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  • L’ARS de Normandie soutient des projets de téléconsultation et de télé-expertise dans deux EHPAD

    Le projet d’expérimentation de télémédecine et de télé-expertise porté par l’Union régionale des médecins libéraux (URML) Normandie et le groupe Hom’Age a abouti en juin 2018 au lancement des actes de télémédecine dans deux EHPAD normands, à savoir l’EHPAD de la Résidence Topaze à Dozulé et l’EHPAD de la résidence Les Deux-Fontaines à Fontenay-le-Pesnel (Calvados), selon un communiqué conjoint des porteurs des projets en date du 30 août 2018.

    Les actes de télémédecines sont proposés dans dix spécialités médicales et mobilisent une équipe de 25 médecins spécialistes normands de différents établissements de santé de la région.

    Cette expérimentation s’inscrit dans le cadre de l’appel à projet ouvert par l’Agence Régionale de Santé Normandie en juin 2017 et constitue l’étape préalable à un déploiement régional.

    Deux acteurs porteurs de télémédecine en Normandie

    L’URML Normandie et le groupe Hom’Age se sont associés pour proposer une nouvelle offre de soins destinés aux personnes âgées dépendantes dans 2 EHPADs du Calvados, et le projet a été retenu par l’ARS de Normandie. Le groupe Hom’Age est spécialisé dans la prise en charge des patients seniors en perte d’autonomie.

    La faculté de médecine de Caen et plus particulièrement le Pr Rémi Sabatier ont conclu un partenariat avec les porteurs de projets afin de procéder à l’évaluation de l’expérimentation en cours.

    Un chariot de télémédecine et 10 spécialités

    Les téléconsultations sont disponibles dans les EHPAD depuis juin 2018 dans les dix spécialisés suivantes : cardiologie, ORL, dermatologie, psychiatrie, gériatrie, oncogériatrie, néphrologie, diabétologie, anesthésie et douleur.

    Elles sont rendues possibles grâce à un chariot de télémédecine fourni par la société Hopimedica.

    Les objectifs poursuivis avec ce projet sont :

    • d’améliorer l’accès aux soins et l’optimisation du parcours de santé ;
    • d’éviter les transports et permettre aux résidents âgés de bénéficier de consultations dans leur milieu de vie ;
    • de donner accès aux consultations de spécialistes tout en diminuant les délais de rendez-vous.

    L’objectif poursuivi à moyen terme est de déployer l’outil testé dans tous les EHPAD de Normandie afin de créer un maillage territorial et de décloisonner le monde médical du monde médico-social.

  • La plateforme de santé OurHealthMate, bien implantée en Inde, va être déployée aux Philippines

    La société health tech OurHealthMate, basée à San Francisco (États-Unis) et à Lucknow (Inde), a annoncé en août 2018 qu’elle prévoyait d’accentuer son empreinte mondiale en déployant ses activités aux Philippines au milieu de l’année prochaine. L’entreprise, qui a développé en Inde une plateforme reliant les patients, les fournisseurs de soins et les payeurs, a par ailleurs déclaré qu’elle s’intéressait de près aux marchés de l’Indonésie, de la Thaïlande, du Vietnam, du Bangladesh et du Mexique.

    OurHealthMate fournit des solutions de gestion de la santé qui se veulent transparentes, simples et fiables pour les entreprise mais aussi en B2C. Acteur majeur du marché du bien-être en entreprise, la société compte plus de 250 000 employés en Inde et environ 320 000 utilisateurs directs à travers le monde, 80 % de ses activités provenant du secteur des entreprises. « Nous nous sommes associés à 30 000 médecins en Inde |…]. Nous nous lancerons aux Philippines dans un an car le pays a un modèle similaire à celui de l’Inde en matière d’assurance et de population immigrée. Le pays compte des anglophones et les entreprises indiennes ont [généralement aussi] des bureaux aux Philippines », a expliqué Abhinav Krishna, cofondateur et P.-D.G. d’OurHealthMate (source : Deccanherald.com).

    L’entreprise, qui collabore déjà avec environ 500 hôpitaux et laboratoires au sein des états indiens de Telangana et d’Andhra Pradesh, a également annoncé qu’elle envisageait d’établir 250 partenariats supplémentaires d’ici la fin 2019. Son portefeuille comporte la plupart des principaux groupes hospitaliers indiens.

    OurHealthMate prévoit des transactions d’une valeur de 10 M€ au cours de l’année

    OurHealthMate prévoit par ailleurs une nouvelle levée de fonds (série A) d’ici la fin de l’année fiscale. La société a déjà recueilli 3 millions de dollars US (2,6 M €) en financement initial auprès de divers investisseurs. « Nous sommes rentables depuis mai 2017 et les transactions de l’année fiscale en cours seront de 12 millions de dollars (10,4 M €) », a ajouté le P.-D.G. Abhinav Krishna (source : Deccanherald.com). La start-up enregistre une croissance mensuelle de 20 %, en moyenne.

