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  • Accès aux soins, organisation des parcours, outils de coordination : la Cnam lance les négociations

    La Cnam a présenté devant 48 organisations syndicales représentatives des libéraux de santé (médecins, pharmaciens, infirmiers, etc.), des transporteurs et des centres de santé une première proposition de travail sur l’exercice coordonné et le développement des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) le 16 janvier 2019, au siège de l’Assurance maladie. H&TI résume le document.

    Les négociations conventionnelles se déroulent en cinq séances de travail pour aboutir avant avril 2019 à un accord-cadre interprofessionnel (ACI).

    Accès aux soins et organisation des parcours, coeur des missions socles des CPTS

    Un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) daté du mois d’août 2018 dénombrait 20 communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) validées par les agences régionales de santé (ARS). Le gouvernement vise un nombre de 1 000 CPTS d’ici 2022. L’article 42 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2019 confie aux partenaires conventionnels la conclusion d’un accord interprofessionnel (ACI) pour définir le cadre de développement et de financement pérenne des formes d’exercice coordonné au sein des communautés professionnelles territoriales de santé.

    Objectif : offrir un cadre pérenne de financement aux CPTS et définir leurs missions socles.

    Selon le document présenté aux syndicats, la Cnam a élaboré une première version, base de travail, qui précise missions socles et missions complémentaires de chaque communauté.  

    Les missions socles :

    • l’accès aux soins ;
    • l’organisation des parcours.

    Accès aux soins : soins non programmés, médecin traitant, télémédecine

    Les CPTS auront la responsabilité de recenser les patients sans médecins traitants ainsi que les créneaux disponibles parmi les médecins traitants et de faciliter l’accès à ces derniers.

    L’accès aux soins non programmés doit pouvoir répondre à une alternative au recours aux urgences hospitalières. Selon les données présentées par la Cnam, 75 % des passages aux urgences ont lieu entre 8h et 20h en semaine. 43 % des passages aux urgences relèvent d’une consultation de médecine générale, dont 29 % sans accès à un plateau technique. Pour répondre à ces enjeux, la CPTS pourra s’appuyer sur un dispositif d’orientation des patients afin d’organiser un accès à des consultations, à des services de télémédecine et à des examens de laboratoires ou de radiologie.

    Organisation des parcours : gestion coordonnée et parcours ciblés perte d’autonomie

    La communauté professionnelle territoriale de santé devra contribuer à la continuité des soins et à la prévention des hospitalisations inutiles ou réhospitalisations par une gestion coordonnée des parcours intégrant le 1er et le second recours ainsi que le lien avec le médico-social, voire le domicile. La Cnam précise que plusieurs parcours handicap – personnes âgées pourront être organisés en lien avec les plateformes territoriales d’appui (PTA).

    Prévention, Qualité, Formation : les missions complémentaires

    La Cnam définit des missions complémentaires qui pourraient être portées par les CPTS :

    • prévention : campagne de promotion de la vaccination et du dépistage, éducation à la santé ou éducation thérapeutique ;
    • qualité et pertinence : inclure une évaluation de la qualité et de l’efficience dans les parcours, exploiter les données pour mesurer l’évolution des pratiques ;
    • formation des professionnels : formation interprofessionnelle, diagnostic territorial, accompagnement à l’utilisation des outils de coordination…

    La Cnam prévoit le déploiement d’outils à destination des professionnels des CPTS et notamment :

    • un agenda partagé pour l’organisation des soins non programmés ;
    • des outils facilitant la gestion des soins non programmés et la gestion des parcours complexes ;
    • un annuaire des professionnels.

    Le financement des CPTS prévu dans un accord CPTS – ARS – Assurance maladie

    Le financement des communautés professionnelles territoriales de santé est envisagé par une rémunération des missions exercées par les CPTS, dans le cadre d’un accord qui pourrait être signé entre la CPTS, l’agence régionale de santé et l’assurance maladie. Des indicateurs de suivi et d’impact sur l’amélioration de l’accès aux soins seraient utilisés au niveau local.

    Le financement pourrait s’articuler sur :

    • un financement de l’activité de coordination, modulé selon le nombre d’habitants et de professionnels de santé ;
    • une rémunération de chaque mission de la CPTS, avec une modulation incitative en fonction des moyens et résultats obtenus ;
    • une montée en puissance du financement en fonction du nombre de professionnels embarqués et du nombre de missions exercées par la CPTS.

    Les premières réactions à ces propositions de la Cnam sont les craintes des médecins sur une éventuelle sanction ou obligation d’intégrer une CPTS. Le directeur de la Cnam, Nicolas Revel, y répond par une incitation et un nécessaire engagement des professionnels à assurer la continuité des soins.

