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  • AAP « Territoires d’innovation » : les projets sur la transformation du système de santé concernés

    Le secrétariat général pour l’investissement et la Banque des territoires lancent l’appel à projets « Territoires d’innovation » du programme d’investissements d’avenir (PIA), dans le cadre du grand plan d’investissement (GPI). Il sera ouvert jusqu’au 26 avril 2019, à 17 heures, heure de Paris.

    « Outil de la transformation de notre pays par l’investissement, il permet de mettre en lumière, [de] valoriser et [d’]accompagner les gisements d’innovations existant dans nos territoires, précise le communiqué. Il s’agira de proposer de nouveaux modèles répondant aux objectifs de transformation soutenus par le [GPI] annoncé par le Premier ministre, dans une logique de démonstrateurs à grande échelle et d’expérimentations de solutions et services innovants. »
    Les projets doivent donc concerner la transformation du système de santé ou la transition numérique, l’énergie durable, la mobilité propre, la transformation du secteur agricole ou encore l’adaptation des compétences aux évolutions du marché du travail.

    L’objectif est de sélectionner et d’accompagner jusqu’à 20 projets de territoires.

    Opéré par la Caisse des dépôts et consignations, via la Banque des territoires pour le compte de l’État, cet appel est doté d’une enveloppe de 450 millions d’euros, dont 150 millions d’euros de subventions et jusqu’à 300 millions d’euros de fonds propres.

    Pour consulter le cahier des charges et télécharger le dossier de candidature relatif à cet appel, il faut se rendre sur le site web de la Caisse des dépôts et consignations.

  • Résultats 2018 sur la qualité et sécurité des soins (HAS) : la sortie de l’hôpital à améliorer

    En 2018, un tiers des patients quittant l’hôpital après un séjour dans un service de médecine, chirurgie ou obstétrique (MCO) « n’a reçu aucune information sur les signes ou complications devant l’amener à recontacter le médecin », indiquent les résultats 2018 sur la qualité et sécurité des soins dans les établissements de santé publiés par la Haute autorité de santé le 10 décembre 2018, complétés cette année par un indicateur mesurant les complications après une chirurgie orthopédique et divers indicateurs visant à évaluer la chirurgie ambulatoire. Ces derniers révèlent notamment que 30 % des patients traités en ambulatoire (moins d’une journée de séjour) en 2018 ont déclaré qu’aucun numéro de téléphone à contacter en cas d’urgence ne leur avait été transmis.
    De manière générale, l’organisation de la sortie obtient un score moyen de 63,4/100 en MCO (stabilité) et de 68/100 en ambulatoire.

    En ce qui concerne la qualité générale de leur hospitalisation, les 327 000 patients ayant participé à l’enquête ont donné une note moyenne de 73,3/100 aux établissements en hospitalisation classique, un score quasiment identique à celui de l’an dernier, et de 76,4/100 en ambulatoire, mesuré pour la première fois.

    Dans le détail, 90 % des patients estiment que leurs douleurs ont été correctement traitées. Par ailleurs, la prise en charge médicale ou paramédicale obtient une note moyenne satisfaite de plus de 80/100. En revanche, la qualité des repas plafonne à 58/100.

    Enseignement n°1 de l’enquête : l’organisation de la sortie est à améliorer

    La sortie de l’hôpital comporte des « risques importants de rupture dans la continuité des soins »

    La sortie de l’hôpital est un « moment délicat » pour le patient, souligne la Haute autorité de santé. Elle comporte des « risques importants de rupture dans la continuité des soins » et peut entraîner « anxiété, aggravation de l’état de santé », voir une nouvelle hospitalisation si elle est mal organisée.

    En ambulatoire, les auteurs de l’étude constatent que :

    • près de 40 % des patients n’ont pas obtenu en amont une prescription d’antalgiques leur permettant d’en disposer à leur domicile à leur retour ;
    • la moitié des patients n’a pas été recontactée après la sortie ;
    • 30 % des patients n’ont pas reçu de numéro de téléphone à contacter en cas d’urgence.

    La plupart des lettres de liaison ne comportent pas la synthèse du traitement médicamenteux

    Par ailleurs, 70 % des lettres de liaison, remise logiquement le jour de la sortie de l’hôpital au patient et à son médecin traitant, ne comporte par la synthèse du traitement médicamenteux. « Documenter l’intégralité du traitement médicamenteux est pourtant fondamental pour garantir une coordination efficace entre les professionnels et sécuriser le suivi du patient », commente la HAS.

