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  • Étude : un robot contrôlé par RA pour rendre de l’autonomie aux personnes handicapées (Plos One)

    Des chercheurs de l’Institut de technologie de Géorgie (Georgia Institute of Technology) ont mis au point un nouveau système de réalité augmentée (RA) qui permet aux personnes ayant une déficience motrice grave de contrôler un robot à taille humaine. Les résultats de cette petite étude* publiée le 15 mars 2019 dans la revue Plos One montrent que ce dispositif peut améliorer leur qualité de vie car ils commandent le robot de façon complètement indépendante.

    Les robots d’assistance, un espoir pour les personnes handicapées moteur

    Les personnes souffrant de profonds déficits moteurs ont besoin d’aide de soignants pour effectuer de nombreuses tâches. Non content de les rendre très dépendants, ces soutiens coûtent cherchent et font peser un fardeau physique et émotionnel sur les aidants informels. Des robots d’assistance permettant aux personnes présentant un déficit moteur profond de s’acquitter eux-mêmes d’une partie de ces tâches pourraient être bénéfiques. En outre, il a été démontré que la capacité de prendre soin de soi est corrélée à une amélioration de la qualité de vie et à une diminution de la dépression, notamment chez les patients victimes d’un AVC, ainsi qu’à une réduction du taux de mortalité chez aidants.

    Pour les personnes souffrant d’un grave déficit moteur, tout l’enjeu est de trouver des dispositifs capables de contrôler ces robots car à l’heure actuelle, ces dispositifs sont très complexes, dotés d’un grand nombre de capteurs. Il existe de nombreux robots à taille humaine disponibles dans le commerce, équipés de roues et d’un ou deux bras. En outre, des entreprises et des chercheurs ont fabriqué des robots humanoïdes complets avec bras et jambes, couramment utilisés dans les laboratoires.

    Une interface de réalité virtuelle pour contrôler le robot

    Des chercheurs de l’Institut de technologie de Géorgie (Georgia Institute of Technology) ont donc mis au point un nouveau système permettant aux personnes ayant une déficience motrice grave de contrôler un robot à taille humaine. Ils utilisaient un robot PR2 de Willow Garage, comparable aux autres manipulateurs mobiles disponibles dans le commerce. Le PR2 est un robot à taille humaine doté d’un socle à roues omnidirectionnel, d’un torse translucide vertical, de deux bras avec pinces, d’une tête avec caméras et de divers autres capteurs, notamment tactiles.

    De plus, ils ont développé une interface de réalité augmentée (RA) basée sur le web. Les utilisateurs accèdent à l’interface à l’aide d’un navigateur web standard, ce qui simplifie l’accès et permet de contrôler un robot situé loin de l’utilisateur, par exemple dans une autre pièce ou dans tout le pays. L’interface web affiche « la vue du robot » de l’environnement pour aider les utilisateurs à interagir avec le monde via la machine. Ils ont pu contrôler le robot à l’aide de simples mouvements de tête et d’une interface graphique intuitive. En plus du flux vidéo, l’interface affiche d’autres données, issues notamment des capteurs tactiles.

    2 expérimentations ont été menées : la première étude comprenait 15 participants âgés d’au moins 18 ans, capables d’utiliser une souris d’ordinateur ou l’équivalent. Dans la seconde petite étude, un participant, considéré comme un « utilisateur expert » présentant de graves déficits moteurs, a utilisé le système à son domicile pendant 7 jours.

    Les résultats de cette étude ont été publiés le 15 mars dans la revue Plos One.

    Résultats

    • 80 % des participants ont été capables de manipuler à distance le robot pour des tâches de la vie quotidienne (attraper une bouteille d’eau et la porter à la bouche d’un mannequin).
    • Le système de réalité augmentée leur a permis de faire deux choses à la fois, comme « contrôler une machine à laver tout en utilisant une brosse ».
    • Les participants ont convenu que le système robotique était facile à utiliser et qu’il améliorerait considérablement leur vie.
    • Dans la deuxième étude, les chercheurs ont identifié 59 tâches « de premier niveau » pour lesquelles l’utilisateur expert a pu utiliser la technologie, notamment se brosser les dents et se raser.