  • Le CNRS et l’Inserm lancent l’appel à projet « Défi santé numérique 2019 » (deadline : 04/03/2019)

    Le CNRS et l’Inserm lancent en ce début d’année l’appel à projet (AAP) « Défi santé numérique 2019 ».

    Cet appel vise à « soutenir une recherche de pointe à l’interface du numérique et de la médecine à travers de nouvelles collaborations interdisciplinaires« , précise le centre de recherche sur son site web. L’objectif est de permettre « de lever les verrous scientifiques, technologiques et sociétaux qui empêchent d’atteindre une médecine personnalisée, préventive, prédictive, précise et participative ».

    Les porteurs de projet doivent déposer leur dossier de candidature avant le 4 mars 2019 à midi sur le site de l’application Sigap.

    Contenu des projets

    Dans chacun des projets soutenus, les thèmes des recherches devront :

    • aborder une question scientifique relevant de la santé numérique ;
    • présenter un caractère pluridisciplinaire, intégrant à la fois une dimension sciences de l’information et mathématiques appliquées d’une part et une dimension médicale ou biomédicale d’autre part ;
    • intégrer les enjeux sociaux, économiques, juridiques et éthiques (troisième pilier de cette initiative)

    Les enjeux scientifiques identifiés pour ces collaborations et portés par les projets devront concerner, en particulier mais de façon non exhaustive, la médecine de précision, la médecine préventive et la médecine personnalisée, avec des sujets relevant :

    • de l’intégration de données multimodales (incluant particulièrement des données « omiques », d’imagerie, cliniques, etc.) ;
    • du développement de méthodes d’apprentissage automatique pour l’analyse et l’interprétation de données de santé (potentiellement en grand volume), en incorporant les contraintes de confidentialité des données ;
    • de la modélisation dynamique de processus biologiques d’intérêt médical et/ou de pathologies, en particulier si elle est guidée par les données, ce travail de modélisation pouvant être enrichi par un volet d’analyse épistémologique ;
    • du développement d’approches statistiques ou de méthodologies innovantes adaptées à la médecine de précision pour l’obtention de la preuve de concept clinique ;
    • de l’analyse des dispositifs juridiques et règlementaires, existants ou en cours d’élaboration, encadrant le stockage et l’usage à court et long terme de données, y compris dans une perspective comparatiste ;
    • de l’analyse (politique, économique, sociale, géographique) des changements induits par la pratique de la médecine numérique en termes de coût pour la collectivité ou les individus, d’organisation du système de santé, de parcours de soin ;
    • de l’analyse éthique de la relation de soin induite par le développement de la médecine numérique à la fois pour le patient et les équipes soignantes.

    Critères d’éligibilité

    • Le projet doit impliquer au moins deux laboratoires dont une unité Inserm et une unité CNRS.
    • Le porteur du projet doit être un chercheur ou un enseignant-chercheur titulaire affilié à une unité Inserm ou CNRS. Un référent scientifique pour chaque laboratoire impliqué doit être identifié.
    • La demande budgétaire ne doit pas excéder 30 k€ et ne peut concerner que des dépenses de mission/fonctionnement/équipement/prestations de service en lien avec le projet. Seul un petit nombre de projets pourront être financés à cette hauteur sur justification détaillée du budget (voir le texte de l’AAP pour plus de précisions).
    • L’accord du directeur de l’unité CNRS et de l’unité INSERM impliquées dans le projet est requis.
    • L’interdisciplinarité, la prise de risque, la rupture et le caractère exploratoire, la complémentarité des équipes participantes seront les critères clefs pris en compte dans la sélection des projets.

    L’évaluation sera réalisée par un comité scientifique constitué conjointement par la Mission pour les initiatives transverses et interdisciplinaires du CNRS et le département de l’évaluation et de suivi des programmes de l’Inserm.

     Modalités de candidature

    Le porteur de projet doit déposer un dossier de candidature sur l’application Sigap avant le 4 mars 2019 à midi.

    Procédure à suivre :

    • Sélectionner l’appel à projets « Défi Santé numérique : AAP 2019 » ;
    • télécharger la trame du formulaire de candidature si besoin (le formulaire de candidature est également disponible sur le site de la MITI), puis cliquer sur « Candidater » ;
    • remplir toutes les rubriques du questionnaire en ligne ;
    • joindre le formulaire de candidature complété et signé par le directeur d’unité en pièce jointe (le document doit être en format PDF) ;
    • enregistrer et transmettre.

