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  • Babylon investit plus de 85 M€ pour adapter son IA à la gestion des maladies chroniques

    Le fournisseur de services de santé britannique Babylon a annoncé le 13 septembre 2018 qu’il investirait 100 millions de dollars américains, soit plus de 85 millions d’euros, pour étendre les capacités de son intelligence artificielle (IA) à l’accompagnement des patients atteints de maladies chroniques et, dans cet objectif, pour augmenter ses effectifs londoniens : d’ici septembre 2019, plus de 1 000 ingénieurs et scientifiques devraient travailler pour Babylon sur l’IA au sein d’une équipe agrandie, multidisciplinaire.

    Dans le contexte du développement international de Babylon – qui a récemment noué de nouveaux partenariats avec Tencent, Samsung, Bupa, Prudential, la fondation Bill-et-Melinda-Gates mais aussi Telus – les travaux menés par l’entreprise sur l’IA font partie d’une stratégie de long terme visant à « appliquer l’IA à la gestion des maladies chroniques« , qui coûtent très cher aux pays développés – alors qu’un quart de la population des pays développés souffrirait de troubles psychiatriques chroniques, les traitements du diabète et de l’obésité coûteraient chaque année 15 milliards de livres (soit près de 17 milliards d’euros) au NHS.

    Or, selon Babylon, la charge supportée par les systèmes de santé dans le monde pourrait être allégée « en augmentant les modèles de support existants avec une solution proactive, basée sur l’IA ». C’est pourquoi l’entreprise développe des fonctionnalités intelligentes d’évaluation de l’état de santé, de coaching et de monitoring à même de donner aux utilisateurs une vision holistique de leur santé et de les aider à se soigner de façon adaptée, personnalisée.

    En outre, la société aurait envisagé d’ouvrir ces nouveaux postes dédiés à l’IA dans diverses villes d’Asie, d’Europe, des États-Unis et du Canada. Cependant, elle aurait choisi Londres pour sa richesse en main d’œuvre qualifiée, son ouverture internationale ainsi que pour son système de santé favorisant les interactions entre de nombreux acteurs.

  • #FASN2018 : pour 94 % des acteurs de la santé, le numérique peut améliorer le parcours patient

    À l’occasion de l’étape du 20 septembre 2018 centrée sur l’hôpital du futur de la campagne Faire avancer la santé numérique (FASN), Care Insight a mené une enquête auprès des acteurs de la santé afin mettre en évidence leurs attentes pour l’hôpital, leur perception des innovations organisationnelles ou technologiques hospitalières.

    Ainsi, les réponses d’environ 300 personnes à un questionnaire diffusé entre juillet et septembre 2018 sur le site de la campagne FASN et sur les réseaux sociaux ont permis de constater que les acteurs de la santé attendent une optimisation des échanges entre professionnels à l’hôpital ainsi que de nouvelles mesures réglementaires à mêmes de favoriser l’innovation hospitalière, l’émergence de solutions numériques qui pourraient contribuer à fluidifier le parcours patient à l’hôpital.

    En effet, seuls 8% des répondants trouvent le partage d’informations au sein des hôpitaux publics « complètement efficient », et pour 44% d’entre eux, la priorité que devrait traiter le grand plan hôpital annoncé par le gouvernement en septembre 2018 est la coordination des professionnels, devant l’augmentation des effectifs salariés (22%), la modernisation de la tarification hospitalière (21%) et la réduction des déficits publics (7%). 

    De plus, 70% des participants au sondage estiment que les réglementations en vigueur ne favorisent pas l’innovation hospitalière alors que pour 94% d’entre eux, les solutions numériques peuvent contribuer à améliorer le parcours patient à l’hôpital. 59% des répondants leur trouverait même un « énorme potentiel » d’amélioration du parcours patient.

    En outre, Care Insight a interrogé les acteurs sur leur perception des regroupements hospitaliers sur les territoires, et 59% des répondants ont affirmé cette logique « compatible avec les hôpitaux de proximité préconisés par le récent rapport du Haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie » .

  • Le secrétaire d’État à la Santé britannique promeut la coopération entre le Royaume-Uni et la Chine

    Matthew Hancock, secrétaire d’État britannique à la Santé et aux Services sociaux, est en Chine pour promouvoir la coopération entre les deux pays en matière d’innovation dans le secteur des soins, a annoncé son Département dans un communiqué publié le 17 septembre 2018. « Il voyage avec certaines des plus grandes entreprises technologiques du Royaume-Uni pour développer des opportunités commerciales », est-il précisé.