    « Un système très libérateur pour moi »

    « Nos résultats suggèrent que les personnes atteintes de déficits moteurs profonds peuvent améliorer leur qualité de vie en utilisant des substituts robotiques du corps, et ce sans interfaces invasives, a déclaré Phillip Grice, premier auteur de l’étude. Le système a été très libérateur pour moi, en ce sens qu’il m’a permis de manipuler mon environnement de manière indépendante pour la première fois depuis mon AVC », a déclaré Henry Evans, un Californien qui aide les chercheurs du Georgia Institute of Technology à améliorer les systèmes robotiques d’assistance depuis 2011.

    Des robots encore trop coûteux

    Ces résultats portent sur un petit nombre de personnes et ont donc besoin d’être dupliqués. Par ailleurs, le système est encore très lent. Quant au robot, sa taille et son coût doivent encore diminuer avant de pouvoir être commercialisé.

  • États-Unis : des milliers de dossiers médicaux restés accessibles en raison d’une faille de sécurité

    Des milliers de dossiers médicaux sont restés librement accessibles du fait d’une faille de sécurité sur le serveur d’une société américaine. Nul ne sait à l’heure actuelle si un tiers a effectivement eu accès au serveur exposé ni pendant combien de temps les données ont été laissées sans protection.

    La société en cause est l’entreprise californienne Meditab, qui se présente comme l’un des principaux éditeurs de logiciels de dossiers médicaux électroniques pour les hôpitaux, les cabinets médicaux et les pharmacies. Elle traite notamment les transmissions par fax pour les professionnels de santé, ce moyen de communication restant très utilisé dans ce secteur outre-Atlantique.

    Selon les informations livrées par la société de cybersécurité SpiderSilk et recoupées par le site d’information spécialisé TechCrunch, Meditab avait omis de protéger par mot de passe un serveur exploitant une base de données contenant plus de 6 millions d’entrées. Tout le monde pouvait par conséquent lire les fax transmis en temps réel, alors qu’ils contenaient une foule de données personnelles, notamment des dossiers médicaux, des certificats médicaux, les médicaments prescrits et les quantités prescrites, ainsi que des informations relatives aux pathologies, comme des résultats de tests sanguins, tout cela accompagné des noms, des adresses et dates de naissance des patients, des données de paiement, parfois de leurs numéros de sécurité sociale, ainsi que d’informations relatives à leur couverture santé.

    Le serveur était hébergé par MedPharm Services, une filiale de Meditab basée à Porto Rico, créée sur ce territoire dépendant des États-Unis pour tirer parti des avantages fiscaux afférents.

    Meditab et MedPharm affirment tous deux se conformer à la loi HIPAA

    Meditab et MedPharm affirment tous deux se conformer à la loi HIPAA, qui régit la manière dont les prestataires de soins gèrent la sécurité des données des patients.

    Les entreprises qui enfreignent cette réglementation encourent de lourdes amendes aux États-Unis : le centre Anderson contre le cancer, dépendant de l’université du Texas a dû payer l’an dernier 4,3 millions de dollars US (environ 3,8 M€) pour n’avoir pas crypté les données de santé qu’il stockait.

  • FASN Cancérologie : « le numérique fluidifiera la relation ville-hôpital », Pr Viens-Unicancer (2/04)

    « Avec l’arrivée du numérique en cancérologie, le patient ne s’organise plus en fonction du médecin, mais l’ensemble des acteurs du système de soins s’organise autour des besoins du patient. À l’heure où la prise en charge se fait de plus en plus hors les murs des établissements de santé, les centres de lutte contre le cancer doivent devenir de véritables plateformes de diagnostic et de coordination des soins et de recherche en cancérologie dans chaque région où ils sont implantés », explique à Health & Tech Intelligence le Pr Patrice Viens, président d’Unicancer.

    Réussir le virage numérique en cancérologie est ainsi l’un des enjeux clé pour faire avancer la santé numérique. Transformations, nouveaux usages et parcours de soins ville-hôpital seront au cœur des discussions des Rencontres nationales de la santé numérique, qui se tiendront le 2 avril 2019 à Paris. L’événement est organisé dans le cadre de la campagne #FASN sur le thème de la cancérologie à l’ère du numérique, en partenariat avec Unicancer, afin d’accompagner la transformation numérique et organisationnelle de l’offre de soins.

    Le programme de ces 36 heures chrono mettra en lumière les retours d’expériences d’acteurs de santé sur les grands programmes et expérimentations déployés au sein des établissements de santé et sur les nouvelles formes de coordination mises en place pour les professionnels impliqués dans la prise en charge des patients atteints d’un cancer.

