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La croissance de la consommation de soins et de biens médicaux (CSBM) a diminué en 2017
Les résultats des comptes de la santé, qui ont été publiés par la Drees le 10 septembre 2018 et qui rendent compte de la consommation de soins en France et la replacent dans une perspective internationale, a révélé une croissance de la consommation de soins et de biens médicaux (CSBM) historiquement basse : elle n’aurait augmenté que de 1,3 % en 2017, contre 2,0 % en 2016, en raison du « fort ralentissement des soins hospitaliers ».
En 2017, la CSBM s’élevait à 199,3 milliards d’euros, soit environ 2 977 euros par habitant, 8,7 % du PIB et un léger repli par rapport à 2016.
En outre, elle était financée à 77,8 % par la Sécurité sociale, soit 0,2 point de plus par an entre 2008 et 2017. Cette augmentation pourrait s’expliquer par « la hausse du nombre d’assurés exonérés du ticket modérateur liée au vieillissement de la population et au développement des pathologies chroniques« .
La part du reste à charge direct des ménages dans la CSBM a poursuivi son mouvement de baisse régulière depuis 2008. Ainsi, au sein des pays de l’OCDE, la France serait le pays où le reste à charge des ménages est le plus limité en part de la dépense courante de santé au sens international (DCSi) – qui recouvre la CSBM majorée notamment des dépenses de soins de longue durée et des subventions au système de soins.Par ailleurs, la publication de tels résultats a suscité des réactions notamment de la part de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (SFPF) qui, en septembre 2017, avait contesté la méthodologie utilisée dans le rapport annuel de la Dress : selon le SFPF, cette méthodologie se traduit par une majoration injustifiée de la consommation de médicaments non remboursables, entretenant l’idée que les pharmaciens d’officine incitent à la consommation de médicaments non remboursables et servant « ceux qui militent, à grand renfort publicitaire, pour une dérégulation du marché des médicaments non remboursables ».
Aussi, la SFPF s’est félicité cette année des corrections apportées par la Dress qui, conformément aux analyses du syndicat, a revu dix années d’historique, ramenant par exemple la consommation de médicaments non remboursables de 4,069 milliards d’euros à 2,806 milliards d’euros en 2016. -
Les sociétés health tech Novadiscovery et Koelis (Lyonbiopôle) obtiennent le label French Tech
Après avoir auditionné le P.-D.G. de Novadiscovery, François-Henri Boissel, et le P.-D.G. de Koelis, Antoine Leroy, le comité de sélection du Pass French Tech #HealthTech a décidé à l’unanimité d’intégrer les deux entreprises dans la promotion nationale 2018 du Pass French Tech, a annoncé le 10 septembre 2018 dans un communiqué le pôle de compétitivité santé de la région Auvergne-Rhône-Alpes Lyonbiopôle, qui assure depuis 2016 le rôle d’opérateur santé du Pass French Tech.
Novadiscovery et Koelis ont notamment été sélectionnés en raison de leur chiffre d’affaires « en hyper-croissance ». Les deux lauréats bénéficieront d’un accompagnement poussé afin de poursuivre leur développement. Il s’agit des deux premières « pépites régionales » à faire leur entrée dans le cercle restreint des sociétés labellisées « French Tech », précise le communiqué.
Novadiscovery est une entreprise lyonnaise qui a mené pour la première fois en France des essais cliniques in silico afin de prédire l’efficacité d’un médicament en amont des essais sur l’homme. Koelis est quant à elle une société basée à Meylan (Grenoble-Alpes Métropole) qui développe et commercialise des dispositifs de navigation chirurgicale pour le diagnostic et le traitement ciblé du cancer de la prostate. Les deux entreprises sont membres de Lyonbiopôle.
Les réactions des deux lauréats
Pour François-Henri Boissel (Novadiscovery), cette labellisation est « une très bonne nouvelle pour l’entreprise » :
« L’internationalisation est un enjeu primordial pour notre société, qui vise notamment le marché américain où la FDA est un fervent support des approches in silico pour dé-risquer le développement de nouveaux médicaments et maximiser les chances des patients dans les essais cliniques. Aux [États-Unis], les sociétés biotech comme pharma sont, de fait, ouvertes à notre approche, exploitant la modélisation mathématique nourrie de connaissances scientifiques et cliniques. Cette dernière permet d’améliorer la probabilité de succès en réduisant les coûts et le [délai de commercialisation] de nouvelles thérapies.
Avec le Pass French Tech, nous serons accompagnés dans cette phase d’hyper-croissance cruciale afin de choisir la bonne trajectoire pour devenir leaders mondiaux d’un marché en émergence. Le Pass et ses partenaires facilitent les démarches à tous les niveaux pour que, sur les plans stratégique, tactique et opérationnel, nous soyons en capacité de monter en puissance très rapidement. À titre d’exemple, en tant qu’opérateur French Tech, nous pourrons bénéficier de procédures accélérées pour l’obtention de visas pour des profils étrangers. Nous sommes ainsi réellement choyés pour être dans les meilleures conditions afin de développer notre entreprise ! »
Antoine Leroy (Koelis) :
« Lyonbiopôle m’a proposé de candidater au vu de nos bonnes performances ces 3 dernières années. Avec une croissance moyenne de chiffre d’affaires de 50 % en 3 ans, notre dossier a été retenu par le comité, d’autant qu’il porte sur un domaine touchant la santé publique et pour lequel une technologie de pointe est née en France.
