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  • COPERMO : les établissements de santé pourront présenter des dossiers d’investissements immobiliers

    Suite à la parution de l’instruction interministérielle du 12 juin 2018 relative à la mise en place du comité de pilotage du grand plan d’investissement (GPI) dans le champ des investissements immobiliers hospitaliers, le Syndicat des manageurs publics de santé (SMPS) s’est félicité dans un communiqué daté du 19 juillet 2018 des changements portés par ce texte. Celui-ci modifie les règles applicables aux procédures de présentation des dossiers d’investissements immobiliers devant le Comité interministériel de la performance et de la modernisation de l’offre de soins hospitaliers (COPERMO).

    Si, jusqu’à présent, seule les Agence régionale de santé (ARS) étaient autorisées à présenter de tels dossiers devant le comité, les porteurs de projets tels que les établissements de santé sont désormais invités aux côtés des ARS dans le cadre de ces procédures.

    Aussi, le SMPS, qui avait longtemps protesté contre les procédures d’examen des dossiers COPERMO excluant les établissements, se félicite d’avoir été entendu. Il considère que ce changement constitue une marque de confiance attendue de la part des manageurs.
    Le syndicat rappelle par ailleurs à cette occasion :
    • son attente de clarification des grands objectifs d’investissement en région, notamment inscrits dans les PRS ;
    • son soutien à l’innovation ;
    • son souhait d’une évolution forte des modes d’allocation des ressources qui sortent les établissements des plans « rabot ».

  • 1,5 million de dossiers de santé piratés dans la plus importante cyberattaque menée à Singapour

    Le système de santé de Singapour a récemment été victime de la plus importante cyberattaque jamais perpétrée à son encontre, a annoncé le 20 juillet 2018 le gouvernement de la cité-État. Des hackers ont volé les informations personnelles d’environ 1,5 million de personnes, dont celles du Premier ministre Lee Hsien Loong.

    Cette attaque qualifiée de « délibérée, ciblée et bien planifiée » a visé les patients ayant effectué un séjour dans des cliniques entre le 1er mai 2015 et le 4 juillet 2018, a précisé le ministère de la Santé dans un communiqué.

    « Ce n’était pas le travail de hackers occasionnels ou de gangs criminels », a-t-il ajouté, expliquant que les hackers avaient ciblé leur attaque sur des données concernant le Premier ministre et en particulier les médicaments qui lui avaient été prescrits en ambulatoire.

    « Nous n’avons pas trouvé de preuve d’une violation similaire dans les autres systèmes informatiques de santé publique », ont déclaré l’Agence gouvernementale de sécurité cybernétique (CSA) et l’agence de santé IHiS. « Dès sa découverte, la brèche a été immédiatement réparée, empêchant une nouvelle exfiltration illégale ».

    Cette faille survient quelques jours après que les Australiens aient eu l’opportunité de se retirer de la base de données de santé nationale du gouvernement fédéral, My Health Record, replaçant au premier plan les préoccupations concernant la protection des informations patients.

    Le hackeur serait un acteur étatique

    Les hackers ont posté l’image d’un masque de Guy Fawkes, symbole du mouvement hacktiviste Anonymous, sur le site du Premier ministre avec le commentaire : « C’est super d’être Singapourien aujourd’hui ».

    Les autorités ont refusé de commenter l’identité des pirates, citant la « sécurité opérationnelle », mais des experts ont expliqué à l’AFP que la complexité de l’attaque et sa focalisation sur des personnes de renom comme le Premier ministre indiquaient que le hackeur devait être un acteur étatique.

    Entre-temps, un rapport de police a été établi le 12 juillet 2018. Des enquêtes sont en cours.

    Les professionnels de santé « temporairement interdits d’utiliser des ordinateurs »

    Les employés de SingHealth, le plus grand groupe d’établissements de santé de Singapour, sont temporairement interdits d’utiliser des ordinateurs professionnels. « [Les pirates] ont d’énormes ressources et n’abandonnent jamais », a justifié l’organisation.

