Dans le cadre de la stratégie nationale de recherche en intelligence artificielle (IA), présentée fin novembre 2018 à Toulouse par la ministre Frédérique Vidal (Recherche et Innovation) et le secrétaire d’État chargé du Numérique Mounir Mahjoubi, le gouvernement a signé le 8 janvier 2019 le marché d’acquisition de l’un des supercalculateurs les plus puissants d’Europe lors d’une cérémonie organisée en présence de Frédérique Vidal, a indiqué le ministère de lʼEnseignement supérieur, de la Recherche et de lʼInnovation dans un communiqué. Le dispositif vise à être exploité dans divers domaines, dont ceux de la santé et de la biologie.
Le montant de l’investissement n’a pas été communiqué.
Installé « début 2019 » au centre de calcul Idris du CNRS, sur le plateau de Saclay dans l’Essonne, le supercalculateur a été élaboré par Hewlett Packard Enterprise et est financé par Genci, une société civile française en charge de l’équipement national en calcul intensif.
Doté d’une puissance de calcul supérieure à 14 pétaflops par seconde (14 millions de milliards d’opérations par seconde) et d’un millier de processeurs spécialisés (GPU), il permettra d’étendre « les modes d’utilisation classiques du calcul à haute performance à de nouveaux usages pour l’intelligence artificielle », indique le ministère.
L’un des six axes de la stratégie française de recherche en IA, qui sera financée par l’État à hauteur de 665 millions d’euros d’ici 2022, est de renforcer les moyens de calcul dédiés à l’intelligence artificielle : plus de 170 millions d’euros seront consacrés à ce projet. L’objectif de ce plan national est de faire du pays le leader européen de la recherche en IA.
Le ministère précise, par ailleurs, que la France envisage de se porter candidate à l’horizon 2022 à l’hébergement d’un des machines européennes de calcul dite « exascale » (1 milliard de milliard d’opérations par seconde), dans le cadre de la stratégie d’infrastructures de calcul intensif.
Renforcer les moyens de calcul : l’un des 6 axes de la stratégie de recherche en IA
Éléments clés :
- installation de l’un des plus puissants supercalculateurs en Europe début 2019 ;
- plus de 170 millions d’euros seront consacrés d’ici 2022 pour les moyens de calcul dédiés à l’intelligence artificielle, une somme versée par le gouvernement, conjointement avec la Commission européenne ;
- l’accès au calcul sera facilité pour l’ensemble de la communauté de recherche : une procédure d’accès aux moyens de calcul définie par Genci sur recommandation de l’alliance des sciences et technologies du numérique Allistene sera mise en place au cours de l’année et permettra de disposer de ressources de calcul à la volée.
« Un élément important de la stratégie d’infrastructures de calcul intensif »
« Plus généralement, [l]acquisition [de ce supercalculateur] est un élément important de la stratégie nationale d’infrastructures de calcul intensif », note le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.
Elle va permettre de doubler « les moyens de calcul disponibles pour la simulation numérique qui, au-delà de l’intelligence artificielle, présente une importance majeure pour la plupart des champs scientifiques » et pour des domaines variés allant de la biologie et la santé à la sécurité et la défense, en passant par l’aéronautique, l’automobile, les matériaux, l’énergie, la simulation du climat et la prévision météorologique.
La France, candidate à l’hébergement d’un supercalculateur européen dit « exascale »
La stratégie d’infrastructures de calcul intensif s’inscrit dans le cadre de la stratégie européenne sur le sujet. La France prévoit dans ce contexte de se porter candidate à l’horizon 2022 à l’hébergement d’une des machines européennes de calcul dite « exascale », soit capable d’effectuer 1 milliard de milliard d’opérations par seconde, indique le ministère.
Le dispositif sera cofinancée par la Commission européenne à travers l’entreprise commune EuroHPC, qui rassemble la Commission et 25 pays. L’investissement représentera plus de 320 millions d’euros, dont la moitié contribuera à l’intelligence artificielle.