    L’ensemble du questionnaire et la pièce jointe pourront être modifiés jusqu’à la date limite de dépôt des candidatures.

    Contacts pour obtenir plus d’informations : 

    • Mokrane Bouzeghoub, responsable scientifique CNRS de l’action :
      • mokrane.bouzeghoub@cnrs-dir.fr ;
    • Marie-Josèphe Leroy-Zamia, responsable scientifique Inserm de l’action) :
      • marie-josephe-leroyzamia@inserm.fr ;
    • Mission pour les initiatives transverses et interdisciplinaires :
      • miti.contact@cnrs.fr.
  • Le Medical Training and Testing Center du CHU de Rouen acquiert le robot R-One de Robocath

    Le Medical Training and Testing Center (MTC) du CHU de Rouen vient d’acquérir le robot R-One de la start-up locale Robocath, qui conclut ainsi la première vente de son dispositif. Situé au sein du campus hospitalo-universitaire de la ville normande et du technopole Rouen Innovation Santé, le centre est spécialisé dans la formation des professionnels de santé, notamment aux nouvelles technologies. Ce nouvel équipement vise à former les potentiels utilisateurs français et étrangers de la plateforme de robotique médicale afin de garantir un usage optimal par les praticiens en vue de la commercialisation prochaine de R-One en Europe et au Moyen-Orient, précise Robocath dans un communiqué publié le 14 janvier 2019.

    La technologie a été conçue dans l’optique de réduire l’exposition des médecins aux rayons X et d’améliorer les conditions des interventions chirurgicales en gagnant à la fois en précision et en sécurité. « Actuellement en phase d’homologation CE, son utilisation clinique et sa commercialisation devraient débuter en Europe dès 2019″, précise la start-up.

    En finançant intégralement l’investissement, soit 300 000 euros, la Métropole Rouen Normandie a permis l’acquisition de la première plateforme R-One par le CHU pour le MTC.

    « Les équipes médicales du CHU ont contribué à la conception du robot R-One, et le siège de Robocath est situé à proximité immédiate du MTC. Ce travail en réseau au sein du pôle « Rouen innovation santé » montre que les synergies locales peuvent déboucher sur de prometteuses innovations, au service des professionnels de santé et, in fine, des patients, commente Véronique Desjardins, directrice du CHU de Rouen (communiqué). (…) Le robot répond pleinement à notre volonté de soutenir l’innovation médicale et sa diffusion auprès des équipes médicales. Le soutien à l’innovation et à la recherche appliquée est l’un des axes de développement du MTC, centre parfaitement adapté aux besoins des entreprises de santé pour les tests et la formation aux dispositifs médicaux qu’elles inventent et diffusent. »

    La Région a financièrement soutenu le projet

    En dehors des 300 000 euros attribués par la Métropole Rouen Normandie pour financer l’investissement, la Région a soutenu le développement du robot à hauteur de 1,1 million d’euros à travers le fonds Normandie Participations et une aide de 600 000 euros, allouée dans le cadre du dispositif Impulsion Innovation, indique Françoise Guégot, 3ème vice-présidente de la Région Normandie en charge de l’enseignement supérieur, de la recherche, de l’innovation et du développement numérique (communiqué).

    Elle ajoute qu’un versement de 100 000 euros a également été effectué pour aider le CHU de Rouen dans l’acquisition de nouveaux outils de pointe en simulation par le Medical Training and Testing Center.

    Une intervention à distance pour éviter une exposition aux rayons X

    Fondé en 2009 à Rouen par le neuroradiologue Philippe Bencteux, Robocath a mis au point R-One pour assister les chirurgiens et leur permettre ainsi d’intervenir avec davantage de précision et en toute sécurité.

    Par le biais de R-One, les médecins ont la possibilité de manipuler à distance leurs instruments depuis une station de contrôle située à proximité de la table d’intervention.

    Philippe Bencteux a élaboré 2 technologies pour assurer le fonctionnement du robot :

    • R-grasp, qui reproduit avec une grande précision les mouvements de la main ;
    • SecurAccess, qui sécurise le geste des praticiens.
  • Vendredis de l’innovation : l’IA au service du parcours patient dans la région Sud (01/02/19, Nice)

    Dans le cadre de la Cité européenne de l’innovation en santé et des Vendredis de l’innovation en santé, la Métropole de Nice organise le 1er février 2019 une conférence sur l’intelligence artificielle (IA).

    Les thèmes abordés :
    • l’IA dans le parcours de soins du patient en Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) ;
    • une dynamique partenariale entreprise-donneurs d’ordre du secteur santé.

