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  • Bisom, Hygia, Withings… les start-ups françaises de la e-santé qui font parler d’elles au CES 2020

    Acteurs publics, grands groupes et start-ups du monde entier participent au CES 2020, le plus grand salon de l’électronique mondial, qui a ouvert ses portes le 7 janvier 2020 à Las Vegas pour mettre en lumière, en exclusivité, les nouvelles solutions et innovations des grands noms de l’industrie.

    Pour cette 53ème édition, l’engouement pour le secteur de la santé se confirme. Entre les GAFA qui envahissent le secteur de la health tech et les start-ups qui multiplient les outils de prévention et d’optimisation de l’expérience des patients, les participants peuvent entrevoir un aperçu complet du marché.

    Cette année encore, la délégation française surfe sur cette tendance. En effet, sur plus de 160 start-ups participantes, 35 opèrent dans le secteur de la e-santé. C’est le cas notamment de Bisom, Hygia, MySofie et Withings, qui exposent leurs solutions au Eureka Park, un espace du salon dédié principalement aux start-ups.

    • Bisom : membre de la délégation Haut-de-France, la start-up présente son outil de télérégulation destiné aux urgentistes. À noter : le jury d’experts du village francophone a élu la jeune pousse lauréate 2020 dans la catégorie « e-santé ».
    • Hygia : issue de la région Occitanie, la start-up explose son fauteuil connecté conçu pour les salles d’attente.
    • MySofie : la jeune pousse bordelaise vise la conquête du marché international grâce à son application regroupant l’ensemble des dépenses de santé.
    • Withings : habituée du CES depuis plusieurs années, la start-up française présente sa nouvelle montre connectée, la ScanWatch, qui dispose de multiples capteurs de mesure médicale pour détecter la fibrillation auriculaire, l’oxymétrie et l’apnée du sommeil.

  • Panorama 2019 du Snitem : le marché du DM numérique rassemble 2,5 fois plus d’entreprises qu’en 2017

    51 % des entreprises du secteur dispositif médical (DM) « sont en phase de développement de DM connectés et/ou de solutions et applications digitales » et le marché numérique en santé rassemble actuellement « 2,5 fois plus d’entreprises qu’en 2017 » . Il s’agit des informations centrales figurant dans le Panorama 2019 du dispositif médical en France, réalisé par la société D&Consultants  et présenté par le Snitem le 9 janvier 2020 à Paris. Les auteurs de l’étude indiquent cependant que « le segment du numérique en santé apparaît toujours comme un marché émergent compte tenu de la faible part relative de chiffre d’affaires qu’il représente » au sein du secteur français du DM.

    « Toutes les entreprises qui ont les moyens d’investir dans le numérique le font, tout le monde est persuadé que c’est une partie de notre avenir », commente Philippe Chêne, président du Snitem : « La question est de savoir comment cela va être évalué [et] remboursé ».

    L’épineuse question de la rémunération

    « La Haute autorité de santé (HAS) démarre la méthodologie pour les étudier, ils ne savent pas vraiment faire », précise Eric Le Roy, directeur général du Snitem . Quand des solutions e-santé numérique sortiront avec un tampon HAS, il faudra que le CEPS change son modèle de tarification pour arriver à quelque chose de soutenable, explique-t-il. Ce sera plus difficile d’obtenir un prix pour une application pure et dure car c’est complètement nouveau.»

    « Pour les deux solutions de télémédecine prises en charge aujourd’hui, la télécardiologie et la télésurveillance respiratoire, la rémunération ne couvre pas les coûts pour l’entreprise », précise-t-il.

    Une filière dynamique portée par l’export

    70 % de la croissance anticipée serait générée par l’export selon le panel d’entreprises interrogé

    La filière française du dispositif médical (DM) en 2019 compte 1 502 entreprises, soit 201 de plus qu’en 2017 lors de la dernière édition du Panorama. Le secteur « se caractérise par une très forte dominante de PME » (93 %) et emploie 89 130 salariés sur le territoire national, est-il indiqué dans le rapport. Les sociétés d’origine étrangère représentent 27 % des entreprises, 48 % des salariés et 66 % du chiffre d’affaires de la filière.  

    La dynamique du secteur apparaît « portée par l’international » : 70 % de la croissance anticipée serait générée par l’export selon le panel d’entreprises interrogé, avec pour marchés privilégiés l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Asie. La majorité des entreprises interrogées (84 %) ont, de plus, affirmé vouloir conquérir davantage de nouveaux marchés.