Je suis heureux et fier d’être lauréat du Pass French Tech. Il s’agit tout d’abord d’une reconnaissance des années de travail et de la réussite que nous vivons – de quoi communiquer en interne pour encourager nos 40 salariés. De plus, cette labellisation met en lumière Koelis parmi les nombreuses PME innovantes qui cherchent l’appui de partenaires pour créer ou renforcer un cercle vertueux croissance/financement. Enfin, il s’agit également d’un engagement de ma part à promouvoir et participer au réseau French Tech dans le monde. Ainsi, je me tiens à la disposition des pilotes de la French Tech pour jouer ce rôle d’ambassadeur à l’international. »
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#FASN2018 : la chirurgie sera renouvelée grâce à la robotique et à la réalité virtuelle (B. Gayet)
Le Dr Brice Gayet, chirurgien général viscéral de l’Institut Mutualiste Montsouris (IMM), est intervenu à l’occasion de l’événement FASN-Hôpital du futur qui s’est tenu le 20 septembre 2018 à Paris pour présenter sa vision du bloc opératoire de demain.
Il affirme que la réalité virtuelle, la réalité augmentée et les robots synergiques vont porter la révolution du bloc opératoire et que le progrès ne viendra pas par la nouveauté clinicienne. Ce sont l’imagerie et la simulation qui transformeront la chirurgie et le bloc opératoire.
L’avenir de la chirurgie réside dans les NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives), les objets connectés et la télémédecine avec deux déclinaisons particulières, à savoir :
• le télémentoring qui consiste à guider un chirurgien au bloc grâce à un appel par visioconférence ;
• la téléstration qui consiste à dessiner sur une vidéo pour indiquer notamment la zone à inciser, etc.Ces évolutions techniques remettent en cause les modèles structurels actuels autour de la chirurgie, des métiers et des techniques, avec une évolution rapide et marquée vers la chirurgie interventionnelle-endoscopique.
Selon lui, il apparaît crucial d’admettre que les innovations majeures ne viendront plus des cliniciens. L’innovation viendra des NBIC, à savoir des nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives, et de la robotique. L’émergence de la génomique et de la médecine prédictive et personnalisée va façonner la manière de soigner de demain.
Chirurgie ambulatoire, tendance confirmée
Il souligne le retard de la France dans la mise en œuvre de la chirurgie ambulatoire, alors que de nombreux pays européens ont fait leur révolution grâce à l’ambulatoire : les actes chirurgicaux en France en ambulatoire n’ont toujours pas atteint les 50 % d’actes chirurgicaux. Il cite le contre-exemple de l’Angleterre où la chirurgie est ambulatoire par défaut – le recours à une hospitalisation dans le cadre d’une chirurgie exige une autorisation préalable.
Les réalités virtuelle et augmentée accroissent l’efficacité d’une opération chirurgicale
L’intérêt de la chirurgie en réalité augmentée
Pour montrer l’intérêt de la chirurgie en réalité augmentée, le Pr Brice Gayet a évoqué l’apport de ce type de chirurgie à des interventions telles que l’ablation des tumeurs du foie : la simulation permet par exemple de comprendre la façon dont une tumeur s’étend dans le foie au sein des segments et sous-segments de l’organe, et éventuellement de réduire le nombre d’interventions nécessaires. « On ne traite plus les livres d’anatomie, on traite les malades eux-mêmes grâce à la simulation à partir d’images en coupe« , clame-t-il.
Chirurgie virtuelle au brouillon
Le Dr Gayet affirme que l’on peut faire de la chirurgie virtuelle « au brouillon », pour former et pallier le manque d’expérience du chirurgien.
Ainsi, la laparoscopie* virtuelle permet de tester l’exécution d’actions, de constater le résultat de l’intervention et éventuellement de la recommencer, de corriger son geste afin d’éviter les erreurs préjudiciables pour le patient.
Pour reprendre l’exemple de la chirurgie du foie, un logiciel de simulation permet déjà de simuler l’ablation de l’organe avec indication de la partie restante et alerte si le pourcentage minimal nécessaire à la survie du patient est atteint, ce qui oblige le chirurgien à revoir son protocole.
Par ailleurs, la chirurgie totalement virtuelle, dématérialisée, fait partie des méthodes qui existent actuellement. Cela permet à un opérateur équipé d’un casque de réalité virtuelle et d’un stylet de s’exercer aux gestes à reproduire au cours d’une chirurgie. Il travaille sur des images qui forment une reconstitution en 3D des images issues d’un examen par scanner.