    Cet événement vise à faciliter les rencontres entre les start-ups des secteurs de la santé et de la silver économie de la région et les industriels mais aussi les décideurs économiques et institutionnels. Un autre moment fort de la journée sera la présentation des feuilles de routes numériques et des besoins par les grands comptes industriels et institutionnels.

    Les inscriptions, gratuites mais obligatoires, doivent être réalisées en ligne via ce lien ou par email à sophie.morgenstern@nicecotedazur.org.

    Pour les start-ups, renseignements et inscription via sophie.morgenstern@nicecotedazur.org ou au 06 07 40 45 05.

    Programme :

    9h30 : Accueil café dans le showroom

    10h : Ouverture et présentation des intervenants

    10h10-10h30 : Présentation initiative 3iA/Centre de référence bien-être et vieillissement UCA

    10h30-11h : Présentation Microsoft Santé France

    11h-11h30 : Présentation agence régionale de santé (ARS) Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA)

    11h30-12h30: 5 pitchs de startups

    12h30-13h : Cocktail

    13h-13h30 : Présentation CEA Tech, accélérateur

    13h30-14h : Présentation IBM Health

    En présence de :

    • Antoine Denis, directeur « santé » de Microsoft France ;
    • Ahmed El-Bahri, directeur de l’organisation des soins à l’ARS PACA ;
    • Laurent Peillard, responsable du département « pharmacie et biologie »à l’ARS PACA ;
    • Georges Uzbelger, ingénieur à IBM ;
    • CEA Tech ;
    • l’université Côte d’Azur ;
    • 5 start-ups de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.
  • L’incubateur WeHealth by Servier lance un « wearable » pour suivre à distance le rythme cardiaque

    WeHealth by Servier, filiale du groupe pharmaceutique français, lance sa première solution connectée, Cardioskin, un t-shirt connecté permettant d’enregistrer l’activité cardiaque en temps réel et à distance.

    Ce dispositif ambulatoire, mis au point en partenariat avec la start-up Bioserenity, réalise un électrocardiogramme (15 dérivations), sur prescription et sous surveillance médicale. Via des capteurs, il est capable de mesurer l’activité ECG du cœur et d’identifier les anomalies lorsqu’une évaluation de longue durée du rythme cardiaque (plus de 24 heures) est nécessaire.

    La solution, qui a obtenu le marquage CE et l’autorisation 510(k) de la FDA, sera commercialisée dans les prochains mois en Europe et ultérieurement au Moyen-Orient. Son coût sera de 5 000 euros pour l’ensemble de la solution (t-shirt, accès à l’espace cloud, application dédiée, etc.), a indiqué David Guez, directeur de WeHealth, lors d’une présentation presse organisée dans le cadre des Journées européennes de la Société française de cardiologie, qui se tiennent du 16 au 19 janvier 2019 à Paris, et à laquelle Health & Tech Intelligence a assisté. Les partenaires du projet sont en réflexion en ce qui concerne les modalités de remboursement, l’idée étant que le patient n’ait pas à payer pour le dispositif.

    10 autres solutions sont actuellement en cours de développement, indique le responsable, et ce dans 5 domaines : la cardiologie, l’oncologie, le diabète, l’immunologie et les neurosciences, « avec des pathologies qui se recoupent parfois ».

    Cardioskin : une solution pour un suivi de plus de 24h

    Une solution, 6 outils

    • T-shirt unisexe sans fil disponible en 5 tailles :
      • 13 électrodes intégrées au textile pour un enregistrement sur 15 dérivations ;
      • bouton de notification intégré pour permettre au patient de signaler le moment où des « événements » surviennent et ainsi au praticien de corréler lesdits événements aux données recueillies ;
      • lavable en machine et possibilité de prendre une douche avec après avoir retiré la batterie ;
    • Cardioskin Cloud : permet de prescrire, de collecter et d’analyser les données ECG des patients ;
    • application mobile Cardioskin pour smartphone et tablette :
      • permet de lancer les enregistrement ECGs ;
      • interface dédiée pour les patients et pour les professionnels de santé : le patient peut y enregistrer des informations sur son ressenti afin de compléter les résultats de l’électrocardiogramme ;
    • module d’acquisition Cardioskin : enregistre les données ECG du patient jusqu’à 14 jours ;
    • batteries Cardioskin (amovibles) et câble USB : alimente le module d’acquisition Cardioskin ;
    • Dock Cardioskin : permet le transfert des données ECG du module d’acquisition Carsioskin vers la plateforme cloud Cardioskin via wiki.