    En ambulatoire, 28 % des patients ne sont pas repartis avec une lettre de liaison en 2018, selon l’enquête.

    Autres enseignements clés de l’enquête

    Des patients divisés sur la décision médicale partagée :

    • 49,5 % des patients hospitalisés dans un service de MCO pendant plus de deux jours (MCO +48h) indiquent ne pas souhaiter participer aux décisions concernant leurs soins ou leur traitement. Parmi ceux qui souhaitent participer à la décision, seuls 39,8 % ont pu « toujours » le faire.

    Des patients qui ont besoin d’être rassurés :

    • plus d’un tiers des patients pris en charge en MCO +48h et plus de la moitié de ceux hospitalisés pour une chirurgie ambulatoire ont ressenti de l’anxiété au cours de leur hospitalisation ;
    • 9 patients sur 10 se sentent soutenus par les professionnels au cours de cette prise en charge, or, en hospitalisation de plus de 48h en MCO, près d’un patient sur quatre estime le soutien des professionnels « moyen » à « mauvais ».

    Des patients plutôt satisfaits de la prise en charge de la douleur

    • En hospitalisation de plus de 48h en MC, 85,4 % des patients ont ressenti des douleurs au cours de leur hospitalisation, dont un tiers jugées « intenses » à « extrêmement intenses ».
    • 53 % des patients ont ressenti de la douleur à l’issue de leur intervention en chirurgie ambulatoire.
    • Quel que soit le mode d’hospitalisation, 9 patients sur 10 ayant ressenti des douleurs considèrent que celles-ci ont été prises en charge de façon « bonne » à « excellente ».
  • Universités d’été de la performance en santé 2019 (Anap) : appel à communications jusqu’au 27/01/2019

    L’Agence nationale d’appui à la performance (Anap) lance un appel à communications dans le cadre de ses 9èmes Universités d’été de la performance en santé, qui se tiendront les 5 et 6 septembre 2019 à Marseille. Les candidatures devront s’inscrire dans la thématique de cette nouvelle édition, soit « Comment mener une transformation réussie ? ».

    L’appel s’adresse à tout professionnel intervenant dans les établissements sanitaires ou médico-sociaux, ou en ville, salarié ou libéral, médecins ou soignants, acteurs de la promotion, de l’éducation à la santé, de la santé communautaire, aidant de personne malade, représentant d’usager ou usager, institutionnel, étudiant ou collectivité locale, souhaitant faire part de son expérience de transformation réussie.

    Le formulaire de candidature doit être complété avant le 27 janvier 2019 via ce lien.

    Les candidats retenus auront l’opportunité d’exposer la réussite de leur projet de transformation à l’occasion des Universités d’été de l’Anap 2019.

    Conditions

    Avoir surmonté certaines difficultés pour mener à terme un projet de transformation dans un environnement professionnel qui impliquait :

    • un changement d’organisation (exemples : virage ambulatoire, coopérations, territorialité…).
    • une évolution des pratiques (exemples : de la spécialisation à la coordination, évolutions du management…) ;
    • l’arrivée des nouvelles technologies (exemples : de l’art au robot, l’intelligence artificielle, l’exploitation des data…) ;
    • la prise en compte des impacts éthiques des nouvelles  technologies (exemples : le patient objet d’attention dans le soin, le patient informé, le transhumanisme…).

    Le projet présenté doit :

    • être en cohérence avec la thématique de la manifestation ;
    • présenter un caractère transposable ;
    • faire preuve de son intérêt/efficacité ;
    • avoir été porté collectivement ;
    • avoir une dimension pluri-professionnelle ; 
    • avoir été porté par les professionnels et pouvoir bénéficier également aux usagers.

    Comment répondre ?

    La communication doit être présentée sur une page, structurée en 5 chapitres :

    •  » Contexte et objectifs » ;
    • « Points de vigilance » ;
    • « Difficultés rencontrées et façon dont elles ont été surmontées » ;
    • « Éléments-clés de réussite / leviers » ;
    • « Résultats et éléments d’évaluation ».

     Le formulaire en ligne doit donner :

    • un titre à la communication : 120 caractères maximum espaces compris ;
    • un résumé global de l’expérience présenté en 4 à 5 lignes : environ 400 caractères maximum espaces compris ;
    • le(s) nom(s) de(s) l’intervenant(s) pressenti(s) : 2 intervenants maximum.

    La communication doit être remise via le formulaire en ligne au plus tard le 27 janvier 2019.