    4 enjeux majeurs pour les industriels

    Le Panorama pointe 4 « grands enjeux » qui préoccupent les acteurs de la filière :

    • la règlementation : l’introduction du règlement européen MDR devrait entraîner « une augmentation significative des exigences » , de sorte que 33 % des entreprises estiment qu’elle « menace la pérennité de leurs sites de production en France ». 77 % anticipent un retard de mise sur le marché de leurs DM ;
    • l’accès au marché : 41 % des entreprises déclarent avoir renoncé à la mise sur le marché d’un DM en France, dont 54 % en raison de prix « trop faibles » et 37 % en raison d’un accès au remboursement « trop compliqué » ou « trop long » ;
    • le financement des entreprises : 53 % des acteurs interrogés constatent un manque de financement post-amorçage « traduisant un vrai déficit de compétitivité » ;
    • les ressources humaines : 70 % des entreprises interrogées peinent à trouver des profils règlementaires (52 %), marketing/vente (42 %) et numérique (34 %).
  • 27 M€ attribués aux investissements informatiques des hôpitaux ; 20 M€ pour Hop’en (circulaires)

    Plus de 27 millions d’euros de crédits sont délégués au financement d’investissements informatiques des hôpitaux dans le cadre des nouvelles circulaires budgétaires de fin 2019. De manière globale, « dans le cadre de la troisième délégation de crédits aux établissements de santé, qui intègre le reversement intégral des crédits mis en réserve en début d’exercice, Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, alloue 150 millions d’euros aux hôpitaux pour leur besoin d’investissement du quotidien », a annoncé le ministère le 2 janvier 2020, précisant que ces crédits seront disponibles « dès ce mois de janvier ».

    La troisième circulaire relative à la campagne tarifaire et budgétaire 2019 des établissements de santé attribue par ailleurs :

    • 1,3 million d’euros en aides à la contractualisation (AC) non reconductibles aux établissements supports des GHT sélectionnés à l’issue de l’appel à projets (AAP) lancé fin 2019 par la DGOS sur la convergence des SI (instruction du 6 septembre 2019).

    • 220 000 euros pour une « opération de régularisation » mise en place à destination de l’Agence régionale de santé (ARS) Île-de-France : elle concerne le déploiement de l’outil C3 (chemins cliniques cohérents), un site web sécurisé accessible aux cliniciens des établissements membres de GHT, conçu pour identifier des écarts de pratiques.

    • 3,3 millions d’euros en AC non reconductibles au programme Simphonie, dont l’objectif est notamment de simplifier le parcours administratif du patient, généralisé dans les GHT depuis 2017.

    • 1,8 million d’euros non reconductible pour un AAP lancé auprès des ARS concernant l’usage de messageries sécurisées intégrées à l’espace de confiance MSSanté. 500 000 euros sont spécifiquement alloués à 9 projets régionaux : 200 000 euros « pour l’amorçage du projet » et 300 000 euros « conditionnés à l’atteinte des cibles d’usage ».

    • 2,175 millions d’euros non reconductibles à la phase pilote de mise en place de l’identifiant unique des dispositifs médicaux (IUD) pour la traçabilité des dispositifs médicaux implantables (DMI).

    Au total, via la troisième circulaire budgétaire, 830 millions d’euros de crédits supplémentaires sont rendus disponibles pour les établissements de santé dès ce mois de janvier. « Une ultime phase de délégation de crédits interviendra d’ici le début du mois de mars afin de tenir compte le plus finement possible de la réalité de l’activité hospitalière réalisée en 2019 », note le ministère.

    À noter également que 20 millions d’euros sont notamment attribués « au titre de l’amorçage des projets » du programme Hop’en dans le cadre de la deuxième délégation de crédits du fonds de modernisation des établissements de santé publics et privés (FMESPP) au titre de 2019, pour laquelle une autre circulaire a été diffusée en parallèle de la circulaire budgétaire.

