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  • Faire de l’officine du futur un hub de technologies de santé plus qu’un simple lieu de dispensation

    Au cours d’une conférence-débat intitulée « la renaissance de la pharmacie d’officine » proposée aux participants du congrès de la Fédération internationale pharmaceutique (FIP), qui s’est tenu du 2 au 6 septembre 2018 à Glasgow, le professeur en économie de la santé à la Bournemouth University, Darrin Baines, a affirmé que « dans l’objectif de conserver sa place dans le système de santé, l’officine de pharmacie devrait devenir un lieu d’expertise incontournable sur les technologies de santé et se décentrer de la dispensation [de médicaments]« .

    « Pour trouver un domaine porteur pour la pharmacie, tournez-vous vers les technologies de santé« , a-t-il insisté : d’après lui, alors que la dispensation s’automatise, le pharmacien, professionnel de santé de premier recours, devrait devenir un expert des technologies que les patients maîtrisent et demandent de plus en plus afin de devenir acteurs de leurs soins, et autour desquelles les systèmes de santé tendent à se construire.

    Ainsi, l’officine de pharmacie pourrait devenir un hub de technologies de santé plus qu’un simple lieu de dispensation.

    L’officine de demain selon Darrin Baines

    Pour s’adapter aux demandes émergentes des patients, l’officine de pharmacie pourrait devenir un local principalement dédié aux technologies de santé : les patients auront rapidement besoin d’un lieu de référence non seulement où se procurer, mais également où paramétrer, reprogrammer et réparer leurs outils connectés, et l’officine peut, en devenant ce lieu de référence, répondre à ce besoin futur des patients.

    En outre, l’officine pourrait s’adapter aux nouvelles habitudes de consommation des patients, et s’écarter de la dispensation. En effet, les nouvelles habitudes de consommation introduites par les banques et les chaînes de supermarché, qui poussent les particuliers à effectuer eux-mêmes leurs opérations d’achat, bancaires, etc. à l’aide de dispositifs connectés tels que des plateformes, des caisse automatiques, et sans employé de comptoir, montrent que la population s’est adaptée à des points de vente automatisés, voire à une absence de points de vente. Dans le domaine de la santé, le même phénomène se retrouve dans le désir de pouvoir commander des médicaments sur internet, voire dans l’engouement pour le télé-suivi : la consommation de soins de santé sort de l’officine.

    Aussi, la pharmacie pourrait s’écarter de la dispensation classique au comptoir et s’adapter à ces patients de plus en plus habitués aux technologies et dispositifs innovants.

    Les étapes proposées par Darrin Baines pour la refonte du modèle de l’officine

    Pour transformer la pharmacie d’officine, le Pr Darrin Baines propose de suivre 5 étapes :

    • mettre à disposition des patients des plateformes permettant de se connecter à des médecins, aux autres patients, à la sécurité sociale, de contacter les industriels, les associations, etc. ;
    • exploiter le temps d’attente au comptoir pour proposer aux patients de remplir des questionnaires connectés sur leurs usages du médicament, de regarder des programmes d’éducation thérapeutique interactifs, de devenir patient-experts dans le cadre d’une étude, etc. ;
    • afin que les patients continuent de recourir à leur pharmacien en premier recours, ancrer cette nouvelle officine technologique dans un réseau de santé incluant les groupes de patients ou de professionnels et les entreprises fournisseuses de dispositifs médicaux, et coordonner le parcours de soins au moyen de la connexion à ce réseau ;
    • former les pharmaciens à tout ce qui se rapporte à ces technologies de santé, et pas seulement à ce qui relève du médicament ;
    • éduquer le grand public afin de lui permettre de recourir au mieux à cette nouvelle pharmacie technologique.

    Les réactions des pharmaciens d’officine

    Si certains pharmaciens d’officine participant au congrès ont relevé que l’activité de dispensation – de délivrance du médicament et de conseils associés au traitement – est au cœur de la pharmacie d’officine, cette notion de dispensation pourrait être redéfinie, influencée au bénéfice du patient comme du pharmacien : afin de continuer à servir le patient au mieux et à exister, la pharmacie d’officine, et toutes les activités qui lui sont associées, doit s’adapter au changement, à la technologie.