    Modalités de sélection

    La sélection aura lieu en février 2019, « avec le concours des membres du comité en charge de l’élaboration du programme de l’Université d’été », précise l »Agence nationale d’appui à la performance (Anap).

    Les propositions retenues feront :

    • soit l’objet d’un atelier d’une durée d’1h30, « qui permettra de présenter le retour d’expérience puis de partager avec la salle les facteurs-clés de réussites comme les difficultés rencontrées », 
    • soit l’objet d’un poster, qui sera présenté au sein de l’espace d’exposition de la manifestation. 

    « Toute proposition ne respectant pas les recommandations aux auteurs présentées ci-dessus, et arrivant hors délais, ne pourra être étudiée par le comité de sélection », souligne l’Anap.

  • Congrès SFTéléméd : Maela et Morphée + remportent le prix de l’innovation SFTélémed-Medicen-Snitem

    La start-up Maela, qui propose une solution permettant de numériser les parcours de soins, a remporté le prix de l’innovation SFTéléméd-Medicen-Snitem et Morphée +, à l’origine d’un dispositif connecté capable de détecter les chutes, a obtenu le coup de cœur du jury lors d’une cérémonie qui s’est tenue le 6 décembre 2018 à l’occasion du Congrès de la Société française de télémédecine (SFTéléméd), organisé en partenariat avec la société Care Insight.

    Ce prix vise à promouvoir l’innovation dans les domaines de la santé numérique et de la télémédecine.

    Les lauréats deviennent pour l’année 2019 membres de la SFTéléméd et de Medicen ainsi que du Snitem si la solution embarque un dispositif médical. Ils sont également invités à présenter leur solution lors de l’édition 2019 du congrès de la SFTéléméd.

    Les 8 autres finalistes étaient : Bioserenity, E-ophtalmo, Idomed, JCS, Keymaging, Lab2U, Satelia et Teledok.

    Maela : une solution de suivi connectée des parcours de soins

    Maela, basé à Lyon, développe une solution pour numériser les parcours de soins simples ou complexes des patients en les accompagnant dans leur préparation et en les sécurisant dans leur retour à domicile pour améliorer leur prise en charge globale.

    La solution Maela est composée de deux plateformes web (avec un accès patient et un accès professionnels de santé) et de deux applications mobiles.

    Chiffres clés

    • Création : 2015.
    • Nombre d’employés : 4 personnes.
    • Nombre de patients suivis : plus de 2 500.
    • Établissements utilisant la solution : 6 en France et en Suisse.
    • Modèle économique : solution vendue aux établissements de santé.

    Maela a déjà été primé :

    • 2ème prix Skincare challenge ;
    • prix du public AFC 2016.

    Morphée + : dispositif médical connecté de détection de chutes

    Morphée +, basé à Dijon, propose une solution disruptive (dispositif médical connecté) qui permet de détecter les chutes ainsi que de suivre le rythme cardiaque et respiratoire sans capteur ni caméra.

    Le système a été conçu pour alerter en quelques minutes les aidants ou les soignants en cas de chute de l’utilisateur et de détection de paramètres de santé inquiétants. Il s’adresse essentiellement aux personnes âgées vivant seules à domicile.

    La solution repose sur la technologie du Radar, qui entre dans le secteur biomédical pour la mise au point de systèmes de « monitoring » permettant de suivre de manière non invasive les fonctions vitales du patient, telles que la respiration ou le rythme cardiaque.

    Chiffres clés

    • Création : avril 2018.
    • Nombre d’employés : 3 personnes.
    • Modèle économique : solution vendue « 1 café par jour » aux Ehpad et unités de soins palliatifs.

    Morphée + a déjà été primé :

    • lauréat EIT health ;
    • lauréat OCS Dijon ;
    • lauréat du prix FASN Bourgogne-Franche-Comté ;
    • lauréat de la bourse French Tech de Bpifrance.

    La start-up a par ailleurs déjà été finaliste Silver Night et nominée aux Awards Ageing FIT.

    Composition du jury de la 3ème édition du concours

    • Thierry Moulin, actuel président de la Société française de télémédecine (SFTéléméd) ;
    • Nathalie Salles, présidente élue de la SFTéléméd (2019) ;
    • Laurence Guedon-Moreau, co-coordonnateurs du domaine ​« Sociétés savantes – spécialités médicales » de la SFTélémed ;
    • Armelle Graciet, directrice des affaires industrielles du Snitem ;
    • Alexandre Da Costa, Chef de projet « recherche et développement » à Medicen Paris Region.