    Au cours de sa visite, le secrétaire d’État rencontrera à Pékin le ministre chinois de la Santé, Ma Xiaowei, pour discuter de la manière dont les deux pays peuvent collaborer dans l’optique d’aider les patients à vivre plus longtemps, en meilleure santé et plus heureux « en exploitant le potentiel de la technologie« . « En tant que leaders mondiaux, le Royaume-Uni et la Chine doivent travailler en étroite collaboration pour aborder les nouveaux [enjeux] de santé tels que la résistance croissante aux antibiotiques, le vieillissement de la population et la puissance de la technologie », a-t-il déclaré (communiqué).

    Matthew Hancock a également participé du 18 au 20 septembre 2018 au Forum économique mondial de Tianjin, qu’il a co-présidé, notamment pour défendre les innovations mises en œuvre dans son pays dans le domaine des soins. « Je veux que le Royaume-Uni dispose du système de santé le plus avancé au monde et [cette visite est] une excellente occasion de défendre nos secteurs des sciences de la vie et de la health tech d’envergure mondiale. »

    Un accord de collaboration déjà signé avec la France (IA et numérique)

    Ce n’est pas la première fois que Matthew Hancock est chargé par le gouvernement britannique de renforcer les liens avec un autre pays dans le domaine des nouvelles technologies. Le 5 juillet 2018, il a signé à Paris deux mémorandums d’entente axés sur l’intelligence artificielle (IA) et le numérique avec le secrétaire d’État chargé du Numérique français, Mounir Mahjoubi, à l’occasion du colloque Digital France (voir article en lien ci-contre intitulé « Une alliance franco-britannique pour l’IA : mutualiser pour s’imposer à l’échelle internationale »).

    Bien que la santé ne fasse pas partie des priorités de ces accords, elle constitue le secteur dans lequel les innovations en IA seront les plus perceptibles dans les mois à venir, avait alors déclaré Mounir Mahjoubi à Health & Tech Intelligence.

  • Cap Digital, Medicen, Oncodesign, Servier & Intersystems associés autour de la médecine de précision

    Un communiqué émis par Oncodesign le 18 septembre 2018 annonce l’association de Cap Digital, Medicen et Oncodesign à Servier et Instersystems autour du projet Hu-PreciMED, qui vise à « structurer la filière française de médecine de précision » et à « gagner du temps dans l’émergence de nouvelles approches thérapeutiques et diagnostiques innovantes ».

    En effet, initialement porté par deux pôles orientés vers le numérique et le médical, et rejoint par 45 organisations publiques et privées dont les cliniques de l’AP-HP, les laboratoires d’excellence Transimmunom et Inflamex, le CHU de Lille et l’Institut du vivant Frédéric Joliot-CEA, le projet Hu-PreciMED a pour objectif :
    – de rassembler les acteurs publics et privés de la médecine de précision ;
    – de permettre à ces acteurs d’accéder facilement aux données de santé des patients ;
    – de faire évoluer les traitements et outils de diagnostics déjà disponibles ;
    – de développer des approches innovantes en médecine prédictive et préventive « en s’appuyant sur les dernières avancées du big data et de l’IA » : cette initiative s’inscrit dans la mission de préfiguration du Health Data Hub lancée par la ministre des Solidarités et de la Santé le 12 juin 2018.

    Plus concrètement, « [Medicen, Cap Digital et Oncodesign] auront un rôle pivot et vont à la fois coordonner ces collaborations, mais aussi donner accès à leurs réseaux et à leur méthodologie de travail », déclare Philippe Genne, PDG d’Oncodesign et Vice-Président du collège PME de Medicen, qui s’exprime dans un communiqué au nom des trois entreprises porteuses du projet. En effet, la conduite de ce projet – aujourd’hui financé par Medicen, Cap Digital et Oncodesign avant l’obtention d’autres financements, notamment européens – sera organisée selon 3 axes et un calendrier en 4 phases.