    « L’écosystème indien de la santé doit être consolidé avec de meilleures technologies, une [bonne] gestion des installations et un renforcement des capacités pour améliorer les résultats sanitaires, a précisé Abhinav Krishna (source : Corporateethos.com). Notre objectif est de [doubler notre croissance] au cours des deux prochaines années et de [toucher] plus d’un million de [citoyens] en Inde. Simultanément, notre objectif est de continuer à multiplier les collaborations avec les fournisseurs de services de santé. »

    OurHealthMate veut faire de la ville d’Hyberabad un hub

    Siddharth Upadhyaya, co-fondateur et directeur de la stratégie de OurHealthMate, a indiqué que l’entreprise prévoyait de faire de la ville d’Hyderabad un « hub pour les entreprises [des états indiens d’] Endhra Pradesh et de Telangana » puisque la ville est le siège de la plupart des entreprises technologiques et biotechnologiques du pays. « En nous concentrant sur les problèmes de santé des femmes et le bien-être, nous espérons doubler le nombre d’employés d’entreprise que nous touchons au cours de la prochaine année », a-t-il précisé.

    Offre de OurHealthMate

    OurHealthMate propose une plateforme numérique sécurisée, intégrant des solutions de gestion de la santé et du bien-être, qui connecte les payeurs, les fournisseurs et les patients. Le dispositif permet aux hôpitaux et aux cliniques de gérer plus efficacement leurs interactions avec les patients à moindre coût et de surveiller leur état de santé.

    La société facture le fournisseur de services de santé et non le consommateur. Elle collabore avec les entreprises pour la gestion personnalisée du portefeuille « bien-être » de leurs employés. Les services qu’elle propose reposent sur une stratégie à trois volets :

    • planification des soins : identifier les besoins en matière de soins de l’employé pour atteindre des objectifs spécifiques grâce aux cadres de planification des soins ;
    • exécution : les plateformes et plans de soins d’OurHealthMate sont alimentées par plus de 30 000 médecins, 4 000 000 services ainsi que 2 000 hôpitaux, laboratoires et centres de diagnostic ;
    • intelligence d’affaires (business intelligence) : un moteur d’analyse intelligent sécurisé fournit des données en temps réel qui offrent une vue à 360 degrés du programme des avantages sociaux des entreprises.
  • Appel à projets de recherches transversales pour l’élaboration d’un atlas numérique en embryologie

    L’Inserm lancera le 18 septembre 2018 un appel à projets de recherches susceptibles de s’intégrer dans un programme scientifique transversal en embryologie à destination, en particulier, des statisticiens, généticiens et biologistes cellulaires.

    En effet, « pour soutenir une recherche intégrée et pluridisciplinaire et assurer un continuum entre la recherche fondamentale et clinique », l’Inserm met en place un programme scientifique transversal dont les objectifs principaux sont : ​
    • de faire émerger dans la communauté scientifique des « consortiums nationaux interdisciplinaires« ; 
    • de promouvoir la recherche biomédicale française en accélérant le transfert et la valorisation des connaissances, par exemple en intégrant des industriels dans les programmes. ​

    Ce programme transversal, baptisé « HuDeCA », vise à construire le premier atlas numérique des cellules de l’embryon et du fœtus humain. « Ce projet s’inscrit dans le cadre d’une initiative internationale, qui vise à cartographier les cellules du corps humain (Human Cell Atlas ou HCA), normal et pathologique, adulte mais aussi en développement », précise l’Inserm. À l’échelle française, ce programme a pour objectif de développer des plateformes et des bases de données afin de structurer la communauté scientifique du pays. Il permettra également aux équipes de l’Inserm de répondre à des appels d’offres européens à venir dans le domaine du développement humain, dont des anomalies causent des maladies ou des malformations congénitales atteignant plus de 3 % des naissances par an en France et provoquant certaines maladies chroniques à l’âge adulte.​​​

    La date limite de dépôt de la lettre d’intention est fixée au 18 octobre 2018. Sa soumission peut être réalisée via le lien ci-contre.
    Un comité scientifique se réunira pour la sélection​ des projets en décembre 2018.
    Enfin, un séminaire et une présentation des axes de travail aura lieu en février 2019.

    Axes de travail visés par l’appel à projet

    Axe de travail 1 : élaboration d’une plateforme de gestion et d’une biobanque de tissus et cellules humains embryonnaires et fœtaux

    Une interface web pour des chercheurs reliée à une base de données centralisée, sécurisée et à multiples niveaux de permissions, qui comprend deux modules interdépendants, sera élaborée.

    Axe de travail 2 : Appréhender la diversité des cellules et des tissus embryonnaires et fœtaux humains 

    « Les techniques -omiques, notamment sur cellules uniques, permettront d’établir la carte d’identité moléculaire des différents types cellulaires de l’embryon et du fœtus et de suivre son évolution au cours du développement », précise l’Inserm.

    En particulier, les techniques d’imagerie établiront la position et confirmeront le stade d’apparition des différents types cellulaires. La culture primaire ex vivo d’embryons précoces ou de cellules issues de tissus embryonnaires et fœtaux permettra de déterminer les propriétés physiques et d’évaluer le potentiel développemental des différents types cellulaires.

    Axe de de travail 3 : Construire et mettre à disposition un atlas numérique des cellules embryonnaires humaines

    Cet objectif nécessite de nouvelles avancées technologiques ainsi que des approches informatiques « intégratives ». L’un des défis est de pouvoir disposer d’un système modulaire et flexible, permettant d’intégrer les évolutions technologiques futures (format et taille des données, types de données, etc.).