    En conclusion de cette conférence-débat, le président de la FIP, Dominique Jordan, a affirmé que la communauté des pharmaciens d’officine, qui s’inquiète de ses rémunérations futures et de ne plus pouvoir offrir certains services, a le temps de s’adapter à l’innovation technologique.

  • Gleamer, une start-up qui édite une IA dédiée aux radiologues, lève 1,5 M€ auprès de Bpifrance

    Gleamer, une start-up française qui édite un logiciel d’intelligence artificielle (IA) pour les radiologues, a annoncé le 24 septembre 2018 par communiqué avoir bouclé une levée de fonds de 1,5 million d’euros auprès du fonds Ambition Amorçage Angels (F3A), géré par Bpifrance dans le cadre du programme d’investissements d’avenir (PIA), mais aussi de XAnge, d’Elaia Partners, de Kima Ventures et de business angels.

    L’entreprise a déjà engagé des partenariats stratégiques avec des acteurs clés du domaine de l’imagerie médicale et de la radiologie. La somme récoltée va notamment lui permettre de renforcer son équipe mais aussi de finaliser le développement de son offre produit et de tenter d’obtenir l’homologation CE ainsi que l’approbation de la FDA pour déployer sa solution à échelle internationale.

    « Gleamer ambitionne de devenir l’acteur de référence du diagnostic automatisé, précis et rapide en radiologie pour améliorer significativement la qualité des soins, l’expérience patient et la productivité des praticiens », a déclaré Christian Allouche, cofondateur de la société (communiqué).

    « L’IA au service de la productivité des radiologues »

    « Alors que le besoin en imagerie a doublé en dix ans, le nombre de radiologues n’a que très peu progressé », note le communiqué. Le but de Gleamer est ainsi de mettre « l’intelligence artificielle (IA) au service de la productivité des radiologues ».

    Fondé en 2017 par Christian Allouche, Alexis Ducarouge et Nicolas Cosme, la jeune société a mis au point un système de diagnostic automatisé fondé sur l’analyse d’images médicales. La workstation qu’elle propose fonctionne via un logiciel d’IA capable de détecter les lésions dans une image et de les caractériser dans un compte rendu détaillé, que le radiologue peut ensuite examiner et valider « en quelques clics ».

    Gleamer se concentre pour l’instant sur la radiographie osseuse des membres

    Gleamer a choisi, dans un premier temps, de se focaliser sur la traumatologie et notamment la radiographie osseuse des membres, « un type d’examen très fréquent mais souvent peu apprécié des radiologues car répétitif et chronophage », explique le communiqué, précisant que la fiabilité des résultats obtenus par la technologie assurait « une réduction considérable du temps d’examen » et « une amélioration significative » de la qualité du diagnostic.

    « La qualité de l’équipe fondatrice et l’intérêt des radiologues que nous avons interrogés ont pesé très favorablement dans notre décision d’investir dans cette start-up », commente Guillaume Meulle, partner à XAnge.

    Gleamer, l’une des 1ères entreprises investies par le PSL Innovation Fund

    Gleamer est l’une des premières entreprises investies par le PSL Innovation Fund, un fonds d’amorçage créé en juin 2018 par Elaia Partners et l’Université Paris-Sciences-et-Lettres (PSL). Dans ce cadre, ses fondateurs ont ainsi pu bénéficier des programmes de formation et d’entrepreneuriat de l’université PSL, et la société va pouvoir développer des collaborations avec les équipes de recherche du périmètre académique de l’Université Paris-Sciences-et-Lettres.