    Entretien avec Bruno Duperrier, P.-D.G. de Morphée +

    Bruno Duperrier présente la start-up Morphée + :

    Retrouvez l’ensemble des vidéos du Congrès de la Société française de télémédecine sur la chaîne YouTube Numérique & Santé by Care Insight.

  • US : les vétérans poursuivent leur stratégie de digitalisation avec Philips, Walmart et T-Mobile

    Le ministère américain des Anciens combattants (United States Department of Veterans Affairs ou « VA » / les vétérans) étend son réseau de télémédecine avec une série de partenariats visant à améliorer l’accès à des services de santé connectée pour des vétérans ruraux ou expatriés.

    Ces accords signés avec Philips, Walmart et T-Mobile font partie du programme de santé connectée “Anywhere to Anywhere VA Health Care” – pouvant être traduit par  « où que vous soyez, vers n’importe quel services de soins des Vétérans » – lancé en 2017.

    Le ministère des Anciens combattants (VA) veut élargir sa gamme de services de santé connectée

    Lancé en 2017, le programme « Anywhere to anywhere VA healthcare » propose aux médecins de 900 hôpitaux et centres de santé de suivre à distance leurs patients par des services connectés. Cet exercice a été mis en place en dérogeant aux règles de chaque État en adoptant une règle fédérale afin d’autoriser les médecins des vétérans à faire usage de télémédecine, contournant ainsi les lois en vigueur en matière d’agrément.

    L’initiative a bénéficié du soutien de nombreuses organisations, dont l’American Telemedicine Association, l’American Academy of Family Physicians, l’American Medical Informatics Association, la Federal Trade Commission, le College of Healthcare Information Management Executives, Teladoc, Oracle, l’American Psychological Association, la Brain Injury Association of America, la National Association of Social Workers, le Center for Military Medicine Research de l’université de Pittsburgh et Health IT Now.

    En janvier 2018, l’agence a octroyé un contrat de 260 millions de dollars US (environ 228,7 M€) à 1Vision LLC, une filiale de HMS Technologies, pour la fourniture de solutions de télésanté à domicile aux anciens combattants afin de déployer sa plateforme de suivi virtuel et de surveillance à distance CareConsole. Cette dernière permet aux vétérans bénéficiaires de partager des données avec leur médecin par Bluetooth depuis leur maison.

    Avec environ 900 000 actes de télémédecine comptabilisés en 2017, le VA est un des plus grands réseaux de soins connectés dans le pays

    Les partenariats annoncés le 7 décembre 2018 visent à élargir les services aux vétérans les plus éloignés ou expatriés, soit un tiers de la population globale bénéficiaire.

    Dans le cadre de son accord avec Philips, le ministère américain des Anciens combattants (VA) utilisera la technologie de télémédecine du groupe néerlandais pour mettre en place des services de télésanté dans 10 centres à travers le pays. Walmart va également déployer des stations de télésanté de Philips sur certains de ses sites, tandis que T-Mobile a accepté d’héberger gratuitement l’application Video Connect mHealth de VA sur des objets de santé connectés.

    Ces partenariats stratégiques visent à améliorer l’accès aux soins par une implantation dans les points de vente Walmart – 90% des américains vivent à moins de 15 kilomètres d’un Walmart. Le VA mène un travail avec d’autres sociétés, y compris les grandes compagnies de téléphonie, pour créer davantage de partenariats en télésanté. Les nouveaux programmes ont notamment pour objectif d’offrir des services de santé mentale et de psychiatrie.

  • Medylink acquiert la start-up Medway, spécialiste des solutions de téléconsultation

    La société toulousaine Medylink, créée en 2011, vient d’acquérir Medway, une start-up développant des logiciels mobiles de téléconsultation qui était jusqu’ici hébergée à la Station F, à Paris, et accompagnée par l’École polytechnique ainsi que par l’incubateur HEC. Le montant de l’opération n’a pas été dévoilé dans le communiqué publié par Medylink à ce propos le 10 décembre 2018.

    Fondé en 2017, Medway propose aux médecins libéraux des outils de téléconsultations déjà utilisés par des généralistes pour consulter à distance leurs patients résidant en Ehpad. Ce service sera proposé via la plateforme Medylink à partir de février 2019.

    Avec cette fusion, Medylink, qui a annoncé en septembre avoir levé 2,75 millions d’euros, renforce son équipe en l’étoffant de 25 collaborateurs et complète son offre. L’entreprise devrait par ailleurs doubler son chiffre d’affaires dès 2019 et sa plateforme comptabiliser 5 000 médecins d’ici 3 ans, contre 750 médecins généralistes et spécialistes à l’heure actuelle, indique le communiqué.

