care_insight

  • PLFSS 2019 : 91,5 Mds€ dédiés aux soins de ville et 300 M€ pour financer la qualité dans les hôpitaux

    Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2019 (PLFSS 2019), qui sera en excédent pour la première fois depuis 18 ans (700 millions d’euros), prévoit dans les grandes lignes :
    • un budget de 91,5 milliards d’euros dédié aux soins de ville ;
    • une amplification de la portée du fonds d’innovation organisationnelle ;
    • une enveloppe de 300 millions d’euros consacrée au financement de la qualité dans les hôpitaux ;
    • un nouveau modèle de financement forfaitaire pour le diabète et l’insuffisance rénale chronique ;
    • la réforme du reste à charge zéro et l’extension de la CMU-C.

    Les principales mesures du texte ont été présentées le 25 septembre 2018 par la ministère des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, et le ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, avant que l’Assemblée nationale n’entame l’examen du projet le 23 octobre 2018.

    PLFSS 2019 : les principales mesures

    Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2019 (PLFSS 2019) confirme le relèvement de l’Ondam à 2,5 % au lieu de 2,3 %, annoncé lors de la présentation du plan « santé » le 18 septembre 2018, soit le taux le plus élevé depuis six ans. 400 millions d’euros supplémentaires seront ainsi consacrés l’année prochaine aux dépenses d’assurance maladie.

    91,5 milliards d’euros pour la médecine de ville

    Dans le détail, le secteur de la médecine libérale bénéficiera d’une enveloppe quelque peu supérieure à celle des hôpitaux : + 2,5 % à 91,5 milliards d’euros contre + 2,4 % à 82,6 milliards d’euros.

    L’investissement supplémentaire consacré à la médecine de ville sera essentiellement dédié à l’organisation territoriale des soins. Dès 2019 seront ainsi financés, entre autres, le recrutement des « assistants médicaux » (nouveau métier), la constitution des CPTS ainsi que la rémunération des nouveaux infirmiers en pratiques avancées.

    Une mesure a également été annoncée pour « faciliter » le remplacement des médecins par des étudiants en médecine ou par de jeunes médecins « qui ont une pratique ponctuelle du remplacement, en simplifiant le régime social associé » (taux unique). Les sociétés interprofessionnelles de soins ambulatoires (SISA) auront par ailleurs la possibilité d’employer directement des infirmiers en pratique avancée.

    En outre, Bercy précise que des mesures de « pertinence » seront dédiées à la radiologie (80 millions d’euros dans le cadre du protocole imagerie), à la biologie (100 millions d’euros) et aux transports sanitaires (100 millions d’euros).

    La portée du fonds d’innovation organisationnelle sera amplifiée

    De plus, le PLFSS prévoit : la structuration des hôpitaux de proximité (entre 500 et 600), le déploiement d’équipes mobiles gériatriques et des investissements numériques et immobiliers, notamment pour les hôpitaux d’Outre-mer, l’AP-HP, l’AP-HM et les établissements psychiatriques.

    Bercy a également décidé d’ »amplifier » la portée du fonds d’innovation organisationnelle (article 51 du PLFSS 2018). L’enveloppe initiale, de 30 millions d’euros, doit permettre d’ici la fin 2018 le financement de 54 projets déjà sélectionnés dans les trois modèles d’organisation (financement à l’épisode de soins en chirurgie, incitation financière à la prise en charge partagée sur un territoire, paiement en équipe de professionnels de santé en ville). L’objectif pour 2019 sera de « rendre possible des projets plus ambitieux, notamment sur le champ des établissements de santé », précise le texte.

    300 millions d’euros pour financer la qualité dans les établissements hospitaliers

    Par ailleurs, le budget dédié au financement de la qualité dans les hôpitaux a été multiplié par cinq. 300 millions d’euros, contre 60 millions d’euros actuellement, seront ainsi consacrés en 2019 aux activités des hôpitaux et des cliniques dans les domaines de la médecine, chirurgie et obstétrique (MCO), des SSR et de l’hospitalisation à domicile (HAD), afin de favoriser la qualité des soins au sein de ces établissements.