    Conduite du projet

    Un projet articulé autour de 3 axes

    « Le projet sera organisé autour de trois axes », est-il annoncé dans le communiqué, qui précise :

    • qu’Intersystems s’occupera d’un axe« résolution des cibles », d’utilisation des données patients afin identifier des sous-groupes à mêmes de guider l’adaptation des traitements ou de faire apparaître de nouvelles cibles thérapeutiques ;
    • que Servier sera en charge un axe « investigation de nouvelles molécules », soit d’étude des nouvelles cibles thérapeutiques permettent d’identifier des biomarqueurs et de créer de nouveaux médicaments ;
    • qu’Oncodesign pilotera un troisième axe de développement préclinique et clinique de nouveaux médicaments.

    En outre, deux plateformes numériques d’intégration des données multi-sources et d’analyse de ces données devraient être mises en place.

    Un calendrier organisé en 4 phases :

    • d’ici janvier 2019 : la première phase portera sur la conception et la construction du projet ;
    • 2019 – 2020 : la deuxième phase visera à développer et organiser la filière de la médecine de précision ;
    • 2020 – 2013 : la phase de pérennisation se concentrera sur l’aspect économique du projet ;
    • 2022 – 2023 : la dernière phase devrait permettre « d’élargir les pathologies concernées et la couverture géographique avec des partenariats à l’international« .

    Aires thérapeutiques visées

    « Si toutes les aires thérapeutiques sont concernées à terme, la phase pilote se concentrera sur les maladies immuno-inflammatoires, qui affectent 5 à 7% de la population occidentale et pour lesquelles des cohortes de patients documentées existent ou peuvent être générées », explique Oncodesign.

    L’objectif de la phase pilote sera donc, dans le domaine des maladies immuno-inflammatoires, d’identifier les cibles les plus pertinentes afin d’orienter les développements de nouveaux médicaments.

  • Télémédecine : organisation de télé-staffs sur les épilepsies rares dans le Grand Est et vers les DOM

    À l’occasion de la généralisation de la télémédecine, le 15 septembre 2018, Health & Tech Intelligence revient sur un axe particulier de la télé-expertise : le télé-staff, ou réunion de professionnels de santé dématérialisée, permise à distance par un système de télémédecine tel que celui mis en place à la fin de l’année 2017 par le CHRU de Nancy, qui permet aux professionnels du Grand Est, de Bourgogne-France-Comté et des DOM de communiquer entre eux de façon sécurisée à propos de cas d’épilepsies rares.

    En effet, ce dispositif de télémédecine, appelé Odys et porté par le Groupement de coopération sanitaire (GCS) Télésanté Lorraine et le GCS e-santé Champagne-Ardenne, permet de partager « de façon sécurisée et interactive des électroencéphalogrammes (EEG) et des EEG-vidéos avec d’autres structures hospitalières du Grand-Est, de Bourgogne-Franche-Comté et d’Outre-Mer, pour étudier à distance des cas d’épilepsies rares et complexes », précise un communiqué du CHRU de Nancy.

    Fin avril 2018, le CHU de Reims s’est également associé à ce projet afin de participer à ces télé-staffs, et d’après le site web Reseau CHU, d’autres demandes d’établissements seraient, le 20 septembre 2018, « en cours d’étude » – par exemple, un service Fort-de-France et le CHR de Metz-Thionville devraient prochainement rejoindre le dispositif.

    Finalement, « en développant des points de compétence sur tout le territoire, en lien avec les sites experts », ce dispositif pourrait soutenir la mise en place d’une filière innovante de prise en charge des épilepsies rares, difficiles à diagnostiquer mais surtout à traiter du fait de la rareté des professionnels spécialistes de ces pathologies.

    Un télé-staff pour optimiser la réponse à un besoin médical particulier

    « Les maladies épileptiques ont de nombreuses causes et beaucoup sont liées à des maladies rares (malformations corticales, vasculaires, causes génétiques et métaboliques, etc.) », explique dans un communiqué le CHRU de Nancy, où 33% des patients pris en charge pour épilepsie seraient concernés par ces causes rares.

    Or, alors que ces cas rares ont besoin de compétences multidisciplinaires, seuls deux CHU sont en mesure, dans les régions Grand-Est et Bourgogne-Franche-Comté, de fournir une expertise appropriée – le CHRU de Nancy, qui est officiellement centre constitutif du centre de référence épilepsies rares, et le CHU de Strasbourg – et il n’existait pas jusqu’à présent de réunions de concertation pluridisciplinaire (RCP) régulières permettant de discuter à l’échelle interrégionale de ces dossiers d’épilepsies rares ou complexes.

    « C’est pourquoi un système de télé-staff multi-sites avec échange audio et vidéo entre les médecins neurologues des différentes structures de santé a été mis en place », explique le CHRU de Nancy.