    Déroulée du processus type avec Cardioskin

    • Consultation : décision du médecin de prescrire Cardioskin ;
    • prescription d’une surveillance ECG par le biais du cloud Cardioskin ;
    • le patient est équipé de Cardioskin ;
    • téléchargement de l’application et lancement de l’enregistrement ECG ;
    • réception continue du signal :
      • mode « en ligne » : résultats envoyés sur le cloud Cardioskin ;
      • mode « hors ligne » : 14 jours de stockage dans le dossier Cardioskin ;
    • transmission et stockage des données collectées sur le cloud ;
    • fin du suivi : analyse des données via le logiciel Mortara ;
    • établissement du diagnostic.

    « Les dispositifs comme Cardioskin peuvent améliorer la performance des professionnels de santé, à condition cependant que les usages changent, note David Guez, directeur de WeHealth by Servier. Si les acteurs du secteur se confortent dans leurs habitudes et sont réticents au changement, nous n’allons pas évoluer. »

    Apporter une expertise là où il n’y a pas de spécialistes

    Selon le Pr Patrick Jourdain, professeur de cardiologie au Kremlin Bicêtre (Val-de-Marne), l’un des avantage d’une analyse automatisée des données ECG recueillies est que les résultats peuvent être observés par un non-spécialiste, ce qui peut s’avérer utile dans les zones sous-denses. « Si je ne suis pas rythmologue, je ne vais rien comprendre à certains enregistrement d’un ECG classique, explique le médecin. En revanche, si on me transmet un compte rendu analysé, là je vais pouvoir établir un diagnostic. L’idée avec Cardioskin est d’accéder à un niveau d’expertise quel que soit l’endroit où la patient se trouve. »

    Les modalités de remboursement en réflexion

    Le t-shirt se porte juste le temps du diagnostic (deux jours, quelques semaines ou un mois selon les besoins) et non pendant une longue durée. « Le but est que le patient s’engage et prenne en charge sa santé », commente David Guez.

    Le Pr Patrick Jourdain précise que dans le cadre du modèle en question, « ce n’est pas le patient qui va payer pour sa solution ».

    Lorsque le t-shirt est porté pour une utilisation de 24 heures, un remboursement est déjà possible comme n’importe quel autre dispositif de suivi. « Cependant, si le suivi dure un mois, comment fait-on ? Un remboursement sera possible mais nous sommes encore en réflexion en ce qui concerne les modalités », indique David Guez.

    8 à 10 partenariats WeHealth avec des start-ups pour 2019

    Le responsable est par ailleurs revenu sur le programme de partenariat de la société mis en place pour accompagner les start-ups.

    8 à 10 partenariats sont à venir au cours de l’année 2019, a-t-il déclaré. 5 partenariats ont déjà été signés, dont :

    • 3 avec des start-ups dont le produit va être lancé en 2019 :
      • Cardioskin ;
      • Onco’Hub, une plateforme web pour suivre les patients atteints d’un cancer et faciliter la communication des données médicales des patients entre professionnels de soins : la solution est en cours d’essai clinique, avec une première preuve de concept réalisée au centre de lutte contre le cancer Léon Bérard ;
      • MyoRegulator, un dispositif de neuromodulation non invasif pour le traitement de la spasticité ;
    • 2 autres avec :
      • Wellingo, un dispositif de mesure de la tension artérielle pour prévenir les crises cardiaques ;
      • HomeHeart, un système de télémédecine pour le suivi de l’insuffisance cardiaque congestive.

    Un partenariat basé sur 6 piliers :

    • des ressources pour accélérer l’entrée sur le marché : moyens financiers déployés et équipe dédiée au projet ;
    • un réseau de parties prenantes : start-ups et écosystème de partenaires ;
    • un écosystème avec une expertise internationale et les atouts d’un vaste réseau pour co-développer et distribuer les solutions ;
    • une stratégie allant de l’idée à la commercialisation du produit (moins de 3 ans), avec une licence de distribution exclusive mondiale, incluant l’analyse des données ;
    • une préservation de l’ADN de la start-up ;
    • un partenariat de longue durée : « Nous tenons à entretenir une relation d’égal à égal, nous n’essayons pas de diriger les start-ups mais d’être des co-développeurs, précise David Guez. Ce qui nous intéresse c’est d’avancer ensemble et de lancer la solution sur le marché. »
  • Deuxièmeavis.fr et Ociane Groupe Matmut signent un partenariat

    Le service Deuxièmeavis.fr, qui permet aux personnes atteintes d’un problème de santé sérieux d’obtenir en moins de sept jours l’avis d’un spécialiste, vient d’être intégré aux contrats santé d’Ociane Groupe Matmut, qui porte l’offre santé du groupe Matmut et compte près de 650 000 adhérents en France.

    Pour la start-up, qui a levé 2,5 millions d’euros en septembre 2018, ce partenariat « est une étape importante du développement de la société [, fondée en 2016,] et laisse présager d’une année 2019 particulièrement riche », indique Deuxièmeavis dans un communiqué publié le 17 janvier 2019.

    « Nous mettons toute notre énergie à développer ce type de partenariat qui doit nous permettre de couvrir, d’ici 3 ans, 100 % des Français, a déclaré Pauline d’Orgeval, cofondatrice et P.-D.G de la start-up (communiqué). [Cette alliance] avec un acteur majeur comme Ociane Groupe Matmut, nous en rapproche un peu plus. »

  • D. Gruson invite à créer une méthodologie d’évaluation des impacts de l’IA sur les emplois en santé

    Proposer une stratégie d’accompagnement des métiers du secteur de la santé et des fonctions support aux soins face au développement de l’intelligence artificielle (IA), tel est l’objectif de la note « IA et emploi en santé : quoi de neuf docteur ? », publiée par l’Institut Montaigne et rédigée par David Gruson (auteur principal*), docteur en droit de la santé et fondateur de l’initiative Ethik-IA, qui vise au déploiement d’outils de régulation positive du déploiement de l’IA et de la robotisation en santé.

    L’idée, à travers ce texte daté de janvier 2019, est de « contribuer à une prise de conscience quant à la nécessité de créer, dans les meilleurs délais, une méthodologie d’évaluation des effets du déploiement de l’IA et de la robotisation dans le secteur de la santé« , et ce dans l’optique de rendre effective la transformation des métiers du soin.

    David Gruson et les co-auteurs de la note, Adrien Deudon (membre d’Ethik-IA) et Laure Millet (Institut Montaigne), émettent les 2 propositions clés suivantes :
    • établir une méthodologie d’évaluation des impacts de l’IA sur l’emploi en santé : création, par les pouvoirs publics, d’une plateforme de dialogue entre les différents acteurs impliqués ;
    • déployer une responsabilité sociétale des entreprises (RSE) digitale au sein des établissements de santé : en incitant ces derniers à étudier la transformation des métiers ainsi qu’à développer des méthodologies d’évaluation des compétences et des nouveaux besoins en formation des salariés.

    La radiologie et l’ophtalmologie parmi les 1ers métiers impactés par l’IA

    Les conditions d’exercice des spécialités médicales et des fonctions support aux soins « vont durablement changer » de par le déploiement de l’intelligence artificielle (IA) dans le secteur, analysent les auteurs de la note, précisant que les impacts vont néanmoins différer selon les métiers.

    Ainsi, ils estiment qu’un impact « possiblement fort » est à attendre pour les disciplines reposant déjà sur du code numérique, comme la radiologie et l’ophtalmologie. « Leurs activités se déplaceront vers des actes à plus haute valeur ajoutée, tandis que les tâches les plus rébarbatives seront effectuées par la machine », avancent les trois experts.

    Des effets plus lourds attendus sur les fonctions support aux soins

    Par ailleurs, les effets de l’IA sont annoncés plus lourds sur les fonctions support aux soins dans la note. Ainsi, plusieurs solutions d’intelligence artificielle relatives à la gestion des tâches administratives ou logistiques ont déjà été instaurées dans d’autres secteurs, est-il souligné.

    Proposition n° 1 : établir une méthodologie de chiffrage des impacts de l’IA sur les ressources humaines en santé

    • Objectif : appréhender les effets de création et de transformation des métiers du secteur de la santé.
    • Moyen : création, par les pouvoirs publics, d’une plateforme de dialogue entre les différents acteurs impliqués.

    La méthodologie de chiffrage proposée s’articule autour de 6 étapes clés :

    • 1. recenser les effectifs par catégories professionnelles du secteur de la santé, comme par exemple la gestion administrative ;
    • 2. répertorier les métiers appartenant aux catégories professionnelles repérées, comme celui de secrétaire médical(e) ;
    • 3. identifier les activités ou tâches correspondant à chaque métier ;
    • 4. déterminer le taux de substitution de chaque activité identifiée ;
    • 5. mesurer le taux de substitution pour chaque métier ;
    • 6. réaliser des scénarios d’impact.