    Un nouveau modèle de financement forfaitaire pour le diabète et l’IRC

    Bercy a confirmé la mise en place d’un nouveau modèle de financement forfaitaire pour le diabète et l’insuffisance rénale chronique (IRC) dans l’optique de s’affranchir de la tarification à l’activité (T2A), que le gouvernement espère plafonner à 50 %. Le but de ce changement est d’encourager les professionnels de santé et les structures de soins à développer des actions de prévention et une prise en charge plus coordonnée du patient.

    Ce mode de financement devrait être étendu en 2020 à d’autres pathologies et à la médecine de ville.

    La réforme du reste à charge zéro et l’extension de la CMU-C confirmées

    Agnès Buzyn et Gérald Darmanin ont par ailleurs confirmé la réforme du reste à charge zéro sur les soins optiques et une partie des soins dentaires en 2020 (et sur l’audioprothèse en 2021). Des tarifs plafonds seront fixés sur les trois paniers de soins « 100 % santé ».

    L’extension de la CMU-C aux personnes bénéficiant de l’aide à la complémentaire santé (ACS), contre une contribution de 30 euros mensuels maximum, fait également partie du budget annoncé. Les deux dispositifs seront fusionnés à partir du 1er novembre 2019.

  • IRC

    insuffisance rénale chroniquenull

  • Une journée de formation au traitement des données de santé à Paris, le 26 septembre 2018

    Drive Innovation Insights (DII), filiale de Politico-Alex Springer spécialisée dans la formation des professionnels et décideurs européens, organisera le 26 septembre 2018 à Paris une journée de formation centrée sur le traitement des données de santé.

    Dans le contexte des récentes entrées en vigueur du Règlement Data Protection et du Règlement général de protection des données (RGPD), DII propose une session pour favoriser la bonne maîtrise du traitement et du partage des données médicales et comprendre « l’articulation des obligations et responsabilités des professionnels concernés ».

    Cette journée, qui commencera dès 08h30 par un petit déjeuner et s’achèvera à 17h30, sera animée par trois avocates spécialisées en droit des nouvelles technologies, de la santé, de la propriété intellectuelle ou des médias : Prudence Cadio, Eva Naudon et Olivia Roche.

    L’inscription, payante, peut être réalisée via un bulletin d’inscription à demander au services clients de Drive Innovation Insights (service-clients@dii.eu).

    Programme de la journée

    Thème n°1 : « Rappel des fondamentaux en matière de traitement et d’exploitation des données de santé à caractère personnel sur internet »

    • Qu’est-ce qu’une donnée de santé ?

    • Zoom sur le Règlement Data Protection applicable avant le 25/05/18

    • Le point sur le cadre national relatif à l’open data depuis l’art.47 de la loi Santé 2016 :quel accès aux données Programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI) et Système national d’information inter-régimes de l’Assurance maladie (SNIIRAM) ?

    • Acteurs concernés et pouvoirs renforcés de la CNIL, de l’ASIP et de l’ANAP

    Thème n°2 : « Se conformer aux obligations de collecte, de traitement et de partage des données médicales – Grands principes de protection et dérogations possibles »

    • Les droits du patient, le consentement exprès et le secret médical

    • La protection des bases de données médicales et la traçabilité des informations

    • Comment sécuriser juridiquement votre système de traitement automatisé des données ?

    • Quelles sanctions encourues en cas de non-respect de vos obligations ?

    Thème n°3 : « Du correspondant informatique et liberté (CIL) au data protection officer (DPO) : quels changements prévoir après le 25/05/18 ? »

    • Une obligation introduite par le Règlement général de protection des données (RGPD) et effective à partir du 25/05/18

    • Quelles frontières entre le CIL et le DPO ?

    • Liste des usages des datas, recommandations, médiation : intégrer les missions du futur DPO

    Thème n°4 : « Analyse des jurisprudences marquantes concernant le secret médical – Maîtriser le cadre législatif associé à l’agrément des hébergeurs de données de santé à caractère personnel, au cloud computing et aux objets connectés »

    • Identifier les conditions et les modalités d’agrément

    • Les référentiels couvrant les critères de sécurité et de confidentialité

    • Mesurer les obligations et la responsabilité des différents acteurs

    • Check-list des clauses clés à insérer dans les contrats d’hébergement

    Thème n°5 : « Sécuriser le transfert des données médicales à l’international – Maîtriser les risques juridiques liés aux flux transfrontaliers depuis l’adoption du EU‑US Privacy Shield le 12/07/16 »

  • La SFT souhaite qu’une formation nationale de télémédecine soit officiellement reconnue

    « Pris en tenaille entre improvisation et inexpérience face aux demandes des usagers, il n’est pas certain que tous les médecins, qui [ont démarré] la téléconsultation [depuis le] 15 septembre 2018, soient conscients des risques et des enjeux ! », prévient la Société française de télémédecine (SFT) dans un communiqué diffusé le 20 septembre 2018.