    Une filière innovante de prise en charge des épilepsies rares

    La solution Odys, un exemple de dispositif de télémédecine permettant la conduite de staffs dématérialisés

    De manière général, Odys permet :

    • la prise en charge des AVC en phase aiguë et des insuffisants rénaux à distance ;
    • des téléconsultations de dermatologie et de gériatrie ;
    • des téléconsultations dans des établissements particuliers tels que des centres pénitentiaires ou des EHPAD.

    Mais c’est parce qu’elle permet également de tenir des Réunions de Concertation Pluridisciplinaire à distance (e-RCP) en visioconférence, et dans ce cadre d’échanger des documents et des données de santé de façon sécurisée, qu’elle a été retenue par le CHRU de Nancy. En effet, ce service permet « une visualisation synchrone de tracés EEG, couplée à une vidéo du patient filmé lors de l’examen », précise le CHRU.

    Les premières expériences de télé-staffs d’épilepsie rare

    Trois télé-staffs ont déjà été organisés entre le CHRU de Nancy, le CHU de Besançon, le CHU de Reims et le CH de Cayenne.

    Ces télé-staffs ont notamment permis d’impliquer davantage de spécialistes en neurologie dans des réunions régulières, « sans contraintes de déplacement et avec un gain de temps dans l’organisation de ces RCP », ajoute le CHRU de Nancy. Aussi, ces staffs rendent possible l’étude de plus de cas d’épilepsies rares recensés dans des territoires différents, et la haute qualité audiovisuelle des visioconférences et des documents transmis favorise le diagnostic.

  • Dispositifs médicaux : Accuron MedTech Group ouvre un centre technologique de pointe à Singapour

    Accuron MedTech Group, le plus grand fabricant d’appareils médicaux d’Asie du Sud-Est, a annoncé le 13 septembre 2018 l’ouverture officielle de son nouveau centre de technologie (Technology Centre) à Singapour. « [Cette inauguration] marque une étape importante dans notre engagement à identifier et à développer des technologies de haute qualité qui [bouleversent le secteur médical] à Singapour et en Asie du Sud-Est », a déclaré Abel Ang, P.-D.G. du groupe.

    Le centre fournit des installations d’incubation et des services commerciaux qui seront mis à la disposition des sociétés dans lesquelles Accuron MedTech a investi.

    L’entreprise a une stratégie clairement définie pour investir dans des sociétés technologiques « hautement innovantes [ayant un fort impact sur le secteur] », complémentaires de ses activités centrées sur l’urologie et qui feront figure de catalyseurs de croissance pour ses opérations internationales.

    Plus tôt cette année, Accuron MedTech a révélé avoir investi 20 millions de dollars singapouriens (environ 12,5 M €) conjointement avec SEEDS Capital, la branche « investissement » d’Enterprise Singapore – l’agence gouvernementale chargée du développement des entreprises -, afin d’identifier et de booster la croissance de start-ups à fort potentiel basées au sein de la cité-État asiatique.

    Un centre unique pour renforcer les synergies entre les sociétés du groupe

    Depuis 2014, Accuron MedTech a effectué plus de 10 investissements stratégiques dans des sociétés innovantes, notamment dans AWAK Technologies et Advent Access, spécialisées dans les maladies rénales, ainsi que dans ASLAN Pharmaceuticals, une entreprise de biotechnologie experte en oncologie cotée au NASDAQ.

    Par l’inauguration de ce centre à Singapour, Accuron MedTech vise à renforcer les synergies entre les sociétés de son portefeuille en les rassemblant sur un lieu physique commun de plus de 2 000 mètres carrés (22 000 pieds carrés).

    Éviter les dépenses inutiles lors de la commercialisation d’un dispositif à l’international

    En évoluant au sein de cet espace unique, les différentes entreprises qui l’occupent ont ainsi la possibilité de se concentrer sur l’innovation de leurs produits sans avoir à engager des dépenses inutiles en capital ou en main-d’œuvre lorsqu’elles chercheront à commercialiser leurs dispositifs médicaux sur le marché mondial.

    Un centre de pointe

    AWAK Technologies, une société qui exploite une technologie de régénération pour l’insuffisance rénale terminale, est la première entreprise du portefeuille d’Accuron MedTech à transférer son siège au sein des nouveaux locaux.

    Les sociétés présentes sur le nouveau site pourront accéder aux multiples salles blanches et profiter des capacités de fabrication avancées du centre (prototypage rapide, fabrication clé en main, impression 3D, etc.). Elles pourront aussi tirer parti des ressources commerciales du groupe (R&D, finance, ressources humaines, business development).

    Un espace extensible

    Au fur et à mesure que les différentes entreprises du groupe migreront vers le centre technologique singapourien, il sera possible d’augmenter l’espace disponible de 50 %, précise Accuron MedTech.

  • #FASN2018 : Diabnext remporte le start-up challenge avec son carnet d’autosurveillance connecté

    À l’occasion de la campagne Faire avancer la santé numérique (FASN) organisée par Care Insight, s’est tenue le 20 septembre 2018 la finale d’un start-up challenge, événement pendant lequel deux start-ups lauréates du challenge ont eu l’opportunité de « pitcher » sur leur solution.
    Il s’agissait de Medicitus, qui propose un service de téléconsultation, et de Diabnext, fournisseur d’un dispositif permettant aux patients atteints de diabète insulinodépendant de digitaliser leur carnet d’autosurveillance.

    Ces 2 start-ups avaient été présélectionnées selon 4 critères – caractère innovant de la solution, pertinence de la stratégie de l’entreprise, cohérence du projet, cohérence et complémentarité entre les membres de l’équipe – par un jury composé de :
    – Livia Aouizerate, responsable des projets de R&D à Medicen ;
    – Amina Belkhir, déléguée régionale de Grand Enov ;
    – Joséphine Marie, chargée d’investissements Fonds Patient Autonome à Bpifrance.

    A l’issue de la séance de pitch et des délibérations du jury, Diabnext a remporté le prix « coup de cœur du jury ».

    Les services développés par les start-ups lauréates du challenge

    Le carnet d’autosurveillance connecté de Diabnext

    Laurent Nicolas, P.-D.G. et co-fondateur de Diabnext, a présenté une plateforme de monitoring du diabète reliée à un carnet digital d’auto-surveillance entièrement automatisé à destination des patients souffrant d’un diabète insulino-dépendant.

    En effet, le diabète est une maladie contraignante pour les patients, qui doivent tenir à jour un « carnet d’autosurveillance » afin d’échanger au mieux avec leur endocrinologue. Pour faciliter la gestion de la maladie au quotidien, Diabnext lancera d’ici la fin 2018 sa solution connectée à des dispositifs automatiques de recueil des données, adaptables aux stylos à insuline et aux glucomètres disponibles sur le marché : chaque mesure de glycémie effectuée avec un glucomètre et chaque injection d’insuline réalisée avec un stylo à insuline est transmise à l’application mobile Diabnext, téléchargeable sur smartphone, permettant au patient d’enregistrer automatiquement, exhaustivement et sans contrainte ses données, de les suivre précisément et de les partager avec les professionnels de santé de son choix.

    La plateforme donne également accès à des supports pédagogiques conçus pour les patients diabétiques. Une prochaine étape du développement de Diabnext consiste en l’adjonction au système d’une intelligence artificielle à même de conseiller le patient au quotidien, de façon personnalisée, dans l’objectif de l’aider au quotidien dans ses prises de décisions, notamment en ce qui concerne son alimentation et la pratique d’une activité physique adaptée.

    En outre, cette solution de Diabnext a été déclarée conforme par la DGOS pour participer au programme Etapes (Expérimentations de télémédecine pour l’amélioration des parcours en santé). Elle est par ailleurs sécurisée et hébergée sur des serveurs agréés Asip Santé.

    Concernant le modèle économique adopté par la start-up pour le déploiement de son dispositif, Laurent Nicolas a indiqué que l’application mobile Diabnext était téléchargeable gratuitement – seules des fonctionnalités supplémentaires sont payantes (abonnement d’environ 2 € par mois). En revanche, le patient doit se munir de deux appareils connectés (Clipsulin et Gluconext), capables de transmettre les données depuis le stylo à insuline ou le lecteur de glycémie vers l’application. De plus, la labellisation du système par la DGOS le rend éligible au remboursement par la Sécurité sociale.

    La téléconsultation de Médicitus

    Eric Roussin, P.D.G. et fondateur de Médicitus, était présent pour présenter une plateforme de télémédecine permettant d’obtenir une téléconsultation, éventuellement un diagnostic et une prescription, et de télécharger ses données de santé (alimentation du DMP, téléchargement des résultats d’analyses médicales, etc.). 