    Comment Unicancer accompagne ce mouvement de la santé numérique ?

    Réunis au sein du seul réseau exclusivement dédié à la lutte contre le cancer, les 18 centres de lutte contre le cancer (CLCC) du réseau Unicancer œuvrent pour accélérer le virage numérique en cancérologie. Du big data aux objets connectés, en passant par l’intelligence artificielle (IA), ils utilisent ces nouvelles technologies dans de nombreux projets pour améliorer la prise en charge des patients, mieux comprendre les cancers et faire avancer la recherche.

    Le réseau va continuer d’œuvrer pour répondre aux défis à venir dans les prises en charge oncologiques : mieux prendre en compte les attentes et les retours des patients et continuer de garder une longueur d’avance dans la lutte contre cancer, en coordination avec l’ensemble des acteurs de santé dans les territoires. Le plan Unicancer 2019-2022 en cours de finalisation intègre dès à présent ces enjeux et place le numérique au cœur de ses orientations stratégiques avec notamment un volet consacré à l’utilisation avancée des nouvelles technologies et de l’IA.

    Comment la prise en charge des patients se transforme ?

    Les CLCC prônent l’accès à l’innovation rapide, avec des processus de diagnostic des cancers clairs, accessibles et disponibles facilement pour tous. Ils partagent les meilleures pratiques et développent la recherche, au service du patient. Notre dernière enquête montre que le citoyen a changé : il est plus exigeant, plus connecté et aussi extrêmement concerné par le cancer.

    La cancérologie française doit évoluer pour intégrer ces nouvelles attentes des patients mais aussi les progrès de la recherche, la e-santé, l’ambulatoire. L’expertise des centres de lutte contre le cancer dans ces domaines peut bénéficier à tous. Ils animent et irriguent leurs territoires respectifs, en partenariat notamment avec les CHU et les centres hospitaliers. Il est aussi de notre devoir de promouvoir l’intervention des patients à tous les niveaux de l’organisation de la prise en charge. Ils nous aideront à nous structurer et à organiser le parcours patient.

    Quels sont les impacts sur l’organisation des soins, le quotidien des professionnels de santé et celui des malades ?

    Avec l’arrivée du numérique en cancérologie, le patient ne s’organise plus en fonction du médecin, mais l’ensemble des acteurs du système de soins s’organise autour des besoins du patient. À l’heure où la prise en charge se fait de plus en plus hors les murs des établissements de santé, les CLCC doivent devenir de véritables plateformes de diagnostic et de coordination des soins et de recherche en cancérologie dans chaque région où ils sont implantés. Pour gérer cette nouvelle donne et optimiser les parcours de soin en ville, nous avons besoin d’outils innovants et de moyens financiers.

    Quels sont les freins à lever ?

    Nous sommes convaincus que le numérique fluidifiera la relation ville-hôpital et le parcours de soins, et facilitera le virage ambulatoire. Le patient est déjà ultra connecté. L’ensemble des acteurs de santé dans les territoires doit embarquer dans ce mouvement. Le gouvernement doit par ailleurs continuer ses efforts et nous donner les moyens pour accompagner la transformation du système de santé.

  • IA : Medicus AI lève 2,75 millions d’euros pour financer son expansion internationale

    La société Medicus AI annonce la clôture de la première tranche de sa levée de fonds à 2,75 millions d’euros. La deuxième tranche, de 2,25 millions d’euros, doit être clôturée dans les prochains mois.

    Medicus AI, basé à Vienne en Autriche, est l’éditeur d’une plateforme d’intelligence artificielle (IA) qui automatise la conversion des données de santé sous forme visuelle et interactive, en en déduisant des conseils santé personnalisés pour le patient. Ce produit est utilisé notamment par les laboratoires d’analyse médicale pour fournir aux patients des comptes rendus d’analyses plus lisibles.

    « Nous aidons les laboratoires à mettre en place une offre de services attrayante et complète », explique Francisco Vega, président de Medicus AI France, dans un communiqué publié le 27 mars 2019, soulignant que ce marché « est aux prises avec une concurrence accrue, une réduction des marges et un durcissement de la réglementation ».

    La direction annonce que cette levée de fonds financera l’expansion internationale de l’entreprise ainsi que le développement de ses produits sur ses marchés principaux et dans de nouvelles langues. Le produit est actuellement disponible en français, en allemand, en anglais et en arabe. L’adaptation pour les langues italienne, chinoise, portugaise et espagnole est en projet pour 2019.