En chirurgie hépatique, cette technique permet alors de:
- préparer son opération en visualisant les parties à retirer de l’organe, dont les images peuvent être projetées sur le foie réel du patient afin d’augmenter la précision du geste chirurgical ;
- vérifier la qualité de la chirurgie exécutée virtuellement en recoupant le résultat obtenu avec les images de la tumeur issues du scanner.
La chirurgie en réalité augmentée
En évoquant la réalité augmentée, Brice Gayet présente l’exemple d’un bloc opératoire équipé de 7 écrans sur lesquels peuvent être projetées respectivement des images réelles du foie du patient, des clichés de réalité virtuelle du foie de ce même patient et une superposition des deux images précédentes, ce qui aide à l’exécution précise et pertinente de certains gestes particuliers.
La chirurgie assistée par fluorescence pour révéler l’invisible
Brice Gayet a cité la technique de chirurgie assistée par fluorescence appelée NIR/ICG, qui, au moyen d’un rayonnement infrarouge et d’une administration préalable de vert d’indocyanine, permet au cours de l’intervention, de révéler au chirurgien l’emplacement exact de structures difficilement visibles à l’oeil nu.
Ainsi, en chirurgie viscérale, cette technique peut permettre de visualiser extemporanément et précisément l’emplacement et la forme des voies biliaires, ainsi que d’éventuelles fuites biliaires invisibles à l’œil nu.
Les apports de la robotique
Les robots synergiques pour une chirurgie de précision
Le robot synergique est un assistant du chirurgien, une aide qui, au cours de l’opération, garantit au patient un certain niveau de sécurité. En effet, ce robot permet de définir au préalable des zones « interdites », à ne pas toucher pendant l’opération.
Brice Gayet donne également l’exemple d’un outil à même d’aider à stabiliser l’aiguille utilisée pour canuler* la veine centrale de la rétine, une zone de petite surface. Le geste du chirurgien ophtalmologiste gagne 2000 fois par seconde en stabilité et le rendu est beaucoup plus homogène.
L’endoscopie assistée par des robots, le futur de la chirurgie
Le Dr Gayet souligne que de nombreux actes de la spécialité digestive, autrefois chirurgicaux, relèvent aujourd’hui de l’endoscopie. Il en va de même de la cardiologie qui est devenue cardio-interventionnelle. En effet, aux États-Unis, actuellement, plus de 50% des actes chirurgicaux sont endoscopiques, un tel engouement s’expliquant par une réduction des risques pour le patient (actes moins invasifs qu’autrefois) ainsi que par une diminution des coûts liés aux interventions.
Il prône alors l’usage d’endoscopes modernes qui permettent de réaliser de nombreux actes. Il cite comme exemple le plus abouti un endoscope asiatique de 2,5cm dénommé « le crabe », car il dispose à son extrémité de pinces permettant de réaliser des actes de chirurgie. Cependant, le Dr Gayet estime que c’est la robotique qui va révolutionner ces nouvelles pratiques chirurgicales de plus en plus endoscopiques.
Pour la chirurgie, le progrès, ce n’est pas pas la nouveauté mais l’amélioration des soins et la baisse des coûts. « Il va arriver par la robotique », prévoit-il, la robotique qui permet de faire des choses assez révolutionnaires comme l’interface cerveau-ordinateur-machine qui permet de déplacer les objets par la force de la pensée ou la télékinésie – commander les objets par la pensée.
Évolutions sociologiques
En parallèle des évolution technologiques liées à la robotique employée au bloc vont s’opérer des changements structurels et organisationnels.
- Selon le Dr Gayet, on va de plus en plus évoluer vers une chirurgie de ville, et les hôpitaux seront moins nombreux. On va par conséquent aller vers des périodes d’hospitalisation de plus en plus courtes, avec un souci particulier accordé à la phase post-opératoire.
- Il souligne également le changement qui s’opère du côté du patient, qui, de plus en plus informé, va mettre en concurrence, comparer et devenir plus exigent envers le chirurgien.
- La chirurgie est déjà en passe de devenir interventionnelle, donc une réflexion sur le bloc opératoire lui-même est nécessaire : ce dernier se transforme progressivement en « plateau interventionnel » et le rôle du chirurgien lui-même est amené à changer.
- Les médecins seront obligés d’acquérir des techniques très différentes, nombreuses et nouvelles dans le cadre de leur exercice, tout en devenant les dépositaires d’un savoir-faire ancien.
- Les changements qui s’opèrent actuellement vont affecter les modes d’exercice et les modèles économiques.
Selon lui, la réalité virtuelle et la reconstitution du champ opératoire sont indéniables, et le recours à la réalité augmentée se banalisera au bénéfice de la sécurité du patient.