    Elle estime qu’il est « urgent de former aux pratiques de télémédecine », rappelant que « le Cnom a toujours précisé que le même code de déontologie médicale s’appliquait aux médecins lorsqu’ils pratiquent ou non la télémédecine ». « Le manque de connaissances et de compétences comme le non recours à l’usage vont mettre en difficultés les médecins et les professionnels de santé », insiste-t-elle.

    Pour faire face à cet enjeu, la SFT suggère que soit développée la formation initiale à « tous les aspects de la santé numérique » dans tous les cursus des professionnels de santé. Sous son égide, un diplôme interuniversitaire (DIU) de télémédecine a déjà été organisé avec 7 universités françaises : Besançon, Bordeaux, Caen, Lille, Montpellier et Nantes. D’autres DU de e-santé ont par ailleurs été créés. Le problème, selon l’organisation, est que ces diplômes « toucheront peu les médecins libéraux généralistes ou spécialistes, voire aucun autre professionnel de santé en exercice ».

    C’est pourquoi la Société française de télémédecine souhaite que l’Agence nationale du développement professionnel continu (ANDPC) puisse reconnaître « un DPC (développement professionnel continu) national de télémédecine proposé aux médecins libéraux comme à tous les professionnels de santé ». « Certains pays comme l’Australie ou les [États-Unis] exigent une certification préalable pour les médecins pratiquant la télémédecine, explique-t-elle. La France ne s’est pas encore engagée dans cette voie. Il faut rattraper le temps perdu. »

  • DU

    diplôme universitairenull

  • L’ARS Ile-de-France installe un espace de réflexion et de connaissance nommé Handicap Innovation

    Le 20 septembre 2018, l’Agence régionale de santé Ile-de-France a annoncé le lancement de Handicap Innovation dans le cadre de son plan handicap. Il s’agit d’un espace de connaissance dédié à la promotion d’initiatives innovantes en faveur de l’autonomie et de l’inclusion des personnes en situation de handicap.

    Alain Cordier, conseiller spécial du DG de l’ARS Ile-de-France, et Marc Bourquin, directeur de l’autonomie, animeront le nouvel espace, qui vise à étudier et à faire connaître par différentes voies des projets innovants conduits en France et hors de France en matière d’autonomie et d’inclusion.

    Les résultats des travaux menés seront régulièrement publiés sur le site internet de l’ARS Ile-de-France.

    Un lieu d’échanges et de rencontres pour co-constuire des projets innovants

    40 personnes portent l’initiative

    L’espace va réunir des :

    • personnes en situation de handicap ;
    • acteurs de terrain : professionnels du soin et du prendre soin, aidants, gestionnaires, acteurs associatifs ou institutionnels engagés dans le soin ou l’accompagnement ;
    • personnalités qualifiées ;
    • chercheurs issus de différentes disciplines.

    Actuellement, les personnalités portant le groupe sont au nombre de quarante, toutes invitées à titre personnel et non en tant que représentantes de leur institution ou association d’appartenance.

    Le principe est de constituer une assemblée la moins institutionnelle possible, amenée à évoluer et à se développer sous différentes formes.

    Handicap Innovation alimentera les futures réponses aux AMI et engage l’ARS et les gestionnaires concernés médico-sociaux, mais aussi sociaux et sanitaires, dans une dynamique de co-construction.

    Mission: connaître et faire connaître

    L’objectif de Handicap Innovation est de diffuser par différentes voies des projets innovants conduits dans le domaine de l’autonomie et de l’inclusion en France comme ailleurs. Cela implique les moyens suivants :

    • auditions de membres du groupe ou d’autres personnes ;
    • recensements d’articles ou de livres ;
    • comptes rendus de visites sur place (Ile de-France, en France et hors de France) ;
    • réflexions écrites ;
    • etc.