  • La filière santé du Conseil national de l’industrie développe sa propre plateforme numérique

    Les filières qui composent le Conseil national de l’industrie (CNI), dont celle dédiée à la santé, devront s’équiper d’une plateforme numérique opérationnelle, a rappelé le 20 septembre 2018 le Premier ministre Édouard Philippe, lors d’un discours présentant les dispositifs que le gouvernement entend déployer pour accélérer la transformation numérique de l’industrie au sein du pays (« Plan d’action pour transformer notre industrie par le numérique »). « En 2018, une filière dépourvue d’ossature numérique n’a pas de colonne vertébrale », a-t-il déclaré.

    Actuellement, deux filières (aéronautique et automobile) du CNI sur les seize existantes disposent d’une e-plateforme. Les quatorze restantes devront donc déployer la leur en définissant « les priorités qui lui correspondent ». Trois d’entre elles (santé, alimentaire et industrie de la mer) ont entamé des travaux structurants pour « mieux exploiter les potentialités du numérique », précise le dossier de presse sur l’installation du CNI numérique daté du 11 juillet 2018, ajoutant que la filière « industries et technologies de santé » a décidé de placer l’intelligence artificielle appliquée à l’analyse des données de santé au centre de ses efforts.

    Les projets de développement seront soutenus par le gouvernement à hauteur de 70 millions d’euros, dans le cadre du grand plan d’investissement (GPI). L’enveloppe globale de l’État consacrée à l’accompagnement de la transformation des entreprises vers l’industrie du futur s’élève à 500 millions d’euros.

  • IA : l’État recrute deux directeurs de programme pour la mise en œuvre des grands défis en IA

    Le ministère de lʼEnseignement supérieur, de la Recherche et de lʼInnovation a annoncé le 18 septembre 2018, dans le cadre de l’objectif « faire de la France une puissance de premier plan dans le domaine de l’innovation de rupture », le recrutement de deux directeurs de programme en charge de la mise en œuvre des grands défis fixés par le Conseil de l’innovation.

    Leur mission consiste à faire aboutir les grands défis liés à l’IA visant à améliorer le diagnostic médical par l’IA ou à sécuriser et fiabiliser l’IA, en proposant une démarche à suivre et en sélectionnant des équipes en charge de mettre en œuvre le défi. Les candidats seront sélectionnés sur la base de leurs compétences scientifiques et entrepreneuriales, ainsi que leur capacité à fédérer les acteurs.

    Les deux directeurs seront placé sous l’autorité du Premier ministre, au Secrétariat général pour l’investissement (SGPI). Les fiches de poste complètes sont disponible ci-contre.

    Les missions du directeur de programme « Amélioration des diagnostics médicaux par l’intelligence artificielle » :

    • Proposer la démarche globale à suivre pour faire aboutir le grand défi : par exemple, le grand défi pourra être segmenté en plusieurs sous-défis, correspondant à des enjeux technologiques / briques technologiques différents ; les réponses apportées au sein de chaque sous-défi devront ensuite être intégrées dans un ensemble plus vaste pour répondre au grand défi.
    • Proposer la méthode de sélection des équipes en charge de chaque défi ou 2 à 3 sous-défis : il peut s’agir de lancer un appel à projets compétitif entre start-ups, de lancer un challenge technologique largement ouvert, de financer un projet collaboratif industrie/recherche autour des développements initiés en amont par un laboratoire public, de lancer une commande publique d’innovation, etc. Il peut également s’agir de mobiliser une procédure publique déjà existante, notamment des procédures du PIA (Programme d’investissements d’avenir).
    • Organiser, en liaison avec l’opérateur qui aura été choisi à cette fin, les appels à projets ou appels d’offres nécessaires.
    • Sélectionner les meilleurs projets qui résultent de ce processus et s’assurer de la bonne contractualisation entre les lauréats et l’opérateur compétent
    • Suivre de manière étroite le déroulé des projets sélectionnés, tant au plan technique que financier (budget) et économique (business plan), les réorienter si besoin, les stopper si nécessaire et procéder de manière itérative selon cette méthode de manière à aboutir à la démonstration de la résolution du grand défi.
    • Effectuer en tant que besoin le rôle d’ensemblier vis-à-vis des sous-briques de développement pour atteindre l’objectif du grand défi.
    • Développer la communication autour du grand défi.