    « Il apparaît essentiel que les pouvoirs publics puissent rapidement se saisir de l’enjeu de construire une méthodologie de suivi en continu des impacts de l’IA sur l’emploi en santé », commentent David Gruson, Adrien Deudon et Laure Millet, précisant que « la construction d’un cadre de dialogue associant les représentants des patients, les professionnels de santé, les partenaires sociaux et les acteurs économiques constitue un axe prioritaire ».

    Proposition n° 2 : déployer une RSE digitale au sein des établissements de santé

    « L’investissement dans l’anticipation du déploiement de l’IA et de la robotisation doit pouvoir être reconnu comme une nouvelle forme d’exercice de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) », expliquent les auteurs de la note.

    L’idée est d’appliquer la notion de RSE à l’engagement des mesures d’accompagnement des effets sociétaux liés à la transformation numérique et donc à l’intelligence artificielle. Le développement des technologies d’IA dans un secteur d’activité donné « entraîne nécessairement des conséquences sur la société », est-il souligne dans la note, dans laquelle est ainsi proposé de les encadrer « de façon éthique et responsable ».

    Inciter les établissements à développer des méthodologies d’évaluation des nouveaux besoin en formation des salariés

    Les trois experts indiquent que la responsabilité sociétale des entreprises digitale peut être déclinée autour de diverses mesures, telles qu’encourager les établissements de soins :

    • à étudier la transformation des métiers ;
    • à développer des méthodologies d’évaluation des compétences et des nouveaux besoins en formation des salariés.

    Ils ajoutent que les salariés doivent être sensibilisés et formés à l’utilisation des innovations en santé.

    Garantir une « supervision humaine de toute utilisation du numérique et de l’IA en santé »

    « En ce qui concerne les patients, il s’agit de s’assurer du respect du principe de garantie humaine, soit la garantie d’une supervision humaine de toute utilisation du numérique et de l’IA en santé, pour toute décision médicale (pose de diagnostic, choix du traitement, etc.) », poursuivent-ils. 

    Selon David Gruson, Adrien Deudon et Laure Millet, ces mesures concourent à la mise en place d’une intelligence artificielle « responsable », en valorisant l’innovation « à tous les niveaux ».

  • Vik, le chatbot de la start-up Wefight, étend ses compétences à 3 nouvelles pathologies

    À l’occasion du CES 2019, qui s’est tenu du 8 au 11 janvier à Las Vegas, la start-up française Wefight a présenté la version anglaise de Vik Sein, son compagnon virtuel conçu pour répondre aux questions des femmes atteintes de cancer du sein. Après 2 ans d’existence, la société propose des nouveautés sur son outil et élargit son champ d’action à trois nouvelles pathologies : l’asthme, la dépression et la migraine. Ces nouveaux chatbots seront disponibles d’ici la rentrée 2019.

    La solution Vik est disponible sur Messenger, ou via une application disponible sur App Store, Google Play et le portail web de Wefight. Financé par des industriels, il est gratuit pour les patients.

    Vik Sein : une IA pour accompagner les patientes

    Grâce à l’utilisation d’un outil d’intelligence artificielle (IA) et d’un système de traitement automatique du langage naturel, Vik comprend les questions des utilisatrices et peut leur proposer une réponse personnalisée, que les questions soient médicales (effets secondaires, posologie, impacts sur la vie quotidienne…) ou pratiques (organisation des soins, remboursements…).

    Le chatbot sert également de reminder pour les rendez-vous médicaux ou la prise de médicaments.

    Vik Sein s’internationalise avec une version en anglais

    Plusieurs milliers d’utilisateurs

    Vik Sein a été développé en lien avec l’association de patientes Mon réseau cancer du sein, l’un des premiers réseaux sociaux dédiés aux femmes touchées par cette maladie, afin de répondre aux attentes des premières concernées.

    Le chatbot a été testé fin 2017 à l’occasion de la campagne Octobre rose, destinée à sensibiliser au dépistage du cancer du sein féminin. Selon son développeur, il est aujourd’hui utilisé par plusieurs milliers d’utilisateurs, patientes et proches.

    Une extension aux patientes atteintes d’un cancer du sein métastatique

    Lors du CES 2019, Wefight a dévoilé une version anglaise de son agent conversationnel, qui a été étendu aux patientes atteintes d’un cancer du sein métastatique.

    De plus, le chatbot peut maintenant proposer des essais cliniques selon le profil de la patiente et évaluer la compréhension des utilisatrices par le biais de questions portant sur des informations préalablement évoquées par Vik Sein.