    Le dispositif vise à évaluer chaque mois des expériences réussies et pour ce faire, sur son site internet, l’ARS Ile-de-France proposera dans les prochains mois la publication des résultats des travaux conduits sous forme de retours d’expérience, de témoignages, de bibliographies, etc.

  • L’expert en téléconsultation Hopi Medical lève 2 M€ et poursuit son déploiement à l’étranger

    Hopi Medical, une entreprise française spécialiste des matériels et des logiciels de téléconsultation, a bouclé en juin 2018 une levée de fonds de 2 millions d’euros afin de poursuivre son développement en France mais aussi à l’étranger, notamment aux États-Unis, où elle dispose d’un bureau, en Suisse et au Sénégal. L’investisseur n’a pas souhaité communiquer autour de l’opération et ne souhaite pas être dévoilé, apprend Health & Tech Intelligence.

    Fondé en 2005 à Strasbourg et également implanté à Nancy, Hopi Medical a commercialisé en France 150 chariots de télémédecine dans différents établissements de santé mais aussi dans des pharmacies. Leur prix est compris entre 2 500 euros et 30 000 euros selon le niveau d’équipement. Par ailleurs, les médecins ont la possibilité de louer pour 30 euros par mois une solution de téléconsultation utilisable pour un nombre illimité de patients.

    En 2017, le chiffre d’affaires de l’entreprise s’élevait à environ 500 000 euros.

    Hopi Medical tire parti de l’officialisation de la téléconsultation en France

    Le remboursement des actes de téléconsultation, entré en vigueur le 15 septembre 2018, permet à Hopi Medical de sortir des dispositifs expérimentaux et des protocoles dérogatoires afin de déployer plus facilement ses chariots et ses mallettes de télémédecine.

    « En voyant la téléconsultation basculer dans le régime de droit commun, les praticiens prennent conscience de l’intérêt de nos dispositifs. Voici quelques mois, seuls une petite dizaine de médecins volontaires travaillaient avec nous. Ils sont aujourd’hui plus de 300 », assure Damien Uhlrich, directeur général délégué de Hopi Medical (source : Les Échos).

    L’offre de l’entreprise comprend, entre autres, Lim*Star, un chariot avec caméra motorisé et écran tactile équipé d’un lecteur de carte Vitale/CPS et d’un pulvérisateur de solution hydro-alcoolique, NeoLinks, un logiciel de vidéoconférence conçu pour le suivi à domicile, et Telemedica, un logiciel de téléconsultation.

    Une implantation en Belgique et au Sénégal

    La PME envisage de poursuivre son développement au niveau national mais aussi au niveau international. Sélectionnée en 2017 à la suite d’un appel d’offres lancé par le gouvernement sénégalais, elle équipe actuellement quinze dispensaires de campagne de matériel de télé-échographie au sein du pays.

    Par ailleurs, la plateforme de télémédecine suisse Medgate vient de lui commander plus de 200 chariots.

    Déjà un bureau aux États-Unis

    Hopi Medical dispose de bureaux à Strasbourg, à Nancy (siège) mais aussi à Houston, au Texas.

    En 2015, la société avait proposé aux 10 000 expatriés français de la ville américaine des téléconsultations avec des médecins basés en France. L’offre n’avait cependant pas été maintenue car aucun des deux systèmes de santé n’avait pris en charge le prix de la consultation à distance.

  • CIL

    correspondant informatique et libertés null

  • L’ARS ARA accompagne 21 services dans le déploiement de la réhabilitation améliorée après chirurgie

    L’Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpe (ARS ARA) a annoncé par communiqué le 14 septembre 2018 qu’elle poursuivra l’accompagnement des établissements de la région dans le déploiement de la réhabilitation améliorée après chirurgie (RAC). Concernée par le développement de cette nouvelle modalité de prise en charge centrée sur le patient, son chemin clinique et son parcours de soins depuis novembre 2015, l’ARS ARA s’est en effet engagée au cours de l’été 2018 à accompagner 21 services dans la mise en place de la RAC.

    Cette décision intervient après l’analyse des résultats obtenus à l’issue de la première démarche d’accompagnement d’établissements, qui a avait conduit l’ARS à épauler 40 services de chirurgie de la région pendant plus d’un an.
    Ces résultats ont confirmé l’impact positif des mesures coordonnées, complémentaires entre l’anesthésie, la chirurgie et les soins de suite et de réadaptation, mises en place dans le cadre de la RAC : la réhabilitation améliorée après chirurgie permet de diminuer la durée moyenne de séjour sans répercussion négative sur le taux de ré-hospitalisation et de transfert en soins de suite et réadaptation.

    « Par exemple, dans le cas d’une chirurgie orthopédique de prothèse du genou, le constat depuis la mise en place de la RAC fait état : d’une diminution de 3 jours de la durée moyenne de séjours à l’hôpital (DMS), sans aucune augmentation des taux de ré-hospitalisation, et d’une baisse des transferts des patients en soins de suite et réadaptation, de 43 % à 34 % », précise l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes dans son communiqué.

    L’accompagnement des établissements

    Méthodologie d’accompagnement

    L’ARS Auvergne-Rhônes-Alpes (ARA) a décidé, pour cette seconde vague d’accompagnement des services de santé, de s’appuyer sur une méthodologie similaire à celle qu’elle avait utilisée au cours de la première démarche d’accompagnement des établissements, lancée en 2015.

    En effet, un appel a candidatures a été lancé auprès des établissements de santé de l’ensemble de la région. Cet appel vise à identifier des services « postulants », qui n’ont pas mis en œuvre la réhabilitation améliorée après chirurgie (RAC) et souhaitent s’engager pour son déploiement, ainsi que des services « référents », qui ont déjà une expérience confirmée de la RAC et souhaitent partager cette expérience.

    Ainsi, 6 groupes ont été constitués par 15 équipes postulantes et 6 équipes référentes de chirurgies orthopédique, digestive, gynécologique et thoraciques issues de tous les types d’établissements (CHU, CH, établissements privés, etc.).

    « Il ne s’agit pas d’enseignement passif mais d’accompagnement d’une nouvelle organisation des soins », explique l’Agence régionale de santé ARA : les équipes référentes partagent leur expérience avec les équipes postulantes, selon un modèle de compagnonnage, « de pair à pair », afin de permettre aux équipes postulantes comme aux équipes référentes de progresser, de s’améliorer dans la mise en œuvre de la RAC.

    Calendrier d’accompagnement

    Le programme de travail est organisé en 3 grandes étapes, réparties sur 20 mois : après un « auto-diagnostic de la pris en charge » en juillet 2018, le mois d’octobre 2018 sera centré sur la « définition de l’organisation cible et d’un plan d’actions » et celui de décembre 2018 sur l’ »accompagnement du développement de l’organisation cible de la RAC ». Le bilan des actions menées sera enfin dressé en octobre 2019.

    « Le point fort à respecter dans l’implémentation de la démarche est la cohésion des équipes autour d’un projet d’établissement« , précise l’ARS.

    Aussi, il est prévu qu’un suivi quotidien soit réalisé pendant toute la durée de la démarche par un audit interne des pratiques : les équipes devront systématiquement enregistrer tous les patients intégrés dans la démarche RAC.

    De plus, un suivi régional trimestriel sera assuré par l’Agence régionale de santé ARA et portera sur 4 indicateurs : la durée moyenne de séjour, les indicateurs de performance de la durée moyenne de séjour, le taux de ré-hospitalisation et le taux de transfert en SSR, en fonction de la liste des groupes homogènes de malades (GHM).

  • La téléconsultation est « un vrai complément » à la consultation classique (Nathalie Salles, SFT)

    « Le fait que les actes de téléconsultation soient déjà entrés dans le droit commun alors que les actions sur le terrain prennent du temps, c’est assez surprenant et c’est une très bonne avancée« , estime Nathalie Salles, chef de pôle de gérontologie clinique au CHU de Bordeaux et présidente élue de la Société française de télémédecine (SFT).

    Dans une interview accordée à Health & Tech Intelligence, la spécialiste expose les avantages constatés de la téléconsultation, notamment dans les Ehpad, et partage son avis sur les différents dispositifs de télémédecine actuellement disponibles sur le marché. Elle estime, par ailleurs, que les autorités agissent dans le bon sens et que la téléconsultation devrait s’imposer comme un « vrai complément » à la consultation classique, et non comme un substitut, certains examens nécessitant d’examiner le patient en face à face.

    « Il faut que nous prouvions ce que la téléconsultation peut nous apporter »

    Après plusieurs années d’expérimentations, la téléconsultation a été officiellement ouverte aux Français le 15 septembre 2018. Pourquoi, selon vous, cette mise en place a été aussi longue ?

    Je ne trouve pas que cette réforme ait mis du temps à être déployée par rapport à d’autres projets en attente depuis longtemps. À titre personnel, je trouve qu’il y a eu une forte accélération dans le domaine depuis le changement de politique. Le fait que les actes de téléconsultation soient déjà entrés dans le droit commun alors que les actions sur le terrain restent rares, c’est assez surprenant et c’est une très bonne avancée.

    Que pensez-vous du fait que des négociations n’aient pas encore été engagées, du moins pour l’instant, pour transposer dans les hôpitaux publics l’accord conventionnel sur le remboursement des actes de téléconsultation ?

    Le dossier de presse diffusé par la Cnam mentionne le secteur public mais c’est vrai que l’avis des médecins spécialistes et des hôpitaux n’a pas été demandé. Il faut effectivement que ça change et que nous prouvions ce que la téléconsultation peut nous apporter.

    De multiples études sont en cours, dont une comparant les soins reçus en hôpital de jour et ceux réalisés via la télémédecine. Les premiers résultats devraient être présentés à l’occasion du Congrès européen de la télémédecine qui aura lieu les 6 et 7 décembre 2018, à Paris.

    « L’outil de téléconsultation doit être simple à utiliser »

    Combien coûte concrètement la mise en place d’un service de téléconsultation pour un médecin libéral ?

    Les médecins peuvent bénéficier de financements pour les aider à s’équiper. Différents business modèles sont en train d’être développés dans le secteur donc il est difficile d’estimer le coût moyen de la mise en place d’un dispositif de téléconsultation.

    Plusieurs sociétés ont développé des plateformes de téléconsultation en France. Comment faire le tri parmi l’offre disponible ?

    Premièrement, il faut une vidéo, une communication téléphonique ne suffit pas ; ensuite, un système sécurisé d’échange des données bénéficiant du label Asip Santé, Cnil, etc. Enfin, l’outil doit être simple à utiliser et, dans l’idéal, pas trop cher.

    Le médecin généraliste doit disposer d’un seul outil, avec un seul lien pour accéder aux différents spécialistes. Il ne faut pas que les éditeurs oublient que l’on se situe dans un parcours de soins coordonnés ; l’aspect organisationnel doit être pris en compte.

    Il existe par ailleurs plusieurs formes de téléconsultation (application mobile, cabine de télémédecine équipée de dispositifs de mesures, etc.). Laquelle de ces différentes technologies vous semble la plus adaptée à la pratique de la téléconsultation ?

    Le dispositif le plus simple (un écran, un lien, une ambiance virtuelle) me semble le mieux adapté. Nous n’avons pas émis d’avis collectif au sein de la SFT à propos des cabines de télémédecine mais, personnellement, je trouve qu’il s’agit d’un équipement assez onéreux et peu intéressant pour les patients atteints d’une maladie chronique. En revanche, elles peuvent représenter un intérêt pour la médecine du travail par exemple et pour les check-ups de personnes qui ne sont pas malades (gain de temps).

    Comment, concrètement, se passe une séance de téléconsultation par rapport à une consultation classique ?

    La téléconsultation se passe de la même manière qu’une consultation classique, mais en mieux. En Ehpad, par exemple, je me suis aperçue que j’obtenais dix fois plus d’informations parce que les patients sont au calme, chez eux, dans leurs repères et avec leurs soignants habituels. Ils sont plus réceptifs.

    Le patient voit d’ailleurs lui-même une différence. Certaines personnes m’ont confié que, lors d’une consultation classique, le médecin avait tendance à regarder son écran d’ordinateur ou ses notes, alors que par vidéo, il les regardait plus et donc les écoutait plus. Elles m’ont également expliqué qu’habituellement, c’était à elles de se déplacer, or, avec la téléconsultation, c’est nous qui venons à leur domicile. C’est un luxe pour elles !

    La téléconsultation : un complément plus qu’un substitut

    Selon vous, la téléconsultation va-t-elle plutôt devenir un complément aux consultations physiques classiques ou plutôt, à terme, un substitut ?

    C’est un vrai complément. Je ne pense pas que la téléconsultation deviendra un substitut car il faut connaître le patient en amont pour bien la pratiquer et, dans certains cas, une consultation physique est essentielle. Si je constate par vidéo qu’une consultation physique est nécessaire (pour examiner des douleurs abdominales, par exemple), je demande l’avis du malade mais aussi du médecin consultant pour programmer un rendez-vous. C’est une décision partagée.

    N’y a-t-il pas un risque d’explosion du nombre de téléconsultations avec la généralisation de cette pratique, ce qui représenterait un coût très important pour la Sécurité sociale ?

    Non, je ne crois pas. Nous sommes le 20 septembre 2018 aujourd’hui et il n’y pas eu d’explosion depuis le 15 septembre 2018. Je pense que l’adoption généralisée de la téléconsultation va prendre du temps. Tout le monde va s’y mettre petit à petit mais il y a déjà un cadre légal à appliquer. La Société française de télémédecine a d’ailleurs son rôle à jouer.

    Accès réseau : « Il y a un vrai effort à faire sur les zones blanches »

    Pensez-vous que les patients soient prêts à utiliser des services de téléconsultation ?

    Oui. Le patient a changé depuis quelques années. Contrairement à ce que l’on pensait, les personnes âgées, par exemple, sont hyper adeptes de la téléconsultation. C’est un plus pour ces personnes donc elles sont réceptives.

    Pour avoir une vision globale de l’opinion publique sur la téléconsultation, nous (SFT) sommes en train de réaliser une enquête avec les mutuelles et les assurances, qui ont questionné les citoyens français sur cette pratique. Nous devrions présenter les résultats de cette étude lors du congrès de décembre 2018.

    Je ne peux pas parler au nom de tous les citoyens mais, de manière générale, je constate que les gens n’ont plus envie d’attendre pour accéder aux soins. Le recours au médecin de famille est devenu marginal, nous sommes en train de changer de paradigme et la téléconsultation pourrait répondre aux nouvelles exigences des patients.

    Quid des problèmes d’accès au réseau dans certaines régions isolées ?

    Il y a un vrai effort à faire sur les zones blanches, qui s’avèrent souvent être par ailleurs des déserts médicaux, pour y améliorer la connexion réseau.

    Le secrétaire d’État auprès du Premier ministre chargé du Numérique, Mounir Mahjoubi, a créé un groupe de travail pour éviter ces zones blanches (la loi logement de 2018 ou loi Elan, dont l’adoption est prévue en octobre 2018, prévoit l’accélération de la mise en place de pylônes de télécommunications dans ces zones).

    Un DU de télémédecine créé avec 7 universités françaises

    La SFT organise les 6 et 7 décembre 2018 à Paris le 11ème Congrès européen de la télémédecine. Quelles autres actions envisagez-vous pour sensibiliser et former à la pratique de la téléconsultation les professionnels de la santé et les patients ?

    Sous l’égide de la Société française de télémédecine, un diplôme interuniversitaire (DU) de télémédecine a été créé avec sept université françaises (Besançon, Bordeaux, Caen, Lille, Montpellier et Nantes). Il s’adresse aussi bien aux professionnels de santé qu’aux ingénieurs, avocats et autres acteurs du secteur. Nous avons aussi mis à disposition sur notre site un book de formations (en lien ci-contre) pour constituer des formations à la carte selon le profil des personnes intéressées et selon leurs besoins.

    Nous souhaiterions obtenir le label DPC afin de faciliter l’accès à des formations spécialisées aux soignants.

    Avez-vous un modèle à l’étranger, en Europe ou ailleurs dans le monde, en ce qui concerne la pratique de la téléconsultation ?

    L’Allemagne a atteint un bon niveau en terme de télé-AVC. J’ai par ailleurs été récemment en Chine, où ils sont très en avance au niveau technologique : tout le monde utilise un smartphone. Les pays du nord de l’Europe, comme la Suède, la Finlande et la Norvège, font aussi partie des précurseurs dans le domaine de la télémédecine mais en ce qui concerne le projet de téléconsultation en Ehpad, il existe peu de modèles similaires ailleurs en Europe.