  • Création d’un « Pfizer Healthcare Hub » français pour accompagner les start-ups de la santé digitale

    Pfizer a annoncé par communiqué le 24 septembre 2018 la création d’un « Pfizer Healthcare Hub » français au sein du campus de start-ups parisien Station F.
    Ce hub, lancé en partenariat avec l’Institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM) ainsi que son incubateur iPEPS et financé par le fonds Pfizer Innovation, a pour dessein de contribuer à l’accélération du développement de solutions digitales en santé, en favorisant des échanges entre Pfizer et des start-ups.

    Ce Healthcare Hub « [mettra] au service de start-ups spécialisées en santé [l’expertise et les réseaux de Pfizer] afin d’accélérer leur développement et leur permettre d’apporter des solutions digitales aux patients », explique Michel Ginestet, président de Pfizer France : si l’incubateur iPEPS de l’ICM pourra proposer aux start-ups une expertise d’accompagnement et si la Station F mettra à leur disposition les services et structures nécessaires à leur développement, Pfizer partagera avec elle son réseau ainsi que son savoir-faire d’exécution et d’adaptation de solutions.

    Concrètement, après l’émission d’un appel à candidatures fin octobre 2018 et une sélection définitive des start-ups admises à participer au Healthcare Hub en janvier 2019, un programme d’accélération personnalisé d’une durée de 9 mois sera lancé au sein de Station F en février 2019.
    « Les axes de travail du Pfizer Healthcare Hub France concerneront des thématiques dans lesquelles Pfizer est historiquement engagé et possède une expertise« , est-il par ailleurs précisé dans le communiqué.

    En outre, la création de ce hub ne constituera pas une première mondiale : de telles plateformes ont déjà été mises en place par le groupe en Allemagne, en Suède, au Royaume-Uni, en Espagne et en Australie. Selon Michel Ginestet, l’implantation d’un tel hub en France montrerait que la France devient pour Pfizer « un territoire attractif en matière de création d’entreprises centrées sur l’innovation« .

  • Expanscience recrute 3 start-ups pour son accélérateur « santé, bien-être et prévention »

    Le laboratoire pharmaceutique Expanscience a lancé le 20 septembre 2018 son 3ème appel à projets à destination des start-ups porteuses de solutions dans le domaine de la santé, du bien-être et de la prévention afin de leur proposer un programme d’accélération de six mois.

    Les start-ups participantes devront disposer d’un prototype fonctionnel, prêt à être lancé en 2019, dans l’un des domaines suivants:
    • accompagnement des patients atteints de maladies ostéo-articulaires dans le maintien de leur mobilité ;
    • proximité avec les patients, les consommateurs et les professionnels de santé ;
    • modèles innovants de la conception des produits ;
    • développement d’initiatives qui contribuent au bon développement de l’enfant.

    Les candidature peuvent être envoyées jusqu’au 16 novembre 2018.

    Expanscience mobilise ses équipes et ses réseaux au bénéfice de start-ups innovantes

    Dans le cadre de sa stratégie « open innovation » initiée en 2016, le laboratoire Expanscience a lancé un accélérateur autour de la santé, du bien-être et de la prévention.

    C’est la troisième vague de l’appel à candidatures qui s’ouvre afin de sélectionner 3 start-ups qui  bénéficieront pendant 6 mois d’un accès aux équipes, aux infrastructures et au réseau commercial des Laboratoires Expanscience ainsi que d’un accompagnement sur mesure.

    Les ressources mises à leur disposition (équipes innovation, recherche et développement, marketing et médicales, etc.) leur permettront de raccourcir le temps de commercialisation de leur solution ou encore d’élargir leurs marchés potentiels.

    Karen Lemasson, directrice RSE et Open Innovation des Laboratoires Expanscience a déclaré: « Lors des deux premières saisons, l’accélérateur a permis aux start-ups et à Expanscience d’expérimenter de nouveaux modèles économiques, de nouveaux services, de nouveaux produits. L’expérience et le réseau d’Expanscience associés à l’agilité et à l’efficacité des start-ups sélectionnées ont apporté des résultats concrets aux expérimentations en seulement 6 mois ».