    Wefight implique des professionnels de santé dans le processus de développement de son outil pour valider le contenu scientifique et médical des réponses apportées par le chatbot. Pour valider son modèle et évaluer les réponses apportées par Vik Sein, la start-up a ainsi lancé deux études cliniques sur, à terme, plus de 150 patientes atteintes d’un cancer du sein.

    Benoît Brouard, cofondateur et directeur de Wefight, indique que les résultats de ces travaux sont attendus courant 2019.

    Vik s’étend à 3 autres pathologies (asthme, dépression et migraine)

    La start-up a par ailleurs élargi ses compétences à trois autres pathologies. D’ici la fin janvier 2019, Vik Asthme, Vik Dépression et Vik Migraine seront lancés.

    • Vik asthme et Vik migraine ont été développés en lien avec le CHU de Montpellier
    • et Vik dépression avec l’équipe de psychiatrie de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP). Ce dernier chatbot devrait être complété par des tableaux de bords destinés au suivi des patients par les professionnels de santé, grâce notamment à des alertes.
  • Hausse du nombre des consultations à l’AP-HP avec la prise de RDV en ligne (étude Hospinnomics)

    La prise de rendez-vous en ligne a entraîné une augmentation du nombre de consultations et une diminution du nombre de rendez-vous non honorés au sein des établissements de l’Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP), révèlent les premiers résultats d’une étude réalisée par la chaire de recherche en économie de la santé Hospinnomics (AP-HP et École d’économie de Paris) et présentés dans un communiqué publié le 8 janvier 2019.

    Si de manière générale « une forte satisfaction des patients » a été observée à l’égard du service de prise de rendez-vous sur internet, aucun impact significatif n’a été constaté en ce qui concerne les délais d’attente pour les nouveaux patients et le nombre d’hospitalisations.

    L’étude, menée entre avril 2017 et mai 2018, compare l’évolution de l’activité de consultation externe de services d’établissements proposant la réservation en ligne avec celle de services d’établissements non équipés.
    Au moment de sa réalisation, 24 des 39 hôpitaux de l’AP-HP étaient dotés du système de prise de rendez-vous en ligne et 7 d’entre eux venaient de le mettre en place.

    À ce jour, le déploiement du dispositif est « quasiment terminé à l’AP-HP », précise le communiqué. Le service est actuellement disponible dans 30 hôpitaux du CHU, sur 32 éligibles, et plus de 170 000 rendez-vous ont été pris en ligne depuis le début du projet, soit environ 20 000 rendez-vous pris chaque mois.

    3 effets positifs de la prise de RDV en ligne observés à l’AP-HP

    1. Hausse du nombre de consultations

    • Un mois après la mise en place de l’outil de prise rendez-vous en ligne Doctolib, les établissements et les services équipés ont enregistré une hausse de 7,5 % du nombre de rendez-vous honorés, « tous canaux de prise de rendez-vous confondus », indique l’AP-HP dans le communiqué.
    • Un an après l’intégration de la solution, l’augmentation était d’environ 11 % pour l’ensemble des patients et de 7 % pour les nouveaux patients (primo-consultants).
      « La venue de nouveaux patients pourrait notamment s’expliquer par une meilleure visibilité de l’offre de soins de l’AP-HP pour les services engagés dans ce projet », note le CHU.

    2. Baisse des rendez-vous non honorés

    • Un mois après l’intégration du service, le nombre de rendez-vous non honorés a baissé de près de 8 %.
    • Autre constat, un nombre plus important de rendez-vous auxquels les patients ne pouvaient finalement pas se rendre ont été annulés à temps : 60 % de ces annulations ont été converties en nouveaux rendez-vous.

    3. Un service plébiscité par les patients

    • Un tiers des 5 000 patients interrogés par l’AP-HP en janvier 2018 déclarent qu’ils auraient cherché un rendez-vous en dehors du CHU sans l’accès à un service de prise de rendez-vous en ligne ;
      • 85 % d’entre eux indiquent qu’ils recommanderaient spontanément le service à leurs proches.
    • Une forte majorité souhaite, par ailleurs, que le service soit plus largement proposé à l’AP-HP.

    Mais pas d’impact significatif observé sur :

    1. les délais d’attente pour les nouveaux patients ;

    2. le nombre d’hospitalisations

    Dans l’optique d’optimiser le service pour les professionnels de santé, le CHU a également mené une enquête début 2018 afin de recueillir l’avis de médecins ayant accès à la plateforme de prise de rendez-vous en ligne par le bais de rencontres avec des services ciblés pour identifier les problèmes rencontrés avec le dispositif et émettre des propositions d’amélioration.

  • GPU

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