  • Le secrétaire d’État au Numérique Mounir Mahjoubi démissionne

    Le secrétaire d’État chargé du Numérique, Mounir Mahjoubi, annonce qu’il quitte son poste afin de préparer sa candidature à l’investiture LREM pour les élections municipales à Paris.

    Merci à chaque personne qui s’est mobilisée pour faire du Numérique une chance pour tous », a-t-il twitté le 27 mars 2019. Heureux d’avoir pu servir le pays pendant deux ans auprès du Président et du Premier Ministre. En route pour un nouvel horizon. Paris doit donner sa chance à tous. #Paris2020. »

    Le nom de son successeur n’est pas encore connu.

  • MGC

    Mesure du glucose en continu

  • PharmagoraPlus 2019 : présentation des 16 start-ups e-santé en lice pour le Prix de l’innovation

    Découvrir les innovations numériques capables d’aider les pharmaciens dans la gestion de leur officine et l’accompagnement de leurs patients, tel est l’objectif du village e-santé, « carrefour de la santé connectée au service des pharmaciens d’officine », formé en partenariat avec MedappCare au sein du salon PharmagoraPlus, qui se tiendra les 30 et 31 mars 2019 à Paris.

    Le samedi 30 mars après-midi, les start-ups invitées présenteront leurs activités devant de « grands témoins » issus du secteur de la santé.
    À l’issue de cette conférence, le Prix de l’innovation 2019 sera remis à la start-up jugée la plus innovante.

    Voici la liste des 16 sociétés qui concourent pour cette récompense:

    – Avis2santé : plateforme de télémédecine globale
    – Brightmed : borne interactive support de l’automédication en officine
    – ClubOfficine : plateforme d’emploi des métiers de la pharmacie
    – eVeDrug : My eReport, application collaborative de pharmacovigilance
    – ExactCure : Jumeau Digital, plateforme de santé personnalisée qui aide à lutter contre les médications inappropriées
    – i-MEDS Healthcare : i-Donea, solution connectée et sécurisée de distribution de médicaments
    – Medadom : visites médicales à domicile
    – Medcycle : plateforme sécurisée d’échanges de produits entre pharmaciens
    – Meditect : solution de traçabilité des médicaments
    – Mesoigner : logiciel de conduite automatise du bilan partagé de médication
    – Meyko : dispositif de rappel de traitement des enfants asthmatiques
    – Ordoclik : ordonnances digitales dématérialisée
    – Pharmanity : solutions digitales de visibilité et de fidélisation pour les pharmacies
    – Pharmacienadomicile.com : plateforme de mise en relation patient-pharmacien
    – Scambio : pharmacylounge, plateforme d’échanges des professionnels de la pharmacie
    – Starlink Pharma : solution complète de services digitaux consacrés à la croissance des revenus de la pharmacie

  • Congrès SFD 2019 : le FreeStyle Libre, « une évolution technologique majeure en diabétologie » (conf.)

    « Le FreeStyle Libre (FSL) est une évolution technologique majeure en diabétologie« , commente le Pr Elise Bismuth, médecin au service « endocrinologie et diabétologie pédiatrique » à l’hôpital Robert-Debré (AP-HP), intervenue le 28 mars 2019 lors d’un symposium dédié au dispositif, auquel Health & Tech Intelligence a assisté. La session était organisée dans le cadre du Congrès de la Société francophone du diabète (SFD), qui se tient à Marseille jusqu’au 29 mars.

    Le système de mesure du glucose en continu FSL est un dispositif médical sans piqûre, sans lancette et sans bandelette développé par Abbott. Il a rencontré un engouement immédiat lors de sa mise sur le marché en 2017. Remboursé par l’Assurance maladie depuis le 1er juin 2017 et proposé dans 7 pays d’Europe, il est aujourd’hui de plus en plus sollicité, l’occasion de faire le point.

    Le Pr Elise Bismuth insiste sur l’importance d’une éducation thérapeutique : « Mieux [les familles] connaissent et maîtrisent l’outil, moins d’erreurs elles commettent, meilleurs sont les résultats », indique-t-elle.
    De son côté, le Pr Michael Joubert, endocrinologue et diabétologue au CHU de Caen, est revenu de son côté sur le télésuivi des patients porteurs de FreeStyle Libre dans le cadre du programme Étapes avec le lancement d’une plateforme unique conçue pour faciliter la mise en place de la télésurveillance : le portail LibreView, attendu au cours de l’été 2019.