    Conditions d’éligibilité

    Dans le cadre de cette troisième édition de l’accélérateur, les start-ups candidates devront disposer d’un prototype fonctionnel, prêt à être lancé en 2019. Le programme de 2018/2019 leur permettra d’expérimenter leurs nouvelles offres dans les domaines ci-dessous.

    Catégorie : Mobilité des patients atteints d’arthrose

    • Télémédecine et téléconsultation
    • Solutions de prise en charge globale du patient
    • La mobilité du patient âgé
    • La prise en charge de la douleur
    • L’observance des patients âgés

    Catégorie : Proximité avec les patients, consommateurs et professionnels de santé

    • La réalité virtuelle dans les points de vente ou pour accompagner les parents
    • Décodage et accessibilité des informations produits 
    • Co-construction de produits
    • Des solutions au plus proche des patients et consommateurs (ancrage territorial)
    • Des solutions communautaires et collaboratives pour tous

    Catégorie : Nouvelle façon de concevoir des produits

    • Optimisation du time-to-market
    • De nouveaux modes d’impression des packagings
    • De nouvelles techniques d’extraction pour des produits toujours plus naturels
    • Eco-socio-conception pour des produits respectueux de l’Homme et de l’environnement (procédés, traitement des effluents, logistique, packaging etc.)
    • Des ingrédients issus de filières agricoles responsables avec un impact positif sur l’environnement
    • Traçabilité de tous les composants du produit

    Catégorie : Bon développement de l’enfant

    • Des initiatives innovantes d’étude de la sensorialité
    • La peau et le toucher au cœur de l’éveil sensoriel et cognitif de l’enfant
    • Mesure des émotions liées à des stimuli cutanés
    • L’observance chez les enfants et les adolescents
    • L’accompagnement des futurs et jeunes parents

    Calendrier

    • Dépôt des candidatures : jusqu’au 16 octobre 2018 sur http://accelerateur.expanscience.com/
    • Pitch des start-ups sélectionnées : 9 novembre 2018 
    • Début du programme d’accélération : 7 janvier 2019 
    • Fin du programme : 30 juin 2019

  • Étude : les symptômes de l’insomnie soulagés grâce à une appli de thérapie comportementale (Jama)

    L’application Sleepio de Big Health améliorerait significativement la santé, le bien-être psychologique et la qualité de sommeil des personnes souffrant d’insomnie, révèle une étude* menée pendant un an par des chercheurs de l’université d’Oxford. Ces travaux montrent que les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) réalisées via des solutions digitales réduisent les symptômes nocturnes et diurnes. Les résultats de cet essai randomisé ont été publiés le 25 septembre 2018 dans Jama Psychiatry.

    L’efficacité des thérapies comportementales en ligne confirmée

    Plus de 10 % de la population souffre d’insomnie. Depuis 2016, l’American College of Physicians recommande en première intention d’avoir recours à des thérapies comportementales plutôt qu’à des somnifères. Les thérapie cognitivo-comportementale (TCC) ont fait la preuve de leur efficacité dans la prise en charge de l’insomnie mais les professionnels formés à ces thérapies manquent. Les patients sont donc en moyenne confrontés à des délais d’attente d’au moins 6 mois.

    Plusieurs études ont déjà apporté la preuve que les TCC délivrées via des plateformes web ou des applications mobiles réduisaient les symptômes nocturnes de l’insomnie. Cependant, la plupart des personnes souffrant d’insomnie demandent de l’aide en raison des conséquences diurnes d’un mauvais sommeil. Des chercheurs britanniques de l’université d’Oxford ont donc mené une étude pour déterminer si ces thérapie cognitivo-comportementale digitales avaient un impact positif sur la santé mentale, le bien-être psychologique et la qualité de vie globale de ces personnes. En effet, l’insomnie a été identifiée comme un facteur de risque de développement de troubles de santé mentale, de maladies cardiovasculaires et de diabète de type 2.

    Un impact positif la nuit et le jour

    L’étude randomisée en double aveugle a inclus 1 711 personnes sollicitées sur les réseaux sociaux. Le but était de comparer l’utilisation d’une application mobile offrant des TCC en ligne à une prise en charge traditionnelle, qui consiste à inculquer des règles d’hygiène de vie liée au sommeil. Les résultats ont été évalués au milieu du traitement (4 semaines), après le traitement (8 semaines) et au bout de 24 semaines.

    Les chercheurs ont utilisé le programme Sleepio de la société Big Health avec son appli iOS dans le cadre de ces travaux. Le dispositif en question est entièrement automatisé et ses algorithmes permettent l’envoi d’informations ciblées selon le profil du patient ainsi qu’un soutien et des conseils personnalisés. Les séances de thérapie cognitivo-comportementales ont été découpées en 6 sessions d’une durée de 20 minutes chacune et les participants ont eu accès à l’intervention pendant 12 semaines.

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 25 septembre 2018 dans Jama Psychiatry.

    Résultats :

    • 80,8 % des personnes ont participé à au moins une séance de TCC sur l’appli Sleepio ;
    • 57,6 % ont participé à 4 séances minimum ;
    • 48,4 % ont participé à l’ensemble des 6 séances de thérapie cognitivo-comportementales.

     Le taux d’abandon était semblable à celui que l’on retrouve généralement dans les programmes de TCC. 

    À 4, 8 et 24 semaines :

    • l’utilisation de l’application mobile était associée à une amélioration significative de la santé mondiale et du bien-être psychologique ;
    • les symptômes de dépression, d’anxiété, de somnolence et d’échec cognitif ont tous montré des différences significatives en faveur de Sleepio ;
    • le degré de changement au niveau de la fatigue allait de modéré à élevé ;
    • la productivité au travail en raison de problèmes de sommeil s’était améliorée de manière faible à modérée ;
    • un effet faible mais significatif en termes d’absentéisme réduit a été enregistré.

    Le digital pour toucher plus d’insomniaques

    Les chercheurs qui ont mené cette étude ont conscience que le profil des patients n’est pas tout à fait le même que celui de ceux qui consultent. En revanche, il est représentatif des personnes souffrant d’insomnie dans la population générale.

    Ces résultats indiquent donc que les thérapie cognitivo-comportementales via des outils digitaux améliore à la fois les aspects diurnes et nocturnes de l’insomnie, « ce qui donne encore plus de poids à la recommandation clinique de la TCC comme traitement de choix pour l’insomnie, écrivent les auteurs de ces travaux. Et à notre connaissance, il s’agit de la première étude à grande échelle démontrant une relation de cause à effet entre la réduction des symptômes d’insomnie via les TCC et l’état de santé perçu [ainsi que] la qualité de vie. »

     » En utilisant un programme numérique, nous pouvons atteindre beaucoup plus de patients souffrant d’insomnie « , a conclu Jason Ong, professeur agrégé de neurologie en médecine du sommeil à la Feinberg School of Medicine de la Northwestern University.

      

  • Le CHU de Montpellier teste dans trois services la solution de prise de RDV en ligne de Doctolib

    Dans un communiqué daté du 17 septembre 2018, le centre hospitalier universitaire (CHU) de Montpellier a annoncé qu’il était en train d’expérimenter la prise de rendez-vous en ligne dans ses services d’urologie et transplantation rénale, de chirurgie maxillo-faciale et stomatologie, et de gynécologie par l’intermédiaire du dispositif développé par Doctolib.
    Cette phase de test, qui durera jusqu’à la fin de l’année 2018, pourrait mener à l’adoption de cette solution par d’autres services du CHU.

    Du point de vue de l’établissement de soins, l’objectif premier de cette expérimentation est d’améliorer son accessibilité en permettant aux patients de prendre rendez-vous simplement, gratuitement, 24h/24 et 7j/7 pour une consultation via le site internet du CHU ou les URL des trois spécialités concernées.