    « La violation des données de santé décrit une nouvelle réalité. Nous ne pouvons pas revenir aux dossiers papier, a déclaré Olli Jarva, consultant en gestion pour le groupe Integrity Software du développeur de logiciels Synopsys (source : Personaltechmd.com). Compte tenu de la nature de cette attaque, il est difficile de dire exactement quelle [sera] l’issue de l’opération, surtout quand les attaquants ne se sont pas identifiés. »

    Wong Onn Chee, directeur de la technologie au sein de la société de sécurité Resolvo Systems – l’un des experts majeurs en matière de fuite d’informations en Asie -, a souligné que lorsqu’il était question de cybersécurité, « ce n’est pas une question de si, mais de quand ».

    Protection des données de santé : une préoccupation centrale aussi en Asie

    L’attaque survenue à Singapour s’est produite alors que la privatisation des données personnelles fait l’objet d’un débat mouvementé en Australie.

    Les Australiens ont eu la possibilité, pendant trois mois, de choisir de ne pas figurer dans la base de données de santé nationale, My Health Record : le gouvernement fédéral crée automatiquement pour chaque citoyen un dossier de santé numérique à moins qu’il n’exprime explicitement sa volonté de ne pas faire partie du système ( “opt out” model).

    Cette décision a suscité de vives discussions entre les professionnels de santé, les organismes de santé mentale, les défenseurs de la vie privée et les professionnels de la sécurité informatique.

    “opt out” model : faciliter l’accès aux informations de santé…

    Les responsables de My Health Record ont promis de centraliser les dossiers de santé, permettant aux différents professionnels de santé du pays d’accéder plus facilement à toutes les données des patients et donc, potentiellement, de sauver davantage de vies (possibilité d’alerter les médecins en cas d’allergies ou d’antécédents médicaux majeurs…).

    …au dépens de leur privatisation ?

    Cependant, de nombreux d’individus redoutent des abus. Parmi les inquiétudes centrales des patients figure la crainte de ne pouvoir sortir du système. Par exemple, si certains parents décident d’ouvrir un dossier de santé numérique pour leurs enfants, celui-ci peut être annulé lorsque les enfants grandissent mais il ne peut pas être supprimé, le gouvernement ayant spécifié que le dossier serait conservé pendant trente ans après la mort du patient concerné. Cependant, après son annulation, le dossier sera inaccessible aux professionnels de la santé, assurent les autorités.

  • Gestion des remplacements : Korian noue un partenariat avec MedGo

    Korian, groupe expert des services d’accompagnement et de soins dédiés aux séniors gérant plus de 700 établissements en Europe, a annoncé par communiqué le 18 juillet 2018 un partenariat avec MedGo, start-up française développant la plateforme de gestion des remplacements dans les établissements de santé du même nom.

    Selon Korian, ce dispositif peut aider à assurer la continuité des soins au sein de ses cliniques ou maisons de retraite en facilitant la gestion du remplacement des professionnels en formation ou en congés : après une phase de test de six mois menée par trois groupements d’établissements Korian, une augmentation de 20 % de remplacements pourvus avec un temps de gestion divisé par quatre a été mesuré.
    La plateforme intéresse d’autant plus le groupe qu’elle favoriserait également la fidélisation des vacataires en leur proposant des missions régulières et adaptées à leur emploi du temps.
    Depuis le 18 juin 2018, le groupe a déployé la solution medGo dans environ 300 établissements, formé l’ensemble des cadres à son utilisation et lancé une campagne d’information auprès des collaborateurs et vacataires.

    Concernant le fonctionnement de l’outil, il est fondé sur un système de contacts via e-mails ou SMS : chaque établissement partenaire de MedGo peut inviter ses collaborateurs sur la plateforme et, lors du départ d’un employé, alerter automatiquement l’ensemble des remplaçants adaptés et disponibles puis transmettre des informations liées à la prise du poste.

    Pour Korian, MedGo est un exemple de l’apport des nouvelles technologies aux métiers de la santé : de telles solution peuvent fluidifier la gestion des établissements mais aussi favoriser la transversalité et le dialogue entre différents services (ressources humaines, service achats, etc.).

  • L’université de Lille lance un master « data science pour la santé »

    Après l’annonce, le 13 juin 2018, du lancement du master « data science pour la santé », l’université de Lille et plus précisément la faculté d’ingénierie et de management de la santé (ILIS), a achevé le 17 juillet 2018 la réception des dossiers de candidatures à cette nouvelle formation.

    L’ILIS, partenaire de Polytech’ Lille et soutenue par de grandes organisations du secteur biologie-santé, accueillera ses premiers étudiants à la rentrée universitaire 2018 dans l’objectif de les former en deux ans à devenir des data scientists, soit des experts en sciences des données. 