    L’Inserm précise que :

    • l’atlas devra être interopérable ou permettre l’intégration des résultats ;
    • des ontologies (mots clés, arborisation…) devront être définies à partir des normes en vigueur et périodiquement mises à jour selon le retour des utilisateurs, permettant ainsi d’organiser les données et de les rechercher ;
    • l’interrogation d’une base de données intégrera la mise à disposition des informations issues de tous les autres axes en temps réel ;
    • le développement des algorithmes permettra de faciliter et d’automatiser la segmentation des cellules et leur comptage à partir d’images 3D ;
    • le partage des données imagerie, leur lecture et leur interprétation seront facilités en développant des interfaces web en 3D ;
    • le transfert des données d’imagerie vers des applications de réalité virtuelle ou de réalité augmentée permettra une analyse plus rapide et précise des données et simplifiera leur compréhension.

    Critères d’éligibilité

    Pour être considérée éligible, la lettre d’intention doit satisfaire aux conditions suivantes :

    • la lettre d’intention de participation au consortium doit s’inscrire dans au moins un des axes de travail ;
    • le chercheur doit être un chercheur ou un enseignant-chercheur titulaire travaillant au sein d’une équipe labellisée par l’Inserm. Il peut, pour les besoins du projet, proposer l’association au maximum d’un chercheur ou d’une autre équipe relevant de l’Inserm ou d’un autre établissement, avec l’accord de ce dernier ;
    • le chercheur devra préciser son implication en temps dans le projet, les ressources, notamment en personnel ou en équipement, qu’il entend mobiliser pour la réalisation du programme transversal, en accord avec le responsable de l’établissement partenaire.

    Critères d’évaluation

    Les lettres d’intention seront soumises à un comité d’experts scientifiques, qui s’attachera à l’évaluation des projets selon des critères :

    • de qualité et d’originalité : clarté des objectifs et des hypothèses de recherche, caractère innovant et progrès par rapport à l’état de l’art ;
    • de compétences : pertinence des compétences par rapport aux objectifs du programme, possibilité d’associer les compétences dans un large réseau ;
    • d’excellence de l’équipe ou des équipes porteuses du projet de recherche : reconnaissance internationale, compétences des responsables d’équipe dans leur discipline ;
    • de qualité de l’environnement de recherche : ressources humaines mobilisées dans le programme, infrastructure à disposition pour réaliser le programme ;
    • d’innovation et de compétition : caractère innovant du projet par rapport aux enjeux scientifiques internationaux ou par rapport à la compétition internationale ;
    • concernant les retombées attendues : impact des retombées en termes de connaissances et de levée de verrous technologiques, articulation du projet dans la construction de consortium en réponse aux appels internationaux.
  • UK : le ministère de la Santé crée un code de conduite pour les techno basées sur les données et l’IA

    Le département de la Santé et des Affaires sociales britannique a publié début septembre 2018 un nouveau code de conduite pour l’utilisation de technologies basées sur l’exploitation des données dans le domaine de la santé et l’intelligence artificielle (IA) afin de créer un « environnement sûr et de confiance dans lequel l’innovation puisse prospérer ».

    L’objectif général de ce nouveau code est d’assurer un accord équitable pour le NHS dans tous ses partenariats futurs, d’établir des directives claires sur la manière dont les données des patients sont protégées et d’accélérer l’introduction de technologies éprouvées.

    À l’occasion du salon Health and Care Innovation Expo, qui s’est tenu les 5 et 6 septembre 2018 à Manchester, le ministre de la Santé Lord James Richard O’Shaughnessy a déclaré que les principes contenus dans le document constitueraient des « règles d’engagement » entre l’industrie et le système de santé. Bien que l’application de ce code ne soit pas obligatoire, il demande aux organisations concernées de respecter ces nouvelles mesures pour démontrer leur engagement à suivre les meilleures pratiques possibles en la matière.

    Les principes clés du nouveau code de conduite

    Actuellement en phase de consultation initiale, ce code de conduite détaille plusieurs principes auxquels les acteurs travaillant sur les technologies basées sur les données de santé devraient adhérer.

    Parmi eux figure l’obligation de présenter « une analyse de rentabilisation claire mettant en évidence les produits, les résultats, les avantages et les indicateurs de performance, et comment exactement le produit se traduira par une meilleure fourniture [de soins] et/ou de [meilleurs] résultats pour les personnes et le système de santé ».

    Le gouvernement s’engage à simplifier le cadre réglementaire et financier

    Le document énumère également des engagements que le gouvernement devra tenir, notamment pour simplifier le cadre réglementaire et financier afin de « ne pas étouffer l’innovation ni risquer la sécurité des patients » et pour encourager le système de santé à adopter des technologies innovantes.

    L’IA et l’apprentissage automatique (machine learning) est un domaine qui progresse « à la vitesse de l’éclair » et qui est « doté d’un énorme potentiel dans le secteur de la santé », a déclaré le ministre de la Santé britannique Lord James Richard O’Shaughnessy.

    La mise en place de ce code de conduite vise notamment :

    • à créer un « écosystème sûr » dans le domaine de la santé numérique et des algorithmes intelligents ;
    • à mettre en place des garanties appropriées au niveau de la sécurité et de la protection des données ;
    • à renforcer les normes en matière d’utilisation des données en établissant les meilleures pratiques possibles ;
    • à s’assurer que les entreprises concernées soient justes, transparentes et responsables vis-à-vis des données qu’elles utilisent ;
    • à créer un avantage concurrentiel pour le marché des soins du NHS et plus largement du Royaume-Uni ;
    • à établir des partenariats avec les prestataires de soins, les patients, les utilisateurs des services, le personnel, les acteurs de l’industrie et les universités.