    Cette démarche s’inscrit dans une vision plus large de « modernisation et de fluidification du parcours de soins [du centre], qui accueille plus de 550 000 consultations externes par an », notamment par le biais du numérique, indique le communiqué.
    Le projet d’établissement 2018-2022 encadre le développement des outils numériques à même non seulement de rendre le CHU plus accessible mais également de le recentrer sur la relation entre usagers et professionnels : ce nouveau mode de prise de rendez-vous, qui ne remplace pas mais complète les méthodes traditionnelles de prise de rendez-vous, participe au dégagement de « temps administratif et médical » au profit des patients.

    En outre, par son système de rappels réguliers avant une consultation et de signalement d’oublis et de retards, une telle solution permet de diminuer le nombre de rendez-vous non honorés et ainsi les délais d’attente.

  • Docavenue (Cegedim) lance sa solution de téléconsultation au niveau national

    Quelques jours après l’entrée en vigueur du remboursement de la téléconsultation en France, Docavenue, une start-up du groupe Cegedim à l’origine d’une offre de télémédecine assistée, a annoncé le 20 septembre 2018 par communiqué le lancement début octobre 2018 de sa solution de téléconsultation au niveau national. La technologie s’appuie sur l’expertise de Cegedim dans le domaine de la digitalisation du cabinet médical.
    « Ce [projet] fait suite à des expériences prometteuses, notamment en Espagne et en région Centre-Val de Loire », précise le communiqué.

    Dans ce contexte, la société Docavenue, qui va bientôt fêter son « 100 000ème client professionnel de santé en France », a déclaré qu’elle allait créer « une structure agile » et recruter 100 collaborateurs au sein de l’Hexagone afin de soutenir le déploiement de son offre, dont les précommandes ont débuté.

    La nouvelle solution de la start-up comprendra toutes les étapes d’une téléconsultation :  prise de rendez-vous à distance ou téléconsultation immédiate, vidéo sécurisée, paiement en ligne, salle d’attente virtuelle, accès aux documents des patients, transfert sécurisé des ordonnances, etc. Un dispositif qui se veut « simple à mettre en œuvre et sûr », assure Cegedim.

    L’outil est dédié aux médecins libéraux souhaitant pratiquer la téléconsultation auprès des patients dont ils sont le médecin traitant, comme l’autorise désormais la loi, mais aussi aux patients à mobilité réduite ou habitant dans des déserts médicaux.

  • Prévention : le HCSP recommande d’impliquer localement les offreurs de soins et d’adapter les SI

    Le Haut conseil de la santé publique (HCSP) a annoncé par communiqué le 24 septembre 2018 la publication d’un rapport sur la place des offreurs de soins – établissements de santé, centres, maisons et pôles de santé, communautés professionnelles et territoriales de santé (CPTS) – dans le développement de la prévention et de la promotion de la santé.

    Cet avis résulte d’une saisine du 30 juin 2017 de la Direction générale de la santé et de la Direction générale de l’offre de soins portant sur la place de la prévention au sein des établissements de santé. Aussi, le HCSP, après avoir mené des auditions, a réalisé une enquête en ligne auprès des différentes unions régionales des professionnels de santé, dressé un bilan des acteurs, des actions, de l’organisation territoriale et des formations, puis rédigé ses recommandations.

    L’objectif d’un tel texte est d’émettre des recommandations visant à structurer et à développer les pratiques préventives de ces acteurs des soins, d’améliorer la qualité et la pertinence de leurs actions, et de mieux articuler leurs pratiques avec celles du secteur non soignant, indique le communiqué : pour que le système de santé français puisse réaliser un « virage préventif », l’ensemble des acteurs doit être mobilisé.