    Ce type de professionnels, encore peu nombreux, est très recherché, notamment dans le domaine de la santé. Polyvalents, les health data scientists sont doués d’une compétence triple : maîtrise de l’ingénierie des données, de l’analyse de problématiques concernant la santé ou le système de santé et de la gestion de projets centrés sur les données de santé éventuellement à même d’aider la prise de décision clinique, médicale, industrielle ou de santé publique. La révolution numérique s’accompagnant d’une accumulation exponentielle du nombre de données de santé, ces spécialistes ont pour rôle de contribuer à l’exploitation de ces informations au bénéfice de la recherche, de la santé publique et de l’innovation industrielle.

    La première promotion de ce master comptera des étudiants titulaires d’une licence en sciences pour la santé, en biologie, en mathématiques, en informatique ou en physique-chimie ou de tout autre diplôme relatif à la santé ou au traitement des données.

    Des informations complémentaires concernant ce master sont disponibles via le lien ci-contre.

  • Le numérique en santé : 6ème édition des Rencontres du progrès médical, le 11 septembre 2018 à Paris

    La 6e édition des Rencontres du progrès médical aura lieu le 11 septembre 2018 à Paris au sein de l’Institut Pasteur et sera centrée autour de la thématique « numérique en santé : révolution ou évolution ? ».

    De nombreux intervenants tenteront de répondre à cette interrogation, dont :

    • Guy Vallancien, chirurgien urologue et membre de l’Académie nationale de médecine ;
    • Robert Chu ; fondateur d’Embleema ;
    • Martin Hirsch, directeur général de l’AP-HP ;
    • Jacqueline Hubert, directeur général du CHU de Grenoble ;
    • Dominique Pon, président du groupe coopératif d’établissements de santé indépendants SantéCité et directeur général de la clinique Pasteur à Toulouse ;
    • Jean-Marc Aubert, responsable de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) et du service de statistiques des ministères sociaux ;
    • Sophie Martinon, directrice générale de l’Anap ;
    • Nicolas Grémy, responsable sectoriel e-santé à Bpifrance.

    Les personnes souhaitant participer à l’événement doivent s’inscrire via le formulaire en ligne (lien ci-contre).

  • TIC Santé Meeting : une soirée sur la e-santé et le maintien à domicile le 20/09/2018 à Talence

    Le prochain TIC Santé Meeting aura lieu le jeudi 20 septembre 2018 à 18 heures à l’Institut de formation en soins infirmiers de la Maison de santé protestante de Bordeaux-Bagatelle (MSPB), situé dans la commune de Talence (Gironde). Cette rencontre sera centrée sur les thématiques de la e-santé et du maintien à domicile et sera organisée par le Cluster TIC Santé Nouvelle-Aquitaine. 

    Les personnes souhaitant participer à l’événement doivent s’inscrire sur le site officiel (lien ci-contre).

    18h00 :

    Accueil

    18h30 : 

    Mot d’introduction

    Participant : Christian Fillatreau, président du Cluster TIC Santé Nouvelle-Aquitaine

    18h40 :

    Mot d’introduction

    Participant : Guénolé Jan, directeur du pôle « social, médico-social et formation » de la Maison de santé protestante de Bordeaux-Bagatelle (MSPB). 

    18h50 :

    Présentation des enjeux du maintien à domicile

    Participant  : Frédéric Piant du Conseil Gestion Formation en Dispositifs Médicaux (CGPDM)

    19h00 :

    Présentation de projets

    • MSPB : DomCare, une équipe urgence nuit et une équipe de soutien aux aidants à domicile ;
    • AVAD : NTIC et prestations de santé à domicile ;
    • Home-Assist : des services personnalisés et évolutifs selon le niveau d’autonomie ;
    • Ta vie Téléassistance : des formules de téléassistance ;
    • Orence : la dématérialisation simplifiée de gestion des informations entre prestataires de dispositifs médicaux et services d’hospitalisation à domicile et de maintien à domicile.

    20h00 :

    Cocktail

  • Étude : l’IA pourrait prédire des risques d’interactions médicamenteuses (Bioinformatics)

    Des chercheurs américains de l’université de Stanford ont développé un système d’intelligence artificielle (IA) qui pourrait aider les médecins à trouver les meilleures combinaisons médicamenteuses possibles.

    Le système, appelé « Decagon », a montré sa capacité à prédire les risques d’interactions médicamenteuses. Dans l’étude*, dont les résultats ont été publiés en juillet 2018 dans la revue Bioinformatics, l’IA s’est en effet révélée 69 % plus performante que les systèmes classiques.

    De nombreuses interactions médicamenteuses sont dangereuses

    En France, les effets secondaires liés aux interactions entre médicaments seraient responsables d’environ 15 000 décès par an. Trouver un moyen efficace de lutter contre les interactions médicamenteuses délétères représente donc un enjeu de santé publique majeur.

    Trois chercheurs américains de l’université de Stanford ont exploré le potentiel d’une intelligence artificielle dans la résolution de ce problème.

    Pourquoi se tourner vers un logiciel d’IA ? Parce que compte tenu du nombre de molécules thérapeutiques sur le marché, il est « pratiquement impossible de tester un nouveau médicament en combinaison avec tous les autres médicaments », a déclaré Marinka Zitnik, chercheuse en post-doctorat au département d’informatique de l’université américaine. En effet, environ 5 000 médicaments sont actuellement commercialisés et beaucoup d’associations médicamenteuses n’ont jamais été rigoureusement étudiées, voire prescrites.

    Le deep learning pour repérer les interactions

    Pour contourner cette difficulté, les trois chercheurs ont mis au point le système Decagon, basé sur le deep learning (apprentissage profond), à même de modéliser les interactions entre plus de 19 000 protéines humaines ciblées par divers médicaments d’une part et de nombreuses molécules d’autre part. 

    Decagon a en effet été élaboré par le biais de l’analyse d’informations provenant d’une base de données répertoriant 4 millions d’effets secondaires déjà connus.

    Résultats : l’IA est performante

    Les auteurs de l’étude ont ensuite cherché à vérifier si les prédictions de l’intelligence artificielle se réalisaient, ce qui était le cas pour nombre d’entre elles.

    Globalement, l’IA s’est révélée 69 % plus performante que les systèmes traditionnels dans la prédiction d’effets indésirables rares ou non recensés liés à des associations médicamenteuses.

    Vers un outil d’aide à la prescription

    La pertinence de ce système d’intelligence artificielle est d’autant plus intéressante qu’actuellement « les effets secondaires liés aux médicaments sont souvent découvert par accident », a déclaré Jure Leskovec, co-auteur de ces travaux. « Notre approche a donc le potentiel de conduire à des soinsplus efficaces et plus sûrs, » a-t-il déclaré.

    En outre, les chercheurs envisagent de créer un outil plus facile d’utilisation afin d’aider les médecins dans leur pratique quotidienne. Le système Decagon pourrait également trouver des applications dans d’autres domaines, tels que la recherche d’interactions indésirables entre molécules thérapeutiques et de comorbidités.

     

  • Logiciels d’aide à la prescription (LAP) : marquage CE obligatoire et certification HAS facultative

    La Haute autorité de santé (HAS) a mis en ligne le 18 juillet 2018 un communiqué transmettant la décision rendue par le Conseil d’État le 12 juillet 2018 à propos des logiciels d’aide à la prescription (LAP) : qualifiés de dispositifs médicaux, ils ont désormais l’obligation de faire l’objet d’un marquage CE et ne peuvent ainsi se voir imposer en sus la certification de la HAS. Cependant, les LAP apportant une aide indispensable aux médecins, la Haute autorité de santé renouvelle son engagement pour la certification de ces logiciels dans un objectif d’amélioration des pratiques de prescription.

    Cette décision du Conseil d’État, qui fait suite à sa saisine en 2016 par le Snitem et Philips France, suit l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne. Celle-ci avait en effet considéré le 7 décembre 2018 que tout logiciel médical était un dispositif médical (DM) et, qu’à ce titre, seul le marquage CE lui était imposable au regard de la directive européenne sur les DM.

    Ainsi, l’obligation française de certification des LAP, inscrite dans la loi de sécurité du médicament depuis l’affaire du Mediator, ne peut être exigée des éditeurs de logiciels. La HAS prend acte de cette décision, considérant que l’obligation faite aux éditeurs de logiciels d’obtenir le marquage CE représente un progrès notable, qui impose le respect du règlement européen relatif aux dispositifs médicaux. Cependant, elle encourage les éditeurs à ne pas abandonner la certification HAS, qui reste possible sur la base du volontariat.

    La HAS poursuit la démarche de certification

    Si la HAS accepte les directives du Conseil d’État, elle souhaite convaincre les professionnels de santé de l’intérêt d’utiliser des LAP certifiés HAS. Cette certification apporte en effet des garanties de qualité complémentaires à celles du marquage CE, qui sont :

    • une contribution du LAP certifié à l’amélioration des pratiques de prescription ;
    • un adossement à une base de données sur les médicaments agréée par la HAS ;
    • un gage de neutralité de l’information.

    Lois ayant conduit à une certification obligatoire des LAP : historique

    • Loi du 13 août 2004 relative à l’Assurance maladie : la certification des LAP est introduite avec un caractère facultatif pour les éditeurs de logiciels.
    • Loi du 29 décembre 2011 relative au renforcement de la sécurité sanitaire du médicament et des produits de santé : la certification est rendue obligatoire et étendue aux logiciels d’aide à la dispensation (LAD) d’officine.
    • Loi du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé : la HAS se voit confier la mission supplémentaire d’établir une charte de qualité des bases de données sur le médicament et de les agréer. En outre, la certification des LAD d’officine est élargie aux LAD des pharmacies à usage intérieur (PUI).
    • Enfin, la loi du 30 décembre 2017 de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2018 prévoit l’extension de l’agrément des bases de données sur le médicament et de la certification des LAP et des LAD au champ des dispositifs médicaux (DM) et prestations associées. Ces certifications sont rendues obligatoires au plus tard au 1er janvier 2021.

  • 4 milliards d’euros investis en e-santé dans le monde au 1er semestre 2018 (rapport Mercom)

    Selon un rapport publié mi-juillet 2018 par le cabinet de conseil américain Mercom Capital Group, les sociétés de capital-risque ont investi au total 2,4 milliards de dollars US (2,060 Mds €) dans le secteur mondial de la santé numérique au cours du deuxième trimestre 2018.

    Les auteurs de l’étude ont comptabilisé 196 transactions sur ce marché précis, soit une augmentation en termes de volume mais une diminution en terme de financement par rapport au 187 transactions et aux 2,5 milliards US$ (2,146 Mds €) enregistrés au premier trimestre.

    Bilan du premier semestre 2018 : 4,9 milliards de dollars (~4,2 Mds €), contre 4 milliards (~3,4 Mds €) au premier semestre 2017.

    Dans le détail, la télémédecine a été classée par Mercom dans la catégorie des meilleurs investissements du deuxième trimestre, avec 523 millions US$ (~448,9 M €) investis. Suivent :
    • les applications de santé (288 M US$ ; ~247 M €) ;
    • l’analyse des données (232 M US$ ; ~199 M €) ;
    • les wearables (215 M US$ ; ~184 M €) ;
    • le sans fil mobile (180 M US$ ; ~154 M €) ;
    • le bien-être (161 M US$ ; ~138 M €).

    Ces résultats restent cependant à nuancer car ils diffèrent de manière plus ou moins importante avec ceux présentés par d’autres analystes.

    La e-santé est « en passe de battre le record » de 6 Mds € de 2017

    « La santé numérique continue de croître à un rythme record et est en passe de battre le record de 7,2 milliards de dollars (6,176 Mds €) [investis] en capital risque en 2017 », a déclaré Raj Prabhu, PDG et cofondateur de Mercom Capital Group.

    « L’espace est en train de mûrir et commence à recevoir l’attention réglementaire qu’il mérite, argumente-t-il. Simultanément, les géants de la technologie stimulent considérablement [le secteur]. [Les opération de fusions et acquisitions ont] également progressé, et globalement, la première moitié de 2018 a été très solide pour les sociétés de [e-santé]. »

    Des résultats variables en fonction des critères retenus par les analystes

    Ces résultats doivent cependant être nuancés car plusieurs analyses présentent des montants très différents en raison notamment de la variabilité de la définition de la santé numérique et de l’accès plus ou moins limité aux données sur les acquisitions non publiques.