    Le lancement de ce code de conduite survient après la mise en place d’un cadre éthique relatif à l’exploitation des données (Data Ethics Framework), publié par le département britannique du Numérique, de la Culture, des Médias et des Sports. Ce dernier précise les comportements à adopter pour une utilisation jugée appropriée des données au sein du gouvernement et dans le secteur public au sens large.

  • La prévention et l’innovation au Health Care Summit de Politico, les 8 et 9 octobre 2018 à Genève

    Politico, média politique basé à Washington, organise en partenariat avec le quotidien suisse Le Temps son 3ème Annual Health Care Summit, qui se tiendra les 8 et 9 octobre 2018 à Genève.

    Cet événement, qui rassemblera des acteurs des systèmes de santé tels que des décideurs politiques, des scientifiques, des représentants de patients, etc., vise à donner des clés pour relever les défis mondiaux en matière de santé préventive à la lumière des nouvelles technologies et des modes d’organisations innovants à même de rendre les systèmes de santé plus proactifs. 

    Lors du sommet seront abordées les problématiques suivantes :
    • « Soins de courte durée, soins à domicile, prévention – comment trouver le bon équilibre ? » ;
    • « Quelles sont les nouvelles organisations et les nouveaux modèles de financement qui permettront un changement systémique ? » ;
    • « Comment tirer parti des nouvelles technologies pour rendre les systèmes de santé plus proactifs, préventifs et centrés sur le patient ? » ;
    • « Des applications de cybersanté en nutrition, activité physique, etc., et de la télémédecine aux tests prédictifs – comment allouer les ressources de la manière la plus durable et la plus efficace possible entre les différents niveaux de prévention ? » ;
    • « Quelles sont les questions les plus urgentes à résoudre pour s’assurer que les nouveaux progrès de la médecine et de la technologie ne créent pas plus de problèmes qu’ils n’en résolvent ? ».

    Pour s’inscrire, il suffit de se rendre sur le site officiel du sommet, accessible via le lien ci-contre.

    Programme

    Lundi 8 octobre 2018

    18h00 : Accueil des participants et cocktail de bienvenue

    18h40 : Interview « Restaurer la confiance pour inciter à la prévention »

    19h15 : Cocktail networking

    Mardi 9 octobre 2018

    08h30 : Accueil des participants et café de bienvenue

    09h00 : Interview d’ouverture « Soigner en amont : quels enjeux ? »

    09h45 : Conférence « La prévention dans toutes les politiques »

    10h30 : Pause networking

    11h00 : Débat « Favoriser la prévention et le diagnostic précoce par les nouvelles technologies et les dispositifs innovants »

    11h50 : Débat « Nouveaux fonds et modèles économiques : des échanges internationaux »

    14h00 : Tables rondes (au choix) : « Vaccination : quelles opportunités et quels défis en période de méfiance ? » ou « Data : qui devrait pouvoir les utiliser, y accéder, les héberger, les posséder, etc. ? » ou « Ralentir la protection et favoriser le diagnostic précoce des maladies chroniques ».

    15h00 : Tables rondes (au choix) : « Antibiothérapie : comment agir sur le mésusage des antibiotiques, changer les habitudes de prescription et trouver de nouveaux traitements ? » ou « Qu’est-ce que la valeur dans le domaine des soins et comment mesurer la valeur de la prévention ? » ou « Encourager des modes de vie sains : la simplicité des messages (« mangez mieux », « pratiquez une activité physique régulièrement », etc.) diffusés dans la population est-elle appropriée ? »

    16h00 : Clôture de l’événement

  • La DREES va mener des études sur le parcours et la qualité des soins, le SNDS et le Big Data

    La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) a publié le 23 août 2018 une présentation détaillée de son programme de travail.

    Construit autour des missions de la Direction – production de données par la production d’enquêtes en propre et mobilisation d’enquêtes existantes ou de données administratives, réalisation d’outils de chiffrage, de simulation et de projection, publication d’études, etc. – ce programme encadre l’élaboration de « plus de 60 publications […], dont 6 panoramas (ouvrages de synthèse regroupant des dizaines de fiches d’analyse), auxquels s’ajoutera la parution […] du rapport de l’Observatoire national du suicide », précise la préface.

    Parmi les axes d’analyse du système de santé qui y sont détaillés, figurent notamment des thématiques telles que :
    • la qualité des soins ;
    • le parcours de soins ;
    • l’exploitation des données du système national des données de santé (SNDS).

    Parcours de soins et convergence des dispositifs d’appui à la coordination des soins

    Parcours de soins des patients en hospitalisation à domicile (HAD)

    Pour analyser le parcours des patients en hospitalisation à domicile, la DREES prévoit d’explorer deux axes : les déterminants du recours à une HAD suite à une hospitalisation en médecine-chirurgie-obstétrique (MCO) ou en remplacement intégral d’une hospitalisation classique, et le devenir des patients après HAD (retour à une hospitalisation conventionnelle ou maintien à domicile ?).

    « Les disparités territoriales de pratiques seront examinées en contrôlant des caractéristiques individuelles », ajoute la DREES.

    Parcours de soins des patients dans des situations particulières

    La DREES étudiera en particulier le parcours de soins de patients après un accident vasculaire cérébral (AVC) ou après une tentative de suicide. 

    Convergence des dispositifs d’appui à la coordination des soins

    « De nombreux dispositifs d’appui à la coordination existent en France, souvent développés dans le cadre expérimental avec une mise en place successive depuis 1997 : réseaux, Centres locaux d’information et de coordination (CLIC), Paerpa (CTA), Prado, MAIA, PTA, etc. […] La convergence des dispositifs d’appui à la coordination constitue une mesure du plan d’accès aux soins« , rappelle la DREES.

    Aussi, à partir d’évaluations existantes et de résultats de travaux sur la coordination des soins dans d’autres pays, des études de la DREES viseront à proposer une méthode d’évaluation de ces dispositifs d’appui à la coordination.

    La qualité des soins

    Impact de la chirurgie ambulatoire sur la qualité des soins

    Une étude visera à mettre en évidence une relation entre chirurgie ambulatoire d’une part et qualité et sécurité des soins d’autre part.

    Le critère de qualité des soins d’une hospitalisation retenu pour l’étude sera la réadmission à 30 jours.

    Études exploratoires des corrélations entre les indicateurs de qualité et de sécurité des soins des établissements de santé et le devenir des patients à 30 jours

    « Une étude exploratoire des corrélations entre les indicateurs de qualité et de sécurité des soins (IQSS) recueillis au niveau établissement par la Haute Autorité de santé (HAS) dans les établissements de court séjour et des indicateurs de résultats tels que les réhospitalisations et la mortalité à 30 jours sera réalisée en partenariat avec la HAS », annonce la DREES.

    Cette étude débutera avec des pathologies telles que les AVC et l’infarctus du myocarde car la HAS collecte déjà un ensemble spécifique d’indicateurs à ces sujets. Puis, l’examen de la relation entre séjours avec des actes chirurgicaux fréquents – par exemple pour motif de colectomie – et infections nosocomiales sera réalisé.

    Le système national des données de santé (SNDS)

    « Le bureau réalisera de nombreuses études à partir du SNDS », annonce la DREES.

    Certaines d’entre elles, comme un travail sur les inégalités sociales et territoriales de santé de recours aux soins ou sur la morbidité hospitalière et les parcours de soins, mobiliseront les données du SNDS seules.

    D’autres au contraire mobiliseront les données du SNDS appariées à des données d’enquête, comme une étude sur l’état de santé et le recours aux soins des personnes âgées à domicile ou en institution, ou d’autres sur les bénéficiaires et les professionnels de santé participant à l’élaboration des Plans personnalisés de santé (PPS).

    En outre, la DREES participera à l’animation d’un groupe des utilisateurs du SNDS, qui vise « à créer une communauté dynamique au sein de la DREES pour encourager et faciliter l’appropriation du SNDS et son utilisation pour des études », précise la DREES. La mission d’un tel groupe est de réaliser un suivi régulier sur les différents travaux menés sur les données, de produire des documents sur l’utilisation du SNDS et de relayer les informations transmises par la Cnam sur la base de données.

  • Tuberculose : Emocha reçoit 1 M$ pour tester son appli visant à améliorer l’observance médicamenteuse

    Emocha Mobile Health, une start-up health tech basée à Baltimore (Étas-Unis), a annoncé le 29 août 2018 par communiqué avoir reçu une subvention fédérale de deux ans s’élevant à un million de dollars (859 000 €) pour soutenir une nouvelle étude de validation de son dispositif Emocha, une application mobile visant à améliorer l’observance du traitement médicamenteux des personnes atteintes de tuberculose.

    Cette aide a été remise par le National Institute on Minority Health and Health Disparities du National Institutes of Health (NIH) dans le cadre du prix Small Business Innovation Research.

    Elle soutiendra la réalisation d’une étude menée par des chercheurs de la faculté de médecine de l’université Johns Hopkins visant à évaluer l’efficacité d’Emocha. Dans ce cadre seront observés 90 patients atteints de tuberculose latente et active, une maladie contagieuse et coûteuse si elle n’est pas correctement traitée. Les fonds réunis permettront l’extension de ces travaux à d’autres régions des États-Unis.

    Depuis 2015, Emocha a reçu plus de 3 millions de dollars (2,58 M €) de financement du NIH.

    Emocha aide à atteindre un taux d’observance de 94 %

    Via l’application Emocha, les patients peuvent enregistrer des vidéos d’eux-mêmes en train de prendre leurs médicaments pour ensuite les partager avec leur médecin. L’objectif est de s’assurer que les personnes souffrant de maladies et d’affections nécessitant des programmes thérapeutiques spécifiques suivent bien leurs plans de traitement.

    La subvention émise par le National Institutes of Health s’inspire d’une étude antérieure menée au Maryland, également financée par le NIH, qui a révélé que la plateforme Emocha aidait les patients atteints de tuberculose à atteindre un taux d’observance d’environ 94 %. Le dispositif a également démontré son efficacité en permettant aux programmes de santé publique d’économiser en moyenne 1 391 dollars (1 200 €) par patient.

    La technologie Emocha est en train d’être testée pour d’autres applications

    En dehors du prix NIH, la technologie Emocha est actuellement en cours d’évaluation par le biais d’essais et d’études cliniques chez des personnes atteintes d’autres maladies que la tuberculose, notamment de maladies infectieuses et chroniques.

    Une subvention de 1,7 M $ pour évaluer l’efficacité de l’appli chez les toxicomanes

    En 2017, la start-up américaine a par ailleurs reçu une subvention de 1,7 million de dollars (1,45 M €) pour vérifier si son application pouvait aider les toxicomanes en voie de rétablissement à suivre leurs plans de traitement médicamenteux.

    Le National Institute on Drug Abuse a par ailleurs récemment approuvé le plan d’Emocha visant à entamer une deuxième phase de recherche pour évaluer l’impact de sa plateforme chez les patients suivant un traitement à la buprénorphine pour un trouble lié à la consommation d’opioïdes. Cette recherche est actuellement menée en partenariat avec l’école de médecine de l’université de Washington et le Boston Medical Center.

  • Etude : la télémédecine pourrait améliorer la prescription d’antibiotiques

    Une étude* pilote menée dans deux centres médicaux américains en milieu rural suggère que la télésanté pourrait être un outil utile pour mettre en œuvre des programmes de gestion des antibiotiques dans les hôpitaux dépourvus de spécialistes des maladies infectieuses. Les professionnels de santé suivent mieux les recommandations. Les résultats publiés le 6 septembre 2018 dans la revue Infection Control & Hospital Epidemiology suggèrent donc que la télémédecine pourrait contribuer à la lutte contre l’antibiorésistance.

    L’antibiorésistance manque de professionnels formés

    La résistance aux antibiotiques constitue une grave menace de santé publique et pourtant le nombre de médecins et de pharmaciens spécialistes des maladies infectieuses est insuffisant pour répondre aux besoins urgents. Aux États-Unis, une enquête menée en 2012 par la Veterans Health Administration a révélé que parmi les 130 centres médicaux dispensant des soins aux patients hospitalisés, 40% ne comptaient pas de médecin spécialiste des maladies infectieuses à temps plein. Par conséquent, ce sont des cliniciens qui n’ont pas reçu de formation spécialisée en maladies infectieuses ou en gestion des antibiotiques qui mettent en œuvre des programmes de gestion des antibiotiques.

    « Lorsque les programmes de gestion des antibiotiques sont laissés à ceux qui ne sont pas formés pour les gérer, ils peuvent finalement être inefficaces », a déclaré Lauren Stevenson, chercheur au Department of Veteran Affairs de Cleveland (Ohio) et premier auteur d’une étude sur le sujet. En conséquence, notre objectif de réduire ces organismes multirésistants est plus difficile à atteindre ».

    La télémédecine pour mieux prescrire les antibiotiques

    Deux centres médicaux appartenant aux Veteran Affairs, le département des anciens combattants aux États-Unis, et situés en zone rurale, ont donc mis sur pied une étude pilote prospective afin de savoir si la télémédecine pouvait combler ce manque de professionnels formés et améliorer les pratiques. « La télémédecine peut être un moyen peu coûteux et efficace de fournir aux installations l’expertise nécessaire pour mettre en œuvre ces initiatives, éliminant ainsi certains des obstacles qui ont généralement contrarié ces efforts, » a indique Robin Jump, principal auteur.

    Dans cette étude qui a duré un an, et publiée le 6 septembre 2018 dans Infection Control & Hospital Epidemiology, des membres du personnel de deux centres médicaux ruraux sans spécialistes des maladies infectieuses ont formé des équipes qui ont discuté des infections et de l’utilisation des antimicrobiens au cours d’une vidéoconférence hebdomadaire d’une heure avec un médecin spécialisé situé dans un autre hôpital. Sur les deux sites, les participants à l’équipe de gestion des antimicrobiens par vidéoconférence ont discuté et formulé des recommandations sur environ trois cas par session, puis ont inscrit ces préconisations dans le dossier médical électronique.

    Résultats 

    • En un an, 259 cas ont été discutés lors de vidéoconférences.
    • La majorité des cas provenaient de services de soins intensifs et de soins de longue durée.
    • Environ 40% des cas étaient des pneumonies et des syndromes respiratoires, y compris des exacerbations aiguës de BPCO.
    • Dans près de 70% des cas, les professionnels guidés par visioconférence ont appliqué les recommandations.
    • La recommandation la plus courante était d’arrêter les antibiotiques. Dans les deux-tiers des cas, elle a été acceptée.

    La visioconférence plébiscitée

    Bien que l’étude n’ait pas évalué si l’intervention réduisait globalement l’utilisation d’antibiotiques dans les deux hôpitaux, des entrevues avec 24 participants – médecins, infirmières, pharmaciens, spécialistes en prévention des infections et stagiaires – ont révélé que les vidéoconférences les sensibilisaient davantage aux principes et leur avaient donné une plus grande confiance dans leur capacité à faire des choix d’antibiotiques plus ciblés et à réduire le temps pendant lequel les patients les prennent. En outre, ces professionnels ont insisté sur le fait que la vidéo facilitait la communication et contribuait à établir des liens plus étroits avec les spécialistes des maladies infectieuses.

    « Cette étude est un excellent exemple de la manière dont la technologie peut aider à fournir un accès à des connaissances spécialisées et à des pratiques qui ne sont pas toujours facilement accessibles aux petites installations », a estimé Robin Jump. L’étape suivante consistera à mesurer l’utilisation des antibiotiques sur les deux sites d’intervention et à étendre le programme à d’autres hôpitaux ayant un accès limité aux compétences en matière de maladies infectieuses. Et il y a urgence à développer la télémédecine car un article publié en 2017 dans Clinical Infectious Diseases a révélé que le nombre d’étudiants en médecine formés pour devenir des spécialistes des maladies infectieuses n’a cessé de chuter depuis 2011.

  • CPTS : les professionnels mobilisés, mais un pilotage national et des financements manquent (Igas)

    Le rapport du 6 septembre 2018 publié par l’Igas sur le déploiement des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) rend compte d’une « réelle mobilisation » des professionnels de santé pour ces CPTS malgré des soutiens organisationnels et financiers « très modestes » de la part des autorités publiques.

    En effet, la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, avait saisi l’Igas le 21 mars 2018 d’une « mission de définition d’une stratégie de déploiement des CPTS, en appui à la Directrice générale de l’offre de soins (DGOS) », rappelle l’introduction du rapport.

    Aussi, après avoir consulté les acteurs institutionnels nationaux (administrations, organisations professionnelles, fédérations hospitalières, représentants du secteur médico-social), des ARS, les Unions régionales des professionnels de santé (URPS) et des professionnels de santé membres de CPTS, la mission a constaté une « réelle » mais hétérogène mobilisation des professionnels de santé, ne disposant d’aucun cadre pré-défini, de peu de soutiens financiers par exemple pour se doter de SI appropriés. Aussi, l’Igas préconise dans ce rapport de dresser un cadre pour le déploiement des CPTS, de former et d’accompagner les professionnels de santé à l’exercice en CPTS, de proposer des outils d’évaluation continue des actions des CPTS, et de soutenir financièrement ces coopérations.

    À la suite de la publication du rapport, ces préconisations ont été très commentées par les syndicats de professionnels, notamment par le Syndicat des médecins libéraux (SML), qui redoute notamment que « les financeurs, l’État, l’Assurance maladie et les ARS [ne cèdent] à la tentation du saupoudrage » des financements.

    Le rapport est disponible dans son intégralité via le lien ci-contre.

    Bilan du déploiement des CPTS : cadre et soutiens insuffisants

    Des initiatives à attribuer aux professionnels et non à un cadre fixé a priori

    • Souplesse du cadre législatif : entre difficultés pour les professionnels et dynamisme des initiatives

    « Les dispositions de la loi du 26 janvier 2016 ne permettent pas d’identifier et de valoriser les CPTS dans l’ensemble des coordinations » constate la mission.

    En effet, cette loi, qui laisse une grande liberté d’initiative et de manœuvre aux professionnels de santé, engendre par exemple une difficulté pour les acteurs à « situer les responsabilités et les rôles respectifs des CPTS et des Plates-formes territoriales d’appui (PTA) ».

    Cependant, une telle absence de rigidité et de pilotage central des CPTS a permis l’émergence d’une grande variété de projets, dont 200 ont été recensés par les ARS, témoignant du dynamisme des professionnels de santé, dont certains se seraient approprié « l’idée de CPTS ». « Toutefois, il s’agit souvent de professionnels de santé engagés de longue date dans la coordination ou l’innovation de pratiques, maîtrisant les montages financiers et la gestion de projet, et connaissant les réseaux d’interlocuteurs et leurs pratiques », prévient la mission.

    • Absence d’accompagnement national stimulant

    « Le pilotage national des CPTS est peu stimulant, à l’inverse de celui des PTA« , indique la mission, d’après laquelle les incitations nationales au soutien des CPTS sont restées très modestes alors que les PTA sont « mieux outillées et mieux suivies par l’administration ».

    En outre, le rapport indique que « tout s’est passé comme si l’État, ayant dû concéder le caractère ascendant et non planifié de la création des CPTS, avait renoncé ensuite à organiser […] le cadre stratégique, les attendus et le déploiement de cette nouvelle modalité d’exercice ». Aussi, les acteurs de terrain auraient donc « fait au mieux » selon les enjeux propres à leur territoire, voire leurs tropismes personnels ou leurs habitudes de fonctionnement et d’organisation.

    • Accompagnement local insuffisant

    « L’accompagnement régional est généralement modeste et peu structuré », constate la mission.

    Si la création par la loi des CPTS a donné lieu à la rédaction de guides, cahiers des charges, et autres documents de cadrage par les ARS, la communication autour de ces documents par ces dernières est inégale : alors que, par exemple, l’ARS Ile de France a largement diffusé son guide, les documents d’autres régions sont restés « relativement confidentiels » – pour plusieurs ARS, la mission n’a ainsi pas pu trouver de documentation relative aux CPTS.

    Soutien financier très modeste

    • Le financement des CPTS par les ARS reste « extrêmement modeste »

    « À ce jour, le soutien financier des ARS aux CPTS est extrêmement modeste », déplore la mission, qui estime à environ 500 000 d’euros les soutiens accordés aux projets de CPTS en 2017.

    En 2018, elle anticipe à 1 ou 1,5 million d’euros les montants alloués aux CPTS, montants à rapprocher des 150 millions d’euros octroyés, hors PTA, aux réseaux en 2016.

    En outre, il est précisé dans ce rapport que ces soutiens ne sont que des financements d’amorçage : « la pérennité du financement de la CPTS n’est actuellement pas organisée au-delà de la signature de la convention avec l’ARS, hormis le cas échéant pour des actions spécifiques, par exemple de santé publique pour lesquelles les crédits sont identifiés au sein du FIR ».

    • Incitations financières par l’Assurance maladie

    « Depuis 2017, l’Assurance maladie incite financièrement les professionnels de santé à adhérer à une CPTS », rappelle la mission, qui précise que les médecins, pharmaciens, masseurs-kinésithérapeutes, sages-femmes et chirurgiens-dentistes peuvent recevoir un forfait annuel d’un montant de 100 euros à 400 euros au titre de la participation à une équipe de soins primaires, à une CPTS ou MSP.