    Or, ce rapport révèle une activité de prévention des offreurs de soins hétérogène, dispersée, dépendante des personnes, souffrant d’un manque de reconnaissance, d’organisation et de soutiens financiers, entre autres.
    C’est pourquoi, le HSCP recommande de soutenir l’implication des offreurs de soins pour « développer une politique de santé territoriale cohérente, adaptée aux problèmes locaux et fondée sur une meilleure articulation entre soins et prévention », et pour ce faire :
    • de « mieux structurer l’organisation territoriale des missions de prévention et de promotion de la santé des offreurs de soins » ;
    • d’adapter les systèmes d’information (SI) à la prévention.

    Le rapport complet est disponible dans son intégralité via le lien ci-contre.

    La structuration à l’échelle des territoires des actions de prévention

    Recommandations sur l’évolution des systèmes d’information pour faciliter la mise en œuvre d’actions de prévention par les offreurs de soins

    Une évolution des systèmes d’information (SI) doit favoriser la structuration des actions de prévention et ces nouveaux SI devront servir de support à ces actions.

    Le Haut conseil de la santé publique (HCSP) recommande en particulier :

    • de de faire évoluer le DMP vers un système intégré comprenant les données de prévention individuelle et les données produites par les services de soins à orientation préventive ;
    • mettre en place dans chaque région une base interrogeable multi-sources contenant des informations relatives à la prévention ;
    • de définir un tableau de bord régional permettant de déterminer les besoins de la population et de suivre les politiques de prévention.

    Structurer en région l’organisation territoriale des missions de prévention et de promotion de la santé des offreurs de soins

    Afin de structurer les actions de prévention et de promotion de la santé à l’échelle territoriale, le HCSP recommande :

    • de définir clairement les différents niveaux territoriaux de décision, d’organisation et d’action à mettre en place ;
    • de définir dans chaque région et dans chaque territoire une politique de promotion de la santé par le biais d’un plan régionale de santé (PRS) ;
    • de définir à partir des différents niveaux territoriaux une organisation cohérente de la prévention ;
    • de créer une instance de coordination dédiée à la prévention permettant une coordination stratégique de la politique de prévention dans les milieux de soins et hors de ces milieux ;
    • d’intégrer systématiquement les offreurs de soins dans les contrats locaux de santé (CLS) ou les projets territoriaux de santé conduits par les conseils territoriaux de santé (CTS) ;
    • de mettre en place à l’échelle territoriale ou locale des référents de prévention ;
    • de créer au sein des hôpitaux ou des GHT une structure de prévention en charge de l’application des 8 missions de prévention dans le cadre du projet d’établissement, animé par un praticien de santé publique.
      Ces « 8 missions pour la prévention et la promotion de la santé », qui visent à favoriser l’implication des offreurs de soins dans la prévention, sont les suivantes :
      • Mission 1 : mettre en place une prévention personnalisée et systématisée pour tous les patients qui le nécessitent lors d’une hospitalisation ou d’une consultation.
      • Mission 2 : orienter et adresser en proposant au patient, si nécessaire, une prise en charge préventive spécifique, individuelle ou collective et en l’orientant vers des structures spécialisées internes ou externes à l’établissement, en assurant son suivi (addictologie, psychologie, diététique, activité physique adaptée, etc.).
      • Mission 3 : contribuer au repérage et au signalement de situations de vulnérabilité potentiellement à risque, en favorisant une réponse rapide et des actions de médiation et d’accompagnement.
      • Mission 4 : être le relai d’événements nationaux concernant la prévention en participant activement aux campagnes de communication grand public en les relayant sur le terrain.
      • Mission 5 : mettre en place une politique partenariale et intersectorielle de la promotion de la santé.
      • Mission 6 : promouvoir la santé des professionnels en s’engageant dans une démarche promotrice de santé et en déployant des actions à leur attention (établissements promoteurs de santé).
      • Mission 7 : contribuer au suivi de la politique de prévention et de promotion de la santé en produisant les indicateurs nécessaires.
      • Mission 8 : contribuer au développement de la recherche interventionnelle, des innovations organisationnelles et à l’évaluation des besoins en prévention et en promotion de la santé.