    Cette plateforme s’appuie sur un réseau de médecins généralistes ou spécialistes afin de proposer aux patients une prise en charge rapide, réduisant les inégalités d’accès aux soins et facilitant le suivi en sortie d’hospitalisation.

    Concrètement, cette solution de télémédecine peut permettre aux patients qui le souhaitent, après une rencontre avec l’équipe de la start-up et une brève formation à l’utilisation de la plateforme, de bénéficier à son domicile de téléconsultations.

    Elle donne également la possibilité aux médecins, qu’ils soient salariés d’un établissement de santé ou libéraux, ainsi qu’aux établissements de santé et aux Ehpad, de proposer ce type de consultations et de disposer d’un chariot d’objets connectés (stéthoscope, dermatoscope, otoscope, oxymètre, tensiomètre, etc.) reliés à la plateforme. La start-up désire aussi équiper environ 1 000 pharmacies dans le but que l’officine puisse devenir un lieu de téléconsultation pour les patients désirant un accompagnement.

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  • Rapport D. Pon/A. Coury : 8 propositions clés pour « accélérer le virage numérique » en santé

    Dans le cadre de la stratégie de transformation du système de santé, le rapport final « Accélérer le virage numérique » (en lien ci-contre) a été rendu public par le ministère des Solidarités et de la Santé le 18 septembre 2018, quelques heures après la présentation du plan « Ma Santé 2022 » par le Président de la République.

    Établi par Dominique Pon, directeur général de la clinique Pasteur de Toulouse et président de SantéCité, et par Annelore Coury, directrice déléguée à la gestion et à l’organisation des soins de la Cnam, le document présente les principaux freins au développement de la e-santé en France (un usager « oublié », un déploiement incomplet des outils de base, etc.) et 8 propositions clés pour favoriser « l’accélération du virage numérique ».

    Parmi elles :
    • définir et promouvoir un cadre de valeurs et un référentiel d’éthique du numérique, qui devront guider l’ensemble des actions en matière de e-santé ;
    • créer dès la naissance pour chaque usager un « espace numérique de santé » (ENS) sécurisé et personnalisé lui permettant d’avoir accès à l’ensemble de ses données et services de santé tout au long de sa vie.

    Principaux éléments de diagnostic

    « Au-delà d’une forte attente vis-à-vis du numérique et d’une véritable maturité des interlocuteurs rencontrés lors de cette phase de consultation, l’accélération du virage numérique en santé reste freinée par plusieurs éléments majeurs », indiquent les auteurs du rapport :

    • un usager « oublié » du virage numérique de santé ;
    • des professionnels de santé confrontés à une offre morcelée du numérique en santé, rendant les usages complexes dans la pratique quotidienne ;
    • un déploiement incomplet des outils et fonctionnalités « de base » nécessaires à un développement cohérent de la e-santé en France. Ainsi :
      • l’identification du patient ne repose pas encore systématiquement sur l’INS/ NIR ;
      • le déploiement et l’utilisation des messageries agréées MSSanté (système de messageries électroniques réservé aux professionnels de santé) ne sont pas encore pleinement effectifs ;
      • le nombre de DMP créés et alimentés demeure faible. ;
    • une stratégie nationale du numérique en santé peu lisible par les acteurs et encore incomplète ;
    • une gouvernance et une organisation insuffisamment structurées pour mettre en œuvre efficacement la stratégie nationale du numérique en santé, malgré une appétence et une dynamique des acteurs publics et privés sur le sujet.

    8 propositions clés

    1. Définir et promouvoir un cadre de valeurs et un référentiel d’éthique du numérique qui devront guider l’ensemble des actions en matière de e-santé

    Ce « cadre de valeurs partagées » devra s’appuyer sur les lignes directrices suivantes :

    • rappeler que l’objectif principal de la e-santé est d’améliorer la prévention, de réduire les risques de maladie et de perte d’autonomie, de mieux prendre en charge les patients, « bref de soigner mieux » ;
    • sortir d’une vision d’un patient « objet » de soins pour aller vers un usager « acteur » de sa santé ;
    • valoriser le professionnalisme et l’engagement des acteurs de terrain ;
    • sanctuariser la relation humaine soignant-soigné;
    • apporter une attention particulière aux personnes en situation de vulnérabilité, notamment celles présentant des difficultés d’accès ou d’exclusion vis-à-vis du numérique.