  • Pratique avancée libérale : l’avenant n° 7 publié au Journal officiel (arrêté)

    L’avenant n°7 sur la pratique avancée libérale, signé le 4 novembre 2019 par l’Uncam et 2 des 3 syndicats infirmiers (la FNI et le Sniil : Convergence s’est abstenu), est effectif depuis la publication d’un arrêté au Journal officiel du 3 janvier 2020. Le texte précise les modalités d’exercice de la pratique avancée pour les infirmiers libéraux (Idel) sous le régime conventionnel, avec notamment la création de plusieurs forfaits spécifiques. Il s’applique aux Idel qui souhaitent exercer « en tant qu’activité exclusive en pratique avancée ou en tant qu’activité concomitante à une autre activité d’infirmière libérale (activité mixte) ». Ces professionnels devront exercer au sein d’une équipe de soins primaires ou auprès d’un médecin spécialiste en tant qu’assistants. 

    Le métier d’infirmier est la première profession de santé pour laquelle est mise en place un exercice dit en « pratique avancée », à l’image de ce qui se fait déjà dans d’autres pays (Australie, Canada, États-Unis, Finlande, Irlande, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Royaume-Uni).

    Les textes mettant en place le métier d’infirmier en pratique avancée (IPA) visent à :
    • 1. améliorer l’accès aux soins notamment dans les territoires sous dotés en médecins ;
    • 2. améliorer la qualité des parcours des patients par le biais d’une coordination renforcée ;
    • 3. soutenir les médecins dans la prise en charge de patients atteints de pathologies ciblées ;
    • 4. diversifier l’exercice des infirmiers et à développer des perspectives de carrières.

    Les partenaires conventionnels ont convenu d’une valorisation de plusieurs forfaits :
    • un forfait, destiné à vérifier l’éligibilité du patient au suivi par l’IPA, valorisé à hauteur de 20 euros et facturable une seule fois ;
    • une fois l’éligibilité vérifiée, 4 forfaits trimestriels de suivi peuvent être facturés par an et par patient (si au moins un contact par trimestre). Chaque forfait valorise toutes les interventions réalisées par l’IPA au cours du trimestre de prise en charge y compris les actions de coordination et de concertation nécessaires : le premier forfait de l’année correspond à un contact plus long avec le patient, il est valorisé à 58,90 euros par patient ; les trois forfaits suivants, sont valorisés chacun à 32,70 euros par patient et par trimestre.

    Pour aller plus loin : l’article présentant en détail l’avenant n°7 est accessible via ce lien.

  • H&TI Webinar – RÉTRO : les grandes levées de fonds e-santé de 2019 (15/01/2020, 11h30)

    Chers abonnés,

    Nous avons le plaisir de vous inviter au prochain H&TI Webinar, consacré aux plus grandes levées de fonds des sociétés françaises réalisées sur le marché de la e-santé en 2019.

    L’objectif sera de faire un bilan global des tendances d’investissement de l’année 2019 et les perspectives pour 2020.

    Connectez-vous le 15 janvier de 11h30 à 12h15 et posez vos questions en direct aux intervenants :
    • Iman El Bekkali, consultante start-ups et e-santé à Care Insight, qui reviendra sur les plus importantes levées de fonds de 2019 ;
    • 2 acteurs clés du secteur : un fonds d’investissement et une start-up française à succès.

    Les inscriptions, gratuites, doivent être réalisées via ce lien.

    En attendant, n’hésitez pas à consulter ici notre indicateur présentant le top 10 des plus importants tours de table de l’année passé.

  • Télémédecine : l’asso LET propose d’associer systématiquement les sociétés du secteur aux discussions

    « Accepter de replacer les valeurs d’équité, d’accès et de qualité des soins au cœur du débat sur la télémédecine. » C’est la condition nécessaire, selon la fédération des entreprises de télémédecine (LET), pour que la télémédecine puisse « libérer tout son potentiel » et améliorer l’accès aux soins, dans le contexte de l’annonce d’un nouvel avenant 8 « encore plus restrictif ».

    Dans un communiqué publié fin décembre 2019, le LET note que depuis l’entrée de la téléconsultation dans le droit commun des actes remboursés par la Sécurité sociale, en septembre 2018, le nombre de consultations à distance « a connu en France une croissance sans précédent ». Cependant, il regrette que la grande majorité de ces actes aient été financés par les patients eux-mêmes. Les 60 000 premières téléconsultations remboursées ne comptent que pour 0,016 % du volume total de consultations annuel (PLFSS pour 2020 et OCDE données)* et il s’agit de téléconsultations « réalisées principalement au profit de patients ayant un médecin traitant disponible et résidant hors désert médical », précise le LET. « C’est une réelle avancée pour ceux-là, mais qui aggrave encore les inégalités entre assurés sociaux », commente l’association.

    Dans ce contexte, les entreprises de télémédecine et l’ensemble des acteurs impliqués « attendent que soit mieux reconnu leur rôle dans l’offre de soins ». Pour ce faire, le LET émet les 6 propositions suivantes :
    • stabiliser et consolider les avancées de l’avenant 6 à la convention médicale ;
    • éviter de complexifier davantage une réglementation déjà contraignante, en créant par exemple de nouvelles étapes de validation des organisations territoriales de santé ouvrant droit au remboursement dans les situations dérogatoires ;
    • assurer le remboursement sans condition de la téléconsultation pour tous les patients sans médecin traitant ou résidant en désert médical au sens des arrêtés des directeurs généraux des agences régionales de santé (ARS) ;
    • laisser à la Haute autorité de santé (HAS) la charge de définir les critères de qualité en médecine et les appliquer à l’identique en téléconsultation et en consultation présentielle ;
    • associer systématiquement les entreprises de télémédecine aux discussions ;
    • contractualiser dès à présent avec les entreprises de télémédecine pour contribuer à une télémédecine de qualité, pertinente et responsable, accessible et remboursée dès le 1er janvier 2020.

    6 propositions pour mieux reconnaître le rôle des acteurs de la télémédecine dans l’offre de soins :

    stabiliser et consolider les avancées de l’avenant 6 à la convention médicale :

    • « relativement équilibré, même s’il est en décalage avec l’ambition du législateur, l’avenant 6 doit continuer à être éclairci et élargi pour répondre notamment à la pénurie de médecins en désert médical » ;

    éviter de complexifier davantage une réglementation déjà contraignante ;

    • « en créant par exemple de nouvelles étapes de validation des organisations territoriales de santé ouvrant droit au remboursement dans les situations dérogatoires (absence de médecin traitant ou médecin traitant non disponible dans les délais compatibles avec l’état de santé du patient) » ;

    assurer le remboursement sans condition de la téléconsultation pour tous les patients sans médecin traitant ou résidant en désert médical au sens des arrêtés des directeurs généraux des agences régionales de santé :

    • « Aujourd’hui ces patients déjà discriminés de fait n’ont pas accès à la téléconsultation remboursée alors même que la motivation du législateur de rembourser la téléconsultation reposait en premier lieu sur une volonté d’améliorer leur situation de patients résidant en désert médical » ;

    laisser à la Haute autorité de santé la charge de définir les critères de qualité en médecine et les appliquer à l’identique en téléconsultation et en consultation présentielle :

    • « cette tâche n’incombe pas aux partenaires conventionnels et jamais la qualité ne pourra se décréter sur des critères strictement administratifs (type alternance des prises en charge ou « connaissance préalable »). Les guides de bonne pratique de la HAS** sont clairs, ils doivent être appliqués. Les contraintes en matière de qualité doivent s’appliquer de la même manière en médecine présentielle et en télémédecine. Les deux sont reconnues partout dans le monde et offrent le même gage de qualité, elles ne s’opposent pas et se complètent largement » ;

    associer systématiquement les entreprises de télémédecine aux discussions :

    • « pour adapter l’environnement juridique, médical et technologique nécessaire à l’émergence de la santé numérique en France, au profit des patients, des professionnels de santé et des territoires ; c’est un enjeu fort du carnet de route de Ma Santé 2022 » ;

    contractualiser dès à présent avec les entreprises de télémédecine pour contribuer à une télémédecine de qualité, pertinente et responsable, accessible et remboursée dès le 1er janvier 2020 :

    • « la plupart des sociétés de télémédecine sont déjà en tout ou partie en conformité avec les exigences de l’interopérabilité ou de la connectivité et ont un historique d’activité qui leur permet de garantir ces critères de qualité. Elles sont en première ligne pour aider au déploiement partout en France de solutions fiables et adaptées au territoire et à nos concitoyens. Les Autorités doivent dépasser leurs a priori et s’intéresser à la qualité de notre travail de manière transparente et objective dans le cadre de spécifications justes et partagées. »

    « La télémédecine n’a pas besoin d’annonces ou de textes supplémentaires, estime la fédération. Dès à présent nous pouvons avancer et il y a urgence à agir vite pour l’accès aux soins de tous. »

  • Les grandes tendances de la e-santé au CES 2020 : webinar le 28 janvier (Interaction Healthcare)

    Présenter les grandes tendances de la e-santé en 2020 et les impacts qu’elles représentent pour les acteurs de la santé (patients, laboratoires pharmaceutiques, acteurs du dispositif médical…). C’est l’objectif du webinar spécial CES 2020 organisé par Interaction Healthcare le 28 janvier 2020.

    Interaction Healthcare est une agence spécialisée en santé qui conçoit des solutions et des applications e-santé en analysant et en intégrant les avancées technologiques qui se développent sur le marché.

    Dans le cadre de ce webinar, 7 intervenants partageront leurs analyses et leurs points de vue :
    • Antoine Groheux, responsable innovation à Medtronic France ;
    • Jérôme Leleu, président d’Interaction Healthcare et P.-D.G de SimforHealth ;
    • Ronan Le Quéré, directeur général de Interaction Healthcare ;
    • Mathieu Letombe, P.-D.G de Withings ;
    • Tristan Piron, DSI adjoint du groupement hospitalier territorial (GHT) de Vendée et coordinateur général du village francophone #SmartHealth ;
    • Emmanuelle Quilès, présidente de Janssen France ;
    • Wassinia Zirar, journaliste à APM.

    Les inscriptions, gratuites, sont à réaliser en ligne via ce lien.

  • Rétro 2019 : réglementations et engagements européens qui ont marqué le secteur de la e-santé

    En cette semaine de rentrée 2020, Health & Tech Intelligence revient sur les publications fortes de l’année passée. Aujourd’hui, retour sur l’essentiel de l’actualité et de la réglementation européennes de la e-santé en 2019. 

    Réglementations en cours : 
    • réglementation MDR : état des lieux ;
    • réglementation des plateformes en ligne : un nouveau règlement pour renforcer la régulation ;
    • traçabilité des médicaments : la sérialisation peine à démarrer ;

    Engagements et projets : 
    • vers plus d’informations partagées entre pays membres et vers une interopérabilité sécurisée ;
    • projet d’un entrepôt européen de données ;
    • mettre l’éthique au centre de l’intelligence artificielle (IA) et du numérique.

    L’année 2019 a également été marquée par une nouvelle présidence à la Commission européenne avec la nomination de l’Allemande Ursula von der Leyen. « En tant que médecin, je crois fermement en l’importance de la santé », a-t-elle notamment déclaré.

    MDR : 73% des fabricants de DM estiment qu’ils n’auront pas mis en application le règlement en mai 2020

    Le règlement MDR, entré en vigueur en 2017, prévoit de remplacer la directive européenne dédiée de 1993, aujourd’hui obsolète et qui a été réinterprétée dans chaque législation nationale. Ce nouveau texte, plus adapté au contexte technologique actuel, sera applicable directement à tous les membres. Il impose de nouvelles normes, qui permettront une meilleure traçabilité et sécuriseront le système d’homologation de l’UE des dispositifs médicaux (DM). La mise en conformité doit avoir lieu avant le 26 mai 2020, date à laquelle sera appliqué le règlement. 

    Toutefois, selon l’organisme Regulatory Affairs Professionals Society (RAPS), seuls 27 % des fabricants des DM seraient prêts à la date d’entrée en vigueur. Ainsi, 43 % des personnes interrogées estiment qu’elles devront interrompre la commercialisation de leurs produits en raison de la non conformité. 

    Les États-Unis demandent un report du délai

    Insuffisance des informations, coût et manque d’organismes notifiés certifiés, telles sont les raisons invoquées par les fabricants. En effet, seuls une dizaine d’organismes notifiés, en charge de l’évaluation de la conformité, ont été approuvés fin 2019. Ce qui reste, selon les professionnels, insuffisants pour respecter le délai imposé par l’UE au regard du nombres de dispositifs qu’il reste à évaluer. Pour cette raison, les États-Unis ont demandé un report du délai. 

    En revanche, le lancement de la base de données Eudamed sur les dispositifs médicaux est elle reportée de 2 ans pour qu’elle soit exhaustive dès son inauguration. 

    Pour aller plus loin : 

    • Règlement MDR : seuls 27 % des fabricants de DM seraient prêts au 26 mai 2020 (étude RAPS/KPMG)
    • Règlements MDR et MDRDIV dès mai 2020: la commissaire S. Kyriakides peine à rassurer les industriels
    • Europe (MDR) : Bruxelles désigne 4 entités chargées d’attribuer l’identifiant unique (IUD) aux DM
    • Règlement MDR : 2 nouveaux organismes notifiés, les États-Unis demandent un sursis de 3 ans
    • DM : l’Allemand TÜV SÜD devient le deuxième organisme notifié désigné conforme au règlement MDR
    • Règlement MDR: report de 2 ans du lancement de la base de données européenne Eudamed sur les DM

    Renforcement de la régulation pour les plateformes en ligne 

    Le règlement P2B (Business to plateforms) a été publié au Journal officiel le 11 juillet 2019 et entrera en vigueur le 11 juillet 2020. Il « introduit de nouvelles règles qui offriront aux entreprises un environnement de commerce en ligne plus transparent, plus équitable et plus prévisible ainsi qu’un système efficace de recours », indique la Commission européenne. Cela se traduira par une information plus claire et succincte dans les conditions générales aux entreprises utilisatrices ou encore la mise en place d’un service dédiés aux plaintes.  

    La suite de l’article est accessible ici.

    Traçabilité de médicaments : mauvais départ pour la sérialisation 

    La mise en oeuvre du règlement délégué, applicable depuis le 9 février 2019 et exigeant une traçabilité des  médicaments, peine à se mettre en marche. Cette réglementation impose aux personnes délivrant des médicaments de scanner la boîte du produit pour désactiver un code introduit par le fabricant, attestant ainsi de la conformité de la boîte et que cette dernière n’est pas une contrefaçon. En effet, un rapport de l’EMVO, l’Organisation européenne de vérification du médicament, pointe un nombre d’enregistrements de boîtes insuffisants ainsi qu’un faible nombre de pharmacies connectées. 

    La suite de l’article est accessible ici.

    Dossiers médicaux partagés : une interopérabilité au delà des frontières

    L’Europe soutient les échanges d’informations sur les patients entre les pays transfrontaliers. L’Estonie et la Finlande ont été les précurseurs de cette pratique en partageant certains éléments des dossiers médicaux en 2019. Ils ont également été les premiers utilisateurs de la e-ordonnance, un dispositif lancé par la Commission européenne en janvier 2019 et qui est applicable dans tous les États membres. Il est prévu que cet outil soit utilisé par une vingtaine de l’UE d’ici à 2021. 

    De cette initiative, la Commission européenne a adopté une recommandation sur l’extension de ces échanges à davantage d’éléments du dossier médical du patient afin de renforcer la sécurité de l’interopérabilité concernant les échanges de données en précisant la nécessité d’une gouvernance d’encadrement. La mise en place du service eHDSI, qui permet le transfert transfrontalier de données de santé, devrait alors être renforcé. La Croatie a rejoint ce programme à l’instar du Luxembourg.

    Toutefois, la Cour des comptes européenne a soulevé début 2019 que la Commission européenne avait probablement surestimé le système, puisque l’utilisation était à cette date bien en-deçà des prévisions.

    Pour aller plus loin : 

    • L’Estonie et la Finlande vont échanger des dossiers de santé numériques dès 2019
    • Vers un format d’échange du dossier de santé numérique européen pour une intéropérabilité sécurisée
    • Europe : la Croatie rejoint le programme d’échange de données de santé eHDSI
    • Europe : le Luxembourg lance l’échange transfrontalier du dossier patient électronique
    • L’Union européenne lance l’ordonnance électronique, utilisable dans un autre pays de la zone

    Vers un Health Data Hub européen

    Développer un Health Data Hub européenne, c’est la demande formulée par Ursula Von der Leyen, la nouvelle présidente de la Commission européenne, lors de sa prise de poste en décembre 2019, à la nouvelle commissaire de la Santé Stella Kyriakides afin d’appuyer la recherche. Cette idée est partagée par l’Institut Montaigne qui l’a indiqué dans ses recommandations figurant au sein d’un rapport publié en septembre 2019. 

    Pour aller plus loin :

    • Commission européenne : la présidente demande la création d’un espace européen de données de santé 
    • L’Institut Montaigne propose de lancer « un Health Data Hub européen » (rapport)

    La Commission s’empare de la question de l’éthique dans les champs de l’IA et du numérique 

    Dans le champ de l’IA 

    La Danoise Margrethe Vestager, en plus d’être élue à la tête de la Commission européenne, a obtenu un poste en tant que vice-présidente et a été désignée Commissaire en charge du Numérique en septembre 2029, tout en conservant son poste à la tête de la Commission de la concurrence. Au delà des controverses au seujet des GAFA, qu’elle appréhendera, elle s’est engagée à faire des propositions dans les 100 premiers jours de son mandat (au premier trimestre 2020) pour encadrer l’éthique dans le domaine l’intelligence artificielle. 

    Dans le champ de la protection de la donnée

    Par ailleurs, la Vice-présidente souhaite faire adopter la directive ePrivacy et accélérer la « juste » taxation des entreprises. De même, Wojciech Wiewiórowski, contrôleur européen de la protection des données, a réaffirmé l’importance d‘aller plus loin dans le domaine de l’éthique, puisque selon lui « la législation ne suffit plus » et l’engagement international est fort sur ce sujet. 

    Pour aller plus loin : 

    • CE : Margrethe Vestager nommée commissaire au numérique (VP), Stella Kyriakides commissaire « santé »
    • L’UE « a besoin de règles » pour assurer une utilisation éthique de l’IA (Ma. Vestager, Commission)
    • UE: le contrôleur de la protection des données défend sa volonté de développer l’éthique numérique

    Autres informations à retenir :

    • un plan européen contre le cancer en 2020 ;
    • un nouveau plan stratégique pour les PME en 2020.

    Pour aller plus loin : 

    • Commission européenne : IA, big data et plateformes numériques à l’agenda de la nouvelle présidente
  • 2ème programme Pfizer Healthcare Hub France : derniers jours pour répondre à l’AAC (15/01/2020)

    La 2ème édition du programme Pfizer Healthcare Hub France est centrée sur le digital / les nouvelles technologies numériques au service du parcours de soins et de la qualité de vie du patient. Un appel à candidature (AAC) est en cours. Il s’adresse aux start-ups opérant dans le secteur digital ou la e-santé, constituées sous forme de sociétés enregistrées en France.

    Créé en 2018, le Pfizer Healthcare Hub France a pour vocation d’accompagner les innovations digitales dans le domaine de la santé. Son programme, opéré par l’incubateur iPeps, vise à accélérer le développement de solutions développées par des start-ups grâce à un partenariat entre le fonds de dotation Pfizer Innovation France et l’Institut de cerveau et de la moelle épinière (ICM).

    Les start-ups sélectionnées dans le cadre de cet AAC :
    • bénéficieront de 9 mois d’accompagnement personnalisé ;
    • pourront participer à des sessions de mentorat assurées par des experts Pfizer ;
    • auront accès à des workshops dédiés pilotés par des experts ;
    • auront la possibilité de rencontrer les KOLs, cliniciens et chercheurs du réseau ICM.

    Pour répondre à l’appel, les start-ups doivent suivre le règlement disponible sur le site de l’iPeps via ce lien. Les dossiers de candidatures doivent être transmis en ligne avant le mercredi 15 février 2020, en remplissant le formulaire dématérialisé accessible ici. Les lauréats seront annoncés fin février.

    Modalités de participation

    Les start-ups candidatant au programme doivent remplir un formulaire et soumettre leur dossier en ligne. Une présentation non-confidentielle d’une dizaine de slides est également demandée. Celle-ci doit décrire entre autres :

    • l’équipe et son expertise ;
    • la technologie développée et le stage de développement atteint ;
    • le business model ;
    • les perspectives de développement, l’objectif visé par cet accompagnement et les thématiques sur lesquelles une expertise est attendue.

    À noter : les documents doivent être entièrement en anglais.

    Critères d’éligibilité

    L’appel à candidatures est destiné aux start-ups opérant dans le secteur digital ou la e-santé, constituées sous forme de sociétés enregistrées en France.

    Le projet doit répondre à l’objet initial de l’appel à candidatures, à savoir : Le digital / les nouvelles technologies numériques au service du parcours de soins et de la qualité de vie du patient. Dans ce sens, 2 thématiques sont imposées par le Pfizer Healthcare Hub :

    • thème 1 : améliorer le parcours de soins du patient pour une meilleure prise en charge du patient ;
    • thème 2 : faciliter la gestion de la maladie au quotidien pour améliorer la qualité de vie globale du patient.

    Les start-ups doivent répondre à au moins une des thématiques dans l’un des onze sujets de santé suivants :

    • sevrage tabagique ;
    • prévention AVC ;
    • douleur arthrosique et lombalgique ;
    • maladies rares (dont cardiomyopathie, neuropathie amyloïde à TTR-FAP, hémophilie A et B, acromégalie, retard de croissance et amylose) ;
    • oncologie ;
    • vaccination ;
    • antibiotiques et antibiorésistance ;
    • maladies inflammatoires (dont AR et MICI) ;
    • dermatologie ;
    • patients fragiles (patient âgé, enfants, patients poly-médicamentés…) ;
    • santé du voyageur.

    À noter : les start-ups doivent présenter une solution qui en est au stade de la preuve de concept pour pouvoir candidater.

    Critères d’évaluation :

    Plusieurs indicateurs seront pris en compte durant le processus de sélection, dont :

    • le bénéfice apporté au patient ;
    • la qualité technique du projet et l’expertise de l’équipe ;
    • le caractère innovant et différenciant de la technologie ou de la solution proposée ;
    • l’adéquation avec les thématiques de l’appel à projets et les expertises Pfizer.

    Calendrier :

    • date limite de réception des dossiers : 15 janvier 2020 inclus ;
    • annonce des start-ups sélectionnées pour le pitch : semaine du 10 février 2020 ;
    • session de pitch : 25 février 2020 ;
    • annonce des lauréats : fin février 2020 ;
    • démarrage du programme d’accélération : 17 mars 2020 ;
    • fin du programme d’accélération : 16 décembre 2020.
  • One Medical, plateforme de santé soutenue par Alphabet, entame les démarches pour entrer en Bourse

    One Medical, une société américaine spécialisée dans les soins primaires et les nouvelles technologies soutenue par Alphabet (Google), a déposé un dossier pour entrer en Bourse sur le Nasdaq auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC), organisme américain de réglementation et de contrôle des marchés financiers. L’entreprise prévoit de lever dans le cadre de cette démarche 100 millions de dollars US (environ 90 M€). Elle n’a pas encore dévoilé le prix de ses actions.

    Depuis sa création en 2007, One Medical a levé plus de 530 millions de dollars (477 M€) auprès de GV (Alphabet) ainsi que de The Carlyle Group, J.P. Morgan Asset Management, Benchmark, Oak Investment Partners, Lifeforce Capital, Redmile Group et Maverick Ventures, entre autres.

    La société a développé une application de prise de rendez-vous médicaux pour des soins primaires dans 77 lieux, au sein de 9 villes des États-Unis (Boston, Chicago, Los Angeles, New York, Phoenix, San Diego, Seattle et San Francisco). L’outil, accessible par le biais d’un abonnement à 200 dollars (180 €) par an, permet d’obtenir des consultations de longue durée, à distance en vidéo ou physiques. One Medical avance que sa plateforme permet d’obtenir des rendez-vous pris le jour-même 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Elle envisage d’étendre son offre à 3 nouveaux marchés : Atlanta, Orange County et Portland.

    One Medical : un CA en progression mais des pertes enregistrées en parallèle

    Selon les documents transmis par One Medical à la Securities and Exchange Commission (SEC) :

    • le chiffre d’affaires (CA) de la société a augmenté de 29 % les 9 premiers mois de 2019 ;
    • l’entreprise a enregistré des pertes de 33,1 millions de dollars (29,8 M€) sur la même période, contre 26 millions de dollars (23 M€) de perte l’année passée ;
    • près de 60 % de ses revenus sont investis dans les coûts concernant les soins et le recrutement de professionnels de santé.

    À noter également que la société compte actuellement environ 397 000 abonnés.

    Une entrée en Bourse qui suivra celle de Livongo, spécialiste du diabète

    L’entrée en Bourse de One Medical interviendra après notamment celle, en 2019, de Livongo, éditeur américain de solutions de surveillance mobile pour permettre aux patients atteints de diabète de mieux gérer leur maladie.

    Livongo avait levé à cette occasion 105 millions de dollars (135 M€) auprès des investisseurs historiques General Catalyst et Kinnevik. En 2018, l’entreprise avait recueilli plus de 50 millions de dollars (45 M€) pour accélérer le développement de ses activités dans la gestion du diabète mais aussi dans d’autres maladies chroniques par le biais de son offre d’applications, de technologies mobiles et de programmes de santé.

    Une valorisation en baisse

    Cependant, note Frenchweb.fr, « [la] valorisation [de la société] se situe aujourd’hui en dessous de celle qu’elle connaissait lors de son IPO en juillet 2019, reflétant les difficultés que peuvent connaître sur les marchés publics non seulement les entreprises spécialiste de la e-santé mais aussi les start-ups fortement alimentées en capital ».