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  • Singapour : 3 start-ups en e-santé lèvent une somme globale de plus de 11,2 millions d’euros

    Trois start-up health tech basées à Singapour ont levé début juillet 2018 une somme globale de plus de 13 millions US$ (11,2 M€) :

    • Doctor Anywhere, une start-up de télémédecine proposant des consultations par vidéo, a recueilli 4,1 millions de dollars américains (3,5M€) dans un tour de série A dirigé par la société singapourienne Kamet Capital Partners. Cette somme l’aidera à développer ses produits et services de santé ainsi qu’à élaborer de nouvelles solutions de e-santé dans l’optique d’améliorer l’accessibilité des soins au sein de la cité-État, à étoffer son équipe et à explorer de nouveaux secteurs d’activité.

    • Homage, à l’origine d’une application connectant les personnes âgées ayant besoin de soins à des praticiens, a levé 4,15 millions de dollars US (3,6M€) dans une ronde de financement (série A) co-dirigée par la société de capital risque sud-asiatique Golden Gate Ventures et HealthXCapital, un fonds de capital risque axé sur la health tech. Cette levée de fonds servira à mener à bien les projets d’expansion de la start-up dans la région Asie-Pacifique, en forgeant des partenariats technologiques plus forts et en formant les professionnels de soins utilisant la plateforme.

    • La start-up de technologie médicale et de diagnostic du cancer Clearbridge BioMedics a récolté 4,8 millions US$ (4,1M€) dans le cadre d’une levée de fonds pré OPI soutenue par des professionnels médicaux en oncologie et des investisseurs centrés sur les secteurs des soins et de la biotechnologie. La somme recueillie permettra de soutenir le développement des activités de Clearbridge et de ses innovations technologiques, le recrutement de nouveaux talents et les dépenses liées à son entrée en bourse, prévue pour le dernier trimestre de 2018.

  • « Inciter les médecins à communiquer sur leurs pratiques par voie numérique » (Conseil d’État)

    Le Conseil d’État a publié le 21 juin 2018 une étude intitulée « Règles applicables aux professionnels de santé en matière d’information et de communication ».

    Dans ce document, la haute juridiction administrative préconise d’instaurer un principe de libre communication des informations par les praticiens au public, dans une volonté d’harmonisation des législations européennes. Il formule à cette fin une série de 15 propositions, en insistant notamment sur la nécessité de former les professionnels concernés à la communication et à l’utilisation des outils numériques.

    Dans une étude adoptée par l’Assemblée plénière de la haute juridiction administrative le 3 mai 2018 et publiée sur le site de la Documentation française le 21 juin 2018, le Conseil d’État formule quinze propositions destinées à enrichir les informations susceptibles d’être communiquées au public par les professionnels de santé sur leurs compétences et pratiques professionnelles ainsi que sur leurs honoraires et les coûts des prestations.

    Le Conseil d’État propose de :

    • supprimer l’interdiction générale de la publicité directe et indirecte ;
    • de poser un principe de libre communication des informations par les praticiens au public, sous réserve du respect des règles gouvernant leur exercice professionnel.

    Une réglementation sujette à débat face aux évolutions de la jurisprudence de la CJUE et des attentes du public à l’ère du numérique

    Évolution de la jurisprudence de la CJUE

    Par son arrêt Vanderborght du 4 mai 2017, la Cour a jugé que le droit de l’Union européenne s’opposait à une législation nationale interdisant de manière générale et absolue toute publicité relative à des prestations de soins. Elle confère à la directive sur le commerce électronique une portée étendue, susceptible de fragiliser la réglementation française, indique le Conseil d’État.

    Évolution des aspirations du public « à l’ère numérique »

    L’encadrement strict des informations que les praticiens peuvent aujourd’hui rendre publiques ne paraît plus répondre totalement aux attentes légitimes du public. L’institution souligne en effet à ce titre que les patients sont désireux, avant de s’adresser à un professionnel de santé, de pouvoir bénéficier d’une plus grande transparence au sujet des pratiques et des expériences professionnelles ainsi que du coût des soins.

    « L’essor rapide de l’économie numérique fragilise certaines des restrictions actuelle »

    Le développement rapide du numérique dans le domaine de la santé est « susceptible de rendre obsolètes certaines des règles applicables en matière de publicité et d’information », rappelle le Conseil d’État, tandis que des professionnels de santé sont confrontés à la concurrence d’établissements et de professionnels non soumis à l’interdiction de la publicité.

    Information et publicité : 15 propositions pour faire évoluer les règles applicables aux professionnels de santé

    • Proposition n° 1

    Prévoir la faculté pour les professionnels de santé, dans le respect des règles déontologiques, de communiquer au public des informations sur leurs compétences et pratiques professionnelles, leur parcours professionnel, des informations pratiques sur leurs conditions matérielles d’exercice ainsi que des informations objectives à finalité scientifique, préventive ou pédagogique et scientifiquement étayées sur leurs disciplines et les enjeux de santé publique.

    • Proposition 2

    Rendre obligatoire, dès la prise de rendez-vous, la diffusion sur tout support des informations économiques précises, dont l’article R. 1111-21 du code de la santé publique impose déjà l’affichage dans les salles d’attente ou lieux d’exercice.