L’IA fera évoluer dans le bon sens la décision médicale et la relation patient
Selon lui, l’intelligence artificielle va considérablement impacter les métiers en agissant principalement sur l’aide à la décision ainsi que sur la relation patient-professionnel. Le recours à l’IA permet de gagner en précision et du temps pour se consacrer au patient, qui a besoin d’attention et d’accompagnement en particulier s’il est atteint de pathologies lourdes ou chroniques.
Finalement, Brice Gayet regrette l’absence de connaissances dans des domaines tels que la littérature, la psychologie ou les sciences cognitives, qui doivent contribuer à la formation des médecins du 21ème siècle, siècle qui impose selon lui une redistribution des rôles et une redéfinition des métiers.
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Servier et Poietis s’associent autour d’un projet de bio-impression 4D de tissus hépatiques
Servier, laboratoire pharmaceutique international et Poietis, start-up spécialisée dans la production de tissus vivants bio-imprimés, ont annoncé le 19 septembre 2018 avoir conclu un partenariat scientifique pluri-annuel portant sur l’utilisation de la technologie de bio-impression 4D de Poietis pour le développement et la production de tissus hépatiques.
L’objectif est de proposer un modèle préclinique efficace pour la détermination de l’hépatotoxicité d’une molécule, à savoir son pouvoir de provoquer des dommages au foie, sachant que les modèles existants ont une durée de vie trop courte ou nécessitent une mise en œuvre complexe. La technologie proposée par Poietis présente le potentiel de pouvoir dépasser les limites des modèles actuels.
Un micro-tissu permettant l’étude in vitro des phénomènes inflammatoires
Le projet qui réunit les deux acteurs a pour objectif de garantir la sécurité non clinique des molécules produites par le laboratoire Servier.
Traditionnellement, l’équipe en charge de la sécurité non clinique utilise des outils classiques de toxicologie in vitro en recourant aux modèles animaux ou aux divers modèles de culture de cellules humaines, qui, du fait de leur courte longévité et complexité, présentent une utilité limitée.
De la collaboration entre les deux acteurs est censé naître un nouveau tissu hépatique humain bio-imprimé complexe avec des lignées de cellules hépatiques humaines et des cellules immunocompétentes dans une architecture définie afin d’imiter in vitro le tissu hépatique humain et de prévoir l’hépatotoxicité des molécules.
Réduire les effets indésirables hépatiques
Le modèle de tissu humain permettra de :
- faire progresser la compréhension des mécanismes d’hépato-toxicité ;
- offrir des tests pour détecter le plus tôt possible d’éventuels effets délétères lors du développement des médicaments du laboratoire ;
- réduire les effets indésirables hépatiques chez les patients dès la phase de tests cliniques.
« Ce partenariat pluriannuel sur le développement de tissus hépatiques par bio-impression marque une étape importante pour le déploiement de la bio-impression 4D dans le domaine pharmaceutique. Suivant la mise en place de la collaboration avec la Katholieke Universiteit Leuven, l’université néerlandophone belge dont le siège est à Louvain, sur la bio-impression de cartilage pour la réparation tissulaire, ce nouveau partenariat scientifique avec les laboratoires Servier s’inscrit dans la stratégie de Poietis qui vise à étendre les applications de sa technologie en dehors des premières applications en dermo-cosmétique« , a ajouté le Dr Fabien Guillemot, Président et Directeur Scientifique de Poietis.
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#FASN2018 : Trop de réglementations en IA incite à recourir à des solutions non éthiques (D. Gruson)
« Le risque éthique principal du numérique et de l’IA en santé, c’est qu’il n’y ait pas assez d’IA et de numérique dans le secteur » pour que les risques potentiellement engendrés soient mesurables, a déclaré David Gruson, membre du comité de direction de la Chaire santé à Sciences Po Paris, lors de la table ronde « IA et robotique : quelle place leur donner dans l’organisation des soins ? », qui s’est tenue le 20 septembre 2018 à Paris. La conférence était organisée par Care Insight à l’occasion de l’étape Hôpital du futur de la campagne Faire avancer la santé numérique (FASN).
« Le deuxième risque éthique est que, si trop de réglementations sont mises en place en France sur ces questions, on va encourager le recours à des solutions algorithmiques conçues ailleurs, sur lesquelles nous n’avons aucune base de régulation éthique« , explique l’expert. Il cite en exemple l’autorisation par la FDA, le 11 avril 2018, du premier algorithme de diagnostic sur les rétinopathies diabétiques, auquel peut donc désormais recourir un patient français en déboursant une centaine de dollars. « Il y a dans ce cas un risque d’absence de contrôle éthique sur la base de données utilisées par l’algorithme mais aussi un risque sur le principe de solidarité du système car il y aura des inégalités d’accès en fonction du niveau des revenus. »
En dehors de ces deux risques majeurs, David Gruson identifie 3 problématiques relatives à l’utilisation de l’intelligence artificielle et du numérique dans le domaine de la santé :
• en cas de défaillance d’une IA apprenante (machine learning), qui est tenu pour responsable ? ;
• le risque de délégation du consentement et de la décision médicale ;
• la mise en balance de l’intérêt individuel et de l’intérêt collectif.1. Responsabilité : le problème de l’IA apprenante (machine learning)
L’impact du développement de l’intelligence artificielle (IA) sur la responsabilité des professionnels de santé est plus ou moins complexe selon les situations. « Au regard de l’état du développement de l’IA, le cadre juridique actuel de la responsabilité permet de couvrir 99,9 % du sujet », souligne David Gruson. On peut ainsi identifier deux situations :
- Quand un dommage est causé par un robot ou un algorithme dans le domaine de la santé, le responsable est le gardien de « la chose », c’est-à-dire le directeur de l’établissement ou le professionnel libéral.