    L’importance de l’éducation thérapeutique en pédiatrie (Dr Bismuth)

    L’éducation thérapeutique est essentielle pour apprendre à utiliser le FreeStyle Libre, insiste le Dr Elise Bismuth (service pédiatrie, hôpital Robert-Debré), « aussi bien du côté des patients enfants que de leurs parents ».

    D’autant plus que le dispositif dispose d’un nouveau référentiel, étant passé d’un système capillaire (piqûre du doigt) à système interstitiel (mesure en continu du taux de glucose dans le tissu interstitiel). Il y a beaucoup plus d’informations de générer.

    • avantages pour les soignants : « Bye bye le carnet papier ». Ils peuvent annoter et télécharger toutes les données.
    • avantages pour les familles : elles apprécient le confort de la mesure interstitielle parce qu’il n’y plus besoin de piquer le doigt de son enfant. À l’école, c’est aussi plus simple de gérer ses jeunes patients pour les enseignants et les aides scolaires.

    « Toutes les études soulignent l’importance de l’éducation thérapeutique »

    Le Pr Elise Bismuth revient sur les résultats d’une étude observationnelle prospective multicentrique (9 centres) menée par l’Association du diabète infantile de la Méditerranée (Adim) sur 347 enfants et adolescents de décembre 2016 à juillet 2017.

    Il en ressort que l’éducation thérapeutique, soit la formation des patients et des familles à l’utilisation du dispositif, est nécessaire pour améliorer le suivi et les résultats.

    La satisfaction des utilisateurs de FSL était d’environ 60 %, sachant que parmi les principales critiques avancées figuraient le coût du dispositif, qui n’était pas encore remboursé alors.

    « Les mêmes résultats ont été observés en Belgique, au Royaume-Uni et en Israël, par exemple, note la pédiatre. Toutes les études soulignent l’importance de l’éducation thérapeutique. Les conditions de remboursement sont un facteur très important. »

    En juin 2017, les autorités émettent ces recommandations pour la MGC :

    • comprendre ce qu’est la mesure interstitielle ;

    • avoir des pistes pour réagir en cas d’alerte ;

    • être capable d’analyser les données recueillies.

    « Face à ces recommandations, nous n’avions quasiment pas d’outils adaptés et en pédiatrie, aucun outil », explique la praticienne.

    Selon elle, une utilisation optimale de l’outil se présente comme suit :

    « L’idée est de passer de l’outil soignant à l’outil patient », commente la spécialiste.

    Il existe 5 domaines pour lesquels les soignants ont besoin d’outils, constate ainsi le Pr Elise Bismuth :

    • poser le diagnostic éducatif : qui réclame l’outil ? Le patient ? La famille ? ;

    • comprendre le fonctionnement du dispositif pour une bonne interprétation des données en temps réel ;

    • réagir de manière adaptée ;

    • analyser les données reçues ;

    • évaluer les modalités d’accompagnement des patients.

    À partir de ce constat et afin de pouvoir suivre les recommandations relatives à la MGC, la praticienne a co-construit en équipe avec ses collègues et les patients les outils suivants :

    • guide d’entretien avant la 1ère pose ;

    • diagnostic éducatif des enfants déjà équipés ;

    • guide de bonnes pratiques ;

    • présentation d’une journée type ;

    • guide du déchargement et d’interprétation des données ;

    • outils pour les population spécifiques : vidéos et applications mobiles à destination des adolescents, vidéo expliquant la pose du dispositif chez le jeune enfant ;

    • mallette de jeux de mise en situation Libre n’Play.

    « Certains outils n’ont finalement pas été retenus parce qu’ils se sont avérés peu adaptés à la pratique quotidienne », précise le Pr Elise Bismuth.

    Ceux qui ont été retenus vont être distribués dans les centres hospitaliers de France. « L’un des enjeux est de gagner la confiance des familles dans le système, analyse la pédiatre. Mieux elles connaissent et maîtrisent l’outil, moins d’erreurs elles commettent, meilleurs sont les résultats. »

    « Je tiens à souligner l’importance de la co-construction dans ce projet, commente la praticienne. Quand on connaît le fonctionnement de l’hôpital public, ce genre de collaboration fait du bien. »

    Conclusions du Pr Elise Bismuth :

    • le FreeStyle Libre est une évolution technologique majeure en diabétologie ;

    • l’accompagnement ETP est indispensable ;

    • référentiel de compétence, messages éducatifs, outils, etc. : « tout est à créer » ;

    • la co-construction entre les soignants et les patients est importante ;

    • l’évaluation des modalités d’accompagnement des patients est essentielle.

    FS LibreView, une plateforme validée dans le cadre du programme Étapes (Pr Joubert)

    Le Pr Michael Joubert, diabétologue au CHU de Caen, est revenu de son côté sur l’utilisation du FSL dans le cadre du programme Étapes, visant à expérimenter la télémédecine au niveau national.

    Les modalités d’Étapes, dont le texte fondateur date de 2010, ont été mises à jour en 2018 :

    Les limites et les freins de la télésurveillance selon le Pr Michael Joubert :

    • la méconnaissance du programme Étapes par plus de 50 % des médecins ;

    • les indications restrictives : toutes les situations, comme le diabète gestationnel, ne sont pas prises en compte dans le programme ;

    • les difficultés de mise en place :

      • réticence des administrations hospitalières : « À Caen, j’ai longtemps été bloqué pour mettre en place la télésurveillance, alors que je m’y étais pris un an avant le lancement du programme Étapes, explique le diabétologue. L’administration a peur qu’il y ait un doublon entre la télésurveillance et le dossier patient informatisé. Il faudrait un moyen d’unifier les systèmes. » ;

      • difficultés organisationnelles (temps dédié, continuité des soins…) : quand une professionnelle présente dans l’auditoire demande si ce suivi n’est pas chronophage (Combien de temps faut-il pour enregistrer un patient ? Combien de temps faut-il pour lui répondre ?), le diabétologue explique qu’il n’est pas encore possible de le savoir puisque personne en France n’utilise pour l’instant la plateforme, qui n’a pas encore été mise en place. « Ce que je vous ai présenté ici est un cabinet virtuel, explique-t-il. Nous verrons à l’usage les avantages et les inconvénients de l’outil. » ;

    • le modèle médico-économique : « L’outil n’est peut-être pas viable dans le système économique actuel », admet le praticien, précisant que dans le public, il faut environ 130 patients télésuivis pour financer 1 infirmière à temps plein ;

    • les solutions techniques inadaptées au glucose interstitiel.

    En ce qui concerne la sécurisation des données, toutes les solutions proposées sont validées par les autorités de santé et acceptées par le ministère, y compris en matière de sécurité des données, indique le Pr Michael Joubert. Le FSL figure dans la liste des dispositifs accrédités par la DGOS, précise-t-il.

    Actuellement, peu de patients partagent les données générées par le FreeStyle Libre avec leur médecin, note le diabétologie :

    LibreView : une plateforme pour mettre en place le télésuivi d’un patient

    Actuellement, le FreeStyle Libre est composé :

    • du FSL Link, une appli permettant de faire remonter les données aux médecins ;

    • du FSL lecteur, un outil utilisé quand les patients téléchargent leurs données.

    Abbott est en train de mettre à jour le portail LibreView, une solution validée dans le cadre du programme Étapes.

    Le portail permet d’envoyer des notifications individualisées, d’échanger entre les professionnels de santé et leurs patients mais aussi entre les professionnels de santé eux-mêmes par le biais d’une messagerie sécurisée. Il permet de centraliser sur un même espace les données de FSL et de FSL Link.

    « La grande nouveauté c’est la fonction de télésurveillance, intégrée dans le cadre d’Étapes, commente le Pr Michael Joubert. Elle permet d’activer et de suivre une télésurveillance pour inclure un ou plusieurs patients dans ce programme Étapes ». Toute la démarche peut être effectuée sur la plateforme, du document permettant de demander le consentement du patient, nécessaire, au contrat de surveillance relatif à la gestion des données.