    • Proposition 3

    Favoriser le développement de la communication des pharmaciens auprès du public, afin de l’assister dans le parcours de soins, sur la gamme des prestations qu’ils peuvent délivrer et leur qualité, leur certification quant à la dispensation des médicaments, la validation de leur formation professionnelle continue ainsi que leur appartenance éventuelle à des groupements d’officines ou à d’autres réseaux professionnels. Ces informations à caractère objectif et informatif pourraient être diffusées par tout support et en particulier sur les sites internet des officines.

    • Proposition 4

    Imposer aux professionnels libéraux venus d’autres États membres – auxquels un accès partiel à l’exercice de certaines activités a été accordé au titre de l’article L. 4002-5 du code de la santé publique – d’informer préalablement le public, par tout support, de la liste des actes qu’ils ont été habilités à effectuer.

    • Proposition 5

    Supprimer l’interdiction de la publicité directe ou indirecte dans le code de la santé publique et poser un principe de libre communication des informations par les praticiens au public, sous réserve du respect des règles gouvernant leur exercice professionnel.

    • Proposition 6

    Imposer, par des dispositions expresses, que la communication du professionnel de santé soit loyale, honnête et ne fasse état que de données confirmées ; que ses messages, diffusés avec tact et mesure, ne puissent être trompeurs, ni utiliser des procédés comparatifs, ni faire état de témoignages de tiers.

    • Proposition 7

    Inviter les ordres à encourager les professionnels de santé à davantage communiquer au public, conformément à leurs recommandations, de manière à éviter toute « auto-proclamation » non vérifiée de spécialités, pratiques ou parcours professionnels

    • Proposition 8

    Prévoir que les nouvelles informations diffusées par les professionnels de santé le soient par tout support adéquat n’étant pas de nature à rendre cette diffusion commerciale. Les codes de déontologie pourraient confier aux ordres le soin de préciser, par des recommandations, les conditions dans lesquelles ces modes de publication seraient déontologiquement admis.

    • Proposition 9

    Inciter les professionnels de santé, dans le cadre de leur formation initiale et continue, à davantage utiliser les outils numériques pour communiquer sur leurs expériences et pratiques professionnelles et à intervenir efficacement sur tout support afin de répondre aux fausses informations ou approximations susceptibles d’affecter la protection de la santé publique.

    • Proposition 10

    Moderniser et harmoniser les rédactions des dispositions des codes de déontologie relatives au contenu et aux procédés de diffusion des informations.

    • Proposition 11

    En accord avec les professionnels de santé, les pouvoirs publics pourraient inclure sur leurs sites numériques – le cas échéant par des liens hypertextes – les informations que ces professionnels communiqueraient au public volontairement ou obligatoirement. Les professionnels de santé seraient autorisés à diffuser au public les informations les concernant rendues publiques par les sites numériques des administrations. Les sites d’information mis en ligne par les pouvoirs publics gagneraient à être davantage coordonnés afin d’en accroître le référencement numérique et d’en améliorer l’accessibilité.

    • Proposition 12

    Veiller, au besoin en insérant des clauses en ce sens dans les conventions conclues avec l’assurance maladie, à ce que les établissements de santé ne placent pas les professionnels de santé qui y travaillent en contradiction avec leurs obligations déontologiques en matière de communication au public et puissent, le cas échéant, faire l’objet de rappels à la loi à cet effet.

    • Proposition 13

    Suggérer aux ordres de proposer que soit ajoutée à leur code de déontologie une formule inspirée de l’article R. 4321-124 du code de la santé publique relatif aux masseurs-kinésithérapeutes, qui distinguerait les activités relevant du monopole, pour lesquelles la libre communication serait encadrée, de celles qui n’en relèvent pas, pour lesquelles la publicité serait autorisée sous certaines conditions.

    • Proposition 14

    Mettre en place des outils d’évaluation des effets de la publicité ou de la communication commerciale sur les dépenses de santé ainsi que des effets induits, à terme, sur l’offre de soins en France par la concurrence entre prestataires au sein de l’Union européenne et dans le reste du monde.

    • Proposition 15

    Proposer aux États membres de l’Union européenne une concertation en vue d’une meilleure coordination des législations nationales fixant les règles applicables aux professionnels de santé en matière de communication, à partir d’un livre vert de la Commission.

    Le rapport est consultable et disponible au téléchargement en suivant ce lien.

  • Singapore: 3 eHealth startups raise a total of more than US$13m

    Three Singapore-based health tech start-ups raised in early July 2018 a total amount of more than 13 million US$ (€1m):

    • Doctor Anywhere , a telemedicine start-up offering video-based consultations, raised US$ 4.1 million (€3.5m) in a Series A round led by Singapore-based Kamet Capital Partners. This amount will help it to continue developing its products and services in order to help boost healthcare accessibility in the city-state, grow its team and explore new business verticals.

    • Homage, a mobile app that connects elderly people in need of on-demand caregiving services with practitioners, raised US$4.15 million (€3.6m) in a Series A co-led by South Asian venture capital firm Golden Gate Ventures and HealthXCapital, a health tech-centric venture capital fund. These founds will go towards the firm’s expansion plans in the Asia Pacific region, forging stronger technology partnerships, and training the care professionals using the platform.