- En revanche, quand il y a une défectuosité, s’applique alors le régime « de responsabilité du fait des produits défectueux », qui est issu d’une loi de mai 1998.
Ainsi, si un dommage est causé dans un établissements de santé ou en ville par un algorithme défectueux, le responsable est le producteur de l’algorithme, à l’exception d’un cas, celui du « risque de développement » : cela signifie que le défaut du produit n’a pas pu être découvert car l’état des connaissances scientifiques et techniques accessibles au moment de la mise sur le marché ne le permettait pas.
La complexité du risque de développement dans le cas du machine learning
Si l’on transpose la situation aux nouvelles solutions d’intelligence artificielle dites « apprenantes » (machine learning), cette exception devient problématique, note David Gruson. Le propre d’une IA apprenante est qu’elle est capable de produire des nouvelles versions d’elle-même au fil d’un certain nombre de traitements de données, rappelle le spécialiste. « Cette IA apprenante pose question par rapport à l’exonération du risque de développement. En effet, le producteur pourra dire qu’après un certain temps de machine learning, il n’est plus responsable de cette version de l’algorithme. Dans ce cas s’applique le risque de développement. Le producteur peut s’exonérer de sa responsabilité et le dommage n’est pas indemnisé. »
David Gruson estime que la problématique est bien réelle, bien qu’il n’y ait pas encore de sinistralité constatée aujourd’hui. « Au regard de la rapidité de déploiement de l’IA basée sur le machine learning en général, et dans la santé en particulier », il s’agit « très probablement » d’un enjeu important en ce qui concerne la responsabilité des professionnels de santé et des directeurs d’établissements de soins.
Si l’expert pense qu’il ne faut pas légiférer dès cette année en France sur ce point, il juge « urgent » de porter le sujet au niveau communautaire.
2. Le risque de délégation du consentement et de la décision médicale
Le risque premier ici est celui de voir émerger un médecin « presse boutons », « qui ne se pose plus de questions et qui applique la solution de manière automatique », avance David Gruson. Pour le patient, le risque est qu’il accepte sans vraiment y réfléchir toutes les solutions thérapeutiques qu’on lui propose, « un peu à la manière de Netflix qui nous suggère telle ou telle nouvelle série en fonction de notre profil, relève-t-il. Je reste capable de consentir en droit mais ma capacité à consentir en fait s’érode au fil du temps ».
3. Mise en balance de l’intérêt individuel et de l’intérêt collectif
Le principe de l’algorithme utilisé dans le cas d’une solution de diagnostic est qu’il traite des données massives et collectives puis en déduit, par effet de machine learning, des orientations d’aide à la décision, amenant ainsi à écarter au fil du temps des hypothèses dites « aberrantes, trop lointaines de la valeur centrale », explique David Gruson.
En médecine, la notion « d’hypothèses aberrantes » correspond à des cas individuels, souligne-t-il. « [Il s’agit d’un patient X] se retrouvant dans une situation dans laquelle son espérance de vie est telle que l’IA considérera qu’il est inefficace ou inopportun de lui proposer cette thérapie là », note le spécialiste. Il risque ainsi d’y avoir une minoration relative de la valeur de la personne, c’est-à-dire de l’intérêt personnel, face à la logique collective de l’algorithme.
Selon David Gruson, tous ces risques peuvent être régulés, « le risque principal étant de ne pas les mesurer », conclut-il.
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Télémédecine : la HAS prévoit de rédiger un guide de bon usage avant la fin de l’année 2018
À l’occasion de la généralisation de la téléconsultation, le 15 septembre 2018, la Haute autorité de santé (HAS) a annoncé qu’elle rédigerait d’ici la fin de l’année 2018 un guide de recommandations, de bon usage de la téléconsultation.
« Comme dans la pratique médicale classique, la télémédecine [doit respecter] les règles de déontologie, d’éthique, de confidentialité, les lois et règlements (autorisations d’exercer, assurance professionnelle, etc.) et les standards de pratique clinique (recommandations de bonnes pratiques, etc.) », explique la HAS, qui a été saisie sur la qualité et la sécurité de ces nouvelles pratiques. C’est pourquoi un guide de recommandations doit paraître afin d’aider les professionnels à s’approprier ce nouveau mode d’exercice.