    « L’apport de Medway va nous permettre de créer un écosystème numérique autour du médecin généraliste. Ce rapprochement est un réel engagement à améliorer le parcours de soins, tant pour les professionnels que pour leur écosystème : patients, confrères, professionnels de santé » commente Éric Le Bihan, président de Medylink depuis novembre.

    Fonctionnalités de la plateforme de Medylink :

    • dépistage avec la mise à disposition de matériel médical de dépistage ;

    • télé-expertise entre médecins généralistes et confrères spécialistes ;

    • délégation d’actes ;

    • téléconsultation entre le médecin traitant et ses patients, à domicile ou en Ehpad à partir de février 2019.

  • L’Europe dévoile son plan IA : 20 Mds € d’investissement dans la recherche et l’innovation d’ici 2020

    Dans le cadre de sa stratégie portant sur le déploiement de l’intelligence artificielle (IA) dévoilée en avril 2018, la Commission européenne (CE) a présenté le 7 décembre 2018 un plan coordonné avec les États membres pour favoriser le développement et l’utilisation de l’IA en Europe, notamment dans le secteur de la santé.

    Le plan suggère de mettre en place des actions communes « pour une coopération plus étroite et plus efficace entre les États membres, la Norvège, la Suisse et la Commission » à travers les 4 axes suivants :
    • accroître les investissements à travers des partenariats, notamment par la mise en place de centres de premier plan pour l’IA :  au moins 20 milliards d’euros d’investissements publics et privés dans la recherche et l’innovation dans le domaine de l’intelligence artificielle sont prévus à partir de maintenant et jusqu’à fin 2020 et plus de 20 milliards d’euros par an au cours de la décennie suivante ;
    • mettre à disposition davantage de données en créant des espaces de data européens pour faciliter le partage transfrontalier de données : la CE soutiendra la création d’une base de données de santé commune afin d’améliorer les diagnostics de cancer et les traitements ;
    • encourager les talents et l’apprentissage tout au long de la carrière : déploiement de bourses d’études spécialisées pour soutenir les diplômes d’études supérieures en IA ;
    • inspirer la confiance : un groupe d’experts européens (universités, entreprises et société civile) présentera en mars 2019 à la Commission des lignes directrices en matière d’éthique pour le développement et l’utilisation de l’intelligence artificielle, en Europe mais aussi ailleurs dans le monde.

    « Une coordination renforcée est essentielle pour que l’Europe devienne la première région du monde en matière de développement et de déploiement d’IA de pointe, éthique et sécurisée », commente la CE dans un communiqué.

    Accroître les investissements à travers des partenariats

    La Commission européenne (CE) estime que les niveaux d’investissement en intelligence artificielle (IA) sont « faibles et fragmentés » en Europe, comparé à d’autres régions du monde comme les États-Unis et la Chine.

    40 Mds d’investissements publics et privés d’ici 2030

    Comme l’annonçait la stratégie sur l’IA présentée en avril 2018, le plan de la CE prévoit une coordination renforcée des investissements, ce qui se traduira par :

    • des synergies plus importantes ;
    • au moins 20 milliards d’euros d’investissements publics et privés dans la recherche et l’innovation dans le domaine de l’intelligence artificielle à partir de maintenant et jusqu’à fin 2020 ;
    • plus de 20 milliards d’investissements publics et privés par an au cours de la décennie suivante.

    En complément des investissements nationaux, la Commission investira 1,5 milliard d’euros d’ici 2020, précise-t-elle, soit 70 % de plus qu’entre 2014 et 2017.

    En ce qui concerne le budget à long terme de l’Union européenne (2021-2027), l’UE a proposé d’investir au moins 7 milliards d’euros dans les programmes Horizon Europe et Digital Europe dans le domaine de l’IA.

    Les actions communes pour atteindre ces objectifs d’investissement incluent : 

    • des stratégies nationales d’IA : d’ici à la mi-2019, tous les États membres devraient avoir leurs propres stratégies décrivant les niveaux d’investissement et les mesures de mise en œuvre, qui alimenteront les discussions au niveau de l’Union européenne (UE) ;
    • un nouveau partenariat public-privé européen pour l’IA : un nouveau partenariat de recherche et d’innovation sur l’intelligence artificielle sera mis en place afin de favoriser la collaboration entre les universités et l’industrie en Europe et de définir un programme de recherche stratégique commun sur l’IA ; 
    • Un nouveau fonds de renforcement de l’intelligence artificielle : la Commission européenne soutiendra les start-ups et les innovateurs en matière d’IA et de blockchain à leurs débuts ainsi que les entreprises en phase de développement ;  
    • le développement et la connexion de centres de premier plan pour l’intelligence artificielle : des centres d’excellence européens pour l’IA seront développés et connectés, des installations de test de référence mondiale seront établies dans des domaines tels que la mobilité connectée, et l’adoption de l’IA dans l’ensemble de l’économie sera encouragée par le biais des pôles d’innovation numérique (66 millions d’euros pour les hubs robotiques sont annoncés). Une initiative pilote du Conseil européen de l’innovation sera également lancée pour soutenir les technologies de l’IA de la prochaine génération.

    Mettre à disposition davantage de données en créant des espaces de données européens, y compris en santé

    En collaboration avec les pays européens, la Commission européenne créera des espaces de données européens communs pour faciliter le partage transfrontalier de données, en garantissant leur conformité avec le RGPD.

    « Le secteur de la santé peut tout particulièrement bénéficier de l’IA »

    • « Le secteur de la santé peut tout particulièrement bénéficier de l’IA », souligne la CE, précisant qu’elle soutiendra, en coordination avec les États membres, la création d’une base de données de santé commune comprenant des scanners anonymisés, fournis par les patients, afin d’améliorer les diagnostics de cancer et les traitements à l’aide de l’intelligence artificielle.
    • D’ici à la mi-2019, la Commission lancera un centre de soutien pour le partage de données, qui prodiguera des conseils pratiques à tous les participants européens sur l’économie de données.

    Encourager les talents et l’apprentissage tout au long de la carrière

    Les pays de l’Union européenne sont confrontés à une pénurie de professionnels dans le domaine des TIC et à un manque de programmes d’enseignement supérieur spécialisés en intelligence artificielle, pointe du doigt la Commission.

    • Elle a donc décidé de soutenir, conjointement avec les pays européens, les diplômes d’études supérieurs en IA, notamment par l’intermédiaire de bourses d’études spécialisées.
    • La Commission précise qu’elle continuera également à soutenir les compétences numériques et l’apprentissage tout au long de la carrière « pour l’ensemble de la société, et en particulier pour les travailleurs les plus concernés par l’IA, comme indiqué dans sa stratégie en la matière ».
    • Elle estime aussi important que l’intelligence artificielle soit présente dans les programmes d’enseignement d’autres disciplines, comme le droit.
    • L’utilisation complète du système de carte bleue aidera à retenir et à attirer des professionnels du domaine de l’IA hautement qualifiés en Europe, ajoute-t-elle enfin.

    Inspirer la confiance

    Le plan coordonné dévoilé par la CE cherche à développer une technologie de l’intelligence artificielle qui respecte les droits fondamentaux et les règles éthiques pour mieux faire face aux questions éthiques que soulève l’IA, portant notamment sur le fait que cette dernière pourrait entraîner une prise de décision biaisée, et ainsi gagner la confiance des entrepreneurs, « nécessaire pour que les sociétés acceptent et utilisent l’IA ».

    • Un groupe d’experts européens, représentant les universités, les entreprises et la société civile, travaille sur des lignes directrices en matière d’éthique pour le développement et l’utilisation de l’IA, indique la Commission :
      • une première version de leur rapport sera publiée d’ici la fin 2018 ;
      • la version finale sera présentée à la CE en mars 2019 après une vaste consultation menée dans le cadre de l’Alliance européenne pour l’IA (European AI Alliance).
    • L’objectif est de transposer l’approche éthique de l’Europe sur la scène mondiale. La Commission ouvre actuellement sa coopération à tous les pays non membres de l’UE souhaitant partager les mêmes valeurs qu’elle.
  • Étude : des tétraplégiques utilisent une tablette grâce à une interface ordinateur-cerveau

    Une interface cerveau-ordinateur dotée de réseaux d’électrodes implantés dans le cortex moteur a permis à trois personnes tétraplégiques d’utiliser une tablette tactile traditionnelle pour jouer du piano, écrire de emails ou réaliser des achats en ligne. Un dispositif mis au point par des chercheurs américains de l’Université de Stanford, dont les résultats de l’étude* ont été publiés le 21 novembre 2018 dans la revue Plos One.

    La technologie au service du handicap

    Pour faciliter l’accès des personnes handicapées aux ordinateurs, il existe des logiciels spécialisés avec des périphériques de saisie personnalisés.

