin 2018 à l’occasion d’une réunion avec l’ASIP santé et de l’ensemble de leurs partenaires, un communiqué précisant :
    • les nouvelles fonctionnalités des systèmes d’information (SI) à déployer dans les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) ;
    • les modalités de déploiement des nouveaux SI MDPH.

    « La modernisation du progiciel métier des MDPH est une condition d’amélioration de l’accompagnement des personnes en situation de handicap et de leur famille » selon le communiqué.

    La CNSA, en collaboration avec les MDPH et leurs partenaires, travaille à l’actualisation de ces dispositifs depuis l’année 2016, et amorcera fin juin 2018 le déploiement de nouvelles fonctionnalités annoncées. Deux  vagues ultérieures de déploiement s’étendront jusqu’à la fin de l’année 2019.

    Les nouvelles fonctionnalités des logiciels élaborés pour les MDPH

    Dans le but d’améliorer le service rendu aux personnes en situation de handicap et à leurs proches, l’harmonisation des logiciels métiers des MDPH et de l’ajout de nouvelles fonctionnalités doit :

    • permettre de recentrer les activités des professionnels sur l’accompagnement des personnes ;
    • favoriser la simplification des échanges entre partenaires ;
    • optimiser l’identification des besoins des personnes en situation de handicap.

    Fonctionnalités du palier 1

    Les fonctionnalités du palier 1 comportent :

    • les étapes du processus (de l’instruction de la demande d’une personne handicapée jusqu’au suivi de la décision) ;
    • les échanges entre partenaires, avec un outil de suivi des orientations (pour la mise en place de l’accompagnement de la personne handicapée par les établissements et services) ;
    • les échanges avec la caisse d’allocations familiales (pour l’attribution ou le renouvellement de l’allocation adultes handicapés ou de l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé) ;
    • les échanges avec l’Imprimerie nationale (pour la conception de la carte mobilité inclusion – CMI).

    Toutes les données relatives aux personnes passent par l’utilisation du NIR (numéro de sécurité sociale) comme « identifiant national de santé » de la personne.

    Fonctionnalités du palier 2

    Le palier 2 comporte des fonctionnalités complémentaires censées :

    • faciliter les échanges entre MDPH et Education nationale ou Pôle emploi ;
    • recueillir des données sur les besoins des personnes en situation de handicap.

    Le déploiement des SI

    Études pilotes

    Le déploiement des SI fait suite à la conception et au développement de ces nouveaux logiciels, qui ont impliqué, dans le cadre d’études pilotes, 7 MDPH volontaires jugées représentatives de la diversité des MDPH  :

    • l’Ain, le Gers, le Nord, équipées d’un développé par GFI ;
    • le Calvados, la Haute-Savoie et Paris, équipées d’un développé par Citizen/up ;
    • la Seine-Maritime, équipée d’un logiciel développé par Sirus/Atos ;

    La conduite de ce projet a consisté en une étroite collaboration entre un opérateur national (qui met en œuvre un système d’information dont elle n’a pas la propriété intellectuelle) et des acteurs locaux.

    Labellisation de trois solutions pour le déploiement

    Après des visites de conformité réalisées ces dernières semaines auprès de 3 éditeurs, le comité de labellisation du système d’information commun MDPH, réuni le 18 juin 2018 en présence de la CNSA et de l’ASIP santé, a labellisé 3 solutions :

    • GFI ;
    • Citizen/up ;
    • Sirus/Atos.

    Cette labellisation représente un gage de conformité au référentiel défini par la CNSA et l’ASIP Santé. Elle donne le signal de départ au déploiement des solutions dans les MDPH.

    Un déploiement prévu en 3 phases…

    Il est prévu que le déploiement de ces logiciels dans les MDPH suivent le schéma en trois phases suivantes :

    • une première phase de pré-déploiement : elle concerne les activités à réaliser afin de permettre l’installation de la nouvelle solution au sein de chaque MDPH (prérequis techniques, analyse des impacts métiers, etc.) ;
    • une deuxième phase de déploiement et de mise en service de la solution harmonisée, avec des activités de paramétrage, de tests et de formation ;
    • une troisième phase de suivi des usages.  

    … et en 3 vagues

    Bien que toutes les MDPH doivent s’engager dans des activités de pré-déploiement dès 2018, un déploiement en trois vagues est prévu afin de tenir compte des contraintes propres à chaque MDPH.

    La mise en service des logiciels de la première vague de déploiement est prévue fin 2018-début 2019 pour 23 MDPH : Ariège, Aube, Charente-Maritime, Côtes-d’Armor, Dordogne, Doubs, Finistère, Gironde, Ille-et-Vilaine, Loir-et-Cher, Mayenne, Moselle, Pas de Calais, Hautes-Pyrénées, Métropole de Lyon, Savoie, Seine-et-Marne, Yvelines, Yonne, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne, Guadeloupe.

    Les deuxième et troisième vagues s’étendront jusqu’à la fin de l’année 2019.

  • Appel à projets de la SATT Sud-Est : le numérique, le DM connecté et la e-santé parmi les thématiques

    La SATT Sud-Est a lancé, le 15 juin 2018, son « appel à projets de maturation transfert de technologies » dans quatre domaines correspondant à des enjeux industriels identifiés : la e-santé et les dispositifs médicaux ; le numérique ; les technologies liées à la « naturalité » (alimentation, bio-contrôle, actifs naturels) ; la cosmétique et la dermatologie.

    Grâce à cet appel à projet, la SATT Sud-Est souhaite soutenir les laboratoires de recherche dans son giron, tels ceux des université du Sud-Est, du CNRS, de l’Inserm ou du Centre Hospitalier Universitaire de Nice. La SATT les appuiera dans la réalisation de développements permettant le transfert de solutions mises au point vers un industriel pour une exploitation commerciale.

    Les candidatures sont à soumettre avant le 31 août 2018 et une réponse aux candidats est prévue pour le 20 septembre 2018.

    Des informations de contact et de plus amples renseignements liés aux différents aspects de l’appel à projets, dont la procédure de soumission, sont accessibles via ce lien.

    Le dossier de soumission est téléchargeable à partir de cette adresse.

    Accompagnement en transfert de technologie

    L’appel à projets vise les équipes de recherche des établissements actionnaires et membres fondateurs de la SATT Sud-Est : l’Université d’Aix-Marseille, l’Université Nice Sophia Antipolis, l’Université de Toulon, l’Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse, l’Université de Corse, l’École Centrale Marseille, le CNRS, l’Inserm, l’Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille, le CHU de Nice.

    Il s’agira d’aider les laboratoires de recherche à mener à bien un projet de :

    • création d’entreprise ;
    • réalisation de prototype  ;
    • preuve de concept industriel pour une invention donnée.

    La SATT prendra en charge l’ingénierie du projet destiné au transfert et la stratégie de transfert du projet.

    Thématiques à l’honneur : DM de e-santé, numérique, « naturalité » et cosmétique

    Dans le cadre de l’appel à projets, la SATT a identifié quatre grands thèmes de transfert correspondant à des enjeux industriels :

    • les dispositifs liés à la e-santé : les dispositifs médicaux d’imagerie et de diagnostic étendus au bien-être et au maintien à domicile ;
    • les technologies numériques comprenant les objets autonomes et connectés, le traitement de leurs données massives. Ces technologies, peuvent trouver leurs applications de façon transverses sur tous les métiers de la sphère industrielle ;
    • les technologies liées à la « naturalité » : l’alimentation, le bio-contrôle, les actifs naturels pour la nutraceutique ou la cosmétique ;
    • les technologies pour la cosmétique à base d’actifs naturels ou de synthèse ainsi que les outils de diagnostic de la peau humaine. La dermatologie pour la prévention et traitement des maladies inflammatoires chroniques de la peau et les cancers de la peau non-mélanome.

    Critères de sélection

    Les dossiers déposés doivent être constitués au minimum d’une déclaration d’invention et du programme de maturation envisagé. Ce dernier doit permettre de décrire le fonctionnement concret de l’invention et de mieux renseigner ses caractéristiques techniques, ses performances, ses limites, etc.

    Voici les critères précis :

    • la pertinence du projet au regard de la thématique de l’appel ;
    • la maturité de la technologie (TRL) ;
    • la caractéristique et le type d’industrialisation pressentis ;
    • la situation juridique de l’invention;
    • les opportunités de protection de l’invention (propriété intellectuelle) ;
    • les moyens humains, financiers et matériels nécessaires au transfert vers un industriel ;
    • la taille et la typologie des marchés potentiels.

  • Le fonds French Tech Seed : 400 millions d’euros pour les start-ups de la French Tech

    Edouard Philippe, Premier ministre français, a annoncé le 21 juin 2018 le lancement d’un nouveau fonds intitulé French Tech Seed à destination des start-ups de la French Tech et géré par Bpifrance.

    Ce fonds de 400 millions d’euros constitue un outil :
    – de financement du pré-amorçage à grande échelle ;
    – pour intervenir directement en fonds propres pour des levées de fonds importantes.

    Il s’agit du troisième volet du Programme d’investissements d’avenir (PIA) dédié au soutien des levées de fonds des start-ups technologiques issues des « apporteurs d’affaires labellisés » :
    • laboratoires ;
    • incubateurs ;
    • SATT.

    Cette annonce s’inscrit dans le plan « Actions start-ups 2018 » annoncé le 25 mai 2018 par Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État au Numérique, décliné en 100 actions en faveur de la deep tech (« start-up à forte intensité technologique »).