Plus précisément, ce guide sur le bon usage et la qualité des pratiques de téléconsultation et de télé-expertise, dont la généralisation est attendue pour février 2019, proposera :
– des recommandations pratiques sur l’organisation d’une téléconsultation (formation, conditions de lieu, etc.) ;
– des conseils de mise en œuvre de ces nouvelles pratiques, de la préparation de l’acte à sa suite en passant par sa réalisation ;
– des précisions concernant les moyens techniques requis, dont des explications à propos du fonctionnement du matériel, des rappels sur la conformité aux règles de sécurité informatique et de confidentialité ;
– des supports d’évaluation visant à améliorer les pratiques ;
– des outils d’information des patients.La HAS précise par ailleurs sur son site internet que « des travaux spécifiques seront conduits dans le domaine de l’imagerie médicale », et rappelle qu’elle avait déjà publié en avril 2018 une fiche mémo (disponible via le lien ci-contre).
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« Ma Santé 2022 » : le Cnom, FHF, SMPS, infirmiers et autres professionnels et usagers réagissent
Si le Conseil national de l’ordre des médecins (Cnom) se dit « globalement satisfait » du projet de réforme du système sanitaire français « Ma Santé 2022 », certaines organisations sont plus mitigées, comme l’Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés sanitaires et sociaux (Uniops), qui regrette que les évolutions proposées soient « principalement axées sur la médecine libérale et l’hôpital », et France Assos Santé, dans l’attente d’une meilleure prise en considération des attentes des usagers.
Health & Tech synthétise dans cet article l’essentiel des réactions des différents acteurs de la santé – professionnels hospitaliers, médecins, professionnels du secteur médico-social, usagers, économistes – relatives à l’annonce du plan santé, présenté le 18 septembre 2018 par le Président de la République.
Réactions des professionnels hospitaliers et des CLCC
La FHF salue certaines propositions mais regrette que les « enjeux majeurs » de l’hôpital soient occultés
la Fédération hospitalière de France (FHF) a déclaré dans un communiqué (voir article en lien ci-contre) qu’elle regrettait la mise à l’écart d’« au moins deux enjeux majeurs » : le financement de l’hôpital, « notamment en matière de tarifs et d’investissement » et « le choc de simplification pour l’hôpital, les structures médico-sociales et leurs personnels ».
L’organisation nuance cependant son propos en indiquant que les mesures annoncées « sont une reconnaissance du bien-fondé de plusieurs propositions de la FHF ». Ainsi, elle se réjouit : qu’une réforme globale du système de santé soit proposée « pour redonner de l’oxygène à l’hôpital » ; que la pertinence et la qualité des soins soient remises au cœur du système ; qu’une gradation des soins soit envisagée tout en renforçant les soins de proximité et qu’un plan numérique centré sur le patient soit déployé.
Le SMPS sceptique « quant à la réalité du projet »
Le Syndicat des managers publics de santé (SMPS) reconnaît l’intérêt de certaines propositions (proximité, territoire, notion d’équipe de soins, importance du numérique, exigences de formation, etc.) mais indique que « tout cela doit se traduire dans les textes, et surtout dans les faits », exprimant « son scepticisme quant à la réalité du projet ».
Le syndicat admet cependant que « les expérimentations sont fortement engagées » et salue la mise en place d’un « comité stratégique ». Il espère que cet engagement sera tenu : » Le SMPS y tiendra toute sa place et sera particulièrement exigeant », insiste-t-il.
Unicancer « partage les ambitions portées par le plan »
Unicancer, qui réunit l’ensemble des Centres de lutte contre le cancer (CLCC), « partage les ambitions portées par le plan « ma santé 2022″ et prend note que des moyens nouveaux seront apportés pour accompagner la transformation du système de santé », a déclaré l’organisation.
Elle se réjouit ainsi que le projet vise à construire le système de santé autour du patient, « qui est au cœur du modèle de prise en charge porté par les CLCC », le tout « en améliorant la qualité et la pertinence des prises en charge ». Unicancer valide aussi « la nouvelle vision de l’offre de soins annoncée, avec une offre graduée sur les territoires afin de fluidifier et [de] coordonner les parcours en impliquant davantage les acteurs de la ville ».
Le Cnom « globalement satisfait »
Le Conseil national de l’Ordre des médecins se dit « globalement satisfait » des annonces du Président de la République, estimant que les médecins ont été « largement entendus ».
L’Ordre se réjouit en particulier de la mise en place d’une « réforme d’ampleur » et « de voir que les idées [qu’il porte] depuis 2015, sur l’importance de libérer les énergies [des] territoires et de décloisonner la ville et l’hôpital [et] sur l’absolue nécessité de rendre du temps médical aux médecins, se sont imposés au gouvernement ». Il ajoute cependant qu’il « faudra faire preuve de vigilance, collectivement, pour que ces intentions soient réellement mises en œuvre, pour les médecins, les professionnels de santé et leurs patients ».