    • Medical technology and cancer diagnostics firm Clearbridge BioMedics raised US$4.8 million (€4.1m) in pre OPI round backed by oncology medical professionals and investors focused in healthcare and biotechnology. The funds raised will be used to support Clearbridge’s business expansion, technology development, talent recruitment, and expenses related to its potential listing, scheduled for the last quarter of 2018.

  • L’AP-HP teste l’application de Team’Doc pour un échange sécurisé des données médicales

    L’hôpital Beaujon, hôpital de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris, est en train de tester sur une période de six mois une application mobile développée par la société Team Doc afin de permettre aux équipes du service d’anesthésie-réanimation de partager les informations médicales des patients pris en charge.

    À l’issue de cette expérimentation, l’application sera adoptée par un service de l’hôpital, à savoir le service de chirurgie orthopédique.

    L’objectif ultime de cette phase de test mobilisant 40 médecins et paramédicaux est de tirer des enseignements pratiques afin de les inclure dans la mise en place de la solution définitive que les équipes médicale de l’hôpital Beaujon utiliseront pour le partage des données de santé.

    Une application digitale trouve sa justification dans le besoin du patient

    Échanger les informations via une appli sur smartphone dédié

    Il s’agit d’un outil qui trouve toute son utilité dans le cadre des transmissions médicales, des moments-clefs à l’hôpital, qui sont l’occasion d’échanger les informations entre l’équipe de jour et l’équipe de garde.

    Avec l’application, les informations pertinentes pour la prise en charge des patients sont partagées en temps réel avec l’ensemble des parties prenantes. L’échange se fait sous forme de fiches résumées standardisées qui sont susceptibles d’être complétées par des examens à venir ou des résultats d’examens en attente.

    L’avantage de la solution consiste à faire converger tous les moyens de diffusion des informations médicales pour fluidifier la communication entre praticiens au service d’une meilleure prise en charge.

    L’application a été conçue pour être utilisée sur un « smartphone hospitalier » dédié fourni dans un double objectif : garantir la sécurité des données et favoriser la séparation vie privée-vie professionnelle.

    Fonctionnalités

    Les fonctionnalités disponibles dans la version testée sont les suivantes :

    • un annuaire dynamique des médecins permettant de connaître en temps réel leur disponibilité et leur affectation (de garde, d’astreinte, d’avis…) ;
    • une messagerie sécurisée (chat) avec groupes de conversations ;
    • des fiches de transmissions médicales partagées avec l’ensemble du service et partageables en cas d’avis à demander ainsi qu’une liste de tâches ;
    • des recommandations des sociétés savantes selon la spécialité du médecin, des procédures et protocoles locaux.

  • « L’intelligence humaine doit rester décisionnaire » face à l’IA en santé(Colloque Ethik IA-Sénat) 1/2

    L’initiative Ethik-IA organisait au Sénat, le lundi 2 juillet 2018, un séminaire intitulé « Pour une régulation positive de l’IA et de la robotisation en santé : le temps est compté ! ».

    Health & Tech Intelligence vous propose une synthèse en deux parties des interventions de la table-ronde intitulée « IA, robotisation, certification et normalisation : quelles clés de régulation ? ».

    Cette première table-ronde réunissant les personnalités suivantes : Dr Isabelle ADENOT, Membre du Collège de la Haute autorité de santé ; Thomas LONDON, Directeur Santé chez Mc Kinsey ; Pr Lydia MORLET, Institut Droit Santé Paris-Descartes ; Fabrice WAECHTER, Président de l’ADIJ ; David FAJOLLES, Professeur Affaires publiques Sciences Po Paris ; Michel BALLEREAU, Président COS AFNOR, Délégué général FHP ; Magali LEO, Renaloo ; Yvanie CAILLE, Directrice générale de l’INDS ; Jérôme CHEVILLOTE, Directeur General Electrics France.

    Face à l’IA, « l’intelligence humaine doit rester décisionnaire », M. Lenoir-Salfati, Directrice de l’Agence nationale du DPC

    Une étude récente a montré qu’un système d’IA commettait moins d’erreurs que des dermatologues lors du diagnostique du mélanome

    En guise d’introduction, Michèle Lenoir-Salfati, Directrice générale de l’Agence nationale du développement professionnel continu, a évoqué les conséquences de l’irruption de l’intelligence artificielle sur les ressources humaines hospitalières, médicales et médico-sociales. 

    L’IA fait désormais partie intégrante de la recherche et de la pratique médicales. L’intervenante évoque une étude, parue le 28 mai 2018 dans la revue Annals of Oncology, intitulée « Man against machine: diagnostic performance of a deep learning convolutional neural network for dermoscopic melanoma recognition in comparison to 58 dermatologists », dont les conclusions montrent deux choses :

    • l’IA est capable d’assurer le dépistage du mélanome ;
    • elle le fait également « mieux » que la quasi totalité des 58 dermatologues sollicités dans le cadre de cette enquête.

    Les chercheurs en concluent donc à l’utilité du recours à l’IA par les professionnels de santé lors de la phase de diagnostique clinique.

    Les modalités de raisonnement des IA sont « opaques »

    « L’irruption de l’intelligence artificielle interroge l’expérience professionnelle. Elle étonne, fascine et inquiète » les professionnels amenés à y recourir. Michèle Lenoir-Salfati.

    La Directrice générale de l’Agence nationale du Développement professionnel continu met en évidence trois difficultés induites par l’IA pour les professionnels agissant de les champs médical et médico-social :

    • Quelle confiance faut-il accorder aux outils de l’intelligence artificielle ?
      • L’IA utilise des algorithmes de deep learning dont le fonctionnement n’est que partiellement compris. Leurs concepteurs admettent qu’il existe une « opacité » constitutive de cet apprentissage profond (deep learning) et qu’ils ignorent les modalités de raisonnement d’une IA ;
      • A ce titre, « l’intelligence humaine doit rester décisionnaire » rappelle l’intervenante, ce qui nécessite d’entretenir et de pérenniser le dialogue interdisciplinaire entre les logiciens, éditeurs, concepteurs, informaticiens et éthiciens.
    • Il convient par ailleurs « de former les professionnels de santé aux enjeux, usages et outils de l’IA », ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, rappelle Mme Lenoir-Salfati.
      • L’Agence nationale du DPC a, à ce titre, pris un arrêté relatif au développement professionnel pour y intégrer l’IA et ses usages. Sa parution au Journal Officiel est imminente ;
      • L’Agence nationale du DPC entend également élaborer des référentiels d’usages, de compétences et de formation à destination des professionnels, et mobiliser de nouvelles ressources pour développer ses compétences en matière d’IA sur les volets théoriques et pratiques.
    • Enfin, les professionnels de santé doivent être en mesure de faire face à ces évolutions. L’oratrice considère que l’IA aura des conséquences sur la répartition des compétences entre professionnels de santé.
      • Des protocoles de coopérations doivent ainsi voir le jour, inspirés notamment de l’article 59 de la loi portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires (dite loi « HPST ») ;
      • L’IA sera un « levier de nouvelles prises en charge interdisciplinaires », conclut-elle.

    Table-ronde 1 : IA, robotisation, certification et normalisation : quelles clés de régulation ?

    Session coordonnée par Maître Delphhine JAAFAR (Cabinet Vatier) et Julia PETRELLUZZI (Ethik IA)

    Selon quelle périodicité évaluer des technologies en évolution constante ? – Dr Isabelle ADENOT, Membre du Collège de la Haute Autorité de Santé

    De la conception à l’utilisation des algorithmes

    Cette position exprimée par le Dr Adenot lors du colloque, est complétée par la « Contribution de la HAS aux débats des Etats-généraux des lois de Bioéthique » (audition du 27 avril 2018), dont le contenu est accessible ici.

    Mme Adenot rappelle que de nombreuses normes existent pour la conception et la gestion de logiciels et dispositifs médicaux. Il en va autrement pour la conception et la gestion des algorithmes d’intelligence artificielle. « Il n’existe en effet pas de disposition spécifique à l’IA », rappelle la HAS lors de son audition du 27 avril 2018.

    Cependant, les dispositions de la loi informatique et libertés (article 34) et du RGPD s’appliquent à l’IA, car il s’agit de traitement de données, notamment concernant les obligations du responsable de traitement sur la qualité des données.

    La HAS recommandait à ce titre que :

    • les acteurs soient formés, y compris à l’éthique ;
    • des bonnes pratiques de développement de l’IA soient édictées, et qu’un cadre normatif soit éventuellement créé ;
    • que la recherche IA soit encouragée, y compris dans le domaine éthique.

    L’évaluation de l’algorithme

    Plusieurs questions se posent pour la HAS quant à l’évaluation des algorithmes :

    • La question du périmètre de l’évaluation

    La finalité de l’évaluation réalisée par la HAS est d’identifier et de quantifier les bénéfices cliniques pour le patient et la collectivité de toute intervention en santé. Le processus de production de cette intervention est toutefois exclu du champ d’évaluation de la HAS.

    • La question du rythme et de la fréquence de l’évaluation

    Comment évaluer des technologies évolutives ? S’agissant de logiciels et d’algorithmes en constante évolution par adjonction de nouvelles données, Isabelle Adenot considère que l’évaluation devrait théoriquement intervenir en continu afin de rendre compte « réellement » du service rendu par l’outil. Cela s’avère délicat, sauf à opérer par « versioning » ou « intégrer les apports de l’intelligence artificielle au cœur même de l’évaluation », rappelle la HAS dans sa contribution aux Etats généraux de la Bioéthique.

    Ainsi, « le fabricant ou le fournisseur doit se voir imposer de réaliser des contrôles et des évaluations périodiques et traçables, pour garantir l’absence de dégradation de son « produit » », à travers notamment une « garantie de non régressivité », préconisée par Isabelle Adenot.

    • La question de la finalité des outils d’intelligence artificielle

    La finalité des outils d’intelligence artificielle doit être prédéterminée et l’absence de modification (comme le prévoient la loi Informatique et Libertés et le RGPD) doit être garantie, afin d’éviter que l’intelligence artificielle apprenante invente des recoupements de données indésirables.

  • EIT Health Validator : un nouvel incubateur de 10 start-ups health tech européennes

    Le EIT Health Validator, un tout nouveau programme européen d’incubation, a été lancé la semaine du 18 juin 2018. Hébergé par le pôle « Innovation & Entrepreneurship » au Trinity College Dublin en collaboration avec l’European Institute of Innovation & Technology (EIT Health), il est ouvert aux start-ups health tech fondées en Europe.

    Cet incubateur, le premier du genre en Irlande, vise à identifier de nouvelles technologies qui favorisent un mode de vie sain, soutiennent le vieillissement actif et améliorent les systèmes de santé. Il permettra aux sociétés en phase de démarrage participantes de valider leurs idées commerciales et d’identifier les marchés appropriés à leurs produits.

    Parmi les 10 start-ups sélectionnées – provenant d’Irlande, d’Allemagne, des Pays-Bas, d’Espagne, de Finlande, de Pologne et de Lettonie – figure Praxagoras (Pays-Bas), à l’origine d’un système de surveillance conçu pour aider les généralistes à détecter de manière précoce la fibrillation auriculaire, signe d’un risque élevé d’AVC ou d’insuffisance cardiaque.

    Toutes les équipes participeront à six semaines d’activités intensives de validation et de mentorat au sein du Trinity College. Dans le but d’obtenir rapidement une validation de leurs solutions sur plusieurs marchés, elles effectueront ensuite une tournée de deux semaines en Europe dans quatre centres universitaires spécialisés en technologie de la santé :
    • la Grenoble École de management – Grenoble EM (France) ;
    • l’université de technologie de Delft – TU Delft (Pays-Bas) ;
    • l’Imperial College London (Angleterre) ;
    • l’université de Newcastle – Newcastle upon Tyne (Angleterre).

    Les start-up participant à l’édition Validator 2018 sont :

    Des innovations attendues prochainement sur le marché

    Les équipes du Validator 2018 sont composées de chercheurs en santé et en sciences, de professionnels de la santé, d’ingénieurs en logiciel, d’innovateurs spécialisés en numérique, d’experts en pharmacie et en dispositifs médicaux ainsi que de développeurs d’affaires.

    Pour intégrer le programme, les dix start-ups retenues ont dû prouver la pertinence de leur technologie, qui doit permettre un bénéfice sanitaire mesurable pour la société pouvant être fourni dans un délai réaliste.

  • Le PRS 2018-2022 de l’ARS Bretagne axé sur les notions de coordination, pertinence et innovation

    Le projet régional de santé 2018-2022 de l’Agence Régionale de Santé de Bretagne a été rendu public le 2 juillet 2018.

    Parmi les grands principes sur lesquels repose la politique de santé régionale, on retrouve notamment :
    • une coordination plus forte des intervenants au bénéfice d’une prise en charge globale du patient-citoyen et ce au plus près de son lieu de vie ;
    • un renforcement de la qualité et de l’efficacité du système de santé.
    De façon opérationnelle, ce dernier principe consistera à privilégier la pertinence des pratiques et les innovations médicales, technologiques ou organisationnelles. Il implique également l’adaptation aux évolutions de la démographie des professionnels de santé.

    L’ARS a élaborée son PRS au cours d’une démarche collaborative impliquant les instances de démocratie en santé et l’ensemble de ses partenaires institutionnels, et ce depuis depuis la phase de diagnostic jusqu’à l’écriture : fédérations hospitalières et médico-sociales, URPS et instances de démocratie en santé (la conférence régionale de la santé et de l’autonomie et ses commissions spécialisées, les conseils territoriaux de santé, etc.).

    Une feuille de route sanitaire à 7 orientations stratégiques 

    Le plan régional de santé de l’ARS de Bretagne repose sur 7 orientations stratégiques :

    Agir sur la prévention visant à éviter les atteintes prématurées à la santé et à la qualité de vie

    Il s’agit de mener des actions de prévention dans un approche englobante, avec la prise en compte de l’ensemble des déterminants de la santé et avec des actions à destination des populations à risque et des patients atteints de maladies chroniques tout particulièrement.

    Cela passe par une sensibilisation dès le plus jeune âge pour favoriser l’adoption de bons réflexes pour la santé, des consultations de dépistage précoce ou des programmes d’éducation thérapeutique auprès des publics souffrants de maladies chroniques.

    Un des leviers de mise en œuvre de ces actions sera le recours au « service sanitaire » assuré par les étudiants en médecine.

    Garantir l’accès à une offre de santé adaptée et de qualité tournée vers le domicile

    Il s’agit ici de garantir un accès aux soins malgré les difficultés sociales, économiques ou géographiques rencontrées par un patient et de répondre aux changements de mode de vie avec une demande clairement axée sur le domicile.

    • Les soins

    En matière des soins de premiers recours, promouvoir l’exercice coordonnée entre les équipes de premiers recours (médecin traitants et autres professionnels de santé), poursuivre le développement de maison de santé pluriprofessionnelles et enfin mettre en place un accueil sans rendez-vous pour désengorger les services d’urgences.

    Sur le plan des soins hospitaliers, il s’agira de développer la télémédecine, la chirurgie ambulatoire, l’hospitalisation à la journée et l’hospitalisation à domicile (HAD).

    • L’accompagnement médico-social tourné ver le domicile

    L’objectif ici est d’encourager l’ouverture des Ehpad en les faisant évoluer vers des pôles de services ouverts sur l’extérieur, au bénéfice des personnes résidant au domicile ; développer les services de soins et d’accompagnement à domicile pour les publics dépendants et développer des accompagnements combinant l’accueil en établissement et les soins à domicile.

    Faciliter les parcours de soins, de santé et de vie par une organisation plus coordonnée

    Afin de proposer un accompagnement en continu et au plus près des besoin, il faudra :

    • encourager les coopérations entre hôpital et la ville en facilitant la création de « communautés professionnelles territoriales de santé » ;
    • créer des nouvelles « plateformes d’appui » dans la région au service des médecins traitants dans le suivi des malades chroniques ;
    • favoriser la généralisation du DMP ;
    • financer le développement de systèmes de communication et d’échanges sécurisés entre professionnels ;
    • déployer dans la région des systèmes d’information permettant une meilleure orientation de la personne vers le dispositif le plus proche et le plus adapté.

    Renforcer la qualité et la pertinence des prises en charge

    Afin de délivrer des prises en charge pertinentes et adaptées à l’état de santé des personnes, les actions suivantes sont proposées :

    • développer le rôle de l’usager dans l’analyse de la qualité des soins par la méthode dite du « patient traceur » en établissement (analyse de la prise en charge délivrée sous forme d’un entretien entretien avec le patient) ;
    • organiser avec les professionnels de santé un programme d’amélioration de la pertinence des soins sur un certain nombre d’actes opératoires ou d’examens.

    Afin d’inciter à la qualité et à la pertinence, le PRS prévoit :

    • d’utiliser les contrats d’objectifs avec les établissements pour intégrer des objectifs précis d’amélioration de leurs indicateurs de qualité des soins ;
    • d’utiliser la tarification incitative à la qualité dans les établissements hospitaliers comme levier d’amélioration des pratiques ;
    • de mettre en place des contrats d’objectifs afin d’améliorer la pertinence des prescriptions médicamenteuses en établissement de santé et en EHPAD.

    Développer la performance et l’innovation du système de santé

    Afin de garantir la performance et la pérennité du système de santé, il faudra exploiter le filon des innovations technologiques notamment.

    Pour répondre à une démographie médicale en tension, la création de postes de médecins partagés entre établissements, ainsi que les « consultations avancées » de spécialistes hospitaliers sur les territoires sont prévues.

    Pour favoriser la pénétration des innovations dans le système de santé, sont prévues des actions visant à :

    • expérimenter de nouvelles organisations à travers des appels à projets ;
    • favoriser le développement de la recherche clinique dans les établissements hors CHU.

    Pour encourager la performance des établissements, on pourra développer des outils et systèmes d’information adaptés pour optimiser la gestion des établissements : achats, occupation des lits, dossiers communicants, mise en commun de fonctions logistiques et gestionnaires, etc.

    Améliorer la prise en charge des évènements exceptionnels

    Il s’agit d’améliorer la gestion de crises sanitaires en fédérant les structures de vigilance indépendamment, tous domaines confondus (pharmacovigilance, hémovigilance, centres anti-poison, etc.).

    Procéder à une mise en œuvre de la politique de santé régionale en mobilisant l’ensemble des acteurs

    L’ARS souhaite associer des représentants de l’ensemble des professionnels de santé et des usagers à la réflexion sur les besoins régionaux en santé, comme expression du souhait des autorités à renforcer la démocratie sanitaire.

    Ainsi, la place des usagers dans les établissement de santé sera renforcée et des expériences de formations croisées entre usagers et soignants seront davantage développées.

  • Docavenue et Healphi impliqués dans l’ouverture d’une salle de téléconsultation en milieu rural

    Dans le Loiret, la Selle-sur-le-Bied (environ 1000 habitants) a ouvert le 3 juillet 2018 une salle de téléconsultation. Le projet, financé par la région Centre-Val de Loire, sera déployé dans quatre autres communes d’ici la fin de l’année.

    D’après les élus du département, ce dispositif de télémédecine, installé dans les locaux de la maison paramédicale du centre-ville, doit aider la Selle-sur-le-Bied à faire face à la désertification médicale. En effet, le département est l’un des plus défavorisés de France en matière d’offre médicale : d’après le dernier Atlas de l’Ordre des médecins, seuls 312 praticiens y exercent la médecine pour 100 000 habitants.

    Pour mettre en place ce cabinet de téléconsultation, les élus locaux ainsi que la région Centre-Val de Loire ont fait appel à deux entreprises proposant des services dans le domaine de la télémédecine :
    – la start-up Healphi, qui a aidé à l’élaboration du projet et piloté une phase de « mise en conditions sur le terrain » ;
    – Cegedim, dont les solutions Monlogicielmedical.com et Docavenue – cette dernière sera lancée à échelle nationale dans les prochaines semaines – ont permis de résoudre les problématiques techniques du projet telles que la gestion des dossiers médicaux, la prise de rendez-vous et la facturation.

    Fonctionnement

    Le cabinet de consultation mis en place à la Selle-sur-le-Bied ressemble à un cabinet médical classique, à ceci près que les locaux sont équipés d’un chariot de téléconsultation doté par Healphi de cinq instruments connectés (un stéthoscope, un otoscope, un thermomètre, un tensiomètre et un oxymètre). 

    Concernant le patient, celui-ci peut prendre rendez-vous directement en se connectant à la plateforme en ligne Docavenue développée par Cegedim, par téléphone ou auprès de l’infirmier du cabinet. À l’heure du rendez-vous, le patient doit se rendre au cabinet de téléconsultation, où une infirmière l’accueille et établit le contact vidéo avec un médecin généraliste partenaire du projet.