    Cependant, pour les millions de personnes qui souffrent d’une forme de paralysie, ces méthodes de communication améliorée alternative (CAA), qui visent à remplacer la parole ou l’écriture pour les personnes présentant une déficience, ne permettent pas une utilisation optimale des ordinateurs.

    Les technologies désignées par le terme d’interface cerveau-ordinateur qui traduisent l’activité du cerveau en signaux de commandes utiles pour les dispositifs informatiques ouvrent des horizons. Des interfaces cerveau-ordinateur basées sur l’électroencéphalographie ont déjà permis la maîtrise de l’orthographe ou encore de la navigation sur internet.

    Des électrodes implantées dans le cortex moteur

    Dans le cadre du projet de recherche BrainGate2, des chercheurs américains de l’Université de Stanford ont voulu démontrer qu’une interface cerveau-ordinateur permettait à des personnes tétraplégiques de contrôler une tablette tactile grand public n’ayant subi aucune adaptation.

    Trois patients tétraplégiques ont été inclus dans l’étude : deux souffraient d’une sclérose latérale amyotrophique et le troisième d’une tétraplégique due à une lésion de la moelle épinière.

    Des réseaux de microélectrodes intracorticales ont été implantés dans leur cortex moteur. Ils détectent les signaux associés aux mouvements intentionnels produits dans le cortex moteur du cerveau. Ces signaux neuronaux sont ensuite acheminés vers une interface Bluetooth configurée pour fonctionner comme une souris sans fil virtuelle. Cette dernière a ensuite été couplée à une tablette Google Nexus 9 non modifiée.

    Les participants ont ensuite été invités à effectuer une série de tâches à l’aide de la tablette afin de déterminer dans quelle mesure ils étaient capables de naviguer dans diverses applications et de passer de l’une à l’autre. Les résultats de cette étude ont été publiés le 21 novembre 2018 dans la revue Plos One.

    Résultats

    • Les participants ont parcouru les sélections de musique sur un service de diffusion en continu, recherché des vidéos sur YouTube, fait défiler l’agrégateur de news, composé des emails et participé à des tchats.
    • Ils étaient capables d’effectuer 22 sélections par minute grâce au système pointer-cliquer.
    • Ils ont pu saisir jusqu’à 30 caractères par minute à l’aide d’interfaces de messagerie et de texte standard.
    • Les participants ont déclaré avoir trouvé l’interface intuitive et amusante à utiliser.

    L’interface cerveau-moteur pour retrouver « la vie d’avant »

    « C’était génial de voir nos participants faire ce que nous leur avions demandé de faire mais la partie la plus gratifiante et la plus amusante de l’étude était quand ils ont fait ce qu’ils voulaient faire : utiliser les applications qu’ils aimaient acheter », a déclaré le docteur Paul Nuyujukian, premier auteur de l’étude.

    L’un deux a désiré jouer du piano, l’autre écrire des emails et le troisième faire des achats sur internet. Si les chercheurs étaient enthousiastes, les patients ne l’étaient pas moins : « La tablette est devenue une seconde nature pour moi, très intuitive. Cela me semblait plus naturel que lorsque je me souviens avoir utilisé une souris », a déclaré l’un des tétraplégiques.

    Cependant, les chercheurs précisent que les patients n’ont pas eu accès à toutes les fonctionnalités de la tablette. Ils ne sont par exemple pas parvenus à faire défiler du haut vers le bas le navigateur web. Mais certaines de ces limitations auraient pu être surmontées grâce à des adaptations, « en activant les fonctionnalités d’accessibilité présentes dans le système d’exploitation Android ou des programmes tiers ».

    Cette étude démontre que les interfaces cerveau-ordinateur vont pouvoir être utilisées pour une autre fonction que celle de surmonter les déficiences de communication. En effet, les trois patients s’en sont servis également pour se divertir et retrouver des loisirs qu’ils appréciaient dans leur vie d’avant.

     

  • États-Unis : le Mount Sinai lance un projet mHealth ciblant le traitement de l’asthme avec Sanofi

    Le réseau d’hôpitaux Mount Sinai (New York) s’est associé le 5 décembre 2018 à Sanofi et à Sema4 pour lancer un programme de santé connectée qui permettra de suivre et de recueillir des données auprès de plus de 1 200 personnes souffrant d’asthme.

    Les chercheurs planifient d’utiliser des plateformes afin de recueillir des informations des participants au programme sur leur état de santé dans leur vie quotidienne, rassemblant ainsi des données physiologiques, environnementales et sociologiques pour identifier la façon dont l’asthme est déclenché et traité.

    Ils réaliseront également le profilage moléculaire d’échantillons biologiques pour étudier comment chaque participant réagit aux traitements.

    Le nombre de cas d’asthme a augmenté de 20 % chaque année pendant les dix dernières années selon l’Asthma and Allergy Foundation of America. Cette augmentation entraîne une hausse des coûts liés à l’asthme, évalués à environ 56 milliards de dollars (environ 49 Mds €) annuellement.

    Plus tôt dans l’année, le système de santé Geisinger de la Pennsylvanie a établi un partenariat avec AstraZeneca pour développer et lancer une plateforme de télé-santé pour ses patients atteints d’asthme. La solution digitale inclut un application mHealth et une plateforme d’aide au management de l’asthme qui intègre les données des patients dans le dossier médical électronique de Geisinger pour donner aux professionnels de santé, y compris aux professionnels d’éducation thérapeutique, aux pneumologues et aux spécialistes, une meilleure vue de la santé globale du patient chronique entre les consultations.

  • Fondation de l’Académie francophone de télémédecine et e-santé : un grand prix sera décerné en 2019

    Ghislaine Alajouanine, présidente du Haut conseil français de la télésanté et l’une des pionnières de la télémédecine, a annoncé le 6 décembre 2018 la fondation de l’Académie francophone de télémédecine et e-santé, en réponse au décret de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de 1997 sur la définition de la télémédecine*. L’information a été dévoilée sur le plateau TV Health & Tech Intelligence du congrès de la télémédecine, organisé à Paris par la Société française de télémédecine (SFTéléméd) en partenariat avec Care Insight, en présence du Pr Thierry Moulin, actuel président de la SFTéléméd et du Pr Nathalie Salles, future présidente de l’association (2019).

    La vision de cette nouvelle académie est d’œuvrer en soutien à l’Académie nationale de médecine dans le domaine de l’apport des nouvelles technologies à la santé.

    L’institution réunit de « grands professionnels, praticiens expérimentés reconnus », du domaine de la télémédecine, « dans un esprit de convivance (partage des capacités de chacun au bénéfice de tous) », précise la SFTéléméd. Organisés en « task force », ils vont donner leurs avis, émettre des recommandations et mettre leur expertise à la disposition des instances officielles dans l’optique de faire mieux connaître et de la valoriser la télémédecine. Ils initieront également des événements pour faciliter le déploiement de cet acte et contribuer à son rayonnement.

    En 2019, un jury décernera le premier grand prix de la télémédecine. Il sera constitué du président de l’Académie de médecine, Christian Chatelain, de son vice-président, le Pr Emmanuel Alain Cabanis, et des membres du bureau ainsi que des membres fondateurs de l’Académie francophone de télémédecine et e-santé.

    Composition de l’Académie francophone de télémédecine et e-santé

    Membres fondateurs :

    • Pr Louis lareng (Société européenne de télémédecine) ;
    • Pr Philippe Arbeille (Nasa) ;
    • Pr Jean-Didier Vincent (Université numérique francophone mondiale) ;
    • Dr Line Kleinebreil (Organisation mondiale de la santé) ;
    • Dr Jacques Lucas (Conseil national de l’Ordre des médecins) ;
    • Dr Pierre Simon (SFTéléméd) ;
    • Dr Jean Francois Thébaut (Haute autorité de santé) ;
    • Dr Nicolas Poirot (Samu) ;
    • Colonel Bruno Leblais ;
    • Hélène Faure-Poitou ;
    • Suzy Vaysse ;
    • Jean-Luc Rebière ;
    • Dr Pierre Rumeau ;
    • Pr Jacques Marescaux (Institut de recherche contre les cancers de l’appareil digestif) ;
    • Ghislaine Alajouanine (membre correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques), secrétaire perpétuelle

    Membres Associés :

    • Pr Nathalie Salles (SFTéléméd) ;
    • Pr  Thierry Moulin (SFTéléméd) ;
    • Pr Norbert Noury (Université Claude Bernard Polytech Lyon 1).

    Membres Associés étrangers :

    • Pr Antoine Geissbühler, (Hôpitaux Universitaires de Genève, projet RAFT)
    • Dr Marie-Louise Corréa (ancienne ministre, Sénégal) ;
    • Dr Sayavé Gnoumou (référent Télémédecine Union Africaine, Burkina Fasso) ;
    • Dr Apetit Sodjehoun (Togo) ;
    • Pr Souhil Tliba (Algérie) ;
    • Pr Patrick Rampal (Principauté de Monaco).