    Le comité stratégique du numérique en santé, « lieu de concertation et de partage, pourrait être le garant de ce cadre de valeurs », suggèrent les auteurs du rapport. Ils proposent à ce titre la création d’une « commission dédiée à l’éthique au sein du comité stratégique du numérique qui pourrait devenir le lieu de définition et de mise en œuvre d’un référentiel de l’éthique en e-santé ».

    2. Créer dès la naissance pour chaque usager un espace numérique de santé » (ENS) sécurisé et personnalisé lui permettant d’avoir accès à l’ensemble de ses données et services de santé tout au long de sa vie

    Il s’agira d’un « compte personnel unique » via lequel chaque citoyen pourra accéder à un portail personnalisé de services et à des applications de santé référencées. « Il sera accessible sur tous supports (smartphone, ordinateur, tablette, borne interactive, etc.) et permettra à chaque usager de gérer l’ensemble de ses données personnelles de santé ainsi que tous ses services numériques de santé. »

    3. Proposer un bouquet de services aux professionnels et aux établissements afin de simplifier l’accès aux différents services numériques de l’offre existante, dans le but d’améliorer l’organisation et la qualité de prise en charge

    Ce bouquet permettrait aux professionnels d’obtenir :

    • une meilleure connaissance de l’offre proposée par l’État, par ses opérateurs, par l’Assurance maladie et par le secteur privé (éditeurs et industriels);
    • un accès rapide aux informations utiles « pour un gain de temps au bénéfice des patients ».

    4. Recentrer la puissance publique sur le développement et le déploiement effectif d’outils de premier niveau standardisés (solutions « clés en main » facilement intégrables), afin de permettre à l’ensemble des acteurs de l’écosystème d’innover et de développer des services à forte valeur ajoutée pour l’usager et les professionnels de santé

    « L’État, ses opérateurs, et l’Assurance maladie auront la responsabilité de mettre à disposition un socle de base d’outils de premier niveau standardisés et d’en garantir le déploiement effectif », expliquent Dominique Pon et Annelore Coury. Ces outils de base constitueront « les fondations de tout développement numérique et prendront la forme de solutions clés en main, c’est-à-dire directement utilisables par les éditeurs via des API et des appels contextuels ».

    Ce « socle d’outils communs de base » devra être constitué étape par étape selon un calendrier « échelonné et progressif », précise le rapport, listant les premiers outils à déployer :

    • les messageries de l’espace de confiance MSSanté ;
    • le DMP ;
    • la e-prescription ;
    • des outils de télémédecine, notamment en raison de l’officialisation des actes de téléconsultation depuis le 15 septembre 2018.

    5. Stimuler l’innovation et favoriser l’engagement de l’ensemble des acteurs de la e-santé

    Afin de favoriser l’innovation en matière de numérique en santé, Dominique Pon et Annelore Coury proposent la création, au sein du ministère, d’un « lab » en e-santé, en lien avec Etalab* et dont le rôle serait :

    • de faire émerger, d’évaluer et de diffuser de nouveaux concepts, technologies, solutions et usages en matière de e-santé ;
    • de mettre en relation les concepteurs, les utilisateurs et les investisseurs ;
    • de réaliser des études prospectives, des benchmarks internationaux et une veille sur le numérique en santé;
    • de piloter le développement de POC ;
    • d’organiser des processus d’idéation et des concours d’innovation ;
    • d’organiser des concertations citoyennes sur les usages du numérique en santé.

    Ce « lab » sera ouvert aux professionnels, aux industriels, aux start-ups, aux prospectivistes et « penseurs » du numérique en santé.

    6. Structurer une gouvernance forte et resserrée, dotée d’un bras armé « effecteur »

    Il est proposé de « fixer clairement les rôles et responsabilités » des différents acteurs du système de santé en matière de e-santé dans le cadre d’une gouvernance renouvelée.

    7. Structurer les bases de données des professionnels, des établissements et des patients afin d’alimenter les capacités de création de services et le big data en santé

    Les auteurs du rapport estiment que le Système national des données de santé (SNDS) doit « s’enrichir de données actuellement manquantes », en particulier de données médicales (résultats des examens médicaux, connaissance des facteurs de risque, etc.) et relatives à l’environnement physique ou social des usagers.

    8. Proposer un schéma cible global pour l’architecture du système d’information de santé

    Le schéma est présenté à la page 32 du rapport (en lien ci-contre).