    « Ainsi, au total, en 2017, les médecins ont été indemnisés par ce biais à hauteur de 950 000 euros pour leur participation à l’exercice coordonné », indique la mission, insistant sur le caractère « très modeste » de ces incitations financières, qui peuvent toutefois envoyer un « effet-signal » et faire connaître les modes d’exercice coordonné aux professionnels.

    Conséquence : pas de déploiement coordonné de systèmes d’information (SI) adaptés

    D’après la mission, alors que le décloisonnement entre ville, hôpital et secteur médico-social suppose la mise en place de SI à mêmes de faciliter la communication entre professionnels des trois domaines, « le déploiement et l’usage des outils socles nationaux sont très progressifs« , l’usage du DMP demeurant par exemple encore très faible.

    Le rapport souligne par ailleurs le « retard d’équipement, d’organisation et de pratique du secteur médico-social, en partie en raison de moyens insuffisants ».

    En effet, cette non adoption de ces SI appropriés ne semble par de la responsabilité des professionnels, qui mettent localement en place des SI sans disposer d’un cadre de cohérence et expriment une « demande forte d’outils de partage et d’échange de données (dossier partagé, messagerie sécurisée, messagerie instantanée, prise de rendez-vous en ligne, annuaire et répertoires communs, prescription électronique) [répondant] aux obligations de mobilité de certaines professions ». Ils demandent en particulier des solutions accessibles sur ordinateur comme sur téléphone, directement compatibles avec leur logiciel métier et immédiatement opérantes.

    Proposition d’une stratégie de déploiement

    Fixer une ambition et un cadre

    Pour fixer une ambition et un cadre au déploiement des CPTS, l’Igas recommande :

    • la fixation par la DGOS dès la fin 2018, d’un objectif partagé entre les professionnels et la puissance publique, qui pourrait être formulé ainsi : « à terme, tout patient doit pouvoir accéder à un parcours de soins organisé. La CPTS est l’organisation de référence des parcours ambulatoires » ;
    • la définir par la DGOS dès la fin 2018, au niveau national des impératifs que devront respecter les CPTS ;
    • la clarification par la DGOS dès la fin 2018 de l’articulation entre CPTS, ESP et PTA : l’ESP assure la prise en charge d’une patientèle en proximité, la CPTS est un mode coordonné d’exercice ambulatoire au service d’une population, la PTA intervient en tant que de besoin sur la gestion des cas complexes ;
    • de laisser le dimensionnement territorial, ainsi que l’organisation et la gouvernance des CPTS à l’initiative des porteurs de projets et des professionnels de santé.

    Fonder le déploiement sur l’accompagnement et l’évaluation permanente

    Pour fonder le déploiement sur l’accompagnement et l’évaluation permanente, l’Igas préconise : 

    • dès la fin 2018, de promouvoir une posture de soutien et de progressivité de la puissance publique (État et Assurance maladie) auprès des porteurs de projet ;
    • à partir du premier semestre 2019, de développer des synergies entre ARS et Assurance maladie pour l’accompagnement des CPTS, notamment dans le cadre du guichet unique créé à l’attention des professionnels de santé ;
    • d’organiser à partir de 2019, parallèlement aux décisions relatives au déploiement des CPTS, l’évaluation nationale et régionale de cette politique publique.

    Les leviers clés du développement des CPTS

    D’après la mission, les levier-clés du développement des CPTS sont : 

    • la promotion des dynamiques interprofessionnelles des CPTS dans le cadre du DPC notamment par un budget qui pourra atteindre en 2021 15 % de l’enveloppe actuelle aux actions de transformation de l’organisation territoriale de l’offre de soins ;
    • la définition de conditions de financement des CPTS et du déploiement du dispositif ;
    • l’élaboration de profils-types de CPTS selon une typologie territoriale ;
    • la confirmation de la réorientation du programme e-parcours vers l’outillage numérique des CPTS, et l’organisation de l’accompagnement territorial à l’usage des outils socles de coordination (DMP, messagerie sécurisée, e-prescription, etc.) ;
    • l’organisation d’un processus collectif d’animation de réseau et d’apprentissage s’appuyant sur des outils collaboratifs.

    Réactions du SML 

    Pour le Syndicat des médecins libéraux (SML) « les recommandations [que ce rapport] contient soulèvent à la fois des espoirs et des inquiétudes« .

    En effet, si le SML « partage l’ambition de créer un cadre général pour l’exercice en CPTS » et reconnaît également un caractère insuffisant aux soutiens alloués aux CPTS, il redoute une « dérive technocratique et coercitive » ainsi qu’un « saupoudrage des financements » ; pour le syndicat, l’élaboration d’un cadre général d’exercice en CPTS devrait :

    • faire l’objet d’une « véritable co-construction entre les syndicats médicaux […] et les pouvoirs publics » ;
    • nécessiter la conservation d’une certaine souplesse « pour que soit laissé aux médecins libéraux leur libre arbitre en matière d’organisation » ;
    • nécessiter des soutiens financiers plus importants que ceux avancés dans le rapport, « à la hauteur des enjeux » ;
    • favoriser la coordination et la coopération entre professionnels de santé libéraux sans « transfert sec des compétences » : « le médecin devra rester pilote du parcours de soins », prévient le SML, qui ajoute qu’il sera « particulièrement vigilant à ce que les CPTS n’ouvrent pas la voie au démantèlement des compétences des médecins libéraux ».

  • GINA

    Global Initiative for Asthmanull