Le Cnom attend par ailleurs « une approche globale de la formation », qui permettrait de former les futurs médecins à tous les modes d’exercice, estimant que « la seule réforme du numerus clausus ne sera pas suffisante pour répondre à cet enjeu majeur pour l’accès aux soins ». Reste, par ailleurs, quelques questions en suspens selon l’Ordre : « Quelle gouvernance nous propose-t-on ? Notre système de santé sera-t-il moins centralisé demain ? Le rôle des ARS sera-t-il revu pour laisser place à une véritable démocratie sanitaire ? Refonder notre système de santé en partant des territoires l’exige », avance-t-il.
L’Ordre national des infirmiers regrette des annonces « très médicocentrées »
L’Ordre national des infirmiers est satisfait par différentes mesures, comme « l’élan en faveur de la télémédecine et de l’innovation », l’augmentation de l’Ondam et la prise en compte de la souffrance des soignants à l’hôpital.
Néanmoins, il regrette que les annonces soient « très médicocentrées ». « La réforme de la santé ne peut se résumer à celle de la médecine, a-t-il déclaré. Les infirmiers attendent une approche globale centrée sur le patient et la coordination entre professionnels de santé. »
Réactions du secteur médico-social
La Fehap salue le caractère « très opérationnel » de la stratégie annoncée
La Fédération des établissements hospitaliers d’aide à la personne (Fehap) salue l’annonce de la stratégie « Ma Santé 2022 » qui, selon elle, « apporte une réponse structurelle aux problématiques de la santé en France », ainsi que son caractère « très opérationnel ».
La Fehap veillera, cependant, « à ce que le premiers recours des patients ne soit pas uniquement centré sur la médecine libérale de ville et à ce que le second recours ne passe pas systématiquement par l’hôpital public, garantissant ainsi un maillage territorial réellement complet ». Pour ce faire, elle propose :
- de transformer les Groupements hospitaliers de territoire (GHT) en Groupements hospitaliers publics (GHP) « pour lever toute ambigüité » ;
- d’améliorer « la coordination des différents acteurs au sein d’une communauté de santé de proximité proposant une offre services de proximité nécessaires pour répondre aux besoins des patients sur les territoires ».
La Fehap se réjouit par ailleurs du relèvement de l’Ondam à 2,5 % « mais restera extrêmement vigilante quant à l’évolution des tarifs hospitaliers, en baisse constante depuis cinq ans ».
L’Uniops regrette que les évolutions proposées soient « principalement axées sur la médecine libérale et l’hôpital »
L’Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés sanitaires et sociaux (Uniops) juge les évolutions proposées positives mais regrette qu’elles soient « principalement axées sur la médecine libérale et l’hôpital », oubliant les établissement et services médico-sociaux (ESMS), en particulier le domicile, « secteur pourtant en grande tension ».
L’Uniops indique que les associations sont prêtes à s’engager avec les autres acteurs dans la mise en œuvre de cette réforme et estime qu’il est primordial que le travail en réseau et la structuration des soins de proximité, à travers des CPTS notamment, intègrent le champ non lucratif.
France Assos Santé dans l’attente de propositions ciblant précisément les usagers
Selon France Assos Santé, l’Union nationale des associations agréées d’usagers du système de santé, la réforme « présente l’avantage de s’appuyer sur une volonté politique forte affirmée par des engagements portés au haut plus niveau de l’État ».
« Les associations représentant les patients et les usagers du système de santé, bien que peu mentionnées en tant que telles dans le dossier de presse gouvernemental, se tiennent prêtes à prendre part aux concertations lorsqu’elles traiteront de sujets concernant au premier chef les usagers », déclare l’association.
Ses 5 attentes prioritaires sont les suivantes :
- reconnaître l’usager comme acteur de sa santé ;
- garantir à tous une offre de soins de qualité accessible, répondant aux besoins de chacun ;
- promouvoir la prévention et promotion de la santé ;
- mettre la e-santé au service de l’usager ;
- adapter la formation initiale et continue des professionnels de santé aux besoins des usagers.
Réactions des économistes
L’économiste Frédéric Bizard très critique
L’économiste Frédéric Bizard, expert en protection sociale et en santé, a publié sur son site (en lien ici) une tribune très critique à l’égard de la réforme : « Si ce plan ne contient aucun des éléments clés de transformation, d’adaptation de notre système de santé au nouvel environnement démographique, épidémiologique et technologique, c’est un formidable exemple d’autisme étatique et d’incapacité à tirer les leçons des échecs des dernières lois de santé », résume-t-il.
Une interne de l’AP-HP s’oppose à l’éditorialiste Nicolas Bouzou
L’éditorialiste Nicolas Bouzou a déclaré sur CNews que, selon lui, les Français et les personnels de soins n’auraient « rien compris » à « l’excellent discours – techniquement – du président de la république », expliquant qu’il fallait « absolument « désoviétisé » l’hôpital ».