    Conclusion du Pr Michael Joubert :

    • Le FreeStyle Libre a maintenant sa solution de télésurveillance adaptée au glucose interstitiel dans le cadre du programme Étapes : LibreView ;
    • LibreView permet :
      • d’inclure un patient dans le programme Étapes ;
      • de paramétrer des notifications en rapport avec :
        • l’observance ;
        • les événements d’hypoglycémie et le temps en hypoglycémie ;
        • le temps en hyperglycémie ;
        • le temps dans la cible ;
        • la variabilité (CV) ;
      • d’effectuer le suivi des patients télésurveillés de façon très flexible (suivi individuel, suivi par équipe soignant, rythme des notifications…)

    « Avant, quand un patient venait en consultation tous les 6 mois, je n’étais pas en mesure de lui proposer une réponse, de faire évoluer son traitement, témoigne le Pr Michael Joubert. Avec FSL, j’ai envie de voir mes patients plus souvent pour les aider à mieux gérer leur état parce que je vois plus de choses avec ce suivi en continu, par exemple des hypoglycémies nocturnes que je ne pouvais pas identifier auparavant. »

  • FASN Cancérologie : les points forts avec le Dr Jean François Moulin (Jim.fr)

    Interview publiée par le Journal international de médecine (Jim.fr), partenaire média de la campagne #FASN (Faire avancer la santé numérique) 2019.

    Les prochaines 36 heures chrono de la campagne « Faire avancer la santé numérique » (FASN) seront consacrées à la cancérologie et se dérouleront le mardi 2 avril 2019 à Paris. Le Dr Jean-François Moulin, oncologue à l’institut Paoli-Calmettes (Marseille), et membre du comité scientifique, revient sur les points forts de cette journée et les avancées de la santé numérique en cancérologie.

    Jim.fr : Quels sont les points forts du programme et à qui cette journée est-elle plus particulièrement destinée ?

    Dr Jean-François Moulin : Nous allons aborder à la fois des sujets généraux comme l’utilisation du numérique en oncologie avec son impact sur les métiers et les organisations, mais aussi des sujets plus « critiques » comme l’éthique des données et des algorithmes, ou encore, les débouchés potentielles de l’intelligence artificielle.

    L’ensemble des professionnels de santé, mais aussi les patients, leurs proches, ou tout simplement les citoyens qui ont envie de réfléchir et de mieux comprendre les évolutions du système de santé, sont concernés et devraient être intéressés par cette journée. Nous espérons un public le plus large possible car les débats et les échanges sont essentiels pour nous.

    Sous quel angle seront abordés les outils numériques ?

    Nous tenterons de décrypter ce que les outils numériques (NTIC pour nouvelles technologies de l’information et la communication) vont changer pour les patients, pour les professionnels de santé, pour les structures hospitalières, mais aussi pour les acteurs de ville qui s’intégreront, nous l’espérons, beaucoup plus facilement dans le parcours de soins, jusque là, très « hospitalo-centré » en oncologie.

    Nous parlerons des outils numériques permettant l’auto surveillance, l’acquisition et le partage de nouvelles connaissances pour les patients, une plus grande autonomie des patients…

    Nous traiterons aussi du recueil et de l’analyse des PROMs [Patient Reported Outcome Measures], de l’apport de l’intelligence artificielle dans la décision ou la médecine personnalisée, ainsi que des questions de responsabilité. Enfin, la gestion des évènements extra-hospitaliers (impact sur le temps de travail notamment) et les nouveaux métiers comme les infirmiers de pratique avancée (IPA) feront également l’objet de présentations spécifiques.

    Comment va évoluer la relation patient/soignant ?

    La relation patient/soignant sera abordée par le prisme de « l’emotional computing », la capacité qu’ont de plus en plus de machines à analyser les émotions à travers la communication verbale et non verbale. Les machines pourraient nous aider dans un domaine qui semble encore pour le moment exclusivement réservé aux humains.

    L’outil numérique en soi devrait aussi modifier nos liens. Les sciences humaines s’intéressent à ces questions pour apporter du progrès sans détruire justement cette relation patient/soignant. Il ne faut pas laisser la porte ouverte à une médecine à deux vitesses, discriminatoire, à l’origine d’une marchandisation non contrôlée des actes médicaux de diagnostic et de prise en charge.

    Le débat sociétal sur l’éthique des données et des algorithmes doit sortir des sphères intellectuelles privilégiées et être expliqué au plus grand nombre. Nous sommes tous, en tant que citoyen, responsable de ces questions, à condition de les comprendre. Nous aborderons donc aussi les questions éthiques de protection des données de santé, de la notion de consentement, de confiance, de transparence des algorithmes ou des robots et de la nécessaire co-évolution homme/machine pour construire le système de santé que NOUS voulons. Enfin, entre mythes et craintes, nous présenterons des exemples d’outils d’intelligence artificielle qui peuvent apporter de réels bénéfices en santé, à condition de respecter les règles éthiques et scientifiques minimales.