    StartUp Health évalue à Mds € les investissements en e-santé au S1 2018

    Par exemple :

    • le site spécialisé MobiHealthNews évalue à environ 2 milliards de dollars (1,716 Md €) la somme globale des investissements dans le secteur au cours du deuxième trimestre 2018 ;
    • le fonds d’amorçage Rock Health estime à 3,4 milliards US$ (2,9 Mds €) le montant total des investissements sur le marché pour le premier semestre de l’année, soit 1,5 milliard (1,287 Mds €) de moins que celui annoncé par Mercom ;
    • StartUp Health, réseau de start-ups et d’investisseurs dans le domaine de la santé, chiffre à 3 milliards de dollars (2,574 Mds €) les investissements en e-santé au deuxième trimestre 2018 et à 6,3 milliards US$ (5,405 Mds €) pour la première moitié 2018.
  • PIA Bpifrance : le programme Calypso reçoit 14 M € pour son assistance cardiaque Corwave Neptune

    Le programme de R&D Calypso – dont le budget s’élève à 25 millions d’euros sur 4 ans – va recevoir une aide de 14 millions d’euros de la part du Programme d’investissement d’avenir (PIA), piloté par le Secrétariat général pour l’investissement (SGPI) et opéré par Bpifrance. La somme recueillie permettra de perfectionner et de valider en clinique Corwave Neptune, une pompe d’assistance cardiaque totale implantable (LVAD) se rapprochant du fonctionnement physiologique du cœur.
    Objectif : réduire le risque de complications chez les patients souffrant d’une insuffisance cardiaque sévère.

    Le consortium Calypso regroupe :
    • la société française de haute technologie CorWave, qui coordonne toutes les activités de R&D et d’investigations cliniques du projet et se porte garante de leur bonne exécution ;
    • l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière AP-HP, qui est l’un des trois premiers centres mondiaux de transplantation cardiaque, un centre d’assistance cardiaque de renommée internationale et le premier centre implanteur de LVAD en France ;
    • le CHU de Lille, centre de référence pour la maladie de Willebrand et mondialement reconnu pour son expertise en hémostase, en particulier dans l’évaluation du risque hémorragique chez les patients porteurs de dispositifs cardiaques implantables.

    Le programme Calypso va donner les moyens à CorWave de conserver son avancée technologique et de renforcer son impact clinique en lui permettant d’améliorer significativement la thérapie et la prise en charge des patients porteurs de LVAD.

    Une collaboration avec l’Inserm et l’École polytechnique

    Le consortium collaborera également avec l’Institut de cardiométabolisme et nutrition (IHU-ICAN) dans le cadre des études cliniques menées avec les équipes de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière AP-HP et avec l’Inserm en interface avec le CHU de Lille.

    Il s’appuiera par ailleurs sur l’expertise de edevice, société développeuse de solutions de télémédecine, et du LadHyX, le laboratoire d’hydrodynamique de l’École polytechnique. Celui-ci soutiendra l’équipe pour la gestion des problématiques de biomécanique des fluides avec le CHU de Lille.

    « L’opportunité de créer une dynamique transversale française »

    « L’amélioration du ratio bénéfice-risque lié aux LVAD via l’optimisation des paramètres de fonctionnement de Neptune au cours du programme doit permettre de réduire les complications et de pouvoir proposer cette thérapie efficace à une population de patients plus large », précise le communiqué.

    « Nous sommes enthousiastes à l’idée de participer au développement de la pompe CorWave Neptune au travers de nos modèles expérimentaux et de notre expertise en hémostase permettant de mieux appréhender et, nous l’espérons, maîtriser le risque de saignement, inhérent au fonctionnement des pompes rotatives actuelles, a déclaré le Pr Sophie Susen, chef de service hémostase et transfusion au CHU de Lille et professeur à la faculté de médecine de l’Université de Lille. La collaboration avec l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière AP-HP et le LadHyX est l’opportunité de créer une dynamique transversale française qui en plus de soutenir le développement de CorWave permettra de faire évoluer la compréhension des saignements associés aux assistances circulatoires. »

    CorWave : une start-up française qui capte l’attention des acteurs de la santé

    Le 6 juin 2018, CorWave a reçu le prix « coup de cœur » du public pour son dispositif d’assistance cardiaque à l’occasion de la 4ième édition de la Journée des start-ups innovantes du dispositif médical, organisée par le Snitem.

    La société avait par ailleurs annoncé en avril avoir obtenu un financement de 2,92 millions d’euros pour son programme R&D NovaPulse (catégorie « Silver Economy »), dans le cadre de la phase 2 du Concours mondial d’innovation de Bpifrance.