    Les professionnels de la santé impliqués dans le projet

    Un ex-cardiologue, le Dr Jean-Pierre Door, est à l’initiative du projet : député du Loiret, il avait annoncé au cours de sa campagne pour les élections législatives de 2017 qu’il participerait au développement de la télémédecine dans les communes rurales « où les médecins généralistes font défaut ».

    Depuis le 3 juillet 2018, cinq infirmiers sont habilités (formés à l’utilisation des différents outils du chariot et des logiciels de support à la téléconsultation) à accompagner les patients du cabinet de téléconsultation. Cinq médecins généralistes exerçant principalement à Orléans et à Tours assureront par ailleurs à tour de rôle les consultations par écran interposé.

    Une cinquantaine de médecins généralistes, principalement des jeunes retraités de la profession, ont exprimé le souhait d’exercer dans les cabinets de téléconsultation que le département mettra en place dans le futur.

    Extension future de la solution

    A l’échelle locale

    Il est prévu depuis le lancement du projet que celui-ci soit déployé dans cinq communes rurales du département, en commençant par la Selle-sur-le-Bied.

    • Au cours du mois d’août 2018, Châtillon-Coligny devrait voir un de ses pôles de santé équipé d’une salle de téléconsultation.
    • À la fin de l’été 2018, le même type de téléservice ouvrira dans le cabinet d’un infirmier libéral à Saint-Maurice-sur-Fessard.
    • À l’automne 2018, l’EHPAD de Dordives et la maison de santé de Lorris ouvriront aux résidents ainsi qu’aux habitants un dispositif identique.

    A l’échelle nationale

    De son côté, Cegedim prévoit de lancer dans les prochaines semaines Docavenue (sa solution de téléconsultation) à l’échelle nationale. Comme le prévoit la réglementation qui entrera en vigueur le 15 septembre 2018, la solution s’adressera aux médecins libéraux désireux d’adopter ce nouveau mode d’exercice auprès des patients à mobilité réduite ou résidant dans des déserts médicaux dont ils sont le médecin traitant.

    Financement du projet et rémunération des professionnels

    Ce projet a été intégralement financé par la région Centre-Val de Loire, qui avait obtenu une dérogation de l’Agence régionale de santé afin de lancer cette activité de téléconsultation deux mois avant l’entrée en vigueur de l’avenant conventionnel fixant le cadre de la télémédecine.

  • « Il existe un impératif moral à digitaliser notre système de santé » (Colloque Ethik IA – Sénat) 2/2

    L’initiative Ethik-IA organisait au Sénat, le lundi 2 juillet 2018, un séminaire intitulé « Pour une régulation positive de l’IA et de la robotisation en santé : le temps est compté ! »

    Cet article constitue la suite de la synthèse des interventions de la première table-ronde intitulée « IA, robotisation, certification et normalisation : quelles clés de régulation ? », que vous propose Health & Tech Intelligence.

    Chaque orateur disposait de cinq minutes pour exposer sa vision des enjeux juridiques, éthiques et économiques de l’IA en santé.

    Table-ronde 1 : IA, robotisation, certification et normalisation : quelles clés de régulation ?

    Session coordonnée par Maître Delphine JAAFAR (Cabinet Vatier) et Julia PETRELLUZZI (Ethik IA)

    « Il existe un impératif moral à réaliser la transformation digitale de notre système de santé », Thomas LONDON, Directeur Santé chez Mc Kinsey

    Thomas London considère qu’il existe « un impératif moral à réaliser la transformation digitale de notre système de santé », à plusieurs titres :

    • notre système n’est pas soutenable à moyen terme, sa digitalisation permettrait de dégager des économies importantes ;
    • l’accès aux soins s’améliore en France mais n’est pas encore intégralement assuré (pour des raisons géographiques, sociologiques ou économiques). Les outils digitaux facilitent l’accès à l’information des patients ;
    • il existe une « tension palpable » sur les ressources humaines médicales et médico-sociales ;
    • la digitalisation du système de santé permettrait de répondre à une préoccupation croissante des décideurs politiques et professionnels de santé, à savoir la qualité des actes médicaux dispensés : il existe une variabilité importante dans les prises en charge, selon les établissements et les professionnels, rappelle l’intervenant. Cette variabilité se traduit par des taux de mortalité évitable parfois élevés. Thomas London préconise à ce titre d’automatiser certains processus pour en réduire la variabilité.

    Une étude réalisée par le cabinet McKinsey en 2013 (« Accélérer la mutation numérique des entreprises : un gisement de croissance et de compétitivité pour la France) a montré que le potentiel de création de valeur des technologies du numérique d’ici 2023 est chiffré à 1 000 milliards d’euros (tous secteurs confondus).

    Le Global Institute de la société McKinsey a réalisé une étude sur les conséquences des nouvelles technologies sur les ressources humaines, publiée en mai 2018 (intitulée « Skill shift : automation and the future of the workforce » et consultable ici). Ses conclusions se veulent « rassurantes ». L’étude rapporte un « effet net neutre ou positif » des technologies numériques, lesquelles n’induisent pas un chômage de masse mais renforcent l’efficacité, la qualité et la soutenabilité du système de santé.

    « Les stratégies européennes de soutien à l’innovation ne sont pas viables » David FAJOLLES, Professeur Affaires publiques Sciences Po Paris

    Les stratégies de soutien à l’innovation au sein de l’Union européenne sont-elles viables ? Professeur d’affaires publiques à l’IEP de Paris, David Fajolles juge que la politique de soutien à l’innovation en Europe est lacunaire, sinon « risquée ».

    Il rappelle que les États-membres se sont alignés sur la politique insufflée par la Commission européenne, qui propose une stratégie de communication proactive des données. L’Europe manque de capital risque disponible pour l’IA. Le European Tech Report (2017) a montré que le dispositif d’accompagnement des start-up est optimal en phase initiale (early stage), mais moins efficace lors du passage à échelle. Ce cocktail « risqué » peut, à termes, placer l’Europe à la remorque d’États plus innovants, comme la Chine ou les États-Unis et en faire « l’idiot éthique du village » mondial.

    Combler le retard français en matière d’IA, Michel BALLEREAU, Président COS AFNOR, Délégué général FHP

    Si la France « sait innover », d’après Michel Ballereau, elle accuse un certain retard en matière d’IA et doit « revenir dans le concert international » sous peine de s’en voir rapidement exclure.

    « L’IA peut améliorer le recours aux soins » en matière d’insuffisance rénale chronique, Magali LEO, Renaloo

    Membre de l’association de patients Renaloo, Magali Leo rappelle que les personnes souffrant d’insuffisance rénale chronique subissent aujourd’hui des prises en charge relativement lourdes (à raison de 3 séances hebdomadaire de dialyse d’une durée chacune de 4h) et coûteuses pour les patients et l’Assurance maladie. Les modes de rémunération actuels sont peu propices à la rénovation des formes de prise en charge car ils favorisent les traitements non autonomes.

    Le recours en l’IA en matière d’insuffisance rénale chronique s’avère à ce titre pertinent. Il permettrait aux patients de réaliser leur dialyse à domicile, d’écourter les durées de traitement et d’en alléger le coût total. Par ailleurs, Magalie Leo regrette que les données compilées dans le registre « Rein » ne soient accessibles qu’au niveau régional, rendant à l’heure actuelle difficile la mise en place de dispositifs de prise en charge autonome au niveau national.

    « La mission de préfiguration du Health Data Hub rendra ses conclusions en septembre 2018 » – Yvanie CAILLE, Directrice générale de l’INDS

    Depuis 2016, les acteurs de santé peuvent avoir accès au Système National des Données de Santé (SNDS), ce qui permet de chaîner :

    • les données de l’Assurance Maladie (base SNIIRAM) ;
    • les données des hôpitaux (base PMSI) ;
    • les causes médicales de décès (base du CépiDC de l’Inserm) ;
    • les données relatives au handicap (en provenance des MDPH – données de la CNSA) ;
    • un échantillon de données en provenance des organismes d’Assurance Maladie complémentaire.

    Directrice générale de l’INDS, Yvanie Caille salue la création récente du Health Data Hub dédié à l’intelligence artificielle en santé. Elle rappelle également le rôle essentiel des CHU, qui disposent d’entrepôts de données importants (notamment à l’AP-HP) et l’existence de cohortes et registres nationaux.

    Elle souhaiterait « faciliter les synergies » entre les bases de données de santé. A ce titre, la mission de préfiguration du Health Data Hub rendra ses conclusions dans le courant du mois de septembre 2018.

    « Les industriels sont partisans d’une régulation minimaliste des technologies » Jérôme CHEVILLOTE, Directeur General Electrics France

    Directeur de General Electrics France, Jérôme Chevillote rappelle que les industriels doivent assumer une double responsabilité : « catalyser les innovations et les rendre accessibles au monde ». Cette mission nécessite :

    • de pouvoir agir selon un principe d’efficience ;
    • d’évoluer vers « des pratiques quantitatives » ;
    • d’associer les patients aux processus de conception des outils en les faisant participer à des évaluations proactives pour réduire les risques.

    Dès lors, pour le Directeur de General Electrics France, les industriels sont partisans d’une régulation minimaliste des technologies (de santé).


    Les deux tables-rondes suivantes portait sur les thématiques suivantes :

    • « IA, robotisation et accompagnement à la transformation des métiers du champ sanitaire et médico-social : comment mettre en œuvre une RSE digitale en santé? »
    • « IA, robotisation et innovation en santé : comment prendre le tournant de la médecine algorithmique et valoriser l’expertise française dans un contexte mondialisé » ?

    Les actes du colloque seront publiés à l’automne 2018.

  • 44,1 millions d’euros, c’est la somme levée par les start-ups françaises de la e-santé en juin 2018

    En juin 2018, 5 start-ups françaises de la e-santé ont procédé à des levées de fonds pour atteindre une somme totale de 44,1 de millions d’euros.

    C’est Dreem, ancienne Rythm, qui est en haut du podium avec 35 millions d’euros levés.

    Aux start-ups françaises s’ajoute la start-up suédois Kry qui a levé 53 millions d’euros afin de se lancer sur le marché français.

    Ce sont donc 97,1 millions d’euros qui ont été injectés dans le secteur de la e-santé en France.