    Quels exemples de transformations engendrées par le numérique dans le suivi des patients en cancérologie et les applications à venir ?

    Les applications numériques de suivi des patients à domicile sont en pleine expansion et le plus souvent facile à mettre en œuvre. Ces applications peuvent envoyer aux patients des questionnaires, des informations sur l’examen ou l’intervention à venir, des comptes rendus de son dossier médical, etc. Le patient peut aussi envoyer à son équipe de soins des photos, poser des questions, être impliqué dans son parcours.

    Ces nouveaux outils numériques vont transformer en profondeur nos organisations qui doivent se structurer pour répondre aux sollicitations des patients. Les rapports avec les patients changent. En devenant acteurs de leur prise en charge, ils se rapprochent de nous, soignants. Les patients doivent cependant « être connectés » avec un smartphone, une tablette ou un ordinateur. C’est un secteur en plein développement et des objets connectés vont bientôt être disponibles pour évaluer l’activité physique, détecter certaines fragilités, en particulier chez les sujets âgées. Nous devrons être capables de recevoir ces informations, mais aussi de les prendre en charge.

    Nous nous dirigeons vers une médecine plus préventive, au plus près des symptômes réels du patient. Les données recueillies sur les réseaux sociaux, aujourd’hui utilisées par les GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) – BATX (géants du Web chinois) pourraient servir utilement la médecine et la santé publique à condition de respecter les règles éthiques nécessaires à la protection de l’individu.

    Quelles avancées du numérique dans le diagnostic et le traitement en oncologie ?

    Les algorithmes décisionnels d’aide à la décision ou d’aide au diagnostic ne sont pas encore « généralistes » et répondent actuellement à des questions spécifiques. Mais nous pouvons imaginer que, très vite, le traitement des images (radiologie, anatomopathologie, génétiques) aidera au diagnostic et à définir des critères pronostiques plus fins.

    À titre d’exemple, nous pouvons citer l’aide au diagnostic des cancers cutanés, des lésions hépatiques en IRM, l’aide à l’évaluation de la réponse tumorale en cas de cancer du poumon, ou encore la corrélation entre l’analyse histologique d’un cancer pulmonaire et la prédiction de mutations ciblées par des médicaments.

    La chirurgie n’est pas en reste avec les images virtuelles pré-opératoires en 3D et la simulation de l’acte chirurgical, la chirurgie guidée par la 3D, les robots de nouvelles générations….

  • Grand Est : l’application Entr’actes déployée dans le Bas-Rhin pour désengorger les urgences

    L’URPS Médecins libéraux Grand Est et l’ARS Grand Est lancent « Un médecin 116 117 », un dispositif expérimental de prise en charge des soins non programmés par la médecine de ville, visant à désengorger les urgences.
    Le service, mis en place en mars 2019, repose sur Entr’actes, une application pour téléphone mobile disponible sur Apple Store ou Play Store dédiée aux professionnels de santé, qui a été développée en 2016 par la société Medi’Call Concept.

    Le patient peut appeler en cas d’urgence – et de non-disponibilité de son médecin traitant – le numéro gratuit 116 117, entre 8h et 20h du lundi au vendredi. Au bout du fil, un médecin régulateur libéral évalue l’urgence et établit un pré-diagnostic.

    Si une consultation est nécessaire, l’application Entr’actes lui permet d’adresser une notification aux médecins du secteur abonnés au dispositif et qui se sont déclarés disponibles. La consultation a lieu au cabinet du médecin ou au domicile du patient. Le médecin traitant du patient, s’il est abonné, est informé du diagnostic, des prescriptions et des examens demandés par ses confrères.

    Les médecins volontaires bénéficient d’un dispositif incitatif : un intéressement de 13 euros pour chaque acte versé en fin de mois, auquel s’ajoutent 2 euros versés en fin d’année. Le dispositif a été intégralement financé par l’Agence régionale de santé, pour environ 750 000 euros.

    « On a des urgences qui sont en très grande difficulté notamment dans la période hivernale, a déclaré Christophe Lannelongue, directeur général de l’ARS Grand Est à Europe 1 . Or, 40 % des personnes qui vont aux urgences ne devraient pas s’y rendre. La plupart du temps, elles n’ont besoin que d’un conseil. »