Sabrina Ali Benali, interne à l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) et également présente sur le plateau, lui a reproché de comparer l’hôpital à une entreprise. « L’hôpital n’est pas là pour faire de l’argent mais pour soigner les gens. Vous parlez de « désoviétiser » mais il y a de nombreuses études qui montrent que c’est dans le libéral qu’on a le plus de bureaucratie » : selon elle, l’idéologie mise en avant par Nicolas Bouzou « n’a pas de sens ». « Les Français n’y comprennent rien, les soignants n’y comprennent rien ? Non, nous comprenons très bien », répond-elle, rappelant notamment les difficultés auxquelles se retrouvent confrontées au quotidien les travailleurs et les usagers du milieu hospitalier et des Ehpad, pas assez prises en compte selon elle par les autorités.
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L’OCDE créé un groupe d’experts afin de favoriser la confiance dans l’IA
L’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) a annoncé le 13 septembre 2018 la création en son sein d’un groupe d’experts dédié à l’intelligence artificielle (IA) : AIGO. Ce dernier est composé de 45 experts des pays membres de l’OCDE et de groupes de réflexion, d’associations d’entreprises, de la société civile, des syndicats et d’autres organisations internationales. Il est présidé par Wonki Min, le ministre des Sciences et des technologies d’information et de communication de la Corée.
La formation du groupe constitue l’étape ultime de la mission de l’OCDE visant à aider les gouvernements, les entreprises, les syndicats et la société civile à optimiser les avantages de l’IA et à minimiser ses risques.
La première réunion aura lieu les 24 et 25 septembre 2018 au siège parisien de l’OCDE.
Un groupe composé de membres issus de 19 pays
En 2016, le Comité de l’économie numérique de l’OCDE a entamé une réflexion sur la nécessité d’encadrer l’intelligence artificielle (IA) par le Conseil de l’OCDE et la rédaction de recommandations sur les principes de l’IA. En mai 2018, ce même comité a décidé d’instaurer un groupe d’experts (AIGO) chargé de définir les principes de l’intelligence artificielle qui pourraient être officiellement adoptés par le Conseil de l’OCDE en 2019.
Dix-neuf pays sont représentés dans l’AIGO et aux côtés de leurs représentants siègent également des représentants de la Commission européenne, du monde des affaires et des syndicats ainsi que des entités externes telles que l’Institut des technologies électriques et électroniques (Institute of Electrical and Electronics Engineers), le Massachusetts Institute of Technology, le Berkman Klein Center de l’université de Harvard et l’Inria.
La liste complète des membres est disponible ci-contre.
Le groupe constitué va se réunir encore une fois au Massachusetts Institute of Technology à Cambridge en janvier 2019 afin de soumettre ses préconisations au secrétariat de l’OCDE, qui façonnera les recommandations pour le conseil.
La prochaine étape : un observatoire de l’IA
L’OCDE va également créer un Observatoire des politiques sur l’IA. Ce dernier réunira des comités de l’ensemble de l’OCDE ainsi que des représentants d’autres parties prenantes. Il incarne un triple objectif :
- identifier les applications prometteuses de l’IA ;
- cartographier leur impact économique et social ;
- diffuser les informations à grande échelle.
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#FASN2018 : pour 94 % des acteurs de la santé, le numérique peut améliorer le parcours patient
À l’occasion de l’étape du 20 septembre 2018 centrée sur l’hôpital du futur de la campagne Faire avancer la santé numérique (FASN), Care Insight a mené une enquête auprès des acteurs de la santé afin mettre en évidence leurs attentes pour l’hôpital, leur perception des innovations organisationnelles ou technologiques hospitalières.
Ainsi, les réponses d’environ 300 personnes à un questionnaire diffusé entre juillet et septembre 2018 sur le site de la campagne FASN et sur les réseaux sociaux ont permis de constater que les acteurs de la santé attendent une optimisation des échanges entre professionnels à l’hôpital ainsi que de nouvelles mesures réglementaires à mêmes de favoriser l’innovation hospitalière, l’émergence de solutions numériques qui pourraient contribuer à fluidifier le parcours patient à l’hôpital.
En effet, seuls 8% des répondants trouvent le partage d’informations au sein des hôpitaux publics « complètement efficient », et pour 44% d’entre eux, la priorité que devrait traiter le grand plan hôpital annoncé par le gouvernement en septembre 2018 est la coordination des professionnels, devant l’augmentation des effectifs salariés (22%), la modernisation de la tarification hospitalière (21%) et la réduction des déficits publics (7%).
De plus, 70% des participants au sondage estiment que les réglementations en vigueur ne favorisent pas l’innovation hospitalière alors que pour 94% d’entre eux, les solutions numériques peuvent contribuer à améliorer le parcours patient à l’hôpital. 59% des répondants leur trouverait même un « énorme potentiel » d’amélioration du parcours patient.
En outre, Care Insight a interrogé les acteurs sur leur perception des regroupements hospitaliers sur les territoires, et 59% des répondants ont affirmé cette logique « compatible avec les hôpitaux de proximité préconisés par le récent rapport du Haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie » .